Signac, les harmonies colorĂ©es

Paul Signac (1863 – 1935) maître du paysage et théoricien du néo-impressionnisme.

J’ai eu le plaisir de visiter cette belle exposition au MusĂ©e Jacquemart-AndrĂ© et de mieux connaĂ®tre l’œuvre et les Ă©volutions du style de Paul Signac (1863 – 1935).

En parallèle aux 25 toiles de l’artiste, avec par exemple Avant du Tub (1888), Saint-Briac. Les Balises (1890), Saint-Tropez. Après l’orage (1895), Avignon. Matin (1909) ou Juan-les-Pins, Soir (1914) et ses superbes aquarelles, l’exposition proposait aussi des Ĺ“uvres de ses contemporains, Georges Seurat, Camille Pissarro, Maximilen Luce, ThĂ©o Van Rysselberghe, Henri-Edmond Cross, Louis Hayet, Achille LaugĂ©, Georges Lacombe et Georges Lemmen.

Le visiteur pouvait suivre un parcours chronologique qui lui permettait de retrouver les premiers tableaux impressionnistes de Signac et l’influence évidente de Claude Monet, puis la rencontre avec Georges Seurat en 1884 et son changement de style, enfin ses œuvres très colorées du XXe siècle.

À travers la vie et l’œuvre de Signac on comprend mieux son travail de libération de la couleur, et l’histoire du néo-impressionnisme.

Que sur toi se lamente le Tigre, Émilienne Malfatto

En Irak, la tragĂ©die inexorable du crime d’honneur par ceux qui la perpĂ©tuent

Elle vit en Irak, de nos jours, sur les bords du Tigre. C’est une jeune femme amoureuse qui a cĂ©dĂ© Ă  son futur mari avant son dĂ©part au combat. Cela aurait pu ĂŞtre une belle histoire ailleurs ou en d’autres temps. Mais alors que Mohammed meurt sous les bombes, leur instant de bonheur fugace a portĂ© ses fruits et elle attend un enfant.

Quel bonheur ! Non, quelle catastrophe, car cette vie qui pousse en elle signe son arrĂŞt de mort. L’honneur est plus important que la vie. Chez nous mieux vaut une fille morte qu’une fille mère

Chacun Ă  son tour, les diffĂ©rents protagonistes de cette triste mais contemporaine et implacable histoire vont Ă©mettre leur avis sur cette situation qu’aucun d’entre eux ne tentera de stopper : le dĂ©cès annoncĂ©, ou plutĂ´t le meurtre annoncĂ©, par le frère aĂ®nĂ©, de celle qui pourrait apporter l’opprobre sur la famille.

Le crime d’honneur, cette tradition d’un autre temps est une rĂ©alitĂ© sanglante qui a bien court de nos jours dans le secret des familles. Parce que la tradition, parce que l’honneur, parce que la honte, aucun ne s’y oppose, aucun ne compatit. La mère, la petite sĹ“ur qui devra oublier jusqu’au nom de celle qui doit disparaĂ®tre, Baneen la belle sĹ“ur qui vit en totale conformitĂ© avec les règles et n’interviendra pas, c’est Ă©vident. Le jeune Ali, ce frère aussi lâche que faible qui condamne mais ne fera rien, ne dira rien, n’empĂŞchera rien. Amir, le frère aĂ®nĂ©, tient son rĂ´le, celui du meurtrier en puissance, Mohammed le jeune amant mort au combat. Et elle, celle par qui le scandale pourrait arriver, celle qui a fautĂ© et accepte son sort avec fatalisme, se demandant si elle aurait aimĂ© vivre, aimĂ© cet enfant, aimĂ© cet homme. Un seul d’entre eux, Hassan, bien trop jeune, se demande quelle aurait Ă©tĂ© ou que serait sa rĂ©action s’il avait quelques annĂ©es de plus et le droit Ă  la parole.

Et toujours fidèle, le Tigre charrie sur ses eaux la mémoire, les regrets, les silences.

