Ceux qui restent, Busquet & Xoul

Tout en respectant les codes de l’intrigue policière, Ceux qui restent de Busquet & Xoul, reprend les thèmes du récit fantastique et ravira les amateurs du genre.

Domi_C_Lire_ceux_qui_restent_delcourt_bd.jpgAlors qu’il dort paisiblement dans son lit, Ben est réveillé par une étrange créature qui vient lui demander on aide. Car Ben, comme tous les enfants, à des capacités que n’ont pas, ou plus, les adultes, comme de voir d’étranges créatures peut-être ? Alors Ben embarque avec un Wumple pour le royaume d’Auxfanthas. Est-ce un rêve ? Est-ce une réalité ? Il doit bien y avoir une certaine réalité dans ce rêve, puisque au petit matin, Ben n’est plus dans son lit. Les parents, inquiets, avertissent la police. Les recherches commencent, nombreuses, longues, mais aucune trace de Ben, volatilisé dans une maison fermée, sans effraction ni violence apparente.

Quel mystère ! Bien sûr, les soupçons pèsent sur les parents, mais leur chagrin est si réel, leur désespoir si palpable, qu’il est impossible de les mettre en cause. Pendant l’absence de Ben, d’étranges individus viennent toquer à la porte de sa famille, car eux aussi ont connu ce phénomène… mais quel phénomène ? Les parents les rejettent.

Un jour, longtemps après, Ben réapparait. Si ses parents ont trouvé le temps long, pour lui il s’est passé à peine quelques heures. Ses explications semblent tout à fait loufoques, aider à combattre le mal dans un autre monde ? Parents et médecins estiment qu’il s’agit d’un problème psychologique, des inventions  d’enfant…

J’ai aimé le point de vue porté par les auteurs sur Ceux qui restent. Quand il y a une disparition, un rapt dans une famille, tant pour l’entourage familial que pour la société, cela ne correspond pas aux normes et entraine obligatoirement de la suspicion, du chagrin, une forme d’incompréhension et de doute.

Avec ses codes de thriller ou d’intrigue policière très lookée années 40, voilà une BD du scénariste Josep Busquet aidé par les couleurs, les traits et les ombres du dessin de Xöul, qui nous transporte dans un monde magique tout en nous laissant ancrés dans le quotidien. On découvre des parents anxieux, suspectés, malheureux, témoins de deux mondes, celui qui part, et ceux qui restent. Et pour une fois, le lecteur n’embarque pas dans le monde fantastique mais reste bien dans celui des parents, nous vivons cette étrange aventure avec eux, et nous devenons les témoins attentifs de leur traumatisme, de la douleur de ceux qui ont perdu un être cher, qui doivent vivre un deuil quel qu’il soit.

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Delcourt

Un soir, le jeune Ben part sauver un royaume magique d’un terrible danger, de la même manière que Wendy et ses frères suivirent Peter Pan. Mais ce qui ressemble à un rêve d’enfant se transforme en cauchemar pour ses parents.

Ben a disparu. Ses parents préviennent la police mais personne ne peut imaginer la réalité : leur enfant affronte mille dangers dans son royaume imaginaire. Mais un jour, il revient. Parents, police et psys pensent que Ben nie la réalité de ce qu’il a vécu. Avant de disparaître à nouveau. Seule une association regroupant des parents qui vivent les mêmes turpitudes pourra sans doute leur venir en aide…

Scénariste : BUSQUET Josep / Coloriste : XÖUL Alex / Illustrateur : XÖUL Alex

Série : DES GENS ORDINAIRES / Collection : HORS COLLECTION / Date de parution : 21/03/2018 / ISBN : 978-2-7560-5262-5 /

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Dans l’eau je suis chez moi, Aliona Gloukhova

Dans son roman autobiographique « Dans l’eau je suis chez moi » Aliona Gloukhova suit toutes les pistes qui mènent jusqu’aux eaux noires qui ont englouti son père. A la recherche de sa propre vie et pour enfin comprendre qui elle est ?

