Watertown. Jean-Claude Götting

Avec Watertown, édité chez Casterman, Jean-Claude Götting nous entraine sur la côte Est, dans l’univers noir des films policiers des années 50

Domi_C_Lire_watertown_jean_claude_gotting_casterman.jpgA Watertown, Maggie travaille dans la boulangerie de monsieur Clarke. Philip Whitting, modeste employé chez Barney & Putnam, vient chaque matin lui acheter son muffin. Jusqu’au jour où, lorsqu’il lui dit à demain, elle répond « Non…demain je ne serais plus là ».
Le lendemain, Monsieur Clarke meurt, écrasé par une lourde étagère de son magasin. Mystère, que s’est-il passé ? Faut-il réellement se fier aux apparences ? Que faut-il penser des mots de Maggie ? peut-elle être coupable d’un meurtre parfait ?

Deux ans plus tard, alors qu’il est en visite dans un village éloigné, Philip rencontre Maggie dans un magasin d’antiquités. Comme elle déclare ne pas le connaître, il décide de mener son enquête. Doit-il en parler ? A un journaliste ? Au shérif ? Qui va le croire, il soupçonne Maggie, mais de quoi au juste ? De meurtre ? Il n’a aucune preuve.

Portée par un graphisme qui rappelle les film des années40/50, dans l’ambiance des villes américaines avec leurs grandes maisons de bois, les voitures reconnaissables entre mille, la vie de bureau, et quelques personnages inquiétants, nous voilà face à une intrigue policière rondement menée. Tout y est, ou presque, pour passer un excellent moment en compagnie de Philip, soupçonneux agent d’assurance et apprenti enquêteur.

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Casterman

La dernière fois que je vis Maggie Laeger, c’était un lundi matin.
Je passais comme à mon habitude dans la pâtisserie de Monsieur Clarke pour y acheter un muffin que je mangerais sur le chemin du bureau.
Lorsqu’en payant, je lançai « À demain Maggie », elle répondit : « Non… Demain je ne serai plus là. »

Scénario et Dessin : Jean-Claude Götting

96 pages – 21.5 x 28.9 cm / ISBN : 9782203096608 / EAN : 9782203096608 / Paru le 06/01/2016

 

 

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Question de géométrie. Léa Arthemise

Les couvertures des éditions Liana Lévi sont toujours une ouverture possible vers toutes les surprises, et c’est encore le cas avec « Question de géométrie », ce court roman de Léa Arthemise

Dans sa banlieue résidentielle, Bonnie est installé dans une vie tranquille et rangée. Mais ça n’a pas toujours été le cas, et aujourd’hui, au hasard d’une coupure de journal, son passé déboule et revient la titiller…
L’année du BAC, quelques années plus tôt, alors que tout la prédestinait à faire partie de ces jeunes filles qui passent leur diplôme et continuent leurs études sans faire de vague, la rencontre avec Alain et Adel, et surtout leur fuite à la suite d’un coup fourré qui tourne mal, l’avaient entrainée vers des sentiers « hors des clous » où elle aurait pu tout perdre, simplement par amitié et fidélité.
Mais si la vie n’a pas voulu qu’elle se perde, aujourd’hui pourtant les souvenirs affluent. Alternant le présent et le passé, les souvenirs de Bonnie et ceux d’Alain, l’auteur nous dépeint l’univers parfois glauque des banlieues, les perspectives d’avenir le plus souvent sombres pour les jeunes, les illusions perdues et les rêves fous inassouvis. C’est parfois tendre, souvent cruel, les mots sont bien posés, retranscrivant les sentiments, les espoirs, les incertitudes, les abandons et les résignations qui font que la vie qu’on mène n’est pas toujours conforme à celle dont on a rêvé si fort.


Catalogue éditeur

Des rangées de platanes, des rues au cordeau, des pavillons tout confort: Bonnie est installée dans une banlieue résidentielle, à vingt kilomètres de la capitale. Pourtant, à un moment de sa vie, elle a su être moins sage. C’était sept ans plus tôt, l’été du bac. L’été où elle traînait avec Alain et Adel. Un jour, les garçons ont voulu braquer un bar-tabac. Pour partir en cavale, ils avaient besoin de Bonnie et d’une voiture. Mais aujourd’hui, Bonnie est mère de famille, Alain est en prison et Adel est mort… En alternant dans des scènes courtes et rythmées les voix de ses personnages, Léa Arthemise compose un roman tour à tour caustique et tendre sur les grands ensembles périurbains et les illusions perdues de la jeunesse.

Liana levi «Littérature française» Date de parution : 07-01-2016 / 14 x 21 cm – 128 pages

isbn : 9782867467974 / 14 €

 

Le dernier amour d’Attila Kiss. Julia Kerninon

Avec « Le dernier amour d’Attlia Kiss » Julia Kerninon signe ici un deuxième roman tout en finesse. Petit livre au titre un peu étrange, mais qui emporte son lecteur, en peu de mots l’essentiel est dit et ressenti.

