Une fille sans histoire, Constance RiviĂšre

Quand une jeune femme s’invente une vie pour enfin exister aux yeux du monde, « Une fille sans histoire » un roman choral glaçant qui oscille entre rĂȘve et mensonge, et bouscule nos certitudes

Elle passe des heures Ă  la fenĂȘtre de son petit appartement tout Ă  cĂŽtĂ© du Bataclan, cette salle de concert oĂč elle voudrait aller un de ces jours, mais sa vie passe Ă  cĂŽtĂ© d’elle, et jour aprĂšs jour elle s’enferme dans sa solitude. Jusqu’à ce soir du 13 novembre 2015 oĂč tout bascule. Le bruit, les sirĂšnes, les secours, la peur et la violence sont sous sa fenĂȘtre.

Elle, c’est Adùle.
AdĂšle doit trouver comment exister pour survivre, car depuis toujours elle est transparente aux yeux de tous. Enfant puis adolescente, personne ne la voyait, elle est insignifiante, d’un physique trop quelconque pour accrocher le regard ou l’intĂ©rĂȘt des gens quelle cĂŽtoie. Et depuis qu’elle a perdu son pĂšre, elle n’existe plus pour personne. Aussi, lorsqu’elle voit la photo de Matteo, ce jeune homme qu’elle avait l’habitude de servir dans ce cafĂ© oĂč elle a travaillĂ© quelques mois, elle dĂ©cide de s’inventer une vie, et grĂące Ă  ce subterfuge trouve enfin une utilitĂ© Ă  son existence.

Elle s’en persuade, elle vivait une histoire d’amour avec Matteo, cette relation naissance et secrĂšte qu’elle va porter Ă  bout de bras, exposer Ă  tous et vivre dans sa tĂȘte, relation qui lui donne une consistance, lui permet d’ĂȘtre quelqu’un, d’ĂȘtre enfin utile. Cette appropriation, quelle sait injuste, ce mensonge dont elle n’anticipe pas le traumatisme qu’il va provoquer autour d’elle, la sauve du vide sidĂ©ral dans lequel elle Ă©volue et lui donne enfin cette confiance en elle qui lui manquait tant.

Cette fille sans histoire prend la forme d’un roman choral. D’abord SaĂŻd, l’un des tous premiers impliquĂ©s dans le soutien psychologique aux victimes, puis Francesca, la mĂšre de MattĂ©o, et enfin plus briĂšvement Jacques, le patron du bar dans lequel AdĂšle a rencontrĂ© Matteo, chacun prend la parole Ă  tour de rĂŽle, et comme lors d’une dĂ©position auprĂšs de la police, explique la facette d’AdĂšle qu’il ou elle a connue.

Si j’ai parfois eu du mal Ă  rentrer dans son histoire, tant elle parait incongrue et ignoble dans ces circonstances que l’on connait tous, j’ai eu envie de la comprendre, de l’aider Ă  rĂ©aliser que mĂȘme sans cela elle existe aux yeux des autres. Difficile pourtant d’avoir beaucoup d’empathie, une fois encore du fait de ces Ă©vĂšnements dramatiques qui ont touchĂ© tant de familles. Est-ce crĂ©dible ? Et comment un mensonge aussi ignoble n’est-il pas dĂ©tectĂ© plus rapidement ? Comment ose-t-on s’approprier le chagrin des vivants ? Quand on sait que quelques fausses victimes ont Ă©tĂ© rĂ©ellement dĂ©tectĂ©es et condamnĂ©es, cela fait froid dans le dos, non ?
A la fois Ă©mouvant et glaçant, avec des personnages qui dĂ©rangent, « Une fille sans histoire » est un roman qui interroge et bouscule nos certitudes.

