Éclipses japonaises. Eric Faye.

Étonnant roman d’Eric Faye, « Éclipses japonaises » nous dévoile les pratiques de la Corée du Nord dans les années 60, 70.

IMG_4351Au Japon, des femmes, des hommes, jeunes pour la plupart, disparaissent dans une région en bord de mer. Malgré des enquêtes de la police, nulle trace ne peut être trouvée. Mais alors, quel liens entre Naoko Tabane, une collégienne de treize ans qui disparait en 1977 alors qu’elle revenait de son cours de badminton, et Setsuko Okada, qui veut devenir infirmière et qui disparait avec sa mère en 1978 sur l’île de Sado, et avec Jim Selkirk, un  GI américain qui disparait à côté de la DMZ entre les deux Corées.

Pour chacun d’entre eux, la vie change brusquement lorsqu’ils sont brutalement enlevés, jetés dans un sac, puis sur un bateau, et se retrouvent dans un pays inconnu dans lequel ils devront accepter les règles, apprendre la langue, puis former de jeunes coréens à leur propre langue, leurs coutumes, leurs habitudes, en leur inculquant tous leurs souvenirs, afin d’en faire de parfaits japonais, ou américains, futur espions qui pourront ainsi se fondre dans une population qui nous pourra pas soupçonner leur réelle origine.

Pourquoi ? Où ? Cela se passe en Corée du Nord, dans les années 70. La pratique était courante d’enlever des personnes dans des pays étrangers, en fonction des besoins, des envies, y compris pour le plaisir de réaliser un spectacle ou un film, mais le plus souvent pour former de futurs espions.

Jusqu’au jour où, à Berlin, une jeune femme est arrêtée lors d’une escale. Elle a changé d’avion, et celui dans lequel elle était précédemment a explosé. Pourquoi, et  qui est cette jeune japonaise ? La vérité, ou du moins une partie de la vérité éclate au moment de l’explosion du vol 858 de la Korean Air en 1987.

L’écriture superbe d’Eric Faye, à la fois fine et parfaitement dosée, avec une grande justesse dans les descriptions des sentiments divers de ces jeunes, nous emporte dans leurs têtes, nous fait comprendre les souffrances, les atermoiements, les doutes, et aussi les espoirs, tout au long de ces longues années loin de chez eux ou chez elles. Devenues étrangers dans leur propre pays, ayant continué à vivre ailleurs une vie qui leur a pourtant été volée, le retour au pays sera à la fois une délivrance et certainement également une grand souffrance. Dans quels esprits tortueux et dérangés peut-on envisager de faire perdre leur identité à des personnes, en les traitant comme des objets utilitaires, dont on ne retire que ce qui est utile sans respect pour leur personnalité.

« Eclipses japonaises » est un roman étonnant, prenant, qui fait passer sous une forme romanesque une vérité et des faits historiques à la fois déconcertants et glaçants d’inhumanité. Car l’auteur dévoile une réalité politique et économique complexe et sombre, particulièrement bien documentée (une bibliographie complète nous le montre à la fin du roman) à la fois fascinante par le fait qu’elle ait pu exister, et sidérante par sa réalité. Un excellent moment de lecture.

Lu dans le cadre du jury du Meilleur Roman des Lecteurs de Points 2018


Catalogue éditeur : éditions Points

Sans laisser la moindre trace, elles ont été arrachées au Japon et à leur famille. Naoko a disparu à la sortie de son cours de badminton, Setsuko s’est volatilisée au bord d’une route. Elles sont devenues des fantômes. Pourtant, en Corée du Nord, une nouvelle vie a commencé pour elles. Une vie animée par une mission qu’elles n’ont pas choisie et le secret espoir de rentrer un jour au pays…

 « Un choix littéraire aussi audacieux qu’intelligent. » Télérama.
« Beau et brillant. » Le Figaro littéraire.

Un article lecteurs.com : Les disparus de l’Empire du soleil Levant

7€ // 240 pages / Paru le 14/09/2017 / EAN : 9782757868744

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Quelque chose de rond. Calouan & Jérémy Parigi

Quelque chose de rond, comme un ballon ? Comme la terre ? Ou comme…

Domi_C_Lire_quelque_chose_de_rond.jpgVoilà bien la question que se pose cette jolie petite fille en observant sa maman, et ce ventre si rond, si mystérieux, que peut-il bien cacher, la terre, un ballon, un aquarium ou une belle lanterne magique ?

