Tout le monde te haïra. Alexis Aubenque

Dans les paysages glacés de l’Alaska, avec « Tout le monde te haïra », d’Alexis Aubenque, les mystères s’enchainent et le lecteur se laisse emporter.

https://i0.wp.com/extranet.editis.com/it-yonixweb/IMAGES/RL/P3/9782221159347.jpgWhite Forest, en Alaska. Depuis quelques mois et sans doute par un effet du réchauffement climatique, les corps des marins d’un navire ayant sombré dans les glaces un siècle avant sont peu à peu découverts, mais il manque toujours ceux d’une centaine de jeunes orphelins russes. Le mystère reste entier. Il semble que la journaliste Laura Barnes enquête sur ce drame ancien. Alice Lewis vient de débarquer en ville et cherche justement des nouvelles de Laura, sa demi-sœur qu’elle n’arrive plus à joindre depuis plus d’un mois. Le même jour, le corps de Kruger, un notable de White Forest, est retrouvé atrocement mutilé dans sa grange. Meurtre rituel perpétré par des Inuits ? vengeance de concurrents éconduits, relation sexuelle extrême qui aurait mal tourné, toutes les hypothèses sont plausibles pour un meurtre aussi horrible.
Les policiers doivent résoudre plusieurs intrigues apparemment sans lien mais qui vont rapidement interférer entre elles. Tracy Bradshaw, jeune lieutenant passionnée par son métier, et son équipier Scott, mais également Nimrod Russell, ancien flic devenu détective privé, embauché par Alice, mènent les enquêtes en parallèle dans un contexte somme toute classique avec supérieurs peu arrangeants, journalistes trop curieux, et suspects peu coopératifs.

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Une belle rencontre avec Alexis Aubenque, Quais du polar à Lyon

C’est un bon thriller, glaçant comme les paysages et les étendues d’eau et de glace décrits avec réalisme et qui donnent une impression encore plus étrange. Je n’ose même pas imaginer Nimrod dormant sous la tente dans un sac en couchage ou circulant en side-car par ces températures quasi polaires, j’en ai encore des frissons ! Les principaux personnages sont intéressants et attachants. On sent les déchirures et les affres de l’enfance derrière des caractères bien trempés. Et on aimerait beaucoup les suivre dans d’autres opus pour comprendre comment ils pourraient se sortir de leurs propres tourments. Les intrigues où se mêlent malversations et héritage familial toxique, idéologie national socialiste et esclavagisme, maltraitance en particulier des enfants, aboutissent à un final pour le moins surprenant, et c’est bien ce qu’on attend d’un bon polar en fait !


Catalogue éditeur : Robert Laffont éditions

En Alaska, la ruée vers l’horreur a commencé.
La première enquête de Tracy Bradshaw et Nimrod Russell.

White Forest, petite ville côtière du sud de l’Alaska, est en émoi. Pris dans les glaces, un navire ayant sombré en 1920 vient d’être découvert. Les corps des marins en ont été extraits, mais manquent à l’appel ceux d’une centaine d’orphelins…
C’est dans cette étrange atmosphère que débarque Alice Lewis, avec l’espoir de retrouver sa soeur disparue. Elle engage aussitôt un ancien flic au passé trouble devenu détective privé, Nimrod Russell.
De l’autre côté de la ville, la lieutenante Tracy Bradshaw récupère une sordide affaire : pendu par les pieds dans sa grange, un notable a été éventré à l’aide d’un hakapik, l’arme inuit servant à abattre les phoques. Lire la suite

Parution : 5 Novembre 2015 / Format : 140 x 225 mm / Nombre de pages : 432
Prix : 20,00 € / ISBN : 2-221-15934-9

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Glenn Gould, une vie à contretemps. Sandrine Revel

Dans la BD « Glenn Gould, une vie à contretemps » éditée chez Dargaud, Sandrine Revel dévoile avec talent les sombres tourments de ce génie de la musique, à la fois pianiste, compositeur, écrivain, homme de radio et réalisateur canadien.

