Mala Vida. Marc Fernandez

Dans l’Espagne actuelle, « Mala Vida » le roman de Marc Fernandez, journaliste, spécialiste de l’Espagne évoque les pires moments de l’époque de Franco.

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Graffitis, Espagne © DCL

L’intrigue se déroule aujourd’hui, de Madrid à Barcelone en passant par Paris et Buenos Aires. Une série de meurtres inexpliqués et sans liens entre eux, un journaliste qui n’a plus rien à perdre et sort des sentiers battus lors de ses émissions radiophoniques tardives, une enquêtrice transsexuelle et ex- prostituée, un juge honnête qui dit haut et fort ce qu’il faudrait peut-être taire et une avocate parisienne qui défend l’association des « bébés volés », le cadre est posé pour une plongée dans l’Espagne de Franco, et ces relents nauséabonds qui se sont prolongés quelques années après la fin du « règne » du Caudillo.
https://i0.wp.com/static1.lecteurs.com/files/books-covers/162/9782253191162_1_75.jpgLe scandale des bébés volés a réellement éclaté il y a quelques années, ces enfants que l’on enlevait aux mères en leur annonçant que leur bébé était mort-né, puis que l‘on faisait adopter par des familles bien « dans la ligne du parti » pour anéantir dans l’œuf ces lignées de révolutionnaires rouges et anti franquistes. C’est un sujet intéressant même si j’ai eu parfois l’impression qu’il est traité de façon presque légère, car peut-être pas assez fouillé. Tout se bouscule un peu dans ce roman. Diego, le journaliste, a un peu trop enquêté sur les cartels de la drogue en Amérique du sud, et l’a payé très cher. Le juge affirme, enquête, soulève de vrais problèmes, mais il va à l’encontre des directives gouvernementales, cela va lui coûter sa carrière.

C’est un roman très agréable à lire, qui balance entre thriller, roman noir, introspection et aventure. Dans lequel j’aurai aimé que certains sujets soient plus travaillés, les cartels de la drogue, le régime franquiste par exemple, avec un peu plus de profondeur historique et des personnages moins idéalisés peut être. Mais au final j’ai passé un très bon moment de lecture avec cette « Mala Vida » et l’écriture fluide et agréable de Marc Fernandez. La collection Préludes est vraiment plaisante, j’aime l’idée de proposer à la fin d’autres livres parus en poche et qui pourraient nous plaire.

Rentrée littéraire 2015


Catalogue éditeur

De nos jours en Espagne. La droite dure vient de remporter les élections après douze ans de pouvoir socialiste. Une majorité absolue pour les nostalgiques de Franco, dans un pays à la mémoire courte. Au milieu de ce renversement, une série de meurtre est perpétrée, de Madrid à Barcelone en passant par Valence. Les victimes : un homme politique, un notaire, un médecin, un banquier et une religieuse. Rien se semble apparemment relier ces crimes … Sur fond de crise économique, mais aussi de retour à un certain ordre moral, un journaliste radio spécialisé en affaires criminelles, Diego Martin, tente de garder la tête hors de l’eau malgré la purge médiatique. Lorsqu’il s’intéresse au premier meurtre, il ne se doute pas que son enquête va le mener bien plus loins qu’un simple fait divers, au plus près d’un scandale national qui perdure depuis des années, celui dit des « bébés volés » de la dictature franquiste.
Quand un spécialiste du polar mêle petite et grande histoire sur fond de vendetta, le résultat détonne et secoue. Marc Fernandez signe ici un récit sombre et haletant qui nous dévoile les secrets les plus honteux de l’ère Franco, dont les stigmates sont encore visibles aujourd’hui. Un premier roman noir qui se lit comme un règlement de comptes avec la côté le plus obscur de l’Espagne.

Éditions Préludes / Parution: 07/10/2015 /Format : /135 x 200 mm /Nombre de pages : 288

EAN : 9782253191162
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Au nom du père. Françoise Bourdin

A la découverte des romans à succès de Françoise Bourdin, avec « Au nom du père »