Un roman bref mais puissant, des phrases courtes et percutantes qui disent tout en si peu de mot. Les traditions, les sentiments, les regrets et les contraintes, l’espoir et la rĂ©signation, dans ce pays oĂą la loi des hommes est toute puissante. Le code d’honneur est une atrocitĂ© et les femmes sont ses victimes, hĂ©las encore bien trop souvent aujourd’hui. Ă€ lire, Ă  faire lire, Ă  partager.

Catalogue Ă©diteur : Elyzad

Dans l’Irak rural d’aujourd’hui, sur les rives du Tigre, une jeune fille franchit l’interdit absolu: hors mariage, une relation amoureuse, comme un Ă©lan de vie. Le garçon meurt sous les bombes, la jeune fille est enceinte: son destin est scellĂ©. Alors que la mĂ©canique implacable s’Ă©branle, les membres de la famille se dĂ©ploient en une ronde d’ombres muettes sous le regard tutĂ©laire de Gilgamesh, hĂ©ros mĂ©sopotamien, porteur de la mĂ©moire du pays et des hommes.
InspirĂ©e par les rĂ©alitĂ©s complexes de l’Irak qu’elle connait bien, Émilienne Malfatto nous fait pĂ©nĂ©trer avec subtilitĂ© dans une sociĂ©tĂ© fermĂ©e, rĂ©gentĂ©e par l’autoritĂ© masculine et le code de l’honneur. Un premier roman fulgurant, Ă  l’intensitĂ© d’une tragĂ©die antique.

EAN : 9789973581228 / 80 pages / 03/09/2020

Montagnes Russes, GwĂ©nola Morizur, Camille Benyamina

Vouloir ĂŞtre parents Ă  tout prix, est-ce possible ?

ĂŠtre parents Ă  tout prix n’est pas donnĂ© Ă  tous les couples. Le parcours peut s’avĂ©rer long, difficile et sans issue heureuse.

AimĂ©e et Jean ne le seront sans doute jamais, malgrĂ© leur dĂ©sir fou d’avoir un enfant, malgrĂ© leur amour si fort, malgrĂ© la science et ce qu’elle peut parfois apporter pour aider une nature trop capricieuse. Pour eux, point de FIV, de maternitĂ© heureuse, de ventre arrondi et de layette Ă  choisir. Ni la nature ni le progrès et ses Ă©volutions ni pourront rien. Il y a parfois bien des tensions dans ce couple si uni malgrĂ© l’Ă©preuve, bien des regrets face Ă  l’Ă©chec.

AimĂ©e travaille dans une crèche. Un mĂ©tier qu’elle aime, des enfants auxquels parfois elle s’attache. Comme avec ce petit Julio si craquant que sa mère a bien du mal Ă  gĂ©rer. Une succession de retards et de manque d’attention de la part de sa mère, et AimĂ©e commence Ă  s’occuper un peu trop de ce petit garçon. Une forme d’amitiĂ© va mĂŞme s’esquisser entre les deux femmes. Mais comme pour les montagnes russes, elle oscille entre confiance, dĂ©fiance et jalousie, et bientĂ´t les complications s’annoncent…

La douceur ou l’énergie du dessin et des couleurs, le graphisme dynamique et parfois sombre, mais surtout les situations qui semblent tellement justes, rĂ©alistes et humaines donnent une cohĂ©rence et un rendu particulièrement touchants. Le parcours du dĂ©sir d’enfant, les espoirs déçus, la tristesse et la rĂ©signation, sont très bien dĂ©crits et aident Ă  mieux comprendre ceux qui traversent une telle Ă©preuve.


Catalogue Ă©diteur : Grand Angle

“ Une histoire d’amour et d’amitiĂ© : de celles qui nous prennent par surprise, nous oxygènent et nous mĂ©tamorphosent.  
AimĂ©e et Jean rĂŞvent d’avoir un enfant. C’est devenu une idĂ©e fixe et les Ă©checs successifs de procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e sont de plus en plus durs Ă  accepter. Dans la crèche oĂą AimĂ©e travaille, elle fait la connaissance de Charlie, qui Ă©lève seule ses trois enfants, et vient inscrire Julio, son petit garçon. Lorsqu’AimĂ©e prend sous son aile l’enfant de Charlie, un lien se tisse entre elles, plus grand et plus fort qu’elles ne l’auraient imaginĂ©. Une histoire qui nous entraĂ®ne sur les montagnes russes, dans ces hauts et ces bas qui ressemblent Ă  la vie, et les sensations fortes qui les accompagnent.  

