Revenir à toi, Léonor de Recondo

Combler l’absence et retrouver la mère, un roman poétique hors du temps

Magdalena est une belle jeune femme, actrice, célèbre, aimée de son public et de ceux qui travaillent à ses côtés. Le théâtre et ses rôles comblent sa vie et lui donnent sa confiance. Pourtant on sent en elle une fragilité, une blessure intime profonde comme une plaie toujours ouverte.

Le jour où sa secrétaire Adèle lui annonce « Magda, on a retrouvé ta mère » c’est une véritable secousse sismique qui la prend et une faille s’ouvre sous ses pieds. Elle n’a qu’une obsession, traverser la France en train pour retrouver l’absente.

Car depuis son enfance, Magda attend le retour de celle qui a un jour passé la porte sans jamais revenir sur ses pas. La jeune fille quelle était alors se souvient de ses retours de l’école, quand elle allait s’asseoir sur le lit près où sa mère passait ses journées, dépressive et mutique. Ses tentatives pour essayer d’obtenir son attention, les bonnes notes, les anecdotes, les mots qu’elle lançait dans le vide sans jamais obtenir son attention. Puis le vide laissé par sa mère. Ce père qui ne savait pas expliquer, qui est parti à son tour, la laissant avec les grands-parents.

Magda s’est construite sur le manque, sur le silence. Une vie bien remplie, brillante, et l’espoir fou que sa mère la retrouve un jour, au hasard d’une coupure de presse, d’une allusion sur sa carrière. C’est enfin arrivé et aujourd’hui c’est elle qui part pour tenter de remplir ce manque.

La maison éclusière où vit sa mère est une quasi ruine, et la femme devant elle a tout d’une clocharde échappée d’un hôpital psychiatrique. Dans ce paysage à la sérénité paisible, elle va peu à peu remonter le fil de son histoire, comprendre la fuite, apprivoiser l’absente. Se déroulent alors des journées étranges, parenthèses de vie, pont entre deux âmes, où mère et fille sont des étrangères sans l’être vraiment, à àse dire que si le cœur ne peut pas parler les liens du sang le pourront sans doute.

Portée par les rôles qu’elle a joué sans fin depuis des années, ces Antigone, ces femmes fortes et solitaires qui ont forgé son caractère, Magdalena se rapproche peu à peu d’Apollonia. Mais il est difficile d’accepter le passé, le vide, l’absence. Peut-elle enfin comprendre la raison de tant d’années de douleur, soulever cette chape de silence, comprendre d’où vient le traumatisme.

J’ai aimé rencontrer cette femme dans laquelle les chagrins et la solitude de l’enfance ont laissé de profondes traces et qui malgré le silence et la tristesse, trouve une consolation dans ces étranges retrouvailles.

Le côté poétique, éthéré du texte, mais aussi cette spontanéité à la limite du crédible peuvent parfois laisser perplexe. C’est pourtant à petits pas, par ses gestes, ses caresses, ses mots, que la fille va rejoindre sa mère dans les abysses où elle s’est terrée, et tenter de réparer enfin le vide laissé par cette si longue absence. On ressent un grand chagrin face à ce gâchis incompréhensible. Pourtant il y a beaucoup de grâce, de résilience et d’espoir dans cette rencontre, dans le pourquoi à peine dévoilé de l’absence et de la fuite.

Photos de la rencontre avec Léonor de Recondo aux Correspondances de Manosque

Catalogue éditeur : Grasset

Lorsqu’elle reçoit un message lui annonçant qu’on a retrouvé sa mère, disparue trente ans plus tôt, Magdalena n’hésite pas. Elle prend la route pour le Sud-Ouest, vers la maison éclusière dont on lui a donné l’adresse, en bordure de canal.
Comédienne réputée, elle a vécu toutes ces années sans rien savoir d’Apollonia. Magdalena a incarné des personnages afin de ne pas sombrer, de survivre à l’absence. Dès lors que les retrouvailles avec sa mère approchent, elle est à nu, dépouillée, ouverte à tous les possibles.
Revenir à toi, c’est son voyage vers Apollonia. Un voyage intérieur aussi, vers son enfance, son père, ses grands-parents, ses amours. Un voyage charnel, parenthèse furtive et tendre avec un jeune homme de la région. Lentement se dévoile un secret ancien et douloureux, une omission tacitement transmise. 
Revenir à toi, c’est aussi un hommage à Antigone et aux grands mythes littéraires qui nous façonnent. Magdalena a donné vie à des personnages, elle est devenue leur porte-voix. Devant Apollonia, si lointaine et si fragile, sa voix intérieure se fait enfin entendre, inquiète mais déterminée à percer l’énigme de son existence.
En l’espace de quelques jours, dans cette maison délaissée, Magdalena suit un magnifique chemin de réconciliation avec l’autre et avec elle-même. Vie rêvée et vie vécue ne font désormais qu’une.

