Salon du livre de Paris. Vendredi 20 mars

Vendredi 20 mars, 8h, départ de ma tranquille banlieue parisienne, j’ai hâte d’arriver Porte de Versailles au salon du livre 2015.

IMG_1734GW10h, à peine arrivée, je plonge immédiatement dans l’arène. Moment d’émotion lorsque je passe devant le stand des éditions la Martinière qui rendent un bel hommage à Georges Wolinski.  Quel foisonnement, quel monde. J’ai découvert le salon du livre en 2014 et pour rien au monde je n’aurai manqué ce rendez-vous. J’ai prévu tout un programme mais avant tout je rejoins le stand de lecteurs.com.

11h, trois libraires de parislibrairies.fr présentent leur coup de cœur poche. Karine Papillaud filme et mène les entretiens que nous retrouverons sur le site lecteurs.com, puis anime la table ronde. Leur passion est communicative et j’ai déjà envie de suivre ces nouvelles idées de lecture, encore quelques livres à ajouter à ma PAL.

American desperado de Jon Roberts & Evan Wright : un roman noir indispensable, La leçon d’allemand, de Seigried Lenz, un livre étonnant qui parle de nature et de création « un des plus beaux livres que j’ai lu » nous dit cette libraire, et des lecteurs qui s’arrêtent sur le stand en sont absolument convaincus. Puis Le Quinquonce, de Charles Palisser. J’ai lu le premier tome, et il y en a cinq. C’est simple. Quand j’écoute ces libraires, j’ai envie de tout lire. Dès demain, nous serons nombreux à ce rendez-vous avec des professionnels passionnés par leur métier et par les livres.

IMG_6606Je fais un tour sur le salon et je tombe sous le charme des couvertures colorées des éditions Zulma. Inspirées des tapisseries anglaises du 19e, dessinées par un graphiste anglais, Zulma publie sous ces couvertures graphiques aussi bien des auteurs français qu’étrangers, avec une ouverture vers la littérature africaine francophone et Haïti. J’avais d’ailleurs lu avec intérêt les critiques  sur L’île du Point Némo, le roman de Jean-Marie Blas de Robles, et lu Rosa Candida de Audur Ava Olafsdottir.

IMG_661513h30 : je découvre sur le stand de lecteurs.com Yves Heck, qui est notre Tête de lecture. J’avoue que c’est une véritable découverte, j’aime énormément. Comme un lecteur lit dans sa tête, dire les mots à haute voix leur donne une autre dimension. Cela me fait penser au roman le liseur du 6h27 de Jean-Paul Didierlaurent , vous savez, celui qui lit chaque matin dans son RER. C’est sur demain, je serai au rendez-vous de ce moment privilégié, et qui sait, peut-être avec un texte à lire ?

15h30, rencontres avec les jurés du prix Orange du livre. Un incontournable de mon programme. Je ne sais pas vous, mais moi, j’aurai adoré compter au nombre de ces 7 jurés lecteurs, le plaisir et la richesse des échanges avec des professionnels, les rencontres humaines, les idées qui fourmillent, mieux comprendre, entendre ces auteurs qui me font rêver avec leurs mots et leurs idées. C’est la rencontre de deux jurées lectrices et de deux jurés écrivains. Sandy a déjà l’habitude des prix, elle a été jurée du prix des lectrices de Elle, du Prix du livre de poche et du Prix du meilleur roman Point, c’est une bloggeuse avertie. Charlotte, également bloggeuse, a déjà été jurée pour le prix du Maine libre. Karine Papillaud leur demande si elles ont déjà été  tentées par le passage vers l’écriture, elles avouent se poser la question, mais écrire pour soi-même dans un premier temps, le passage vers le « faire lire ses écrits » par un autre est difficile

Alors oui, faire partie de ce jury du Prix Orange du livre, c’est avant tout partager, découvrir, lire un livre vers lequel on ne serait pas allé de soi-même, et se laisser convaincre par un autre lecteur. C’est une véritable réunion de lecteurs, de  bloggeurs et de professionnels, tous passionnés de lecture.

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Michelle Fitoussi est également jurée du prix de Flore, mais elle découvre avec le prix Orange du livre le bonheur des rencontres avec des jurés et des livres, avec des auteurs qu’elle ne connaissait pas. Elle avoue également un plaisir à découvrir le niveau fabuleux de critique des lecteurs, c’est un étonnement positif et passionné.

Le même bonheur d’échanger est évoqué par Serge Joncour. Recevoir 50 à 80 livres en 3 semaines, c’est un peu comme passer de l’autre côté du miroir, surtout pour un écrivain qui est en général celui qui envoie ses livres. Ça peut faire peur et il y a une sorte de responsabilité morale à définir non pas le meilleur livre mais en fait celui qui parle le plus au juré, comme lorsqu’on rencontre quelqu’un et qu’on sait déjà qu’on a plein de choses à ses dire. Serge et Michelle sont surpris de voir ce que les bloggeurs sont capable d’écrire sur un roman et comment ils sont capables d’en extraire la quintessence.