Les questionnements à l’approche d’une naissance, les interrogations et l’imagination galopante des enfants, autant de textes de Calouan mis en images par Jérémy Parigi avec beaucoup de grâce et d’originalité. Le graphisme est aérien, mutin, magique, les traits en teintes douces, une maman à la taille et à l’arrondi totalement démesurés, sans doute comme elle peut être perçue d’ailleurs par un tout petit enfant. D’ailleurs les dessins sont tous en double page comme pour amplifier cette impression. Puis arrive la solution à ce mystère, douce, enveloppante, rassurante, dans les traits de l’enfant qui vient d’arriver et les sourires de chacun.

Un livre pour rêver, questionner, se rassurer, comprendre, face à l’arrivée souvent troublante d’un petit frère ou d’une petite sœur.
Le livre se termine par une double page, faite de mots posées au hasard, pour aider l’enfant à décrire sa propre maman. Destiné aux enfants de 4 à 7 ans, dommage, ce n’est pas mentionné sur le livre (ou je ne l’ai pas vu ? ).


Catalogue éditeur : La Pimpante

Que cache Maman sous son ventre si rond ? Une pastèque ? Une planète ? De drôles d’habitants semblent vivre là…
Album à partir de 4 ans / Mai 2017 / ISBN : 9782372050364 / 16.00 euros

Rubens, Portraits princiers Musée du Luxembourg

La présentation par le Musée du Luxembourg :
Domi_C_Lire_rubens_1Rubens fut, sans doute un peu malgré lui, un immense portraitiste de cour.
S’il se voulait d’abord peintre de grands sujets historiques, il excella dans le domaine du portrait d’apparat, visitant les plus brillantes cours d’Europe. Prisé pour son érudition et sa conversation, il joua aussi un rôle diplomatique important, jouissant d’une position sociale sans égale chez les artistes de son temps. Autour des portraits de Philippe IV, Louis XIII ou encore Marie de Médicis réalisés par Rubens et par quelques célèbres contemporains (Pourbus, Champaigne, Velázquez, Van Dyck…), l’exposition plonge le visiteur dans une ambiance palatiale au cœur des intrigues diplomatiques du XVIIe siècle
.

Marie de Médicis (1573-1642) veuve d’Henri IV et mère de Louis XIII, est un personnage emblématique de l’histoire politique et diplomatique  du XVIIe siècle. Il est intéressant de se souvenir qu’elle est liée, directement ou indirectement à l’ensemble des dynasties européennes.

Pierre Paul Rubens (1577-1640) dont on peut dire qu’il est le peintre le plus célèbre de son temps, est quant a lui un grand voyageur qui va œuvrer comme peintre mais aussi  comme diplomate dans tous les lieux artistiques renommés.

Cette exposition présente donc deux personnages majeurs du XVIIe qui déploient leur influence sur toute l’Europe. C’est ce que le visiteur découvre à travers l’importance des portraits des rois, reines, princes et princesses, présentés dans ce qui n’est autre que le palais que Marie de Médicis a fait édifier à partir de 1615 – et pour lequel elle avait commandé à Rubens un ensemble de toiles monumentales illustrant sa vie –  portraits que l’on peut voir pour partie dans une des salles de l’exposition. A côté des œuvres de Rubens sont présentés des portraits réalisés par d’autres artistes, avec les mêmes modèles, aux mêmes dates.

Ce que j’aime particulièrement au Musée du Luxembourg, c’est l’agencement des salles d’exposition renouvelé à chaque exposition et qui donne au visiteur d’illusion de dans un nouveau Musée. Ici, l’austérité et le formalisme de certains portraits est rehaussée par une scénographe particulièrement réussie, un jeu de projections d’images ou de lumière, et les lieux changent et prennent vie, une réussite.

Une exposition qui nous permet de feuilleter l’album de famille de Marie de Médicis en quelque sorte !

Rubens, Portraits princiers c’est jusqu’au 14 janvier 2018 au Musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard, 75006 Paris.

 

Voltaire, l’enfance d’un génie. Frédéric Lenormand

Destins extraordinaires, dans un court récit pour lecteurs ados Frédéric Lenormand évoque sur cette période de la vie du jeune Voltaire pendant laquelle son avenir se dessine, ou se décide….

