Baïnes. France Cavalié

pays basque
Saint Jean de Luz © DCL-DS2015

Depuis les années 80, je passe chaque année avec bonheur quelques jours au pays Basque. Avec Baïnes de France Cavalié, je suis à la fois en pays connu avec les paysages, l’ambiance, les « festaïres » de Biarritz, Bayonne ou Hendaye, et plongée dans l’inconnu de la violence secrète, celle qui est cachée derrière des volets verts, oppressée par le silence honteux d’une femme battue qui ne sait et ne peut parler du drame qu’elle vit. Quel contraste.

L’auteur nous balance entre un amour tellement fort qu’il en devient exclusif, celui de Rose et Oleg, en particulier pour Oleg qui est terriblement jaloux, et un air ambiant qui donne envie de vivre sous ce ciel si bleu, si vif. Nous voilà sur les plages de la chambre d’amour ou de la côte de basques, à vivre les débuts des surfeurs, qu’on imagine tous de beaux blonds aux corps d’athlètes, dans les rues ensoleillées de Biarritz, invités aux vernissages, avec les amateurs d’arts qui hantent les galeries chics et branchées, en ces années 80 où tout est possible.

Chaque chapitre commence par une phrase abordant un élément qui va se retrouver dans les pages suivantes, émaillées de rappels du quotidien de l’époque, stars de cinéma, actualités, films, romans, pour ancrer le récit dans la réalité, parfois à l’excès, même si ce n’est pas forcément gênant. En tournant les pages, on ressent l’atmosphère étouffante de ce huis clos d’un couple en rupture et pourtant soudé par un amour impossible, derrière ces volets verts où la souffrance, l’incompréhension, le silence, sont si forts et si inconcevables, même s’ils se passent à une époque où l’on commence à peine à parler de violences faites aux femmes. Qu’il est difficile de vivre, d’accepter de mettre des mots puis de dire et de comprendre la souffrance. Celle des autres est toujours plus facile à juger, mais c’est dire le chemin qu’il reste encore à parcourir. Difficile thème, abordé intelligemment par l’auteur, passage à l’acte pour celui des deux qui est violent, réaction ou manque de réaction pour l’autre, rien n’est simple, c’est un roman qui pose des questions.

Sélection du prix Orange du livre 2015


Catalogue éditeur

Les années 80 à Biarritz. La ville des princes et des stars hollywoodiennes, par ailleurs farouchement basque, est le théâtre d’une histoire d’amour violente et lumineuse. C’est le récit intense d’une guerre dont personne ne se doute… Et d’une rédemption.

« – On va se marier, Rose.
Arrivé dans mon dos, Oleg a dit ça comme une évidence.
– Tu verras, ce sera mieux pour les enfants.
J’étais muette. Ou avait-il passé la nuit ? Avec qui ?
Je ne pensais plus qu’à ça, scrutant son regard, ses beaux yeux bleus posés sur moi.
Il a insisté.
– Alors, Rose ?
Je n’ai pas répondu tout de suite. Il y a des bonheurs qui ne réjouissent pas tout à fait. »
Dans le Biarritz des années 1980, ou l’art contemporain défie les ors de son passé princier, ou les surfeurs règnent sur la Côte des Basques, ou l’océan cache les baïnes et leurs puissants courants contre lesquels mieux vaut ne pas lutter, c’est l’histoire d’un amour en fusion qui déraille à huis clos. Rose et Oleg. Un amour bloc avec la mèche à l’intérieur.

Robert Laffont éditions / Parution : 2 Janvier 2015 / Format : 1 x 215 mm /

Nombre de pages : 234 / Prix : 18,00 € / ISBN : 2-221-15663-3

Dépendance Day. Caroline Vié.

Dépendance dayDans Dépendance Day, le second roman de Caroline Vié, nous suivons trois générations de femmes aux prénoms impossibles. Ce sont les prénoms des trois Parques,  bon, là bien sûr il faut réviser un peu mes cours. Le récit de Morta, la petite-fille, nous  plonge dans les affres de la maladie, qu’elle soit sénilité ou Alzheimer, vécue par les personnes âgées qui s’enfuient dans un univers sans mémoire, sans souvenir, sans repère et évoque surtout les bouleversements que cela entraine dans la vie des accompagnants, ceux qui perdent leurs relations avec leur famille, leurs parents.