Serge Joncour écrit son prochain roman et il est juré en même temps. C’est comme mener une vie parallèle, il faut déjà aller d’une vie à l’autre avec ses personnages, là il faut également lire les autres, c’est une autre expérience. Et quel bonheur,  quelle surprise, de se dire qu’il y a une telle diversité d’écrits, d’époques, tous tellement différents et en même temps tout en nuances et teintes déstabilisantes pour un auteur qui cherche ses propres nuances. Il est intéressant de savoir que d’autres savent créer des univers qui nous perdent et nous dont rêver, mais aussi de lire ce que l’on n’aime pas, car quelque part ça fait du bien de se rassurer avec des écrits moyens. En fait dans un jury, le défi, c’est d’arriver à donner aux autres l’envie de lire le livre que l’on a aimé. Et cela permet de découvrir des pépites et des éditeurs.

Chacun parle des cinq livres qu’il avait choisi lors de la première réunion du jury avec un tel enthousiasme qu’ils me donnent envie de tous les lire. Dommage, je n’y arriverai certainement pas. La suite ?  Le jury va se réunir le 5 mai pour la « foire d’empoigne » en éliminant d’abord certains livres, puis en choisissant au final cinq romans. Tous les internautes peuvent alors voter en ligne sur le site lecteurs.com, le finaliste sera désigné le 3 juin.

Après ces tables rondes, je pars faire un tour dans les allées du SDL, les grands noms de l’édition sont présents, ceux que j’aime déjà et tous ceux qu’il me reste à découvrir.

20h, les allées du salon se vident peu à peu, c’est le départ. Quelle journée. Aie, j’ai un peu mal aux pieds, mais ma tête est aux anges. De belles rencontres, des surprises, des échanges avec des lecteurs que je connaissais virtuellement et qui me sont déjà proches, je suis impatiente d’être à demain. Mes nuits seront peuplées des mots, des visages et des voix de tous ces passionnés rencontrés aujourd’hui. Et demain je tourne une nouvelle page.

Une place à prendre. J.K Rowling.

L’auteur nous a mal habitués avec la série des Harry Potter, aussi j’imagine que j’attendais un roman fabuleux. J’ai juste l‘impression d’avoir lu un bon roman. Intéressant au départ, quelques longueurs aux deux tiers, il reprend tout son intérêt vers la fin, peut-être un peu trop long. Qu’importe, j’avais envie de le lire et c’est chose faite. Dans « Une place à prendre », JK Rowling nous dépeint la vie et les travers d’un petit village de la douce campagne anglaise, enfin douce, pas tant que ça quand même.
Point de départ de l’intrigue, la mort subite de Mr Fairbrother. J’aime assez le jeu de mot que j’imagine avec son nom : un « frère sympa », ou un « homme sympa avec ses frères » ici avec ses pairs, celui qui crée le lien en somme, celui qui accepte et aime les autres, celui que tous apprécient. Mais voilà, après son décès, toutes les noirceurs se révèlent, tous les conflits sourdent, toutes les vengeances sont prêtes à être réalisées.
Dans cet univers bien sombre, les relations parents enfants, mari et femme, patient malade, élèves professeurs, élèves entre eux, amant indécis et maitresse enthousiaste, toutes ces relations qui font la vie d’un village vont s’exacerber, se dévoiler dans toute leur noirceur et leur violence. La misère de certains quartiers, la suffisance de certains habitants bien mieux lotis que d’autres, le plaisir de sa réussite, l’envie de la monter, d’écraser les autres, mais aussi l’incompréhension face à la vie des quartiers difficiles, cette vie qu’on ne peut pas imaginer, mais que l’auteur semble avoir bien connue et qu’elle décrit avec réalisme, même si parfois on l’espère exagérée, tout est là au fil des pages. Les personnages ne sont pas tous attachants, j’ai pourtant eu un élan pour Krystal, mais comment pourrait-elle s’en sortir dans cette ville qui ne peut rien pour elle, dans une famille si tragiquement sordide, malgré tous ses efforts pour s’élever, y arriver, pour sauver ce qui peut l’être.
C’est bien écrit, avec des détails comme sait en écrire JK Rowling, des personnages aux caractères et aux personnalités bien tranchés ou au contraire aussi fades que leur vie, et tout cela au final donne un roman qui se laisse lire.

Catalogue éditeur

Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique. Un notable meurt. Sa place est à prendre…

Comédie de mœurs, tragédie teintée d’humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce premier roman pour adultes révèle sous un jour inattendu un écrivain prodige.

