…Et avec votre esprit, Alexis Laipsker

Un meurtre sauvage et un cerveau qui disparaĂ®t… un remake de la disparition du cerveau d’Einstein ?

Lorsque le professeur Toussant est sauvagement assassinĂ© dans son laboratoire de Strasbourg et que son cerveau est volĂ©, la commissaire Canelle Pourson comprend qu’elle n’aura pas la tâche facile. Quel individu est assez malsain pour tuer de sang froid et avec autant d’acharnement un scientifique reconnu et Prix Nobel de surcroĂ®t ? Elle doit surmonter la peur et le dĂ©goĂ»t que lui inspire la violence de la scène de crime et tout faire pour trouver le coupable. Toutes ses Ă©quipes sont sur le pont pour rĂ©soudre l’affaire.

En parallèle, d’autres hommes disparaissent sans laisser de traces, puis son retrouvĂ©s, sains et saufs, mais avec une amnĂ©sie qui obère plusieurs jours de leur vie. Ils sont aux quatre coins du territoire, ne se connaissent pas, et s’avèrent ĂŞtre chacun dans son domaine les scientifiques les plus pointus du pays.

Le lieutenant Manon Masteraux, une belle femme franche et directe, exerce Ă  Aix en Provence. Elle a trois disparitions Ă  dĂ©plorer sur sa circonscriptions qui lui laissent Ă  penser qu’il ne s’agit pas de faits isolĂ©s. A la DGSI, Simone Vairne, sĂ©duisant, dragueur et spĂ©cialiste du poker qu’il a pratiquĂ© Ă  haut niveau avant d’entrer dans le police, est lui aussi impliquĂ© dans la rĂ©solution de ces Ă©nigmes.

Quel rythme, quel suspense, avec des personnages de flics comme on les aime. Mais aussi des mĂ©chants impossibles Ă  cerner, qui est qui et qui fait quoi, scientifiques, tueur en sĂ©rie, l’œuvre d’un fou furieux, des Russes, ou d’une secte mystique illuminĂ©e, toutes les options sont plausibles, l’auteur nous balade tous azimuts. Le lecteur se laisse embarquer Ă  un rythme effrĂ©nĂ©. C’est assez tordu pour qu’aucune piste ne semble plausible Ă  mesure que l’on avance dans sa lecture. On s’y laisse prendre jusqu’au bout, baladĂ© entre ces trois flics malins et acharnĂ©s Ă  rĂ©soudre leurs enquĂŞtes respectives. Ils nous entraĂ®nent au delĂ  de la logique, vers de bien sombres chemins.

Un roman lu dans le cadre du jury du Prix Nouvelles Voix du Polar Pocket 2021

Catalogue Ă©diteur : Michel Lafon, Pocket

Les esprits les plus brillants de la planète sont kidnappés. Machination, complot ou expérience scientifique ?

« Un peu de science Ă©loigne de Dieu, mais beaucoup y ramène ! »
C’est sur ces mots de son assassin que, en pleine fac de Strasbourg, un Prix Nobel de chimie se voit férocement massacré et dépouillé – littéralement – de son cerveau. Quatre jours plus tard, dans la région lyonnaise, un célèbre physicien disparaît des radars.
Pour le lieutenant Vairne, pro du poker et obsĂ©dĂ© de mathĂ©matiques, la probabilitĂ© qu’il s’agisse d’une coĂŻncidence n’excède pas 15 %.
ProbabilitĂ© que le carnage continue ? Sang pour sang…

Michel-Lafon Parution : 27/02/20 / Prix : 18.95 € / ISBN :9782749941325
Pocket EAN : 9782266313902 / Pages : 464 / 8.20 €

La relique du chaos, Giacometti et Ravenne

Sur fond de montée du nazisme, la quête des Swastikas sacrées

C’est le troisième tome de la saga du Soleil noir, il peut se lire indĂ©pendamment des deux autres grâce Ă  la synthèse proposĂ©e au dĂ©but du roman. MĂŞme s’il semble Ă©vident que se familiariser avec les diffĂ©rents protagonistes aiderait grandement le lecteur Ă  se faufiler dans les mĂ©andres de l’histoire en marche.

Juillet 1942. l’Angleterre comprend qu’elle ne sera pas envahie, mais le front russe est fortement secouĂ© par les armĂ©es du Reich. Trois personnages principaux Ă©voluent dans ce contexte bien sombre. Tristan Marcas d’abord, cet agent double qui Ă©volue du cĂ´tĂ© des nazis mais n’oublie pas tenir le SOE au courant de ses activitĂ©s et de ses recherches. Laure d’Estillac, une espionne qui travaille en Ă©troite relation avec le Commander Malorley. Enfin Erika, totalement dĂ©testable dans son attitude envers Tristan, mais dont on se demande quel jeu elle joue rĂ©ellement.

Sur fond de montée du nazisme, les différents protagonistes combattent chacun à sa façon mais tous ont le même but ultime, retrouver les Swastikas sacrées.