On croirait presque une biographie tant certaines scènes sonnent vrai. Aborder la maladie d’Alzheimer n’est pas un postulat évident, pourtant je m’y suis laissée prendre, car en plus du malheur et de la souffrance évoqués sans retenue, il y a tout au long de ces pages un humour, une façon de vivre les évènements, de les décrire, qui vous oblige à rire et à pleurer en même temps. Construction étonnante, qui fait sourire et réfléchir, qui déchire et qui afflige, mais qui n’est jamais morbide.

Malgré le sujet  évoqué, c’est un roman terriblement attachant que j’ai lu d’une traite, qui ne laisse pas indifférent et qui certainement pose de nombreuses questions sur l’accompagnement des malades et des personnes en fin de vie, mais aussi sur la fin de vie voulue et digne.

Sélection du prix Orange du livre 2015


Catalogue éditeur

« Je me laisse tomber sur un banc, le souffle court. Je ne sais plus où je suis. À Paris. Dans une rue. Elles se ressemblent toutes. J’ai rendez-vous. Je suis perdue. Je tente de me calmer. La respiration abdominale n’a pas été inventée pour les caniches, comme dirait ma copine Véronique. Inspirer. Expirer. Je me répète la date, mon nom, celui de mon mari, de ma meilleure amie et du président de la République. Commence à m’apaiser.
Ce n’est pas pour aujourd’hui. Ça n’a pas encore commencé. Je me suis juste égarée. Non, ce n’est pas pour maintenant. La malédiction qui a abattu ma grand-mère et ma mère ne m’a pas encore frappée. »

Elles s’appellent Lachésis, Clotho et Morta, comme les Trois Parques. Elles filent leurs propres vies, entre joies familiales et blessures d’adultère. De génération en génération, surtout, elles se transmettent le même rouet, la même malédiction : l’oubli, la folie, la perte de soi – ce que l’on appelle aujourd’hui Alzheimer. Clotho a dû enfermer Lachésis. Morta, la narratrice, sait qu’un jour elle devra à son tour enfermer Clotho.
De mère en fille, le même amour, la même impuissance.

Avec Dépendance Day, Caroline Vié signe un roman où l’humour est l’autre nom de la violence, celle d’une société qui piétine la dignité humaine. De l’amour seul viendra, peut-être, le salut.

L’auteur : Caroline Vié est l’auteur de Brioche (JC Lattès, 2012). Journaliste de cinéma, elle a longtemps participé à l’émission de Canal +, « Le Cercle », et travaille actuellement au quotidien 20 minutesDépendance Day est son deuxième roman.

Auteur(s) : Caroline Vié / Titre : Dépendance day / Editions : JC Lattès

Collection : Littérature française / Date de Parution : 02/2015

Code EAN/ISBN : 9782709646680 / Hachette : 8700003

Prix public : 17.00 € / Format : 130 mm x 205 mm / 150 pages

Miniaturiste. Jessie Burton.

Je me souviens très bien de la maison miniature, exposée au Rijksmuséum et devant  laquelle, comme certainement bien d’autres visiteurs, je suis restée un moment pour y projeter ma vision d’une famille idyllique de l’époque.  C’est sûr, si j’y  reviens je ne la regarderai plus jamais de la même façon.  Dans Miniaturiste, Jessie Burton nous fait évoluer dans la Hollande des canaux, des terres gagnées sur la mer et du siècle d’or de la Compagnie des Indes Orientales. Les flottes des riches marchands parcourent le monde pour en rapporter du sucre et des épices. Elle évoque également avec beaucoup de justesse les ambivalences et  l’hypocrisie des protestants soumis aux règles strictes de leur église (mais prêts à dévorer en secret quelques sucreries et noix caramélisées), les contraintes qu’imposent la religion et le poids des traditions en matière de mœurs et dans l’organisation austère de la société.

Nous sommes en 1686, Nella, jeune provinciale découvre à la mort de son père que la famille est ruinée. Elle doit alors épouser un vieillard de deux fois son âge. Enfin, 40 ans ce n’est pas si vieux, sauf quand on en a dix-huit ! Johannes est bel homme, cultivé, un des meilleurs marchands de la ville d’Amsterdam, connu et reconnu par ses pairs, jalousé par d’autres, courant les mers, il assume sa liberté et ses choix.

