Dernier train pour Canfranc. Rosario Raro

Parce que les Justes ne sont pas toujours des hommes Extraordinaires mais sont des héros capables de risquer leur vie sans limite pour sauver leur prochain, « Dernier train pour Canfranc »  de Rosario Raro rend un bel hommage à Albert Le Lay, chef de gare à Canfranc pendant les années sombres de la seconde guerre mondiale.

Domi_C_Lire_dernier_train_pour_canfrancEspagne, en Aragon, dans la province de Huesca, la gare internationale de Canfranc est perchée dans les Pyrénées, à la frontière avec la France. L’armée allemande est installée là depuis l’hiver 42, comme dans toute la France occupée, militaires et agents de la Gestapo  surveillent cette frontière, porte ouverte vers l’Amérique du Sud via l’Espagne et le Portugal. Car il ne faut pas oublier que par là vont transiter bien des denrées destinées à l’Europe en guerre, mais aussi l’or des nazis et les vivres fournies par l’Espagne de franco.

Laurent Juste, le chef de gare, ayant pourtant femme et enfants, participe activement au sauvetage des juifs qui arrivent dans sa gare. C’est l’un des membres d’une équipe de résistants peu ordinaire. Composée de Jana, femme de chambre à l’hôtel International, de Valentina, une jeune fille du village, apprentie de Jana, d’un musicien boulanger, et d’Estève, le beau vagabond qui court la montagne, ils œuvrent ensemble sans pour autant en savoir trop les uns sur les autres.

Chacun travaille et fait la part qui lui a été confiée, les ordres viennent de Pau ou d’ailleurs, mais chaque vie sauvée est un pas vers un monde meilleur. Là, ils doivent vivre, travailler, agir, sous les yeux des soldat allemands, de la Gestapo, et du gouverneur Casanorbe, cynique et ambivalent personnage. Jusqu’au jour où la jeune Valentina disparait…

Tout au long du roman, les relations entre les personnages vont se nouer, s’intensifier, mais sont surtout prétexte pour l’auteur à nous montrer tout ce que ce groupe a réalisé pour sauver les exilés, les juifs et tous ceux qui tentaient de passer par Canfranc pour fuir les camps et la mort.

Nous voyons passer des milliers de juifs et de migrants, anonymes ou célèbres. Joséphine Baker ou Marx Ernst, Marc Chagall et tant d’autres ont survécu à cette guerre grâce à l’action des hommes et des femmes de Canfranc.

Alors bien sûr, il y a cette intrigue romanesque entre les différents protagonistes, un peu fleur-bleue, parfois mièvre ou trop évidente, qui pourrait gâcher le plaisir de la lecture. Mais la narration historique est bien là. Et d‘ailleurs, je ne pouvais pas repartir de mes vacances pyrénéennes sans passer par le col du Somport et Canfranc, revoir cette zone de passage et de vie, pour ressentir au plus près cette émouvante vision de cette gare Internationale, ce terrain à la fois hostile et salvateur, qui a connu le pire comme le meilleur.

 

Sur la même période dans la même région, sur ce hommes qui sont capable de sauver leur prochain sans penser à leur propre vie, lire également le roman de Salim Bachi Le consul.

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Catalogue éditeur : Kero

Traduit de l’espagnol par Carole Condesalazar

Mars 1943. Accroupis dans une pièce secrète de la gare, les clandestins retiennent leur souffle en attendant que le bruit des bottes des soldats allemands s’éloigne. Au-dessus d’eux flotte le drapeau orné de la croix gammée. Au plus profond de cette époque sombre, Laurent Juste, le chef de gare breton, son amie Jana et le contrebandier Esteve Durandarte risquent tous les jours leur vie pour sauver des innocents, en leur faisant franchir la frontière franco-espagnole sur laquelle se dresse la gare mythique de Canfranc…

Domi_C_Lire_gare_canfranc_4Basé sur l’histoire vraie d’Albert Le Lay qui, en véritable Oskar Schindler français, a permis à des centaines de réfugiés d’atteindre la liberté, le premier roman de Rosario Raro nous plonge au cœur de ces années noires où l’humanité et la compassion semblaient une denrée si rare.

Rosario Raro est docteur en philologie et dirige des cours d’écriture créative à l’Université Jaume I de Castellón. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages qui ont été récompensés par de nombreux prix littéraires nationaux et internationaux. Dernier Train pour Canfranc est son premier livre à paraître en France.

Parution : 27 septembre 2017 / 400 pages / Format : 140 x 225 / 20.90€ / ISBN : 9782366

37, étoiles filantes. Jérôme Attal

Dans  son dernier roman « 37, étoiles filantes » Jérôme Attal nous entraine dans le Paris de Giacometti et de Jean-Paul Sartre, à la grande époque du Montparnasse des artistes et des écrivains

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Nous sommes à Paris en 1937, dans le Montparnasse de ces années d’après-guerre où la ville se reconstruit, où les fortifs des apaches et les quartiers insalubres disparaissent, au moment où l’horizon s’assombrit du côté de l’Allemagne avec la montée d’Hitler au pouvoir.

Une américaine perd subitement le contrôle de sa belle américaine et blesse le sculpteur Alberto Giacometti, qui avait justement décidé de dire à Isabelle qu’il la quittait. Le hasard faisant parfois bien les choses, il est transporté à l’hôpital. Ravi de cet intermède impromptu, il se régale entouré d’infirmières toutes séduites par ce bel italien au visage de pâtre bouclé.
Mais quand son amie Isabelle vient lui dire, petite vengeance de femme un peu trop délaissée, que Jean-Paul a déclaré Il lui est ENFIN arrivé quelque chose, son sang ne fait qu’un tour. Il n’a plus qu’une idée en tête, casser la figure à Jean-Paul (Sartre…), lui arranger le portrait et se venger de ces mots qui font si mal. Car en 37, ces deux hommes aujourd’hui reconnus de tous, sont en pleine ascension et doivent encore faire leurs preuves, aussi colporter de tels ragots peut les couper dans leur élan vers la gloire, il ne faut donc rien laisser passer.