Catalogue Ă©diteur : Stock

13 novembre 2015. Comme tous les soirs, AdĂšle est assise seule chez elle, inventant les vies qui se dĂ©roulent derriĂšre les fenĂȘtres fermĂ©es, de l’autre cĂŽtĂ© de la cour. Quand soudain, en cette nuit de presqu’hiver, elle entend des cris et des sirĂšnes qui montent de la rue, envahissant son salon, cognant contre ses murs. La peur la saisit, elle ne sait plus oĂč elle est, peu Ă  peu elle dĂ©rive. Au petit matin apparaĂźt Ă  la tĂ©lĂ©vision l’image de Matteo, un Ă©tudiant portĂ© disparu, un visage qu’elle aimait observer dans le bar oĂč elle travaillait. Sans y avoir rĂ©flĂ©chi, elle dĂ©cide de partir Ă  sa recherche, elle devient sa petite amie. Dans le chaos des survivants, AdĂšle invente une histoire qu’elle enrichira au fil des jours, jouant le personnage qu’on attend d’elle. Les autres la regardent, frappĂ©s par son Ă©trangetĂ©, mais ils ne peuvent pas imaginer qu’on veuille usurper la pire des douleurs.

Une histoire contemporaine oĂč l’on est happĂ© par l’émotion et le trouble. Un roman nĂ©cessaire.

144 pages / Format : 138 x 217 mm / EAN : 9782234088221 / Prix : 17.50 € / Parution : 21/08/2019

Samuel Beckett, le plus beau visage du XXe siĂšcle, Tullio Pericoli

Pour les 30 ans de la mort de Samuel Beckett, l’artiste italien Tullio Pericoli s’expose Ă  la galerie Gallimard

L’artiste a une passion tant pour l’Ɠuvre que pour le visage de Samuel Beckett, qui est selon lui le plus beau visage du XX° siùcle.

Tullio Pericoli est un artiste peintre nĂ© en Italie en 1936. Il a rĂ©alisĂ© une centaine de portraits de l’écrivain, bien qu’il en l’ait jamais rencontrĂ© et se base toujours sur le fonds de photos disponible dans les diffĂ©rentes archives.

A ma question, pourquoi seulement des portraits de l’écrivain ĂągĂ©, Tullio Pericoli m’a rĂ©pondu une Ă©vidence : pour trouver sur ce visage les traces d’une vie, d’une passion, de tout ce qui fait l’homme et l’artiste. Les sillons, les rides, les expressions du visage, voilĂ  ce qu’il recherche, et ce qu’il rend de façon incroyablement pertinente.

« Beckett est l’écrivain que j’ai le plus peint et dessinĂ©. C’est mĂȘme devenu une obsession. Son visage me fascine. J’y vois une sorte de mystĂšre, je scrute les rides, les marques ; c’est comme si le temps s’était mis Ă  raconter tout ce qu’il avait pensĂ© et vĂ©cu. Â»

J’ai particuliĂšrement aimĂ© les peintures, huiles sur toile ou sur bois, colorĂ©es ou ton sur ton, mais aussi de trĂšs expressifs dessins au fusain ou les aquarelles sur papier.

Allez-y, rencontrez Samuel Beckett, il vous regarde, mutique et secret, et qui sait si comme moi en sortant vous n’aurez pas envie de le relire !

Exposition vente à l’occasion des 30 ans de la mort de Samuel Beckett
Quand : Jusqu’au 30 Novembre 2019
OĂč : Galerie Gallimard au 30/32 rue de l’universitĂ© Paris 7

Juliette Drouet, au ThĂ©Ăątre l’Archipel

Jeudi soir, c’était la 100Ăšme reprĂ©sentation de Juliette Drouet, au ThĂ©Ăątre l’Archipel, une piĂšce magnifique, un presque seule en scĂšne et une prĂ©sence incroyable

Kareen Claire y joue, chante et dit une Juliette Drouet attachante, mordante, soumise et surtout amoureuse de ce gĂ©ant de la littĂ©rature qu’est son Victor, qu’est notre Victor Hugo national devrais-je dire.

