Le miroir des âmes, Nicolas Feuz

Entre Murano et Neuchâtel, un thriller au suspense garanti

Que s’est il passĂ© dans le canton de Neuchâtel ?
D’un cĂ´tĂ©, le procureur Jemson se rĂ©veille sur un lit d’hĂ´pital. Partiellement amnĂ©sique Ă  la suite du choc terrible reçu lors de l’explosion d’une bombe dans un cafĂ© de la place des Halles. Sa greffière Flavie Keller reste Ă  son chevet, ce qui l’interroge grandement sur leur niveau de relation. Avaient-ils des relations autres que professionnelles ? Et s’il n’arrive pas Ă  s’en souvenir, pourra-t-il retrouver la mĂ©moire Ă  propos des affaires sur lesquelles il enquĂŞtait ?

Au Perla Blu, un bar-hĂ´tel louche, les prostituĂ©es doivent obĂ©ir sans discuter au patron et Ă  son glaçant acolyte albanais. Alba Dervishaj est l’une d’entre elles. Mais depuis son arrivĂ©e elle ne fait que rembourser son passage, et n’a plus de passeport, alors comment pourrait elle sortir de ce guĂŞpier ?

Enfin, un terrible meurtrier s’en prend Ă  ses victimes de façon particulièrement violente. Il est dĂ©nommĂ© Le vĂ©nitien par les enquĂŞteurs. Qui sera capable de le dĂ©masquer et de l’arrĂŞter ?

Ce que j’ai aimĂ© ?

Les chapitres courts qui donnent le tempo, un rythme soutenu, les alternances entre les vues des diffĂ©rents protagonistes qui se croisent, se dĂ©couvrent, se dĂ©voilent. Une rĂ©gion et un mĂ©tier de procureur qui sont bien connus de l’auteur qui est lui-mĂŞme procureur du canton de Neuchâtel, et cela se sent. MĂŞme si parfois j’aurais souhaitĂ© que la personnalitĂ©, le passĂ©, les interactions de certains personnages soient approfondis, c’est au final un thriller qui fait passer un bon moment.

Retrouvez Ă©galement ma chronique du roman Horrora Borealis, du mĂŞme auteur, paru au Livre de Poche.

Et pour aller plus loin, les chroniques de entre deux pages, fictionista.

Catalogue Ă©diteur : Slatkine et Compagnie

Un attentat sans commanditaire, des meurtres sans mobile apparent, l’auteur est à son affaire, il est procureur du Canton de Neuchâtel. Dans ce polar essoufflant, il fait endosser à son personnage principal la robe d’un magistrat qui pourrait être son double si tout n’était précisément double et trouble dans ce Miroir des âmes : les flics, les filles, les politiques, les juges et jusqu’à ce mystérieux tueur en série que la police a surnommé Le Vénitien parce qu’il coule du verre de Murano dans la gorge de ses victimes. Le style est au couteau, l’efficacité radicale. Implacable et précis, comme un détonateur.

ISBN : 978-2-88944-100-6 / 262 pages / Prix : 18 euros

Les promises, Jean-Christophe GrangĂ©

Un roman historique sombre et glaçant sur fond de seconde guerre mondiale

Les belles dames du Reich aiment se rĂ©unir dans le confort ouatĂ© de l’hĂ´tel Adlon Ă  Berlin, loin des tensions qui agitent l’Europe Ă  l’aube de la seconde guerre mondiale. Pourtant, lorsque certaines d’entre elles disparaissent il s’avère nĂ©cessaire de mener l’enquĂŞte. Celle-ci est confiĂ©e en toute discrĂ©tion Ă  Franz Beewen, gestapiste convaincu, qui rapidement ressent le besoin d’agir avec l’aide de Simon Kraus, psychanalyste, et de Minna von Hassel, psychiatre. Tous trois forment le trio d’enquĂŞteurs le plus insolite de l’Allemagne nazi.

GrangĂ© nous embarque dans un roman historique qui fait revivre le Berlin du dĂ©but de la seconde guerre mondiale. L’intrigue m’a semblĂ© n’ĂŞtre qu’un prĂ©texte Ă  nous rappeler l’horreur du nazisme. Elle passe d’ailleurs parfois d’un rĂ©alisme descriptif dense et pointu au surrĂ©alisme le plus dĂ©concertant.

L’ambiance lourde, angoissante, nous plonge dans un dĂ©cor particulièrement bien rendu. Elle est l’objet de descriptions et d’explications historiques souvent utiles mais Ă©galement parfois longues et redondantes, au risque de ne pas rendre ce roman assez nerveux, rythmĂ© ou mĂŞme attachant, si tant est que la pĂ©riode s’y prĂŞte. Bon c’est un gros pavĂ© mais je ne pense pas que le lecteur ait dĂ©jĂ  tout oubliĂ© au fil de sa lecture.
L’excellent travail de documentation fait par Jean-Christophe GrangĂ© se ressent Ă  chaque chapitre tant il dĂ©crit et dĂ©taille Ă  l’excès la pĂ©riode qu’il a choisie. Les personnages ne semblent ĂŞtre lĂ  que pour Ă©tayer le besoin qu’il a eu de balayer tous les crimes et les horreurs perpĂ©trĂ©s par les nazis. Comme Ă  son habitude, GrangĂ© y dĂ©crit l’horreur avec une dĂ©lectation poussĂ©e Ă  l’extrĂŞme, jusqu’Ă  vous donner la nausĂ©e.