https://i1.wp.com/bdi.dlpdomain.com/album/9782205070903/couv/M320x500/glenn-gould-tome-1-glenn-gould-une-vie-a-contretemps.jpgSi je connais son nom et ai déjà écouté quelques-unes de ses interprétations, j’avoue que je ne m’étais jamais souciée de sa biographie. Glen Gould nait en 1932 au Canada et meurt le 4 octobre 1982 à Toronto. Quand commence la BD de Sandrine Revel, Glenn Gould vient d’avoir un AVC qui lui sera fatal. Depuis son lit d’hôpital, les souvenirs reviennent, les siens bien sûr, mais également les souvenirs de tous ceux qui l’entourent. Famille, professeur, parents, journalistes, tous ceux qui ont à un moment croisé la route de cet interprète exceptionnel et unique, tant par son talent que dans son comportement. Ses manies d’artiste, sa chaise qui grince mais qui lui correspond, son piano, sa façon de se tenir, de s’habiller, sa passion pour les animaux, sa singularité artistique innée, son éternelle solitude, sont décrits au fil des pages avec beaucoup de finesse malgré parfois la rudesse de certains traits.
En changement de couleur, sombres et froides ou d’avantage en teintes rouges et noires, de graphismes en contours carrés ou arrondis, multitude de variations de mains sur le piano, à l’infini, comme les interprétations de Glenn Gould, l’auteur nous transporte d’une époque à l’autre, de l’enfance aux premiers concerts, des leçons de piano aux tournées magistrales, des tensions et des peurs irraisonnées de l’enfance aux crises hypocondriaques de sa vie d’adulte, c’est un artiste complexe qui se dévoile. C’est étrange, coloré mais parfois sombre, couleurs d’hiver ou de souffrance, étonnante profusion de vignettes, comme des successions de gros plans, en particulier sur les mains de l’artiste, pour une plongée prenante dans cette vie d’un artiste accompli, insolite et prodigieuse en même temps. Un très beau roman graphique.


Catalogue éditeur

La biographie dessinée d’un génie de la musique.
Glenn Gould, star planétaire de la musique classique, génie absolu et solitaire. Cette biographie retrace la vie du célèbre pianiste canadien pour tenter de comprendre sa personnalité cachée et en percer le mystère… Pourquoi a-t-il arrêté si brutalement sa carrière de concertiste ? Pourquoi est-il devenu une des premières figures de l’ère médiatique à vouloir disparaître ? Sandrine Revel met tout son talent au service de cette peinture magnifique d’un génie au mal-être tangible.

logoDessinateur / Scénariste / Coloriste : Sandrine Revel
Pagination. 136 pages / Format. 210×280
EAN. 9782205070903

Femmes en résistance. Casterman

Numéro 1 : Amy Johnson. La célèbre aviatrice participe à l’effort de guerre.

        Femmes en résistance - Tome 1 - Amy Johnson
    Claire assiste à l’enterrement de sa tante Eve, elle hérite de sa maison et d’une mystérieuse boite qui contient papiers et coupures de journaux datant de la dernière guerre.
Claire veut comprendre et ses recherches seront le fil conducteur de la série, prétexte à nous montrer la vie de femmes remarquables parfois oubliées des manuels d’histoire. Dans le premier tome, je découvre l’anglaise Amy Johnson, une des premières femmes aviatrice, ses exploits sportifs, son mariage raté et son expérience pendant la guerre. En fil rouge, l’intervention d’une mystérieuse Anna Sheaerer, journaliste Suisse qui permet de faire un lien entre les quatre femmes.
Le graphisme est superbe, certains personnages tiennent plus du portrait que du graphisme d’une BD, l’histoire est intéressante car présentée comme une intrigue romanesque, elle donne envie d’en savoir plus. A la fin, quatre pages, juste ce qu’il faut, pour raconter avec des photos, la vie de l’héroïne présentée dans la BD. Voilà une série qui allie intelligence du scénario, plaisir de lecture et beauté du graphisme. On a l’impression de finir la lecture un peu moins ignorant, une vrai réussite.

Numéro 2 : Sophie Scholl. Une étudiante soupçonnée d’activités subversives.

