Radioactive, Lauren Redniss

L’histoire revisitée de Pierre et Marie Curie, une histoire de passion amoureuse et d’amour pour la science

C’est le roman graphique qui a inspiré le film éponyme de Marjane Astrapi sorti en salles juste avant le confinement.

En 1891, Marie SkÅ‚odowska a 24 ans. Elle quitte Varsovie pour Paris. Là elle vient travailler dans le laboratoire du physicien Pierre Curie. Rapidement les relations de travail se font complicité puis intimité. Ce sera une véritable passion amoureuse, mais aussi une passion inassouvie pour la science et la recherche. Ensemble, ils vont faire cette découverte majeure qui va changer le sort de l’humanité, avec la radiothérapie, le traitement du cancer mais aussi le développement du nucléaire.

Radioactive présente cette relation magnifique entre deux scientifiques hors du commun, mais aussi leurs familles, les filles, le gendre, une lignée de chercheurs au service de la France.Et l’auteur développe également les apports de leurs inventions à la science, et les développements qu’ils ont induits par la suite. Rien n’est figé dans leur époque, mais tout y est superbement restitué, les prix Nobel, les récompenses, les différents apport de leurs recherches, le décès de Pierre, le chagrin de Marie puis la maladie consécutive à de longues et dramatiques expositions au radium tout au long de leurs vies, à une époque où l’on n’avait dans doute pas pris la mesure du danger encouru. Et l’évolution de la recherche jusqu’à aujourd’hui.

Ce roman graphique est superbe, l’histoire a la fois passionnante et les protagonistes tellement humainement attachants. Mais c’est aussi un magnifique objet. Le papier utilisé d’abord, le grain, les aspects lisses et le velouté granité que l’on sent sous les doigts en tournant les pages, la mise en page et les couleurs choisies, dans le spectre chromatique que l’on imagine autour du polonium ou du radium, et qui change en fonction des périodes ou des sujets abordés sur les pages, des vert, jaune, bleu, pour dire aussi la vie, la tristesse, l’exaltation et le bonheur, le chagrin et le désespoir.

Vous ne l’avez pas encore lu ? Alors #tousenlibrairie pour vous le procurer !

Catalogue éditeur : Fleuve éditions

En 1891, Marie Sklodowska, âgée de 24 ans, déménage de Varsovie à Paris où elle trouve du travail dans le laboratoire du physicien Pierre Curie. Cette rencontre inoubliable, marquée par la passion amoureuse et celle de la science des molécules, va influencer également l’histoire de l’humanité. Au point de leur apporter une renommée mondiale et d’annoncer une nouvelle ère scientifique : l’ère nucléaire.

Carine CHICHEREAU (Traducteur)

Date de parution : 05/03/2020 / EAN : 9782265154926 / Pages : 208 / Format : 202 x 279 mm / Prix : 24,50€

Les fureurs invisibles du cÅ“ur, John Boyne

Une formidable saga intime et sociale dans l’Irlande du XXe siècle

Émotion, amitié, fou rire et pleurs, famille et deuils, tout y est, pour le meilleur et pour le pire d’une vie, dans cette fresque familiale qui nous entraine des années 1945 à 2015.

Irlande, 1945. Dans ce pays catholique et rigide à l’extrême, il ne fait pas bon sortir du cadre. La jeune Catherine Goggin l’apprend à ses dépens lorsque le curé de la paroisse la chasse de l’église, du village, de sa famille. Elle a seize ans, elle a fauté et son ventre s’est dangereusement arrondi.

Arrivée à Dublin, elle donne naissance à un fils immédiatement adopté par les Avery. C’est ce fils, le jeune Cyril Avery que nous allons suivre tout au long de ces décennies, de Dublin à Amsterdam, de New-York à Dublin.

Le jeune Cyril grandit dans une famille aisée, peu aimante, mais qui lui offre confort et éducation, un bagage correct pour assurer son avenir. Maud, sa mère adoptive, est écrivain, pour la beauté du geste on pourrait dire, puisque de son vivant  elle ne supporte pas d’être célèbre, c’est tellement ordinaire. Cyril ne sera jamais un vrai Avery, ses parents le lui répètent à l’envi tout au long de ses années de jeunesse et même après. C’est un beau gamin puis un jeune homme séduisant.

Dans cette Irlande catholique et rétrograde, s’il ne fait pas bon être fille-mère, il est encore plus dangereux d’être homosexuel, car même un père est quasiment en droit de tuer son fils sans que la justice n’y trouve à redire. Et Cyril est terriblement attiré par Julian, ce garçon qu’il admire en secret depuis l’enfance. Il mettra quelques années à s’avouer qu’il préfère les garçons, et à comprendre que ce n’est ni une maladie, ni une perversité.

Si l’amour dure sept ans, les chapitres de ce roman également, qui rythment ainsi la vie tantôt heureuse, tantôt plus difficile de Cyril, de 1945 à 2015. Cyril traverse les années de jeunesse dans cette Irlande rétrograde et catholique bienpensante, puis la vie et les aspirations enfin assumées à Amsterdam,  enfin les terribles années SIDA dans le New-York des années 80.

J’ai aimé suivre ce parcours totalement atypique. J’ai aimé ce jeune homme aussi fragile et ambivalent que fort et décidé, qui tente de vivre sa vie dans un pays, une famille, un environnement pas toujours idéal. L’auteur nous propose une belle fresque historique, mais aussi une analyse factuelle et parfois cruelle de la société de cette fin du XXe siècle. Avec une religion qui dicte sa loi dans une société qui n’accepte pas les différences, et cette façon de renier ceux que l’on a aimés, comme elle le fait pour Julian et sa fin de vie. Le roman est à la fois fort, émouvant, et parfois désopilant, on se surprend à rire aux éclats face à certains dialogues ou situations, même quand la situation est tout à fait tragique. En cela, il m’a effectivement fait penser au fatalisme et au cynisme face à la vie, mais aussi à certains scènes d’anthologie du roman Le monde selon Garp (si vous avez lu, souvenez-vous de la scène du levier de vitesse dans la vieille guimbarde).

Si le roman vous semble trop épais, n’ayez aucune crainte, la lecture est fluide, on a toujours envie d’aller plus avant, et même un certain regret en fermant le livre, une fois arrivé à la dernière page.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2020

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche et JC Lattès

Traduit de l’anglais par Sophie Aslanides

Cyril n’est pas « un vrai Avery » et il ne le sera jamais – du moins, c’est ce que lui répètent ses parents, Maude et Charles. Mais s’il n’est pas un vrai Avery, qui est-il ? Né d’une fille-mère bannie de la communauté rurale irlandaise où elle a grandi, devenu fils adoptif des Avery, un couple dublinois aisé et excentrique, Cyril se forge une identité au gré d’improbables rencontres et apprend à lutter contre les préjugés d’une société irlandaise où la différence et la liberté de choix sont loin d’être acquises.