En fermant ces pages j’ai envie de dire : mais bousculez-le ce père, remettez le à sa vrai place, celle d’un retraité acariâtre, égoïste, méprisant tous ceux qui n’ont pas connu une carrière de champion comme lui, y compris ses propres enfants et en plus pas du tout sympathique. Il est centré sur sa vie au risque de priver ses enfants de leur jeunesse, de leurs ambitions, de leurs sentiments.
Albane, sa femme, a toujours vécu dans son ombre, à l’image de ces mères au foyer qui savaient s’effacer pour laisser leur mari vivre leur carrière en pleine lumière. Sans pour autant que ce dernier ne leur en soit reconnaissant d’ailleurs, comme si cette vie-là était normale, évidente. Enfin, si Albane a supporté toutes ces années difficiles dans l’ombre de son mari, à s’occuper de ses enfants, à avoir peur pour eux quand ils ont suivi les traces de leur père champion automobile, c’est parce qu’elle avait  une vie parallèle avec Luc, un homme qui voyait en elle sa vrai personnalité et qui l’aimait pour ce qu’elle est. Nicolas découvre l’infidélité de sa mère. Il n’y a rien de plus terrible pour des enfants, même adultes, qui ne voient en leur mère qu’une mère, et jamais une femme.
D’aventures et banalités, l’intrigue se poursuit sur fond de famille apparemment harmonieuse mais qui se cherche. Nicolas n’est toujours pas marié et chacun s’empresse de lui présenter des « copines », ici c’est Justine, une amie de sa belle-sœur ; Dan fait tourner habilement le circuit créé avec son père, mais n’en est qu’un simple employé ; Valentine, la petite sœur, court les rallyes avec Boris en copilote, en qui elle ne voit qu’un très bon copain. Le jour où Valentine est blessée dans un accident particulièrement étrange dans ces forêts de Sologne plus propices à la chasse qu’aux longues promenades en famille, la vie tranquille d’Albane vole en éclat. Sa culpabilité, un peu tardive ? un peu inutile ? un peu forcée ? va être telle qu’elle remet en cause son existence, quand chacun de ses enfants va enfin trouver son équilibre amoureux et professionnel.
Alors, comment dire, je pense que ce roman de Françoise Bourdin est toujours aussi bien écrit, mais un peu trop conventionnel dans l’intrigue. Peut-être aurait-il fallu le lire à la plage ou un jour de cafard, pour se donner le moral, mais certainement pas l’un à la suite de l’autre comme je l’ai fait.

💙💙💙


Catalogue éditeur

Comment prendre son envol quand on a été élevé dans la gloire de son père ?
Gabriel Larcher règne en maître sur sa famille, influençant profondément les destinées de ses deux fils et de sa fille. Si Dan et Valentine ont suivi les traces de cet ancien champion de Formule 1, Nicolas, jeune homme sensible et amoureux de la nature, a choisi d’être médecin dans leur petite ville de La Ferté-Saint-Aubin.
Aujourd’hui, les trois enfants Larcher cachent leurs blessures. Dan et Valentine peuvent-ils trouver leur place dans un univers où seul leur père veut briller ? Et quel est donc le lourd secret d’Albane, leur mère, en apparence si douce et si parfaite ?
Dans leur maison familiale de Sologne, les Larcher semblaient heureux et unis. Mais les non-dits et les secrets couvent, prêts à éclater au grand jour…

Belfond Septembre 2015 / 21,50 € – 308 p. /  EAN : 9782714456694

Ne meurs pas sans moi. Suzanne Stock.

Dans son premier roman, « Ne meurs pas sans moi », Suzanne Stock aborde le thème de la trahison et de la culpabilité sous l’angle étonnant du fantastique.

Dans ce roman travaillé tout en flash-back, nous suivons Sandra aujourd’hui et Sandra enfant, à huit ans, malmenée par une mère qui ne trouve plus aucun plaisir dans son couple et agit de façon particulièrement dure avec sa fille, et aimée par un père qui tente de combler le vide affectif. Malgré cette enfance difficile Sandra est une jeune femme à qui tout semble réussir. Elle a tout pour être heureuse, avocate à New York, elle a un amant presque parfait, une amie d’enfance fidèle et un père qui l’adore et la soutient. Puis nous la retrouvons aujourd’hui, alors qu’elle attend Claire, sa meilleure amie. Jusqu’au jour où elle découvre la trahison de son amant, et là, tout bascule…

Vont s’en suivre des réminiscences de souvenirs étranges, des visions, des hallucinations assez incompréhensibles, à la limite du fantastique, pas éloignées des pires visions de films d’épouvante où d’horribles yeux rouges vont poursuivre Sandra, visions dans lesquelles je me suis parfois un peu perdue. Puis l’histoire se déroule, surprenante, étrange, qui pose certaines questions, qui ne sont pas forcément celles qu’on imagine à priori. Impossible d’en dire plus sans dévoiler une partie de l’intrigue, donc là c’est à vous de lire !

Pour un premier thriller, l’intrigue est originale et tient le lecteur en haleine, abordant plusieurs thèmes, culpabilité, amour maternel, vengeance, trahison, et malgré le côté fantastique un peu trop développé à  mon goût. Et même si une accro aux polars comme je le suis a vite fait d’en dénouer quelques fils, il faut cependant aller au bout de l’histoire pour tout comprendre !

Roman lu dans le cadre du jury de l’édition 2015 du Prix du Meilleur Polar des lecteurs de Points


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Sandra Denison aime la vie. Rien ne semble pouvoir arrêter cette brillante avocate new-yorkaise, qui collectionne les succès professionnels comme les hommes. Sûre d’elle, elle ne regarde jamais en arrière. Car le terrible drame de son enfance la ronge. Elle revoit encore les flammes lécher les murs de la maison, se refermer comme un piège infernal sur sa mère. Et ces étranges yeux rouges qui la fixent…

Née en 1975, Suzanne Stock est journaliste. Ne meurs pas sans moi est son premier roman.