Le point le plus positif de cette lecture est très certainement la qualitĂ© du lecteur. J’ai apprĂ©ciĂ© les intonations, le rythme, le souffle, les voix qu’il donne aux personnages, et la façon dont il maintient le mystère et l’horreur, qui se ressentent bien tout au long de l’Ă©coute de ce roman.

Catalogue Ă©diteur : Albin-Michel, Audiolib

Lu par François-Éric Gendron

Les promises, ce sont ces grandes dames du Reich, belles et insouciantes, qui se retrouvent chaque après-midi à l’hôtel Adlon de Berlin, pour bavarder et boire du champagne, alors que l’Europe, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, est au bord d’imploser.
Ce sont aussi les victimes d’un tueur mystérieux, qui les surprend sur les rives de la Spree ou près des lacs, les soumettant à d’horribles mutilations…
Dans un Berlin incandescent, frémissant comme le cratère d’un volcan, trois êtres singuliers vont s’atteler à l’enquête. Simon Kraus, psychanalyste surdoué, gigolo sur les bords, toujours prêt à faire chanter ses patientes. Franz Beewen, colosse de la Gestapo, brutal et sans pitié, parti en guerre contre le monde. Minna von Hassel, riche héritière et psychiatre dévouée, s’efforçant de sauver les oubliés du Reich.
Ces enquêteurs que tout oppose vont suivre les traces du Monstre et découvrir une vérité stupéfiante. Le Mal n’est pas toujours là où on l’attend.

Depuis plus de vingt-cinq ans, l’auteur du Vol des cigognes et des Rivières pourpres règne en maître sur le thriller français. Traduits dans une trentaine de langues, vendus à des millions d’exemplaires dans le monde, tous les romans de Jean-Christophe Grangé ont été adaptés au cinéma ou à la télévision. Les promises est son premier roman historique.

EAN 9791035406509 / Prix du format physique 25,90  € / EAN numĂ©rique 9791035406714 / Prix du format numĂ©rique 23,45  € / Date de parution 20/10/2021 / durĂ©e : 20h48

Passage de l’union, Christophe Jamin

Rencontre du troisième type avec Patrick Modiano dans ce roman Ă©crit Ă  l’encre sympathique

Alors qu’il est Ă©tudiant, le narrateur rĂ©side passage de l’union Ă  Paris. Un jour il rencontre Patrick Modiano, cet Ă©crivain si talentueux qui a pourtant tant de mal Ă  s’exprimer Ă  l’oral. Ils auront quelques Ă©changes très limitĂ©s.

Quelques annĂ©es plus tard il est devenu avocat et, Ă  l’instar de l’auteur, va rĂ©gulièrement dĂ©poser une rose sur la tombe de Floriot, un cĂ©lèbre pĂ©naliste qu’il admire. Le jour oĂą il doit dĂ©fendre un criminel, il croise Ă  nouveau Modiano lors du procès. Il faut dire que le prĂ©venu a un parcours singulier, sa sĹ“ur aurait disparu dans les mĂŞmes conditions que Dora Bruder, l’hĂ©roĂŻne du roman de Modiano.

Ă€ partir de lĂ , les routes des deux hommes se rejoignent Ă  plusieurs reprises. Les mots, le pouvoir de l’Ă©criture, les entraĂ®nent vers un univers parallèle dès qu’il s’engouffrent dans une station de mĂ©tro, plongeant dans un passĂ© rĂ©cent jusqu’Ă  la seconde guerre mondiale, la rĂ©sistance, l’occupation de Paris.

Le narrateur met alors ses pas dans ceux de l’auteur devenu personnage de son roman, et part Ă  la rencontre d’un monde bien plus vivable que celui dans lequel il Ă©volue. Sur les traces d’un passĂ© rĂ©volu mais qui parfois affleure Ă  sa conscience, il rencontre ses propres personnages. Car eux aussi passent d’un monde Ă  l’autre. La question est alors de savoir qui de François Yoannivitch ou de monsieur Joseph a le plus de rĂ©alitĂ©, le prĂ©sent ou les protagonistes des romans de Modiano ? Grâce Ă  l’Ă©criture, Ă  sa comprĂ©hension de certains situations, il peut enfin supporter la violence et le mal-ĂŞtre du prĂ©sent.

Cette plongĂ©e dans la station de mĂ©tro Varenne est lĂ  pour nous parler de tout cela, de l’Ă©criture, du souvenir, de cette façon d’Ă©chapper Ă  une actualitĂ© parfois difficile et sombre. De vivre sa vie autrement, dans un monde parallèle imaginaire. Avec ce cĂ´tĂ© magique parfois dĂ©routant, ces personnages qui Ă©voluent entre rĂ©alitĂ© et fiction, voilĂ  un premier roman qui arrive Ă  nous surprendre.