864 pages / Date de parution : 02/01/2020 / EAN : 9782253237853 / 9,90€
JC Lattès : EAN : 9782709659772 / Parution : 22/08/2018 / 580 pages / 23.90 €

Les fleurs sauvages, Holly Ringland

Le parcours enchanteur et captivant d’Alice Hart à travers les lieux sauvages ou rêvés d’Australie


Dans une famille où l’on utilise plus aisément le langage des fleurs que la parole pour exprimer ses sentiments, Alice grandit au bord de la mer, entourée de ses parents et sans contact avec l’extérieur.
Sa mère aimante et fragile est passionnée par les fleurs et leur langage, Clem, ce père au caractère changeant peut devenir jaloux et très violent envers sa femme et sa fille. Alice voudrait tant qu’il disparaisse et rêve même de le voir tel un phÅ“nix renaitre de ses cendres. Jusqu’au jour où ses parents décèdent dans l’incendie de leur maison.
Choquée, blessée, et même muette, la petite fille de neuf ans est recueillie par June, sa grand-mère paternelle dont elle ignorait jusqu’alors l’existence. elle l’emmène dans sa ferme horticole de Thornfield, là où se sont également réfugiées des femmes cabossées par la vie. Alice cherche en vain des réponses aux mystères et aux secrets de sa famille auprès de cette grand-mère qui ne lui dira pourtant jamais rien.
Au fil des ans Alice apprend le langage des fleurs, le seul qui permet à ces femmes de s’exprimer. Car de lourds secrets pèsent sur ses aïeules, des secrets dont le poids s’alourdit de génération en génération. Lorsqu’elle découvre qu’elle a été trahie, Alice quitte cette famille et cette vie qui la maintiennent hors du monde. Elle fuit dans le désert et coupe toute relation avec la ferme horticole, le seul moyen d’enfin réussir à se retrouver au cÅ“ur de sa propre histoire et de sa liberté enfin gagnée.

Secrètes, aimantes, blessées ou fortes, maternelles ou amantes, les vraies héroïnes de ce roman – en dehors des fleurs et de leur langage –  sont les femmes de la famille Hart et celles qui les entourent et parfois les protègent. S’ils n’ont pas vraiment le beau rôle, Alice saura malgré tout croiser la route d’hommes qui font figure d’exception et l’aideront sur le difficile chemin vers la résilience et le bonheur.

De nombreux thèmes sont abordés par Holly Ringland. En particulier ceux de la famille et sa complexité, du poids de la jalousie, de la solitude et du deuil. Elle aborde aussi le difficile sujet des violences faites aux femmes, de façon terriblement lucide, en particulier lorsque la passion amoureuse leur fait accepter l’inacceptable. Sans jamais juger, elle pose là des situations difficiles qui nous amènent à nous interroger sans pour autant trouver de réponse universelle.

Grâce à Alice, nous voyageons d’un bout à l’autre de ce pays continent. Chaque chapitre commence par un superbe dessin et par le nom et l’explication d’une fleur endémique d’Australie, sa signification en langage des fleurs ayant à chaque fois un rapport avec le dit chapitre. L’auteur nous transporte par son écriture et ses descriptions dans des paysages magiques, en nous permettant d’en voir la beauté et quasiment d’en sentir les parfums. Non seulement dans ces régions qui font la beauté et l’attrait de l’Australie mais aussi dans ceux tout droit sorti de son imagination. Comme ce cratère dans le désert devenu le Parc national de Kililpitjara. Il est inspiré à la fois par la beauté de la floraison et par l’endurance des pois du désert et par le cratère de Wolfe Creek au cÅ“ur du parc national du cratère de Wolfe Creek dans l’État d’Australie-Occidentale. A Kililpitjara fleurissent ces merveilleux pois du désert symbolisant le courage de ces femmes. Que l’on aimerait aller le visiter tant elle a su lui donner corps et vie, on le souhaiterait réel tant il semble beau.

Un roman de résilience avec ces beaux portraits de femmes, de vie et de passion, à glisser dans votre valise cet été !

J’avais eu le bonheur de rencontrer Holly Ringland à l’ambassade d’Australie pour le lancement du roman, je suis très heureuse qu’il soit mis en avant dans cette sélection.

Catalogue éditeur : Fayard/Mazarine et Le Livre de Poche

Traduit de l’anglais (Australie) par Anne Damour

Lorsqu’une tragédie change à jamais sa vie, la jeune Alice Hart, âgée de neuf ans, part vivre chez sa grand-mère, qu’elle ne connaît pas. Quittant le bord de l’océan où elle a grandi, elle trouve refuge dans la ferme horticole de June, où celle-ci cultive des fleurs sauvages d’Australie. Au fil du temps, Alice oublie les démons du passé et apprend à perpétuer la tradition familiale en utilisant le langage des fleurs pour remplacer les mots lorsqu’ils se font trop douloureux. Mais l’histoire des Hart est hantée par de nombreux secrets que June cache à sa petite-fille. Une fois adulte, révoltée par ce silence et trahie par celles qui lui sont le plus chères, Alice se rend compte qu’il y a des choses que les fleurs seules ne peuvent raconter. Si elle veut être libre, elle doit partir.

Holly Ringland est une auteure australienne. Après avoir travaillé quatre ans au sein d’une communauté aborigène perdue dans le désert australien, elle a déménagé en Angleterre où elle a obtenu un master d’écriture créative. Les fleurs sauvages est son premier roman. 

512 pages / Date de parution: 10/06/2020 / EAN : 9782253101758 / Prix : 8,70€

Entre deux mondes, Olivier Norek

Aussi magistral qu’émouvant, un roman inoubliable

Oliver Norek est un auteur de polar largement reconnu par ses lecteurs, c’est aussi un ancien flic qui connait ce métier qu’il a pratiqué pendant près de vingt ans. Avec Entre deux mondes, il sort de la trilogie Coste pour nous embarquer dans cet entre deux de la jungle de Calais, lieu de rétention de nombreux migrants, arrivés du Soudan ou de Syrie, d’Afrique et d’Orient pour atteindre leur Graal, l’Angleterre. Bloqués là par les français, ils ne rêvent chaque jour que d’une chose, partir, embarquer sur les camions la nuit et atteindre Youké et les rives de cet eldorado fantasmé, citadelle imprenable. Le roman est situé en 2016, lors du démantèlement de la jungle.

Adam est un flic syrien qui doit fuir son pays. Comprenant que sa situation est désespérée, il enclenche la procédure d’évacuation qu’il a anticipée depuis des mois, et fait partir avec les passeurs sa femme Nora et sa petite fille, pour qu’elles soient en sécurité. Elles devront atteindre Calais, là, il  pourra à son tour venir les rejoindre. Mais la traversée de la méditerranée n’est pas sans risque, ni pour elles, ni pour lui. Lorsqu’il arrive enfin dans la jungle, il les attend pendant des jours, sans trouver la moindre trace.

