Les envolĂ©s, Étienne Kern

Un incroyable fait divers aussi émouvant que déstabilisant

Le 4 fĂ©vrier 1912, un homme se prĂ©sente Ă  l’aube au pied de la tour Eiffel. Il a obtenu de la prĂ©fecture l’autorisation de faire un essai de saut avec un parachute de son invention, saut qui sera effectuĂ© par un mannequin. Mais ce matin-lĂ , Franz Reichelt dĂ©cide qu’il sera le seul Ă  tester sa crĂ©ation, qu’il se jettera des cinquante-sept mètres du premier Ă©tage de la tour.

Aucun suspense quant Ă  l’issue de ce saut, ce sera hĂ©las le premier mort filmĂ© de l’histoire du cinĂ©matographe. Comment en est-il arrivĂ© lĂ  ? Qui est-il ? Et pourquoi en parler aujourd’hui dans ce roman ?

SubjuguĂ© par le photos de cet homme qui pose dans un Ă©trange costume bouffant, avec des coutures, des armatures, et du tissus Ă  ne plus savoir qu’en faire, Étienne Kern tente de comprendre qui il Ă©tait et qu’elle idĂ©e folle lui est passĂ©e par la tĂŞte pour aboutir Ă  ce jour funeste du 4 fĂ©vrier.

M., une amie de l’auteur, souffre d’une maladie grave. Il sont très liĂ©s, pourtant c’est par un tiers qu’il apprend qu’elle s’est jetĂ©e de son balcon pour en finir avec cette vie de souffrance.

Ces deux envolés deviennent alors le fil conducteur de ce roman singulier.

Franz Reichelt est arrivĂ© d’un village près de Prague en Bohème. Issu d’une famille de cordonniers, c’est la couture qui le sĂ©duit. Rapidement il fait ses classes puis installe son atelier en France, près de l’OpĂ©ra, Ă  Paris. Franz Ă©tait l’ami d’Antonio, un crĂ©ateur comme lui. ArrivĂ© d’Espagne, il a endurĂ© lui aussi la mĂ©fiance des français envers les Ă©migrĂ©s. Tout les rapproche tant qu’ils deviennent amis. Mais un jour, Antonio se prend d’amour et de passion pour les aĂ©roplanes, ces drĂ´les d’engins volants dont on parle de plus en plus et pour lesquels les expĂ©riences les plus dingues sont menĂ©es par des fous qui n’ont peur de rien. De couturier expĂ©rimentĂ©, reconnu et raisonnable, Antonio devient rapidement un expĂ©rimentateur aussi dĂ©ment que les autres, jusqu’au jour oĂą il dĂ©cède dans son avion, alors qu’Emma, sa jeune Ă©pouse, vient de mettre au monde leur fillette.

Emma, jeune veuve et maman de la petite Rose arrive Ă  Paris dans l’ex atelier de son Ă©poux,. Elle y trouve du travail. Elle rencontre Franz. Une relation plus intime se noue entre eux. Pour lui plaire, il cherche Ă  rĂ©aliser le parachute qui aurait pu sauver la vie de son ami. Lorsqu’un concours est lancĂ© pour rĂ©compenser l’inventeur du parachute idĂ©al, Franz se jette dans la compĂ©tition. Puis expĂ©rimente son invention.

L’auteur pose de nombreuses questions. Pourquoi cet homme qui paraissait sensĂ© dĂ©cide ce jour-lĂ  de tenter lui mĂŞme le saut qui causera sa perte ? Pourquoi personne dans son entourage n’a essayĂ© de l’en empĂŞcher ? Quelle folie prend ainsi ces hommes qui ont tentĂ© l’impossible pour voler, crĂ©er ces merveilleuse machines qui paraissent folles aujourd’hui mais qui ont Ă©tĂ© les prĂ©curseurs de l’aviation contemporaine ?

Le questionnement est intĂ©ressant, tout comme le parti pris d’Ă©voquer ces inventeurs pas toujours heureux. J’ai aimĂ© dĂ©couvrir la folie et le dĂ©sespoir qui se mĂŞlent Ă  la joie de la rĂ©ussite.

J’ai aimĂ© dĂ©couvrir ce personnage totalement fou, qui n’a pas hĂ©sitĂ© une seconde avant de s’élancer vers sa mort. Ah, si seulement on pouvait savoir ce qu’il a pensĂ© pendant ces quelques secondes avant sa fin annoncĂ©e.

Le parallèle avec M., l’amie disparue est Ă©mouvant et interpelle. Qui sont ces envolĂ©s et comment en arrivent-ils lĂ  ? Un roman aussi bouleversant que triste, Ă©tonnant qu’instructif, qui m’a donnĂ© envie d’aller chercher des informations sur Franz et les autres merveilleux fous volants dans leurs drĂ´les de machines. Il y a une grande poĂ©sie dans ces lignes. L’alternance entre le rĂ©cit intime de la relation Ă  l’amie, les recherches pour se rapprocher de Franz sans jamais avoir pu le rencontrer, et la façon dont Étienne Kern se l’est appropriĂ© pour nous en restituer les sentiments et les interrogations m’a particulièrement sĂ©duite.

