Les Magnolias, Florent Oiseau

Une réflexion douce-amère sur la vie qui passe, un roman humain et tendre

Alain est un de ces losers attachants dont aime tant nous parler Florent Oiseau. Acteur sans contrat, sa seule activité, faute de trouver un tournage, semble être de noter dans un carnet d’hypothétiques noms de poney et d’aller voir Rosie dans sa camionnette tarifée. N’hésitant devant aucun sacrifice et le cœur sur la main, il héberge même dans son humble logis son ami Rico, son attaché de presse plus magouilleur que bosseur.

Alain vivote mais malgré tout il prend soin chaque semaine d’aller voir sa chère grand-mère qui s’éteint peu à peu à l’Ehpad Les Magnolias. Si elle a été placée là par ses enfants, ceux-ci semblent l’oublier en attendant l’héritage. Mais Alain aime aller la voir dans cet établissement qui sent la solitude et la vieillesse. Il mange avec elle l’insipide quatre-quarts servi au goûter, et l’emmène faire un tour dans le parc. Jusqu’au jour où cette mamie parfois un peu gâteuse lui demande de l’aider à mourir.

A-t-il bien entendu ? Pour en ĂŞtre sĂ»r, et ne sachant que faire, Alain dĂ©cide de venir plus souvent. Et de retrouver son oncle. Car cet obscur cĂ©libataire est le seul autre visiteur de cette grand-mère sur le dĂ©part. Il soulève alors quelques secrets, quelques animositĂ©s comme on en trouve souvent dans les familles, et lève le voile sur la jeunesse de cette femme qu’il ne connait peut-ĂŞtre pas si bien que cela. Car on l’oublie souvent, mais ces grands-parents qui nous paraissent si vieux ont eu des vies eux aussi, avant d’ĂŞtre seulement vieux.

C’est, comme à chaque fois avec les romans de Florent Oiseau, à la fois gai et triste, empli d’humanité et de désillusion, drôle et moqueur, sensible et tendre. Il m’a manqué pourtant un peu d’intrigue, dans la vie de la grand-mère ou la relation aux parents ou à l’oncle, un peu de densité sans doute. C’est malgré tout un roman attachant et réaliste, à l’humour parfois grinçant et caustique.

Roman lu dans le cadre du jury du Prix littéraire de la Vocation 2020

Du mĂŞme auteur, retrouver aussi ma chronique de Paris Venise

Catalogue Ă©diteur : Allary Editions

– Caramel
– Pompon
– Cachou…
Il y a des gens, dans la vie, dont l’unique préoccupation semble d’imaginer des noms de poneys. Alain est de ceux-là. Sa carrière d’acteur au point mort – depuis qu’il en a joué un, dans un polar de l’été, sur TF1 –, le quarantenaire disperse ses jours. Chez Rosie en matinée – voluptés de camionnette – et le dimanche aux Magnolias – où sa grand-mère s’éteint doucement. On partage une part de quatre-quarts, sans oublier les canards, et puis mamie chuchote : « J’aimerais que tu m’aides à mourir. » Autant dire à vivre… La seconde d’après, elle a déjà oublié. Pas Alain. Tant pis pour les poneys : il vient de trouver là, peut-être, un rôle à sa portée…

Né en 1990, Florent Oiseau a été pompiste, chômeur, barman, plongeur, réceptionniste de nuit, ouvrier dans une usine de pain de mie, crêpier, surveillant de lycée et couchettiste sur le train Paris-Venise. Il a publié trois romans chez Allary Éditions. Son premier roman, Je vais m’y mettre, a été désigné « livre le plus drôle de l’année » et a reçu le Prix Saint-Maur en poche. Son deuxième roman, Paris-Venise, a été finaliste de la 10e édition du Prix Orange du livre. Les Magnolias, également finaliste du Prix Orange du Livre 2020.

224 pages / 17,90 € / Paru le 02 janvier 2020 / EAN : 978-2-37073-306-1

L’habit ne fait pas le moineau, ZoĂ© Brisby

Humour, tendresse et fantaisie, quand une rencontre insolite donne un sens Ă  la vie

Maxine est une vieille dame de 90 ans et des poussières dynamique et sans espoir. Alex est l’amoureux transi d’une jeune fille qui ne le calcule mĂŞme pas.

Il a envie de partir Ă  Bruxelles mais pas seul. Elle a besoin de partir Ă  Bruxelles mais pas seule

Grâce Ă  un site de covoiturage, ils se rencontrent un beau matin devant la maison de retraite. De quiproquo en confidences ils vont finir par dĂ©couvrir les vraies raisons de leur voyage, une euthanasie pour l’une, une fuite en avant pour l’autre.

Et si cette rencontre Ă©tait le dĂ©tonateur qui va transformer leurs vies qui vont passer de fades, inconsistantes, sans amour ni amis, en feu d’artifice permanent et envie de vivre et de rire, enfin ?

Alors oui, parfois le discours est un peu facile, un peu trop évident, un peu trop salvateur. Mais que ça fait du bien ces lectures qui nous montrent la réalité de nos émotions, de nos dépressions, de nos espoirs déçus et de nos rêves déchus. Qui nous montrent et nous démontrent que la lumière si on la cherche bien et si on la laisse nous éclairer un tant soit peu, est parfois tout simplement au bout du chemin.