Un jour, il prend la défense de Kilani, un jeune garçon soudanais maltraité par les afghans. Mais il est difficile de s’imposer et de rester en vie sans soutien dans la jungle. Les animosités et les conflits que l’on trouve entre les pays sont présents ici aussi entre les migrants. Ousmane, un  soudanais, offre aide et protection à Adam. Dans la jungle, on retrouve un microcosme comme à l’extérieur, deux mosquées, des regroupements par pays d’origine, une discrète présence policière de la DGSI, des recruteurs de Daesh qui espèrent trouver de la chair à attentat parmi les désespérés du passage manqué pour l’autre monde, mais aussi fort heureusement, des associations qui aident vaille que vaille les migrants à survivre.

A l’extérieur, Bastien, jeune flic revenu à Calais pour tenter de soigner sa femme, fait de son mieux pour obéir aux ordres. Comme lui, la plupart des policiers de la zone sont totalement désespérés, il est quasi impossible de faire correctement leur métier. Un jour, un décès qui n’a bizarrement pas été étouffé par les habitants de la jungle lui fait croiser la route d’Adam. Va naitre alors entre les deux flics une complicité et une forme d’amitié et de respect.

Et l’on navigue entre ces deux mondes, celui de la jungle et celui des hommes et femmes de l’extérieur, celui des migrants coincés dans cet entre-deux, entre le pays que l’on a fui et celui que l’on espère comme un Eldorado magique.

Olivier Norek réussi une fois de plus à nous emporter dans ce roman très différent des précédents. On ressent immédiatement une grande empathie pour ses différents personnages. Il a donné corps aux nombreux migrants totalement déshumanisés dans les bulletins d’informations au 20h. Le rythme est soutenu, l’écriture à la fois efficace et relativement sobre, point de fioriture pour décrire la jungle et son enfer.

Si l’on peut considérer que le polar écrit à sa façon l’Histoire, ici l’auteur c’est largement emparé du réel pour construire son roman. Plusieurs semaines d’immersion attentive et silencieuse dans la jungle, à écouter, comprendre, les migrants, leurs attentes, leurs espoirs. Puis des nuits à suivre les policiers qui gèrent tant bien que mal cette zone, ce no man’s land dans lequel les lois de la république ont du mal à s’appliquer. Leur tâche est particulièrement ardue, rester humain et ne rien faire, ou empêcher par tous les moyens les migrants de passer et protéger leurs familles et leur région. Enfin, s’immiscer dans la ville, prendre le pouls des calaisiens, pour comprendre aussi comment la jungle est vécue par ceux qui la regarde de l’extérieur et tenter d’en faire un état des lieux. L’endroit idéal pour un auteur qui veut y mener une enquête impossible. On le sait, aujourd’hui c’est la technologie plus que la logique et l’intuition qui permettent les résolutions d’enquêtes policières, de l’ADN aux suivis de téléphonie, des empreintes aux témoignages. Or rien de tout cela ne peut être obtenu dans la jungle, au milieu de tant de migrants issus de pays, de tribus, de religions différentes, regroupés en clans dans lesquels tous vont trouver aide et soutien. Alors qui pourrait parler, témoigner ?

Si l’on se demande pourquoi ce sujet-là plutôt qu’un autre, Olivier Norek l’a dit à plusieurs reprises, il est lui-même descendant de migrant polonais, hommage au grand-père qui a su prendre sa place dans son pays d’accueil, on ne manquera pas de lire à ce sujet la dédicace du roman. Il faut dire que de tous temps l’exode est partie prenante de la condition humaine et ce n’est pas demain que cela va s’arrêter.

La situation actuelle des migrants peut être vécue comme un de ces moments de l’Histoire dont un pays ne peut pas s’enorgueillir. Ce que j’ai vraiment aimé, c’est que l’auteur nous montre une situation particulièrement sensible en ayant l’intelligence de l’appréhender dans son ensemble. Et c’est assez rare pour le souligner, ici tous les points de vue sont abordés, migrants, calaisiens, flics, politiques, en essayant de s’immerger pour comprendre sans juger, et au contraire pour prendre conscience.

Entre deux mondes est un roman magistral, réaliste et humain, qui procure des émotions fortes et donne envie d’ouvrir les yeux et de comprendre le monde qui nous entoure.

Du même auteur, lire Surface et l’article d’une rencontre avec l’auteur.

Catalogue éditeur : Michel Lafon

Ce polar est monstrueusement humain, « forcément » humain : il n’y a pas les bons d’un côté et les méchants de l’autre, il y a juste des peurs réciproques qui ne demandent qu’à être apaisées.
Bouleversant

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir. 
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds. 
Un assassin va profiter de cette situation. 
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou. 

Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis capitaine de police à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 pendant dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de la trilogie du capitaine Coste (Code 93, Territoires et Surtensions) et du bouleversant roman social Entre deux mondes, largement salués par la critique, lauréats de nombreux prix littéraires et traduits dans près de dix pays.

Parution : 05/10/17 / Prix : 19.95 € / ISBN : 9782749932262

Angélus, François-Henri Soulié

En Occitanie, un fascinant thriller historique au pays du fanatisme religieux

Entre Carcassonne et Narbonne, trois personnages, sur trois sites différents, partent à la recherche d’un mystérieux assassin. En l’an de grâce 1165, les chrétiens se déchirent. Les abbayes rivales se livrent une guerre impitoyable, pendant que la noblesse prend de plus en plus d’importance. Les religieux veulent conforter leur mainmise sur la société coûte que coûte. Dans ce contexte instable, un, puis deux, puis trois anges meurent et leurs cadavres sont mis en scène et exposés de façon particulièrement macabre et barbare.

À l’abbaye de Saint-Hilaire, le tailleur de pierre Jordi de Cabestan travaille avec ses artisans à l’érection d’un sarcophage. Il doit accueillir les reliques de saint-Hilaire qui devraient permettre de redorer le blason de l’abbaye. Mais ce sont bien ses ouvriers qui sont tour à tour victimes de meurtres aussi insoutenables qu’incompréhensibles. Jordi doit trouver le coupable. Mais pourquoi ces morts barbares, et dans quel but, porter atteinte à son atelier, à l’abbaye, aux confréries d‘artisans ?

À Carcassonne, le jeune noble Raimon de Termes prend la route de l’abbaye de La Grassa. Il fait allégeance à l’archevêque Pons d’Arsac et affirme son souhait de protéger l’église. Mais ce dernier va le mander pour retrouver le coupable de ces ignominies.

À Narbonne, Dame Aloïs de Malpas s’est convertie à la vraie foi, celle des Cathares, ces hérétiques qui renient l’opulence des abbés et des archevêques. Les Bons chrétiens tentent de prouver qu’ils sont sur le chemin de la vraie foi. Ils ne demandent ni ne possèdent rien, ils croient à la pauvreté et au partage. Mais ils sont injustement accusés des meurtres. Aloïs doit partir sur les routes pour tenter de les disculper.

Chacun représente une strate du pouvoir en place, tous ont un but identique, trouver le ou les coupables. Ils vont mener leur enquête séparément, mais vont forcément finir par se retrouver. Car au final, la question est bien de comprendre qui peut s’enrichir ou trouver avantage de tels crimes, de ces morts qui effrayent et bouleversent.