« Tu dois te conduire comme si de ton acte, et de ton acte seul, dépendait le destin de ton peuple »

        Femmes en résistance - Tome 2 - Sophie Scholl
    Où l’on retrouve Claire, toujours à la recherche d’indices, et le fil conducteur de la série, celle qui se révèle être une espionne allemande, Anna Sheaerer. De retour en Allemagne après ses exploits du tome un, on lui confie la tâche d’espionner Sophie Scholl et son frère, qui font partie d’un groupe de jeunes étudiants opposants au IIIe Reich. Intelligence des auteurs là aussi, qui passent d’une héroïne anglaise à une allemande, et qui montrent que la résistance peut s’opérer partout, que le courage n’a pas de frontière, et que la barbarie peut être combattue partout et par tous, y compris avec de simples feuilles de papier, au risque d’y laisser sa vie.
Comme dans le volume précédent, à la fin les pages qui montrent la vie de Sophie Scholl et de ses compagnons de résistance et d’infortune. Une belle leçon au monde que donnent ces « courageux et magnifiques jeunes gens » comme les avait qualifiés Thomas Mann, exilé aux états Unis et qui leur rend hommage dès juin 43. Là encore, un très beau graphisme, des couleurs qui situent bien l’intrigue dans le passé, et des personnages particulièrement bien dessinées, une fois de plus j’ai vraiment beaucoup aimé.

Numéro 3 : Berty Albrecht. Une dangereuse terroriste arrêtée par la Gestapo.

« La vie ne vaut pas cher, mourir n’est pas grave. Le tout c’est de vivre conformément à l’honneur et à l’idéal qu’on se fait »

        Femmes en résistance - Tome 3 - Berty Albrecht
    Troisième tome de « Femmes en résistance » que j’apprécie toujours autant. Claire continue à mener son enquête, à partir des documents trouvés dans la boite que lui a légué sa tante. Et Anna Sheaerer, l’espionne allemande, continue son travail de lutte contre ces femmes admirables qui ont marqué l’histoire par leur courage et leur détermination.
Ici, la française Berty Albrecht, résistante de la première heure elle quitte Paris pour la région de Lyon et fonde aux côtés d’henry Frenay le mouvement combat, et lutte activement, jusqu’à sa dernière arrestation et son suicide à la prison de Fresnes.

Toujours cette intelligence du récit, l’alternance souvenirs, présent, Histoire, le réel se mêlant à l’intrigue romancée sans perturber le lecteur. Une réussite que je vous conseille.


Catalogue éditeur

Casterman
Quatre fortes personnalités à la volonté inébranlable… quatre destins exemplaires.

Tome 1 – Amy Johnson.
Scénario : Emmanuelle Polack, Régis Hautière, Francis Laboutique Dessin : Pierre Wachs

Tome 2 – Sophie Scholl.
Scénario : Emmanuelle Polack, Régis Hautière, Francis Laboutique Dessin : Marc Veber

Tome 3 – Berty Albrech.
Scénario : Régis Hautière, Emmanuelle Polack, Francis Laboutique Dessin : Ullcer

Trois jours et une vie. Pierre Lemaitre

Au lendemain du succès phénoménal de son  « Goncourt » « Au revoir là-haut », Pierre Lemaitre nous revient avec « Trois jours et une vie », roman noir édité chez Albin Michel.

Trois jours et une vie de Pierre Lemaitre

Je n’ose même pas imaginer quel doit être le stress d’un auteur dont tout le monde attend le prochain roman, en particulier après avoir reçu un prix Goncourt. Comme se renouveler ? Comment rester serein pour garder sa créativité, son inventivité, ses talents de conteur ? Comment s’accomplir dans son métier d’écrivain sans chercher simplement à plaire à ses lecteurs, à ne pas les décevoir au lendemain d’un succès phénoménal. Avec « Trois jours et une vie », Pierre Lemaitre y réussi. Certains puristes vont peut-être avancer qu’être auteur de polar ce n’est pas le top du talent, qu’il y a beaucoup plus littéraire. Tant pis, une fois de plus, je l’avoue, j’ai aimé ce roman qui nous propose une histoire autour d’un personnage central, à trois époques d’une vie.
Antoine vit en province, dans ces villages ou petites villes tranquilles où chacun se connait. Ses parents sont séparés, sa mère l’élève et travaille. Il va à l’école mais est rejeté par les autres. Il est mis à l’écart par une mère qui ne veut pas le voir jouer à cette horrible PlayStation qui captive tous les gamins. Alors Antoine trouve d’autres plaisirs, il va construire sa cabane dans les arbres, celle qui les épatera tous quand ils pointeront enfin le bout de leur nez dans les bois. Antoine adore le chien des voisins, d’autant qu’il n’a pas de droit d’en avoir. Et Rémi, le fils des voisins, adore et admire Antoine. Nous sommes en 1999, le chien meurt, Rémi disparait, et deux tempêtes terribles s’abattent sur la France et dévastent le paysage et la vie des habitants de Beauval. La vie d’Antoine en est entièrement bouleversée.