J’ai passé un bon moment en compagnie de ces deux protagonistes terriblement attachants, et c’est ce qui fait leur charme, que tout éloigne mais que la vie rapproche pour le meilleur après quelques émotions et un peu du pire (on ne manquera pas de suivre les Infos en continu qui nous font vivre leur périple !).

Une lecture d’Ă©tĂ© comme on les aime, rafraichissante, sensible et pĂ©tillante.

Impossible de ne pas Ă©voquer ces romans qui nous parlent Ă©galement de fin de vie et dont je vous ai dĂ©jĂ  parlĂ© ici, comme par exemple le très beau roman Suzanne de FrĂ©dĂ©ric Pommier ou encore Tout le bleu du ciel de Melissa Da Costa.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2020

Catalogue Ă©diteur : Le Livre de Poche et Fayard Mazarine

Maxine, vieille dame excentrique, s’échappe de sa maison de retraite, avec un projet bien mystérieux.
Alex, jeune homme introverti au cœur brisé par un chagrin d’amour, décide sur un coup de tête de faire un covoiturage.
Réunis dans une Twingo hors d’âge, les voici qui s’élancent à travers le pays.
Mais quand Maxine est signalée disparue et que la police s’en mêle, leur voyage prend soudain des allures de cavale inoubliable. C’est le début de la plus belle aventure de leur vie…

Prix 8,70€ / 512 pages / Date de parution : 25/03/2020 / EAN : 9782253934622

La goĂ»teuse d’Hitler, Rosella Postorino

Une évocation plus romanesque qu’historique du sort peu enviable de jeunes femmes au service du Führer

A Berlin, Rosa Sauer a Ă©pousĂ© Gregor, son chef de service. Ils vivent correctement dans leur appartement, et leur travail leur apporte une relative aisance. Mais lorsque la guerre Ă©clate, Gregor s’engage au service de sa patrie en dĂ©laissant Rosa qui n’a mĂŞme pas eu le temps de vivre ni d’enfanter, pour aller se battre sur le front de l’est.

RestĂ©e seule, elle partage l’appartement de sa mère qui dĂ©cède sous les bombes. Son père est heureusement dĂ©jĂ  mort (si l’on peut dire) car cet homme-lĂ  n’a jamais acceptĂ© le nazisme, c’est risquĂ© dans l’Allemagne de 1943. RĂ©fugiĂ©e chez ses beaux-parents Ă  Gross-Partsch, en Prusse-Orientale, près de la tanière du fĂĽhrer, Rosa est dĂ©signĂ©e avec neuf autres jeunes femmes pour aller goĂ»ter chaque jour la nourriture destinĂ©e Ă  Hitler.

Elles sont jeunes, filles ou mère, cĂ©libataire ou mariĂ©e avec un homme parti au front, et sont soumises sans mĂ©nagement Ă  cette tâche quotidienne et angoissante. Elles ne se connaissent pas, mais les relations sont difficiles, car la confiance, le partage ou l’amitiĂ© ne sont pas des notions aisĂ©ment partageables en temps de guerre.

Qui sont Leni, Elfriede, Augustine, BĂ©ate et les autres dans cet univers dĂ©lĂ©tère oĂą chaque geste est Ă©piĂ© par les SS, ou chaque bouchĂ©e avalĂ©e est un pari sur la vie, et dans une rĂ©gion oĂą il est si difficile de se nourrir, une vĂ©ritable bĂ©nĂ©diction tant que l’on ne veut pas voir que c’est surtout un pari sur sa propre mort.

Ce que j’ai aimĂ© ?

MalgrĂ© certaines incohĂ©rences (l’histoire entre Rosa et l’officier, la propagande vĂ©gĂ©tarienne acceptĂ©e sans discussion) j’ai aimĂ© dĂ©couvrir le quotidien de ces femmes allemandes, leurs peurs, leurs espoirs, leur lassitude et leur force. L’ambiance, la tension, les mensonges, les relations hommes femmes, soumises, dĂ©pendantes, fortes aussi, le rejet du nazisme ou le silence, le sentiment de culpabilitĂ© ou le manque de volontĂ© de savoir ce qui se passait rĂ©ellement dans le pays semblent assez plausibles.

Comme dit l’auteur dans une interview « La vie de Margot Wölk Ă©tait remplie de contradictions. Elle ne croyait ni en Hitler ni au rĂ©gime nazi, pourtant elle a risquĂ© sa vie pour eux Â». Si le roman est basĂ© sur cette histoire vraie, j’aurais malgrĂ© tout aimĂ© en savoir d’avantage sur la rĂ©alitĂ© historique de ces goĂ»teuses, peut-ĂŞtre par des informations plus poussĂ©es en fin de roman.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2020

Catalogue Ă©diteur : Le Livre de Poche et Albin-Michel

1943. Reclus dans son quartier gĂ©nĂ©ral en Prusse orientale, terrorisĂ©e Ă  l’idĂ©e que l’on attente Ă  sa vie, Hitler a fait recruter des goĂ»teuses. Parmi elles, Rosa. Quand les S.S. lui ordonnent de porter une cuillerĂ©e Ă  sa bouche, Rosa s’exĂ©cute, la peur au ventre : chaque bouchĂ©e est peut-ĂŞtre la dernière. Mais elle doit affronter une autre guerre entre les murs de ce rĂ©fectoire : considĂ©rĂ©e comme « l’Ă©trangère », Rosa, qui vient de Berlin, est en butte Ă  l’hostilitĂ© des autres goĂ»teuses. Pourtant, la rĂ©alitĂ© est la mĂŞme pour toutes : consentir Ă  leur rĂ´le, c’est Ă  la fois vouloir survivre et accepter l’idĂ©e de mourir.
InspirĂ© de l’histoire vraie de Margot Wölk, La GoĂ»teuse d’Hitler a Ă©tĂ© couronnĂ© en Italie par le prestigieux prix Campiello.

