Salon du livre de Paris. Vendredi 20 mars

Vendredi 20 mars, 8h, départ de ma tranquille banlieue parisienne, j’ai hâte d’arriver Porte de Versailles au salon du livre 2015.

IMG_1734GW10h, à peine arrivée, je plonge immédiatement dans l’arène. Moment d’émotion lorsque je passe devant le stand des éditions la Martinière qui rendent un bel hommage à Georges Wolinski.  Quel foisonnement, quel monde. J’ai découvert le salon du livre en 2014 et pour rien au monde je n’aurai manqué ce rendez-vous. J’ai prévu tout un programme mais avant tout je rejoins le stand de lecteurs.com.

11h, trois libraires de parislibrairies.fr présentent leur coup de cœur poche. Karine Papillaud filme et mène les entretiens que nous retrouverons sur le site lecteurs.com, puis anime la table ronde. Leur passion est communicative et j’ai déjà envie de suivre ces nouvelles idées de lecture, encore quelques livres à ajouter à ma PAL.

American desperado de Jon Roberts & Evan Wright : un roman noir indispensable, La leçon d’allemand, de Seigried Lenz, un livre étonnant qui parle de nature et de création « un des plus beaux livres que j’ai lu » nous dit cette libraire, et des lecteurs qui s’arrêtent sur le stand en sont absolument convaincus. Puis Le Quinquonce, de Charles Palisser. J’ai lu le premier tome, et il y en a cinq. C’est simple. Quand j’écoute ces libraires, j’ai envie de tout lire. Dès demain, nous serons nombreux à ce rendez-vous avec des professionnels passionnés par leur métier et par les livres.

IMG_6606Je fais un tour sur le salon et je tombe sous le charme des couvertures colorées des éditions Zulma. Inspirées des tapisseries anglaises du 19e, dessinées par un graphiste anglais, Zulma publie sous ces couvertures graphiques aussi bien des auteurs français qu’étrangers, avec une ouverture vers la littérature africaine francophone et Haïti. J’avais d’ailleurs lu avec intérêt les critiques  sur L’île du Point Némo, le roman de Jean-Marie Blas de Robles, et lu Rosa Candida de Audur Ava Olafsdottir.

IMG_661513h30 : je découvre sur le stand de lecteurs.com Yves Heck, qui est notre Tête de lecture. J’avoue que c’est une véritable découverte, j’aime énormément. Comme un lecteur lit dans sa tête, dire les mots à haute voix leur donne une autre dimension. Cela me fait penser au roman le liseur du 6h27 de Jean-Paul Didierlaurent , vous savez, celui qui lit chaque matin dans son RER. C’est sur demain, je serai au rendez-vous de ce moment privilégié, et qui sait, peut-être avec un texte à lire ?

15h30, rencontres avec les jurés du prix Orange du livre. Un incontournable de mon programme. Je ne sais pas vous, mais moi, j’aurai adoré compter au nombre de ces 7 jurés lecteurs, le plaisir et la richesse des échanges avec des professionnels, les rencontres humaines, les idées qui fourmillent, mieux comprendre, entendre ces auteurs qui me font rêver avec leurs mots et leurs idées. C’est la rencontre de deux jurées lectrices et de deux jurés écrivains. Sandy a déjà l’habitude des prix, elle a été jurée du prix des lectrices de Elle, du Prix du livre de poche et du Prix du meilleur roman Point, c’est une bloggeuse avertie. Charlotte, également bloggeuse, a déjà été jurée pour le prix du Maine libre. Karine Papillaud leur demande si elles ont déjà été  tentées par le passage vers l’écriture, elles avouent se poser la question, mais écrire pour soi-même dans un premier temps, le passage vers le « faire lire ses écrits » par un autre est difficile

Alors oui, faire partie de ce jury du Prix Orange du livre, c’est avant tout partager, découvrir, lire un livre vers lequel on ne serait pas allé de soi-même, et se laisser convaincre par un autre lecteur. C’est une véritable réunion de lecteurs, de  bloggeurs et de professionnels, tous passionnés de lecture.

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Michelle Fitoussi est également jurée du prix de Flore, mais elle découvre avec le prix Orange du livre le bonheur des rencontres avec des jurés et des livres, avec des auteurs qu’elle ne connaissait pas. Elle avoue également un plaisir à découvrir le niveau fabuleux de critique des lecteurs, c’est un étonnement positif et passionné.

Le même bonheur d’échanger est évoqué par Serge Joncour. Recevoir 50 à 80 livres en 3 semaines, c’est un peu comme passer de l’autre côté du miroir, surtout pour un écrivain qui est en général celui qui envoie ses livres. Ça peut faire peur et il y a une sorte de responsabilité morale à définir non pas le meilleur livre mais en fait celui qui parle le plus au juré, comme lorsqu’on rencontre quelqu’un et qu’on sait déjà qu’on a plein de choses à ses dire. Serge et Michelle sont surpris de voir ce que les bloggeurs sont capable d’écrire sur un roman et comment ils sont capables d’en extraire la quintessence.

Serge Joncour écrit son prochain roman et il est juré en même temps. C’est comme mener une vie parallèle, il faut déjà aller d’une vie à l’autre avec ses personnages, là il faut également lire les autres, c’est une autre expérience. Et quel bonheur,  quelle surprise, de se dire qu’il y a une telle diversité d’écrits, d’époques, tous tellement différents et en même temps tout en nuances et teintes déstabilisantes pour un auteur qui cherche ses propres nuances. Il est intéressant de savoir que d’autres savent créer des univers qui nous perdent et nous dont rêver, mais aussi de lire ce que l’on n’aime pas, car quelque part ça fait du bien de se rassurer avec des écrits moyens. En fait dans un jury, le défi, c’est d’arriver à donner aux autres l’envie de lire le livre que l’on a aimé. Et cela permet de découvrir des pépites et des éditeurs.

Chacun parle des cinq livres qu’il avait choisi lors de la première réunion du jury avec un tel enthousiasme qu’ils me donnent envie de tous les lire. Dommage, je n’y arriverai certainement pas. La suite ?  Le jury va se réunir le 5 mai pour la « foire d’empoigne » en éliminant d’abord certains livres, puis en choisissant au final cinq romans. Tous les internautes peuvent alors voter en ligne sur le site lecteurs.com, le finaliste sera désigné le 3 juin.

Après ces tables rondes, je pars faire un tour dans les allées du SDL, les grands noms de l’édition sont présents, ceux que j’aime déjà et tous ceux qu’il me reste à découvrir.

20h, les allées du salon se vident peu à peu, c’est le départ. Quelle journée. Aie, j’ai un peu mal aux pieds, mais ma tête est aux anges. De belles rencontres, des surprises, des échanges avec des lecteurs que je connaissais virtuellement et qui me sont déjà proches, je suis impatiente d’être à demain. Mes nuits seront peuplées des mots, des visages et des voix de tous ces passionnés rencontrés aujourd’hui. Et demain je tourne une nouvelle page.

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