Singulier, certes ! Amoral, certes ! Mais j’y retrouve cet art de la manipulation, des non-dits, que j’apprécie dans les polars de Pierre Lemaitre, quand le narrateur ou le personnage principal sont coupables, mais pas trop, ou par hasard, quand ils ne regrettent pas assez pour avouer ; quand la morale voudrait que… mais que finalement la vie fait qu’on laisse faire ; quand ce qui devrait être n’est pas et que finalement cela satisfait tout le monde. Secret lourd à porter mais indispensable, drame, mais aussi culpabilité, silence, remords, aveux, puis chantage, compassion, amour passionnel ou ébats d’un soir qui transforment toute une vie, tel est pris qui croyait prendre, tout y passe.
Les personnages sont complexes, parfois noirs, parfois tendres, mais souvent attachants, on a envie de les plaindre, et pourtant parfois on les déteste, ils ne laissent jamais indifférents. Ils sont décrits avec cynisme et un soupçon de cruauté, mais tellement de réalisme, qu’ils semblent être là, tout près, et nous font réagir en voyeur de leurs tourments ou de leurs turpitudes. Scènes peu ordinaires d’une vie pourtant bien ordinaire qui étonnent et perturbent le lecteur. Unité de lieu, unité de personnage, ou presque, multiplicité de sentiments, voilà tout l’art d’un auteur talentueux qui sait tenir son lecteur en haleine. J’ai lu ce roman d’une traite et je vous le conseille !


Catalogue éditeur : Albin Michel

« À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt.
Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.
Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien… »

Mars 2016 / Format : 205 mm x 140 mm / 288 pages / EAN13 : 9782226325730 / Prix : 19.80 €

Le vide. Patrick Sénécal

Si « Le vide  » vous absorbe, plus rien ne sera jamais comme avant ! à découvrir sans faute dans ce polar étonnant de Patrick Sénécal paru chez Fleuve noir.

Au Québec, le jeune milliardaire Max Lavoie a vendu ses parts de l’entreprise florissante héritée de son père, pour investir sa fortune dans « Vivre au Max », la nouvelle émission de téléréalité qu’il vient de créer et qui fait fureur. Il y réalise en direct les rêves les plus fous des candidats, quels que soient ces rêves, en prenant à son compte tous les risques judiciaires éventuellement encourus par ceux-ci. C’est la deuxième saison de vivre au Max, tout le pays est figé devant son écran.
Au Québec toujours, une jeune femme vient de commettre un crime absolument sordide, celui de son ex et de sa famille. Horrifiés par la scène de crime, Le détective Sauvé et sa collègue Chloé vont mener l’enquête.

Voilà le lecteur directement plongé dans une intrigue qui carbure au max ! En parallèle à « Vivre au Max » et la perversité confortable de Max Lavoie, de nombreux autres personnages arrivent et repartent, tous poursuivant un même objectif, celui de se retirer. Mais se retirer de quoi au juste ? Et comment ? Là est aussi toute l’adresse de Patrick Sénécal, d’alterner dans une même histoire des récits et des buts différents mais intriqués, qui absorbent aussi bien le lecteur que l’énergie du détective Sauvé. Celui-ci mène une vie bien ennuyeuse et cependant conflictuelle avec sa fille Karine, mais il traine également quelques casseroles psychologiques importantes, à régler sans faute s’il veut s’en sortir, mais le peut-il ?