Livre de Poche : 384 pages / Parution : 25/03/2020 / Prix : 7,90€ / EAN : 9782253262237
Albin-Michel : 400 pages / Parution : 2/01/2019 / Prix : 22.00 € /EAN13 : 9782226401854

Plus loin que l’hiver, Isabel Allende

De l’hiver canadien Ă  l’AmĂ©rique du sud, l’auteur nous entraĂ®ne Ă  la croisĂ©e de trois destins singuliers

Il y a quelques années, je dévorais systématiquement les romans d’Isabel Allende. J’aime son approche si intime de l’Amérique du sud et de ces grands cataclysmes politiques et humains.

Je n’ai donc pas hĂ©sitĂ© devant ce nouvel opus. Plus loin que l’hiver nous entraine Ă  Brooklyn auprès de LucĂ­a Maraz, chilienne expatriĂ©e au Canada; du professeur Richard Bowmaster un homme particulièrement acariâtre qui l’a pourtant invitĂ©e Ă  donner des cours dans son universitĂ© ; et de Evelyn Ortega, une jeune Ă©migrĂ©e guatĂ©maltèque qui vient percuter leur vie tranquille un soir de violente tempĂŞte de neige.

Au chili, pendant les années sombres de la dictature de Pinochet, le frère de Maria a disparu, comme de nombreux autres jeunes hommes ou femmes à cette époque. Leur mère, comme tant d’autres folles de la place de mai, l’a attendu pendant des années, refusant de faire son deuil, jusqu’à la folie, jusqu’à la mort. Puis Maria a vaincu son cancer. Aujourd’hui enfin sereine elle espère profiter de sa vie.

Depuis la disparition de sa femme et de sa fille Richard est un solitaire. Il ne veut ouvrir ni son cĹ“ur ni son amitiĂ©. Acariâtre et pingre, mĂŞme en pleine tempĂŞte il refuse de monter le chauffage et il supporte tant bien que mal Maria qu’il hĂ©berge dans sa maison. Il faut un accident pour que cet homme-lĂ  se rĂ©veille enfin Ă  la vie.

Un banal accident de voiture met sur leur route la jeune Evelyn. Elle aussi a fui un pays dans lequel elle n’avait plus d’avenir. Mais sa position au Canada est fragile car elle est sans papiers. Elle aura besoin du soutien de tous pour avancer.

Du Chili au Guatemala et au Brésil en passant par le Canada et les États-Unis, nous découvrons trois personnages au passé difficile qui ont du mal à se confier et à se faire confiance. Chacun à sa manière a connu des moments particulièrement douloureux. Mais ils sont prêts à avancer sur le chemin qui mène à la sérénité et au bonheur.

Le roman m’a semblĂ© soit trop court par moments soit au contraire trop dense. Il aborde de nombreux faits historiques, indispensables pour Ă©voquer ces diffĂ©rents pays, du coup ils me semblent un peu survolĂ©s. L’opĂ©ration Condor, la mainmise des hommes du cartel mafieux de la Mara Salvatrucha qui anĂ©antissent l’avenir des jeunes, la torture et les desaparecidos des jeunes au Chili, les mères de la place de mai Ă  la recherche de leurs fils, le trafic d’ĂŞtre humains et le rĂ´le des passeurs, pour ne citer que ceux-lĂ . Chacun de ces thèmes peut faire l’objet d’un roman, du coup je m’y suis un peu perdue. Peut-ĂŞtre en aurait-il fallu un peu moins. Mais dans tous les cas, et si l’on ne souhaite pas les approfondir, alors il suffit de se laisser embarquer et de passer un agrĂ©able moment de lecture.

Et pour aller plus loin dans ces sujets, à propos des disparitions au Chili et en Amérique du sud, lire l’excellent roman de Frédéric Couderc Aucune pierre ne brise la nuit

Sur les gangs mafieux, en particulier celui de la Mara Salvatrucha lire le très bon thriller de Gabino Iglesias, Santa Muerte

Catalogue Ă©diteur : Grasset

Traduit de l’espagnol (Chili) par Jean-Claude Masson

Chilienne expatriée au Canada durant la dictature de Pinochet, Lucía Maraz porte encore les profondes cicatrices de son passé. Elle ne s’est jamais tout à fait remise de la disparition de son frère, au cours des premières années du régime, et a également dû affronter un divorce et se battre contre le cancer. Mais lorsque, professeur invitée à l’université de New York, elle s’installe dans l’appartement au sous-sol du brownstone de son collègue, le professeur Richard Bowmaster, elle entame ce nouveau chapitre de sa vie avec entrain et optimisme. Lire la suite…

Parution : 10 Juin 2020 / Format : 154 x 235 mm / Pages : 336 / EAN : 9782246822417 Prix : 20.90€ / EAN numĂ©rique: 9782246822578 Prix : 14.99€

Juvenia, Nathalie Azoulai

Et si demain on interdisait les relations entre hommes et femmes d’âges trop Ă©loignĂ©s ?