Domi_C_Lire_voltaireEn 17O8, chez les jésuites où il est pensionnaire, le jeune François Arouet, l’un des meilleurs élèves du collège, doit se confesser à un nouvel arrivant, le Père Pallu.
Si ce dernier est ravi d’arriver dans la capitale, le jeune François est quant à lui tout disposé à lui raconter toutes ces choses extraordinaires auxquelles il a assisté, et qui lui posent questions. Car le futur monsieur Voltaire est un raisonneur fort intelligent et curieux pour son âge. Il faut dire qu’avec son parrain, il a déjà arpenté la capitale et rencontré  dans les salons à la mode, courtisanes, comédiens, penseurs, d’une certaine façon, ces lieux où se fait la culture de son époque. Mais il a aussi côtoyé la misère, compris très tôt qu’elles pouvaient être les difficultés de la vie, assisté à une exécution en place publique.
Pour lui, le salut viendra des écrits, car par les mots on peut tout exprimer, tout soulever, tout bouleverser pour faire avancer le monde.

Destins extraordinaires, cette collection des éditions Le Duc.s jeunesse  dirigée par Fabienne Blanchut est vraiment intéressante. Elle fait écrire par de grands romanciers renommés le destin de personnages célèbres, en particulier ces moments qui ont fait basculer leur destin vers ce qui deviendra leur raison d’être, leur avenir.

Ponctués d’illustrations de David Pillet, c’est un très bon moment de lecture, racontant des anecdotes et des faits ayant pour la plupart réellement existé. Un point intéressant, les notes de bas de page pour expliquer des mots, des expressions, pour une meilleure compréhension du texte par le jeune public auquel ils sont destinés. Aussi j’espère qu’elle plaira comme il se doit aux jeunes lecteurs avides de connaissances qui seront ravis d’apprendre de façon ludique grâce à la collection Destins extraordinaires.

Citation : « Vois-tu, François, si l’on écrit que le roi est un tyran, on finit à la Bastille. Mais si l’on raconte l’histoire d’une grue qui croque des grenouilles, ça passe. C’est le miracle de la littérature. » J’en déduis que la littérature consiste à présenter aux gens des faits choquants sous forme acceptable. je me dis qu’on pourrait renverser l’équation et se servir de la littérature pour instiller en eux, l’air de rien, des idées qu’ils n’auraient pas osé avoir tout seuls, conclut le jeune Voltaire.


Catalogue éditeur : éditions le Duc.s

1707, Voltaire a treize ans et doit se confesser avant la remise des prix de fin d’année. Entre deux leçons chez les Jésuites du collège Louis-le-Grand, le jeune Voltaire parcourt Paris en compagnie de son parrain. Il découvre les salons à la mode, la célèbre courtisane Ninon de Lenclos, le théâtre, mais aussi la misère, la dureté de la vie, la Bastille et les exécutions publiques. Il se rend compte peu à peu que l’écriture est un moyen d’agir contre l’injustice et contre les préjugés.

Voltaire, l’enfance d’un génie, ou la jeunesse du plus connu des philosophes français des Lumières, racontée par un Frédéric Lenormand éclairé.

Sarah Bernhardt, le garçon manqué. Michel Quint

Artiste, tragédienne ayant une préférence pour les rôles masculins, mais qu’est-ce qui a suscité le destin  Sarah Bernhardt ? Jolie découverte que cette série destinée aux jeunes.

Domi_C_Lire_sarah_bernhardtDe Michel Quint j’avais aimé, et maintes fois offert, Effroyables jardins qui est pourtant un roman portant sur un sujet difficile, mais où les sentiments contradictoires sont magnifiquement mis en mots par l’auteur.
Dans Sarah Bernhardt, le garçon manqué point de tragédie sur fond de guerre, mais l’évocation du destin de la grande Sarah Bernhardt au moment où elle entre en scène pour jouer l’Aiglon. Elle se souvient… Pour Sarah Bernhardt, l’enfance sera une succession de pensionnats, couvents, des années à se chercher et à comprendre pourquoi elle était faite. Elle qui bien qu’intelligente ne brillait dans aucune matière scolaire classique a très tôt ressenti  sa passion pour le théâtre.

Destins extraordinaires est une série  proposée par les éditions Le Duc. S jeunesse  dirigée par Fabienne Blanchut. Elle se propose de faire écrire par de grands romanciers renommés et reconnus le destin de personnages célèbres, en particulier le ou les moments qui ont fait basculer leur destin vers ce qui deviendra leur raison d’être, leur avenir.

Ponctués d’illustrations de David Pillet, ces Destins extraordinaires sont un très bon moment de lecture, racontant des anecdotes et des faits ayant pour la plupart réellement existé. Un point intéressant, les notes de bas de page pour expliquer des mots, des expressions, pour une meilleure compréhension du texte par le jeune public auquel ces destins extraordinaires sont destinés. Un excellent moyen, ludique et  attrayant, de raconter l’Histoire autrement, pour le plus grand plaisir des lecteurs.