À son arrivée à Amsterdam, Nella découvre une maisonnée bien hétéroclite. Otto, le serviteur de son mari, arrive du Dahomey, un homme noir est fort peu commun en ces temps et en ce pays, Cornelia, jeune orpheline, est au service de Johannes et de Marin, sa sœur. Celle-ci, si froide, si stricte, si intelligente, et si secrète semble mener de main de maître l’intendance de la maison Brandt.

Nella reçoit en cadeau de Johannes une magnifique maison miniature, de celles qui permettent aux jeunes filles de bonne famille d’apprendre leur futur rôle de maitresse de maison. Ce cadeau sera le point de départ de singulières aventures à la limite du surnaturel. Nella reçoit d’étranges présents de la part d’une miniaturiste invisible qui ose travailler dans cette ville dominée et gouvernée par les hommes. Les objets semblent prémonitoires, mais peut-être suscitent-ils simplement un éveil de la conscience chez Nella, guidant celle-ci dans son évolution. Car comment trouver sa place, comment devenir une femme, une maitresse de maison accomplie, une mère, quand tout semble se liguer contre vous.

miniaturiste
Amsterdam © DCL-DS2015

La structure du roman m’a intéressée, le suspense monte peu à peu, les caractères et les personnages gagnent en épaisseur et leur mystère, bien loin de s’éclaircir, va se densifier au fil des pages. L’évocation quasi magique du rôle de la miniaturiste ne prend jamais le pas sur la vie de Nella, lui laissant la place pour se révéler et grandir dans cette société intransigeante et rigide. Les scènes sont parfois  décrites comme si nous étions dans un film, le lecteur peut alors les visualiser comme s’il y était, en spectateur d’une société sans pitié pour ceux qui sortent du rang. Une belle lecture pour un étrange voyage dans le temps le long des canaux d’Amsterdam.


Catalogue éditeur

Miniaturiste [The Miniaturist] Jessie Burton / Trad. de l’anglais par Dominique Letellier

Collection Du monde entier, Gallimard / Parution : 26-03-2015
512 pages, 1 ill., 140 x 205 mm / Genre : Romans et récits  / Époque : XXIe siècle
Catégorie > Sous-catégorie : Littérature étrangère > Anglo-saxonnesISBN : 9782070144228 – Gencode : 9782070144228 – Code distributeur : A14422

John Ford et les Indiens. Arnaud Balvay et Nicolas Cabos.

Mes plus grands souvenirs de voyages sont ceux que j’ai faits en  1976, puis en 80, aux Etats Unis, que j’ai traversés d’est en ouest, pour rester deux mois en Arizona et Californie. J’ai toujours en mémoire les visites aux réserves Navajos et les quelques contacts avec les indiens qui à l’époque tenaient quelques boutiques en particulier celles vendant alcool ou carburant, en plus des incontournables boutiques à souvenirs. Tout le monde, ou presque,  se souvient des westerns de John Ford, vus et revus au cinéma puis à la télévision, dans lesquels les indiens ont une place importante.

Aussi quand Babelio et Séguier ont proposé ce livre, « John Ford et les Indiens » d’Arnaud Balvay et Nicolas Cabos, je n’ai pas hésité. Si je ne suis pas une cinéphile avertie, j’ai cependant beaucoup apprécié ce livre, particulièrement bien documenté, organisé en différentes parties, et qui nous présente John Ford et son attachement aux tribus Navajos et à certains indiens en particulier, qu’il a bien souvent fait tourner dans ses films.

Au fil des pages, on découvre l’évolution du rôle des indiens dans les films de John Ford, de figurants quasi insignifiants jouant à la perfection le rôle qui leur est imposé, à celui, au fil des films, de leur véritable rôle dans l’Histoire, et l’attachement et la considération du cinéaste à leur égard se retrouve également dans la considération des navajo envers John Ford. Devenu membre honoraire de leur tribu en 1955. On comprend aussi comment Monument Valley devient le « lucky spot » qui porte chance au réalisateur. John Ford prendra un plaisir certain à tourner en toute liberté sur la terre Navajo que les spectateurs découvrent alors avec bonheur.