Dans un avenir et un pays indĂ©terminĂ©s mais qui pourrait ĂŞtre la France. Le 27 janvier est promulguĂ© une loi interdisant l’union d’un homme avec une femme de plus de vingt ans sa cadette. Et des peines sĂ©vères sont prĂ©vues en cas de manquement Ă  la loi. La rĂ©publique de Juvenia dĂ©cide de rĂ©tablir ce que l’auteur nomme l’homochronie, cet Ă©quilibre des âges dans les relations homme-femme.

Nathalie Azoulai nous fait suivre quelques personnages emblématiques de ces différences d’âge, qui doivent réorganiser leurs vies pour être en conformité avec la loi. Deux femmes délaissées, jeune femme enceinte qui doit trouver un père pour cet enfant qui va naitre hors la loi, des hommes de plus de cinquante ans dont les aspirations sont bouleversées par la loi.

VoilĂ  un roman fĂ©ministe qui tente de redonner aux femmes de plus de 50 ans une vraie place dans la sociĂ©tĂ©. En effet, les femmes de cinquante ans sont abandonnĂ©es, seules, et leur vie devient trop difficile, dans la solitude, ou en union avec un homme trop âgĂ© (puisqu’ils ne veulent que des femmes plus jeunes !). Mais d’un autre cĂ´tĂ©, on peut se demander pourquoi de très jeunes femmes recherchent ces vieux barbon qui les rassurent, les protègent et leur servent de guide et de mentor. Se pose alors la question de l’émancipation et de l’autonomie de ces jeunes femmes qui s’unissent Ă  un homme trop âgĂ©, qui pourrait ĂŞtre leur père, ce mentor qui les guide sans peut-ĂŞtre leur laisser la possibilitĂ© de s’épanouir librement.

C’est aussi un conte farfelu et utopique sur les relations hommes-femmes, et qui s’interroge sur le sort de ces enfants nĂ©s d’un père trop âgĂ© pour avoir le temps de les voir grandir et de les Ă©lever.

Et je n’oublie pas le sexe, omniprĂ©sent dans la vie de Juvenia. Celui de jeunes et belles femmes avec des hommes murs, mais surtout celui de femmes enfin reconnues, aimĂ©e, touchĂ©es, par ces hommes qui les dĂ©laissaient et les ignoraient depuis trop longtemps.
C’est la conquĂŞte du plaisir enfin autorisĂ©e aux femmes plus âgĂ©es, de la revanche Ă  prendre sur ces filles au summum de leur beautĂ©. Ces jeunes femmes Ă  la plastique idĂ©ale, idĂ©alisĂ©e par ces hommes en mal d’une seconde jeunesse qui n’ont aucun scrupule Ă  abandonner la mère de leurs enfants.
Un roman très court, qui allie Humour et libertinage, un conte aussi cynique et satirique que parfois drĂ´le et souvent grinçant dans lequel les hommes n’ont pas vraiment le beau rĂ´le. Ă€ la fois expression de nos fantasmes ou de nos angoisses inavouĂ©es sans doute !

Catalogue Ă©diteur : Stock

Une loi du 27 janvier interdit aux hommes de la République de Juvenia de vivre avec des femmes de plus de vingt ans leurs cadettes : un raz-de-marée dans la vie des six personnages que Nathalie Azoulai fait se croiser dans une ronde drolatique et diabolique. Une jeune femme va-t-elle se retrouver hors-la-loi parce que le père du bébé dont elle est enceinte a le double de son âge ? Les ricanements des hommes envers les femmes qui vieillissent inexorablement vont-ils enfin cesser ? Et permettre à celles-ci de retrouver la confiance et le sens de l’avenir ? Les hommes de plus de cinquante ans s’en remettront-ils ? Et si cette loi réveillait un érotisme nouveau ?
Révolutions sentimentales, revirements cocasses, aventures ébouriffantes, déceptions en chaîne, guerre des sexes : cette satire est portée ici par un style voltairien aussi rapide qu’inventif.
Nathalie Azoulai observe notre société, s’amuse avec les codes du libertinage, joue avec nos craintes et nos fantasmes en romancière virtuose.

Nathalie Azoulai est romancière et a longtemps été éditrice. Parmi son œuvre on peut citer Titus n’aimait pas Bérénice, qui a reçu le prix Médicis en 2014.

Parution : 18/03/2020 / Collection : La Bleue / 120 pages / Format : 138 x 215 mm / EAN : 9782234089518 / Prix : 16.50 €

Le peintre du dimanche, David Zaoui

Un roman lĂ©ger, dĂ©calĂ© et rafraichissant, avec un soupçon d’humour et de folie douce

Un roman paru sous le titre « sois toi-mĂŞme les autres sont dĂ©jĂ  pris » phrase empruntĂ©e Ă  Oscar Wilde… D’oĂą le changement peut ĂŞtre ?