Catalogue éditeur : éditions le Duc.s

En mars 1900, alors qu’elle attend d’entrer en scène, costumée en homme, pour la première de L’Aiglon, Sarah Bernhardt se souvient d’événements de son enfance, un rôle d’ange et la rencontre d’un militaire, qui ont suscité sa vocation de tragédienne et son envie de rôles masculins. Son destin de garçon manqué.

Décrite par la sensibilité de Michel Quint, voici l’enfance passionnante de celle qu’on surnommait « La Divine ».

 

Illusion tragique. Gilda Piersanti

J’avais découvert Gilda Piersanti avec les Explorateurs du polar et Le saut de Tibère, lu grâce à lecteurs.com. Aujourd’hui je la retrouve avec un plaisir infini dans « Illusion tragique », cette intrigue qui dépasse nos espérances de lecteurs en matière de suspense et d’inventivité !

Domi_C_Lire_illusion_tragique_piersantiA Rome, il fait chaud pendant cet été qui n’en finit pas. Dans son immeuble, le jeune Mario s’ennuie et ne trouve rien de mieux à faire qu’épier son voisin, le sombre et mystérieux monsieur Ruper, par le vasistas de sa salle de bain. Monsieur Ruper est un homme d’habitudes, très solitaire, domicile, bureau, pas d’amis ni de sorties, il vit quasiment comme un Hermite. Pourtant, Mario l’a vu, une jeune femme est prisonnière dans cet appartement sous les toits.
Il décide de vérifier par lui-même et met dans la boucle son ami Ricardo. Mais tout ne va pas se passer comme prévu, et le retour inopiné de Monsieur Ruper va transformer à jamais la vie des deux garçons. Car monsieur Ruper va entrer à ce moment-là aussi dans la vie de la maman de Mario, et perversité et manipulation vont se conjuguer pour faire de la vie de Mario un nouvel enfer, celui où il ne trouve plus sa place. Sa mère le délaisse, acceptant la mainmise de Monsieur Ruper sur sa vie de femme seule, au risque de s’éloigner de son fils et de le perdre à jamais, le laissant s’engluer dans les illusions et les douleurs de l’enfance.

L’intrigue se déroule, addictive et implacable, et alterne avec le récit que nous fait Elisabetta, écrivain à succès (l’auteur présumé du roman ?) de sa propre vie, récit pour le moins édifiant là aussi ! Les deux sont d’ailleurs aussi diaboliques l’un que l’autre, et le lecteur de se demander quand ils vont se rejoindre et dans quel abime il va être plongé, jusqu’au final, éblouissant de réalisme et d’ingéniosité ! En fait, l’auteur a cette capacité de vous plonger dans cet état de crainte, d’angoisse, et vous faire poser des questions sur des situations malsaines mais plausibles, elle flirte avec la réalité et ses situations nous incommodent, mais n’est-ce pas plutôt pour nous interroger sur nos propres réactions ? On se demande jusqu’au bout qui représente le bien, et qui le mal, le coupable u la victime, mais en fait n’y a-t-il pas une part de mauvais en chacun de nous ? Jusqu’où peut nous mener l’amour, la soumission, la curiosité, le remord, et même la haine. Et au contraire, la rédemption ne vient-elle pas également de l’action et de la volonté de chacun. Car tout homme est complexe, et Gilda Piersanti nous le démontre jusqu’au bout.

Vous qui aimez les polars et aimez avant tout être surpris, je ne peux que vous le conseiller, vous ne serez pas déçus ! Quelle intrigue, qui vous entraine, vous déroute, vous interroge, jusqu’au final, singulier, dérangeant, explosif ! Le tout porté par une écriture qui ne vous lâche pas, dans une ambiance d’été romain qui vous fera certainement regarder les messieurs en chapeau lorsque vous irez en weekend à Rome !


Catalogue éditeur : Le Passage

En ce torride mois d’été romain, le petit Mario, dix ans, ne monte pas sur la terrasse de son immeuble pour y prendre l’air, mais pour épier son voisin du dernier étage, monsieur Ruper, un homme sans histoire qui vit seul et mène une vie rangée. Personne ne lui connaît la moindre relation, personne ne l’a jamais vu rentrer chez lui accompagné, et pourtant… Tous les soirs, Mario l’observe dans sa baignoire en train de coiffer et de savonner une très jolie jeune femme.
Son ami Riccardo et lui ont décidé d’aller libérer la princesse, parce qu’il n’y a pas d’autre explication : monsieur Ruper l’a enfermée chez lui, elle est sa prisonnière ! Le plus difficile, toutefois, n’est pas de s’introduire dans l’appartement de monsieur Ruper, mais d’en sortir une fois qu’on y est entré…
Dans ce thriller de l’enfance menacée, Gilda Piersanti interroge les méandres infinis de la perversité. Devenir la proie d’un pervers est une malédiction, une vie entière ne suffit pas pour y échapper. Illusion tragique nous entraîne dans une intrigue aux retournements imprévisibles, comme un labyrinthe dont le tracé se recompose à chaque détour, jusqu’au dénouement… inimaginable.
Car la réalité à laquelle nous nous croyons solidement ancrés se révèle parfois n’être que faux-semblant. Le réveil sera alors sanglant, forcément sanglant.