Scénario : Gwénola MORIZUR Dessin, Couleur : Camille BENYAMINA

Paru le 02 Juin 2021 / 16,90 € / 80 pages / ISBN 978-2-81897-600-5

Prix littĂ©raire de la Vocation 2021

Quel bonheur et quel honneur de participer au jury du prix littéraire de la Vocation.

Le prix littéraire de la Vocation est décerné par la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet. Créé par le fondateur de Publicis, il récompense depuis 1976 des auteurs d’expression française âgés de 18 à 30 ans, pour des romans publiés depuis juin de l’année précédente.

De nombreux Ă©crivains ont reçu ce prix depuis sa crĂ©ation, Victor Jestin (2019) et SalomĂ© Berlemont-Gilles (2020), mais aussi AmĂ©lie Nothomb, Christophe Ono-Dit-Biot, Kaouther Adimi, François-Henri DĂ©sĂ©rable, Alain Blottière, Jean-Marie Laclavetine, Didier van Cauwelaert pour ne citer qu’eux.

La sĂ©lection 2021 :

  • Anne-Lise Avril, Les confluents, Éditions Julliard
  • Judith da Costa Rosa, Les Douces, Éditions Grasset et Fasquelle
  • Shane Haddad, Toni tout court, Éditions POL
  • Jean-François Hardy, La riposte, Éditions Plon
  • Floriane Joseph, La Belle est la BĂŞte, Editions Frison-Roche Belles Lettres
  • Maud Ventura, Mon mari, Éditions de L’Iconoclaste
  • Clara YsĂ©, Mise Ă  feu, Éditions Grasset Fasquelle

Ces sept romans sont lus par le jury composĂ© de Kaouther Adimi, Jean-Luc BarrĂ©, Anne de la Baume, Alain Germain, Christophe Ono-Dit-Biot, Erik Orsenna, Philippe Taquet, Émilie de Turckheim et par le jury des blogueuses : Ghislaine Antoine (Le domaine de Squirelito), Sylvie Ferrando (La cause littĂ©raire), Nicole Grundlinger (Mots pour mots) et Domi C Lire…

Le lauréat sera proclamé au mois de septembre.

La maĂ®tresse du peintre, Simone van der Vlugt

Faire tomber Rembrandt de son piédestal à travers sa relation avec Geertje Dircx, la nourrice de son fils

Geertje Dircx n’est sans doute pas nĂ©e sous la meilleure Ă©toile possible, mĂŞme si une partie de sa vie a malgrĂ© tout Ă©tĂ© heureuse et confortable. Pourtant, Simone van der Vlugt nous dĂ©voile ici la relation ambiguĂ« qu’elle a eu avec Rembrandt et la façon bien peu glorieuse qu’Ă  eu l’artiste pour s’en dĂ©barrasser. Car s’en dĂ©barrasser est bien l’expression qui convient. En 1650, lorsque s’ouvre le roman, Geertje est arrĂŞtĂ©e par la marĂ©chaussĂ©e et emmenĂ©e de force dans une maison de correction dans laquelle elle passera douze très longues annĂ©es. Que s’est-il donc passĂ© pour en arriver lĂ  ?

Issue d’un milieu très modeste, la jeune femme travaille Ă  Édam au marchĂ© aux poissons, puis part Ă  la ville pour se proposer comme servante dans une auberge Ă  Hoorn. Elle y rencontre Abraham, un marin qui souhaite rapidement l’Ă©pouser. HĂ©las, la jeune femmes devient veuve très jeune et ses espoirs de vie meilleure s’envolent avec le dĂ©cès prĂ©maturĂ© de son Ă©poux. La voilĂ  ensuite entrĂ©e au service d’une famille aisĂ©e de sa ville pour s’occuper de leurs enfants. Elle entre au service de de Rembrandt, pour aider son Ă©pouse, puis devient gouvernante de son fils Titus au dĂ©cès de Saskia.