Si la croix gammĂ©e est un fort symbole nazi, Hitler n’a rien inventĂ© et a utilisĂ© un symbole vieux de plusieurs siècles, la Swastika. On les retrouve ici sous la forme d’un trĂ©sor composĂ© de plusieurs Swastikas cachĂ©es dans diffĂ©rents pays, trĂ©sor devrait aider celui qui les trouvera Ă  remporter la victoire.

Giacometti et Ravenne ont l’art de savoir maintenir le suspense et d’y mĂŞler certains faits avĂ©rĂ©s et historiques. La traque aux espions doubles, la chasse aux juifs, aux francs-maçons et aux communistes dĂ©portĂ©s vers les camps de concentration. Le relations entre les grands dictateurs de l’époque, mais aussi la place de Staline ou de Roosevelt, leur jeu dans l’Ă©chiquier mondial, la place des Romanov en Russie, sont Ă©voquĂ©es Ă  travers la traque de cette relique issue du trĂ©sor des tsars et que chacun convoite ardemment.

J’ai trouvĂ© l’intrigue et les personnages intĂ©ressants mais il m’a manquĂ© de les suivre sur plusieurs tomes pour m’y attacher et mieux les connaĂ®tre. MalgrĂ© cela, voilĂ  un thriller bien construit, au suspense garanti, avec qui plus est un fond de vĂ©ritĂ© historique bien expliquĂ© Ă  la fin du roman.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury Prix des lecteurs Le Livre de Poche 2021 Policier

Catalogue Ă©diteur : Le Livre de Poche, JC Lattès

Juillet 1942. Jamais l’issue du conflit n’a semblé aussi incertaine. Si l’Angleterre a écarté tout risque d’invasion, la Russie de Staline plie sous les coups de boutoir des armées d’Hitler. L’Europe est sur le point de basculer.
À travers la quête des swastikas, la guerre occulte se déchaîne pour tenter de faire pencher la balance. Celui qui s’emparera de l’objet sacré remportera la victoire. Tristan Marcas, agent double au passé obscur, part à la recherche du trésor des Romanov, qui cache, selon le dernier des tsars, l’ultime relique. À Berlin, Moscou et Londres, la course contre la montre est lancée, entraînant dans une spirale vertigineuse Erika, l’archéologue allemande, et Laure, la jeune résistante française.

Le Livre de Poche : 480 pages / Date de parution: 14/04/2021 / EAN : 9782253258261 / 8,40€

JC Lattès : 450 pages / EAN 9782709663366 Prix du format papier 22,00€ / EAN numĂ©rique 9782709663519 / Prix du format numĂ©rique 7,99€ / Date de parution 03/06/2020

La chaĂ®ne, Adrian McKinty

Jusqu’oĂą seriez-vous prĂŞt Ă  aller pour sauver votre enfant ?

Rachel se remet Ă  peine de son divorce et de son cancer, lorsqu’un appel tĂ©lĂ©phonique vient bouleverser sa vie. Kylie, sa fille adorĂ©e, vient d’ĂŞtre enlevĂ©e alors qu’elle partait pour le collège. Si elle veut qu’elle ait la vie sauve, elle doit respecter les règles que lui impose La ChaĂ®ne, payer une rançon mais surtout enlever Ă  son tour un enfant.

Ensuite, la chaĂ®ne devra continuer encore et toujours, dans le plus grand secret, sinon les reprĂ©sailles seront implacables et dramatiques. Dans ce jeu de vie et de mort, aucun maillon faible possible sinon tout s’Ă©croule.

Un enfant est enlevĂ©, un autre est libĂ©rĂ©, une technique inspirĂ©e par celle d’un cartel mexicain qui voulait qu’un otage puisse ĂŞtre remplacĂ© par quelqu’un de sa famille. Mais technique poussĂ©e Ă  l’extrĂŞme par La ChaĂ®ne qui utilise tous les sentiments, les peurs, les faiblesses des hommes et des femmes auxquels elle s’attaque pour obtenir leur soumission complète.

Sur 480 pages, le rythme, les personnages et l’intrigue nous entraĂ®nent dans les noirceurs de l’âme humaine, mais aussi au plus près des sentiments forts qui unissent parents et enfants. Utilisant comme arme suprĂŞme cet amour absolu, le mal peut s’infiltrer et demander n’importe quel sacrifice. La tension monte, le lecteur tourne les pages avec intĂ©rĂŞt jusqu’au dĂ©nouement final. Un petit bĂ©mol peut-ĂŞtre sur la seconde partie un peu trop Ă©vidente et rapide, mais le rĂ©sultat est lĂ , un thriller efficace et rythmĂ©, dĂ©rangeant et surprenant.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury Prix des lecteurs Le Livre de Poche 2021 Policier

Catalogue Ă©diteur : Le Livre de Poche, Fayard/Mazarine

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Reignier.

« Il faut que vous gardiez votre calme et que vous m’écoutiez très attentivement. Il faut que vous procédiez exactement comme je l’ai fait. Vous devez prendre note de toutes les règles et vous avez l’obligation de vous y tenir. Si vous violez une seule de ces règles ou appelez la police, cela retombera sur vous et cela retombera sur moi. Votre fille sera tuée et mon fils sera tué. Alors notez bien tout ce que je vais vous dire. »
À l’autre bout du fil, une voix inconnue annonce à Rachel qu’elle a kidnappé sa fille. Pour qu’elle soit libérée, Rachel doit enlever l’enfant de quelqu’un d’autre.Car son enfant ne sera relâchée que quand les parents de sa cible auront à leur tour enlevé un enfant et transmis les mêmes ordres. Chacun devient victime, ravisseur, criminel. Voilà comment fonctionne et se perpétue la Chaîne indéfiniment.

