Salon du livre de Paris. samedi 21 mars.

10h, je viens d’arriver sur le salon et j’ai l’impression d’aller retrouver des amis. Au SDL il y a de nombreux espaces consacrés au voyage, guides de voyage, outremer, pays invité, villes invitées, je passe de stand en stand pour humer l’air, lire quelques mots, écouter les auteurs.

IMG_6602Sur le stand aquitaine, j’évoque avec Christophe Berliocchi son guide du pays Basque aux éditions Atlantica. Le guide idéal pour touristes et autochtones, décalé et original, très personnalisé, écrit par quelqu’un qui a adopté la région. Il cherche avant tout à montrer comment réussir un séjour en allant au-delà des clichés : mais non, au pays basque il ne pleut pas tous les jours, mais oui, par contre il y a des vagues.

11h sur le stand lecteurs.com les libraires présentent leur coup de cœur poche. Une libraire parle d’Antigone d’Henri Bauchaud comme d’un roman éternel « une fois qu’on a lu, on ne l’oublie jamais ». Pour elle c’est un grand écrivain qui sait combiner la fiction et la pensée. Une autre parle d’un roman dans lequel l’auteur et le narrateur entremêlent la pensée pour se jouer du lecteur. Ces libraires sont tellement passionnés qu’ils me donnent envie de découvrir ces romans. D’ailleurs, je demande parfois quelques idées de lecture et j’avoue que l’on me conseille souvent des pépites.  Ensuite, je pars sur le salon à la découverte des villes invitées, Cracovie et Wroclaw, je constate rapidement que je suis totalement néophyte en littérature polonaise.

13h30, Tête de lecture vient lire nos pages coups de cœur à voix haute. C’est une belle émotion d’entendre « réparer les vivants » de Maylis de Kerangal, prix orange du livre 2014.

14h mon âme d’exploratrice de polar me conduit sur le stand du CNL assister à la table ronde sur le thème « peur sur la ville » avec Ingrid Astier et Dominique Manotti, deux dames du polar français et Paulo Lins et Edyr Augusto, deux auteurs Brésiliens.  Pour Ingrid Astier le Brésil évoque la nature, le vert majestueux et triomphant. Les auteurs brésiliens eux, mêlent histoire, mythologie et imaginaire, mais également la tradition du foot et la tragédie politique, en particulier lorsqu’ils abordent la « décennie perdue ».

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Quel est le lectorat du roman noir au Brésil ? La littérature brésilienne est en plein renouveau depuis 10 à 15 ans, de nouveaux auteurs émergent, des femmes expriment un éveil de sensibilité de manière simple, directe. Tous ces auteurs sont lus aux USA, en Europe et en Amérique du Sud.  Les romans de Edyr Augusto, en particulier Belem et Moscow sont écrits en phrases courtes, nerveuses, segmentées, crépitantes, pas du tout étouffantes ni tropicales comme une forêt de lianes. Il vit en Amazonie, la plus grande forêt du monde, dans un ville portuaire qui pourrait ressembler à Marseille. Tout ce qui s’y passe est largement médiatisé. Malgré tout l’auteur à l’impression de vivre entouré d’une forêt verte d’un côté et d’une forêt de béton de l’autre.

Paulo Lins  quant à lui explique que le Brésil n’a pas vraiment de tradition d’écriture de polar. Il existe quelques auteurs, pour une littérature de périphérie qui parle de banlieue, mais comme la banlieue est très violente, la littérature l’est aussi. Malgré leurs différences évidentes, ces quatre écrivains ont des sensibilités similaires. Avec toujours en idée sous-jacente qu’il n’est pas besoin d’inventer puisque le réel suffi à créer l’histoire. Si le niveau de violence semble très inférieur en France, les mécanismes des écrivains sont les mêmes, partir de la réalité pour construire l’intrigue. L’auteur doit être à l’écoute de la violence, de ce qui est tapis quelque part, sournois, noir, de tout ce qui fait la vie en somme. Le lecteur ne doit pas rester passif, l’auteur doit le tenir en éveil pour qu’il participe, qu’il y ait prise de conscience.

15h30, Karine Papillaud reçoit le premier lauréat du prix Orange en 2009, Fabrice Humbert, pour parler de son dernier livre Eden utopie chez Gallimard. Même s’il en est à son sixième roman, il reste très attaché à ce prix car il a rencontré des personnes qui suivent les auteurs, qui les accompagnent sur plusieurs années. Et l’évolution de la communauté de lecteurs (200 000) est très enrichissante, y compris pour les auteurs.

Pour son dernier roman, Fabrice Humbert a pris le parti prix d’écrire une natation romanesque, seulement la vérité sur une famille, à partir d’entretiens et de souvenirs réels. Son récit s’interroge sur la classe sociale, sommes-nous marqués par nos origines, par notre éducation, et qu’est ce qui soude une famille. Il nous présente la bande annonce du livre. Il est peu commun de créer un film sur le livre.

17h30, Fanny Chiarello présente son dernier roman Dans sa propre vie aux Editions l’olivier, sélectionné pour le prix Orange du livre. Fanny Chiarello parle de la difficulté d’être soi-même, de trouver sa place. Chacun de ses romans doit être pris séparément, elle essaie de changer d’univers à chaque fois pour ne pas ennuyer le lecteur et expérimenter des approches différentes. L’histoire n’est pas toujours ce qui est le plus important, au contraire, c’est la façon de la raconter qui compte. C’est la musique des mots qui parle au lecteur, qu’il  va ressentir. Elle passe des heures sur une phrase tant qu’elle n’a pas la musicalité qu’elle souhaite, pour trouver des phrases dont les mots n’ont encore jamais mis dans cet ordre-là. C’est une perfectionniste de l’écriture qui cherche la précision, le poids du mot ressenti, qui veut emporter le lecteur à un certain niveau du récit.

IMG_6648C’est également l’occasion de parler du travail des éditeurs. Karine souligne que lorsqu’un journaliste reçoit un livre des éditions de l’Olivier, il est attentif car il sait que le contenu sera à hauteur de ses attentes. Cela implique un gros travail des éditeurs. Avant c’était un parcours du combattant, y compris avec du talent, pour se faire éditer, aujourd’hui au contraire, il est plus difficile de se faire lire. Comme la critique est assez conformiste, elle se penche généralement vers les même auteurs, il est difficile de se faire connaître. Reste la communication, les lecteurs, les blogs, etc

IMG_665818h. Sur le stand, les lecteurs se rencontrent pour la première fois. Quel moment sympathique et chaleureux. S’inscrire sur des sites de lecture, c’est partager une passion. Vous connaissez des passionnés de lecture autour de vous ? Moi assez peu, là je peux échanger avec des lecteurs qui me ressemblent et qui me comprennent. Chacun se présente, lecteur, explorateur, amateur, explique ce qu’il aime et ce qu’il cherche sur le site, conseille un livre coup de cœur aux autres lecteurs. Nouveautés, classiques, tout est proposé, Karine évoque la collection vintage chez Belfond. Les lecteurs fous de lecture ont répondu présent.

Il ressort de ces échanges que lorsque les lecteurs se rencontrent, ils ont déjà l’impression de se connaître, il y a de vrais moments de connivence, de partage, un même appétit de lecture. La nourriture évoquée ici est culturelle, littéraire et partagée.

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