Le lecteur chemine à travers l’Occitanie, dans ce Moyen Age berceau d’un fanatisme religieux, avec ses luttes intestines et ses rivalités dans les différents ordres, mais aussi de violence et de luttes de pouvoir  parmi la noblesse et les fraternités d’artisans. Ajoutez à ces guerres de pouvoir dans les régions les guerres internes pour accéder aux fonctions suprêmes et prendre la tête de l’abbaye, le contexte est idéal pour nous embarquer dans cet imbroglio mortel. Un roman fort bien documenté, rythmé, porté par des personnages aussi inquiétants qu’attachants, et un suspense passionnant dans un cadre historique et régional tout à fait réaliste.

Catalogue éditeur : 10/18

An de grâce 1165. En terre d’Occitanie. Deux abbayes, deux jours, deux crimes.

1165. Les corps suppliciés des victimes, qui appartiennent à l’atelier du tailleur de pierre Jordi de Cabestan, ont été déguisés en anges dérisoires. La panique se répand. Certains voient dans ces crimes la main du diable. D’autres soupçonnent les adeptes de cette nouvelle secte que l’on nommera bientôt les « Cathares ». Au grand scandale de l’Église de Rome, ceux-ci prétendent être les Vrais Chrétiens.
L’archevêque de Narbonne missionne un jeune noble, Raimon de Termes, afin de découvrir l’assassin. Les « hérétiques » désignent une des leurs, Aloïs de Malpas, pour les disculper. De son côté, Jordi de Cabestan veut venger ses compagnons. Trois enquêtes labyrinthiques vont les mener vers une vérité qu’aucun d’entre eux n’imaginait.

François-Henri Soulié est un homme de théâtre aux multiples casquettes : écrivain, comédien, marionnettiste, scénographe, metteur en scène et scénariste. Il a reçu le Prix du premier roman du festival de Beaune en 2016 pour Il n’y a pas de passé simple, paru aux Éditions du Masque. Ce livre a inauguré la série des « Aventures de Skander Corsaro ».
François-Henri Soulié est l’auteur chez 10/18 d’une trilogie écrite à quatre mains avec Thierry Bourcy, qui nous fait voyager à travers l’Europe du début du XVIIe siècle : Le Songe de l’astronome, La Conspiration du Globe et Ils ont tué Ravaillac.

Date de parution : 05/03/2020 / EAN : 9782264074485 / Nombre de pages : 522 / Prix : 15.90 €

Tout le bleu du ciel, Melissa Da Costa

Partir pour un dernier voyage dans les Pyrénées, émotion, sourires et larmes au rendez-vous

Émile découvre à 26 ans qu’il est atteint d’un Alzheimer précoce, il refuse de se voir diminué dans les yeux de sa famille et de ses amis. Impossible d’accepter leur regard de pitié et le chagrin, leur façon inconsciente de le traiter comme un mourant. Depuis que sa petite-amie Laura l’a quitté il y a déjà quelques mois la vie n’a plus du tout le même goût. Aujourd’hui, il rêve de partir.

Il décide de larguer les amarres pour enfin réaliser le grand voyage en camping-car dont il a toujours rêvé. Mais avec sa maladie, impossible de partir seul, et depuis que Renaud, son ami inséparable, file le parfait amour avec Lætitia, il est hors de question de lui proposer de partir ensemble. La solution ? Poster une petite annonce pour trouver le compagnon de voyage idéal, celui qui le suivra jusqu’au bout.

C’est une fille qui se présente. Joanne arrive de Bretagne, tout de noir vêtue, avec une robe longue un peu informe, un grand chapeau qui cache en partie son visage, elle est décidée à l’accompagner où il veut, qu’importe le chemin qu’ils vont prendre.
Ensemble, ils vont parcourir les Pyrénées d’est en ouest, passer quelques jours en bord de mer, puis découvrir la montagne, ses étendues, ses cimes, son calme. Face à l’oubli et à la mémoire qui s’efface, Joanne propose à Émile de tenir un carnet, et d’y inscrire chaque jour ce qu’il a vécu de beau, ses émerveillements, ses sentiments, d’écrire à ceux qu’il aime toutes ces lettres qu’il ne leur enverra pas mais qui leur parlera si bien de lui.

C’est un long périple fait de rencontres, mais surtout un voyage pour se connaître soi et connaitre l’autre, avec ses chagrins et ses blessures, ses failles et sa force, sa confiance et ses espoirs, pour revivre ses souvenirs, pleurer et rire, pour vivre malgré l’horloge qui tourne inexorablement pour annoncer la fin.

Si le roman semble parfois un peu idyllique malgré la maladie qui prend toute sa place, c’est un beau moment lecture, de courage et de confiance. D’amour et de passion, de douleurs et de joies. Une très jolie lecture. Et malgré le nombre de pages, le roman file aussi vite que les souvenirs d’Émile, pour le plus grand bonheur du lecteur.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2020

Souvenir d’une balade au cirque de Lescun, Pyrénées été 2019

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche

Petitesannonces.fr : Jeune homme de 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.
Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, devant le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme coiffée d’un grand chapeau noir qui a pour seul bagage un sac à dos, et qui ne donne aucune explication sur sa présence.
Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naissent, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

840 pages / Date de parution : 12/02/2020 / EAN : 9782253934103 / Prix : 9,90€

Éditeur d’origine:

A la rencontre de Christiana Moreau

Christiana Moreau nous entraine des steppes de Mongolie aux collines de Prato, à travers le destin de trois femmes liées par un fil de Cachemire rouge

Bonjour Christiana, et merci d’avoir accepté de répondre à mes questions.
Je vous avais découverte avec votre premier roman, La sonate oubliée, qui se déroulait essentiellement en Italie. Avec celui-ci, vous avez changé de continent pour nous faire voyager jusqu’en Mongolie intérieure, dans le sillage d’une jeune fille et d’un magnifique pull de Cachemire rouge qui nous ramène une fois encore en Italie.

A propos du roman :

J’ai beaucoup aimé ce roman et je me suis attachée à vos personnages. A l’instar du roman La tresse, on y retrouve l’amitié féminine, la force et le courage des femmes, mais aussi le lien parfois invisible qu’il peut y avoir entre ces femmes. Est-ce un point qui vous paraissait important ? Est-ce réaliste ou au contraire pas nécessairement, mais important pour passer votre message (s’il y en a un !)

J’avais envie d’écrire une belle histoire d’amitié qui est une force dans les moments difficiles de l’existence. L’amitié entre Bolormaa et XiaoLi, mais aussi entre Alessandra et Giulia qui sont le pendant européen des deux héroïnes principales, est source de réconfort et de courage dans l’adversité. Je n’ai pas voulu de prime abord faire passer un message même si je l’ai peut-être fait inconsciemment au fil des pages. Je pense que lorsqu’on traverse de telles épreuves à deux on doit se sentir soudées par un lien très fort.

