Petite maman, Halim

Bouleversant, émouvant, Petite maman, de Halim est un roman graphique qui reste longtemps en mémoire, sur le difficile sujet des maltraitances intrafamiliales.

Domi_C_Lire_petite_maman_dargaudElle, c’est Brenda. Lorsqu’elle vient voir le psychologue, elle arrive avec sa poupée, son bébé, car si Brenda ressemble à une toute jeune fille, elle a en fait 29 ans, et son histoire est absolument terrible.

Stéphanie, la maman de Brenda, a un problème, un sérieux problème même ! Lequel ? Brenda ! Cette enfant dont elle n’a pas voulu, qu’elle a eu alors qu’elle avait à peine 15 ans et qu’elle n’était qu’une enfant. Abandonnée par le père qui a vite fait de fuir ses responsabilités, Stéphanie est aidé par sa mère. Mais la grand-mère de Brenda fait ce qu’elle peut, elle a souvent recours aux aides sociales. Cette maman-là est totalement dépassée, elle ne supporte pas son enfant qui pleure sans qu’elle sache pourquoi, la brutalise parfois, souvent même, mais Brenda, est emplie d’amour pour sa mère, prenant même soin d’elle comme le ferait une Petite maman, elle cache sa vraie vie à ceux qui posent trop de questions, l’école, le médecin. Elle dessine des cœurs sur ses poupées pour pouvoir leur parler, ce sont ses seuls soutiens.

Aussi lorsque l’amour se présente avec la rencontre de Vincent, tout s’annonce sous les meilleurs hospices pour Stéphanie. Avec un compagnon pour l’aider tout devrait aller mieux. Mais non, Vincent est un mari violent, en galère de travail, un futur bébé arrive vite dans la famille recomposée et c’est Brenda qui subit les accès de colère, les frustrations, les insultes, les humiliations, les coups, les privations de nourriture, de liberté, jour après jour, sans rien dire.

Jusqu’au jour où…

Quel livre, quelle histoire, terrible est le mot qui me vient. Il y a tellement de douleur, de chagrin face à cette fillette qui en symbolise beaucoup d’autres, pour lesquelles l’enfance n’est que violence et abandon, et tellement d’incompréhension face à l’incurie de l’administration et des services sociaux qui semblent totalement impuissants.

Alors que faire, quand on est une enfant battue, et que soi-même l’on devient mère ? Sur qui peut-on prendre exemple pour donner l’amour que l’on n’a jamais reçu… Petite maman nous donne une leçon d’humanité, nous pousse à ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure, pour en voir le meilleur, mais aussi pour être le témoin attentif du malheur des autres. Le graphisme tout en noir et blanc donne à la fois de la profondeur et augmente la douleur ressentie à la lecture, les traits sont parfois hachés, violents, brouillons, pour atténuer la force de ce qui est dit…

Ce roman graphique me fait penser au roman La maladroite d’Alexandre Seurat.

💙💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Dargaud

Lorsque Brenda vient au monde, sa mère, Stéphanie, a 15 ans, et son père s’est déjà éclipsé. Négligée, Brenda grandit pourtant vite et apprend à se débrouiller seule. Malgré les brimades et les punitions injustes dont elle est victime, elle souhaite voir sa mère heureuse et s’occupe d’elle du mieux qu’elle le peut, à tel point que les rôles s’en trouvent inversés, Brenda devenant la « petite maman » de sa mère.

Dessinateur : Halim / Scénariste : Halim / Coloriste : Halim

Pagination : 192 pages / Format : 177×248 / EAN 9782505067108/ Public Ado-adulte – à partir de 12 ans

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