Alfredo Scali est peintre, artiste, pas en bâtiment. Enfin, ça c’est lui qui l’affirme haut et fort tant Ă  sa famille qu’Ă  son inĂ©narrable conseiller pĂ´le emploi. Pourtant rien n’y fait, personne ne veut de ces rĂŞves d’animaux qu’il a posĂ© sur ses toiles.

Sa chère grand-mère est atteinte d’Alzheimer. Une association lui propose l’aide d’un singe capucin pour l’assister dans ses tâches quotidiennes. Mais c’est sans compter sur l’Ă©volution de la maladie. Aussi, le jour oĂą elle menace d’en faire du bouillon, Alfredo se voit contraint de rĂ©cupĂ©rer Schmitt, le gentil singe amateur de beignets Ă  la pistache. La cohabitation sera facile et plutĂ´t joyeuse, et aura des consĂ©quences inattendues pour Alfredo et la rĂ©alisation de ses ambitions d’artiste.

De pĂ©ripĂ©ties en courriers rageurs auprès de son conseiller, Alfredo va finir par trouver le succès auprès d’un galeriste… Mais qui est le vĂ©ritable auteur des Ĺ“uvres exposĂ©es ? Et comment va-t-il se dĂ©pĂŞtrer de ces accommodements pas vraiment raisonnables qu’il mène avec sa conscience.

 Le roman est parsemĂ© de nombreuses invraisemblances et de tout aussi nombreuses expressions empruntĂ©es, mais le personnage central est plutĂ´t attachant et la morale de l’histoire est sauve. L’auteur pose Ă©galement quelques questions, comment vivre en Ă©tant rĂ©ellement soi-mĂŞme, rĂ©aliser ses rĂŞves, ĂŞtre honnĂŞte avec soi et les autres. Le tout en fait un moment de lecture qui s’il a quelques dĂ©fauts est cependant lĂ©ger et dĂ©calĂ©.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2020

Catalogue Ă©diteur : Le Livre de Poche & JC Lattès

Tout sourit à Alfredo Scali, peintre ambitieux : il vient d’être repéré par un grand galeriste parisien et peut enfin se débarrasser de son conseiller Pôle Emploi ! Ses parents sont aux anges. Même Schmidt, le petit singe hérité de sa grand-mère, semble fier de lui. Et pour cause : le capucin malicieux, accro aux beignets à la pistache et à Starsky sans Hutch, est le véritable auteur des toiles ! Comment Alfredo va-t-il se sortir de cette situation ?
D’une friterie belge aux plages paradisiaques de République dominicaine, il nous entraîne dans une aventure ubuesque.
Avec sa galerie de personnages hauts en couleur et une belle palette d’humanité, ce roman réjouissant est un bijou de fantaisie.

NĂ© en 1977 en banlieue parisienne, David Zaoui a suivi les cours Florent et travaillĂ© comme rĂ©alisateur et producteur dans le cinĂ©ma pendant plusieurs annĂ©es, notamment aux États-Unis. LaurĂ©at du Festival du premier roman de ChambĂ©ry 2018 pour Je suis un tueur humaniste, il se consacre aujourd’hui Ă  l’écriture. 

288 pages / Date de parution : 06/05/2020 / EAN : 9782253240679

Puisque tu m’aimes, Janine Boissard

Janine Boissard ou l’art de se réinventer

Des annĂ©es que je n’avais pas lu cet auteur qui Ă©voque souvent dans ses romans les relations familiales, le couple, les souvenirs et l’importance du passĂ© et de nos actions sur le prĂ©sent.

Lou a seize ans. Cette jolie jeune femme dynamique a un grand dĂ©faut (Ă  ses yeux !) elle est rousse. Elle est surtout pompiers volontaire, sans doute par passion pour son parrain, Philippe, le frère de son père disparu depuis trois ans. Lou est amoureuse de Stan, un jeune photographe qui se rĂŞve aspirant criminologue.

A Montsecret, leur  village tranquille de Basse-Normandie, des incendies inexpliquĂ©s frappent depuis plusieurs mois les repas de noces. Dans de telles circonstances le risque de faire de nombreuses victimes est grand. Fort heureusement, grâce Ă  Philippe et aux pompiers du village, il y a eu peu de dĂ©cès.

Ces incendies inexpliquĂ©s intriguent Lou et Stan qui dĂ©cident de mener leur propre enquĂŞte. Ce qui n’est pas sans danger car la piste pourrait les mener lĂ  oĂą ils n’ont pas vraiment envie d’aller. C’est ce que va dĂ©couvrir Stan Ă  ses dĂ©pends, car la vĂ©ritĂ© n’est pas toujours bonne Ă  mettre en lumière. Lou devra continuer seule et tenter de dĂ©mĂŞler le vrai du faux, sans se laisser abuser par ses sentiments.

L’auteur a l’art de dĂ©crypter les relations humaines complexes, mais aussi les affres de l’adolescence avec ses premiers Ă©mois amoureux et ses interrogations bien lĂ©gitimes. Elle rend Ă©galement hommage au mĂ©tier de sapeur-pompier. Sous des airs plutĂ´t lĂ©gers, car comme Ă  son habitude le roman est court et l’auteur ne s’attarde pas sur les personnages ou les Ă©vĂ©nements,  la palette de sentiments abordĂ©s est large et plus complexe qu’il n’y paraĂ®t. Le livre se lit d’une traite, comme c’est souvent le cas pour les romans de Janine Boissard qui a l’art de dire les choses simplement et cependant d’accrocher ses lecteurs. A conseiller pour vous changer les idĂ©es cet Ă©tĂ©.