Mon père a disparu et a laissé une porte ouverte derrière lui. On était obligé de l’attendre, on ne savait pas s’il était parti définitivement ou s’il pensait revenir. 

Domi_C_Lire_dans-l-eau_je_suis_chez_moi

Aliona  n’a que onze ans lorsqu’elle apprend que son père a disparu lors d’un naufrage en mer. Parti au loin, à Istanbul, pour enfin voguer sur cette mer qui l’a tant attiré toute sa vie, lui pour qui les voyages étaient quasiment impossibles, à Minsk et dans la Biélorussie des années 90…. Et comment peut-on faire son deuil quand il ne reste que le vide et à jamais une dose d’incertitude ?

Dans ce roman, car c’est un roman malgré tout, la petite fille devenue femme part à la recherche de ce père, des instants volés à sa mémoire, des souvenirs de ceux qui en ont encore, du pourquoi ne se souvient-on pas que ce sont les derniers instants passés avec ceux qu’on aime, et pourquoi n’est-on pas capable de les vivre pleinement. Car la disparition est toujours soudaine, bouleversante, déchirante, et laisse cet amer goût de manque, d’absence, de vide.

Aliona  cherche son père. Son père et sa dipsomanie – une maladie – qui lui fait chercher l’oubli dans l’alcool, encore et toujours, jusqu’à la déchéance, pour affronter un avenir sans doute pas si enthousiasmant que ça. Son père et la famille qui le soutien mais qui parfois est excédée, sa femme, ses enfants, Slavka, le fils d’un premier mariage, un divorce comme une tare dans la Biélorussie communiste, son exclusion justement du parti communiste qui ne veut plus de lui. L’alcool comme un remède à la peur, de sortir, de vivre une autre vie que celle dont on rêve, pour oublier l’enfant mort, pour oublier les frustrations peut-être.

C’est un étonnant roman que propose Aliona Gloukhova à ses lecteurs. Un véritable travail d’introspection familiale dans lequel elle va puiser pour trouver les traces de son passé, et tracer un avenir où il faudra se reconstruire sans, sans le père, la mémoire, sans une certaine forme d’enfance, pour avancer bien droit vers demain.

«A quoi pense-t-il mon père, quand il monte sur le Tango ? Est-ce qu’il sent ce petit bruit, un grincement qu’on entend quand notre vie change d’un coup, a pris une décision précipitée, est-ce qu’il comprend qu’il va partir beaucoup plus loin qu’il ne l’avait prévu, est-ce qu’il sent que la mer qu’il avait portée en lui tout sa vie et qui l’étouffait, est-ce qu’il sent qu’à cet instant cette mer commence à se libérer ? 

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Catalogue éditeur : Verticales

«Je ne sais pas si Istanbul garde toujours les traces de ce qui s’est passé, je ne sais pas si je peux apprendre d’autres choses sur mon père. Ou peut-être le sais-je, mais je fais comme si je pouvais encore faire durer son histoire, je me mets à sa place et je suis toutes les pistes, même les fausses.»
Le 7 novembre 1995, alors qu’elle a onze ans, Aliona apprend que son père a disparu lors du naufrage d’un voilier au large de la Turquie. Contre-enquête initiatique menée à partir des lambeaux de souvenirs de la petite fille devenue adulte, ce roman ausculte l’impalpable attente, tout en inventant un destin à cet homme absent.

128 pages, 140 x 205 mm  / parution : 11 janvier 2018 / Époque : XXIe siècle / ISBN : 9782072761096/  Prix : 13,00 €

Une famille très française, Maëlle Guillaud

Avec « Une famille très française », Maëlle Guillaud confirme ses talents d’écrivain et nous entraine avec justesse dans les affres de l’adolescence qu’elle décortique avec subtilité.