8,40€ / 480 pages / Date de parution: 10/03/2021 / EAN : 9782253103981

Ă€ 20 heures sur le quai, LĂ©a Wiazemsky

D’un drame, faire Ă©merger la lumière. Un roman dĂ©licat et sensible

LĂ©a Wiazemsky a l’art de transformer un Ă©vĂ©nement dramatique en une rĂ©vĂ©lation, la vie est belle et mĂ©rite que chacun essaie de la vivre au mieux. Bien sĂ»r, d’aucuns pourront trouver que tout ceci est bien positif, un peu trop peut-ĂŞtre. Et pourtant, frĂ´ler la mort de près peut aussi avoir des rĂ©percussions positives sur nos vies, et nous permet parfois de savoir qu’il faut profiter de chaque instant car tout est Ă©phĂ©mère.

Tous les samedis matin depuis quelque semaines, ils se retrouvent sans se connaĂ®tre dans le mĂŞme wagon du mĂ©tro, Ă  la mĂŞme heure. Liviu, un jeune musicien, est le tĂ©moin attendri de leur amour naissant. Car lorsqu’ils se regardent, il en tombe immĂ©diatement amoureux, mais ni l’un ni l’autre n’ose faire ce premier pas qui leur permettrait de dĂ©voiler leurs prĂ©noms, leurs vies, leurs envies. Aujourd’hui, c’est dĂ©cidĂ©, il va lui parler. Mais ils n’ont que quelques secondes, un appel lui enjoint de quitter immĂ©diatement le mĂ©tro pour rejoindre sa librairie. Le temps de se dire Ă  20 heures sur le quai, le temps d’un prĂ©nom, RaphaĂ«l.

Puis tout explose, un attentant dans le métro, des rescapés qui tentent d’échapper au carnage, des blessés pris en charge par les secours, des survivants, de nombreuses victimes.

Le lecteur suit quelques personnages aux parcours très diffĂ©rents mais qui tous Ă  un moment se rejoignent sur le quai, dans la station, dans le wagon. Il y a RaphaĂ«l bien sĂ»r, et son inconnue que l’on va très vite apprendre Ă  connaĂ®tre.

Mais aussi Nina, une vieille dame qui part rejoindre son amie. Il pleut, pas de taxi, elle s’engouffre dans le mĂ©tro.
Estelle, une petite fille très sĂ©rieuse et sage. Pour la première fois, Christiane sa mère l’autorise Ă  prendre seule le mĂ©tro pour se rendre Ă  son cours de danse avant le spectacle de ce soir. Elle est heureuse et excitĂ©e Ă  la fois, un peu stressĂ©e quand mĂŞme par cette responsabilitĂ© nouvelle qui lui incombe. IntimidĂ©e, elle s’assoit Ă  cĂ´tĂ© de cette mamie qui lui semble tout Ă  fait respectable et rassurante.
Christian, un SDF pas comme les autres. Jamais une goutte d’alcool, enfin plus jamais depuis celles qui ont causĂ© cette dĂ©chĂ©ance qui l’oblige Ă  vivre en marge de la sociĂ©tĂ©. Il aime par dessus tout la littĂ©rature, il dĂ©niche rĂ©gulièrement des romans dans les poubelles de la librairie toute proche. Nicole, une vendeuse très respectable de chez Gibert Jeune le rejoint souvent. Ils s’assoient près de la fontaine Saint-Michel et parlent littĂ©rature, elle lui donne quelques livres. Une forme d’amitiĂ© qui ne dit pas son nom est en train de naĂ®tre entre ce deux personnes qui ont tant en commun malgrĂ© les apparences.
Liviu, l’accordĂ©oniste du mĂ©tro. Pour une fois il joue particulièrement bien de son instrument (ceux qui comme moi ont eu envie de se boucher les oreilles en entendant le fausses notes de certains comprendront!). C’est aussi un Ă©migrĂ© roumain qui rĂŞve de la vie normale d’un jeune homme de 17 ans.

Autour d’eux gravitent amis, famille, amoureuse ou fiancĂ©, mĂ©decins, secours, clochards, qui sans nous faire perdre le fil de l’histoire donnent de la densitĂ© Ă  l’intrigue.

L’écriture est fluide, sensible et dĂ©licate. L’autrice a jouĂ© la carte de l’optimisme mĂŞme si celui-ci est parfois teintĂ© de chagrin, de tristesse, de douleur, mais il est toujours tournĂ© vers une lumière qui rĂ©conforte. Avec une grande tendresse pour ses personnages, elle nous propose une histoire positive, heureuse et toujours bienveillante.