Cependant, si le rôle des Navajos évolue au fil des films, leurs noms n’apparaissent toujours pas dans les génériques, l’évolution de la société n’est pas forcément  en phase avec l’évolution du cinéaste. Mais il me semble que c’est notre regard actuel qui nous fait dire cela, et qu’il est toujours très difficile de se replacer concrètement dans le passé.

Si vous aimez les westerns, et si vous avez la curiosité de mieux comprendre une époque, vous serez aussi séduits que moi par ce superbe livre. Textes et photos se mêlent étroitement aux souvenirs pour mieux comprendre une Histoire. C’est assurément un livre que l’on a envie de feuilleter, de poser sur une table et de reprendre régulièrement, de parcourir au hasard, ou de lire assidument, tout est possible. Les photos qui ponctuent les chapitres sont superbes, j’en aurai presque souhaité un peu plus !


Catalogue éditeur

John Ford et les Indiens, c’est l’histoire d’une rencontre.

En 1938, alors qu’il est à la recherche d’un lieu pour tourner La Chevauchée fantastique, qui va relancer le western, John Ford découvre Monument Valley et ses habitants : les Indiens Navajos.
Après ce premier contact, Ford et les Navajos s’illustrent chacun de leur côté pendant la Seconde guerre mondiale avant de se retrouver en 1946 pour La Poursuite infernale. Jusqu’à la fin de sa vie, en 1973, John Ford tournera sept autres films avec les Navajos.
Au cours de ces trois décennies, le réalisateur et les Amérindiens ne cesseront de se découvrir mutuellement et noueront des liens forts et durables. Ces relations feront évoluer les conceptions de Ford au sujet des « Native Americans », modifieront sa façon de les filmer et amélioreront pour un temps la vie matérielle des Navajos.
En s’appuyant sur les archives du réalisateur et des témoignages inédits, le livre raconte cet âge d’or vu des « deux côtés de l’épopée » comme disait Ford.

Arnaud Balvay est docteur en histoire, spécialiste de l’Amérique du Nord et des Amérindiens. Il a publié plusieurs articles et ouvrages spécialisés (L’Épée et la plume. Amérindiens et soldats des troupes de la marine en Louisiane et au Pays d’en Haut (1683-1763), Québec, 2006 ; La Révolte des Natchez, Paris, 2008). Depuis près de vingt ans, il entretient des relations avec des amis navajos vivant à Phœnix, Flagstaff ou Kayenta.

Nicolas Cabos est professeur de cinéma, chroniqueur, scénariste, auteur dramatique et metteur en scène. Professeur à l’Ecole Supérieure de Gestion, il anime un cours de cinéphilie destiné à des étudiants en master de production audiovisuelle. Co-commissaire de l’exposition Le Cinéma à Saint-Cloud, le rêve et l’industrie, au Musée des Avelines de Saint-Cloud en 2012, il en a également co-signé le catalogue.

Éditions Séguier http://www.editions-seguier.fr

Prix: 21.00 € / Format: 15×21 cm – Nombreuses illustrations – 300 pages

Parution : 19/03/2015 / ISBN: 9782840496892 

Le grand Mort. Tome 5. Panique

Le Grand MortUn tremblement de terre dévaste Paris, dans ce monde en décrépitude  Pauline et Gaëlle vont tenter de rejoindre la Bretagne et Erwan.

Pendant ce temps, Erwan apprivoise Blanche, et comprend peu à peu la force qui est en elle et les étranges phénomènes qui ont émaillé son parcours depuis le début de l’aventure.

Des liens se tissent entre Blanche et Sombre, d’un monde à l’autre, d’une pensée à l’autre. Pourtant il ne se passe pas grand-chose, simplement les idées s’éclaircissent, la suite se met en place, et le lecteur attend avec impatience le prochain tome.


Catalogue éditeur Vents d'Ouest : éditions de bande dessinée

Un monde détruit. La quête d’une vérité.