Parution : 18 Août 2021 / Format : 130 x 205 mm / Pages : 180 / EAN : 9782246826828 prix 18.00€ / EAN numérique: 9782246826835 prix : 12,99€

Les oubliés, John Grisham

Plonger dans les méandres de la justice avec ce thriller efficace et parfaitement maîtrisé

Cullen Post est un avocat atypique. Pasteur de l’église épiscopale, il a exercé son métier d’avocat en cabinet avant de rejoindre Les Anges Gardiens. Cette association à but non lucratif a pour mission de faire sortir de prison, et parfois même du couloir de la mort, les condamnés innocents des crimes qui leur ont été reprochés. Avant de décider de s’occuper de ceux qui les appellent au secours, une enquête poussée est menée par les membres de l’association.

Le jour où Quincy Miller les sollicite alors qu’il est déjà dans le couloir de la mort et emprisonné depuis 22 ans, Cullen Post prend l’enquête en main.

Quincy Miller à été condamné pour le meurtre violent de Russo, un jeune avocat qui exerçait dans la petite ville de Seabroke. Tout le travail des Anges Gardiens est alors de remonter les étapes de l’accusation et de la condamnation, d’en prouver les incertitudes et de mettre la lumière sur toutes les incohérences et les mensonges qui ont permis cette condamnation inique. Et l’on se rend vite compte que dans cette petite ville, comme dans bien d’autres aux Usa, la culpabilité d’un homme noir arrangeait bien les affaires d’un shérif vénal aux manières fort contestables.

Tout au long de l’enquête qui s’avère longue et délicate, Cullen Post travaille sur d’autres missions en parallèle. Ces multiples intervenants m’ont parfois un peu perdue, mais au final j’ai apprécié ce thriller à l’écriture aussi efficace que sobre. Pas de circonvolutions littéraire ou de description inutile, des faits, des actions, des résultats émaillent cette intrigue réaliste et d’autant plus passionnante que l’auteur s’est inspiré de faits réels.

Il y a longtemps que je n’avais pas lu de thriller de John Grisham. J’ai trouvé que cette version audio met en valeur son écriture dynamique, factuelle, rythmée, et sa connaissance du milieu judiciaire américain.

Catalogue éditeur : Audiolib et JC Lattès

À Seabrook, petite ville de Floride, le jeune avocat Keith Russo est tué à coups de fusil alors qu’il travaille un soir dans son bureau. L’assassin n’a laissé aucun indice. Aucun témoin, aucun mobile. Mais la police trouve bientôt un suspect, Quincy Miller, un homme noir et ancien client de Russo. Quincy est jugé et condamné à une peine de réclusion à perpétuité. Pendant vingt-deux ans, il se morfond en prison et ne cesse de clamer son innocence. Il n’a pas d’avocat, personne pour le défendre. De désespoir, il écrit une lettre aux Anges Gardiens, une fondation où travaille Cullen Post, avocat et ancien pasteur de l’Église épiscopale. Les Anges Gardiens n’acceptent que très peu d’affaires. Post sillonne le pays pour tenter de réparer les erreurs judiciaires et sauver des innocents. Le cas de Quincy Miller, toutefois, représente un défi d’une tout autre nature. Des gens puissants, violents et sans pitié ont assassiné Keith Russo, et ils ne veulent pas voir Quincy Miller disculpé. Ils ont tué un avocat il y a vingt-deux ans, ils en tueront un deuxième sans hésitation.

Traduit par Dominique Defert / Lu par Nicolas Charbonneaux

Parution : 07/07/2021 Éditeur d’origine JC Lattès Durée 11h04 EAN 9791035406288 Prix du format physique 24,90 € EAN numérique 9791035406202 Prix du format numérique 22,45 € Date de parution 07/07/2021

Les douces, Judith Da Costa Rosa

Quand les secrets de l’enfance volent en éclat, un roman sur l’amitié et l’adolescence

Zineb, Bianca, Dolorès et Hannibal sont les quatre meilleurs amis du monde depuis l’école primaire. Ils se sont juré protection et fidélité depuis l’enfance. Le jour où Hannibal disparaît sans laisser de trace, le quatuor explose et chacun part vivre de son côté, dans le doute et l’affliction. Les trois filles gagnent la capitale. A Paris, la ville de tous les possibles, elles s’évitent autant qu’elles le peuvent.

Dolorès, bien trop belle pour se contenter de son village, est partie faire des études à la grande ville.
Bianca est devenue influenceuse, le summum de la superficialité, et elle s’en délecte, sauf quand l’un de ses followers déverse sa haine à chacun de ses posts.
Zineb, mal à l’aise avec son physique, se contente avec une étrange délectation de son métier d’ouvreuse dans un obscur cinéma. Elle revisite tous les classiques du troisième art en lisant avec avidité les mails envoyés par Hannibal.
Car depuis sa disparition huit ans auparavant, Hannibal envoie des messages à ses trois douces…

Mais un jour, à l’occasion de travaux de terrassement engagés par la petite fille d’Auguste Meyer, on découvre le corps d’Hannibal enfoui dans le parc de la maison de l’artiste. Le sculpteur donnait des cours de porterie à tous les enfants du village dans sa maison. Les quatre inséparables s’étaient connus à cette occasion. Mais l’on peut se demander si les relations ambiguës qu’il entretenait avec certains enfants ne sont pas révélatrices d’une perversité jamais nommée, si elles ont entraîné à la fois des silences et différentes pathologies destructrices chez les jeunes femmes. De ce jour, le silence soigneusement posé sur les ruines de leur enfance vole en éclat.