Une relation d’abord ambiguĂ«, puis amoureuse s’instaure alors entre l’artiste et la jeune femme. Mais dans la Hollande puritaine de l’Ă©poque, il est impossible de vivre une relation amoureuse hors mariage. De promesses en mensonges, Rembrandt se lassera vite de celle qu’il ne pourra dans tous les cas jamais Ă©pouser.

Ce que j’ai aimĂ© ?

Cette incroyable et violente incursion dans la vie de Geertje, la façon dont elle sera traitĂ©e par son amant qui pourtant a tant besoin d’elle, la violence du rejet après l’amour et le bonheur de façade, jamais consolidĂ© par de quelconques liens. Et surtout la façon ignoble dont le maĂ®tre absolu de la peinture flamande s’est dĂ©barrassĂ© de celle qui le gĂŞnait.

Je ne peux que vous recommander cette lecture, Ă©mouvante, instructive, avec de vrais accents fĂ©ministes, qui replace les hommes Ă  leur vraie place et montre une fois de plus Ă  quel point il est difficile pour les petits d’entrer durablement dans le cercle des grands. J’ai aimĂ© le cĂ´tĂ© historique du roman qui nous fait dĂ©couvrir les us et coutumes du Amsterdam du siècle d’or. Cela m’a fait penser au roman Miniaturiste, Jessie Burton, qui se situe en 1686, et que j’avais Ă©galement beaucoup aimĂ©.

Catalogue Ă©diteur : 10/18, Philippe Rey

Traduction de Guillaume Deneufbourg

L’histoire saisissante et vraie de Geertje Dircx, maĂ®tresse dĂ©savouĂ©e du peintre Rembrandt, ici rĂ©habilitĂ©e. Un jour de juillet 1650, Geertje Dircx est arrĂŞtĂ©e par la ville d’Amsterdam, poussĂ©e de force dans une voiture et conduite Ă  la Spinhuis de Gouda, maison de correction pour femmes oĂą elle restera enfermĂ©e douze… Lire la suite

Auteure à succès aux Pays-Bas, Simone van der Vlugt a publié des romans historiques et des thrillers. Elle a reçu plusieurs récompenses, dont le prestigieux Prix du Livre de l’année.

Date de parution : 20 mai 2021 EAN : 9782264078063 / pages 312 / prix 7.80 €

L’heure bleue, Peder Severin Krøyer musĂ©e Marmottan Monet

Profiter des plus de soixante chefs-d’œuvre de cette première exposition monographique consacrée à l’un des plus grands maîtres de la peinture danoise Peder Severin Krøyer (1851-1909). Ce successeur de Købke et prédécesseur d’Hammershøi tient une place majeure dans l’art de son temps. Ce peintre prolifique et excellent dessinateur est aussi un photographe au regard humaniste et bienveillant.

S’il est un contemporain de Vilhelm Hammershøi (1864-1916) dont je vous avais parlĂ© ici Hammershøi, le maĂ®tre de la peinture danoise, musĂ©e Jacquemart AndrĂ©, Peder Severin Krøyer est au plein air ce que Hammershøi fut Ă  la scène d’intĂ©rieur. C’est aussi un extraordinaire interprète de l’heure bleue, ce phĂ©nomène mĂ©tĂ©orologique qui prĂ©cède le crĂ©puscule et se dĂ©ploie surtout aux lointains bords de mer septentrionaux. FormĂ© Ă  l’AcadĂ©mie des Beaux-arts de Copenhague et Ă  l’atelier de LĂ©on Bonnat, Ă  Paris, on peut le qualifier plus certainement de peintre naturaliste qu’impressionniste.

De nombreuses Ĺ“uvres dont j’ai apprĂ©ciĂ© la beautĂ©, les couleurs, les paysages, mais aussi les thèmes, avec ces scènes de pĂŞcheurs, rĂ©unions de famille, portraits ou rencontres avec les amis, donnent une image chaleureuse et rĂ©aliste de son Ă©poque.