Un roman de la sĂ©lection 2022 des 68 premières fois

Catalogue Ă©dieur : Gallimard

4 fĂ©vrier 1912. Le jour se lève Ă  peine. EntourĂ©s d’une petite foule de badauds, deux reporters commencent Ă  filmer. LĂ -haut, au premier Ă©tage de la tour Eiffel, un homme pose le pied sur la rambarde. Il veut essayer son invention, un parachute. On l’a prĂ©venu : il n’a aucune chance. Acte d’amour ? Geste fou, dĂ©sespĂ©rĂ© ? Il a un rĂŞve et nul ne pourra l’arrĂŞter. Sa mort est l’une des premières qu’ait saisies une camĂ©ra.
Hanté par les images de cette chute, Étienne Kern mêle à l’histoire vraie de Franz Reichelt, tailleur pour dames venu de Bohême, le souvenir de ses propres disparus.
Du Paris joyeux de la Belle Époque à celui d’aujourd’hui, entre foi dans le progrès et tentation du désastre, ce premier roman au charme puissant questionne la part d’espoir que chacun porte en soi, et l’empreinte laissée par ceux qui se sont envolés.

Parution : 26-08-2021 / 160 pages, 140 x 205 mm / ISBN : 9782072920820 / 16,00 â‚¬

L’homme sans fil, Alissa Wenz

Un récit passionnant qui se lit comme un roman

Adrian Lamo, Bradley Manning, ces noms lĂ  vous disent-ils quelque chose ? Personnellement non, mais après avoir dĂ©couvert L’homme sans fil, je ne peux plus les ignorer.

En 2010, un jeune soldat Ă©change par internet pendant de longues nuits avec Adrian Lamo. Il lui parle de ses craintes, et de son envie de rĂ©vĂ©ler des documents pourtant classĂ©s secret dĂ©fense. Il se sent Ă  l’abri derrière son Ă©cran mais pourtant, par esprit civique Adrian Lamo va le dĂ©noncer.

Un procès et de nombreuses pĂ©ripĂ©tie plus tard, on est en droit de se demander ce qu’est devenu Lamo ?

C’est un jeune homme solitaire, un as du web, un hacker fou, qui connait tout les systèmes, ne vit que pour son ordinateur, et peut pĂ©nĂ©trer l’architecture web de n’importe quelle grande entreprise. Par pour lui ou pour en retirer un quelconque bĂ©nĂ©fice, mais pour prĂ©venir la firme qu’il a rĂ©ussi Ă  hacker de la faiblesse de son infrastructure.

Pourtant, cette façon de faire ne plaĂ®t pas. Adrian par ailleurs dĂ©jĂ  bien malmenĂ© depuis sa dĂ©lation, va subir procès et vexations Ă  la chaine, jusqu’Ă  vivre dans la rue comme un vagabond, puis se terrer dans un appartement et s’isoler du monde qui l’entoure.

C’est cet homme si singulier qu’Alissa Wenz a choisit de nous prĂ©senter, en lui redonnant cette part d’humanitĂ© qui l’anime, ce sens civique, ce besoin d’aider son prochain, non pas Ă  la façon de monsieur tout le monde, mais Ă  la hauteur de ses moyens, de son don, la manipulation et sa dextĂ©ritĂ© Ă  connaĂ®tre et pĂ©nĂ©trer le web et internet comme personne.

Cet homme m’a fait penser Ă  Alan Turing. Le dĂ©chiffreur d’Enigma a lui aussi subi un traitement inhumain, du fait de son homosexualitĂ©, et a fini par se suicider. Ces hommes et ces femmes qui sortent du rang, quelle qu’en soit la raison, ont du mal Ă  ĂŞtre acceptĂ© pour ce qu’il sont, et y compris pour leur diffĂ©rence, et a ĂŞtre apprĂ©ciĂ©s Ă  leur juste valeur.

J’ai aimĂ© l’humanitĂ©, l’objectivitĂ©, dont fait preuve l’autrice pour nous parler d’Adrian Lamo. L’Ă©criture est fluide, le rĂ©cit instructif se lit comme un roman. Pourtant, il ne faut jamais perdre de vue la rĂ©alitĂ©, la solitude, la souffrance, qui se cachent derrière les mots. Une enquĂŞte qui interpelle avec finesse sur notre apprĂ©hension du monde et notre façon d’accepter les diffĂ©rences.

Catalogue éditeur : Denoël

S’amarrer dans des villes inconnues, ne pas savoir où il va dormir, voilà ce qu’il aime. L’exaltation du nouveau. C’est exactement ce qu’il ressent quand il entre dans des réseaux informatiques. Oui, c’est la même chose, se dit-il, c’est un acte de foi. […]Les journaux l’appellent ainsi : le hacker sans abri.