Ces alternances de personnages et d’intrigues permettent à l’auteur d’aborder plusieurs thèmes . Les limites de la téléréalité tout d’abord. N’oublions pas que le roman date de 2006, même si sa version européanisée (dommage, car le voilà sans doute dépourvu de quelques expressions québécoises savoureuses) date de 2016, l’auteur est précurseur dans la description de ce genre d’émission poussée au maximum, même si je ne peux m’empêcher de penser au roman d’Amélie Nothomb « Acide sulfurique » abordant un sujet similaire. Ensuite, le thème de la dépression, comment s’en sortir, comment se faire aider, quel rôle peuvent avoir la psychiatrie et la psychanalyse. Le rôle de la manipulation et le pouvoir qui peut s’exercer sur des sujets mentalement plus faibles. Enfin, sujet grave s’il en est, la maltraitance et les séquelles indélébiles qu’elle peut provoquer sur des enfants sans défense.

Voilà donc un roman qui débute à fond, les évènements se succèdent sans un instant de répit, dans le désordre affiché des chapitres qui passent du 21 au 8 puis au 1, etc. sans complexe, le lecteur absorbé par l’intrigue  comprend mieux les flashbacks et intègre les rebondissements à mesure de sa lecture. Scandés par des chapitres intitulés « focalisation zéro », sorte de bilan à froid des effets de l’émission « Vivre au Max » et de ses implications dans la vie des spectateurs et des participants. C’est rythmé, bien écrit, on ne s’y ennuie pas une seule seconde, on vit au Max les rebondissements, les enquêtes. L’auteur sait maintenir le suspense jusqu’au retournement de situation qui peut laisser pantois le lecteur absorbé par le récit mais qui va alors se demander comment on peut être à ce point attiré par le vide. A découvrir, c’est sûr ! Sans se laisser rebuter par les 728 pages, car je vous assure que ça tourne tout seul !


Catalogue éditeur

Vivre au max. C’est le nom de l’émission de télé-réalité de Max Lavoie. Le milliardaire a tout quitté, liquidé pour se lancer dans son projet. La première saison a défrayé la chronique, choqué les âmes sensibles et s’est attiré les foudres de la commission de censure. En proposant de réaliser en direct les rêves les plus fous des participants, Max a frappé un grand coup. La saison 2 débute et promet encore plus de sensations fortes à un public ébahi. Lire la suite

Fleuve éditions / Date de parution : 12 novembre 2015 / Collection : Thriller Policier / Nombre de pages : 736 p. / Série : Les Noirs / EAN : 9782265099173

Les fauves. Ingrid Desjours

Dans « Les fauves », Ingrid Desjours tient le lecteur en haleine, et lorsque ces fauves se rencontrent dans un univers de suspicion et de manipulation, le résultat est détonnant.

A Paris, une fatwa est lancée sur la tête d’Haiko, belle et jeune journaliste plutôt fortunée, qui a créé N.e.r.F (Nos enfants resteront en France) une ONG qui recherche et intercepte de jeunes ados tentés par le Djihad et qui veulent regagner les rangs de Daech. Inquiète de cette situation, sa meilleure amie, Nadia, quitte l’association mais elle est assassinée en pleine rue. Le danger est réel, la mère d’Haiko engage alors Lars, un garde du corps, pour protéger sa fille.
Lars a combattu en Afghanistan, mais là-bas, même s’il ne veut rien en dévoiler, on comprend vite que les conditions de détention ont été tellement terribles qu’il ne s’en est jamais remis, entrainant des séquelles psychologiques et comportementales importantes. La rencontre improbable entre Lars et Haiko, deux personnages hors du commun, est explosive. Lars veut bien faire, mais lui qui accorde difficilement sa confiance est malmené par le comportement de Haiko et surtout par le déchainement de violence verbale et médiatique autour de cette femme que beaucoup soupçonnent d’imposture.

Duo duel entre deux personnages, qui tels des fauves, vont s’observer, vivre des sentiments intenses et contradictoires, attirance physique et répulsion, crainte et soupçons, fuite et attirance, rien ne leur sera épargné. Les sentiments sont diffus, embrouillés, parasités par les insinuations de la presse et des ennemis d’Haiko. De Leduc en particulier, lui qui combat Daech à sa façon, en envoyant à son tour de jeunes paumés se faire tuer face à cet ennemi sans pitié, nouveaux croisés des temps modernes, mais qu’on imagine perdus dans un jeu vidéo fantasmé, tant semble irréelle l’envie d’aller mourir en terre étrangère.