Celui qu’elle rencontre alors qu’elle est une jeune actrice de thĂ©Ăątre est dĂ©jĂ  mariĂ©, pourtant ce sera Ă  la fois l’amour, la passion et la soumission Ă  toutes ses exigences pendant plus de 50 ans ; jamais il ne divorcera, jamais il ne sera non plus fidĂšle Ă  sa maitresse (Ă  sa femme n’en parlons pas !) et pourtant sa muse restera Ă  ses cĂŽtĂ©s jusqu’au bout.

Elle lui a Ă©crit 22000 lettres tout au long de sa vie, il lui en Ă©crira quelques-unes en retour.  Mais si les lettres de Juliette sont riches d’anecdotes sur leurs vies, ou sur la situation politique et sociale du pays, il ne lui adresse que quelques mots. Forts de leur histoire, Kareen Claire, Cyril Duflot-Verez et Thierry Sforza ont Ă©crit un texte qui fascine par sa prĂ©sence, son humanitĂ©, son humour parfois, et son analyse des protagonistes et de leurs vies.

Le MaĂźtre est prĂ©sent pendant le spectacle grĂące Ă  une voix off qui habite littĂ©ralement l’espace, on sent comme un lien entre cette voix et Juliette sur scĂšne. Sont Ă©galement prĂ©sents la presse, les artistes de l’époque, l’opinion du peuple, Ă  travers ce qui est dit de l’actualitĂ© dans les textes et chansons. Et n’oublions l’humour et la gouaille indĂ©modables des textes de ces chansons justement, qui sonnent un brin plus lĂ©ger Ă  cĂŽtĂ© de quelques Ă©vocations parfois bien douloureuses. Le rythme est soutenu, et l’on passe du rire Ă  l’Ă©motion, de la passion Ă  la colĂšre. Le dĂ©cor quasi minimaliste arrive pourtant avec seulement quelques costumes et une malle aux trĂ©sors, Ă  restituer une ambiance. Dire que j’ai aimĂ© serait un euphĂ©misme. J’ai vraiment apprĂ©ciĂ© ce mĂ©lange des genres qui ne nous a jamais fait perdre de vue la personnalitĂ© de Juliette, son amour passion pour Hugo, avec ses hauts et ses bas, l’exil Ă  Guernesey, le retour Ă  Paris puis rue Victor Hugo. La muse inspiratrice des misĂ©rables est joliment ramenĂ©e Ă  la vie par Kareen Claire, alors n’hĂ©sitez pas Ă  la dĂ©couvrir.

OĂč : ThĂ©Ăątre L’Archipel, Bd de Strasbourg, Paris 10.
Distribution : Kareen Claire, Thierry Sforza, mise en scĂšne Bernard Schmitt
Direction musicale Cyril Duflot-Verez
Spectacle musical (1h15) Ă  voir jusqu’au 28 dĂ©cembre 2019

Juliette Ă©crira plus de 22000 lettres Ă  son gĂ©ant Victor Hugo, inspirant sa plume, sauvant sa vie et ses manuscrits. Ensemble, leurs voix se mesureront Ă  la tempĂȘte de l’amour et Ă  l’ouragan de la haine, aux souffles les plus terribles et les plus exaltants de notre mĂ©moire. Pour sublimer leur passion, ils sauront toujours retrouver leurs chants, leurs accents les plus cristallins.

Les Amazones, Jim Fergus

Avec Les Amazones, le dernier roman de Jim Fergus, faire une plongĂ©e hors du temps dans « Les journaux perdus de May Dodd et de Dolly McGill Ă©ditĂ©s et annotĂ©s par Molly Standing Bear » au pays des indiens, de 1876 Ă  aujourd’hui

D’abord il y a eu Mille femmes blanches ce roman que j’ai adorĂ© dĂšs sa parution en 2000. Souvenez-vous, en 1875, le chef cheyenne Little Wolf demande au prĂ©sident Grant de lui offrir mille femmes blanches en Ă©change de mille chevaux ; Son idĂ©e, en Ă©pousant mille de ses guerriers, elles favoriseront l’intĂ©gration de son peuple. Si en rĂ©alitĂ© on ne sait rien de ce que les deux hommes se sont dit lors de cette rencontre, l’auteur prend malgrĂ© tout ce prĂ©texte pour dĂ©fendre la cause des natives amĂ©ricains, en particulier des indiens des grandes plaines. Sous la forme de carnets intimes, Jim Fergus retrace la vie de ces quelques femmes qui vont tenter de s’intĂ©grer Ă  ces tribus cheyennes, Arapahos ou Shoshones pour ne citer qu’elles. Puis viendra La vengeance des mĂšres, deuxiĂšme opus de la sĂ©rie, et enfin Les Amazones, le troisiĂšme et dernier tome de la saga.