En 2010, le jeune soldat Bradley Manning est accusĂ© d’avoir divulguĂ© des documents classĂ©s secret-dĂ©fense, rĂ©vĂ©lant d’importantes bavures de l’armĂ©e amĂ©ricaine. Il risque alors la prison Ă  perpĂ©tuitĂ©. Qui se souvient aujourd’hui d’Adrian Lamo, l’homme qui l’a dĂ©noncĂ© ? Hacker hors pair, Adrian Lamo est une lĂ©gende dans son domaine. Mais le gĂ©nie adulĂ©, l’insolent vagabond, s’isole progressivement. HappĂ© par les univers parallèles dont il se fait l’architecte, Adrian Lamo s’extrait peu Ă  peu de la vie. Il perd dangereusement le fil du rĂ©el, entraĂ®nant dans sa chute ceux qui l’admiraient.

272 pages, 140 x 205 mm / ISBN : 9782207164129 / Parution : 05-01-2022 / 18,00 €

Qui va lĂ  ? Thierry de Pina, Théâtre Les DĂ©chargeurs

Alors que les spectateurs attendent l’acteur restĂ© dans sa loge, un homme arrive dans la salle et s’approche de la scène. Un sac en plastique Ă  la main, chaussĂ© de baskets qui ont connu bien des sentiers, Alexandre Cabari reconnaĂ®t le fauteuil posĂ© sur la scène. C’est celui dans lequel sa mère s’asseyait le soir, après ses longues journĂ©es de labeur. Cette mère qui l’a Ă©levĂ© et accompagnĂ© lorsque le père les a quittĂ©s, qui est « partie » et qu’il a portĂ©e si longtemps dans son sac plastique de Mr Édouard Leclerc. Dans cette urne dans laquelle il l’a retrouvĂ©e au dĂ©tour d’une fugue parmi tant d’autres. Cette mère Ă  qui il pense chaque jour.

Les souvenirs s’Ă©grennent, les jours heureux, la chambre et le trou qu’il creusait chaque soir un peu plus dans le mur, contraint de rester lĂ  alors qu’il rĂŞvait d’ailleurs, de jouer en bas au foot avec les autres, de tout sauf de cet univers restreint dans lequel ils Ă©voluaient tous les deux.

L’abandon du père et ce nom qu’il porte comme une croix, celui d’un inconnu. Le travail et la fatigue de la mère, le dĂ©cès, la solitude. Les trains de nuit qu’il prend sans billet mais en observant les dormeurs sereins qui passent un paisible trajet sans penser qu’on les observe. Et les souvenirs qui s’emmĂŞlent et qu’il a du mal Ă  remettre en place. Qu’importe puisque ce soir le lien est crĂ©Ă©, les souvenirs lui viennent, il nous raconte et se retrouve dans les mots.

Un acteur incroyable que l’on se prend Ă  croire et qui nous fait hĂ©siter Ă  lui rĂ©pondre lorsqu’au dĂ©tour d’un souvenir, d’une phrase, il nous questionne et nous sort de notre petit confort. Que l’on se sent privilĂ©giĂ©, un peu bĂŞte, trop gâtĂ©, face Ă  tant de solitude, d’inconfort, de silence, de tristesse. MĂŞme ses blagues tombent Ă  plat, idiots que nous sommes, spectateurs de son dĂ©sarroi, de sa tristesse, de son deuil, de son abandon.

Merci pour ce seul en scène Ă©mouvant, poignant et bouleversant qui passe les mardi et mercredi Ă  21h jusqu’au 25/05 Ă  Paris avant de partir pour Avignon… En train de nuit peut ĂŞtre ?

Superbe texte d’Emmanuel Darley

Enfant de salaud, Sorj Chalandon

Enfin, trouver le père

Depuis toujours Sorj Chalandon cherche son père, ses vĂ©ritĂ©s, ce qu’il a Ă©tĂ© avant lui, et en parle dans ses romans. Cette image tutĂ©laire qui permet en gĂ©nĂ©ral de se construire a Ă©tĂ© totalement brouillĂ©e par la mythomanie du père.

L’auteur a Ă©tĂ© reporter de guerre, correspondant judiciaire et a en particulier suivi le procès de Klaus Barbie en 1987, reportage pour lequel il a reçu le prix Albert-Londres. Ces deux Ă©lĂ©ments Ă©taient dĂ©jĂ  en eux mĂŞme assez forts pour donner un sens Ă  l’Ă©criture d’un roman.
Si Sorj Chalandon joue avec les dates pour construire son roman, la rĂ©alitĂ© du père qu’il Ă©voque est bien celle qu’il a dĂ©couvert en 2020. Un père qui n’Ă©tait pas du bon cĂ´tĂ©, qui a portĂ© l’uniforme allemand, mais pas seulement. Un homme qui a eu mille vies, portĂ© cinq uniformes diffĂ©rents, s’est Ă©vadĂ©, a risquĂ© le peloton d’exĂ©cution, a terminĂ© sa guerre en prison.