Domi_C_lire_une_famille_tres_francaiseCharlotte est fière de sa famille, sa mère, sa grand-mère, si présente, si expansive, si affectueuse. Pourtant le jour à la belle Jane arrive dans son lycée, elle est éblouie par cette jeune fille si élégante, par cette famille si raffinée, si discrète, ses enfants si bien éduqués.
Quand on vient d’une famille exubérante, chaleureuse, protectrice, avec des femmes « mères juives » qui en imposent par leur franc parler, leur cuisine du soleil, leur amour débordant et presque encombrant, un peu de classicisme serait le bienvenu. Aussi, représentante de la bourgeoisie de province par excellence, la famille Duchesnais a tout pour éblouir la jeune Charlotte. Jane – ne pas confondre avec Jeanne, c’est moins chic ! –  à qui tout semble réussir, un frère comme Charlotte en rêve, des parents si conformes aux standards qu’elle voudrait retrouver dans sa famille, un rêve devenu réalité ?

Le difficile apprentissage de l’adolescence où l’on se cherche, où l’on a parfois honte de ce que l’on est ou des siens, ébloui par les lumières et les apparences parfois trompeuses. Car que sont une éducation rigide et bienpensante, mais peut-être moins sincère, moins affectueuses, face à la chaleur et à l’exubérance de celles qui savent donner tout leur amour. Que sont les faux-semblants, les masques de bonne éducation…

De Maëlle Guillaud, j’avais beaucoup aimé Lucie ou la vocation. Je la retrouve avec un grand plaisir dans ce roman très actuel d’une jeune femme qui se cherche, qui se perd parfois, mais qui se pose de vraies questions sur son identité, sa famille, son milieu de vie. Intéressant plaidoyer pour la famille, celle que l’on se choisit ou celle que l’on a, sur les amitiés adolescentes, les vérités et les apparences, le savoir être et ce que l’on montre.

Une belle écriture, une justesse d’analyse de cette jeunesse en mal de repère, des sentiments propre à cette période de la vie si compliquée qu’est l’adolescence. Une famille très française  est un beau roman à mettre entre toutes les mains des ados et de leurs parents. Maëlle Guillaud poursuit son chemin d’écrivain pour le plus grand bonheur de ses lecteurs, et c’est tant mieux !

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Héloïse d’Ormesson

Charlotte a toujours été fière de ses parents, mais lorsqu’elle rencontre ceux de Jane, leur élégance et leur réussite l’éblouissent. La silhouette élancée et la blondeur vaporeuse de sa meilleure amie tranchent à côté de ses rondeurs généreuses et de ses boucles brunes. Peu à peu, Charlotte se met à avoir honte de l’exubérance de sa mère, de l’humour de son père, de ses origines… Et si le raffinement des Duchesnais n’était qu’un trompe-l’œil, et cette famille moins parfaite qu’elle n’y paraît ?
Avec justesse et subtilité, Maëlle Guillaud soulève l’épineuse question de l’identité à travers les yeux d’une adolescente face à ses contradictions. Une famille très française est un roman d’apprentissage qui loue la richesse d’être soi, tout simplement, avec son histoire et ses singularités.

208 pages | 17€ / Paru le 12 avril 2018 / ISBN : 978-2-35087-448-7 / Photo de couverture © Colin Hutton/Millennium Images, UK

Seuls les enfants savent aimer, Cali

Seuls les enfants savent aimer, le premier roman de Cali est un retour vers l’enfance, vers un souvenir prégnant qui a marqué sa vie à jamais, le décès de sa mère.