L’enquête est menée par un policier hors normes, ancien sportif, un peu en marge.

Un roman intéressant qui se lit avec beaucoup de plaisir. Il me semble cependant que de trop nombreux thèmes y sont abordés, et du coup ils sont noyés par cette multiplicité sans être réellement traités en profondeur par l’autrice. La pédophilie, l’amitié, la superficialité du beau, de l’image et de l’apparence, les réseaux sociaux, la maladie de Lewy, la relation parents enfants, ici en particulier mère fille, l’adolescence, etc. arrivent pêle-mêle au fil de l’enquête et de l’évocation des souvenirs. Le défaut sans doute du premier roman, mais une écriture prometteuse et de qualité.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury du Prix littéraire de la Vocation 2021

Catalogue éditeur : Grasset

Ils étaient quatre, trois filles et un garçon  : Dolorès, Zineb, Bianca et Hannibal. Quatre meilleurs amis devenus comme frère et sœurs, ayant grandi ensemble, connu les joies de l’enfance et les tourments des premiers sentiments, se jurant de ne jamais se séparer. La vie s’ouvrait à eux  ; le lycée terminé, ils quitteraient leur village du Sud, découvriraient Paris. Mais le soir du bal de fin d’année, Hannibal disparaît et laisse celles qu’il appelait mes douces, seules et interdites.  
Huit ans plus tard, son corps est retrouvé, enterré dans la propriété d’Auguste Meyer, sculpteur célèbre de la région et professeur de poterie des quatre enfants qui, jusqu’à sa mort, a nourri pour Dolorès, sa beauté, une étrange fascination. L’Officier Casez est chargé d’enquêter, il convoque les trois jeunes femmes  ; l’une est devenue célèbre sur les réseaux sociaux, l’autre étudiante, la dernière travaille dans un cinéma. Elles ne se parlent plus mais continuent de recevoir d’énigmatiques emails signés Hannibal. L’une le croit vivant, les autres pas.
A mesure qu’il essaie de percer le mystère de leur amitié, Léo Casez bute sur les interrogations  : quel pacte les liait  ? Qui était vraiment Auguste Meyer et pourquoi la mère de Dolorès le protégeait-elle ? En rouvrant les archives du passé, il force les secrets et nous entraîne dans les souvenirs de cet été brûlant, les joies et les tourments de quatre adolescents devenus si tôt adultes.

Format : 143 x 205 mm / Pages : 400 / EAN : 9782246822813 prix 20.90€ / EAN numérique: 9782246822820 prix 14.99€ / Parution : 12 Mai 2021

Le peintre hors-la-loi, Frantz Duchazeau

à la rencontre d’un artiste méconnu à la folie dévastatrice

Et si c’était tout simplement ça, la Terreur. Celle des hordes qui parcourent le pays pour tuer sans discernement nobles et ouvriers, gens de cour et subordonnés. Lorsqu’en 1793 le roi Louis XVI meurt sur l’échafaud, nombreux sont également ceux qui perdent la vie ces années là. C’est dans ce contexte que Lazare Bruandet, peintre naturaliste porté autant sur la bouteille que sur la bagarre doit fuir la ville.

Mais suite à un coup de sang et une jalousie mal placée, au retour de chez sa maîtresse il défenestre sa compagne. Il ne trouve de salut que dans la fuite à l’abri de cette campagne qui l’a vu grandir. Déjà difficile du temps de son enfance, la vie y est devenue périlleuse. Sa maison est en ruine, il se réfugie alors chez les moines à qui il finira par apprendre à se défendre contre les milices. Mais aussi à l’auberge où la servante accorte se prend d’amitié pour lui, admirative du travail du peintre.

Partout c’est le chaos. On échappe aux milices pour tomber au mains ou sous les coups de l’armée ou des pillards. Il faut se défendre, mais il faut aussi survivre. C’est ce que fera le peintre dans les forêts qu’il affectionne, lui l’artiste spécialiste de la nature, amoureux de ces paysages qu’il peint à l’envi. Rien ne lui fait peur, cet artiste alcoolique au mauvais caractère a cependant une certaine dextérité à manier l’épée et les armes autant que ses pinceaux.

L’ensemble est porté par un graphisme brut, sombre, fait de peu de traits affinés ou précis, mais plutôt d’une sombre représentation à l’image de cette époque si dangereuse pour ceux qui l’ont connue. Une forme de folie émerge de ces dessins, de ces pages parfois denses et sombres, d’autre fois plus lumineuses, à l’image de l’artiste tout en excès et en fulgurance.