Celui qu’il avait dĂ©jĂ  dĂ©crit comme fantasque dans Profession du père se rĂ©vèle ici imprĂ©visible, saltimbanque, manipulateur, affabulateur. Un vĂ©ritable chat qui retombe sur les pattes quelle que soit l’aventure tordue dans laquelle il s’est embarquĂ©.

Il y a de nombreuses questions dans cette quĂŞte du père, mais aussi beaucoup d’amour pour celui qui pourtant n’a jamais su parler Ă  son fils, lui dire qui il Ă©tait, l’aider Ă  se construire, Ă©changer, dialoguer, dire vrai.
Que d’Ă©motion lors des chapitres qui Ă©voquent le procès Barbie, les enfants d’Ysieux, les noms des disparus, la visite de l’auteur Ă  la maison qui a abritĂ© cette colonie d’enfants juifs avant la rafle. Une intensitĂ© douloureuse, un devoir de dire ce qui a Ă©tĂ©, ce que les derniers tĂ©moins ont exprimĂ© lors du procès, dire encore une fois avant l’oubli, pour l’Histoire.

La voix de Féodor Atkine a une tonalité parfois dure, parfois douloureuse, une personnalité qui donne envie de faire silence pour écouter, pour entendre, pour participer plus intensément à cette quête et à ce devoir de mémoire.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury Audiolib 2022

Catalogue Ă©diteur : Grasset

Depuis l’enfance, une question torture le narrateur :
– Qu’as-tu fait sous l’occupation ?
Mais il n’a jamais osé la poser à son père.
Parce qu’il est imprĂ©visible, ce père. Violent, fantasque. Certains mĂŞme, le disent fou. Longtemps, il a bercĂ© son fils de ses exploits de RĂ©sistant, jusqu’au jour oĂą le grand-père de l’enfant s’est emportĂ©  : «Ton père portait l’uniforme allemand. Tu es un enfant de salaud !  »
En mai 1987, alors que s’ouvre Ă  Lyon le procès du criminel nazi Klaus Barbie, le fils apprend que le dossier judiciaire de son père sommeille aux archives dĂ©partementales du Nord. Trois ans de la vie d’un «  collabo  », racontĂ©e par les procès-verbaux de police, les interrogatoires de justice, son procès et sa condamnation.
Le narrateur croyait tomber sur la piteuse histoire d’un «  Lacombe Lucien  » mais il se retrouve face Ă  l’épopĂ©e d’un Zelig. L’aventure rocambolesque d’un gamin de 18 ans, sans instruction ni conviction, menteur, faussaire et manipulateur, qui a traversĂ© la guerre comme on joue au petit soldat. Un sale gosse, inconscient du danger, qui a portĂ© cinq uniformes en quatre ans. Quatre fois dĂ©serteur de quatre armĂ©es diffĂ©rentes. TraĂ®tre un jour, portant le brassard Ă  croix gammĂ©e, puis patriote le lendemain, arborant fièrement la croix de Lorraine.

Lire la suite…

Format : 140 x 205 mm / Pages : 336 / EAN : 9782246828150 / Parution : 18 AoĂ»t 2021

Et mes jours seront comme tes nuits, MaĂ«lle Guillaud

Un magnifique roman qui parle d’amour et de souvenirs

Hannah vit entre parenthèse depuis que son bel amour Juan est loin d’elle, depuis qu’elle lui consacre ses jeudis, qu’elle a elle aussi franchi la ligne entre le monde de dehors et celui de la prison.
Ils se sont rencontrĂ©s Ă  Tanger. Hannah est musicienne, Juan artiste peintre. Ils ont tout de suite Ă©tĂ© en harmonie, soudĂ©s par le chagrin d’une enfance pas toujours heureuse, elle orpheline Ă  huit ans, lui issu d’une famille de franquistes convaincus et toujours aussi passionnĂ©s qu’il rejette avec ardeur.
Autour de Juan il y a aussi Nessim, l’ami fidèle, celui qui a reconnu son talent, qui l’aide Ă  vendre ses toiles, celui qui a une telle emprise sur Juan qu’il pourrait lui demander la lune.

Alors chaque jeudi Hannah ne vit que pour ses visites Ă  la prison, c’est sa respiration, son moment suspendu, hors du temps, son obligation consentie.
Jusqu’au moment oĂą le rideau se dĂ©chire sur une Hannah un peu perdue, et oĂą le lecteur se demande oĂą MaĂ«lle Guillaud l’a embarquĂ©.