Non il ne s’agit pas lĂ  de ces guerriĂšres que l’on retrouve dans la mythologie grecque, pourtant elles n’en sont pas si Ă©loignĂ©es. Car Les Amazones sont ces femmes dĂ©crites dans les carnets retrouvĂ©s de May Dodd, que l’on va suivre tout au long du roman, en parallĂšle au rĂ©cit de Mollie McGill, et leur histoire se prolonge pendant toute l’annĂ©e 1876. Devenues guerriĂšres Ă  leur tour, elles vont crĂ©er une sorte de confrĂ©rie, celle des CƓurs Vaillants, et se battre aux cĂŽtĂ©s des indiens contre ce monde qu’elles ont quittĂ© et dans lequel elles ont parfois dĂ» abandonner leurs enfants. Leurs rĂ©cits nous permettent de retrouver les batailles cĂ©lĂšbres, celle de Little Big horn en particulier, mais aussi de faire vivre les rĂ©cits chamaniques et les traditions spirituelles indiennes.

L’histoire de Mollie Standing Bear, native des rĂ©serves amĂ©ricaines contemporaines, apparait en fil rouge, comme une rĂ©miniscence de l’esprit des femmes du XIXe.

A la fois rĂ©cit historique et Ă©vocation du surnaturel, l’auteur nous embarque une fois de plus dans une aventure que l’on a du mal Ă  lĂącher, et ce malgrĂ© quelques longueurs il me semble. L’alternance des rĂ©cits, des personnages, du passĂ© et du prĂ©sent ancre totalement son roman dans la rĂ©alitĂ© quotidienne des indiens des rĂ©serves aux États-Unis aujourd’hui. La complexitĂ© de leur intĂ©gration, le plus souvent impossible, le poids de leurs traditions et de leurs croyances, sont toujours d’actualitĂ©. Sa prĂ©sentation de la vie des tribus, le respect envers la nature et le gibier, leur organisation complexe au fil des saisons et des combats, les costumes et leurs significations, les danses et les rituels magiques, les rites religieux, l’extinction programmĂ©e des bisons, rien n’est nĂ©gligĂ© par l’auteur qui Ă©toffe son rĂ©cit grĂące Ă  ses connaissances impressionnantes du sujet.

J’ai aimĂ© qu’en filigrane Ă  ces rĂ©cits d’aventure, l’auteur nous montre sans cesse la place des femmes dans la sociĂ©tĂ©. Pour celles qui intĂšgrent les tribus, que ce soit la place qui leur Ă©tait rĂ©servĂ©e dans la sociĂ©tĂ© puritaine des migrants des AmĂ©riques, ou celle qu’elles doivent se faire au sein des tribus, on se rend compte que le rĂŽle des femmes, leur libertĂ©, leur existence mĂȘme ne sont jamais garantis.

Enfin, la dĂ©liquescence des tribus indiennes dans la sociĂ©tĂ© actuelle, la disparition de nombreuses femmes dans le pays sans que cela Ă©meuvent le moins du monde les autoritĂ©s, et la vie dans les rĂ©serves, nous sont Ă©galement montrĂ©s avec toute la cruautĂ© et tout ce que cela implique pour les amĂ©rindiens. J’ai le souvenir d’avoir traversĂ© quelques rĂ©serves, lors de mes voyages aux États-Unis, et d’avoir vu certains de ces indiens perdus par l’alcool, la drogue et l’inactivitĂ©, au dĂ©triment de traditions qui se perdent.

