La vie princière. Marc Pautrel

Ce court roman épistolaire parle d’amour sans le faire. Marc Pautrel évoque ces instants de bonheur partagés qui donnent envie de découvrir « La vie princière ».

Domi_C_Lire_la_vie_princiere_marc_pautrel.jpgIl vous est arrivé de rencontrer quelqu’un et de vous dire que vous tombiez instantanément amoureux ? De rencontrer quelqu’un et de réaliser que toutes vos conversations, vos points d’intérêt, vos envies concordaient ? De rencontrer quelqu’un et de comprendre rapidement avec un certain désespoir que cette personne n’était pas libre mais que ce que vous viviez ensemble l’espace de quelques heures, de quelques jours, était tellement rare ?

C’est ce qui arrive au narrateur, et donc à l’auteur,  puisque ce court roman est basé sur une autofiction, comme l’évoque Marc Pautrel.  Et cette rencontre est si exceptionnelle qu’il n’a qu’une envie, écrire une lettre à celle qui a totalement empli de moments magiques ces cinq jours passées ensemble, même si la communion n’a été qu’intellectuelle et affective, jamais ni amoureuse ni sexuelle.

Avec peu de mots, parfaitement pesés et choisis, il écrit sa déclaration d’amour à cette belle italienne rencontrée sur le Domaine, ce site où il réside et où sont organisés des séminaires entre chercheurs, scientifiques et universitaires pour la plupart. Elle y est venue faire des recherches pour une thèse, et leur singularité littéraire lui semble encore plus remarquable.

Il lui parle à la deuxième personne, comme pour lui rappeler ce qu’ils ont vécu. Les regards, son regard, l’effleurement des corps qui ne se séparent pas même lorsque la distance de confort entre deux êtres est franchie, comme une évidence que cette peau là, ce corps-là, ne vous gêne pas, mais il y a aussi sa voix, ses yeux, ses paroles, en résonance avec ce qu’il pense, ce dont il rêve, ce à quoi il aspire.

Il ne se passera rien d’exceptionnel, si ce n’est cette communion de pensée, cette envie d’être ensemble, de marcher, d’avancer, de rire ou de boire un verre de vin…  et pourtant tout semble magique, comme un instant d’éternité suspendu dans l’espace-temps de leurs deux trajectoires.

Ce que j’ai aimé ? L’écriture est affutée, pas un mot de trop et on le sent immédiatement chacun est à sa place. Mais surtout l’auteur sublime ces instants de bonheur que procure l’état amoureux, comme s’il nous démontrait que le seul fait de l’avoir vécu est un grand privilège.

💙💙💙


Catalogue éditeur : Collection L’Infini, Gallimard

«Puisque le Domaine est une propriété privée et qu’il ne passe ici qu’un ou deux véhicules par jour, nous marchons en plein milieu de la chaussée, la route nous appartient, on dirait qu’elle a été tracée pour nous seuls au milieu des vallons, percée à flanc de coteau puis parfaitement aplanie, égalisée et goudronnée uniquement pour que toi et moi puissions y marcher tous les deux côte à côte le plus confortablement possible, et parler, parler sans cesse, expliquer, imaginer, se souvenir, inventer, interroger, démontrer, raconter, échanger nos idées, nos mots, nos vies.»

80 pages, 118 x 185 mm / Romans et récits / Littérature française / ISBN : 9782072752612 /

Prix ;: 10,50 € / Parution : 04-01-2018

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