Juliette Drouet, au Théâtre l’Archipel

Jeudi soir, c’était la 100ème représentation de Juliette Drouet, au Théâtre l’Archipel, une pièce magnifique, un presque seule en scène et une présence incroyable

Kareen Claire y joue, chante et dit une Juliette Drouet attachante, mordante, soumise et surtout amoureuse de ce géant de la littérature qu’est son Victor, qu’est notre Victor Hugo national devrais-je dire.

Celui qu’elle rencontre alors qu’elle est une jeune actrice de théâtre est déjà marié, pourtant ce sera à la fois l’amour, la passion et la soumission à toutes ses exigences pendant plus de 50 ans ; jamais il ne divorcera, jamais il ne sera non plus fidèle à sa maitresse (à sa femme n’en parlons pas !) et pourtant sa muse restera à ses côtés jusqu’au bout.

Elle lui a écrit 22000 lettres tout au long de sa vie, il lui en écrira quelques-unes en retour.  Mais si les lettres de Juliette sont riches d’anecdotes sur leurs vies, ou sur la situation politique et sociale du pays, il ne lui adresse que quelques mots. Forts de leur histoire, Kareen Claire, Cyril Duflot-Verez et Thierry Sforza ont écrit un texte qui fascine par sa présence, son humanité, son humour parfois, et son analyse des protagonistes et de leurs vies.

Le Maître est présent pendant le spectacle grâce à une voix off qui habite littéralement l’espace, on sent comme un lien entre cette voix et Juliette sur scène. Sont également présents la presse, les artistes de l’époque, l’opinion du peuple, à travers ce qui est dit de l’actualité dans les textes et chansons. Et n’oublions l’humour et la gouaille indémodables des textes de ces chansons justement, qui sonnent un brin plus léger à côté de quelques évocations parfois bien douloureuses. Le rythme est soutenu, et l’on passe du rire à l’émotion, de la passion à la colère. Le décor quasi minimaliste arrive pourtant avec seulement quelques costumes et une malle aux trésors, à restituer une ambiance. Dire que j’ai aimé serait un euphémisme. J’ai vraiment apprécié ce mélange des genres qui ne nous a jamais fait perdre de vue la personnalité de Juliette, son amour passion pour Hugo, avec ses hauts et ses bas, l’exil à Guernesey, le retour à Paris puis rue Victor Hugo. La muse inspiratrice des misérables est joliment ramenée à la vie par Kareen Claire, alors n’hésitez pas à la découvrir.

Où : Théâtre L’Archipel, Bd de Strasbourg, Paris 10.
Distribution : Kareen Claire, Thierry Sforza, mise en scène Bernard Schmitt
Direction musicale Cyril Duflot-Verez
Spectacle musical (1h15) à voir jusqu’au 28 décembre 2019

Juliette écrira plus de 22000 lettres à son géant Victor Hugo, inspirant sa plume, sauvant sa vie et ses manuscrits. Ensemble, leurs voix se mesureront à la tempête de l’amour et à l’ouragan de la haine, aux souffles les plus terribles et les plus exaltants de notre mémoire. Pour sublimer leur passion, ils sauront toujours retrouver leurs chants, leurs accents les plus cristallins.

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