Domi_C_lire_seuls-les-enfants-savent_aimer_caliAlors qu’il a 6 ans, le jeune Bruno voit sa vie basculer avec la mort de sa mère, une jeune femme de trente-trois ans. Bien sûr, il y avait des semaines qu’elle luttait contre la maladie, qu’elle était partie à l’hôpital, mais elle était revenue à la maison.
« Tu es revenue. Pour partir à jamais. »

Une plaie ouverte qui ne se refermera pas. Il n’a pas été autorisé à accompagner à son enterrement celle qu’il aime par-dessus tout, qui compte tant pour lui, trop jeune, trop fragile. C’est dans une pièce obscure de la maison qu’il va deviner, inventer, la mise en terre, les adieux, pourtant passage quasi obligé pour la plupart des vivants pour arriver à faire son deuil de celui qui part. Un amour filial dont personne dans la famille n’a su prendre la mesure.

Des années après, celui qui s’appelle pour nous tous Cali, va enfin écrire, avec les mots du petit garçon de cette époque, la perte, le chagrin, les évènements qui ont bouleversé son horizon, pendant les mois qui vont suivre le deuil.

Un père qui meurt peu à peu de l’absence et sera plus souvent au café qu’à la maison, une grande sœur qui tente tant bien que mal de pallier au manque en faisant les tâches ménagères de cette mère disparue, la famille qui ne trouve rien de mieux que de détruire toute trace de celle qui est décédée, en brulant tout, scène marquante du roman j’avoue. Puis il y a l’école, Carole, celle qui focalise tous les sentiments de Bruno, son amour sans retour, Alec, le meilleur ami, celui des secrets, des bêtises, des câlins aussi, enfin le départ en colonie, comme une punition suprême, un éloignement de plus du lieu où repose sa mère.

Des souvenirs forts pour l’enfant qui sont tantôt écrits avec le langage du petit garçon, tantôt avec celui du poète, mais qui du coup tiennent également le lecteur à distance de la douleur. Mais sans doute est-ce voulu, pour tenir l’adulte qu’il est devenu également à distance de cette douleur si prégnante et destructrice ? Alors comment dire, il m’a manqué un petit quelque chose pour être emballée, même si j’ai été touchée par ce premier roman d’un homme qui sait jouer avec les mots, y compris pour exprimer le chagrin et la perte, l’incompréhension et la manque.

Mes poings fous tambourinent à la porte de l’église.
Celle de la mort, des enterrements.
« Il est où, Dieu ? »
…. Je dois lui parler seul à seul. Et comprendre
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Lire également les chroniques de Nath Le boudoir de Nath, de HCh Dahlem Ma collection de livres,  et de Joëlle Les livres de Joëlle


Catalogue éditeur : le Cherche Midi

Seuls les enfants savent aimer.
Seuls les enfants aperçoivent l’amour au loin, qui arrive de toute sa lenteur, de toute sa douceur, pour venir nous consumer.
Seuls les enfants embrassent le désespoir vertigineux de la solitude quand l’amour s’en va.
Seuls les enfants meurent d’amour.
Seuls les enfants jouent leur cœur à chaque instant, à chaque souffle.
À chaque seconde le cœur d’un enfant explose.
Tu me manques à crever, maman.
Jusqu’à quand vas-tu mourir ?

Date de parution : 18/01/2018 / EAN : 9782749156385 / Nombre de page : 188

La vie secrète d’Elena Faber, Jillian Cantor

Vous aimez l’Histoire, vous aimez apprendre tout en rêvant de vies singulières, vous aimez lire de belles histoires ? Alors vous allez dévorer La vie secrète d’Elena Faber, le roman de Jillian Cantor.

Domi_C_lire_la_vie_secrete_d_elena_faber_jilian_cantor_preludesIl est des romans qui paraissent de prime abord légers, fait pour passer un bon moment de lecture, mais qui vous emportent bien au-delà, mêlant le petite et la grande Histoire avec justesse et beaucoup d’émotion. La vie secrète d’Elena Faber est de ceux-là. Jillian Cantor prend prétexte d’une vieille lettre pour nous entrainer à la suite de ses protagonistes de la Californie de 1989 à l’Autriche de 1938.