Le point de départ est la Mongolie intérieure, vos descriptions des Steppes et des paysages donnent vraiment envie d’y partir. Comment vous est venue l’envie d’initier ce roman là-bas ? Avez-vous eu besoin d’y aller pour écrire ce roman ? Comment faites-vous vos recherches avant d’écrire ?

Je n’avais pas l’idée de la Mongolie quand j’ai commencé à écrire. Je voulais parler de Prato et de son chinatown. J’avais d’ailleurs débuté l’histoire par le chapitre 13 et je réfléchissais à un lien entre la chine et Prato pour bâtir un récit. De recherche en recherche, de fil en aiguille, la Mongolie-Intérieure (qui est une province chinoise contrairement à la Mongolie) s’est imposée comme trait d’union. Je n’y suis pas allée hélas, j’ai recueilli des témoignages de personnes qui y ont séjourné, j’ai lu beaucoup, regardé des reportages et… passé un week-end dans une yourte… en France ! ðŸ˜Š Et si je ne suis jamais allée en Mongolie, j’ai passé une semaine à Prato et j’ai fait le voyage en train en Russie…

La tradition nomade de Mongolie se perd. Mais il m’a semblé qu’elle est importante à vos yeux. Est-ce pour la transmission, pour perpétuer les traditions ancestrales, ou parce qu’elle est l’essence même d’une population qui aujourd’hui doit émigrer et s’intégrer au risque de perdre ses racines ?

C’est tout cela à la fois.

Bolormaa a eu la chance de suivre un minimum d’études, parce que ses parents ont compris l’importance de l’éducation des filles. Est-ce également le cas pour les jeunes filles de ce pays aujourd’hui ?

Oui souvent, mais toutes n’ont pas eu la chance de pouvoir apprendre dans des yourtes-écoles qui suivent les nomades. La plupart sont envoyées dans des pensionnats à la ville et ne rentrent chez leurs parents qu’une fois par an. Aujourd’hui, elles veulent presque toutes faire des études.

Lorsque Bolormaa arrive en chine, elle se lie d’amitié avec XiaoLi, une autre jeune fille. J’ai trouvé intéressant la relation entre ces deux jeunes filles, l’entre-aide, le soutien, le partage des connaissances pour essayer de s’en sortir. Pensez-vous que ce soit possible dans ce milieu qui semble si hostile, ou hélas utopiste mais indispensable pour l’équilibre du roman ?

Dans tous les endroits hostiles, il y a toujours de belles personnes qui voient plus loin que la noirceur, qui ont dans le cœur une petite lumière. Ça se vérifie dans toutes les situations extrêmes ou de crises.

Le monde du cachemire est, il me semble, étroitement lié à la Chine, à la mafia, aux ateliers clandestins. Pour écrire ce roman, avez-vous eu la possibilité de rencontrer, de connaitre la façon de travailler de ce milieu ?

Quand j’ai commencé ce roman, je ne connaissais pas grand-chose du cachemire sinon que c’était une matière belle, précieuse et agréable à porter. J’ai donc fait beaucoup de recherches sur sa fabrication et j’ai découvert tout ce que cela impliquait en trafics louches, mondialisation et problèmes écologiques.

Ces ateliers sont de véritables lieux d’esclavage moderne, savez-vous ce qu’il en est aujourd’hui ? Je crois qu’il y a eu réellement des incendies terribles dans ces ateliers, j’imagine que cela a pu être un élément déclencheur pour votre créativité ? Faire savoir, diffuser, pour que cela cesse enfin un jour ?

J’ai décrit l’incendie de l’atelier de Bolormaa à partir d’un fait divers réel que j’avais lu dans le journal « L’Unità Â» et qui avait interpellé les politiques, mais hélas, ce genre d’accident n’est pas isolé, car les clandestins fument dans les dortoirs et cuisinent comme ils le peuvent au milieu des tas de vêtements qu’ils fabriquent.

Et qu’en est-il de l’Italie ? Vous m‘avez fait découvrir Prato autrement que par la vie des peintres de la renaissance italienne, ici nous sommes loin des ateliers de Filippo Lippi ! Mais la création semble être toujours présente, bien que cannibalisée par la Chine. Est-ce un risque pour le pays ?

Les Chinois se sont installés dans les ateliers de filature et de confection qui avaient été abandonnés par les Italiens qui n’ont pas su s’adapter à la crise du textile et des nouvelles technologies. Bien que les Italiens aient vu arriver cette main-d’œuvre bon marché d’un mauvais œil, ils craignent aujourd’hui que les Chinois ne repartent chez eux ou dans un autre pays d’Europe de l’Est. C’est toute une économie qui s’est créée autour de ce chinatown qui s’écroulerait et laisserait la ville encore plus sinistrée s’ils s’en allaient.

Ce roman poursuit sa route, et cela fait plaisir aux nouveaux lecteurs dont je fais partie. Est-il toujours présent en vous ou êtes-vous déjà passée au suivant ?

Je dois dire que je n’y pense plus guère, car j’en ai écrit trois depuis et d’autres personnages ont pris le relais dans ma tête.

Et aujourd’hui ?

Nous venons de vivre une période entre parenthèses qui n’est d’ailleurs pas vraiment terminée. Mais comment l’avez-vous vécue ?

Je l’ai vécue pas trop mal. J’ai la chance d’avoir un jardin et d’habiter à côté d’une forêt. Je n’ai pas modifié grand-chose à ma façon de vivre, car je sors peu. Je passe mes journées à écrire ou sculpter, jardiner, cuisiner et ça ne changeait guère mon emploi du temps. Évidemment, les amis, les enfants, le cinéma et le théâtre de temps en temps, la chorale dans laquelle je chante commencent à me manquer.

Vous êtes écrivain, mais également, artiste, avez-vous eu envie de poursuivre la création pendant ce confinement, et si oui, quelle création, sculpture, écriture, les deux ?

Je n’ai pas écrit de roman, je n’avais pas la tête à cela et puis ce que j’aurais pu raconter me semblait faux, obsolète et à côté de la plaque. J’ai quand même tenu un journal du confinement, car il me semblait qu’il fallait garder une trace de cet évènement extraordinaire. J’ai aussi réalisé quelques sculptures.

De nombreux romans voient leur parution reportée, la période est difficile et je crois avoir vu que c’est également le cas pour le vôtre. Il me semble que cela doit être difficile après de longs mois de création, de devoir attendre. Mais que voulez-vous ou pouvez-vous nous en dire ?

Oui, c’est peut-être ce qui est le plus difficile. Le report de la publication de mon roman qui devait sortir en octobre 2020 à juin 2021 ! Parfois, je me demande comment je vais pouvoir attendre jusque-là… mais tout le monde est dans le même cas. C’est encore plus ennuyeux pour les auteurs qui avaient publié en février/mars et qui n’ont pas pu avoir de promo.

Quel lecteur, ou plutôt quelle lectrice êtes-vous ?