Voilà donc le départ de cette intrigue qui nous entraine dans le Montparnasse des artistes, aux côtés d’Olga,  de Sartre et de Beauvoir, d’Anaïs (Ninn) ou encore d’Antonin Artaud et ses dérives vers la folie, de Pablo (Picasso) et de ses amours plurielles, de Giacometti et de son frère. Dans un Paris comme on les aime, évoluent des artistes qui nous émeuvent, nous étonnent, nous inspirent encore aujourd’hui. Mais c’est aussi le Paris qui commence non seulement à accueillir les migrants venus de l’Est, mais à les voir partir aussi, car l’ombre d’Hitler plane déjà sur l’Allemagne.

Ce que j’aime dans le roman ? Jérôme Attal nous entraine à la suite de ces artistes un peu maudits et les fait revivre pour nous. Et nous assistons, simple lecteurs, à ces rencontres. Le réalisme et l’humour mordant que l’on retrouve dans son écriture donnent vie à ses personnages, les rendent humains et terriblement proches de nous dans leur génie et leur vie de misère, leurs sentiments et leurs échecs, leurs espoirs et leur réussite.

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A propos de Giacometti :
Alberto Giacometti né en Suisse en 1901, est sculpteur et peintre. Il arrive à Paris en 1922, là il intégrera d’ailleurs le mouvement surréaliste, mais le quittera rapidement.  A la fin des années 30 et dans les années 40, Alberto réalise des petites sculptures fragiles mais déterminées – comme toute son œuvre d’ailleurs-  et pourtant elles semblent un peu ridicules aux yeux des néophytes du fait de leur taille. Ces sculptures de plus en plus petites ont d’ailleurs pu faire à peine 1 à 2 cm. Mais il le sait, l’inspiration, la vraie, va venir et alors… Plus tard ce sera l’homme qui marche, droit, haut, immuable, intemporel, immortel. Il meurt en 1966.

La Fondation Giacometti à Paris. L’Institut Giacometti se situe au 5, rue Victor Schœlcher dans le 14e arrondissement, quartier de Montparnasse où Giacometti a vécu et travaillé pendant toute sa carrière.  II est installé dans l’ancien atelier de l’artiste-décorateur Paul Follot, un hôtel particulier classé de style Art Déco.  L’institut est ouvert sur réservation par créneau horaire.

Si comme moi vous appréciez cette époque et les artistes qui ont fait Montparnasse,  je vous conseille de lire ces quelques romans que j’ai particulièrement aimé :
Vous pouvez retrouver Rober Desnos dans Légende d’un dormeur éveillé, le magnifique roman de Gaëlle Nohant (Héloïse d’Ormesson), un de mes grands coups de cœur de 2017. Mais aussi Erik Satie dans Les parapluie d’Erik Satie de Stéphanie Kalfon ou dans Les pêcheurs d’étoiles de Jean-Paul Delfino (Le Passage).

Vous pouvez également retrouver Gabriële, la compagne de Francis Picabia, dans le roman éponyme  Gabriële, magnifiquement écrit par Claire et Anne Berest (Stock).

Mais, et vous, vous avez certainement d’autres titres à me conseiller ?


Catalogue éditeur : Editions Robert-Laffont

Sous le ciel étoilé de Paris, un jour de 1937, Alberto Giacometti n’a qu’une idée en tête : casser la gueule à Jean-Paul Sartre ! C’est cette histoire, son origine et sa trépidante conclusion, qui sont ici racontées.
« Grognant dans son patois haut en couleur des montagnes, Alberto a déjà fait volte-face. Il est à nouveau en position sur le trottoir. Scrutant les confins de la rue Delambre. Pas du côté Raspail par lequel il vient d’arriver, mais dans l’autre sens, en direction de la station de… Lire la suite

Date de parution : 16/08/2018 / EAN : 9782221221303

Que faire dans les Pyrénées ?

Si les Pyrénées sont atlantiques, elles sont aussi montagnardes et pleines de surprises y compris littéraires !

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Ce n’est pas souvent que je chronique autre chose qu’un roman ou la dernière exposition que j’ai apprécié. Mais l’occasion était trop belle.
Dans les Pyrénées, à l’occasion d’un déjeuner dans la très bucolique et montagnarde auberge gîte du Chemin de Perchades, à Billère en Ossau (64) à 35 km au sud de Pau, à 650 m d’altitude, l’amoureuse des livres que je suis a eu une bien agréable surprise.

En effet, tous les dimanches et jours fériés, Odile et Jean-Louis, qui fêtent cette année les 10 ans de leur auberge, ont mis en place un tirage au sort pour faire gagner deux livres à leurs clients. Il s’agit de livres qu’ils ont particulièrement aimé et qu’ils achètent pour les offrir : Le voyant de Jérôme Garcin et de Sœurs de miséricorde de Colombe Schneck.

Pendant le repas, un coupon est distribué à chaque convive, puis le tirage au sort est effectué par un client, et Odile présente puis offre les deux romans.

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Et pour tous ceux qui n’aiment pas lire, mais aiment bien manger, vous pouvez profiter d’un menu maison réalisé avec un maximum de produits locaux qui vous régale les papilles, d’un accueil sympathique et le soir d’animations et de concerts divers, c’est le programme Agit’ les Frontières.

Où ? chez Odile et Jean-Louis Quartier Arroust 64260 Bilhères en Ossau

Comment les contacter ? http://www.gite-ossau.com/

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