Si le personnage a réellement existé, et si sa folie et son amour de la peinture naturaliste sont bien réels, l’auteur lui a créé une enfance à la hauteur du personnage. Car il semble qu’il a réellement tué sa compagne et fuit dans la forêt de Fontainebleau, poussé par une forme de folie autodestructrice qui transparaît à chaque page. Le peintre parisien joue par ailleurs un rôle décisif dans le développement de l’art du paysage. Il est en totale rupture avec le cadre institutionnel de son époque avec sa pratique de la peinture en plein air dans les forêts environnant Paris.

Quelques œuvres de Lazare Bruandet (1755-1804) peintre français du XVIIIe siècle et paysagiste méconnu.

Catalogue éditeur : Casterman

1793. Louis XVI est condamné à mort tandis que la France est frappée par la Terreur, une véritable guerre civile qui met le pays à feu et à sang. Fuyant la capitale pour trouver refuge à la campagne, un écorché vif au regard inquiétant louvoie dans la forêt. C’est un étrange peintre que voici, dont le nom résonne comme un couperet : Lazare Bruandet a des gestes un peu fous, le verbe haut et le coup d’épée tranchant.
Tiraillé par des souvenirs d’enfance douloureux, hébergé par des moines qui lui demandent de l’aide, Lazare tombe sous le charme d’une jeune aubergiste. L’homme a bien du mal à se retirer de ce monde dont la violence et la bêtise l’agressent, et pour tenter de s’y soustraire, il peint la nature qui le fascine, sans souci d’académisme et de postérité vis-à-vis de son œuvre…

Scénario : Duchazeau, Frantz / Dessin : Duchazeau, Frantz / Couleurs : Drac Parution le 03/03/2021 / ISBN : 978-2-203-20277-1 / Pages : 88 / 20€

Les oracles de Teresa, Arianna Cecconi

Quel est donc le secret de Teresa ? … un roman d’amour et de rêves

Le jour où elle a compris que sa mémoire pourrait un jour lui faire défaut Térésa a décidé de ne plus parler. Après tout c’est sans doute le plus sûr moyen de ne pas révéler de secret sans l’avoir voulu.
Voilà donc plus de dix ans qu’elle vit dans le silence. Peu à peu la mémoire s’en est allée mais les femmes de sa famille veillent. Cousine, filles et petite-fille ou celle qui est d’abord venue du Pérou pour aider, puis devenue une amie fidèle, toutes ont une relation privilégié avec elle.

Aussi quand le médecin leur annonce que le temps est désormais compté et que Térésa vit ses derniers instants, elles se rejoignent toutes au pied du lit médical installé dans le salon pour la veiller, lui parler, et qui sait peut-être l’entendre enfin dévoiler son secret.

C’est pendant ces quelques jours-là que chacune va à son tour revivre les moments passés avec l’aïeule. Joies, bonheur, chagrin, rupture, tout y passe. Et l’on comprend par exemple qu’aucune femme de cette famille à part Teresa n’a jamais emmené un homme à la maison. Il faut dire que le mariage de Teresa avec Antonio n’a pas été le plus heureux et son amour n’a jamais été à la hauteur de celui de son mari. C’était un mariage de raison pour assurer la continuité de l’élevage de vers à soie. Le décès d’Antonio a été une délivrance pour cette femme indépendante et fière.

De souvenirs en anecdotes, peu à peu le mystère se lève sur le secret de l’aïeule. Dès lors, une seule vérité s’impose, vivre, à fond, sans regret, ce que la vie nous offre.

J’ai aimé rencontrer ces femmes, leur poésie, leur relation à la magie, au surnaturel. Leur amour et leur solidarité malgré les défauts, les différences toujours aussi forts. L’écriture onirique et poétique m’a fait passer un bien joli moment de lecture à leur côté.

Catalogue éditeur : Marabout, collection La Belle Etoile

Depuis bientôt dix ans, Teresa n’a pas quitté son lit ni prononcé le moindre mot. Quand elle a senti son esprit vaciller et sa mémoire s’étioler, elle a choisi de rester couchée et de se murer dans le silence afin de ne pas laisser s’échapper le secret enfoui au plus profond d’elle-même.
Pourtant, depuis bientôt dix ans, autour d’elle, tout le monde s’affaire et se relaie pour la garder dans le flot de la vie : ses filles Irène et Flora, sa petite-fille Nina, sa cousine Rusì, et Pilar, venue tout droit du Pérou, qui lui prodigue des soins au quotidien. Lorsque les heures de Teresa semblent comptées, toutes se réunissent pour la veiller et pour entendre ce qu’elle est peut-être enfin prête à leur confier, pour les aider à se libérer.

Parution : 25/08/2021 / 400 pages / EAN : 9782501138611 / 19.90 €

Algérie ma déchirure

Un beau livre de Behja Traversac illustré par les aquarelles de Catherine Rossi

De page en page, les souvenirs s’égrènent et font revivre les quartiers d’Alger, les amis, la famille, les événements qui se sont succédé jusqu’à l’exil.