Avez-vous eu envie de lire ces dernières semaines ? Et si oui, quels romans avez-vous aimé ?

J’ai lu beaucoup ces dernières semaines. Quand j’écris, je ne lis pas pour ne pas être influencée ou perturbée par le style des autres romanciers alors j’en ai profité pour découvrir des écrivains et des livres dont on parlait sur les blogs.

Et dans tous les cas, quel roman aimeriez-vous nous conseiller ?

Par exemple, un auteur belge, j’en ai lu beaucoup ces derniers temps.

  • Lize Spit : Débâcle
  • Armel Job : La disparue de l’île Monsin
  • Jacquelin Harpman : La plage d’Ostende
  • Barbara Abel : Et les vivants autour
  • Marcel Sel : Rosa
  • Dominique Van Cotthem : Le sang d’une autre
  • Isabelle Wéry : Poney flottant

Un grand merci Christiana d’avoir accepté de répondre à mes questions.

Avec plaisir.

Si vous ne les connaissez pas encore, retrouvez mes chroniques de La sonate oubliée et de Cachemire rouge.

A la rencontre de Patrice Gain…

« Le paysage devient plus qu’un décor, il est dans l’action »

copyright : Jérémie Le Maout

Nous devions nous rencontrer en mars à Paris à l’occasion de la parution au Livre de Poche de son roman Terre Fauve. Mais la pandémie en a décidé autrement. J’ai aimé ce roman qui est aussi ma première découverte de l’auteur. Aujourd’hui, Patrice Gain a accepté de répondre à mes questions, alors venez, partons à sa rencontre.

Qui êtes-vous :

Vous êtes né à Nantes en 1961, mais vous êtes aujourd’hui professionnel de la montagne. La montagne plutôt que la mer, est-ce un choix de vie ?

Oui, absolument. Un choix de vie influencée très jeune par des récits d’aventures et de montagnes, « Les Conquérants de l’inutile Â» de Lionel Terray en sont un exemple. Ma passion pour les territoires d’altitudes et les grands espaces ne s’est jamais démentie. Si on m’avait mis entre les mains un livre de Moitessier, peut-être bien aujourd’hui je serais un « Vagabond des mers du sud Â». On ne sait jamais vers quel ailleurs un livre peut nous conduire…

Vous êtes écrivain, mais vous êtes aussi ingénieur en environnement, comment peut-on concilier les deux ?

Il faut apprendre à jongler avec  l’écriture, les obligations liées à la promotion des ouvrages, le travail, la vie sociale et la vie de famille. C’est un peu l’école du cirque…

Dans quelles circonstances avez-vous commencé à écrire ?

Je ne sais pas vraiment quand c’est arrivé. J’ai stocké pendant plusieurs années des feuillets, sans me soucier de ce que j’allais en faire. Puis un jour, je me suis dit qu’il y avait peut-être matière à en faire quelque chose.

Avant Terres Fauves, vous avez publié deux romans La Naufragée du lac des Dents Blanches et Denali. Pourquoi avoir choisi le roman, plus particulièrement le thriller, dont les codes sont, il me semble, moins libres que le roman ?

Lors d’un trajet en voiture avec Yves Bichet, je me souviens l’avoir entendu dire : « Pour écrire, il faut avoir quelque chose à dire. Â» J’écris avant tout des histoires que j’aimerais lire. Des histoires souvent assez noires, mais qui collent de près à la réalité, comme pour « Le sourire du scorpion Â», mon dernier roman. Je ne m’attache donc pas à un code, mais seulement à « ce que j’ai à dire. Â»

À propos de vos romans :

Vous vivez à la montagne depuis des années, est-ce pour ça que vos romans y sont en partie situés ? L’endroit où vous situez vos personnages à une importance pour l’action à venir, pour leur personnalité ou leur façon de se révéler ?

Disons que dans mes romans on croise assez régulièrement des montagnes et des hommes qui les gravissent. Ce sont des images constitutives du texte, mais pas son fondement. Quand j’écris, il me faut une histoire et un territoire, puis je pose mes personnages au milieu. Ils interagissent ensuite les uns avec les autres.

Il me semble que vous aimez la montagne et la nature, en tout cas c’est ce que l’on ressent à vous lire, par vos descriptions. Mais ce n’est pas forcément le cas de David McCae, votre héros. Et de plus, la montagne n’est pas seulement belle, elle peut être aussi dangereuse, comme la faune ou la nature en général, c’est d’ailleurs ce que vous montrez si bien dans ce roman. Pourquoi avoir choisi de placer votre héros dans une situation aussi inconfortable ? Que cherchiez-vous à prouver ?

Je ne cherche pas à prouver quoi que ce soit, ni même à donner des leçons. Il y a des hommes qui vont sur la mer, d’autres qui gravissent des sommets vertigineux ou qui arpentent des déserts glacés, mais sont-ils pour autant plus apte à la vie que le citadin qui fuit ces grands espaces ? Chacun d’entre nous traîne dans ses valises ses phobies, ses rancÅ“urs, ses peines  et ses joies…

Mes personnages cultivent souvent une forme d’ambiguïté que j’aime attiser, introspecter. J’aime étudier leur psychologie, comme la résilience de David face aux épreuves, à sa descente aux enfers et face aux hommes rencontrés, portant parfois en eux l’ambivalence du bien et du mal.

David a une conscience très forte de notre époque, ce qui lui fait dire ceci quand il rencontre les gars de Kluane Wilderness « J’ai parfois le sentiment de me trouver à un croisement de l’humanité: l’un des chemins ancre l’homme dans sa condition de prédateur et l’autre l’amène à s’en éloigner et à cultiver ce qu’il mange. » C’est très révélateur de sa personnalité.

Alors qu’il débute un peu en looser, il va finir par se révéler au fil des pages et des tonnes d’épreuves qu’il va surmonter. Est-ce une envie de lui donner une carrure à la hauteur de vos attentes, et des nôtres simples lecteurs ?

David est un citadin assez classique. Jean Cocteau disait : « La campagne, on s’y ennui le jour et on a peur la nuit Â». David aurait aimé l’entendre dire ça.

Les épreuves, les personnes qu’il va croiser, lui donnent à voir le monde différemment. À se révéler aussi.

L’Alaska, dans les romans précédents le Canada ou le Montana. L’Amérique et ses grands espaces vous attirent. Y êtes-vous allé pour pouvoir les décrire aussi bien ? Comment se passe votre travail d’écriture et de recherche, je pense en particulier aux paysages qui ont une place importante, et aux superbes scènes que vous nous offrez dans Terres fauves.

Je connais effectivement la plupart des territoires dans lesquels je situe mes romans. L’immersion du lecteur dans les paysages arpentés par mes personnages n’a de sens que lorsqu’elle sert le texte. Le paysage devient plus qu’un décor, il est dans l’action.  

Depuis Terres fauves, vous avez écrit un autre roman, de quelle façon recevez-vous la parution en poche qui permet d’atteindre un nouveau lectorat, et le fait d’être sélectionné pour le prix des lecteurs ?

