Cellule. Lou Marcouly-Bohringer

Avec cellule, Lou Marcouly-Bohringer nous fait pénétrer dans ce monde en marge, celui de la maladie, celle qui détruit autant le malade que ses proches et dont l’issue est le plus souvent fatale.

domiclire_celluleLe coup de fil comme départ et comme fin, celui qui annonce la maladie, qui détruit le monde d’avant, ce monde dans lequel on peut vivre tranquille, serein, car tout est encore possible, et qui nous dépose sur une autre berge, un autre continent, celui de la maladie et la peur qui ne nous quittera plus jamais.

La narratrice vit un quotidien dans lequel elle est plutôt passive et peu motivée pour le succès et la réussite, et elle s’en contente avec bonheur et délectation. Au chômage et même pas demandeur ou plutôt chercheur d’emploi, elle vivote sans trop se poser de questions. Jusqu’au jour où…

… ce jour-là, un appel vient bouleverser sa vie et lui apprendre, lui dire les tâches au cerveau, la maladie, celle dont personne ne veut entendre parler et qui fait mal, qui fait peur, qui signifie la mort, et que chacun refuse obstinément d’envisager. Et voilà la narratrice engagée avec sa mère dans une lutte contre la tumeur, contre ces cellules qui prolifèrent obstinément, irréversiblement. L’hôpital, les nuits sur le lit pliant pour ne pas laisser, ne pas abandonner l’autre, le ou la malade, celui ou celle à qui on tient tant, pour quelques heures de plus volées à l’absence qui se profile ; puis les attentes, les traitements, le personnel hospitalier, bourru, ému, empathique, brusque parfois par résistance ou résilience ; les voisins de chambre et leurs familles, au bord du précipice eux aussi, alors il est si difficile de communiquer et de vouloir les entendre ; la faiblesse enfin, la perte de poids, la douleur, l’étincelle de dignité qui s’éteint face à la souffrance, la maladie qui transforme les êtres que l’on aime plus que tout, l’idée que l’on se fait du partage, de l’échange, de la solidarité et de l’amour qu’on donne et qu’on est capable de montrer ou pas devant une épreuve aussi terrible.

Ce court texte vous envoi à terre aussi efficacement qu’un uppercut en plein estomac, et tous ceux qui ont vécu ces moments s’y retrouvent, dans l’avant mais surtout dans cet après, quand tout a basculé et qu’on est confronté à la maladie et à la mort d’un proche sans retour arrière possible vers la vie d’avant, celle de l’insouciance et du bonheur sans tâche.

Extrait :

Trente minutes, c’est ce qu’il faut pour expliquer sans trop de détails mais de manière clairement définitive que la maladie a débarqué dans ta vie.
Et qu’elle va tout défoncer.
Poussez-vous, faites de la place, la voilà.
Ah, vous ne l’attendiez pas ?
Tant pis.

 #RL2016


Catalogue éditeur : Flammarion

Dans ce court récit vif et percutant, Lou Marcouly-Bohringer nous plonge dans le quotidien d’une famille confrontée à la maladie. Sur un rythme implacable, elle scande les sentiments comme autant de cris d’amour.

Thème : Littérature française / Collection : Littérature française / Parution : 28/09/2016 / Format : 11.5×18.5×0 cm / Prix : 12,00 € / EAN : 9782081388000

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