Dans un petit village d’Autriche, Kristoff est apprenti chez Frederick Faber, un graveur de timbres reconnu par ses pairs. Pour cet orphelin tout juste arrivé de Vienne, les Faber sont une véritable famille, les parents, mais aussi les filles, l’espiègle Miriam et la belle et intrépide Elena, dont il est secrètement amoureux. Mais en 1938, la nuit de Cristal étend son manteau d’horreur sur l’Autriche annexée par l’Allemagne d’Hitler, les nazis envahissent le pays et les juifs sont persécutés, déportés, assassinés. Plus de bougies ni de shabbat, plus de paix pour les Faber ni pour les juifs du petit village de Grostburg. Aussi, lorsque le père, puis la mère, disparaissent, Elena et Kristoff entrent à leur façon en résistance.

A Los Angeles, le père de Katie Nelson est atteint de la maladie d’Alzheimer. Toute sa vie il a collectionné les timbres, et demandé à sa fille de prendre soin de cette collection le jour où il disparaitra. Comme elle sent que le fil de la mémoire paternelle va en s’amenuisant, et qu’elle ne veut pas risquer de passer à côté d’un trésor, Kate décide de faire examiner cette collection de timbres à Benjamin, un philatéliste. Il fait une découverte étrange, un timbre autrichien qui ressemble étrangement à ces timbres créés par des résistants pour faire passer des messages sous les yeux des nazis. Benjamin et Katie mènent l’enquête, qui les entraine des USA à l’Allemagne de l’Est au moment symbolique de la chute du mur de Berlin, puis en Autriche ou au Pays de Galles, à la recherche de cet inconnu qui a écrit ce courrier jamais parvenu à son destinataire, Elena Faber.

Prétexte à nous faire découvrir des pans de l’Histoire de l’Autriche, de cette nuit de Cristal, de ces hommes et de ces femmes entrés en résistance avec les moyens qu’ils avaient à leur disposition, faisant fi de leur liberté pour tenter de sauver les autres, même un seul, au péril de leur vie.

J’ai aimé l’alternance des récits, entre les amours de Kristoff et d’Elena et le chagrin et la renaissance possible de Kathie. Mais aussi de mieux comprendre ces familles qui ont eu ces parcours de vie, émigrés d’Europe pendant la seconde guerre mondiale et qui n’ont jamais raconté à leurs enfants ce passé beaucoup trop lourd pour en parler. Le tout porté par une belle intrigue, où les coïncidences jouent leur rôle à la perfection, où les personnages s’apprivoisent et se fuient juste comme il faut, où le lecteur se laisse embarquer pour son plus grand bonheur.

💙💙💙💙

Sur cette époque si sombre de notre histoire, lire aussi mes avis sur L’ordre du jour d’Éric Vuillard, Avant que les ombres s’effacent, de Louis-Philippe Dalembert.


Catalogue éditeur : Préludes

Autriche, 1938. Kristoff, jeune orphelin viennois, est apprenti chez Frederick Faber, un maître graveur, créateur de timbres, lorsqu’éclate la nuit de cristal. Après la disparition de son professeur, Kristoff commence à travailler pour la résistance autrichienne avec la belle et intransigeante Elena, la fille de Frederick dont il est tombé amoureux. Mais tous deux sont bientôt pris dans le chaos de la guerre. Parviendront-ils à échapper au pire ?
Los Angeles, 1989. Katie Nelson découvre dans la maison familiale une riche collection de timbre appartenant à son père. Parmi ceux-ci, une mystérieuse lettre scellée datant de la Seconde Guerre mondiale et ornée d’un élégant timbre attire son attention. Troublée, Katie décide de mener l’enquête, aidée de Benjamin, un expert un peu rêveur… Lire la suite…
Parution : 04/04/2018 / Format :200 x 130 mm / Nombre de pages : 384 / EAN : 9782253107910  / Prix : 15.90 €

Juliette de Saint-Tropez, Valentin Spitz

Suivre Nicole, puis « Juliette de Saint-Tropez »  dans le roman de Valentin Spitz, et tomber amoureux de cette femme solaire et libre qui trace son chemin des années 30 à aujourd’hui.