Très clairement, la parution de Terres fauves chez Le livre de poche donne une seconde vie à mon roman, auprès d’un autre lectorat et par voie de conséquence, plus de visibilité pour moi, l’auteur. J’ai conscience que c’est une énorme chance. Il suffit de jeter un œil à la qualité du catalogue. La cerise sur le gâteau, c’est la sélection pour le prix des lecteurs. J’en profite pour remercier le travail de Zoé Bellée, l’éditrice qui gère les collections policier / thriller chez Le livre de poche.

Quel lecteur êtes-vous ?

Êtes-vous vous-même un lecteur de thriller ? Avec des auteurs en particulier que vos appréciez, des styles, ou êtes-vous plutôt éclectique ?

Mes lectures sont très éclectiques. Il y a des tas de livres que j’aimerai lire, mais j’ai du mal à suivre le train de mes envies. Dans le registre noir et thriller, je citerai John Steinbeck, Larry Brown, Charles Williams, Jim Thompson, Kent Haruf…

Avez-vous lu un roman en particulier pendant le confinement que vous souhaitez nous conseiller ?

Vanda de Marion Brunet. Un excellent roman qui tisse la trame psychologique d’une femme en déshérence qui élève seule son fils.

Quelle va être votre prochaine lecture ?

J’ai plusieurs livres qui m’attendent, mais je n’ai pas encore fait mon choix.

Votre dernier roman, Le sourire du scorpion, est dans la première sélection du Prix Orange du Livre, une forme de visibilité bienvenue après cette difficile période de confinement. Il me semble que c’est toujours une bonne nouvelle de faire partie des sélections de Prix Littéraires, qu’en pensez-vous ?

Je confirme que c’est toujours une très agréable nouvelle, mais dans le contexte actuel, cela a un goût particulier. C’est quitter le silence d’un refuge après une période de mauvais temps et croire qu’atteindre le sommet est encore possible

Un grand merci Patrice Gain d’avoir accepté de répondre à mes questions.

Maintenant, il nous reste de beaux romans à découvrir chez Le mot et le reste ou au Livre de Poche.

Retrouvez mes chroniques de Terre Fauve et de Vanda, le roman conseillé par Patrice Gain.

Terres fauves, Patrice Gain

Sur les terres glacées de l’Alaska, un roman violent et humain à découvrir d’urgence

David McCae est un jeune écrivain new-yorkais. Sa femme l’a quitté mais squatte encore leur appartement et Sydney, son éditeur, attend impatiemment son dernier manuscrit. Mais l’enthousiasme l’a quitté, il rédige les mémoires du gouverneur Kearny et bloque sur son texte. Envoyé par Sydney, David pourtant phobique de l’avion part rencontrer Dick Carlson en Alaska. Cet alpiniste de renommé mondiale est un ami de Kearny, il doit lui fournir de quoi ajouter un chapitre glorieux aux mémoires du gouverneur.

Ce jeune citadin qui déteste la nature va être servi. L’arrivée à Valdez est brutale dans cette région où le froid glacial n’est pas seulement météorologique mais aussi dans l’accueil qu’il reçoit. Installé dans un hôtel vide et gelé, il ressent une véritable animosité à son encontre sans comprendre pourquoi. Le rendez-vous avec Carlson ne se passe pas sereinement. Carlson n’est ni causant ni aimable, et ses explications à propos du fabuleux sommet que les deux hommes ont atteint ensemble pas très limpides. Qui plus est, l’alcool et les enregistrements aidant, David en apprend un peu trop sur cet événement. Le lendemain de leur rencontre, David est embarqué en hélicoptère avec une équipe de chasseurs à l’ours vers une cabane au milieu de paysages de rêves. De rêve pour qui aime la nature la plus sauvage dans le grand froid, la neige et la glace. Et la nature, Patrice gain sait nous la faire autant apprécier que redouter par ses descriptions si réalistes. Là, après des rencontres et quelques journées inquiétantes, l’équipe repart… sans lui. David  se retrouve seul avec Lenny, l’homme apparemment handicapé mental qui est aussi le gardien des lieux. Le combat s’annonce inégal face à la nature qui reprend vite ses droits. David va devoir puiser dans des ressources insoupçonnées pour survivre.

Pourquoi ? Et comment en est-il arrivé là ? Vous avez un peu plus de 200 pages pour le découvrir et je vous assure que vous ne serez pas déçu de votre voyage en Alaska.

Patrice Gain a su m’embarquer avec ses personnages, ses étendues glacées et ses descriptions de nature magnifique. Il insuffle un air nouveau au genre, avec ce roman que l’on ne lâche pas. Suspense, intrigue, pas trop d’hémoglobine, une enquête présente et des personnages atypiques, puis en arrière-plan mais bien présente, la relation au père et à la paternité voulue ou pas. Voilà un vrai thriller intelligent et addictif.

Retrouvez ici ma rencontre avec Patrice Gain pour parler entre autre de ce roman

Catalogue éditeur : Le mot et le reste ; Le Livre de Poche

« Quand le soleil est passé derrière les sommets et que les eaux de la baie sont devenues noires, j’ai compris que personne ne reviendrait me chercher. »
Missionné par son éditeur, David McCae, écrivain new-yorkais, se retrouve parachuté du jour au lendemain en Alaska pour terminer les mémoires du gouverneur de l’État de NY. Afin d’étoffer un chapitre élogieux, il doit recueillir les confidences d’un alpiniste de renommée mondiale et ami proche de l’homme politique. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Plus adepte du lever de coude que de l’amabilité, l’aventurier n’en est pas moins disert et David en apprend beaucoup. Trop. Seul et démuni, dans une nature austère et glaciale, le prête-plume va devoir apprendre à sauver sa peau…

256 pages / Date de parution : 29/01/2020 / EAN : 9782253181446 / Prix : 7,40€ / disponible en format numérique chez Le mot et le reste

Partir à la rencontre de Frédéric Couderc

« Je suis une sorte d’anti écrivain voyageur… »

Yonah ou le chant de la mer le dernier roman de Frédéric Couderc est paru juste avant le confinement. Il a donc subi de plein fouet ces deux mois de silence, ni rencontre, ni salon, pour le faire connaître. Mais ce serait dommage de passer à côté de cette belle aventure humaine. Je l’ai beaucoup aimé, vous pouvez d’ailleurs retrouver ma chronique ici, j’espère qu’elle vous donnera envie de le découvrir à votre tour.

Ce qu’en dit l’éditeur : Yonah ou le chant de la mer fait le pari de l’humanité, et révèle à travers l’histoire d’une famille morcelée celle d’un pays où certains gardent encore espoir.

Frédéric Couderc a accepté de répondre à quelques questions à propos de ce roman qui nous entraine à Tel-Aviv et qui m’a totalement séduite.

Comme à chacun de vos romans, avec « Yonah ou le chant de la mer » on voyage dans un pays à travers l’histoire d’un personnage en particulier. Ici, vous nous faites découvrir la vie d’Abie Nathan. Comment l’avez-vous découvert ? Pourquoi avoir eu envie d’en parler ?