Catalogue Ă©diteur : Le Cherche Midi

Mille femmes blanches : L’hĂ©ritage

1875. Un chef cheyenne propose au prĂ©sident Grant d’échanger mille chevaux contre mille femmes blanches, afin de les marier Ă  ses guerriers. Celles-ci, « recrutĂ©es » de force dans les pĂ©nitenciers et les asiles du pays, intĂšgrent peu Ă  peu le mode de vie des Indiens, au moment oĂč commencent les grands massacres des tribus.
1876. AprÚs la bataille de Little Big Horn, quelques survivantes décident de prendre les armes contre cette prétendue « civilisation » qui vole aux Indiens leurs terres, leur mode de vie, leur culture et leur histoire. Cette tribu fantÎme de femmes rebelles va bientÎt passer dans la clandestinité pour livrer une bataille implacable, qui se poursuivra de génération en génération.
Dans cet ultime volume de la trilogie Mille femmes blanches, Jim Fergus mĂȘle avec une rare maestria la lutte des femmes et des Indiens face Ă  l’oppression, depuis la fin du xixe siĂšcle jusqu’à aujourd’hui. Avec un sens toujours aussi fabuleux de l’épopĂ©e romanesque, il dresse des portraits de femmes aussi fortes qu’inoubliables.

Jim Fergus est nĂ© Ă  Chicago en 1950 d’une mĂšre française et d’un pĂšre amĂ©ricain. Il vit dans le Colorado.

EAN : 9782749155586 / Nombre de pages : 374 / Format : 154 x 240 mm / Prix : 23.00 €

FĂȘlures, Nora Roberts

Aborder le sujet grave des violences intrafamiliales et en faire un roman plaisant, dĂ©couvrir le talent de Nora Roberts dans son dernier roman « FĂȘlures Â»

Zane et Britt ont de la chance, ils vivent dans une des familles les plus en vue, et certainement enviĂ©es, de Lakeview, en Caroline du Sud. Leur pĂšre Graham Bigelow est un chirurgien de renom, leur mĂšre Elisa une parfaite Ă©pouse du style « soit belle et tais toi Â». Mais derriĂšre les apparences se cachent souvent des violences intrafamiliales qui laissent des traces indĂ©lĂ©biles. Car Graham est un mari violent, Eliza une femme soumise qui oublie son rĂŽle de mĂšre au profit de sa vie d’épouse comblĂ©e. A la suite d’une Ă©niĂšme dispute, les enfants vont rĂ©agir. Un enchainement de catastrophes va sĂ©parer Ă  jamais la famille. Pour le bien des deux enfants, ils vont dĂ©sormais vivre chez leur tante Emily. Zane devient avocat, Britt psychologue.

Des annĂ©es plus tard, Zane dĂ©cide de revenir dans cette ville qu’il avait fuie depuis trop longtemps. Il y fait la rencontre de Darby, une paysagiste de talent. La jeune femme souhaite s’installer Ă  Lakeview, elle vient de quitter sa rĂ©gion suite au chagrin causĂ© par le dĂ©cĂšs de sa mĂšre. Elle aussi cache ses blessures. Zane et Darby sont inexorablement attirĂ©s l’un vers l’autre. Les victimes de violences intrafamiliales se reconnaissent souvent sans toutefois ĂȘtre capables de redonner leur confiance.

VoilĂ  exactement le genre de roman qui file tout seul, bien qu’il aborde des sujets graves, violence du conjoint envers sa femme, soumission, violence envers les enfants, tant physiques que morales, il est pourtant Ă©crit de telle façon que l’on a indiscutablement envie d’en savoir plus, de connaĂźtre la fin de l’intrigue. Des personnages plus ou moins attachants, plus ou moins dĂ©testables, parfois lĂ©gĂšrement caricaturaux, mais qu’il est plaisant de connaitre et de suivre. C’est une lecture qui dĂ©lasse avec des pages qui tournent seules. L’intrigue se dĂ©roule Ă  un rythme soutenu, en trois parties qui situent les personnages Ă  trois Ă©poques successives de leurs vies (de la vie de Zane essentiellement) sans jamais nous perdre. Alors, oui, bien sĂ»r, la police est exemplaire, les enquĂȘtes et les procĂšs rapides (mĂȘme si la justice est bien plus rapide aux USA qu’en France !) les mĂ©chants trĂšs mĂ©chants et les gentils idylliquement gentils, mais aprĂšs tout nous ne sommes pas lĂ  pour envisager le cĂŽtĂ© plausible des choses.