Parution : 28/09/2012 Pages : 682 / EAN : 9782246802631

Léonora Miano, pour Mahogany March au musée Dapper

Grâce aux éditions Pocket,  j’ai eu le plaisir d’assister à la Soirée d’ouverture de la manifestation Mahogany March au musée Dapper. Pour ouvrir cette quatrième édition, Léonora Miano a lu des extraits de Red in blue trilogie, un ensemble de trois pièces à paraître chez l’Arche Éditeur au printemps 2015.

C’est la quatrième année de Mahogany March, mais c’est aussi la dernière, car Léonora Miano annonce qu’elle souhaite désormais réaliser des rencontres en Afrique. L’auteur a choisi la sobriété des couleurs pour une soirée intimiste autour de la lecture de son œuvre « j’ai choisi un dispositif austère pour que vous compreniez que ce n’est pas fun ». Léonora Miano parle d’une belle voix grave et posée, le cadre est austère, mais le spectateur a réellement envie de l’écouter. Ses lectures sont accompagnées par des musiciens, Majnun et sa musique ouest-africaine et Francis Lassus, accompagnement musical étonnant qui devrait se reproduire lorsque les pièces seront jouées.

Red in blue trilogie « Révélation, Sacrifices et Tombeau »  porte sur la Traite transatlantique et ses suites dans l’Afrique subsaharienne. Mais comme elle le dit, de cette période-là de l’histoire il peut malgré tout sortir quelque chose de beau.  Dans les pièces il y a beaucoup de dialogues et pour cette lecture, long monologue, l’auteur a pris le parti d’en modifier certains. Elle s’éloigne des sentiers battus pour arpenter des zones inexplorées de la mémoire transatlantique, sans pour autant trancher, pour que le lecteur soit lui-même à la fois spectateur et acteur.

Dans Révélation, les âmes à naitre refusent de se projeter dans les corps, bientôt, les nouveaux nés n’auront plus d’âme.  Les âmes à naitre ont fait savoir le motif de leur grève, ils veulent entendre les fournisseurs d’esclaves.

« Les rêves des humains ne sont pas assez grands, les esprits ne voyagent pas assez loin ».

Sacrifice parle d’une terre où faire croitre les rêves. Mais parle aussi de fugue, de marronnage, de King Marron qui dit « notre royaume est une nation de pouilleux »  qui vivent dans la montagne, dans la privation.

Dans Tombeau, il n’y a qu’un seul personnage. Un afro-descendant veut être enterré dans sa terre d’origine, un test ADN a indiqué de quelle tribu il est le descendant. Nous entendons la voix et les mots du mort. L’auteur interroge sur la notion d’appartenance, le Test ADN « africain ancestry » sert à déterminer l’origine tribale exacte des ancêtres, mais alors, cette origine est-elle seulement génétique ? Comment les subsahariens d’aujourd’hui peuvent-ils recevoir les afro-descendants à la recherche de leurs origines ?

« Dans une espace invisible entre deux mondes, je vis encore »

« Il faut écouter avec amour, mais qu’on ne se méprenne pas, c’est d’amour propre qu’il s’agit »

D’une voix grave à la suavité rauque, Léonora Miano psalmodie ses belles phrases aux intonations parfois terribles de souffrance, de mort, rythmées par les instruments et les voix étranges des deux musiciens qui l’accompagne. C’est une soirée étonnante et qui interroge, qui m’a donné envie d’en savoir plus et de lire Léonora Miano.


LA SAISON DE L'OMBRE - Léonora MIANOhttp://www.dapper.fr/index.php

Son livre « la saison de l’ombre » est désormais sur ma pile à lire.

Révélation

Révélation invite le lecteur dans un espace mythologique, un lieu habité par des divinités et des esprits. Mayibuye, figure des âmes à naître dans le Pays premier, refuse désormais de s’y incarner. Sur la terre où naquit l’humanité, les nouveaux-nés voient le jour privés d’âme. L’équilibre de l’univers est troublé. Après un échange avec Ubuntu, esprit des disparus sans sépulture de la Traite transatlantique, Mayibuye exige d’entendre la confession des fournisseurs de captifs. Rois et notables sont ainsi conviés à révéler les mobiles de leur crime. Inyi, divinité féminine, porteuse des âmes à naître, sera secondée par Kalunga, divinité gardienne des passages entre les mondes, pour lever le silence de dix siècles imposé aux damnés. Pour la première fois, leur parole sera entendue.

Sacrifices

Sacrifices se déroule sur une île que l’on peut penser caribéenne. Lorsque la pièce commence, Dor, chef marron connu sous le nom de King Maroon, s’est éloigné des siens qui célèbrent une victoire de plus sur les armées du gouverneur. Le chef des Marrons reçoit un visiteur inhabituel, Sir Charles, venu lui proposer un accord de paix. De part et d’autre, on est las de ces batailles qui durent depuis des années. De part et d’autre, on a bien des raisons de souhaiter l’accalmie. Le prix, cependant, en est élevé, pour la communauté des Marrons : ils devront accepter de ne plus accueillir de fugitifs. Tous souscriront-ils à ce sacrifice ? Une longue nuit attend les résistants à l’esclavage.