L’autrice a un vrai talent pour sonder les âmes, mais aussi pour dĂ©crypter l’enfermement sous toutes ses formes au fil de ses romans. D’abord avec une jeune femme qui fait vĹ“ux de devenir religieuse dans Lucie ou la Vocation, puis une jeune fille qui se cherche dans une famille très française, enfin une jeune femme dont l’amoureux est en prison. Chacune a sa propre geĂ´le qui la tient prisonnière. Ici, Hannah est prisonnière d’un amour absent, envolĂ©, mis en cage loin d’elle.
Jusqu’Ă  ce qu’elle trouve la force de s’en dĂ©tacher ?

CrĂ©atrice du prix Montre Cristo avec la maison d’arrĂŞt de Fleury-Merogis l’autrice connaĂ®t le quotidien des dĂ©tenus vu par ceux qui leur rendent visite, ceux du dehors, et les scènes en milieu carcĂ©ral sont d’un grand rĂ©alisme. Le lecteur perçoit cette solitude, ce bruit, cet enferment. Et la douleur d’ĂŞtre enfermĂ©.

Catalogue Ă©diteur : HĂ©loĂŻse d’Ormesson

« Le jeudi, c’est la cĂ©rĂ©monie des retrouvailles. Dans quelques heures, elle pourra le voir, le toucher. Il lui racontera ces heures qui s’étirent, la promiscuitĂ© et le bruit incessant. Infernal. C’est le premier mot qu’il avait choisi pour dĂ©crire ce chaos ambiant. Â»
Dans le RER qui la conduit Ă  la maison d’arrĂŞt, Hannah ne peut s’empĂŞcher de penser Ă  tout ce qu’elle a perdu. Elle songe Ă  celui qu’elle aime plus que tout malgrĂ© la trahison, et qu’elle va retrouver au bout du trajet. Ă€ ses fantĂ´mes qui l’habitent et l’escortent depuis si longtemps. Ă€ Tanger, ville lumière cernĂ©e par les ombres inquiĂ©tantes. Heureusement, il y a son art, la musique, qui l’aide Ă  tenir debout et Ă  combler les vides. Mais jusqu’à quand ? Hannah comprendra-t-elle qu’elle se doit d’ouvrir les yeux ?

EAN : 9782350877815 / Format : 140 x 205 mm / 17.50 € / Date de parution : 03/02/2022

Blizzard, Marie Vingtras

Au cœur des éléments déchaînés, dénouer les secrets

Blizzard est un roman choral dans lequel les personnages prennent la parole tour Ă  tour.

Dans ce coin perdu de l’Alaska, il fait un froid Ă  ne pas mettre le nez dehors. Pourtant Bess et l’enfant sont sortis dans le blizzard ; une minute d’inattention et Bess a lâchĂ© la main de l’enfant de Benedict. Elle part droit devant elle pour tenter de le retrouver avant le retour de Benedict. Bess est une jeune femme un peu paumĂ©e qui a dĂ©barquĂ© dans ce coin d’hiver avec Benedict, le père de Thomas, un jeune homme taiseux, bourru, mais cependant très attachant.

Chacun des protagonistes rĂ©vèle une partie de leur histoire commune. Cole et Clifford, les hommes du village qui ont connu Benedict enfant ; Benedict qui n’a jamais compris pourquoi son frère Thomas a quittĂ© sa maison sans espoir de retour ; Bess et ses blessures d’enfance, ses Ă©checs, ses doutes et ses regrets ; Freeman dont on se demande bien comment il est arrivĂ© dans ce trou paumĂ©.

Dans le froid et la neige, au cours de cette traque oĂą tous espĂ©rent retrouver l’enfant vivant, et celle qui l’a laissĂ© partir, la tension monte, des secrets se dĂ©voilent, des liens se nouent, laissant la place Ă  l’imagination, aux souvenirs, aux regrets, aux questionnements. Et les pièces d’un puzzle bien plus sordide qu’il ne paraissait de prime abord se mettent en place, les liens se crĂ©ent, des secrets sont rĂ©vĂ©lĂ©s. Dans ce huis-clos sous un ciel immense, les hommes pris dans le blizzard se retrouvent face Ă  leurs rĂ©vĂ©lations, Ă  leurs pensĂ©es, Ă  leurs actes.

Ce que j’ai aimĂ© ?

La façon de prĂ©senter les personnages, de les isoler dans cette immensitĂ© blanche et glacĂ©e, comme s’ils Ă©taient seuls face Ă  eux mĂŞme. L’Ă©criture et le rythme, les chapitre courts qui donnent la cadence, font monter la tension, et attendre un dĂ©nouement digne d’un roman noir amĂ©ricain (après tout, nous sommes en Alaska!). Face au drame qui se noue, la disparition d’un enfant, les caractères, les Ă©motions, les sentiments se dĂ©voilent pour le pire comme pour le meilleur. J’ai lu ce roman quasi d’une traite, et je pense que c’est exactement ce qu’il fallait pour suivre le tempo voulu par l’autrice. Ce premier roman est une rĂ©ussite, de nombreux thèmes sont abordĂ©s et parfois seulement suggĂ©rĂ©s par petites touches, mais toujours de façon Ă  ĂŞtre compris par le lecteur en prioritĂ©, lui qui a toutes les versions et donc toutes les clĂ©s, pour dĂ©nouer l’intrigue.