Peut-ĂŞtre me direz-vous qu’ĂŞtre victime ou tĂ©moin d’un attentat, d’un drame ne peut pas laisser indiffĂ©rent, et l’on peut s’en sortir, certes, mais difficilement et Ă  quel prix parfois. Alors tant pis si certaines situations ne sont pas tout Ă  fait crĂ©dibles, c’est aussi le privilège d’un auteur de choisir la façon dont il nous en parle et c’est tant mieux. Ce qui est sĂ»r, c’est que j’ai lu ce roman d’une traite, comme une respiration faite de lĂ©gèretĂ©, de rĂ©silience, d’humanitĂ©. Une lecture que je vous conseille pour l’Ă©tĂ©. J’ai aimĂ© que l’on me montre le cĂ´tĂ© positif de la vie, une heureuse initiative.

Catalogue Ă©diteur : Michel-Lafon

Tous les samedis matin, d’un accord tacite, une jeune femme et un jeune homme se retrouvent dans une rame de mĂ©tro, et, le temps d’une poignĂ©e de stations, se dĂ©vorent des yeux. Leur dialogue silencieux se joue sur les airs d’accordĂ©on de Liviu, un jeune musicien tĂ©moin de leur amour naissant. Mais aujourd’hui, c’est dĂ©cidĂ©, il ira lui parler. Quelques mots, un rendez-vous donnĂ©, et dĂ©jĂ  il doit quitter son inconnue dont il ne connaĂ®t mĂŞme pas le nom. Et puis, c’est le chaos. L’Ă©paisse fumĂ©e qui sourde des entrailles plonge Ă  nouveau Paris dans la dĂ©solation. Ceux qui se relèvent s’en trouvent Ă  jamais changĂ©s, conscients que la vie est prĂ©cieuse et l’amour, salvateur. Lui n’a plus qu’une chose en tĂŞte, retrouver celle dont le cĹ“ur est rivĂ© au sien.

Parution : 27/05/21 / Prix :17.95 € / ISBN :9782749945330

Parler Ă  ma mère, David Allouche

Entre humour et dĂ©rision, l’amour d’un fils pour sa mère juive

Itsak HaĂŻm est un père de quarante ans qui s’occupe exclusivement de son fils, et joue au tennis quand ce dernier est Ă  l’Ă©cole.

Sa femme ? Elle a disparu semble-t-il sans qu’on sache trop oĂą elle se trouve. Emma Ă©tait un vĂ©ritable coup de foudre, la femme de sa vie, celle qui deviendrait la mère de son fils, et qu’il devait Ă©pouser. Lui le juif, le Ben IsraĂ«l comme l’appelait sa mère, a osĂ© s’opposer Ă  la tradition familiale et se marier avec une goy. Depuis, il n’a plus jamais revu ses parents, mais rĂ©gulièrement sa mère lui adresse des lettres pour ne pas briser le lien indĂ©fectible qui existe entre une mère et son fils, qui plus est entre une mère juive et son fils.

Aujourd’hui, il franchi la porte d’un psy qui exerce tout près de chez lui, car il ressent le besoin de parler, de l’absence de sa femme, qu’il avoue avoir tuĂ©e, mais surtout de l’absence de la mère, l’indispensable Marie-Rose toujours parfumĂ©e de senteurs de rose, vĂŞtue d’une Ă©charpe rose, et qui a toujours su lui donner l’amour dont il avait besoin.

Il ne travaille pas, s’occupe de son fils, mais cherche dĂ©sespĂ©rĂ©ment l’amour qui s’est enfui, l’amour maternel qui protège. Il voudrait tant revoir la mère absente que finalement, Ă  chaque sĂ©ance chez son psy, il parle bien plus d’elle que de son Ă©pouse disparue. Peu Ă  peu, son histoire se dĂ©roule et avec elle surgissent tous les chagrins, les oublis et les pardons, toutes les rancĹ“urs et les attentes non satisfaites, tous les regrets.

Comment vivre loin des siens quand leur amour vous est autant indispensable. Car la question est bien de savoir comment se passer de sa mère, et de cette mère juive par excellence, celle qui console et parfois bouscule, qui materne et aime, protège. Celle sans qui on ne serait pas l’homme que l’on est devenu ?

Ce que j’ai aimĂ© ?

Le cĂ´tĂ© dĂ©calĂ© du personnage, dĂ©sespĂ©rĂ©, rĂ©aliste, seul, empli de regrets, mais non dĂ©nuĂ© d’un humour Ă  la fois grinçant et dĂ©capant. De cet humour qui dit les choses que l’on a envie de se cacher Ă  soi-mĂŞme mais qui empĂŞchent d’avancer. Un personnage qui ne se prend pas toujours au sĂ©rieux mais qui sait qu’il doit avancer pour Ă©voluer, avouer pour oublier et repartir d’un bon pied.

Et ce joli clin d’œil en passant aux lettres et Ă  la mère de Romain Gary, Ă  ces mères Ă  la tendresse infinie qui savent Ă  quel point leur fils Ă  besoin d’elles et qu’elles ne doivent pas encore le laisser se dĂ©brouiller seul, mĂŞme Ă  quarante ans passĂ©s.