Tombeau

Le décor de Tombeau est contemporain. Dans un pays d’Afrique subsaharienne, Jedidiah, une Afrodescendante, vient de perdre son frère aîné, décédé au cours de ce premier séjour sur la terre ancestrale. Munie des résultats du test ADN qui confirme leur appartenance à l’une des communautés du pays, elle demande qu’il y soit enseveli comme il le désirait. Que doivent les Subsahariens d’aujourd’hui aux descendants des déportés du trafic humain transatlantique ? L’identité et l’appartenance à un groupe sont-elles affaire de génétique ? Existe-t-il un espace où les fragilités des uns et des autres pourraient se rencontrer afin d’inventer une relation qui ne s’inscrive pas uniquement dans un passé douloureux ?

Et je danse, aussi. Jean-Claude Mourlevat. Anne-Laure Bondoux

Et je danse, aussi par MourlevatEt je danse, aussi, est un roman épistolaire. En le commençant j’ai réalisé que j’en avais déjà lus quelques-uns. « Inconnu à cette adresse » de Kressman Taylor (que j’ai longtemps imaginé être un homme) est sans aucun doute celui qui m’a le plus marquée, et que j’ai offert quelques dizaines de fois. Ou « 84, Charring Cross Road », ou enfin « le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates », finalement je n’en suis pas à mon premier coup d’essai du genre. Alors c’est un peu facile cet échange de courriers, toi, moi, et ainsi de suite. Oui, sans doute, mais ce n’est pas gagné d’avance car il faut tenir le lecteur en haleine, ne pas le laisser refermer le livre sans y revenir.
J’ai eu un peu peur que cette histoire-là ne s’enlise, je voyais tranquillement arriver la groupie qui ne sait pas comment aborder l’écrivain de ses rêves, l’histoire d’amour par mail interposé, puis la rencontre, le coup de foudre, du banal en somme. Mais non, Adeline n’est pas une fervente admiratrice, même si elle connait les romans de l’auteur Pierre-Marie Sotto, ce n’est pas juste une jeune femme en mal d’amour et qui s’ennuie dans son Cloitre perdu en province, Adeline est beaucoup plus que cela et on le découvre au fil des pages. Et puis il y a aussi les écrits entre Pierre-Marie et ses amis, qui émaillent les pages entre les deux personnages principaux.
Ce qui est intéressant dans cet échanges de mails (ah, donc ils ne pourront jamais être envoyés un jour dans une très grosse enveloppe, propice à débuter une autre histoire, quel dommage) c’est surtout tout ce qu’il révèlent de la vie, de l’amour, des enfants, que l’on a eus ou que l’on a perdus, qui grandissent et qui partent, des parents, des expériences de deuil, des rencontres, des trahisons, des amis que l’on aime depuis toujours et que l’on connait si bien, des réussites ou des échecs, de tout ce qui fait le quotidien de chacun, auquel on est tellement habitué que l’on pense que c’est normal. Et qui parait pourtant si fragile quand on le perd.
C’est aussi une démonstration étonnante de tout ce que deux personnes peuvent se dire par écran interposé sans se connaitre, comment elles peuvent se dévoiler, se révéler, s’exposer, car l’autre est loin, dématérialisé, irréel, simplement peut être conforme aux rêves et à l’image que l’autre s’en fait. Possibilité d’aller au-delà de ce qui serait avoué à un être de chair qui serait face à soi, protégé par l’écran et la dématérialisation du clavier et de la boite aux lettres. Réalité d’un monde actuel ? Je ne sais pas. En tout cas ce roman est étonnant, loin d’être un banal échange, il révèle une part de mystère et une complexité des relations que l’on n’imagine pas au premier abord. Porté par une écriture à deux qui ne se ressent pas, il n’y a pas de différence de niveau dans la rédaction mais bien une réelle fluidité, un brin de cynisme, beaucoup d’humour et de dérision, et l’impression finale est positive.
Rencontre avec Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux
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Avec « et je danse, aussi » Jean-Claude Mourlevat et Anne-Laure Bondoux on fait et réussi un pari audacieux. Ecrire un roman épistolaire, Jean-Claude y pensait depuis plus de dix ans, mais n’avait pas encore pu le réaliser. Là c’était le bon moment et le choix d’Anne-Laure comme corédacteur était juste une évidence. Tous les deux se connaissent depuis plus de quinze ans, ils sont écrivains pour la jeunesse et se rencontrent régulièrement dans de nombreux salons, dont celui de Brive.