Un livre qui peut se lire au hasard, ou en tournant chaque page pour y voyager au fil des souvenirs, des thématiques qui regroupent certains chapitres, comme les voix des femmes, l’exil, l’enfant innomé.
Quelques textes écrits au fil des ans ont trouvé ici leur place.

L’autrice nous fait faire un voyage insolite et émouvant. Tout au long du livre, on la sent attentive aux autres, en particulier à tous ceux qui ont croisé sa route.
Un récit ponctué de quelques poèmes qui allègent parfois la douleur des instants vécus, de ceux qui ont été subits, rêvés, oubliés parfois. Les souvenirs de ces vies vécues ensemble pendant un temps déjà lointain, puis séparées à jamais.
J’ai apprécié ce voyage fait sans aucune amertume, juste au fil des souvenirs, mais que l’on sent toujours empreint d’une grande tendresse pour ce passé révolu à jamais.

Catalogue éditeur : Chèvre feuille étoilée

Alger, Oujda, Oran, Portsay… une ballade qui nous transporte dans un voyage insolite. Les personnages peu communs qui ont jalonné la vie de l’auteure, appartiennent à une frange de la société rarement évoquée par les historiens ou les sociologues. C’est dans une langue légère, poétique, que Behja Traversac ouvre, ici, les voies de l’intime lorsqu’il tend à l’universel.

ISBN : 9782367951485 / 19,00€

Mon mari, Maud Ventura

Quand l’amour conjugal tourne à l’obsession, où la semaine d’une femme amoureuse

– Non, pas amoureuse de moi, mais amoureuse. Une amoureuse de l’amour, a corrigé mon mari.
-Je ne suis pas une amoureuse de l’amour ! Ça impliquerait que j’aime l’idée d’être amoureuse plus que je t’aime toi, ce qui n’est pas vrai.

C’est une épouse parfaite, une belle femme sur laquelle se retournent les hommes, traductrice et professeur, mère de deux enfants, elle a de bonnes raisons d’être satisfaite de sa vie. Elle se qualifie essentiellement comme une femme amoureuse de son mari. Elle le dit, le proclame sur tous les tons, c’est la seule et unique chose qui rempli sa vie, cet amour absolu pour « Mon mari ». Depuis quinze ans, leur relation est idyllique, amour réciproque, encore quelques gestes et mots tendres lorsqu’il le faut, ce père et mari modèle a tout pour plaire. Même pas infidèle, souvent attentionné, elle ne le trouve cependant plus assez attentif à ses désirs, surtout lorsqu’il pourrait accepter de dormir les volets ouverts pour la satisfaire. Un refus qui tourne d’ailleurs à l’obsession.

Sa plus grande angoisse est qu’un jour tout s’arrête, avec le risque de le perdre et ne plus pouvoir jouir du bonheur incroyable de l’amour réciproque. Elle est totalement accroc et ne pourrait pas se passer de lui. Amoureuse à la folie, chaque instant passé loin de lui, ou qu’elle doit partager avec d’autres fussent-ils ses enfants, est un instant volé à son amour et définitivement perdu. Alors tout doit être absolument parfait dans sa relation à l’homme de sa vie. On ne saura d’ailleurs jamais le prénom de cette épouse follement éprise de l’homme de sa vie, ni de celui qu’elle a du mal à accepter comme étant aussi un père attentionné pour ses enfants.

Pourtant on se rend compte peu à peu qu’avec elle son mari n’a droit à aucun répit. Elle observe, note, juge, enregistre tous les faits et gestes du seul être vivant qui occupe quasiment 100% de ses pensées. Et à chaque acte, geste, fait, qui ne serait pas conforme à ses attentes, une punition arrive pour compenser le manque. Punir pour ne pas s’angoisser, détester, stresser, et équilibrer les choses entre elle et Mon mari. Punition secrète connue d’elle seule, mais qui comble ses frustrations.

Le roman se déroule du lundi au dimanche et chaque jour est teinté d’une couleur qui correspond à un état d’esprit, à une posture envers celui dont elle attend tout. C’est un roman déroutant, avec ces Mon mari qui ponctuent chaque phrase comme un mantra de vie aussi indispensable que l’air qu’elle respire.

Mais si la lectrice que je suis imaginait cette semaine arc-en-ciel courant vers une catastrophe annoncée, la fin, bien qu’intéressante, m’a laissée sur ma faim. Démarré sur un rythme effréné, j’ai eu l’impression de m’essouffler, lassée par les circonvolutions mentales de celle qui exige une exclusivité amoureuse dérangeante et obsessionnelle.