Catalogue Ă©diteur : Balland

“Si vous me demandez de parler de maman, je ne vous dirai rien. Je n’ai en tĂŞte ni la plante vulnĂ©raire, ni la senteur des fleurs jaunes, ni le goĂ»t de fenouil mĂŞlĂ© Ă  l’anis vert. Je me souviens que j’avais offert, une couronne de jasmin Ă  la femme que j’aimais. Je regarde encore souvent cette photo oĂą Emma me sourit gĂŞnĂ©e dans son manteau bleu Klein, en drap de laine fin, court, au toucher velours.” 

Parler Ă  ma mère raconte l’histoire tendre, mĂ©lancolique et humoristique d’un milieu de vie : un quarantenaire se retrouve sans dĂ©sir suite au dĂ©part mystĂ©rieux de sa femme. Il arrĂŞte alors de travailler et dĂ©cide de se consacrer au tennis et Ă  son fils de 6 ans. Quand il va voir un psychanalyste, il s’aperçoit qu’il ne lui parle pas de sa femme mais de sa mère. Ces sĂ©ances avec le psy le remettront-elles en mouvement ? 

David Allouche est Ă©conomiste et confĂ©rencier. Après avoir enseignĂ© pendant dix ans la finance de marchĂ© Ă  l’ESSEC et Ă  l’universitĂ© Paris Dauphine, il intervient dĂ©sormais Ă  Sciences Po Paris. Il est diplĂ´mĂ© de TĂ©lĂ©com ParisTech, de l’ESSEC et du master de Finance de marchĂ© de l’universitĂ© PanthĂ©on Sorbonne. Il est l’auteur de MarchĂ©s financiers, sans foi ni loi ? (PUF) et de La kippa bleue (Romans Eyrolles)

EAN 9782940632701 / Date de parution 24 Juin 2021 / 154 pages / 13,00 €

Ceux qui sont restĂ©s lĂ -bas, Jeanne Truong

Le récit poignant de survivants du Cambodge de Pol Pot

Cambodge, 1978. Son Ă©poux et sa fille ont Ă©tĂ© tuĂ©s par les Khmers Rouges. Elle n’a qu’une issue, fuir le pays avec Narang, son fils de six ans, jusqu’Ă  la frontière avec la ThaĂŻlande.

Si Narang est devenu muet suite Ă  la mort des siens, sa mère quant Ă  elle n’arrivera jamais Ă  surmonter la douleur de leur perte. Car c’est aussi celle de milliers de cambodgiens qui ont perdu la vie par la folie et la volontĂ© d’un homme. Au milieu de la jungle, dans une nature hostile et sauvage, sur les sentiers piĂ©gĂ©s par les Khmers Rouge, Ă  la merci des passeurs indĂ©licats, des profiteurs, des voleurs et des violeurs, leurs chances de survie sont infimes.

Ce seront des jours de marche et d’angoisse, de faim et de soif, de terreur, entourĂ©s de morts et d’appels Ă  l’aide, de cris et de pleurs, pour arriver enfin jusqu’aux camps situĂ©s Ă  la frontière. LĂ , les rescapĂ©s sont parquĂ©s, isolĂ©s, en marge du pays voisin qui hĂ©las n’a rien d’ami en cette pĂ©riode pour le moins trouble. Car si certains parmi eux savent tant les exactions perpĂ©trĂ©es par Pol Pot et ses armĂ©es que les massacres envers une population dont il faut anĂ©antir la moindre racine, Ă  ce moment-lĂ , les thaĂŻlandais ne font rien pour aider les rescapĂ©s.

Comment revivre, comment simplement survivre quand on a tout perdu, que l’on est conscient des horreurs que peuvent commettre les hommes et surtout de la fragilitĂ© de la vie. Comment vouloir continuer, mĂŞme pour l’amour d’un enfant, quand face Ă  tant d’atrocitĂ©s on sait que l’on a tout perdu. Comment enfin grandir et vivre quand son enfance est synonyme de peur et de mort. Les questions sont posĂ©es, le contexte est enfin rĂ©vĂ©lĂ©, mais aucune rĂ©ponse n’est donnĂ©e, comment cela serait-il possible d’ailleurs.

Le texte est profond, terrible aussi lorsqu’il ose dire ces massacres dont on n’avait si peu entendu parler, la traĂ®trise du pays voisin, le manque d’action des associations, puisque très peu de rescapĂ©s seront sauvĂ©s par la croix rouge ou les instituions internationales. Mais il y a aussi ces moments d’entraide et de partage, rares mais rĂ©els, qui permettent de rester en vie. Il en aura fallu du temps pour que le monde se rĂ©veille en rĂ©alisant les atrocitĂ©s commises au Cambodge contre son peuple par son peuple.

Un roman qui remue et bouleverse, et nous dit une fois de plus qu’il ne faut jamais oublier ce dont l’homme est capable. La nature luxuriante et pourtant si dangereuse y tient une place prĂ©pondĂ©rante, et la terreur exercĂ©e par Pol Pot sur son peuple se ressent dans chaque fibre, chaque brin d’herbe, chaque mouvement et chaque pleur. J’ai souffert avec Narang, cet enfant bien seul qui a si mal dĂ©butĂ© sa vie, incapable d’aimer ou de s’ouvrir Ă  l’autre.