IIMG_6588ls avaient de plus l’avantage d’avoir au moins une habitude commune de travail : celle d’écrire sans savoir dès le départ où ils comptent arriver à la fin du roman. Jean-Claude appelle cela écrire à la lanterne, en avançant sur le chemin de la narration. Et en se disant pourquoi pas, on verra bien jusqu’où on est capable d’aller. Comme ils sont édités par des éditeurs jeunesse, là ils ont du faire le parcours de l’écrivain débutant, rédiger pendant 6 mois sans savoir si un jour ils seraient publiés, puis envoyer le manuscrit à plusieurs maisons d’édition. Si Anne-Laure avoue avoir été un peu pessimiste, Jean-Claude ne s’est pas découragé car tout ce qu’il a écrit jusque-là a toujours été publié.

Dans un roman à quatre mains, ce qui m’intéresse c’est la manière dont il a été écrit. Alors comment ont-ils fait ? Tout simplement par échange de mails. Jean-Claude est le personnage de Pierre-Marie Sotto, et Anne-Laure tous les autres. Au départ elle tient le rôle épistolaire d’Adeline, puis petit à petit elle ajoute des personnages au gré de son humeur, Max et sa femme, Lisbeth, l’ami éditeur, personnages auxquels, une fois sa surprise passée, Jean-Claude va devoir répondre en assumant entièrement son rôle d’auteur.

Pour Anne-Laure, il a été difficile d’abandonner Adeline, car au fond un auteur met souvent dans son personnage une partie de lui-même ou de ce qu’il aimerait vivre, de ses faiblesses, de ses rêves. Assumer de multiples personnages était aussi très jouissif et amusant, d’autant que « Pierre Marie » jouait le jeu. La vie des personnages est parfois basée sur des mensonges, soit avec soi-même (Pierre-Marie ne veut pas voir la réalité de son couple) soit avec la vie (Adeline évince 9 ans de sa vie) chacun doit avancer en surmontant ses petites lâchetés, ses petits arrangements avec sa propre histoire.

Si les surprises vont amener la drôlerie de certaines situations, c’est aussi une leçon de modestie pour chacun des auteurs, car l’écrivain n’est plus seul aux commandes. Ils se sont à peine parlé pendant tout le temps de l’écriture, juste au départ et à deux moments clés. Lorsqu’Anne-Laure introduit pour la première fois un nouveau personnage, Max, Jean-Claude lui téléphone pour être sûr d’avoir bien compris, ensuite tout se déroule facilement.

Les éléments de vie et de rencontre arrivent à mesure des échanges de mails, ils sont développés et assumés par l’imaginaire de l’autre. L’enveloppe par exemple n’est au départ qu’une simple enveloppe, aucun des deux ne sait ce qu’elle contient. Et ne comptez pas sur moi pour vous le dire, car cela vous gâcherait le plaisir de la lecture. A les entendre j’ai l’impression qu’ils n’avaient pas la même idée de départ. Chacun avance ses hypothèses, ses pistes, et le récit se déroule, les évènements se succèdent, pour le plus grand plaisir des auteurs et des lecteurs. Il n’y a aucun désaccord, un choix de scénario au départ, une ou deux rencontres pour valider des étapes, et pour le reste, chacun prend ses options, déroule l’intrigue et répond aux improvisations de l’autre.

Au final, cela donne un récit auquel plusieurs relectures communes vont enlever bien des pages, bien des éléments inutiles à sa fluidité, bien des pistes inexploitées qui auraient ralenti son rythme, des évènements qu’il faut ordonner et remettre en cohérence, valider le jeu des signatures et des introductions des mails.

A ceux qui posent la question d’une suite possible, les auteurs n’en voient pas, c’est plutôt au lecteur de se créer sa propre suite, de développer son propre imaginaire. Et après tout, l’écriture s’est faite dans une sorte de fièvre rédactionnelle « amoureuse », créant un échange basé sur une vie fantasmatique, alors ,quel auteur prendrait le risque d’aller plus loin quand dans sa vie familiale tout va bien. C’est un moment d’échange très agréable avec des auteurs sympathique qui ont l’air d’avoir pris un réel plaisir à l’écriture et qui le transmettent aux lecteurs, ou aux lectrices ? Car nous sommes une majorité de femmes dans cette assistance.

Merci à Babelio et Fleuve éditions pour cette rencontre.