Catalogue Ă©diteur : Grasset

L’ouvrage met principalement en scène trois personnages dont les vies vont ĂŞtre amenĂ©es Ă  se croiser  : le narrateur, un Ă©crivain, un criminel.
Étudiant durant les années 1980, le narrateur vit dans un studio, que lui a acheté son père, situé passage de l’Union dans le VIIe arrondissement de Paris. Un soir, il se sent observé par quelqu’un dont on comprendra qu’il s’agit de Patrick Modiano. Il le croise à plusieurs reprises, lui parle et commence à lire ses livres. Sans se l’expliquer, il se reconnaît dans son imaginaire romanesque. Néanmoins les années passent, le narrateur devient avocat et les deux hommes se perdent de vue.
Au cours d’un procès d’assises, le narrateur dĂ©fend un homme dont le crime s’explique par un lointain passĂ©  : une sĹ“ur ayant disparu durant la seconde guerre mondiale dans les mĂŞmes circonstances que la Dora Bruder de Modiano. Il se trouve que l’écrivain assiste au procès et accepte d’aider le narrateur Ă  retrouver la trace de cette mystĂ©rieuse sĹ“ur…
Cette quĂŞte commune amène les deux hommes Ă  basculer dans le Paris les annĂ©es 40. Ils sont reçus par des individus douteux dans un appartement situĂ© près du studio du passage de l’Union, dont l’écrivain apprend au narrateur qu’il fut, durant la guerre, le siège des sombres trafics d’un ferrailleur de sinistre mĂ©moire, le fameux «  Monsieur Joseph  »…
Ce roman met en abĂ®me la dette que nous contractons Ă  l’égard d’un passĂ© trouble et tu. Il constitue aussi un hommage Ă  la littĂ©rature.  Les Ă©crivains ne sont-ils pas des passeurs dont les Ĺ“uvres nous permettent de rĂ©pondre aux questions les plus intimes, et parfois les plus douloureuses, que nous nous posons  ?

Parution : 25 AoĂ»t 2021 / Pages : 140 / EAN : 9782246826750 prix 14.90€ / EAN numĂ©rique : 9782246826767 prix 10.99€

Attends-moi le monde, GaĂ«lle Pingault

Un billet gagnant pour une année sans mois de novembre, ça vous tente ?

Camille est venue se terrer dans un village oĂą il ne se passe jamais rien. Graphiste cĂ©libataire en tĂ©lĂ©travail, elle aime sa solitude. Sa seule activitĂ© sociale semble ĂŞtre de prendre de temps en temps un verre au cafĂ© du village, lieu oĂą se rejoignent tous ceux qui ont envie de parler sous les yeux du barman, le beau Maxime. Un jour, elle s’intĂ©resse pourtant Ă  une bien Ă©trange tombola. Un homme très attirant lui propose un billet dont le premier prix serait une annĂ©e sans mois de novembre.

Diantre, qu’est-ce que ce prix aussi dĂ©raisonnable que surprenant ? Qui peut y croire ? Camille se prend au jeu et achète ce billet dont elle sait au fond d’elle qu’il sera gagnant. Car elle n’a aucun doute, un prix aussi loufoque ne peut que lui ĂŞtre destinĂ©.

Face Ă  l’incrĂ©dulitĂ© de Maxime, le sĂ©duisant et jeune barman aux yeux bleus, elle ne dit rien lorsqu’elle gagne ce lot. Elle l’emporte et refuse de dĂ©couvrir ce qu’il y a dans la mystĂ©rieuse enveloppe remise Ă  la gagnante. Le mois de novembre est bientĂ´t lĂ , il faudra bien se dĂ©cider Ă  l’ouvrir. C’est ce qu’elle fait, en espĂ©rant comprendre ce qui l’attend.

Ă€ partir de ce moment-lĂ , le fantastique et l’irrĂ©el entrent dans la vie de Camille, pas toujours pour son plus grand bonheur, mais certainement pour l’accompagner vers le chemin d’une sĂ©rĂ©nitĂ© et d’une paix qui sont aujourd’hui loin d’ĂŞtre son quotidien. Le chemin n’est pas aussi dorĂ© et magique qu’il y paraĂ®t, l’effort que Camille doit faire pour se retrouver et verbaliser ce passĂ© qu’elle a profondĂ©ment enfoui en elle s’avère bien douloureux.

Les chapitres alternent entre le prĂ©sent de Camille, qui lui mĂŞme oscille entre rĂ©el et fantastique, ses lettres Ă  une certaine Émilie, et des messages d’on ne sait qui vers Camille. Peu Ă  peu se tisse une histoire, un passĂ© que l’on dĂ©mĂŞle en mĂŞme temps qu’elle pour mieux entendre sa douleur, ses doutes, ses hĂ©sitations, sa culpabilitĂ©. Le lot qu’elle a gagnĂ© lui permet chaque jour un peu plus de se libĂ©rer de ses traumatismes et de ses peurs, parfois dans la douleur, mais aussi dans la gaĂ®tĂ© et la lĂ©gèretĂ©, Ă  travers la rencontre avec les trois I, avec Maxime, avec elle-mĂŞme enfin.

Un roman où la bienveillance et le travail sur soi ont toute leur place, une lecture agréable au sujet singulier qui permet de se dire que parfois cela fait un bien fou de lâcher prise et de se laisser porter.
Alors, ploum, ploum, lĂ©ger ou profond ? Ce sera toi, lecteur, qui le dira !

Catalogue Ă©diteur : Eyrolles

Premier prix : Vous dĂ©testez la grisaille et la nuit qui tombe Ă  16 h 30 ? Vivez une annĂ©e sans mois de novembre !