Catalogue Ă©diteur : Fayard

Elle a seize ans, elle s’appelle Lou.
Son père est décédé il y a trois ans. Sa mère est infirmière, et son oncle et parrain est pompier.
Bref, sa vie familiale et affective est un peu compliquée.
Et pour ne rien arranger, elle tombe amoureuse d’un photographe amateur qui rêve d’entrer dans la police… Lire la suite

Janine Boissard est l’auteur d’environ trente-cinq livres, dont L’Esprit de famille, tomes I Ă  VI (Fayard, 1977-1984), et plusieurs Ĺ“uvres romanesques.  Janine Boissard a Ă©té dĂ©corĂ©e des Palmes AcadĂ©miques pour son action auprès de la jeunesse.

Parution : 03/06/2020 / Pages : 256 / Format : 153 x 235 mm / Prix : 19.90€  EAN : 9782213716732 / Prix Numérique : 14.99€ EAN numérique : 9782213715407

Est-ce ainsi que les hommes jugent, Mathieu Menegaux

Un flic pugnace, une jeune orpheline, un cauchemar éveillé, un roman percutant

Claire est une jeune fille de 13 ans, chaque samedi matin après avoir fait les courses avec son père, ils achètent un bouquet de fleurs et vont dire bonjour à sa maman, au cimetière.
Mais ce jour-lĂ  ils n’iront pas, Claire a Ă©chappĂ© de justesse Ă  une tentative d’enlèvement. L’homme, grand, jeune, blond, vĂŞtu d’un blouson en jeans, s’est enfui Ă  bord de sa MĂ©gane blanche en percutant mortellement le père de Claire qui tentait de l’arrĂŞter.
Trois ans plus tard. Ce n’est pas un jour ordinaire pour Gustavo. Il doit présenter devant l’état-major de son entreprise l’acquisition d’un laboratoire, moment primordial de sa carrière. Gustavo, émigré d’Argentine avec sa mère, a pleinement réussi sa vie. Avec Sophie, son épouse aimante, mère au foyer accomplie et satisfaite et ses deux garçons, il savoure sa réussite et son bonheur tranquille.
Mais ce matin-lĂ , l’Ă©quipe du commandant Delphis fait irruption dans sa maison, dĂ©truisant ce confort, ce bonheur en quelques heures Ă  peine. Interrogeant, fouillant, sans relâche pendant des heures. La perquisition est d’une violence inouĂŻe lorsque l’on ne comprend pas ce qui arrive. Gustavo est embarquĂ© jusqu’au poste pour une garde Ă  vue. Pourquoi, et par quel malheureux hasard cet homme en apparence paisible et bien sous tous rapports va se retrouver lĂ  ?

Voilà un étonnant plaidoyer contre la justice, mais surtout contre la police et ses manières peu orthodoxes, avec ce flic qui parce qu’il veut tenir une promesse faite à la victime prend des chemins bien expéditifs.

Un roman qui met aussi en lumière le mal qui peut ĂŞtre fait en quelques heures par le biais des rĂ©seaux sociaux et des mĂ©dias. Innocent, coupable, chacun se fait juge, policier, justicier, sous l’anonymat des rĂ©seaux, tout est permis. D’ailleurs, n’est-ce pas un peu ce que l’on vit actuellement oĂą chacun devient spĂ©cialiste, infectiologue, virologue, politique, c’est selon. Chacun y allant de son y’aqu’a, fau’qu’on, onauraitdu… Et surtout, ce roman nous montre le retournement de situation implacable dont mĂŞme le plus banal des citoyens peut ĂŞtre victime au nom d’une certaine justice. Comment en quelques heures un innocent devient coupable, et comment sa propre pensĂ©e va ĂŞtre perturbĂ©e, dĂ©faillante, au point parfois de le mener Ă  signer des aveux sans mĂŞme avoir Ă©tĂ© coupable.

Mathieu Menegaux Ă  l’art d’écrire un roman que l’on ne lâche pas avant la fin, qui se lit d’une traite, Ă©conome de mots superflus, de situations qui parasiteraient l’intrigue principale. J’en aurais peut-ĂŞtre apprĂ©ciĂ© un peu plus, pour Ă©toffer l’intrigue et donner plus de corps Ă  certains personnages, mais sans doute est-ce voulu ? Pour dire l’essentiel et mener son lecteur oĂą il l’a dĂ©cidĂ©, Ă  se poser les bonnes questions sur notre sociĂ©tĂ© ?

Du même auteur, j’ai découvert dernièrement le roman Disparaitre, chronique à retrouver ici.

