Tous tes amis sont là, Alain Dulot

Paul Verlaine, les derniers jours d’un poète maudit

En titre, la célèbre phrase d’Eugénie Krantz aux obsèques de Paul Verlaine (né à Metz en Moselle le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896), ces six mots pour l’histoire, nous montre clairement le sujet du roman d’Alain Dulot. C’est une période très particulière que l’auteur a choisi de nous raconter à travers les obsèques, la vie et la mort d’un poète incontournable de la littérature française.

Celui qui a découvert le jeune Rimbaud, qui a largement préféré son verre d’absinthe à toute vie rangée, qui a tout demandé à sa mère, la seule qui le suivra jusqu’au bout de ses folies sans jamais l’abandonner. Il est d’ailleurs très souvent dur, et même violent avec cette mère avec qui il entretient une relation difficile jusqu’à sa mort.

Verlaine est l’homme d’un mariage raté. Il épouse en 1870 Mathilde Mauté, de cette union naîtra Georges, un fils qu’il connaît peu.

Lorsqu’il rencontre Arthur Rimbaud en septembre 1871, il aime d’amour à la fois la jeunesse, la poésie et l’homme qui se dévoilent à lui. La relation amoureuse causera la fin de son mariage, une relation scandaleuse et violente. Ils partiront en Belgique, mais d’un coup de revolver, Verlaine blesse Arthur Rimbaud, son époux infernal au poignet. Il sera jugé puis condamné à passer deux années en prison. Dans la solitude de sa cellule, il écrit des poèmes et va renouer avec la religion catholique qu’il avait largement mis de côté.

Après leur séparation, il rencontre le jeune Lucien Letinois, et voit en lui le fils qu’il n’a pas su élever, l’ami de cœur sans doute aussi. Ils seront d’abord enseignants en Angleterre, puis agriculteurs dans la ferme achetée avec l’argent de sa mère. Mais l’affaire périclite bientôt et ils rentrent à Paris. Lucien décède, Verlaine lui consacre de nombreux poèmes.

Malgré tout son talent, malgré les amis poètes, les subsides versées par l’état ou par ceux qui le soutiennent encore, le génial prince des poètes qui est aussi un homme alcoolique et violent décède d’une pneumonie aux côtés d’Eugénie Krantz le 8 janvier 1896, à 51 ans. Il est inhumé au cimetière des Batignolles. Je dois avouer que l’auteur m’a donné envie d’aller voir sa tombe.

Ce que j’ai aimé ?

Difficile de parler du poète, de son œuvre et en même temps de sa vie. J’ai aimé le parti pris d’Alain Duflot et cette façon iconoclaste qu’il a de faire revivre le poète au seuil de sa mort, de dire la vérité sur les amours, les écarts, la violence, l’alcoolisme, la relation à la mère et aux femmes en général. C’est à la fois respectueux du talent de l’artiste, et factuel et sincère quand il évoque les écarts, mais aussi les amis qui l’ont toujours accompagné, soutenu, aidé, tout au long de cette vie pour le moins dissolue. Le lecteur découvre à travers ces lignes quelque moments emblématiques de la vie de Paul Verlaine. Et de constater que les grandes funérailles nationales des artiste qui marquent les français ne sont pas uniquement des manifestations récentes, pour preuve, celle-ci ou celle de Victor Hugo. On se souviendra à cette occasion du crayon posé sur le cercueil de Jean d’Ormesson par le président et de la phrase qui accompagne le geste.

Catalogue éditeur : La Table Ronde

Le 8 janvier 1896, au 39 de la rue Descartes, Paul Verlaine s’éteint, à l’âge de cinquante et un ans. Le 10 janvier au matin, la foule est dense dans le quartier Mouffetard : proches et curieux, rosettes de la Légion d’honneur et guenilles trouées, vieilles barbes et jeunes moustaches, gens de peu et hauts de forme s’écartent pour laisser passer le corbillard. Alain Dulot se joint au cortège pour suivre la dépouille jusqu’au cimetière des Batignolles en s’adressant au prince des poètes. Il évoque sa mère Élisa, ses amis, la société littéraire qui l’entoure, ses amours tumultueuses – avec Mathilde Mauté, Arthur Rimbaud, Philomène Boudin et Eugénie Krantz – teintées de sa faiblesse pour l’absinthe. Et sa passion sans faille pour la poésie, des tavernes à l’hospice, de la prison aux cabarets, jusque sur son lit de mort.

Paru le 13/01/2022 / 176 pages – 140 x 205 mm / ISBN : 9791037109989 / 16,00€

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s