Lorsqu’elle tombe sur un petit flyer vantant les mĂ©rites d’une tombola locale en ces termes, Camille comprend d’emblĂ©e qu’elle va jouer, et gagner. Durant ce mois de non-novembre, un Ă©trange temps suspendu l’invite Ă  emprunter quelques chemins inexplorĂ©s, tandis qu’alentour, le monde continue son petit manège habituel. En acceptant de perdre ses repères, d’abord un peu hĂ©sitante, puis entièrement chamboulĂ©e, Camille se laissera porter par l’Ă©trangetĂ© dont jaillira peu Ă  peu la comprĂ©hension de sa propre histoire.

ISBN13 : 978-2-416-00132-1 / pages : 206 pages / 2 septembre 2021 / 16€

La chute de la Maison Lacaze, Michèle Tajan

Quand l’histoire d’une famille dĂ©voile la condition des filles au 19e siècle

La Maison Lacaze a longtemps Ă©tĂ© la demeure plus importante du village. Au 19e siècle elle est habitĂ©e par une famille aisĂ©e, un couple et leurs enfants, en particulier les jumeaux FĂ©lix et FĂ©licie. Un attachement profond lie les deux enfants, un amour fraternel intense et unique, pas toujours bien compris ni acceptĂ©. il faut avouer qu’ĂŞtre fille Ă  cette Ă©poque n’est pas toujours facile, surtout lorsque l’on a des envies de libertĂ©. Les deux enfants sont rapidement remis dans le droit chemin, FĂ©licie est envoyĂ©e comme domestique Ă  la ville, et FĂ©lix embarque Ă  douze ans pour le nouveau monde.

Lorsqu’elle dĂ©couvre cette maison abandonnĂ©e dans un village des PyrĂ©nĂ©es, LĂ©a dĂ©cide de s’y installer. Après quelques annĂ©es, Ernesto le petit-fils de FĂ©lix, vient dĂ©couvrir la maison de son grand-père pour tenter de comprendre le mystère qui s’y attache. Car si FĂ©lix a fait de nombreux voyages depuis l’Uruguay pour revoir sa famille, Ă  moment donnĂ© il a arrĂŞtĂ© toute visite et dĂ©cidĂ© de l’effacer de sa vie.

Depuis qu’elle habite La Maison Lacaze, LĂ©a a tentĂ© de percer le mystère de cette famille, de son ascension Ă  sa chute. Elle a interrogĂ© sans relâche les anciens tĂ©moins, rencontrĂ© ceux qui ont connu ou vĂ©cu avec les diffĂ©rents membres de la famille, compulsĂ© les archives encore disponibles, y compris tous les anciens documents qui tombent en miettes dans le grenier. Rapidement, elle a senti qu’il y avait une prĂ©sence dans cette maison, comme si FĂ©licie Ă©tait Ă  ses cĂ´tĂ©s. Elle a eu l’envie de comprendre pourquoi cette jeune fille a disparu de la mĂ©moire collective, jusqu’Ă  ĂŞtre effacĂ©e de celle de sa famille.

Ă€ prĂ©sent, Ernesto peut profiter de ses longues heures de recherche, et peu Ă  peu se dĂ©voile la vie de cette famille qu’il connaĂ®t si peu. Qu’est devenue FĂ©licie, pourquoi et quand a-t-elle disparu, et quel sort Ă©tait rĂ©servĂ© pendant longtemps aux filles qui n’entraient pas dans le moule que leur imposait la famille et la morale, bien des questions sont ainsi soulevĂ©es. Peu Ă  peu se dessine une Ă©poque, des coutumes, une vie. A mesure que le mystère s’Ă©claircit, les liens entre Ernesto et LĂ©a Ă©voluent Ă  leur tour.

Anatomie sans concession d’une famille emblĂ©matique de son milieu oĂą le respect des règles, de la religion et l’image que l’on donne ont plus de valeur que le bonheur de la famille. Avec son air de roman social parfois noir, l’enquĂŞte de LĂ©a soulève de nombreuses questions. Le roman est aussi le portrait d’une Ă©poque, il Ă©voque avec justesse l’Ă©ducation des filles et leur place dans la sociĂ©tĂ©.

Catalogue Ă©diteur : Ă©ditions Cairn

Lorsque Léa vient s’installer dans cette maison abandonnée du Sud-Ouest, elle ne sait rien de la famille Lacaze, qui y vécut autrefois. Sinon que le cadet, Félix, émigré en Uruguay à la fin du dix-neuvième siècle a causé la prospérité et la ruine de la Maison Lacaze. Sinon qu’il avait une sœur Félicie, dont toutes les traces semblent avoir été effacées. Intriguée par cette sœur dont la présence semble encore habiter les murs, Léa n’aura de cesse de comprendre le mystère de sa disparition. Félicie est-elle vraiment morte de la tuberculose dans un couvent à l’autre bout de la France comme on l’avait affirmé à son frère ? Il n’y avait jamais cru… Que lui avait-on caché et qu’avait-il fini par apprendre ?
Ce sont ces questions qui hantent encore Ernesto, le petit-fils de Félix, lorsque, arrivant de Montevideo, un siècle et demi plus tard, il frappe à la porte de la Maison Lacaze.
Entre lui et Léa s’établit alors une relation étrange, alimentée par les confidences personnelles, les souvenirs légués à Ernesto par son grand-père et les découvertes de Léa sur la vie de sa sœur restée au pays. Ainsi se construit peu à peu le récit, mêlant leur histoire intime à celle de la Maison Lacaze. L’histoire de Félix et Félicie.