L’analyse de l’amour obsessionnel, de la dépendance amoureuse et de la relation à l’autre dans la vie de couple faite par l’autrice est intéressante. Et j’avoue que la façon singulière de traiter ce sujet donne envie de lire ce roman jusqu’au bout.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury du Prix littéraire de la Vocation 2021

Catalogue éditeur : L’Iconoclaste

C’est une femme toujours amoureuse de son mari après quinze ans de vie commune. Ils forment un parfait couple de quadragénaires : deux enfants, une grande maison, la réussite sociale. Mais sous cet apparent bonheur conjugal, elle nourrit une passion exclusive à son égard. Cette beauté froide est le feu sous la glace. Lui semble se satisfaire d’une relation apaisée : ses baisers sont rapides, et le corps nu de sa femme ne l’émeut plus. Pour se prouver que son mari ne l’aime plus – ou pas assez – cette épouse se met à épier chacun de ses gestes comme autant de signes de désamour. Du lundi au dimanche, elle note méthodiquement ses « fautes », les peines à lui infliger, les pièges à lui tendre, elle le trompe pour le tester. Face aux autres femmes qui lui semblent toujours plus belles, il lui faut être la plus soignée, la plus parfaite, la plus désirable.
On rit, on s’effraie, on se projette et l’on ne sait sur quoi va déboucher ce face-à-face conjugal tant la tension monte à chaque page. Un premier roman extrêmement original et dérangeant.

Maud Ventura a vingt-huit ans et vit à Paris. Normalienne et diplômée d’HEC, elle rejoint France Inter juste après ses études. Elle est aujourd’hui rédactrice en chef des podcasts dans un grand groupe de radios, NRJ. Elle ne cesse d’explorer la complexité du sentiment amoureux dans son podcast « Lalala » et dans son premier roman Mon mari.

EAN : 9782378802417 paru le 19/08/2021

Les confluents, Anne-Lise Avril

Un roman engagé, une mise en garde pour le futur, un superbe élan d’amour et de vie

Ces confluents, c’est le roman d’une rencontre. Entre elle et lui, parfois, entre deux mondes, deux temporalités, deux cultures, pour l’amour des Hommes, de la nature et de la terre, l’amour d’un homme et d’une femme.

Alternant deux périodes, 2040 puis de 2009 à 2014, l’autrice nous emmène à travers le désert, la forêt, la nuit, l’île, à la rencontre de ses personnages.

Elle, grand reporter, parcourt le monde pour observer les forêts et révéler au monde leur disparition, témoin des effets du réchauffement climatique et de la destruction lente mais inéluctable de notre terre.

Lui, photographe de guerre, traverse le monde pour témoigner des ravages dans les zones en guerre ou celles déjà touchées par les effets du réchauffement climatique, au nom des populations qu’il y rencontre. Tente de comprendre la façon dont les peuples doivent s’adapter en migrant pour survire quelque part, là où la terre est encore accueillante.

Malgré leurs activités différentes, lorsque ces deux journalistes se croisent en Jordanie, une relation ténue commence à se tisser. Au fil du temps, de pays en pays, grâce à quelques moments volés à leur activités réciproques et à leurs vies privées, leur relation assez banale au départ devient profonde et plus intime. La souffrance des autres, la lente détérioration de la planète dont Liouba et Talal sont les témoins ne les empêche pas de comprendre peu à peu l’attirance qu’ils ont l’un pour l’autre.

Lui s’acharne à replanter des arbres pour sauver la mangrove, elle part à travers la planète témoigner des détériorations toujours plus rapides provoquées par les humains. Mais toujours ils se retrouvent. Leur histoire d’amour pourrait être ordinaire, mais elle est montrée sous un angle attachant, à la fois teintée de mélancolie et d’une certaine fatalité, et toujours avec beaucoup de douceur.

Anne-Lise Avril nous offre là une livre poétique, sensible et humain. Elle éveille nos consciences sans jamais être moralisatrice. En utilisant le futur, elle nous implique sur notre quotidien dévastateur pour la planète et pour les générations futures, sans essayer de nous donner de leçons, plutôt en montrant par certains détails ce qui déjà aujourd’hui doit être fait partout dans le monde pour commencer à survivre au réchauffement climatique, à la lente montée des eaux, à la destruction des forêts, etc. La nature est omniprésente, mais aussi la vie, l’amour, qui se révèlent à travers ces voyages décrits avec beaucoup de réalisme mais toujours avec finesse et sensibilité. Un roman contemporain, une dystopie nostalgique, mondialiste et intemporelle.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury du Prix littéraire de la Vocation 2021

Catalogue éditeur : Julliard

Liouba est une jeune journaliste qui parcourt le monde à la recherche de reportages sur le changement climatique. En Jordanie, elle croise la route de Talal, un photographe qui suit les populations réfugiées. Entre eux, une amitié se noue qui se transforme vite en attirance. D’année en année, le destin ne cessera de les ramener l’un vers l’autre, puis de les séparer, au gré de rencontres d’hommes et de femmes engagés pour la sauvegarde de la planète, et de passages par des théâtres de guerre où triomphe la barbarie. Liouba et Talal accepteront-ils de poser enfin leurs bagages dans un même lieu ?
Ce premier roman, grave et mélancolique, a pour fil conducteur l’amour lancinant entre deux êtres que les enjeux du monde contemporain éloignent, déchirent et réunissent tour à tour. Avec cet éloge de la lenteur et du regard, Anne-Lise Avril donne à la nature une place de personnage à part entière, et au fragile équilibre des écosystèmes la valeur d’un trésor à reconquérir.