Domi_C_Lire_le_dernier_amour_d_atila_kiss_julia_kerninon.jpgNous découvrons Attlia Kiss, 51 ans. Il vit en Hongrie, marié, une vie pas très tranquille entre un beau-père mafieux sur les bords pour qui il accepte de faire quelques boulots et une femme qu’il aime, mais juste ce qu’il faut pour vivre ensemble, sans passion ni projets. Il traine sa carcasse au café Lukacz, le soir et souvent aussi dans la journée, entre deux boulots, chez Irisz, une jeune femme avec qui il aura des filles qu’il abandonnera le jour où il décide de changer de vie. Ses pas l’entrainent vers Budapest. Là, seul, sans femme ni argent, sans amis ni famille, il peint. Pendant des jours et des mois, il peint sa vie d’avant, pour exorciser, pour oublier, pour évacuer les souvenirs qui le minent.

Presque par hasard, à la terrasse d’un café, il rencontre Theodora, une jeune héritière, qui le suit chez lui et avec qui il va vivre. Pas simple, quand tout vous oppose.
L’âge d’abord, elle a vingt-cinq ans, il en a cinquante.
L’Histoire ensuite, ils appartiennent à deux pays autrefois ennemis aux populations encore meurtries par les années de guerre et les séparations de l’après-guerre, les trahisons, la partition d’un pays au profit de l’autre. On ressent cela aussi dans l’ambiance des grandes avenues de Budapest, tellement jolies mais reconstruites sur les blessures de la guerre puis de l’occupation Russe. On les ressent dans les mots et les gestes d’Attila, ses hésitations, ses soupçons, car, bien sûr, comment avoir confiance en cet autres que les générations passées ont honni ? Très intéressant de voir comment les ressentiments et les haines nationales sont encore prégnantes dans l’inconscient de ceux qui pourtant ne les ont pas vécues directement. Héritiers de haines encore vives sans doute.
Les différences sociales, puisque Théodora appartient à cette classe supérieure à laquelle il ne peut pas aspirer même en rêve, inatteignable et pourtant présente à ses côtés !
Les aprioris et les idées préconçues enfin, qui font qu’il est si difficile, lorsque l’on ne s’aime pas assez soi-même de comprendre que l’on peut être aimé pour soi. Nous assistons aux étapes de la relation, observation, émotion, sentiments, confiance et défiance, colère et compassion, passion et amour fou, tout y passe avec finesse et réalisme. C’est un court roman à l’écriture ciselée, tout en subtilité. C’est joli et parfois triste mais on en redemande !

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Catalogue éditeur

domiclire_POL2016 Sélection 2016 du Prix Orange du livre

«Par la suite, il se demanderait souvent s’il devait voir quelque chose d’extraordinaire dans leur rencontre – cette fille venant à lui sur la terrasse d’un café qui n’était même pas son préféré, qu’il ne fréquentait que rarement. Si elle était passée par là la veille, ou simplement une heure plus tôt ou plus tard, elle l’aurait manqué – il ne l’aurait jamais connue, il serait resté seul avec ses poussins et sa peinture et sa tristesse et sa dureté. Mais elle était venue, et il avait poussé doucement la lourde chaise de métal pour qu’elle puisse s’installer, et c’était comme ça que tout avait commencé.»

À Budapest, Attila Kiss, 51 ans, travailleur de nuit hongrois, rencontre Theodora Babbenberg, 25 ans, riche héritière viennoise. En racontant la naissance d’un couple, Julia Kerninon déploie les mouvements de l’amour dans ses balbutiements. Car l’amour est aussi un art de la guerre, nous démontre-t-elle avec virtuosité dans son deuxième roman.

Éditions Le Rouergue / janvier 2016 / 128 pages / 13,80 € / ISBN : 978-2-8126-0990-9

Je mourrai une autre fois. Isabelle Alonso

Un conte, un roman ? « Je mourrai une autre fois » d’Isabelle Alonso est une jolie surprise, un roman qui se dévore, qui parle de la grande Histoire et d’histoires, et qui se lit avec plaisir.

Je mourrai une autre foisEspagne, 1931. Après des années passées sous un gouvernement de dictature mussolinienne porté par le général Primo de Rivera, puis le général Berenger, le roi Alphonse XII quitte le pouvoir. La seconde république est proclamée par la gauche dans la liesse et sans faire usage des armes. La joie éclate, tant à Madrid que dans tout le pays. Les attentes du peuple sont immenses et les premières réalisations seront nombreuses, liberté d’expression, laïcité, construction d’écoles, tout est à réaliser. Mais c’est sans compter sur l’avènement de Franco, la montée du franquisme et la répression des républicains. Si l’espoir est permis, il sera de courte durée.