Un roman de la sélection 2022 des 68 premières fois

Catalogue Ă©diteur : L’Olivier

Le blizzard fait rage en Alaska.

Au cĹ“ur de la tempĂŞte, un jeune garçon disparaĂ®t. Il n’aura fallu que quelques secondes, le temps de refaire ses lacets, pour que Bess lâche la main de l’enfant et le perde de vue. Elle se lance Ă  sa recherche, suivie de près par les rares habitants de ce bout du monde. Une course effrĂ©nĂ©e contre la mort s’engage alors, oĂą la destinĂ©e de chacun, face aux Ă©lĂ©ments, se dĂ©voile.

Avec ce huis clos en pleine nature, Marie Vingtras, d’une Ă©criture incisive, s’attache Ă  l’intimitĂ© de ses personnages et, tout en finesse, rĂ©vèle les tourments de leur âme.

Parution 26 août 2021 / 192 pages EAN : 9782823617054 17,00 €

Belle Greene, Alexandra Lapierre

DĂ©couvrir l’incroyable bibliothĂ©caire de la Morgan Librairy de New-York

En 1900, dans une AmĂ©rique profondĂ©ment raciste et sĂ©grĂ©gationniste, une seule goutte de sang noir suffisait Ă  faire de vous un paria au mĂŞme titre que pour tous les Afro-amĂ©ricain du pays. Si vous n’aviez pas la bonne couleur de peau, et qu’importe d’ailleurs si vous Ă©tiez aussi blanc qu’un blanc, vous Ă©tiez soumis aux lois iniques, Jim Crow, règle de l’unique goutte de sang, divisant la population entre white or colored.
C’est dans ces conditions que la jeune Belle Greener dĂ©cide, avec toute sa famille alors abandonnĂ©e par le père, de transgresser les lois et de faire leur « passing » c’est-Ă -dire de franchir la frontière invisible mais quasiment infranchissable qui faisait d’eux des blancs.

Belle devient alors une « da Costa Greene » descendante d’une hypothĂ©tique famille sud-amĂ©ricaine lĂ©gèrement typĂ©e. Elle qui adore les livres va rĂ©ussir ses Ă©tudes de bibliothĂ©caire et entrer dans la très prestigieuse famille J. P. Morgan pour s’occuper de la bibliothèque et des collections de John Pierpont.

Toute sa vie sera consacrée aux livres rares, devenant cette grande spécialiste qui a su se faire une place parmi les marchands internationaux et les spécialistes reconnus de par le monde.

Un roman et un destin fabuleux, celui d’une hĂ©roĂŻne qui a tout osĂ© pour vivre sa passion. Une femme moderne, forte, Ă©nergique et insoumise, ambitieuse, amoureuse, au caractère bien trempĂ© qui dĂ©notait auprès de ses contemporains. CritiquĂ©e, aimĂ©e, adulĂ©e, vilipendĂ©e, celle qui s’est imposĂ©e comme la directrice incontournable de la Morgan Librairy de New-York est un personnage romanesque Ă  dĂ©couvrir sans faute.

Vous l’aurez compris j’ai adorĂ© Belle, et j’ai aimĂ© arpenter grâce Ă  Alexandra Lapierre les salles de la Morgan Librairy que j’avais tant apprĂ©ciĂ© lors de ma visite Ă  New-York. Enfin, mieux comprendre la passion pour les livres anciens. Et retrouver quelques unes de mes photos Ă  la Morgan Librairy, en particulier ces livres en cage qui sont justement la photo que j’ai choisie pour ĂŞtre le bandeau du blog.

Catalogue Ă©diteur : Pocket, Flammarion

« En 1900, au cœur d’une Amérique puritaine et ségrégationniste, elle fume, boit, choisit ses
amants et rĂ©ussit une carrière dont aucune autre femme de sa gĂ©nĂ©ration ne pouvait rĂŞver. Elle est d’une modernitĂ© inouĂŻe ! Et toute sa vie est bâtie sur un mensonge explosif… »

Date de parution : 06/01/2022 / 9.50 € /EAN : 9782266311090 / pages : 624

L’arbre d’Hipollène, théâtre du gymnase Marie-Bell

Une adaptation libre du livre de Claude Ponti, l’arbre sans fin, par La Nad Compagnie

Retomber en enfance le temps d’un spectacle, une belle promesse. En enfance, mais surtout sauter Ă  pieds-joints dans l’univers de Claude Ponti, avec ses personnages dĂ©jantĂ©s, ses mots inventĂ©s et ses jeux de mots inventifs adaptĂ©s au public parents-enfants (la scène des portes est gĂ©niale !) pour une histoire qui sĂ©duit autant les petits que les grands.