Le double portrait de son épouse Marie et de leur amie, l’artiste Anna Ancher, seules, cheminant, entre mer et plage, sur une étroite bande de sable qui traverse la toile pour s’élever très haut dans l’horizon clôt le parcours. Intitulé Soirée calme sur la plage de Skagen, Sønderstrand (Anna Ancher et Marie Krøyer marchant) (1893, Skagen, Skagens Kunsmuseer) ce chef-d’œuvre est incontestablement la toile la plus illustre de Peder Severin Krøyer et sans doute la plus poétique.

Une très belle exposition à savourer grâce à la jauge réduite dans le respect des mesures sanitaires. Exposition placée sous le haut patronage de la Reine Margrethe II du Danemark.

OĂą : musĂ©e Marmottan Monet 2, Rue Louis Boilly Paris
Quand : jusqu’au 26 septembre 2021

Gabrielle Chanel. Manifeste de Mode, Palais Galliera

Dans les magnifiques espaces du Palais Galliera, musĂ©e de la Mode de la Ville de Paris, c’est un bonheur de voir la grande rĂ©trospective de cette couturière hors normes qu’a Ă©tĂ© Gabrielle Chanel (1883-1971).

Sur près de 1 500 m2 et plus de 350 pièces, Gabrielle Chanel. Manifeste de mode nous invite Ă  dĂ©couvrir ou redĂ©couvrir ce qui a fait l’univers de la crĂ©atrice et du style Chanel Ă  l’allure chic.

OrganisĂ©e de façon chronologique pour permettre aux visiteurs de mieux suivre l’Ă©volution de ces crĂ©ations emblĂ©matiques dont nous avons tous entendu parler. Depuis sa fameuse marinière en jersey de 1916, on passe ensuite par ses petites robes noires et ses modèles sport des AnnĂ©es folles pour arriver jusqu’aux somptueuses robes sophistiquĂ©es des annĂ©es 30.

Sans oublier bien sĂ»r son parfum emblĂ©matique lui aussi, le N°5 crĂ©Ă© en 1921, quintessence de l’esprit de « Coco » Chanel. On pourra d’ailleurs lire Ă©galement Ă  ce propos le roman Mademoiselle Coco et l’eau de l’amour, de Michelle Marly.

Quelques pièces de joaillerie et de bijoux fantaisie clĂ´turent en beautĂ© l’exposition.

J’ai particulièrement apprĂ©ciĂ© de regarder Ă  loisir les dĂ©tails, plis, fronces, coutures, tissus utilisĂ©s, plumes, soies, dentelles, broderies, perles ton sur ton, en admirer Ă  la fois la simplicitĂ© apparente et la sophistication et voir le superbe rendu et l’allure finale.

Les pièces proposĂ©es sont issues des collections de Galliera, du Patrimoine de CHANEL, de musĂ©es internationaux (le Victoria & Albert Museum de Londres, le De Young Museum de San Francisco, le Museo de la Moda de Santiago du Chili, le MoMu d’Anvers…) et de collections particulières, comme les tailleurs de Grâce de Monaco par exemple.


OĂą :
Palais Galliera, musée de la mode de la Ville de Paris
10, Avenue Pierre Ier de Serbie 75116 Paris
Quand : jusqu’au 18.07.2021
RĂ©servation obligatoire sur www.billetterie-parismusees.paris.fr

La belle aventure du Prix Audiolib

C’est fini ! La belle aventure du Prix Audiolib est terminĂ©e pour moi, puisque j’ai Ă©coutĂ© et, pour la plupart en tout cas, apprĂ©ciĂ© les dix titres de la sĂ©lection 2021. Mais vient le moment oĂą il faut classer pour le jury final, alors mĂŞme si j’en aurais bien mis certains ex æquo voici mon classement final.

Ă€ partir du vote de l’ensemble des jurĂ©s, il restera une sĂ©lection de cinq titres, qui sera soumise au jury des lecteurs sur le site Audiolib.