Catalogue éditeur

La vie nous rattrape souvent au moment ou l’on s’y attend le moins.
Pour Pierre-Marie, romancier à succès (mais qui n’écrit plus), la surprise arrive par la poste, sous la forme d’un mystérieux paquet expédié par une lectrice. Mais pas n’importe quelle lectrice ! Adeline Parmelan, « grande, grosse, brune », pourrait bien être son cauchemar… Au lieu de quoi, ils deviennent peu à peu indispensables l’un à l’autre. Jusqu’au moment ou le paquet révèlera son contenu, et ses secrets…
Ce livre va vous donner envie de chanter, d’écrire des mails à vos amis, de boire du schnaps et des tisanes, de faire le ménage dans votre vie, de pleurer, de rire, de croire aux fantômes, d’écouter le Jeu des Milles Euros, de courir après des poussins perdus, de pédaler en bord de mer ou de refaire votre terasse.Ce livre va vous donner envie d’aimer. Et de danser, aussi !
Collection : Littérature Générale / Nombre de pages : 288 p /
EAN : 9782265098800

Meurtre au Ritz. Michèle Barrière

Meurtre au Ritz

Dans ses romans, Michèle Barrière conte les aventures culinaires de la famille Savoisy sur plusieurs générations. Dans ce nouvel épisode nous découvrons Quentin, journaliste dans la revue « Le Pot-au-feu » et filleul du célèbre cuisinier Auguste Escoffier. L’intrigue débute en 1898, au moment de l’ouverture du Ritz, ce palace parisien dont nous avions oublié que le nom venait de Monsieur César Ritz, son propriétaire. Sur fond d’affaire Dreyfus qui déchire la France et alors que le procès d’Emile Zola passe en cassation, puisqu’il est poursuivi en particulier pour avoir osé son célèbre « j’accuse », les anarchistes en veulent aux bourgeois bienpensants et leurs bombes artisanales ont déjà fait quelques dégâts dans la capitale, l’esprit nationaliste émerge et la ligue antisémitique fait tristement des émules dans le pays.

Les féministes ont osé monter un journal uniquement tenu par des femmes, « La Fronde » et Diane, la belle amie de Quentin, rêve d’y affuter sa plume. Pour le moment elle se cantonne à la rubrique mondaine, mais elle n’est pas en reste pour rencontrer tout ce qui bouge et se rebelle dans cette société des années 1890.

Un cadavre est retrouvé dans la chambre froide du Ritz. César Ritz refuse que l’affaire s’ébruite, l’inauguration de son palace doit être parfaite et sans tâche. L’enquête va donc être confiée à Quentin, qui n’a pourtant rien d’un fin limier. Les péripéties vont s’enchaîner pour arriver à comprendre qui sont les coupables et qu’elles sont leurs revendications.

Une fois de plus, comme dans les autres romans de Michèle Barrière que j’ai déjà lus, tout l’intérêt repose sur la description réaliste des habitudes culinaires d’une époque. La description de l’ambiance et du fonctionnement souvent méconnu des Palaces, l’évocation de la situation politique contemporaine à l’intrigue, au travers de l’affaire Dreyfus qui a tant divisé le pays ou même l’émergence des revendications féministes, enfin les descriptions des métiers autour de la halle et des bouchers de la Villette, le tout emmaillé de quelques délectables recettes, donnent au roman toute sa saveur.

Ce n’est pas un grand polar, même si l’intrigue est un peu plus présente que dans les premiers romans, il y a quelques longueurs. Mais il a le mérite de resituer les évènements dans leur époque et c’est l’assurance de passer un bon moment d’évasion loin de son quotidien. Juste ce que l’on recherche en tournant ces pages, puisqu’on y revient avec plaisir.


Catalogue éditeur

Alors que l’affaire Dreyfus bat son plein, César Ritz est sur le point d’ouvrir les portes de son nouveau palace parisien, dont les cuisines ont été confiées au grand chef Auguste Escoffier. Quel n’est donc pas le choc ressenti lorsque, à quelques jours de l’inauguration, le cadavre d’une jeune femme est retrouvé pendu dans une chambre froide du Ritz. Pour ne pas ébruiter l’affaire, l’enquête est confiée au filleul d’Auguste Escoffier, Quentin Savoisy, jeune journaliste gastronomique au Pot-au-Feu. Épaulé par sa fiancée aristocrate et féministe de la première heure, Quentin est loin d’imaginer qui se cache derrière ce terrible meurtre.

ISBN : 2253173673
Éditeur : Le Livre de Poche (2013)

Le jardin des puissants. Bruno Jacquin

Un enquête plus qu’un simple roman, « Le jardin des puissants » de Bruno Jacquin a tout pour séduire ses lecteurs.

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Je viens de terminer le jardin des puissants et je pense que la force de ce roman tient beaucoup au réalisme de son écriture. L’auteur est journaliste de presse écrite et cela se sent. Il a pris la peine de situer son intrigue en 2017, mais à part cela tout semble tellement réaliste que le lecteur, moi en tout cas, se croit vraiment plongé dans l’enquête que réalisent deux journalistes au jour le jour.