Rescapées du tremblement de terre qui a dévasté Paris, Pauline et Gaëlle tentent par tous les moyens de retourner en Bretagne. Ici aussi, la catastrophe a frappé. Elle s’est même visiblement répandue à l’ensemble de la planète. Naviguant au milieu des décombres en compagnie d’Erwan, Blanche découvre peu à peu la nature du lien qui l’unit à cet étrange garçon de l’autre monde, Sombre. Erwan mesure quant à lui l’étendue des inquiétants pouvoirs de la petite fille… Ensemble, ils commencent à rassembler les pièces du puzzle dans ce monde détruit. La prêtresse hermaphrodite du Petit Monde aurait utilisé Pauline pour intervenir sur leur réalité par l’intermédiaire de Blanche. Erwan serait son unique espoir…

Confrontant une galerie de personnages ordinaires à un terrible destin, Loisel et Djian trouvent un ton juste et intelligent pour revisiter le récit apocalyptique, y mêlant de subtiles touches de fantastique, et livrer une série singulière et attachante. Vincent Mallié, par son dessin expressif et poétique, restitue à merveille l’ambiance unique qui s’en dégage.

Scénariste : Régis Loisel / Scénariste : Jean-Blaise Djian

Dessinateur : Vincent Mallié / Coloriste: François Lapierre

Le Grand Mort. Tome 4. Sombre

Le Grand MortDans ce tome 4, peu de découvertes mais de nombreuses rencontres, entre Sombre et Blanche, que l’on commence à découvrir, entre Erwan et Pauline, ou Gaëlle, on ne sait pas trop et lui non plus d’ailleurs, puisqu’une rivalité amoureuse s’installe entre les deux filles, rencontre encore entre ceux du petit monde qui cherchent à comprendre ce qui leur arrive.

C’est aussi le moment d’une rencontre possible avec le petit monde, par la pensée encore, mais tout peut enfin arriver, en tout cas le lecteur l’espère. Le lecteur qui découvre qu’Erwan et Pauline ont sans doute été manipulés, mais qu’ils sont désormais une part de ce quelque chose qui se situe au-dessus d’eux, plus important que leurs seules vies, même à l’heure du chaos sur terre et dans les grandes villes.

Le graphisme exprime toujours le même contraste des coloris, sérénité et couleurs éclatantes du monde d’Erwan, tonalités plus obscures pour évoquer le trouble et le désordre de la vie ailleurs. On voyage du réel au fantastique en passant par le foisonnement du petit monde dans lequel l’inquiétude et les interrogations se transmettent au lecteur grâce aux nuances et aux formes.  Les auteurs nous annoncent la suite par touches sombres ou blanches, et le lecteur que je suis attend la suite avec impatience.


Catalogue éditeur Vents d'Ouest : éditions de bande dessinée

À l’intersection de deux mondes…

Erwan, Gaëlle, Pauline et sa fille Blanche, se retrouvent en plein cœur de la Bretagne, dans la maison de Christo. Pauline et Erwan réalisent qu’ils se sont fait piéger par la prêtresse hermaphrodite, lors de leur incursion dans le petit monde. Mais les questions restent nombreuses : Blanche y aurait-elle un frère ou une sœur dont Erwan serait le père ? Dans quel but la prêtresse a-t-elle voulu concevoir des enfants avec des humains ? Peut-être arriveraient-ils mieux à comprendre les mystères qui nimbent cette étrange enfant, si leurs réflexions n’étaient pas perturbées par les querelles de jalousie entre Pauline et Gaëlle ! Sans parler du pays qu’ils voient partir en lambeaux autour d’eux…

Loisel et Djian continuent à tisser une intrigue maîtrisée et passionnante, que le dessin expressif et poétique de Vincent Mallié sert à merveille.

Scénariste : Régis Loisel / Scénariste : Jean-Blaise Djian

Dessinateur : Vincent Mallié / Coloriste : François Lapierre

La perle et la coquille. Nadia Hashimirijksmuseum amsterdam

Un livre sur le courage et sur la force, sur les femmes et la liberté…

Couverture La Perle et la Coquille

Recommandé par Khaled Hosseini dont j’aime énormément les romans, La perle et la coquille de Nadia Hashimi évoque la condition des femmes et le poids terrible des traditions en Afghanistan.

En 2007, les talibans ont perdu le pouvoir, les années noires s’éloignent mais restent toujours aussi  prégnantes dans la population, en particulier dans les villages. Les maitres de guerre règnent en despotes, les coutumes imposent leur loi. La religion pèse de tout son poids dans la vie quotidienne et les femmes et les filles en sont les premières victimes.