Angel Alcalá Llach, ou plutôt Gelín, comme on le nomme affectueusement, est bercé par les idéaux de ses parents. Très tôt, dans cette famille un peu fantasque il s’instruit seul, dévorant à tour de bras les journaux et nombreux livres de la bibliothèque familiale sans contrainte ni interdit. Comme ses parents, et malgré son très jeune âge, il rêve à un monde meilleur. Il a à peine quinze ans lorsqu’ il s’engage dans cette bataille perdue d’avance, au moment où les pays voisins se laissent endormir par la montée du nazisme, tournant le dos à cette guerre civile qu’ils ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre, abandonnant ce peuple trahi par les siens et par l’Europe.

J’avoue, j’ai aimé me retrouver dans les rues de Madrid ou de Catalogne avec Gelín. Rencontrer Nena, sa jeune mère fantasque qui ne veut pas qu’on la nomme autrement que par ce prénom, ses frères et Sol, sa petite sœur, son père, personnage important de sa vie, et tu tío, cet oncle qui l’accompagne dans les joies et dans les galères. On se laisse porter par la vie de cette famille qui, comme tant d’autres, a cru à cette liberté gagnée sans les armes. On les suit dans leurs déménagements successifs. Avec Gelín enfant, j’ai contemplé la vie depuis les balcons, observé son monde, jusqu’à ce qu’il s’écroule et que les années de guerre deviennent son quotidien. Puis viendra le temps des champs de batailles, des heures sombres et sanglantes, où l’amitié, les liens qui relient ces compagnons de misère sont forts malgré tout. Même si parfois la différence de milieu et donc d’éducation montrent qu’il y a un monde entre ces jeunes hommes engagés au front. Puis viennent les camps de concentration en France, sur les bords de cette méditerranée que l’on partage avec nos voisins espagnols, toute une époque souvent oubliée.

C’est un livre très agréable, à la belle écriture, descriptive, humoristique, dans laquelle on ressent beaucoup d’affection pour les personnages. Mais il évoque aussi et surtout les souvenirs de ceux qui ne sont plus là pour dire, ou si peu, et qu’il est important d’écouter pour comprendre. Et puis il y a l’amour d’un pays, de son pays et de la liberté ! Tellement forts et tellement importants. Une belle surprise de cette rentrée, et pour un amoureuse de l’Espagne comme moi, cette évocation d’une période méconnue de l’histoire est passionnante. Car dans le sud de la France, il existe encore quelques-uns de ces camps de concentration, où étaient retenus les parents de nos amis, alors bien sûr, il est nécessaire de voir et de dire, pour ne pas oublier.


Catalogue éditeur

C’est l’avant-guerre. Le truc avec l’avant-guerre, c’est qu’on ne le sait qu’après. Sur le moment, on ignore qu’on est en train de se gaver de pain blanc. On ne sait même pas que ça existe, un pain pas blanc. On croit que la douceur de vivre est la seule forme d’existence. – Isabelle Alonso

Date de parution : 04/02/2016 / Editeur : Héloïse d’Ormesson / EAN : 9782350873428

La bibliothèque idéale d’Isabelle Alonso à découvrir sur le site lecteurs.com :
http://www.lecteurs.com/article/la-bibliotheque-ideale-disabelle-alonso/2442589

Maroc Emotions Couleurs. Xavier Richer & Jean-Marie Boëlle

Maroc Emotions Couleurs, c’est le très beau livre des éditions Glénat, porté par les photos de Xavier Richer et les textes de Jean-Marie Boëlle.

https://i2.wp.com/www.glenatlivres.com/images/albums/9782344010921/9782344010921-L.jpgBleu genièvre, Blanc amande, Jaune curcuma,
Rouge piment, Vert olive, Vibrance…

Ce livre est juste magnifique ! Une belle harmonie, des couleurs qui claquent et qui montrent le pays par un autre regard, la vie, les Hommes (avec un H majuscule, donc les hommes et les femmes !), les paysages, tout y est et tout vibre. Les chapitres aux noms si évocateurs de couleurs apportent la palette juste de ce que notre regard recherche lorsque nous voyageons, la magie et la lumière, la découverte et la singularité, la différence et le sourire, les odeurs et les saveurs.
On a envie de tourner les pages, de les regarder encore et encore, chaque photo à juste ce qu’il faut de commentaire pour laisser toute sa place à la magie des images et à la symphonie des couleurs qui emportent le lecteur.

On voyage, on rêve, on plonge dans les très belles photos de Xavier Richer ponctuées des textes sobres et descriptifs de Jean-Marie Boëlle, c’est absolument superbe !

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Catalogue éditeur

Aborder le Maroc par ses couleurs permet de révéler  la diversité et la beauté de ce pays.
Bleu genièvre, blanc amande, jaune curcuma, rouge safran, vert olive, 5 chapitres qui se terminent par une fusion… de couleurs.

Format : 275 x 328 mm / 224 pages / Façonnage: Cartonné /
Paru le 12.11.2015 / EAN/ISBN : 9782344010921 / éditions Glénat