Impossible de ne pas penser en le lisant au roman de Guillaume Sire Avant la longue flamme rouge.

Catalogue Ă©diteur : Gallimard

Il aurait fallu rester jusqu’à la fin. Il aurait fallu mourir. Avoir quitté les lieux avant les autres, c’est être coupé de l’Histoire. Je suis entré dans le noir qu’on appelle la survie. Je n’ai pas vu de mes yeux jusqu’au bout, je n’ai pas payé de ma vie comme les autres. Cependant, si l’enfance détermine tout, alors je suis un enfant des camps.
1978. Narang a six ans. Il fuit le Cambodge avec sa mère. Comme une foule d’autres rescapés, tous deux tentent de rejoindre la Thaïlande. Épuisés par des jours de marche, harassés par la faim et la soif, ils sont parqués dans un camp à leur arrivée. Cela aurait pu être la fin de leur tragédie. Mais ça ne sera que le début d’une autre. Fulgurante, celle-ci.
Jeanne Truong restitue avec force et pudeur l’horreur du cauchemar cambodgien. Elle revient sur un épisode méconnu de cette période sanglante. Le récit de Narang, habité par les obsessions qui hantent les survivants, est saisissant de vérité et d’humanité.

Parution : 14-01-2021 / 272 pages, 140 x 205 mm / ISBN : 9782072888045 / 20,00 â‚¬

BĂ©nie soit Sixtine, Maylis AdhĂ©mar

Un premier roman perturbant sur les dérives sectaires des religions

Sixtine, comme la chapelle, est la sixième enfant d’une famille qui se doit d’être nombreuse pour plaire Ă  dieu. Sixtine, aussi pieuse que fragile et vulnĂ©rable, Ă©levĂ©e dans la religion traditionaliste catholique. Lorsqu’elle rencontre Pierre-Louis Sue de la Garde, son chemin est tout tracĂ©, devenir son Ă©pouse, puis après une nuit de noce catastrophique mais conforme aux diktats d’une religion qui veut que l’on s’unisse pour procrĂ©er, femme au foyer et future mère de son premier enfant. Ce fils, car il ne peut en ĂŞtre autrement, se nommera Foucault en l’honneur du père de Foucault, et qu’importe si cela ne lui convient pas, puisque son Ă©poux et sa belle famille en ont dĂ©cidĂ© ainsi.

Pierre-Louis Sue de la Garde est un mari modèle, mais c’est surtout un forcenĂ© de la religion catholique intĂ©griste. Anti mariage pour tous, anti homosexualitĂ©, anti PMA, anti immigration, comme il se doit dans ce milieu très fermĂ© que l’on peut qualifier de sectaire. Il est le premier Ă  aller casser du manifestant avec la milice des Frères de la Croix.

Sixtine vit un calvaire auprès de ce mari qu’elle comprend de moins en moins, dans cette famille qui l’accapare, en prière, chapelets, contritions et gĂ©nuflexion. Jusqu’au jour oĂą le malheur arrive. Elle ouvre enfin les yeux et voit le monde qui l’entoure tel qu’il est, et cette famille et ses règles strictes qui la gouvernent telles qu’elles sont. Ă€ compter de ce jour, elle dĂ©cide de fuir pour enfin s’Ă©manciper, vivre sa vie de femme, de mère, de croyante, mais hors des prĂ©ceptes intĂ©gristes qui annihilent toute volontĂ© prĂ´nĂ©s par sa belle-famille et les Frères de la Croix.

Un premier roman perturbant qui montre avec justesse les dĂ©rives sectaires de toute religion Ă  partir du moment oĂą elle devient intĂ©griste et omnipotente. J’ai aimĂ© suivre l’Ă©veil et l’émancipation de cette jeune femme qui dĂ©couvre enfin de pouvoir de dire non, de dĂ©cider, de se rĂ©volter et de vivre sans suivre les directives que les siens tentent de lui imposer, sans pour autant renier sa foi ou sa religion, mais en acceptant d’en rejeter les extrĂŞmes. Mais cette deuxiĂ©me partie semble parfois utopique, mĂŞme si on souhaite qu’elle puisse ĂŞtre rĂ©aliste. En parallèle, le lecteur retrace le parcours de sa mère, qui vient très jeune elle aussi Ă  la religion et Sixtine dĂ©couvre un secret de famille particulièrement troublant.

Un roman de la sélection 2021 des 68 premières fois

Catalogue Ă©diteur : Julliard, Pocket

Sixtine, jeune femme très pieuse, rencontre Pierre-Louis, en qui elle voit un époux idéal, partageant les mêmes valeurs qu’elle. Très vite, ils se marient dans le rite catholique traditionnel et emménagent à Nantes. Mais leur nuit de noces s’est révélée un calvaire, et l’arrivée prochaine d’un héritier, qui devrait être une bénédiction, s’annonce pour elle comme un chemin de croix. Jusqu’à ce qu’un événement tragique la pousse à ouvrir les yeux et à entrevoir une autre vérité.
Bénie soit Sixtine est avant tout l’histoire d’un éveil et d’une émancipation. Entre thriller psychologique et récit d’initiation, ce premier roman décrit l’emprise exercée par une famille d’extrémistes sur une jeune femme vulnérable et la toxicité d’un milieu pétri de convictions rétrogrades. Un magnifique plaidoyer pour la tolérance et la liberté, qui dénonce avec force le dévoiement de la religion par les fondamentalistes.