Voici donc mon classement :

  1. LĂ  oĂą chantent les Ă©crevisses (Ă©coute et lecture +++++)
  2. Nickel Boys (Ă©coute ++++ et lecture +++++)
  3. Betty (Ă©coute et lecture +++++)
  4. Le consentement (Ă©coute et lecture +++++)
  5. Le poète (écoute et lecture +++++)
  6.  (ou 5 ex æquo) Taqawan (Ă©coute +++++ et lecture ++++)
  7. La soustraction des possibles (Ă©coute et lecture ++++)
  8. Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs (écoute ++++ et lecture +++)
  9. Rhapsodie des oubliés (écoute ++ et lecture +++)
  10. Du côté des indiens (écoute +++ et lecture ++)

L’Ă©coute de ces dix titres a Ă©tĂ© une belle expĂ©rience, il m’a Ă©tĂ© difficile de n’en choisir que cinq.

Un fois que l’ensemble des jurĂ©s aura donnĂ© sa sĂ©lection nous connaĂ®trons les 5 finalistes. Dès l’annonce des 5 finalistes ce sera Ă  vous de voter sur le site Audiolib entre le 22 juin et le 22 aoĂ»t 2021. Le laurĂ©at sera connu en octobre.

Toute l’histoire de la peinture en moins de deux heures, Hector Obalk

Le stand up musical qui dit tout sur l’art !

Du XVIe au XXe, de Michel Ange au Caravage en passant par Corrège, Rembrandt, Ingres, Watteau ou Chardin pour ne citer qu’eux, de la peinture religieuse aux paysages, du maniĂ©risme Ă  la peinture de genre, du nĂ©oclassicisme Ă  l’art dĂ©structurĂ©, dĂ©couvrir les Ĺ“uvres magistrales des grands maĂ®tres par le regard d’Hector Obalk est une expĂ©rience singulière et enrichissante.

Érudit, humoristique, spectaculaire par la prĂ©cision des images projetĂ©es extraites d’une compilation de 4000 Ĺ“uvres allant du XIVe au XXe, hors du temps avec des accompagnements musicaux en symbiose avec les Ĺ“uvres prĂ©sentĂ©es, un spectacle complet qui ravira amateurs de peinture, avertis ou pas, et nĂ©ophytes en recherche de connaissances.

Que vous soyez d’accord ou pas, je vous le promets, vous ne regarderez plus certains tableaux avec le mĂŞme Ĺ“il. Plus critique, plus Ă©bloui, plus attentif, plus Ă©tonnĂ©, plus scrutateur, couleurs, mouvements, dĂ©tails ne doivent plus nous Ă©chapper pour plonger les yeux grands ouverts dans cet art hors du commun.
Vous ne verrez pas le temps Ă  passer !

Quand et oĂą ?

Au théâtre de l’atelier Ă  Paris Ă  partir du 3 juillet, puis en septembre.
A Avignon, dates à préciser.
Toutes les Infos sont Ă  retrouver sur le site http://grand-art.online/

Radium Girls, Cy

They paid with their lives. Their final fight was for justice.

Edna, Katherine, Mollie, Albina, Quinta et bien d’autres sont ouvrières Ă  l’United State Radium Corporation dans le New Jersey. Nous sommes en 1918 et Ă  cette Ă©poque certains imaginent tous les bienfaits que peut apporter le radium dĂ©couvert depuis peu par Pierre et Marie Curie. La mode est aux cadrans aux chiffres lumineux, un confort apportĂ© justement par la peinture Undark Ă  base de radium. A longueur de journĂ©e, les dials-painters font inlassablement le mĂŞme geste : lip, dip, paint (porter aux lèvres, tremper, peindre) car il faut lisser le pinceau avec sa salive, puis le plonger dans la peinture, et peindre dĂ©licatement.

Ce geste qui aurait pu ĂŞtre anodin devient une vĂ©ritable bombe Ă  retardement qui dĂ©truit inĂ©luctablement le corps des malheureuses. Mais face Ă  une corporation toute puissance et Ă  des intĂ©rĂŞts financiers prĂ©pondĂ©rants, difficile de croire que cette poignĂ©e de femmes arrivera Ă  se faire entendre et Ă©branler le pouvoir en place. On notera que l’usine d’Orange, dans le New Jersey, emploie jusqu’Ă  deux cent cinquante ouvrières.

