Rencontre avec Marc Fernandez, auteur de « Mala Vida »

Belle rencontre dans la librairie de la place de Clichy avec Marc Fernandez pour la sortie de son roman « Mala Vida » aux éditions Préludes, merci à Babelio et Préludes.

marcfernandezJournaliste, Marc Fernandez a déjà écrit quelques livres à quatre mains avec Jean-Christophe Rampal, il est également l’un des fondateurs du mag book « Alibi », totalement dédié au polar et au roman noir. « Mala Vida » est son premier roman. Après avoir travaillé à des enquêtes sur Pinochet entre autre, il s’est penché sur le dossier des enfants volés, en Espagne, sous Franco et qui a même continué après la fin du franquisme. Ces enfants volés à leurs parents à la naissance, à qui on annonçait en général qu’ils étaient mort-nés, pour être donnés à l’adoption (vendus !) à d’autres familles bien dans la ligne du parti au pouvoir.
Lorsqu’il travaillait à Courrier international, il a commencé cette enquête, mais c’est un sujet qu’il souhaitait traiter seul, car comme il le souligne il est autant espagnol que français, c’est donc un sujet qui le touche encore plus. Ses recherches sur ce sujet ont débuté il y a six ou sept ans, ayant l’idée d’en faire un documentaire. Puis il a tout laissé tomber, jeté toute sa documentation, et décidé d’écrire une œuvre de fiction, même si elle partait du réel. Bon, là j’avoue personnellement à lire Mala Vida, ça m’a un peu manqué ce manque de fond ancré dans la réalité. Mais en l’écoutant je comprends mieux pourquoi il a agi de cette façon.
Comme il sortait d’un sujet très lourd à propos de Ciudad Juarez, Mexique, dans l’état de Chihuahua, à la frontière avec les Etats-Unis. Dans cette ville depuis 1993, près de quatre cents femmes ont été assassinées. A la suite de son enquête il a écrit: « La ville qui tue les femmes : Enquête à Ciudad Juarez ».  Il lui était alors particulièrement difficile de se plonger à nouveau dans une enquête aussi difficile et qui le touche réellement. Il est impératif de toujours garder une certaine distance avec les faits pour rester soi-même.
Comme il le dit si bien : un pays ne peut avancer que s’il règle ses comptes avec l’histoire, avec sa propre histoire. En Espagne, tout le problème du pays qui ne renait pas des actions de la guerre civile, contrairement à l’Allemagne par exemple qui affronte son passé pour vivre son présent, vient sans doute de la loi d’amnistie de 78. A cette époque, il était nécessaire de repartir à zéro, pour vivre en démocratie. Nécessaire sans doute de cacher ce qui avait été commis des deux côtés d’ailleurs, d’où le problème toujours actuel qui fait qu’on ne peut pas revenir sur cette loi. Loi d’amnistie que l’auteur appelle loi d’amnésie par la voix de ses personnages. Dans le roman, l’auteur évoque le Partido Popular d’aujourd’hui, calqué sur l’Alianza Popular fondée en 1976, et proche des idées du Franquisme, mais aussi à de nombreuses reprises l’Opus Dei, toujours d’actualité en Espagne.

Quelques questions sont posées à Marc Fernandez : qui est qui dans le roman ? Dans les personnages du roman ? Il y a beaucoup de lui dans Isabelle, cette avocate mi- française, mi- espagnole, comme il y a toujours un peu d’un auteur dans ses personnages.
L’affaire des enfants volés est connue en Espagne. Elle a été révélée à un de ces enfants par son père, sur son lit de mort, et l’on sait aujourd’hui qu’il y a qua moins 30 000 enfants volés. Les enfants ne savent pas en général qu’ils ont été ces enfants-là. Il n’y a pas réellement de prise de conscience de la population, même si une banque ADN vient d’être créée pour ceux qui auraient un doute et souhaiteraient que soient faits de regroupements.

Marc Fernandez est un chroniqueur de polars, au travers de son mag Alibi, aussi a-t-il mis de côté pendant quelque temps la lecture de ce genre pour ne pas se laisser influencer. Il nous avoue cependant être un grand lecteur, et nous conseille vivement de lire « la griffe du chien » de Don Winslow et les romans de Victor Del Arbol.

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