Inspiré par les fantastiques séries israéliennes du moment (Fauda, False flag, When heroes fly, Our boys, Nehama…) je cherchais mon sujet du côté de Tel-Aviv, que j’ai fréquenté il y a 20 ans, et qui me semblait incarner ce côté « montagne russe Â» que je recherche toujours. En fait, je suis une sorte d’anti écrivain voyageur, hostile aux lieux communs de l’exotisme, à une certaine emphase. Je me déplace de telle ville à telle ville pour retrouver des points communs entre les humains, dans le détail montrer des diversités, mais m’attarder sur les fondamentaux : les histoires d’amour, de transmission, de deuil. Si, d’ailleurs, on ne devait trouver qu’un mérite au Covid, c’est celui-ci : on se joue toujours très facilement des frontières.

Qu’est-ce qui vous a le plus attiré, le discours, l’époque, le personnage ?

Abie Nathan est le point de départ, et finalement le prétexte à ce texte. Je ne veux surtout pas être son biographe. On n’est pas du tout dans le biopic, le « d’après une histoire vraie Â». C’est un roman et je me moque d’ailleurs un peu de ça en inventant un tournage, une mise en abyme. C’est un livre plus intello qu’il n’y paraît, même si je n’aurais jamais un papier dans Télérama (rires). Je n’ai pas la carte à Saint-Germain-des-Près.

Israël, pays de contradictions, de conflits, avez-vous eu besoin d’y aller pour écrire ce roman ?

Oui, bien sûr,  j’ai passé un long séjour à Tel-Aviv. Mais je ne prétends pas écrire sur Israël. Mon truc, c’est de choisir des villes en toile de fond. Pas des pays. Si Gaza se situe à quelques minutes de roquettes, Tel-Aviv n’est absolument pas une ville de conflits, au contraire, enfin, il faut lire le roman pour comprendre…

J’ai trouvé intéressante l’approche des religieux intégristes juifs, qui démontre si besoin était que l’intégrisme est présent dans chacune des grandes religions, et ses dégâts évident sur une société, sur les jeunes. Est-ce un message que vous vouliez aussi faire passer ?

Oui, j’ai visité le quartier de Mea Shearim à l’âge de 20 ans, et à l’époque les ultraorthodoxes, bien qu’ils brûlaient déjà des salles de cinéma, conservaient une forme de bienveillance dans le regard des visiteurs. Je reviens à ce romantisme, cet exotisme, qui me paraît assez dangereux. Zeev, mon héros, ne les supporte pas. L’instinct chez lui se mêle toujours à une obsession : lutter contre la loi du plus fort. Chez les ultraorthodoxes se sont les femmes et les enfants qui sont broyés.

On aime cette famille, ce couple atypique et ses deux enfants très différents. Le fait qu’ils soient aussi différents, pensez-vous que ce soit le propre de toutes les familles ? Et la complexité de les laisser vivre leur vie, alors qu’on voudrait tant leur montrer le chemin peut-être ?

Il y a dès le début cette citation de Zeruya Shalev, elle est un fil rouge au roman : je crois, oui, qu’il s’agit toujours de donner et redonner vie à nos enfants.  C’est un roman familial, comme on dit. Clairement Abie, l’activiste, est un monstre d’égoïsme chez moi, c’est bien joli de se battre pour la paix dans le monde, mais si on n’est même pas capable de se déployer pour les siens, de trouver en soi cette générosité, c’est une existence plutôt ratée je trouve… Mais là encore tout est encore dans le sous-texte. Puisqu’on parle de série, je ne vais pas me spoiler quand même… Je pense que les personnages sont assez solides, mais l’intrigue est travaillée aussi je trouve. 

Il m’a semblé, contrairement aux deux romans précédents, que la relation mise en avant est moins celle du couple que celle des parents avec leurs enfants et en particulier du père, d’abord avec son fils, puis avec sa fille Yonah.

Le roman est dédicacé à ma petite Violette. J’ai quatre enfants, c’est naturellement la chose la plus importante dans mon existence, l’aventure ultime que ça représente, avec la femme de ma vie, c’est bien plus fort, naturellement, et bien plus difficile aussi, que d’écrire un texte, faire un film. Excepté quelques génies, je suis toujours un peu gêné par celles et ceux qui placent leur « Å“uvre Â» devant tout, c’est plutôt du pur égoïsme, non ?

Pour vous, être père, est-ce naturel, une évidence, ou au contraire faut-il s’y préparer ?

Ah, les trois ! Mais surtout une réinvention permanente. Ce que fait Zeev pour Rafael, puis Yonah, dans le roman, donne la clef…

Quel message aimeriez-vous que l’on retienne de ce roman s’il ne devait y en avoir qu’un ?

Les failles et tout l’amour de la famille Stein, surtout ! Mais aussi la dimension intime du conflit israélo palestinien. Ni sioniste, ni pro-palestinien, je laisse le lecteur choisir finalement… 

Avez-vous aimé un livre en particulier pendant ces semaines confinées d’une vie comme entre parenthèse ?

J’ai détesté chaque minute de ce confinement, les réactions de la plupart de mes contemporains, sinon François Sureau et André Comte Sponville qui ont clairement énoncé mes ruminations rageuses. Écrire, c’est une réclusion volontaire, pour éprouver la plus grande liberté possible, écouter les tambours du monde. Kessel est mon modèle, imaginez-le remplir une attestation dérogatoire pour sortir à un kilomètre de chez lui ! Ma littérature est celle du contact social, du « toucher Â», avec Adbdennour Bidar je pense qu’en voulant sauver la vie nous l’avons dans le même temps coupée de tous les liens qui la nourrissent. Nous avons cessé d’exister pour rester en vie. Mon héros Zeev aurait été furieux. Sa femme Hélène plus mesurée. Yonah aussi et Rafael à deux doigts de péter les plombs. C’était un peu pareil chez moi… J’ajoute enfin que je ne comprends même pas ce discours « feel good book Â» autour d’un retour sur soi, d’une parenthèse enchantée avant un « monde d’après Â». La vérité, c’est que la plupart des écrivains sont anéantis, effondrés, prêts à mettre la clef sous la porte.  

– Quel conseil de lecture aimeriez-vous nous donner ?

Pour rester à Tel-Aviv, et rire, toute l’œuvre d’Etgar Keret.

Un grand merci Frédéric pour vos réponses.

C’est toujours un grand plaisir de lire les romans de Frédéric Couderc, à votre tour de découvrir celui-ci, disponible dans toutes nos librairies. Et pour aller plus loin, Etgar Keret est publié chez Actes-Sud

Retrouvez mes chroniques de Yonah ou le chant de la mer, Le jour se lève et ce n’est pas le tien et Aucune pierre ne brise la nuit. Et du roman jeunesse Je n’ai pas trahi. Ainsi que l’entretien avec Frédéric Couderc lors de la parution du roman Aucune pierre ne brise la nuit.