La tentation d’être heureux. Lorenzo Marone

Naples, la vie, la famille, l’amour, la mort.

Lorenzo Marone nous plonge avec tendresse dans la solitude bourrue de Cesare Annunziata, un acariâtre napolitain de soixante-dix-sept ans. « La tentation d’être heureux »  est déjà traduit dans une dizaine de langues et en cours d’adaptation au cinéma.

Voici le lecteur transporté à Naples par la voix du narrateur, Cesare Annunziata. Celui-ci vit dans un immeuble depuis, depuis … ? Eh bien, presque toute sa vie d’adulte, marié, puis veuf, depuis la mort cinq ans plus tôt de Caterina, celle qu’il a épousé presque par obligation, à qui il a fait deux enfants, avec qui il a vécu en bonne entente mais plus par habitude que par amour, et qu’il a allégrement trompée toute sa vie. Dans cet immeuble il y a aussi la vieille voisine, qui depuis son veuvage comble sa solitude en recueillant tous les chats errants du quartier, au grand dam de ses voisins (ah, l’odeur des chats en trop grand nombre !) et Marino, l’ami de longue date, ancien collègue, qui n’a plus quitté son appartement à l’étage en dessous de Cesare depuis les malheurs qui ont frappé sa famille.

Cesare est un vieux grincheux, un tantinet égoïste, qui a beaucoup de mal à dire aux gens qu’il aime qu’il les aimes, les plus importants étant bien évidement Dante, son fils qui n’a jamais encore osé avouer son homosexualité à son père, et Sveva, sa fille, qui cherche le bonheur, malgré un mari, un fils, et un excellent travail, mais qui se plait à jouer la comédie pour un rien, ou à se distraire dans les bras de Rossana, la prostituée qu’il fréquente depuis de nombreuses années.

Comédie à l’italienne un tantinet loufoque, nous découvrons les tergiversations et les pensées d’un papi qui ne veut pas vieillir, ou en tout cas qui ne veut pas se conformer à l’image d’un homme de son âge et de sa condition… Jusqu’au moment où il croise la route d’Emma, une belle jeune voisine. Et où il comprend qu’Emma est une femme battue par un mari particulièrement violent. Et là se pose tout le dilemme de Cesare, doit-il aider, intervenir, continuer et passer sa route ? Intéressante incursion de cette comédie dans le registre dramatique terriblement actuel et universel des violences faites aux femmes, et de l’aide que l’on peut y apporter. Que faire et comment intervenir quand la victime refuse toute aide, prendre les décisions à sa place ? Prévenir les autorités, porter plainte, quel droit d’ingérence sur la vie de l’autre ? Et surtout, jusqu’à quel degré a-t-on réellement l’envie et le courage de s’impliquer. J’aurais d’ailleurs aimé que le propos soit un peu plus fouillé, mais cela impliquait de quitter le registre léger sans doute voulu par l’auteur qui fait réfléchir ses lecteurs, mais sans que cela ne cause trop de douleur.

Voilà donc une comédie sympathique qui se lit facilement, malgré un peu trop de lieux communs et de poncifs édictés par un Cesare mélancolique au seuil d’une vie bien remplie. Le côté gai et coloré des rues de Naples, du caractère italien transparait dans ces lignes, pour un roman au final plus optimiste que triste.

#rl2016


Catalogue éditeur : Belfond étranger
Dans une Naples grouillante de vie et de clameurs, une comédie à l’italienne sur la vieillesse et la solitude, mais aussi sur ces petits riens qui font que la vie vaut la peine d’être vécue. Porté par une galerie de personnages profondément attachants, un roman qui fait du bien, plein de poésie et d’espoir.
Dans un vieux quartier napolitain, il y a un immeuble. Dans ce vieil immeuble, il y a des habitants qui ont toujours été là. Il y a Mme Vitagliano, la dame aux chats ; Marino, que la mélancolie a cloué à son fauteuil.
Et puis il y a Cesare Annunziata, soixante-dix-sept ans et une colère intacte. Sa femme ? Une lâcheuse qui l’a abandonné en mourant cinq ans plus tôt. Sa fille ? Une coincée qui passe son temps à le supplier d’arrêter de boire et de fumer. Son fils ? Un lâche qui n’ose même pas lui avouer son homosexualité. Sa maîtresse ? Une chouette fille, mais peu présentable. Les autres ? Un ramassis de menteurs et de couards.
Et voici qu’un jour débarque un jeune couple. Et très vite résonnent les échos de violentes disputes.
Que faire quand soir après soir vous tremblez pour la voisine ? Et si, en tentant de sauver la jeune femme, Cesare se sauvait lui-même ? Et s’il était temps de baisser enfin la garde ?

 

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