Catalogue Ă©diteur : Grasset et format poche Points

Une journée particulière. Gustavo, père de famille, directeur financier, doit effectuer une présentation importante devant l’état-major de sa multinationale. Des mois de préparation, un tournant pour sa carrière.
Au lieu de l’heure de gloire espĂ©rĂ©e, la police faire irruption Ă  son domicile, Ă  l’aube. Perquisition, accusation d’homicide volontaire, indices concordants, Gustavo va ĂŞtre placĂ© en garde Ă  vue et traitĂ© sans mĂ©nagement. Heures sombres, qui vont dĂ©stabiliser un cadre supĂ©rieur sans histoires et le conduire Ă  redouter le pire pour son avenir. 
Son épouse Sophie va mobiliser son réseau et son énergie pour démontrer l’innocence de son mari et préserver leurs deux garçons des conséquences dévastatrices de cette mise en cause.
Mais comment rĂ©tablir la balance de la justice dans un univers gouvernĂ© par l’émotion et la recherche immĂ©diate d’un coupable ?

Grasset : Parution : 2 Mai 2018 / Format : 130 x 205 mm / Pages : 234
EAN : 9782246817437 Prix : 18.00€ / EAN numĂ©rique: 9782246817444 Prix : 7.49€
Points : Date de parution 09/05/2019 / 7.00 € / 240 pages / EAN 9782757875599

Cachemire rouge, Christiana Moreau

Des plateaux de Mongolie aux ateliers de couture italiens, le rêve de deux jeunes filles dans l’enfer de l’esclavage moderne

Dans les steppes encore sauvages de Mongolie, Bolormaa vit avec sa famille. Éleveurs de chèvres pour y prĂ©lever le cachemire tant convoitĂ© par les occidentaux. Mais le vent assèche les steppes dĂ©boisĂ©es par l’homme, le sable et la dĂ©sertification avancent,  les troupeaux se rarĂ©fient et les Ă©leveurs sont menacĂ©s. Trop appauvris, ils doivent se sĂ©dentariser, abandonner ce nomadisme hĂ©ritĂ© de lignĂ©es d’ancĂŞtres. En suivant les prĂ©ceptes et l’enseignement de sa grand-mère, Borlomaa a appris la teinture naturelle, et comme elle a le droit de prĂ©lever un peu de laine, elle teint puis tisse un magnifique pull d’une couleur rouge incroyablement belle et unique. ArrivĂ©e Ă  Ordos, en Chine, elle va rĂ©ussir Ă  le vendre Ă  Alessandra, une styliste italienne qui vient s’approvisionner lĂ  pour sa boutique de Prato.  Elle va maintenant travailler dans un de ces ateliers appartenant aux chinois qui ont dĂ©sormais captĂ© le marchĂ© du cachemire en Mongolie.

Ce nouvel emploi est une forme d’esclavage moderne, le temps passe et Borlomaa n’en voit pas le bout. Avec sa nouvelle amie Xiaoli, elles dĂ©cident de partir pour gagner l’Italie. Du transsibĂ©rien aux camions de passeurs, elles traversent les immenses Ă©tendues que l’auteur nous fait dĂ©couvrir avec elles, avant d’arriver enfin sur leur terre promise. Mais la vie Ă  l’arrivĂ©e est-elle un piège, plus difficile que celle abandonnĂ©e en Chine ?

Ce que j’ai aimé ? Si ce roman est finalement assez optimiste, avec un côté qui m’a fait penser à La tresse, avec les personnages de ces deux jeunes filles, la force de l’amitié, du courage, de l’entraide, de la famille et du travail. Il m’a surtout permis d’en savoir plus sur l’origine de ce cachemire que j’aime tant. De comprendre aussi pourquoi la qualité qui était incroyable il y a quelques années est plus difficile à trouver aujourd’hui. Comprendre d’où provient cette laine si fine, si douce, qui est tant recherchée ; de savoir surtout comment vivent, ou ne vivent plus, les nomades de Mongolie, ces éleveurs qui ont vu leur troupeaux décimés, et voient aujourd’hui les chinois avoir la mainmise sur la production. Enfin, j’ai pu découvrir comment le milieu du textile italien est aujourd’hui cannibalisé par les triades chinoises. Avec en particulier l’exploitation des jeunes migrantes rendues au statut d’esclaves modernes. Soumises au bon vouloir de patrons qui confisquent leurs passeports à leur arrivée et les font travailler pendant des années. Dans ces ateliers pas forcément tous clandestins règne une grande misère. Les travailleuses à la chaine œuvrent là pendant des heures interminables sans espoir de s’en sortir et de recouvrer un semblant de liberté.

Du même auteur, on se souvient du premier roman La sonate oubliée, qui nous avait embarqués à Venise

Catalogue Ă©diteur : PrĂ©ludes

Trois destins liés par un fil rouge, celui d’un précieux cachemire tissé de manière ancestrale. Toscane. Alessandra est fière de la qualité des pulls et étoffes qu’elle vend dans sa boutique de Florence. Une fois par an, elle va s’approvisionner en Asie. Jusqu’à ce coup de foudre pour le cachemire rouge filé par une jeune fille, Bolormaa. Dans les steppes de Mongolie, celle-ci mène une existence nomade avec sa famille, en communion avec la nature. Mais, lorsqu’un hiver glacial décime leur troupeau de chèvres, elle doit quitter ses montagnes pour travailler à l’usine en Chine. C’est là qu’elle rencontre XiaoLi. Bientôt, dans l’espoir de se construire un avenir meilleur, les deux amies font le choix du départ. De l’Asie à l’Europe, du Transsibérien jusqu’en Italie, elles braveront tous les dangers pour prendre leur destinée en main et tenter de réaliser leur rêve.
Avec humanité et un grand sens du romanesque, Christiana Moreau compose une histoire vibrante, véritable ode à l’amitié et au courage.