NĂ©e en 1985, Maylis AdhĂ©mar vit Ă  Toulouse oĂą elle travaille en tant que journaliste indĂ©pendante. BĂ©nie soit Sixtine est son premier roman.

EAN : 9782260054542 / pages : 304 / 19.00 € / Date de parution : 20/08/2020

Maritimes, Sylvie Tanette

Une île comme refuge, une île comme tombeau

Un conte, une fable, un court roman qui sait dire en peu de mots l’amour et la mort, la guerre et le fascisme, la vie et la tragĂ©die.

Sur l’île, hommes et femmes vivent heureux et libres, mĂŞme s’ils ont bien compris que sur la terre si proche les temps ont changĂ© et la libertĂ© est un mot galvaudĂ©.

Le jour oĂą Benjamin accoste, les regards sont d’abord inquisiteurs, puis très vite solidaires et amicaux. Car tout le monde l’aime ce jeune homme arrivĂ© de nulle part, enfin, de cette terre inhospitalière si proche. Tout le monde comprend qu’il ne faut pas trop poser de question, qu’il faut accepter ou rejeter, mais qu’ensuite il n’y aura plus le choix. Alors on l’accepte avec ses secrets, avec son sourire, avec sa force, son sens du partage, son courage, sa volontĂ©. Tout comme MichaĂ«la d’ailleurs, qui très vite le rejoint en secret pour vivre avec lui sa plus belle histoire… enfin, si les hommes de lĂ -bas ne le rattrapent pas, si la libertĂ© existe, et si les hommes et les femmes libres ont le droit de s’aimer.

Dans ce très court et Ă©mouvant roman, Sylvie Tanette, dont j’avais dĂ©jĂ  apprĂ©ciĂ© Un jardin en Australie, nous offre dans un registre diffĂ©rent un superbe texte toujours empreint d’une grande humanitĂ©.

Catalogue Ă©diteur : Grasset

Une Ă®le perdue en MĂ©diterranĂ©e. Des collines, des oliveraies et, au fond d’une crique rocheuse, un village paisible avec son port minuscule. Depuis toujours, sa poignĂ©e d’habitants se tient Ă  distance du continent… Ils racontent que de mystĂ©rieuses crĂ©atures marines veillent sur eux.
Assis sur un banc face Ă  la mer, un vieillard se souvient. C’était l’époque de la dictature. Un jour, un jeune inconnu Ă  l’allure de dieu grec, Benjamin, avait dĂ©barquĂ© sur l’île.  Il Ă©tait en fuite, tous s’en doutaient mais nul, jamais, ne lui a demandĂ© de comptes. Benjamin s’est installĂ© dans une maison en ruine, sur un promontoire isolĂ© oĂą bientĂ´t le rejoint MichaĂ«la, fille de l’île et de la mer. Mais la haine qui ravage un continent peut frapper un bout de terre qui se croit Ă  l’abri du monde.
Une puissante histoire de rĂ©sistance et d’indocilitĂ© qui est aussi un appel Ă  l’attention envers la nature et Ă  la force de la fraternitĂ©. L’évocation poĂ©tique et solaire d’une mythologie mĂ©diterranĂ©enne Ă©ternelle et celle d’une mĂ©moire chargĂ©e de chagrin. On n’oubliera pas la vision de MichaĂ«la et Benjamin, de leur amour Ă©perdu, fracassĂ© par l’horreur de la dictature. 

120 x 185 mm / Pages : 120 / EAN : 9782246825623 prix 14.00€ / EAN numĂ©rique : 9782246825630 prix 9.99€ / paru le 12 Mai 2021

Nos corps Ă©trangers, Carine Joaquim

Les insoupçonnables tourments du corps et de l’esprit, un premier roman noir qui bouleverse nos certitudes

Plonger en apnĂ©e… dans la vie de ce couple qui s’exile en banlieue parisienne « pour que ça aille mieux » mais qui manifestement s’exile aussi pour tenter de se raccorder. Ă€ qui et Ă  quoi ?
Quand un mari part chaque matin travailler Ă  Paris, dans ces transports qui vous abĂ®ment plus sĂ»rement que quelques dizaines d’annĂ©es de plus au compteur
Quand son Ă©pouse se morfond Ă  longueur de journĂ©e mĂŞme si elle a enfin de la place pour manier les pinceaux et s’adonner pleinement Ă  ses aspirations d’artiste peintre.
Quand leur fille rejette avec force le nouveau lycĂ©e dans lequel elle va pourtant enfin trouver une Ă©paule attentive et aimante en la personne d’un jeune Ă©migrĂ© africain qui sort indiscutablement du lot des autres lycĂ©ens.

