Les rêveurs, Isabelle Carré

On connait l’actrice Isabelle Carré, sans la reconnaitre comme elle aime à le dire, on connait moins l’auteur qui se dévoile dans « Les rêveurs » son premier roman intimiste.

Isabelle Carré parle de sa vie, sa famille, son enfance, sa carrière, dans un texte à son image, discret et délicat, sobre et émouvant. Elle dévoile sobrement et avec pudeur une enfance et une adolescence auprès de parents bien peu conventionnels, dans une famille totalement atypique.

Ce sont les années 70, des années où tout parait possible. La mère d’isabelle était fille-mère lorsqu’elle rencontre son mari, puis viendra Isabelle et un troisième enfant. Isabelle n’est pas vraiment une enfant désirée, pas non plus aimée par cette mère qui sombre dans une forme de folie et ne donne pas, ou si peu, de marques de tendresse, pas d’effusion ni démonstration de quelconques sentiments envers ses enfants. Son père a réussi sa vie professionnelle, créateur d’une agence de design florissante dans ces années 80-90. Pourtant il quitte le foyer le jour où sa femme n’accepte plus son homosexualité.

Ce seront aussi la chute et la fin d’un rêve de ballets, les séjours en hôpital psychiatrique, le départ de la maison à 15 ans, puis l’éveil au théâtre, une véritable passion.

L’écriture est étonnante et ne respecte aucune chronologie. Les chapitres alternent des moments de vie, des sentiments, il y a une certaine bienveillance et de la douceur malgré une violence dans les relations avec les parents. Ils montrent une jeune femme en apparence fragile qui se construit et devient la douce et belle actrice que l’on imagine. Au fil des pages s’égrènent pêle-mêle des souvenirs qui construisent une personnalité, qui font le socle d’une vie. Et l’on y retrouve Keith Jarreth et le mythique Koln concert ou The Wall des Pink Floyd que tous les ados, moi y compris, écoutaient en boucle, mais aussi les parfums de l’enfance et du temps qui passe.

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche, Grasset

« On devrait trouver des moyens pour empêcher qu’un parfum s’épuise, demander un engagement au vendeur – certifiez-moi qu’il sera sur les rayons pour cinquante ou soixante ans, sinon retirez-le tout de suite. Faites-le pour moi et pour tous ceux qui, grâce à un flacon acheté dans un grand magasin, retrouvent l’odeur de leur mère, d’une maison, d’une époque bénie de leur vie, d’un premier amour ou, plus précieuse encore, quasi inaccessible, l’odeur de leur enfance… »

Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées du moment, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même. Une rare grâce d’écriture.

Comédienne de théâtre et de cinéma, Isabelle Carré poursuit depuis 1987 une carrière d’anti-star discrète au talent toujours plus reconnu. Les rêveurs est son premier roman.

288 pages / Date de parution : 30/01/2019 / EAN : 9782253906896 / 7,70€

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