Et l’on comprend aussi pourquoi Nora Roberts a autant de succĂšs, car elle fait passer un excellent moment Ă  ses lecteurs (lectrices ?) que demander de plus parfois ! C’est en cela aussi que ce roman-thriller est rĂ©ussi.

Catalogue Ă©diteur : Michel-Lafon

Un pÚre chirurgien en vue et son élégante épouse, deux enfants modÚles, une maison magnifique à Lakeview en Caroline du Sud : la famille Bigelow est absolument parfaite.
En tout cas, c’est ce que tout le monde croit.
Mais derriĂšre les portes fermĂ©es, les enfants, Zane et sa petite sƓur Britt, vivent dans la peur, terrorisĂ©s par leur pĂšre, Graham.
Jusqu’à ce terrible jour oĂč Zane rentre en retard. La dispute qui s’ensuit marque le dĂ©but d’un enchaĂźnement d’évĂ©nements qui brise la famille et change la vie des enfants pour toujours. Ils sont confiĂ©s Ă  leur tante. Mais le passĂ© ne se laisse pas oublier si facilement


Des annĂ©es plus tard, Zane, devenu avocat, revient Ă  Lakeview. Il y retrouve sa tante, sa sƓur et ses vieux amis. Il y rencontre Ă©galement une nouvelle venue, Darby McCrae qui, derriĂšre son optimisme et son Ă©nergie, cache ses propres blessures.

Avec plus de 400 millions d’exemplaires de livres vendus dans le monde, Nora Roberts est la plus populaire des romanciĂšres amĂ©ricaines. 

Parution : 29/08/19 / Prix : 17.95 € / ISBN : 9782749939292

Cape May, Chip Cheek

« Cape May » de Chip Cheek, le roman par excellence Ă  lire pendant les vacances

J’ai d’abord Ă©tĂ© attirĂ©e par le titre du roman. Ayant sĂ©journĂ© quelques jours Ă  Cape May, New Jersey, j’ai eu le plaisir de goĂ»ter au charme incroyable de cette ville. J’ai aimĂ© les rues bordĂ©es de magnifiques maisons victoriennes aux jardins colorĂ©s et fleuris et l’ambiance hors du temps de cette station de villĂ©giature estivale. C’est un  bonheur de s’y promener en saison, mais qu’en est-il le reste de l’annĂ©e.

L’auteur nous entraine dans les pas de Henry et Effie, Ă  la fin des annĂ©es 50, alors qu’ils partent en voyage de noce dans cette station balnĂ©aire. Effie a passĂ© quelques vacances dans la maison de son oncle, et le souvenir des moments passĂ©s lui a donnĂ© envie d’y retourner avec son jeune Ă©poux. Mais hors saison, le charme qui avait sĂ©duit Effie n’opĂšre plus, les rues sont vides et l’ambiance tristounette… L’envie de repartir afin d’éviter de mourir d’ennui est trĂšs forte. Aussi lorsqu’ils rencontrent une amie d’enfance d’Effie dans une maison voisine, tout devient possible et la fĂȘte peut enfin commencer. Alcool, sĂ©duction, Ă©veil des sens  et jeux dangereux, les fĂȘtes s’enchainent pour le pire et le meilleur et au final, rien ne sera Ă©pargnĂ© au jeune couple.