Pour ma part, je dĂ©couvre cet univers qui a dĂ©jĂ  conquis depuis bien longtemps Roman qui m’explique en allant au théâtre les personnages que je vais peut-ĂŞtre y trouver et tout l’intĂ©rĂŞt du vocabulaire de l’auteur.

Roman, six ans : L’escalier Ă©tait trop drĂ´le, mais l’escalier, il a pas mal ? Et tu as vu, le crayon qui trace le fil, je le connais ! Ils sont fort les acrobates, mais comment ils font pour ne pas se faire mal ? Et tu as vu, ils inventent des mots tout le temps.

Arthur, neuf ans : J’aime beaucoup la fĂŞte avec tous les poussins. Le monsieur qui Ă©tait lĂ , il inventait l’histoire au fur et Ă  mesure ?
C’Ă©tait très drĂ´le, les dĂ©cors Ă©taient rigolos, parfois on voyait les gens pendant qu’ils les dĂ©plaçaient, mais ils Ă©taient aussi drĂ´lement compliquĂ©s, il y en avait beaucoup, ils s’ouvraient comme des livres et nous on Ă©tait dans l’histoire.

Des dĂ©cors Ă©tonnants, mobiles, colorĂ©s, variĂ©s, des dĂ©tails superbes qui rappellent l’univers de l’auteur, fouillĂ©s, prĂ©cis, pour une scĂ©nographie vraiment bien orchestrĂ©e qui suit le dĂ©roulĂ© du conte. Une musique et des chants, portĂ©s par la voix superbe de la maman d’Hipollène, que les enfants reconnaissent car ils font appel Ă  certains classiques qu’ils ont maintes fois Ă©coutĂ©s comme Pierre et le loup. Des personnages je l’ai dit, assez dĂ©jantĂ©s, humains, attachants, enfin, pas tous, quelques monstres rodent par lĂ  et feront peut-ĂŞtre faire quelques sauts sur leur fauteuil aux petits qui vous accompagnent.

Chant, acrobatie, rythme, jeu d’acteur et jeu de mots, Ă©changes, tout est fait pour nous transporter dans cet arbre sans fin. C’est fĂ©erique, vous oublierez le temps du spectacle tout se qui se passe au dehors.

Alors courez vite Ă  le rencontre d’Hipollène, qui passant de la joie Ă  la tristesse, va dĂ©couvrir Ă  travers un parcours initiatique comment affronter ses peurs et ĂŞtre elle-mĂŞme, une plongĂ©e dans l’univers magique de Claude Ponti.

Quoi : Hipollène, animal anthropomorphique (mi-petite fille, mi-Ă©cureuil) est confrontĂ©e au dĂ©part d’un ĂŞtre cher : sa grand-mère.

Elle débute alors un long parcours initiatique au cœur des racines de son arbre-maison, au cours duquel elle devra affronter ses propres peurs et sa finitude, pour finalement accepter la mort et sortir grandie de cette épreuve.
Au fil de sa quête, elle sera aidée par tout un tas de personnages déjantés et loufoques ; en un mot, Pontiesques.

Auteur : Claude Ponti
Artistes : Alex Dey, Fanny Passelaigue, Aymeric de Nadaillac, Kader Taibaoui, Diane Vaz
Metteur en scène : Aymeric de Nadaillac

Où : Théâtre du Gymnase Marie-Bell 38 boulevard de Bonne Nouvelle 75010 Paris
Mais surtout, ce spectacle sera repris à la Chapelle des Italiens lors du prochain Festival Off d’Avignon. Quand : du 7 au 30 Juillet 2022 • 10h30, tous les jours sauf relâche

Ces femmes qui ont réveillé la France, à La Gaîté Montparnasse

FĂ©ministe, vous avez dit fĂ©ministe ? Que vous le soyez ou pas, cette soirĂ©e est faite aussi pour vous.

Aller voir Jean-Louis DebrĂ© sur scène et passer une excellente soirĂ©e. Les qualificatifs et les emplois ne manquent pas pour dĂ©signer cet homme Ă  la carrière politique bien remplie, magistrat, ancien ministre de l’IntĂ©rieur, prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale et du Conseil constitutionnel, Ă©crivain Ă  succès ; Et pour la première fois, acteur, aux cotĂ©s de ValĂ©rie Bochenek, qui est mime et auteure (de l’ouvrage de rĂ©fĂ©rence sur le mime Marceau).

Qu’allez vous voir ?