Domi_C_Lire_juliette_de_saint_tropez_valentin_spitz.jpgElle, c’est Nicole, ou Juliette, tout dépend quand vous ferez sa connaissance. Lui, c’est Lucas, son petit-fils… et cette histoire, c’est la leur, la sienne. C’est en tout cas celle que nous raconte Valentin Spitz dans son roman « Juliette de Saint-Tropez ».

Née dans les années 20, la jeune Nicole perd son père pendant la guerre, d’une banale crise cardiaque qui laissera sa mère comme exsangue du seul amour qui coule dans ses veines. Désespérée, terrée dans l’obscurité de son amour perdu, Isabelle oublie sa fille Nicole, ne vivant que dans l’attente de la mort qui lui permettra de rejoindre Henri. Ce père mort trop jeune deviendra pour Nicole le seul parfait, aimant, brillant, éclipsant par sa mort l’image de tous les hommes qu’elle va rencontrer, les autres, les tellement fades.

Partie jeune du foyer maternel, elle épouse le beau George. Mais les absences, la violence, les infidélités de George sont trop difficiles à supporter. Et l’espoir et les mauvaises combines, cela ne nourrit pas ses trois enfants. Alors même si cela ne se fait pas, et malgré l’avis de George, d’abord en cachette, puis ouvertement, Nicole trouve du travail, puis divorce de cet homme violent. Quelques années plus tard, elle épouse Jacques, son patron. Il sera le père de ses deux derniers enfants.

C’est donc Lucas, le petit-fils devenu écrivain, qui décide un jour de faire parler sa grand-mère pour écrire sa vie. Car dans cette famille si atypique, seule la belle et solaire Juliette compte, les hommes ont quasiment disparu, ni George ni Jacques ne semblent avoir d’existence, pas même le père de Lucas, comme si les filles perpétuaient elles aussi on ne sait quelle tradition matriarcale.

Juliette de Saint-Tropez , c’est avant tout l’histoire d’une femme qui a su faire fi des convenances, des conventions, qui a su, malgré l’époque où elle a vécu, devenir cette femme libre, incomprise et tellement révolutionnaire dans ses élans de vie et de cœur qui l’ont façonnée, à une époque où les femmes mariées restaient mariées et au foyer, malgré les coups et les tromperies du mari. Car les maris pouvaient bien être volages, mais une femme divorcée était forcément une catin, coureuse d’hommes, mauvaise mère.

Juliette que l’on retrouve dans les années 60, cinq enfants et deux maris plus tard, flamboyante sur le port de Saint-Tropez ou dirigeant son entreprise de main de maitre. Cette histoire est passionnante, intrigante, étonnante, car elle est le reflet d’une éducation, d’une époque, d’une soif de liberté à laquelle aspiraient de nombreuses femmes, mais pour lesquelles bien peu ont su, ou pu tout donner pour y parvenir.

Alors je n’ai qu’une envie, c’est de vous dire de lire ce roman, étonnant jusqu’au bout, qui perturbe un peu tant il est le reflet de ce que nos mères ou nous-même peut-être avons vécu ou au contraire pas osé vivre. Et puis ce doute lancinant, tout au long des pages, sur Juliette-Nicole, qui est-elle ? On aimerait tant l’avoir rencontrée…

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Et s’il faut parler des familles ou des mères atypiques, qui forgent des vies à contrecourant, lire aussi Toutes les familles heureuses, ou Fugitive parce que reine.