Pierre Moince, grand reporter à Liberté Soir et son ami Julian Strummer reporter au Bristol Morning News, sont attendus à New York pour y recevoir le premier prix Pulitzer remis à des journalistes étrangers, lors du centenaire de la création du prix, en 2017. Le prix va récompenser le reportage paru simultanément dans les deux journaux et les deux pays, en juin 2016, reportage de deux journalistes intègres et professionnels qui a secoué la planète en dévoilant une affaire particulièrement sordide et ignoble.  Est-ce pour cette idée du centenaire du prix que Bruno Jacquin a choisi cette date ? peut-être, et j’aime l’idée de nous rappeler que ce prix a presque cent ans alors qu’il est toujours aussi actuel et indispensable. La liberté de la presse, le travail d’enquête pour établir la vérité sont des éléments primordiaux du métier de journaliste et ils ne doivent jamais cesser.
IMG_1999Bruno Jacquin n’attend pas pour informer le lecteur, tout l’art de son récit portant sur le déroulé de l’enquête. Récit que va revivre Julian resté chez lui alors que Pierre l’attend déjà à New York.
Julian est un homme amoureux mais parfois déçu par Ashlee, sa collègue mariée et néanmoins maitresse, Ashlee qu’il aime depuis des années et qui vient de le quitter. Pour faire le point, il part enquêter plusieurs semaines dans les villes les plus hautes du monde. Jusque-là rien de bien extraordinaire. Mais alors qu’il passe quelques jours en équateur, un soir dans un bar local, il surprend des mots anglais dit par un autochtone qui ressemble plus à un étranger qu’à un natif. En creusant un peu avec Juan, cet homme dont il sait rapidement se rapprocher, Julian comprend qu’il s’agit d’une affaire complexe touchant des intérêts au plus haut niveau dans plusieurs pays.

Quelques années plus tôt, des militaires français et anglais ont effectué une mission à Diffa, au Tchad, un village Peul a été froidement rasé de la carte, et les forces spéciales ont fait un sale boulot, Juan était présent. Julian mène l’enquête. Elle nous est présentée avec réalisme, suspense et émotion, la recherche des faits, des motivations puis des coupables se fait jour peu à peu. Le mystère s’éclaircit et la vérité apparait dans toute son horreur. Intérêt militaire ou profits industriels, celui des puissants qui n’hésitent pas à faire de l’Afrique autrefois colonisée leur jardin d’essai, le « jardin des puissants ».

Le roman alterne l’enquête sur des faits particulièrement indélicats et sordides, rôle des différents armées, implications des complexes industriels puissants, rôle des investisseurs et de la finance au plus haut niveau, y compris paradis fiscaux, et l’histoire d’amour complexe et tourmentée entre ces deux êtres qui s’aiment, mais qui vivent une relation qui passe du plus bleu et beau au plus sombre et triste, au rythme des indécisions d‘Ashlee et des élans amoureux de Julian. Comme un contraste entre le sucré de l‘amour et l’amertume de la mort.

C’est un roman que l’on n’a vraiment pas envie de lâcher. On s’y croit presque, le style est vif, rapide, réaliste, qui nous dit que la vie est sordide mais belle. La fin arrive comme une claque, inattendue et brutale, comme un éveil du lecteur à la triste réalité de la vie.


Catalogue éditeur : Éditions Les 2 Encres

Julian Strummer, l’Anglais, et Pierre Moince, le Français, sont reporters. L’enquête qu’ils ont menée pendant des mois leur vaut, en ce début avril 2017, l’attribution du premier Prix Pulitzer jamais décerné à des journalistes non-américains.
Mais que s’est-il passé exactement au Niger, dans le désert  du Sahel, près de cinq ans plus tôt ?  Pourquoi tant de morts ? Au nom de qui ? De quoi ?
S’agit-il uniquement d’une banale et tragique bavure des Forces Spéciales des armées britannique et française à la recherche d’un groupe terroriste ?
Fuyant jusqu’en Amérique du Sud un amour chaotique,  Julian rencontre par hasard le seul survivant du carnage qui va lui permettre, avec l’aide de son confrère et ami, de mettre au jour un scandale resté trop longtemps caché, impliquant des personnalités du monde industriel, militaire et politique.
Jusqu’où celles-ci iront-elles pour protéger leur secret ?
En tout cas, Julian Strummer est en retard à la remise de son prix à New York…
Un thriller noir au cœur des dérives de l’ultra-capitalisme.
Et si tout n’était pas que fiction…

264 pages ISBN : 2351686179 / 2013

Le Fils. Philipp Meyer.

Avec « le fils » Philipp Meyer écrit de sa plume énergique et vivante une grande saga romanesque. Cette fresque retrace sur cinq générations et plus de cent cinquante ans la vie de la famille Mc Cullough et à travers sa « petite histoire » une partie de la « grande histoire », celle du Texas, de l’Amérique des états du sud et de ses changements. Histoire violente, surprenante, émouvante, brutale, proche de la nature sauvage d’un vaste territoire à conquérir, où Mexicains, pionniers et indiens s’entretuent sur ces terres que chacun considère comme sa propriété, mais Histoire qui emporte le lecteur.