Après seulement quelques mois de joies et d’amusement, parce qu’après tout ces jeunes femmes ont la vie devant elles et l’envie d’en profiter, des maladies se dĂ©clarent. Rien ne leur sera Ă©pargnĂ©. Elles tombent littĂ©ralement en miettes, il s’avère que le radium se loge dans les os qu’il va progressivement ronger. Mais on ne leur reconnaĂ®t pas le fait que leur mort puisse ĂŞtre liĂ©e Ă  leur emploi. Aussi celles qui restent, et tant qu’elles en auront l’Ă©nergie, vont mettre leurs dernières forces dans la bataille pour faire reconnaĂ®tre la maladie du travail.

Grâce Ă  leur courage, leur force et leur opiniâtretĂ©, leur calvaire aura malgrĂ© tout servi Ă  changer les lois pour les travailleurs outre-Atlantique, un combat mortel qui n’a pas Ă©tĂ© vain.

Il faut rappeler qu’en France on a interdit ces fameux cadrans au radium en 1962 seulement (voir article ici)

La BD de Cy est vraiment passionnante et tellement Ă©mouvante. DĂ©jĂ , la couverture semble irradier. Puis avec très peu de couleurs, ce vert si caractĂ©ristique du radium et un dĂ©gradĂ© de mauve, elle parvient Ă  donner vie – et mort – aux Radium Girls, Ă  leur combat, Ă  nous les faire aimer Ă  la fois joyeuses et insouciantes, solidaires et unies dans le bonheur comme dans le malheur et dans la lutte, inoubliables bien qu’oubliĂ©es pendant de bien longues annĂ©es.

On ne manquera pas d’aller Ă©galement voir le site The radium Girls ou encore cet article sur les peintures luminescentes

Sur la photo, des verres en ouraline (ce terme dĂ©signe un objet en verre ou en cristal de couleur jaune avec des reflets verts) ce dichroĂŻsme est dĂ» Ă  l’uranium et plus prĂ©cisĂ©ment Ă  un oxyde d’uranium, l’urane (ou uranyle) qu’ils contiennent. On en trouve encore dans quelques brocantes.

Catalogue Ă©diteur : GlĂ©nat

Des destins de femmes sacrifiées sur l’autel du progrès.

New Jersey, 1918. Edna Bolz entre comme ouvrière Ă  l’United State Radium Corporation, une usine qui fournit l’armĂ©e en montres. Aux cĂ´tĂ©s de Katherine, Mollie, Albina, Quinta et les autres, elle va apprendre le mĂ©tier qui consiste Ă  peindre des cadrans Ă  l’aide de la peinture Undark (une substance luminescente très prĂ©cieuse et très chère) Ă  un rythme constant. Mais bien que la charge de travail soit soutenue, l’ambiance Ă  l’usine est assez bonne. Les filles s’entendent bien et sortent mĂŞme ensemble le soir. Elles se surnomment les « Ghost Girls Â» : par jeu, elles se peignent les ongles, les dents ou le visage afin d’éblouir (littĂ©ralement) les autres une fois la nuit tombĂ©e. Mais elles ignorent que, derrière ses propriĂ©tĂ©s Ă©tonnantes, le Radium, cette substance qu’elles manipulent toute la journĂ©e et avec laquelle elles jouent, est en rĂ©alitĂ© mortelle. Et alors que certaines d’entre elles commencent Ă  souffrir d’anĂ©mie, de fractures voire de tumeur, des voix s’élèvent pour comprendre. D’autres, pour Ă©touffer l’affaire…

La dessinatrice Cy nous raconte le terrible destin des Radium Girls, ces jeunes femmes injustement sacrifiées sur l’autel du progrès technique. Un parcours de femmes dans la turbulente Amérique des années 1920 où, derrière l’insouciance lumineuse de la jeunesse, se joue une véritable tragédie des temps modernes.

Parution : 26.08.2020 / Format : 200 x 265 mm / Pages : 136 / EAN : 9782344033449

Prix BD Lecteurs.com 2021