Catalogue éditeur : Stock

Orpheline de père, délaissée par sa mère, Nicole est une petite fille vive et solitaire. En devenant femme, elle découvre son pouvoir sur les hommes. Sa beauté et son tempérament font tourner les têtes. Mais son mari, Georges, se révèle vite irascible, alcoolique, violent. Nicole doit fuir. Jacques, un riche entrepreneur, lui tend les bras. Il veut l’aider et la protéger – elle commet l’erreur de le croire.
Un jour, à bout, elle plaque tout. Direction le Sud, Saint-Tropez. C’est la métamorphose. Nicole se rêve en Brigitte Bardot… Lire la suite

Collection : Littérature Française / 612 pages / Format : 136 x 215 mm / EAN : 9782234085961 / Prix : 19.90 € / Parution : 9 mai 2018

L’auteur : Valentin Spitz

Valentin Spitz est écrivain et psychanalyste. Il est l’auteur d’un roman, Et pour toujours ce sera l’été (JC Lattès, 2016), et de deux biographies politiques…

Namasté – Les larmes de la sorcière Asuri, Eddy Simon & Aurélie Guarino

Une superbe couverture, à la fois dynamique et effrayante, donne le la à « Namasté – Les larmes de la sorcière Asuri », une nouvelle aventure de Mina et sa famille aux éditions Sarbacane.

Domi_C_Lire_namaste_les_larmes_de_la_sorciere.jpgMina est en Inde avec sa famille. Ils rencontrent un Maharadja qui les invite à passer quelques jours dans son palais.
Comme il n’y est pas revenu depuis le décès de sa maharani, quelques années plus tôt, ce palais sent la poussière. Souricette,  qui n’a jamais peur de se faire la belle, s’y promène sans vergogne. Lorsque Mina part à sa recherche, elle visite les belles salles aux riches décors, mais elle prend peur lorsqu’elle voir une ombre, celle d’une vieille femme qui a tout d’une sorcière menaçante.
Alors que toute le famille décide de partir pour se baigner à la cascade toute proche du palais, Mina et Pintu, un autochtone un peu trouillard, rencontrent un jeune homme, et vont le suivre jusqu’au mausolée du terrifiant Yama, qui n’est autre que le Dieu de la mort…
Accompagnée par Pintu et Souricette Mina, toujours aussi courageuse, va mener l’enquête.

Dans des décors prétextes à nous faire appréhender toute la richesse et les couleurs joyeuses et colorées de l’Inde magique et millénaire, les enfants mènent l’enquête. Ils vont explorer les diverses croyances en partant à la recherche de cette sorcière contrariée et très mystérieuse.

Le trait d’Aurélie Guarino est adapté à son public, à la fois enfantin et énergique, réaliste et vif. Les couleurs donnent du dynamisme et le côté concret à cette aventure bercée d’un peu de magie et de beaucoup de rêve.

Voilà un tome 3 qui se lit indépendamment des autres, mais j’imagine que c’est mieux si l’on suit les aventures de Mina avec la série.

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Catalogue éditeur : Sarbacane

Après un périple mouvemente, Mina a retrouvé ses parents !
Pour fêter l’évènement, le Maharadja les invite à séjourner dans sa villégiature d’été, face à la plus belle et plus sacrée des montagnes : l’Himalaya.
L’immense demeure victorienne a des allures fantomatiques, et très vite, Mina se sent observée. Au détour d’un couloir, elle aperçoit une vieille femme lugubre qui lui lance une incantation avant de disparaitre !
Qui est-elle ? Un fantôme, une sorcière ? Et que veut-elle ?
Avec Mina l’intrépide, l’aventure n’est jamais loin, et très vite, elle décide de percer le mystère de la sorcière. Flanquée de son fidèle ami Pintu, le pèlerin têtu, Mina poursuit ses aventures sur les flancs de l’Himalaya jusqu’au cœur d’un temple maudit.

Collection : BD Jeunesse / Âge : Dès 8 ans / Nombre de pages : 48 pages / Parution : 7 février 2018 / Format : 21 x 28,5 cm / ISBN : 9782377310630 / Prix : 12,50 €