Le Fils. Philipp Meyer.

Avec « le fils » Philipp Meyer écrit de sa plume énergique et vivante une grande saga romanesque. Cette fresque retrace sur cinq générations et plus de cent cinquante ans la vie de la famille Mc Cullough et à travers sa « petite histoire » une partie de la « grande histoire », celle du Texas, de l’Amérique des états du sud et de ses changements. Histoire violente, surprenante, émouvante, brutale, proche de la nature sauvage d’un vaste territoire à conquérir, où Mexicains, pionniers et indiens s’entretuent sur ces terres que chacun considère comme sa propriété, mais Histoire qui emporte le lecteur.

Le fils, c’est Eli, arrivé dans les plaines du Texas avec ses parents vers 1840, il assiste au massacre de sa mère et de sa sœur par les indiens. Bien qu’il ait tué un des leurs ce jour-là, Eli se fait enlever par les Comanches et passera trois années avec ceux qui deviendront ses frères.

Au fil de son histoire, le lecteur découvre l’Histoire des tribus Comanches. Ils enlevaient des enfants et des femmes pour en faire des esclaves, les enfants pour aider les femmes lorsque les hommes partaient au combat, les femmes pour éviter la consanguinité en apportant du sang neuf. Leur vie est décrite avec les violences, les coutumes qui nous paraissent barbares, combats entre tribus ou massacres de colons, torture, scalps, rien n’est épargné, chasse au bison, liberté relative des mœurs et des femmes, mais également parfois avec beaucoup d’humour, en particulier lors de l’évocation des noms des indiens et leur signification.  Très vite tout cela devient la vie d’Eli. Lui qui aura su passer d’homme dit civilisé à indien Comanche, tuant les colons sans scrupule, mais retournant ensuite au monde d’où il vient, et capable alors de tuer ses anciens frères indiens. Philipp Meyer nous fait découvrir la vie de ces indiens qui s’éteignent dans des combats entre tribus pour garder leurs territoires ou pour la conquête de troupeaux de bisons qui leur permettront de passer l’hiver, qui se battent contre l’envahisseur blanc, mais qui sont durement frappés par les maladies apportées sur le continent par ces mêmes blancs.

Le fils, c’est ensuite Peter, le fils d’Eli que nous découvrons à partir de 1915. Il représente la deuxième génération de pionniers dans cette Amérique qui se construit sur les ruines des possessions mexicaines. Son histoire à lui se déroule au moment des guerres de sécession et de la guerre contre le Mexique, pourtant premier occupant du Texas. Intéressant de replacer également cette période au moment de la première guerre mondiale en Europe. Philipp Meyer nous présente ces populations qui s’approprient les terres des occupants précédents et qui n’hésitent pas à massacrer pour les obtenir : les colons espagnols et les indiens, les pionniers et les Mexicains, les Indiens et les colons, c’est un combat sans fin. Intéressant de voir que l’auteur ne prend pas parti, mais il présente une vision du passé qui interroge.

Le fils enfin, cela aurait pu être Jeanne-Anne, le troisième personnage auquel fait référence cette fresque.  S’il y a peu de personnages féminins, en voilà enfin un, mais il est difficile de trouver sa place dans ce monde de pionniers. Pour arriver à se faire respecter dans cette dynastie de conquérants, Jeanne-Anne va devoir se comporter comme un homme. Fille de Peter, elle représente la nouvelle génération de la fin du XXème, celle des riches propriétaires de la nouvelle ruée vers l’or, celle de l’or noir et de ses derrick qui remplacent peu à peu les troupeaux sur les terres du Texas.

Le roman alterne les évocations de ces trois personnages tellement différents qu’il est parfois difficile de les suivre. Mais rapidement les récits s’enchainent et l’intrigue se déroule. C’est la saga d’une famille mais c’est surtout la saga d’une époque, de la conquête d’un nouveau monde bâti sur des épopées mais aussi sur des massacres, l’Histoire magnifique d’un pays qui s’est construit dans les grands espaces et la violence.


Catalogue éditeur

Vaste fresque de l’Amérique de 1850 à nos jours, Le Fils de Philipp Meyer, finaliste du prestigieux prix Pulitzer 2014, est porté par trois personnages, trois générations d’une famille texane, les McCullough, dont les voix successives tissent la trame de ce roman exceptionnel.

Eli, enlevé par les Comanches à l’âge de onze ans, va passer parmi eux trois années qui marqueront sa vie. Revenu parmi les Blancs, il prend part à la conquête de l’Ouest avant de s’engager dans la guerre de Sécession et de bâtir un empire, devenant, sous le nom de « Colonel », un personnage de légende.

À la fois écrasé par son père et révolté par l’ambition dévastatrice de ce tyran autoritaire et cynique, son fils Peter profitera de la révolution mexicaine pour faire un choix qui bouleversera son destin et celui des siens.

Ambitieuse et sans scrupules, Jeanne-Anne, petite-fille de Peter, se retrouvera à la tête d’une des plus grosses fortunes du pays, prête à parachever l’œuvre de son arrière-grand-père.

Il est difficile de résumer un tel livre. Porté par un souffle hors du commun,Le Fils est à la fois une réflexion sur la condition humaine et le sens de l’Histoire, et une exploration fascinante de la part d’ombre du rêve américain.

« Meyer est un impressionnant et remarquable conteur, de ceux qui vous font tourner les pages sans même que vous vous en rendiez compte. » Richard Ford

août 2014 Format : 220 mm x 150 mm /688 pages EAN13 : 9782226259769

Traducteur : Sarah Gurcel

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s