Née en 1991, Anne-Lise Avril passe les étés de son enfance dans la forêt des Ardennes, où elle découvre le goût de la lecture et l’envie d’écrire. Après le bac, elle étudie en Hypokhâgne et en Khâgne, puis intègre l’école de commerce de Rouen. Après un trimestre d’études à Moscou à l’âge de 24 ans, elle développe une fascination pour la culture russe et une passion pour la photographie et le voyage, qu’elle poursuit dans les années suivantes à travers d’une exploration des pays du Grand Nord et de l’Afrique. Lauréate du concours d’écriture Guerlain, elle publie une nouvelle sur le conflit syrien en 2017 dans un recueil paru au Cherche-Midi. Elle travaille aujourd’hui à la communication d’une entreprise qui finance des projets de reforestation partout dans le monde, Reforest Action, et continue à développer en parallèle une activité de photographe documentaire. De sa curiosité insatiable pour les enjeux environnementaux contemporains, elle a puisé l’inspiration de son premier roman, Les Confluents (Julliard, août 2021).

EAN : 9782260054788 / pages : 208 / Format : 140 x 189 mm / 18.00 € / Parution : 19/08/2021

Pourvu qu’il soit de bonne humeur, Loubna Serraj

Comment être libre quand l’idée même de liberté n’est pas envisageable ?

Maya, 15 ans, belle, jeune, mais pas libre. Depuis quelques mois déjà ses parents ont décidé qu’elle ne pouvait plus aller au collège. Une jeune femme n’a pas besoin de trop apprendre puisque son avenir est d’être marié, savoir être épouse et mère cela suffit bien. Pourtant chaque jour ou presque, de longues discussions avec Marwan, son frère, lui permettent de continuer à apprendre et à débattre sur l’actualité, la géopolitique mondiale, le monde qui l’entoure dans le Maroc des années 40. Jusqu’au jour maudit où on lui annonce qu’elle doit épouser Hicham.

Il est beau ce jeune homme qu’elle découvre le jour du mariage, et la jeune femme est prête à l’aimer et à se soumettre. Mais c’est sans compter sur la violence qui se déchaîne dès la nuit de noce. Violée à plusieurs reprises, frappée, Maya ne sait pas que sa vie vient de basculer dans l’horreur, le silence, la douleur. Celui qui n’a connu que la violence de son propre père répète le schéma à l’envie, pour le plus grand malheur de son épouse.

Si la famille, la mère, les sœurs, ont compris le martyr que vit Maya, aucune voix ne vient s’élever pour faire cesser la violence meurtrière. Seul son dossier médical à l’hôpital témoigne des multiples fractures, viols, souffrances, maltraitances qu’elle a dû subir en silence pendant autant d’années.

Pourtant Maya la soumise, Maya puits de douleur est une femme libre dans sa tête, indomptable et indomptée par celui qui rêvait de la soumettre. Les discussions avec son frère, sa participation à la révolte marocaine face à l’occupant, ses lectures, ses fleurs et ses rêves sont les témoins les plus évidents de cette liberté si chèrement acquise.

Dans le Maroc d’aujourd’hui, Lilya vit une relation heureuse avec son amoureux. Mais elle ne souhaite absolument pas s’engager à ses côtés, car jamais elle n’acceptera de se soumettre au bon vouloir d’un époux. Dans son corps, elle ressent des douleurs et entend des questionnements qui l’interpellent sur sa filiation, qui est elle et d’où vient-elle ? Et si l’âme de Maya, sa grand-mère, était venue la tourmenter pour demander réparation de ses souffrances. Et si Lilya ne s’autorisait tout simplement pas à vivre libre ? Pour le savoir, elle part à la recherche de cette aïeule, soulève le voile du silence et révèle peu à peu la vie de Maya et ses propres contradictions.

De nombreux sujets forts sont abordés dans ce roman. La violence faite aux femmes, que ce soit au Maroc ou ailleurs, le mariage forcé, l’éducation des filles qui n’est pas toujours une évidence. Mais aussi les transmissions transgénérationnelles. La psycho généalogie explique parfois les traumatismes dans des familles où les secrets traversent les générations sans être révélés à ceux chez qui les dégâts sont les plus importants.

Ce sujet difficile est traité d’une manière originale grâce à ces deux générations de femmes qui se retrouvent dans leur soif de liberté, de savoir, d’amour et de vie. Ce roman est le lauréat du Prix Orange du Livre en Afrique 2021, son sujet rejoint Les impatientes, cet autre roman aux multiples récompenses. Souhaitons lui un aussi beau parcours.