Prix du meilleur polar des lecteurs de points 2014« Coup d’essai, coup de maître ! » Le Républicain lorrain
6,9€ / 192 pages  / Paru le 03/09/2015 / EAN : 9782757846483

Policiers, thrillers & romans noirs

Boulevard des Pyrénées. Gilles Laporte

Sur fond de superbe paysage de montagnes, « Boulevard des Pyrénées » de Gilles Laporte nous parle des aventures amoureuses et littéraires d’un écrivain qui s’interroge

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Depuis le boulevard des Pyrénées, la magnifique vue sur la chaine des Pyrénées.

Quand j’ai vu ce titre, forcément, en paloise de longue date, mon cœur a vibré. Car à Pau, tout le monde connait ce boulevard qui traverse la ville, face aux montagnes et qui procure à tous ceux qui y passent une émotion fabuleuse face aux Pyrénées majestueuses par tout temps, ou presque !

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Depuis le boulevard des Pyrénées, le funiculaire qui mène à la gare de Pau

Dans le roman de Gilles Laporte, « Boulevard des Pyrénées »  le narrateur est un écrivain qui arrive à Pau pour participer comme chaque année au salon du livre. Il se pose quelques questions sur l’opportunité de continuer sa vie de couple. Aussi c’est un homme disponible, au moins en pensées, qui voyage en train jusqu’à Pau. Sa mystérieuse voisine de wagon lui fait quelque peu tourner la tête. A son arrivée en gare de Pau, il perd de vue celle qui l’a tant ému pendant le voyage, mais la retrouve au salon du livre. Va s’en suivre une série de rencontres improbables, où cette charmante femme brune tout de noir vêtue, parfumé un jour à la vanille, le lendemain au Ylang-ylang, va lui faire découvrir une ville inconnue, ses rues, son château, ses plaisirs culinaires, et lui parler tantôt de conscience, tantôt de science, quand lui ne rêve que de corps enlacés et d’ébats amoureux d’avantage que de débats intellectuels !

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Les Pyrénées, au pied du pic du midi d’Ossau

Sur fond de bonne cuisine, de verres de Jurançon aux belles couleurs dorées de l’automne et de balades dans les rues de Pau, cet auteur qui se cherche et ne sait plus trop où il en est dans son couple, va vivre une étrange aventure qui le fera s’interroger sur sa vie, sa personnalité, son métier d’auteur, ses sentiments. Et puis l’aventure qu’il va vivre, et qui semble presque banale, ne l’est peut-être pas autant qu’il n’y parait. L’auteur nous prend par surprise (enfin, il me semble qu’on s’y attend un peu) avec son rebondissement où tel est peut être pris qui croyait prendre. Mais j’avoue, bien que très motivée par cette promenade sur le boulevard dont je connais la beauté des paysages qui se présentent à la ville et à ses touristes, il m’a parfois manqué un peu de rythme en tournant les pages.


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https://i2.wp.com/genese-edition.eu/librairie/45-109-large/boulevard-des-pyrenees.jpgÀ l’occasion d’un salon du livre, un écrivain dont le couple bat de l’aile, croise une femme à la beauté mystérieuse. Au cours des trois jours du salon, elle apparaît et disparaît sans autre explication. Séduit et intrigué, il choisit de rester après le salon. Ils prennent l’habitude de se retrouver sur le boulevard des Pyrénées, véritable balcon de ville ouvert sur le spectacle toujours changeant de la haute montagne. Sur la main courante de la balustrade, des repères permettent d’identifier les sommets : Montagnes du Lac bleu, Pic de Bassia, Balaïtous… qui deviennent autant de stations d’une passion naissante. Pris dans les mailles de la fascination amoureuse, l’écrivain se sent à la fois heureux et furieux. Plus il se révèle à cette femme dont il ne connaît même pas le prénom, plus elle semble chaque jour différente. Un jour, elle s’offre à lui avec fougue ; un autre jour, elle s’abandonne sans enthousiasme. Un jour, cette spécialiste du cerveau se fait le chantre de la science ; un autre, elle loue les lois de la conscience. Un jour, elle est parfumée à l’ylang-ylang ; un autre jour, une fragrance vanillée l’auréole. Qui est vraiment cette femme ? Et que veut-elle ? Dans la belle ville de Pau, sur le prestigieux boulevard des Pyrénées, ce roman très contemporain, écrit à la première personne, explore l’espace d’une relation intellectuelle et amoureuse. Un chassé-croisé amoureux, sensuel et… dangereux !

Né en 1945 sur la rive gauche de la Moselle, dans une famille d’ouvriers du textile, Gilles Laporte est romancier (une vingtaine de romans à son actif), scénariste et conférencier. Auteur de nombreux romans dont Je sais que tu m’attends, Gilles Laporte vient d’être nommé chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres. Il est sociétaire des Gens de Lettres de France, et a longtemps présidé le prestigieux prix Erckmann-Chatrian.

Nombre de pages : 2240 / ISBN : 9782930585765 / Format : 13,5 x 21 / Genèse édition