Le fils, c’est Eli, arrivé dans les plaines du Texas avec ses parents vers 1840, il assiste au massacre de sa mère et de sa sœur par les indiens. Bien qu’il ait tué un des leurs ce jour-là, Eli se fait enlever par les Comanches et passera trois années avec ceux qui deviendront ses frères.

Au fil de son histoire, le lecteur découvre l’Histoire des tribus Comanches. Ils enlevaient des enfants et des femmes pour en faire des esclaves, les enfants pour aider les femmes lorsque les hommes partaient au combat, les femmes pour éviter la consanguinité en apportant du sang neuf. Leur vie est décrite avec les violences, les coutumes qui nous paraissent barbares, combats entre tribus ou massacres de colons, torture, scalps, rien n’est épargné, chasse au bison, liberté relative des mœurs et des femmes, mais également parfois avec beaucoup d’humour, en particulier lors de l’évocation des noms des indiens et leur signification.  Très vite tout cela devient la vie d’Eli. Lui qui aura su passer d’homme dit civilisé à indien Comanche, tuant les colons sans scrupule, mais retournant ensuite au monde d’où il vient, et capable alors de tuer ses anciens frères indiens. Philipp Meyer nous fait découvrir la vie de ces indiens qui s’éteignent dans des combats entre tribus pour garder leurs territoires ou pour la conquête de troupeaux de bisons qui leur permettront de passer l’hiver, qui se battent contre l’envahisseur blanc, mais qui sont durement frappés par les maladies apportées sur le continent par ces mêmes blancs.

Le fils, c’est ensuite Peter, le fils d’Eli que nous découvrons à partir de 1915. Il représente la deuxième génération de pionniers dans cette Amérique qui se construit sur les ruines des possessions mexicaines. Son histoire à lui se déroule au moment des guerres de sécession et de la guerre contre le Mexique, pourtant premier occupant du Texas. Intéressant de replacer également cette période au moment de la première guerre mondiale en Europe. Philipp Meyer nous présente ces populations qui s’approprient les terres des occupants précédents et qui n’hésitent pas à massacrer pour les obtenir : les colons espagnols et les indiens, les pionniers et les Mexicains, les Indiens et les colons, c’est un combat sans fin. Intéressant de voir que l’auteur ne prend pas parti, mais il présente une vision du passé qui interroge.

Le fils enfin, cela aurait pu être Jeanne-Anne, le troisième personnage auquel fait référence cette fresque.  S’il y a peu de personnages féminins, en voilà enfin un, mais il est difficile de trouver sa place dans ce monde de pionniers. Pour arriver à se faire respecter dans cette dynastie de conquérants, Jeanne-Anne va devoir se comporter comme un homme. Fille de Peter, elle représente la nouvelle génération de la fin du XXème, celle des riches propriétaires de la nouvelle ruée vers l’or, celle de l’or noir et de ses derrick qui remplacent peu à peu les troupeaux sur les terres du Texas.

Le roman alterne les évocations de ces trois personnages tellement différents qu’il est parfois difficile de les suivre. Mais rapidement les récits s’enchainent et l’intrigue se déroule. C’est la saga d’une famille mais c’est surtout la saga d’une époque, de la conquête d’un nouveau monde bâti sur des épopées mais aussi sur des massacres, l’Histoire magnifique d’un pays qui s’est construit dans les grands espaces et la violence.


Catalogue éditeur

Vaste fresque de l’Amérique de 1850 à nos jours, Le Fils de Philipp Meyer, finaliste du prestigieux prix Pulitzer 2014, est porté par trois personnages, trois générations d’une famille texane, les McCullough, dont les voix successives tissent la trame de ce roman exceptionnel.

Eli, enlevé par les Comanches à l’âge de onze ans, va passer parmi eux trois années qui marqueront sa vie. Revenu parmi les Blancs, il prend part à la conquête de l’Ouest avant de s’engager dans la guerre de Sécession et de bâtir un empire, devenant, sous le nom de « Colonel », un personnage de légende.

À la fois écrasé par son père et révolté par l’ambition dévastatrice de ce tyran autoritaire et cynique, son fils Peter profitera de la révolution mexicaine pour faire un choix qui bouleversera son destin et celui des siens.

Ambitieuse et sans scrupules, Jeanne-Anne, petite-fille de Peter, se retrouvera à la tête d’une des plus grosses fortunes du pays, prête à parachever l’œuvre de son arrière-grand-père.

Il est difficile de résumer un tel livre. Porté par un souffle hors du commun,Le Fils est à la fois une réflexion sur la condition humaine et le sens de l’Histoire, et une exploration fascinante de la part d’ombre du rêve américain.

« Meyer est un impressionnant et remarquable conteur, de ceux qui vous font tourner les pages sans même que vous vous en rendiez compte. » Richard Ford

août 2014 Format : 220 mm x 150 mm /688 pages EAN13 : 9782226259769

Traducteur : Sarah Gurcel