Après avoir enseigné la philosophie, été peintre et critique d’art, Michèle Tajan se consacre aujourd’hui à l’écriture. Elle vit et travaille dans les Hautes-Pyrénées.

ISBN :  9782914028301 / Format 13×21 / Pages 224 / Parution 12 fĂ©vrier 2021 / 15,00 € TTC

Danger en rive, Nathalie Rheims

Harcèlement, traumatisme, perte de mémoire, disparition, dans un roman qui a tout du roman noir

La narratrice est une autrice qui a cessĂ© d’Ă©crire et dĂ©cidĂ© de disparaĂ®tre. Elle vit dĂ©sormais dans la maison qu’elle avait achetĂ©e des annĂ©es auparavant, dans un petit village normand en pays d’Auge. Elle se terre loin du monde auquel elle appartenait pourtant avec un certain bonheur. Son changement de vie fait suite Ă  une hospitalisation qui a failli lui ĂŞtre fatale. Elle vit avec Paul, ce chien fidèle qui l’accompagne partout oĂą elle va, y compris ce matin lĂ  lorsqu’elle trouve une Clio bleue bizarrement garĂ©e au bord de la route, personne Ă  bord, clĂ© bien visibles.

Une impulsion et elle rentre dans le vĂ©hicule, le fouille, y trouve un bracelet qu’elle emporte discrètement chez elle. Puis elle part dĂ©clarer cette Ă©trange rencontre Ă  la police locale. Ensuite, elle Ă©coute dans le village ce qu’il peut bien se dire de cet incident. En parle-t-on sur les rĂ©seaux sociaux ? Sait-on Ă  qui appartient cette voiture ? A-t-on retrouvĂ© la femme disparue qui semble y ĂŞtre liĂ©e ?

A mesure de l’intrigue, on comprend peu Ă  peu que cette femme Ă  quasiment perdu la mĂ©moire Ă  la suite d’un fort traumatisme liĂ©e au harcèlement dont elle a Ă©tĂ© victime cinq ans plus tĂ´t. Et les bribes lui reviennent, la douleur, la souffrance, la seule issue qu’elle trouve dans la fuite. Surtout au moment oĂą le harceleur en question semble ĂŞtre de retour. Son seul salut est dans un dĂ©sir d’Ă©crire Ă  nouveau, comme une catharsis qui pourrait l’aider Ă  panser ses plaies et Ă  raviver sa mĂ©moire. Car elle le sait depuis toujours, l’imaginaire est bien pire que le rĂ©el. Le lecteur quant Ă  lui se demande que viennent faire cette voiture, cette rencontre dans son histoire, dans sa recherche des souvenirs disparus. Et la question se pose de savoir si par des mots posĂ©s sur le papier elle pourrait enfin traverser le gouffre qui s’ouvre devant elle avec le retour de son harceleur.

L’autrice aborde ici le traumatisme liĂ©e au harcèlement quel qu’il soit. Et la situation des harcelĂ©s souvent incompris par ceux qui les entourent ou mĂŞme par la police ou la justice. Eux qui souvent passent pour faibles et uniquement victimes, sans que l’on prenne en compte la souffrance rĂ©ellement endurĂ©e. Elle aborde Ă©galement le rĂ´le des rĂ©seaux sociaux. Leur influence sur des populations souvent crĂ©dules qui gobent la moindre information sans jamais chercher Ă  la vĂ©rifier. j’ai apprĂ©ciĂ© le sujet de la perte de mĂ©moire traitĂ© par l’autrice, et les situations ou le dĂ©sespoir que cela peut aussi entraĂ®ner, qui nous fait penser aux amnĂ©sies causĂ©es par de grands traumatismes, mais aussi aux malades d’Alzheimer et Ă  leur proches.

Enfin, le retournement final apporte une touche roman noir et explique finalement assez bien le comportement de la narratrice. De la magie des installations artistiques appliquĂ©es Ă  l’Ă©crit. Étrange roman dont les protagonistes ne m’ont cependant pas vraiment touchĂ©e.

De Nathalie Rheims, retrouvez également ma chronique du précédent roman Les reins et les cœurs.

Catalogue Ă©diteur : Ă©ditions LĂ©o Sheer

La narratrice de ce roman a décidé, un jour, de couper les ponts avec le monde qui l’entoure, de renoncer à sa carrière d’écrivain, de quitter Paris pour se réfugier dans sa maison, perdue dans la campagne, au milieu du Pays d’Auge.
Cela fait maintenant cinq ans qu’elle vit là, recluse, parfaitement solitaire, en dehors de son chien, Paul, qui l’accompagne partout. Depuis, elle n’a plus écrit une ligne.
À l’origine de ce changement de vie, il y a un traumatisme, si violent qu’elle en a perdu la mémoire. Des bribes de souvenirs vont pourtant refaire surface.
Elle découvre alors qu’elle a été la victime d’un harceleur qui ne lui a laissé aucun répit, au point qu’elle a failli y perdre la vie.
Ce personnage monstrueux a réussi à s’échapper et à la retrouver. Cette fois, elle n’a plus le choix : ce sera lui ou elle.