Une vingtaine de portraits de femmes, des pionnières et des premières.
Il y a bien sĂ»r un grand nombre de celles dont nous avons tous et toutes entendu parler un jour, qui se sont battues pour les droits des femmes, et que l’Histoire n’a pas oubliĂ©es, les Louise Michel, Simone Veil, Olympe de Gouges, George Sand, Colette, ou mĂŞme Marguerite Yourcenar.
Mais aussi les oubliĂ©es, celles dont nous n’avons jamais entendu parler, qui ont pourtant par leurs actions contribuĂ© Ă  transformer la sociĂ©tĂ© en devenant les premières dans des milieux entièrement rĂ©servĂ©s aux hommes, gĂ©rĂ©s par eux, et qui ne voulaient accorder aucune place aux femmes : Julie-Victoire DaubiĂ©, première bachelière, Jeanne Chauvin première avocate, Madeleine Brès, première mĂ©decin, la duchesse d’Uzès, première Ă  passer le permis de conduire.
Ce sont celles qui ont bougĂ© les lignes, qui ont agit pour le bien des autres femmes, montrĂ© le chemin en dĂ©fiant l’autoritĂ© masculine. Elles ont agit pour ouvrir la voie Ă  toutes celles qui ont suivi, libres et indĂ©pendantes, souvent oubliĂ©es mais tellement importantes.
Une soirée où humour, passion, intelligence, brillent et nous font découvrir les combats sans fin menés depuis si longtemps par celles qui nous ont précédé.

J’y ai passĂ© un excellent moment, bien au delĂ  de mes espĂ©rances. MĂŞme si je n’avais aucun doute sur les diffĂ©rentes cordes que Jean-Louis DebrĂ© pouvait avoir Ă  son arc, la dĂ©couverte de sa prestation d’acteur, avec cet humour et cette verve que je lui connaissait dĂ©jĂ , Ă©taient un vrai rĂ©gal. Une formidable soirĂ©e.

Avec humour et amour pour la République, ce duo nous enchante et nous rappelle ce que nous devons à ces femmes…

Assistant mise en scène : Laurence Guillet
Collaboration artistique : Valérie Bochenek
Piano : Valérie Rogozinski

Quand : jusqu’au 19/03/2022

DurĂ©e : 1 heure 20 minutes

OĂą : Théâtre de la GaĂ®tĂ© Montparnasse 26 rue de la GaĂ®tĂ©, 75014 Paris

La collection Morozov, Fondation Louis Vuitton

L’exposition est prolongĂ©e jusqu’au 3 avril 2022, somptueux, moderne, colorĂ©, on adore !

L’exposition Ă©vĂ©nement rĂ©unit plus de 200 chefs-d’œuvre d’art moderne français et russe des frères moscovites MikhaĂŻl Abramovitch Morozov (1870-1903) et Ivan Abramovitch Morozov (1871-1921). C’est la première fois depuis sa crĂ©ation, au dĂ©but du XX ème siècle, que la Collection Morozov voyage hors de Russie.

Après l’exposition de la Collection Chtchoukine en 2016, la fondation Vuitton nous permet d’apprĂ©cier et de dĂ©couvrir ces Ĺ“uvres emblĂ©matiques.

L’expo est un hommage aux deux frères fĂ©rus d’art moderne qui ont toute leur vie accordĂ© un soutien inconditionnel Ă  l’art contemporain europĂ©en et russe. NĂ©s en 1870 et 1871, ils ont acquis au fil des ans une collection de 240 Ĺ“uvres françaises et 430 russes.
Après la nationalisation en 1918, puis la mise au rancart ou mĂŞme les diffĂ©rentes interdictions, la totalitĂ© des Ĺ“uvres est aujourd’hui exposĂ©e dans diffĂ©rents musĂ©es en Russie. L’exposition est d’ailleurs rĂ©alisĂ©e en partenariat avec le MusĂ©e d’État de l’Ermitage (Saint-PĂ©tersbourg), le MusĂ©e d’État des Beaux-Arts Pouchkine (Moscou) et la Galerie nationale TrĂ©tiakov (Moscou).

La ronde des prisonniers, de Vincent Van Gogh. Ce tableau est une merveille, en plus seul en scène dans cette salle, j’y suis restĂ©e très longtemps il m’a fascinĂ©e. Si toute l’exposition est absolument superbe, cette toile en particulier est Ă  voir absolument. Vincent s’est fait interner Ă  l’asile de Saint-RĂ©my de Provence, mais il manque de modèles et pourtant continue de travailler. Il va alors s’inspirer des documents que lui adresse son frère ThĂ©o. Cette toile majeure est la rĂ©interprĂ©tation d’une gravure de Gustave DorĂ©. Il ira jusqu’Ă  donner sa couleur de cheveux au prisonnier au centre, avec ses bras ballants comme un autoportrait Ă  la fois physique et mental.

Un parcours superbe pour un voyage chez les artistes iconiques de l’art moderne. Ă€ savourer sans modĂ©ration.

OĂą : Fondation Louis Vuitton 8 av. du Mahatma Gandhi

Quand : jusqu’au 3 avril 2022