Chip Cheek rĂ©ussi Ă  nous sĂ©duire par ses mots, par le rythme soutenu, par ce qu’il nous laisse entrevoir des sentiments et des interrogations de ces jeunes gens. L’atmosphĂšre totalement hors saison est bien rendue. Les problĂ©matiques trĂšs annĂ©es 50 du jeune couple et la confrontation de deux classes sociales plutĂŽt Ă©loignĂ©es les rendent assez proches de nous. Enfin, la rĂ©alitĂ© du couple, sa construction au fils des annĂ©es, est Ă©galement Ă©voquĂ©e. Sujet n’est pas forcĂ©ment Ă©vident Ă  une Ă©poque oĂč il est plus facile de se quitter que de rester ensemble. VoilĂ  assurĂ©ment le genre de roman que l’on a envie de lire pendant les vacances.

Quelques photos de mon voyage Ă  Cape May…

Catalogue Ă©diteur : Stock

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marc Amfreville

Septembre 1957.
Henry et Effie passent leur lune de miel Ă  Cape May, dans le New Jersey. Hors saison, la petite station balnĂ©aire n’offre guĂšre de distractions – si ce n’est la dĂ©couverte du plaisir –, et le jeune couple ne tarde pas Ă  s’ennuyer. Leur rencontre avec un groupe de New-Yorkais riches et dĂ©lurĂ©s va leur ouvrir les portes d’un monde insoupçonnĂ©. Cape May devient alors leur terrain de jeu : ils s’invitent dans des maisons vides, font de la voile, se saoulent au gin et marchent nus sous les Ă©toiles… jusqu’à cette nuit oĂč tout bascule.

Né en 1976 à Macon en Géorgie, Chip Cheek a étudié le journalisme et le creative writing. Cape May, son premier roman, est en cours de traduction dans plusieurs pays. Il vit à El Segundo en Californie.

Parution 29/05/2019 / 350 pages / EAN : 9782234086012 / Prix 22.00 €

Je mange de tout !, G. Bouttier GuĂ©rive, B. BĂ©cue

Un recueil à lire aux petits dÚs 3 ans, pour apprendre à manger de façon claire et ludique

C’est sĂ»r, dans la vie, c’est quand mĂȘme drĂŽlement mieux de manger variĂ©, sain, des aliments qui ont du goĂ»t, parfois trop, parfois trop bizarre, mais des aliments qui font du bien.

Je mange de tout, le recueil de textes de Gaëlle Bouttier Guérive, illustré de couleurs vives et savoureuses par Benjamin Bécue, dans la collection Mes premiÚres questions réponses, répond à vos questions, et à celles de vos petits :

  • A quoi ça sert de manger ?
  • D’oĂč vient la nourriture ?
  • Pourquoi il faut manger des lĂ©gumes ?
  • A quoi ça sert de bien se tenir Ă  table ?
  • Pourquoi on ne mange pas toujours la mĂȘme chose ?

Etc
 vous l’aurez compris, en 21 questions, on fait le tour de la problĂ©matique, par des rĂ©ponses adaptĂ©es Ă  l’ñge des petits lecteurs et un jeu Ă  chaque page pour qu’il apprenne en s’amusant. Car Ă  chaque double page, il y a des objets Ă  trouver parmi ceux que l’on vient d’Ă©voquer.

Ce recueil est fait avec de jolies pages plastifiĂ©es, on peut presque manger en le lisant, ce n’est pas grave, ça ne va pas tacher les pages.

Catalogue Ă©diteur : Nathan

Auteur : G. Bouttier Guérive
Illustrateur : B. BĂ©cue

La collection qui rĂ©pond aux questions des tout-petits : 21 questions pour dĂ©couvrir le plaisir de manger de tout : pourquoi on ne mange pas que des gĂąteaux ? Pourquoi c’est bien de goĂ»ter un peu de tout ? Ă  quoi ça sert de prendre son temps pour manger? Est-ce que la soupe ça fait vraiment grandir ?
Et un grand jeu de cherche et trouve pour s’amuser Ă  tous les aliments prĂ©fĂ©rĂ©s.

6,95 € / 24 Pages / Parution : mai 2019 / ISBN : 978-2-09-258748-5