Parution le 1er septembre 2021 / 192 pages / 17 euros / EAN 9782756113593

Premier amour de Samuel Beckett, Théâtre La Croisée des Chemins 

La scène s’ouvre sur un guitariste faiblement Ă©clairĂ©, il accompagne un acteur assis sur un escabeau ; vĂŞtu d’un antique pardessus et de godillots il a tout du clodo pensif et vieillissant.

Son long monologue nous entraĂ®ne dans le souvenirs d’une vie solitaire et Ă©goĂŻste. Il Ă©voque d’abord la grande maison de son père dans laquelle il est restĂ© jusqu’Ă  ses vingt-cinq ans. Puis jetĂ© dehors au dĂ©cès de ce dernier, il squatte les maisons dĂ©saffectĂ©es ou le cimetière dans lequel il aime venir manger ses bananes et son sandwich.

Enfin il Ă©voque la rencontre prĂ©pondĂ©rante de sa vie, qui l’a pourtant bien peu bouleversĂ©, avec une femme seule qui vit dans un appartement avec deux chambres. LĂ , Ă©goĂŻste encore, il s’installe et profite de ce qu’elle peut lui offrir sans pour autant donner en retour ni amour ni sentiment. Jusqu’au jour oĂą il fuit devant les responsabilitĂ©s, celles que donne Ă  tout homme un enfant Ă  naĂ®tre. Et c’est Ă  nouveau la cloche, la rue, les tombes et les odeurs de macchabĂ©e qu’il sent sourdre de sous la terre. Une vie totalement ratĂ©e, uniquement tournĂ©e vers lui, cet homme aux remarques acerbes et acides qui fait fi du bonheur et de l’amour des autres.

Dans cette pièce, tout est principalement basĂ© sur le jeu de l’acteur. Pas de dĂ©cor, un chapeau, un escabeau qui fait aussi office de chaise. Tout est dans le geste, le dos voĂ»tĂ©, le regard larmoyant, le bonnet sous le chapeau et la tenue pitoyable de cet homme qui n’inspire aucune pitiĂ©. Une vĂ©ritable performance, un regard, des intonations, des gestes mesurĂ©s, et l’arrogance du personnage, sa singularitĂ©, sa vie ratĂ©e qui transpirent Ă  chaque phrase.

Ne vous attendez pas Ă  une belle historie d’amour, ce n’en est pas une. C’est l’histoire d’un homme qui… mais allez donc voir par vous mĂŞme pour dĂ©couvrir cette nouvelle de Samuel Beckett mise en scène par Jean-Pierre Ruiz.

DurĂ©e : 1h15
Production : Vol de nuit
Direction : Jean-Pierre Ruiz
InterprĂ©tation : Jean Michel (Illustration musicale : Roland Gomes)

Quoi : Histoire d’amour calamiteuse (et l’Ă©ternelle fuite) d’un vieux garçon Ă©goĂŻste avec une prostituĂ©e, qui l’installe chez elle et se dĂ©clare très vite enceinte de ses Ĺ“uvres. Mais pourquoi ce vagabond, qui aime tant manger son sandwich et sa banane sur les tombes, qui rĂ©pugne Ă  se dĂ©shabiller et adore les vases de nuit, ressasse-t-il sans fin son histoire d’amour ? Un voyage dans les mĂ©andres doux-amers, tragi-comiques d’une vie ratĂ©e.

OĂą : Théâtre de la CroisĂ©e des chemins, La Salle Paris-Belleville : 120 bis, rue Haxo, 75019 Paris – MĂ©tro : TĂ©lĂ©graphe. C’est une salle intimiste oĂą le spectateur est placĂ© Ă  quelques mètres Ă  peine des comĂ©diens

Quand : Les mercredis et jeudis Ă  21h jusqu’au 28 oct. 2021

La Riposte, Jean-François Hardy

Quelle attitude choisir face au cataclysme climatique qui s’annonce, un roman sombre et lucide

Nous y sommes, le point de non retour a été atteint, la planète ne peut plus faire demi-tour … Paris ravagé, pollué, connaît la misère, la faim, les maladies, la violence. Nulle part les hommes et le femmes qui tentent de survivre ne sont désormais tranquilles.

C’est dans ce contexte que fleurissent sur les murs les affiches placardĂ©es par Absolum, un groupe qui prĂ´ne la rĂ©volution pour la terre. C’est aussi dans ce contexte que Jonas, infirmier Ă  domicile, quitte dĂ©finitivement ses malades et son mĂ©tier pour tenter de gagner le nord. LĂ , un semblant de vie paraĂ®t encore possible.

Pourtant, lorsqu’il se blottit dans les bras de la douce Khadija, son bonheur est presque palpable. Avec elle il serait mĂŞme prĂŞt Ă  tenter la survie en milieu hostile. Mais elle est embringuĂ©e dans la lutte extrĂ©miste et veut sauver ce qui l’est encore. TenaillĂ© entre son amour pour Khadija et son envie de fuite, Jonas dĂ©cide de rĂ©flĂ©chir en partant quelques jours retrouver sa sĹ“ur qu’il a perdue de vue depuis trop longtemps. Les annĂ©es ont passĂ©, et il apparaĂ®t vite que le frère et la sĹ“ur se sont irrĂ©mĂ©diablement Ă©loignĂ©s l’un de l’autre.