ISBN: 978-2-84742-372-3 / Date de publication: Octobre 2017 / Nombre de pages: 240 / Dimensions du livre: 15 x 24 cm / Prix public: 19 €

La face cachée de Ruth Malone. Emma Flint

Wouahou, quel effet ce polar ! vous n’en sortirez pas indemne, c’est évident. La face cachée de Ruth Malone d’Emma Flint est exactement le genre de polar qui vous fait poser des questions longtemps après !

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Ruth Malone est une jeune femme qui prend soin elle aussi de son aspect extérieur, toujours apprêtée, maquillée, faisant bonne figure et bien habillée. Mais à cette époque la femme se devait d’être d’abord mère et épouse avant d’être elle-même. Alors coquette et parfois séductrice, cette image passe mal. Ruth vit séparé de son mari Franck et ne craint pas d’attirer le regard des hommes, ou même de les attirer dans son lit, pourquoi pas. Elle vit en femme libre et exacerbe les jalousies.

Un matin, alors qu’elle les avait bordés la veille dans leur lit et qu’elle pensait qu’ils étaient sagement endormis dans leur chambre, elle constate la disparition de ses deux enfants, Cindy et Frankie Jr. Puis on retrouve le corps de Cindy. Et lorsqu’elle verra sa fille, Ruth toujours impeccable, montrera à tous un visage parfaitement maquillé mais point de larmes. Il n’en faut pas plus pour déchainer bavardages, dénonciations et suspicion des policiers, puisque bien évidement, dans la plupart des cas, c’est un proche qui est coupable, Ruth devient alors la coupable idéale.

Un jeune journaliste s’intéresse à l’affaire. Il est en mal de premier article important à signer pour le journal dans lequel il débute. Ainsi, il va enquêter, produire quelques papiers conforme aux attentes de  sa rédaction, puis peu à peu s’intéresser au personnage qu’est vraiment Ruth, tentant de comprendre qui se cache derrière cette façade, ce visage apprêté et maquillé qui dissimule sans doute des failles et des blessures profondes, cherchant la vérité derrière les apparences.

La charge psychologique importante qui apparait derrière le drame, le mal que peuvent faire jalousies, incompréhension, ragots et quand dira-t-on est immense. Tout comme l’obstination de la police, qui lorsqu’elle est aveuglée par des évidences ne cherche pas toujours à creuser toutes les pistes qui s’ouvrent à elle, et ce malgré l’importance des pièces de son enquête qui comporte des révélations et des témoignages parfois laissés de côté.

Comment imaginer, accepter, comprendre. Car Emma Flint s’est librement inspirée d’un fait divers réel, l’histoire d’Alice Crimmins, une jeune femme américaine accusée dans les années 60 d’avoir assassiné ses propres enfants ! Ce roman est intéressant à plusieurs titres, d’abord par son intrigue, à découvrir d’urgence pour le amateurs du genre ! Mais aussi par l’image qu’il nous donne de ce que devait être la place de la femme dans les années 60, la force des préjugés, des apparences, comportements et apriori, voilà qui est terriblement instructif et parfois même inquiétant… Car n’oublions pas que rien, jamais n’est acquis.


Catalogue éditeur : Fleuve éditions

Traduit par : Hélène AMALRIC

En 1965; Une vague de chaleur déferle sur le Queens, banlieue ouvrière de New York, et plonge ses habitants dans un état léthargique. Un matin ordinaire, Ruth Malone, mère célibataire aux allures de star hollywoodienne, constate la disparation de ses deux enfants.
Peu après, le corps de la petite Cindy est retrouvé abandonné sur un chantier, son doudou encore à la main. Lorsque, quelques jours plus tard, la dépouille de son fils, Frankie Jr, est découverte dans des conditions similaires, des voix accusatrices s’élèvent contre Ruth. Lire la suite…

Date de parution 19 Octobre 2017 / Fleuve noir  / 432 pages / Format : BROCHE / 9782265116429