Catalogue éditeur : La Croisée des Chemins et Au Diable Vauvert

Deux époques.
Deux couples.
Deux voix. Non, plusieurs voix qui traversent le temps pour raconter une vie, deux vies, leurs vies.
À travers une histoire, tour à tour inscrite dans le passé et le présent, aussi parsemée de violence ordinaire que de passion rebelle, le murmure Pourvu qu’il soit de bonne humeur d’abord inaudible, se renforce, devient mantra et arrache sa propre bulle de liberté, inestimable hier comme aujourd’hui.
Comment être libre quand l’idée même de liberté n’est pas envisageable ?
Comment résister à une guerre de l’intime où les bruits des canons deviennent ceux de clés tournant dans la serrure d’une porte ou de pas se rapprochant doucement mais sûrement ?
Comment la peur peut s’insinuer dans les couloirs du temps pour faire passer un message ? Quel message ?
Maya. Lilya. Deux voix. Deux femmes. Deux époques.
Une intensité. Celle que provoque la liberté.

Loubna Serraj est éditrice et chroniqueuse radio à Casablanca (Maroc). Elle tient également un blog littéraire social et politique sur des sujets d’actualité. Pourvu qu’il soit de bonne humeur, paru au Maroc aux éditions la Croisée des chemins, est son premier roman.

La Croisée des Chemins ISBN 9789920769563 / Parution 2020 / pages 324

Au Diable Vauvert : Parution : 2021-03-18 / pages : 352 / EAN-ISBN : 9791030704105

Mise à feu, Clara Ysé

De l’enfance à l’adolescence, un conte pour évoquer l’absence et la séparation

Nine, Gaspard et Nouchka leur pie vivent avec L’Amazone, cette mère singulière et fantasque qui leur fait vivre une enfance à la frontière entre le merveilleux et la magie. Danser, boire, rêver, aimer l’autre et apprendre à grandir, voilà ce que leur propose L’Amazone, jusqu’à ce soir de réveillon où tout bascule.

À la suite d’une maladresse, et parce qu’aucun adulte présent n’a réalisé l’ampleur des dégâts, un incendie détruit leur foyer ; les enfants ne doivent la vie sauve qu’à leur fuite éperdue avec L’Amazone pour échapper à la maison en flammes. Puis au matin, leur mère disparaît.

Dès lors, ils sont confiés à leur oncle, un étrange et bien froid Lord, qui les élève dans le silence de l’absence maternelle. Pourtant, L’Amazone leur adresse régulièrement des lettres et au fil des années leur décrit la façon dont elle tente de restaurer et de rendre habitable la maison familiale. Des lettres toujours lues par Gaspard à sa petite sœur, celle qu’il protège, à qui il voue tout son amour de grand frère.

Les deux enfants grandissent, connaissent les tourments et les désordres de l’adolescence, rébellion, contestation, fuite dans l’alcool, les drogues, l’amitié et les amours diverses. La relation avec Lord est de plus en plus difficile, la frontière entre le possible et l’intolérable semble souvent franchie, sa violence envers eux augmente au fil de ces huit années, même si cela est souvent suggéré, pas toujours dit ouvertement.

Comment pourront-ils s’en sortir, voilà bien toute la question que soulève ce conte des temps modernes. Surtout lorsque la fin de l’enfance est pour Nine synonyme de coupure dans sa relation avec Gaspard et la Pie, puisqu’elle ne la comprend plus lorsqu’elle parle. Seul Gaspard semble être encore dans ce monde.

Ce que j’ai aimé ?

La façon dont Clara Ysé appréhende les moments parfois difficiles de l’enfance, ses tourments, l’évocation de l’amour entre frère et sœur, la protection qui en découle. Mais aussi la difficulté qu’il peut y avoir à grandir sans modèle et sans amour, bien évoqués par l’autrice.

Si la fin m’a semblé évidente et du coup tardait à arriver (mais sans doute ne le sera-t-elle pas pour tous les lecteurs) je me suis laissée porter par la magie de ce conte qui évoque Nine, Gaspard, et la Pie, ce trio inséparable. Le ton est moderne, la relation à l’autre émouvante et les personnages attachants. Un premier roman agréable à découvrir.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury du Prix littéraire de la Vocation 2021

Catalogue éditeur : Grasset

Nine et Gaspard vivent dans la maison de leur mère, l’Amazone.
Nouchka, leur pie, veille sur le trio.
La nuit du réveillon, un incendie ravage le paradis de l’enfance.
Le lendemain, le frère et la sœur se réveillent seuls chez leur oncle, l’inquiétant Lord.
Ils reçoivent tous les mois une lettre de l’Amazone qui leur dit préparer dans le Sud la nouvelle demeure qui les réunira bientôt.
Quel pacte d’amour et de rêve vont-ils nouer pour conjurer l’absence ?
Récit magique et cruel, féérie moderne, roman d’initiation et d’aventure, ode à la liberté, à l’adolescence, à la tendresse, aux amitiés qui sauvent, Mise à feu envoûte par son émotion, sa puissance d’évocation poétique et musicale.

Parution : 18 Août 2021 / Pages : 198 / EAN : 9782246827603 prix : 18.00€ / EAN numérique: 9782246827610 prix : 12.99€