Jonas doit se dĂ©cider, partir, rester en province chez sa sĹ“ur, retrouver Khadija Ă  Paris, prendre les armes et s’engager dans la lutte pour la survie du monde, commencer Ă  son tour la Riposte, la dĂ©cision s’avère bien plus compliquĂ©e que prĂ©vu.

Dans cette dystopie apocalyptique, Jean-François Hardy dĂ©peint le monde qui nous attend demain, car nous ne savons pas protĂ©ger cette terre qui nous porte et nous nourrit. Largement dĂ©primant, ce roman a pourtant l’avantage de dĂ©peindre un futur sans doute bien plus proche que ce que l’on veut admettre. C’est sombre, violent, dĂ©stabilisant, tellement dĂ©faitiste et pourtant certainement rĂ©aliste. Les crises Ă©cologiques et climatiques sont dĂ©jĂ  lĂ , les bouleversements des saisons, les cataclysmes, les mouvements migratoires, la montĂ©e des eaux, ne sont plus des utopies mais bien devenues rĂ©alitĂ©s dans quelques rĂ©gions de la planète. L’Ă©criture directe, prĂ©cise, jamais lĂ©gère, donne vie Ă  ces sensations dĂ©primantes et rĂ©alistes bien qu’excessives. Et si le monde que nous dĂ©crit l’auteur Ă©tait tout simplement celui qui nous attend demain ?

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury du Prix de la Vocation 2021

Catalogue Ă©diteur : Plon

Dans Paris désagrégé par la crise écologique, la misère a définitivement pris ses quartiers. Au rationnement alimentaire s’ajoutent la violence de l’État, la canicule et les maladies. Un mystérieux mouvement, Absolum, placarde ses affiches dans toute la ville et gagne du terrain. Son slogan : « Révolution pour la Terre ».
Dans ce chaos, Jonas est infirmier à domicile. Quand il ne s’occupe pas de ses patients, il se réfugie dans les bras de la jeune Khadija, déterminée à sauver le monde. À 37 ans, Jonas est quant à lui désabusé et s’apprête à fuir comme tant d’autres vers le nord de l’Europe, en quête d’une vie meilleure. Mais peut-il partir si facilement sans se retourner ? Qu’est devenue sa sœur Natalia, sa seule famille, dans la campagne aride privée d’électricité ? Et s’il parvenait à convaincre Khadija de le suivre ? Incapable de s’engager comme de rester loyal à un système dont il a su pourtant profiter, Jonas va devoir faire face au murmure d’une grande révolte.

EAN : 9782259306942 / pages : 208 / Format : 135 x 210 mm / Date de parution : 26/08/2021 / 18.00 €

Les oubliĂ©s, John Grisham

Plonger dans les méandres de la justice avec ce thriller efficace et parfaitement maîtrisé

Cullen Post est un avocat atypique. Pasteur de l’Ă©glise Ă©piscopale, il a exercĂ© son mĂ©tier d’avocat en cabinet avant de rejoindre Les Anges Gardiens. Cette association Ă  but non lucratif a pour mission de faire sortir de prison, et parfois mĂŞme du couloir de la mort, les condamnĂ©s innocents des crimes qui leur ont Ă©tĂ© reprochĂ©s. Avant de dĂ©cider de s’occuper de ceux qui les appellent au secours, une enquĂŞte poussĂ©e est menĂ©e par les membres de l’association.

Le jour oĂą Quincy Miller les sollicite alors qu’il est dĂ©jĂ  dans le couloir de la mort et emprisonnĂ© depuis 22 ans, Cullen Post prend l’enquĂŞte en main.

Quincy Miller Ă  Ă©tĂ© condamnĂ© pour le meurtre violent de Russo, un jeune avocat qui exerçait dans la petite ville de Seabroke. Tout le travail des Anges Gardiens est alors de remonter les Ă©tapes de l’accusation et de la condamnation, d’en prouver les incertitudes et de mettre la lumière sur toutes les incohĂ©rences et les mensonges qui ont permis cette condamnation inique. Et l’on se rend vite compte que dans cette petite ville, comme dans bien d’autres aux Usa, la culpabilitĂ© d’un homme noir arrangeait bien les affaires d’un shĂ©rif vĂ©nal aux manières fort contestables.

Tout au long de l’enquĂŞte qui s’avère longue et dĂ©licate, Cullen Post travaille sur d’autres missions en parallèle. Ces multiples intervenants m’ont parfois un peu perdue, mais au final j’ai apprĂ©ciĂ© ce thriller Ă  l’Ă©criture aussi efficace que sobre. Pas de circonvolutions littĂ©raire ou de description inutile, des faits, des actions, des rĂ©sultats Ă©maillent cette intrigue rĂ©aliste et d’autant plus passionnante que l’auteur s’est inspirĂ© de faits rĂ©els.

Il y a longtemps que je n’avais pas lu de thriller de John Grisham. J’ai trouvĂ© que cette version audio met en valeur son Ă©criture dynamique, factuelle, rythmĂ©e, et sa connaissance du milieu judiciaire amĂ©ricain.