Difficile de les rassembler ces corps qui s’Ă©vaporent, se rejettent, s’ignorent.
De nombreux thèmes sont abordĂ©s par l’auteur, relation de couple, adultère, crise d’adolescence, Ă©migration, secret et anorexie, handicap et diffĂ©rence, solitude et perte de confiance. Et pourtant tout s’enchaĂ®ne, s’emboĂ®te comme une Ă©vidence jusqu’Ă  ce final qui nous entraĂ®ne vers les plus sordides faits divers, et dans lequel Ă©clate toute la solitude, le dĂ©sespoir de certains ĂŞtres que l’on aurait pourtant bien imaginĂ©s capables de bonheur.

Un premier roman très prometteur, oĂą la violence Ă©clate et bouleverse, et que l’on ne peut pas lâcher avant de savoir, mais surtout avant la claque finale.

Un roman de la sélection 2021 des 68 premières fois

Catalogue Ă©diteur : La manufacture de livres

Quand Élisabeth et StĂ©phane dĂ©mĂ©nagent loin de l’agitation parisienne avec leur fille MaĂ«va, ils sont convaincus de prendre un nouveau dĂ©part. Une grande maison qui leur permettra de repartir sur de bonnes bases : sauver leur couple, rĂ©aliser enfin de vieux rĂŞves, retrouver le bonheur et l’insouciance. Mais est-ce si simple de recrĂ©er des liens qui n’existent plus, d’oublier les trahisons ? Et si c’était en dehors de cette famille, auprès d’autres, que chacun devait retrouver une raison de vivre ?

Dans son premier roman, Carine Joaquim dĂ©crypte les mĂ©caniques des esprits et des corps, les passions naissantes comme les relations dĂ©truites, les incomprĂ©hensions et les espoirs secrets qui embrasent ces vies.

19,90 euros / 232 pages / Parution le 07/01/2021 / ISBN 978-2-35887-724-4

Harvey, Emma Cline

Harvey Weinstein, manipulation ou emprise, sĂ©duction ou violence, autopsie d’un dĂ©ni

Le procès vient de se dĂ©rouler. Long, ennuyeux, parfois mĂŞme soporifique pour Harvey pourtant le premier intĂ©ressĂ©. Cette dernière journĂ©e avant les rĂ©sultat et la nuit qui va suivre s’annoncent longues et perturbĂ©es. Pourtant, il est serein cet homme en plein dĂ©ni, rien ne peut lui arriver, et mĂŞme si tous se sont dĂ©tournĂ©s de lui, les affaires vont bientĂ´t reprendre Il en est convaincu.

ArmĂ© de son dĂ©ambulateur et de son mal de dos, mais surtout de son aveuglement et aplomb lĂ©gendaire, rien ne peut l’atteindre. Sa dernière soirĂ©e dans la maison du milliardaire Vogel s’annonce longue et solitaire. Fort heureusement sa fille Kristin et Ruby, sa petite fille, viennent le voir pour allĂ©ger la soirĂ©e. Mais il n’est pas stressĂ©, la confiance est lĂ  mĂŞme si parfois un sournois regain de luciditĂ© fait vaciller son assurance.

Les appels des avocats, les appels aux journalistes, Ă  ces soutiens qui semblent l’avoir fuit, la visite du docteur avec son shoot miracle aux antidĂ©presseurs pour apaiser ses douleurs, et les projets plein la tĂŞte avec son voisin Don DeLillo sont lĂ  pour lui montrer la lumière qui l’attend au bout du chemin.

C’est le rĂ©cit imaginaire d’une nuit d’incertitude, la veille des rĂ©sultats du procès en pleine pĂ©riode #metoo. Celle d’un homme dans le dĂ©ni qui ne prend jamais la mesure de ses actes, espère et imagine jusqu’au bout des lendemains qui chantent. Après le succès du dĂ©routant « The Girls » roman dans lequel elle s’est inspirĂ©e de l’affaire Charles Manson, Emma Cline Ă©voque Ă  nouveau un personnage rĂ©el de l’actualitĂ© contemporaine amĂ©ricaine, nous parle de ses faiblesses, de sa folie, de son rapport aux autres, aux femmes en particulier, Ă  travers emprise et sĂ©duction, manipulation et violence.

J’ai aimĂ© cette vision dĂ©calĂ©e et très personnelle qui amène ses lecteurs Ă  envisager les affaires mĂ©diatiques dont elle s’empare sous un autre angle, beaucoup plus intime et au plus près de l’humain.

Condamné en mars 2020 à vingt-trois ans de prison pour viol et agression sexuelle et incarcéré depuis, Harvey Weinstein a fait appel, lundi 5 avril 2021 de cette décision, estimant que ses droits à la défense n’ont pas été respectés.

Catalogue Ă©diteur : La Table Ronde

Traduction (Anglais) : Jean Esch

Harvey a mal partout. Le bracelet électronique n’arrange rien, il a les chevilles fragiles et craint de chuter dans l’escalier tapissé de la villa qu’on lui a prêtée. Demain c’en sera fini, il sera disculpé de tout ce qu’on lui a mis sur le dos dans le seul but de lui nuire. Dès demain il pourra se… Lire la suite

Paru le 06/05/2021 / 112 pages – 115 x 190 mm / ISBN : 9791037108272 / 14€