Dans la famille de Rahima, pas de frère, ni la mère ni les filles ne peuvent quitter la maison seules et le père, faible et opiomane, ne leur est d’aucun secours. Même le chemin de l’école est semé d’embuches. Les garçons sont dans les rues et un simple regard suffit à compromettre à jamais une fille qui risque alors le pire, le fouet, voire la mort. Les femmes sont cloitrées à la maison, sans frère, les filles doivent abandonner l’école, au grand dam de leur tante qui s’insurge mais ne peut rien pour les aider.

Un seul moyen d’en échapper, la tradition des bacha posh, qui veut qu’une des filles de la famille soit transformée en garçon tant qu’elle est assez jeune pour que personne n’y trouve à redire. Une bacha posh peut aider la famille, sortir dans la rue, aller à l’école, faire des courses d’égal à égal avec le boutiquier. C’est ce que va faire Rahima, tout comme l’avait fait, un siècle avant, une de ses ancêtres, Shekiba, dont sa tante lui conte la vie et les vicissitudes.

Où l’on comprend qu’une mère n’a rien à dire, les filles sont la propriété exclusive de leur père, qui les marie quand il le décide et à qui lui sied. Où l’on comprend la liberté que représentent l’école, le droit de s’habiller comme on le souhaite, de s’assoir par terre jambes croisées, la possibilité de jouer, de courir, de sortir et de marcher seule dans la rue, de parler avec les garçons, sans avoir la crainte de risquer la mort pour l’avoir fait. L’auteur évoque les règles patriarcales, qui autorisent tout, le mariage d’une enfant et les risques d’enfanter trop jeune, le viol, les femmes transformées en esclaves par leur belle-famille et dont la vie ne vaut pas bien cher au moment de choisir une nouvelle épouse, l’immolation par le feu, la lapidation, scènes difficiles mais réalistes. Pourtant on est loin de la désespérance d’un roman comme Syngé Sabor d’Atiq Rahimi, ici l’espoir affleure à la lisière de la vie.

C’est un très beau livre sur le courage et sur la force, sur les femmes et la liberté, dans un pays où chaque jour elles en sont privées et doivent lutter pour exister. A une époque où chacun pense que tout est gagné d’avance, les libertés ne sont pas toujours acquises, preuve s’il en est avec le port du tchador du temps de Shekiba et aujourd’hui. Il y a un côté triste et fataliste dans ce roman, et pourtant c’est aussi un chant d’espérance, celui de ces femmes qui luttent et ne cèdent pas, mues par leur soif de vie et de liberté.  L’écriture est fluide et très agréable, je n’ai pas eu envie de quitter Rahima et Sheliba, avant de connaître la fin de leur histoire.

Merci à Babelio et aux éditions Milady

perles et
© DCL-DS2015

Bacha posh (« habillée comme un garçon » dans la langue dari) est une pratique culturelle dans certaines parties de l’Afghanistan et du Pakistan où des familles qui n’ont pas eu de fils font le choix d’élever leur fille comme un garçon. Cela permet à l’enfant d’avoir plus de libertés: aller à l’école, accompagner ses sœurs en public, travailler. La famille surmonte ainsi la honte à laquelle elle aurait fait face pour ne pas avoir eu de fils. (Wikipédia)


Catalogue éditeur

Kaboul, 2007 : les Talibans font la loi dans les rues. Avec un père toxicomane et sans frère, Rahima et ses sœurs ne peuvent quitter la maison. Leur seul espoir réside dans la tradition des bacha posh, qui permettra à la jeune Rahima de se travestir jusqu’à ce qu’elle soit en âge de se marier. Elle jouit alors d’une liberté qui va la transformer à jamais, comme le fit, un siècle plus tôt, son ancêtre Shekiba. Les destinées de ces deux femmes se font écho, et permettent une exploration captivante de la condition féminine en Afghanistan.

Photo : © Massoud Hossaini / Traducteur : Emmanuelle GHEZ

Date de parution : 19/06/2015 / ISBN : 9782811214562 / Prix : 18.20 € / Nombre de pages : 432