Catalogue éditeur : Audiolib et JC Lattès

À Seabrook, petite ville de Floride, le jeune avocat Keith Russo est tué à coups de fusil alors qu’il travaille un soir dans son bureau. L’assassin n’a laissé aucun indice. Aucun témoin, aucun mobile. Mais la police trouve bientôt un suspect, Quincy Miller, un homme noir et ancien client de Russo. Quincy est jugé et condamné à une peine de réclusion à perpétuité. Pendant vingt-deux ans, il se morfond en prison et ne cesse de clamer son innocence. Il n’a pas d’avocat, personne pour le défendre. De désespoir, il écrit une lettre aux Anges Gardiens, une fondation où travaille Cullen Post, avocat et ancien pasteur de l’Église épiscopale. Les Anges Gardiens n’acceptent que très peu d’affaires. Post sillonne le pays pour tenter de réparer les erreurs judiciaires et sauver des innocents. Le cas de Quincy Miller, toutefois, représente un défi d’une tout autre nature. Des gens puissants, violents et sans pitié ont assassiné Keith Russo, et ils ne veulent pas voir Quincy Miller disculpé. Ils ont tué un avocat il y a vingt-deux ans, ils en tueront un deuxième sans hésitation.

Traduit par Dominique Defert / Lu par Nicolas Charbonneaux

Parution : 07/07/2021 Éditeur d’origine JC Lattès DurĂ©e 11h04 EAN 9791035406288 Prix du format physique 24,90 € EAN numĂ©rique 9791035406202 Prix du format numĂ©rique 22,45 € Date de parution 07/07/2021

Les oracles de Teresa, Arianna Cecconi

Quel est donc le secret de Teresa ? … un roman d’amour et de rĂŞves

Le jour oĂą elle a compris que sa mĂ©moire pourrait un jour lui faire dĂ©faut TĂ©rĂ©sa a dĂ©cidĂ© de ne plus parler. Après tout c’est sans doute le plus sĂ»r moyen de ne pas rĂ©vĂ©ler de secret sans l’avoir voulu.
VoilĂ  donc plus de dix ans qu’elle vit dans le silence. Peu Ă  peu la mĂ©moire s’en est allĂ©e mais les femmes de sa famille veillent. Cousine, filles et petite-fille ou celle qui est d’abord venue du PĂ©rou pour aider, puis devenue une amie fidèle, toutes ont une relation privilĂ©giĂ© avec elle.

Aussi quand le mĂ©decin leur annonce que le temps est dĂ©sormais comptĂ© et que TĂ©rĂ©sa vit ses derniers instants, elles se rejoignent toutes au pied du lit mĂ©dical installĂ© dans le salon pour la veiller, lui parler, et qui sait peut-ĂŞtre l’entendre enfin dĂ©voiler son secret.

C’est pendant ces quelques jours-lĂ  que chacune va Ă  son tour revivre les moments passĂ©s avec l’aĂŻeule. Joies, bonheur, chagrin, rupture, tout y passe. Et l’on comprend par exemple qu’aucune femme de cette famille Ă  part Teresa n’a jamais emmenĂ© un homme Ă  la maison. Il faut dire que le mariage de Teresa avec Antonio n’a pas Ă©tĂ© le plus heureux et son amour n’a jamais Ă©tĂ© Ă  la hauteur de celui de son mari. C’Ă©tait un mariage de raison pour assurer la continuitĂ© de l’Ă©levage de vers Ă  soie. Le dĂ©cès d’Antonio a Ă©tĂ© une dĂ©livrance pour cette femme indĂ©pendante et fière.

De souvenirs en anecdotes, peu Ă  peu le mystère se lève sur le secret de l’aĂŻeule. Dès lors, une seule vĂ©ritĂ© s’impose, vivre, Ă  fond, sans regret, ce que la vie nous offre.

J’ai aimĂ© rencontrer ces femmes, leur poĂ©sie, leur relation Ă  la magie, au surnaturel. Leur amour et leur solidaritĂ© malgrĂ© les dĂ©fauts, les diffĂ©rences toujours aussi forts. L’Ă©criture onirique et poĂ©tique m’a fait passer un bien joli moment de lecture Ă  leur cĂ´tĂ©.

Catalogue Ă©diteur : Marabout, collection La Belle Etoile

Depuis bientĂ´t dix ans, Teresa n’a pas quittĂ© son lit ni prononcĂ© le moindre mot. Quand elle a senti son esprit vaciller et sa mĂ©moire s’étioler, elle a choisi de rester couchĂ©e et de se murer dans le silence afin de ne pas laisser s’échapper le secret enfoui au plus profond d’elle-mĂŞme.
Pourtant, depuis bientĂ´t dix ans, autour d’elle, tout le monde s’affaire et se relaie pour la garder dans le flot de la vie : ses filles Irène et Flora, sa petite-fille Nina, sa cousine Rusì, et Pilar, venue tout droit du PĂ©rou, qui lui prodigue des soins au quotidien. Lorsque les heures de Teresa semblent comptĂ©es, toutes se rĂ©unissent pour la veiller et pour entendre ce qu’elle est peut-ĂŞtre enfin prĂŞte Ă  leur confier, pour les aider Ă  se libĂ©rer.

Parution : 25/08/2021 / 400 pages / EAN : 9782501138611 / 19.90 €