Tout au long de ces pages, on est captivé par une mise en situation réaliste, une étude psychologique des personnages et des effets de la manipulation sur les esprits faibles ou perturbés. Evocation par exemple des effets de la drogue dite « du terroriste », le Captagon, qui permet de tenir plusieurs jours sans ressentir ni fatigue ni souffrance, mais qui trouble des esprits déjà bien encombrés par la perversion des sites djihadiste et la facilité à se laisser embringuer. Ingrid Desjours décortique et met en situation des réalités – qu’en temps de psycho criminologue elle a sans doute étudié ou rencontré – avec rigueur et justesse, ce qui donne un côté stressant et réaliste à ces situations, ces remords, ces espoirs, ces mensonges et ces tromperies qu’elle met particulièrement bien en mots et en images.
Et si finalement rien n’était réel. Comment et à qui peut-on faire confiance ? Comment savoir et ne pas se laisser manipuler ? Là est peut-être la question.

Rencontre avec Ingrid Desjours au Festival Quais du Polar à Lyon


Catalogue éditeur

Votre pire prédateur : Celui qui vous aura apprivoisé.
« Torturez-la ! Violez-la ! Tuez-la ! » À la tête d’une ONG luttant contre le recrutement de jeunes par l’État islamique, l’ambitieuse Haiko est devenue la cible d’une terrible fatwa.
Lorsqu’elle engage Lars comme garde du corps, le militaire tout juste revenu d’Afghanistan a un mauvais pressentiment. Sa cliente lui a-t-elle dit l’entière vérité sur ses activités ? Serait-ce la mission de trop pour cet ancien otage des talibans ?
Dans cet univers où règnent paranoïa et faux-semblants, Haiko et Lars se fascinent et se défient tels deux fauves prêts à se sauter à la gorge, sans jamais baisser leur garde.

Robert Laffont
Parution : 8 Octobre 2015 / Format : 140 x 225 mm / Nombre de pages : 448
Prix : 20,50 € / ISBN : 2-221-14595-X

 

Le talisman. Mathieu Terence

https://i1.wp.com/static1.lecteurs.com/files/books-covers/420/9782246804420_1_75.jpg« Farrah est morte brulée dans son appartement » quelle phrase terrible pour commencer ce roman. Terrible et étrange, étrange comme l’est l’impression que j’ai à cette lecture. Au début, j’ai trouvé assez intéressant cette description de la vie à travers un narrateur que l’auteur qualifie à la deuxième personne. Ce « tu » qui m’avait tout autant dérangée lorsque j’avais lu « la condition pavillonnaire » de Sophie Divry, qui avait construit son roman exactement de la même façon. Mais c’est un roman qui m’avait paru beaucoup plus intéressant dans sa construction, le « tu » me semblait alors destiné, alors qu’avec « le talisman », il semble être le contre point de l’auteur, du narrateur, et au final tellement impersonnel.

« Tu » égrène donc les moments de sa vie, les personnes qu’il a croisées, avec qui il a vécu des moments heureux ou intenses, étranges ou terriblement communs, évoque des lieux, des rencontres, et les instants de sa vie avec Farrah.
Farrah est un personnage fantasque et sans doute attachant, mais je n’ai pas réussi à la trouver ni à la comprendre au fil de ces pages, et encore moins le narrateur, ce « tu » encombrant et épuisant. Tout comme je n’ai pas retrouvé ce pays Basque, décor du roman, ici fantasmé et rêvé tel que je ne le reconnais pas et qui m’a un peu perdue. Il y a cependant dans ces pages de belles phrases, quelques belles situations, des mots bien posés parfois, écriture ciselée avec soin et délicatesse, mais pas assez pour en faire un plaisir de lecture, enfin, pas pour moi. Je suis peut être passée à côté ?


Catalogue éditeur

« Ce n’est pas seulement qu’elle mentait comme elle respirait, c’est qu’elle mentait pour respirer. Et cette manie n’a pas été pour rien dans l’attrait que tu lui as trouve . »
Comment inventer sa vie sans la perdre ?
Quels fils mystérieux relient les êtres que l’on a pu aimer ?
Peut-on sortir indemne de l’affolement général?
Qu’est-ce que le syndrome du saint-bernard ?
Mais surtout, qui était vraiment Farrah ?

Parution : 20/01/2016 / Pages : 184 /Format :130 x 206 mm
Prix : 17.00 € /Prix du livre numérique : 11.99 €
EAN : 9782246804420