Paru le : 24 Avril 2019 / Format : 130 x 200 mm / 272 pages / EAN : 9782253045663 : Prix : 16.90 € / EAN numĂ©rique: 9782253089933 : Prix numĂ©rique : 10.99 €

Le courage des autres, Hugo Boris

Un regard lucide sur les transports en commun, ce lieu où s’expriment courage ou lâcheté

Un dossier qui déborde, empli de petits bouts de papiers, tous griffonnés par l’auteur lors de trajets en transport en commun. Puis un jour vient l’envie d’en faire quelque chose. De dire la foule et la solitude, les moments d’angoisse ou de silence, de grâce ou de violence, de tendresse ou d’étonnement, la vie de tous ces inconnus que l’on croise le temps d’un trajet sans jamais revoir.

Alors qu’il venait de passer sa ceinture noire de judo et se sentait capable de rĂ©pondre Ă  toutes les agressions, Hugo Boris assistĂ© Ă  une agression dans un train de banlieue. Comme tant d’autres, il est quasi paralysĂ© face Ă  ça. Son seul rĂ©flexe est de tirer la sonnette d’alarme, c’est dĂ©jĂ  pas si mal.
À partir de là, régulièrement il pose sur le papier ses impressions lors de ses voyages dans les transports en commun. Petits instants de vie, petits bouts de papier qui s’empilent pour ne pas oublier.

Car on se retrouve dans ces moments, peur, sourire, crainte, lâcheté, tête baissée pour ne rien voir, oreilles bouchées pour ne rien entendre, changement de wagon, mais aussi sourires, tendresse, émotion, humour, crainte, violence, silence, absence, curiosité, étonnement, sidération, tout est là, chaque jour, devant chacun de nous, voyageur occasionnel ou habituel. Elle court elle court la banlieue dans le train, métro, RER, témoins de moment de vies qui passent et que l’on ne remarque même plus. Tout cela nous rappelle un quotidien qui parfois inquiète mais que nous aimerions tant retrouver en ces temps confinés.

Du même auteur, retrouvez les avis de Alex Mot-à-Mots et Les Miscellanées de Cookie. Lire également ma chronique de Police, un roman disponible chez Pocket.

Catalogue Ă©diteur : Grasset

Hugo Boris vient de passer sa ceinture noire de karatĂ© lorsqu’il fait face Ă  une altercation dans le RER. SidĂ©rĂ©, incapable d’intervenir, il se contente de tirer la sonnette d’alarme. L’épisode rĂ©vèle une peur profonde, mĂ©lange d’impuissance et de timiditĂ© au quotidien. Trait de caractère personnel ou difficultĂ© universelle Ă  affronter l’autre en sociĂ©tĂ© ? Ce manque de courage l’obsède. Sa femme lui suggère de «  se faire casser la gueule une bonne fois pour toutes  » pour l’exorciser.
Mais Hugo Boris est écrivain, alors, pendant quinze ans, il consigne sur le vif ces situations d’effroi dans les transports en commun. Il peint aussi le ravissement d’une rencontre, l’humanité d’un dialogue, l’humour d’un échange imprévu. À travers ces miscellanées heureuses ou tragiques, il décrypte une mythologie contemporaine, celle du métro et du RER, et cherche à appréhender ses craintes, à la maîtriser par la distance, la littérature ou… la lecture de Dragon Magazine !
Il tente aussi de conjurer sa peur en guettant le courage des autres sous toutes ses formes, profondément admiratif de tous ceux qui parviennent à intervenir lorsqu’une situation les interpelle, les sollicite, exige une prise de parole, un geste. Il dessine un hommage à tous ceux qu’il a vu avoir, sous ses yeux, le cran qui lui manquait. Et se demande si le courage est contagieux.
Totalement original, sincère, d’une actualité, d’une précision d’écriture et d’observation remarquables, ce recueil de textes brefs touche au plus juste. En se mettant à nu, Hugo Boris parle de chacun de nous, de nos lâchetés et de nos malaises quotidiens, de nos éblouissements et, parfois, de nos héroïsmes.

Ancien assistant rĂ©alisateur, Hugo Boris travaille dans une Ă©cole de cinĂ©ma. Il est l’auteur de cinq romans très remarquĂ©s et a reçu de nombreux prix littĂ©raires. Aux Ă©ditions Belfond : Le Baiser dans la nuque, La DĂ©lĂ©gation norvĂ©gienneJe n’ai pas dansĂ© depuis longtemps et Trois grands fauves. Il a publiĂ© POLICE chez Grasset en 2016 : prix Eugène Dabit, prix des lycĂ©ens PACA, traduit en trois langues, sortie prĂ©vue au cinĂ©ma en mars 2020 (rĂ©alisation Anne Fontaine, avec Omar Sy et Virginie Efira). Tous ses livres sont disponibles chez Pocket.

Parution : 8 Janvier 2020 : Format : 130 x 209 mm / Pages : 180 / EAN : 9782246820598 / Prix : 17.00€ / EAN numĂ©rique: 9782246820604 Prix : 11.99€