L’habit ne fait pas le moineau, ZoĂ© Brisby

Humour, tendresse et fantaisie, quand une rencontre insolite donne un sens Ă  la vie

Maxine est une vieille dame de 90 ans et des poussiĂšres dynamique et sans espoir. Alex est l’amoureux transi d’une jeune fille qui ne le calcule mĂȘme pas.

Il a envie de partir Ă  Bruxelles mais pas seul. Elle a besoin de partir Ă  Bruxelles mais pas seule

GrĂące Ă  un site de covoiturage, ils se rencontrent un beau matin devant la maison de retraite. De quiproquo en confidences ils vont finir par dĂ©couvrir les vraies raisons de leur voyage, une euthanasie pour l’une, une fuite en avant pour l’autre.

Et si cette rencontre Ă©tait le dĂ©tonateur qui va transformer leurs vies qui vont passer de fades, inconsistantes, sans amour ni amis, en feu d’artifice permanent et envie de vivre et de rire, enfin ?

Alors oui, parfois le discours est un peu facile, un peu trop Ă©vident, un peu trop salvateur. Mais que ça fait du bien ces lectures qui nous montrent la rĂ©alitĂ© de nos Ă©motions, de nos dĂ©pressions, de nos espoirs déçus et de nos rĂȘves dĂ©chus. Qui nous montrent et nous dĂ©montrent que la lumiĂšre si on la cherche bien et si on la laisse nous Ă©clairer un tant soit peu, est parfois tout simplement au bout du chemin.

J’ai passĂ© un bon moment en compagnie de ces deux protagonistes terriblement attachants, et c’est ce qui fait leur charme, que tout Ă©loigne mais que la vie rapproche pour le meilleur aprĂšs quelques Ă©motions et un peu du pire (on ne manquera pas de suivre les Infos en continu qui nous font vivre leur pĂ©riple !).

Une lecture d’Ă©tĂ© comme on les aime, rafraichissante, sensible et pĂ©tillante.

Impossible de ne pas Ă©voquer ces romans qui nous parlent Ă©galement de fin de vie et dont je vous ai dĂ©jĂ  parlĂ© ici, comme par exemple le trĂšs beau roman Suzanne de FrĂ©dĂ©ric Pommier ou encore Tout le bleu du ciel de Melissa Da Costa.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2020

Catalogue Ă©diteur : Le Livre de Poche et Fayard Mazarine

Maxine, vieille dame excentrique, s’échappe de sa maison de retraite, avec un projet bien mystĂ©rieux.
Alex, jeune homme introverti au cƓur brisĂ© par un chagrin d’amour, dĂ©cide sur un coup de tĂȘte de faire un covoiturage.
RĂ©unis dans une Twingo hors d’ñge, les voici qui s’élancent Ă  travers le pays.
Mais quand Maxine est signalĂ©e disparue et que la police s’en mĂȘle, leur voyage prend soudain des allures de cavale inoubliable. C’est le dĂ©but de la plus belle aventure de leur vie


Prix 8,70€ / 512 pages / Date de parution : 25/03/2020 / EAN : 9782253934622

La goĂ»teuse d’Hitler, Rosella Postorino

Une Ă©vocation plus romanesque qu’historique du sort peu enviable de jeunes femmes au service du FĂŒhrer

A Berlin, Rosa Sauer a Ă©pousĂ© Gregor, son chef de service. Ils vivent correctement dans leur appartement, et leur travail leur apporte une relative aisance. Mais lorsque la guerre Ă©clate, Gregor s’engage au service de sa patrie en dĂ©laissant Rosa qui n’a mĂȘme pas eu le temps de vivre ni d’enfanter, pour aller se battre sur le front de l’est.

RestĂ©e seule, elle partage l’appartement de sa mĂšre qui dĂ©cĂšde sous les bombes. Son pĂšre est heureusement dĂ©jĂ  mort (si l’on peut dire) car cet homme-lĂ  n’a jamais acceptĂ© le nazisme, c’est risquĂ© dans l’Allemagne de 1943. RĂ©fugiĂ©e chez ses beaux-parents Ă  Gross-Partsch, en Prusse-Orientale, prĂšs de la taniĂšre du fĂŒhrer, Rosa est dĂ©signĂ©e avec neuf autres jeunes femmes pour aller goĂ»ter chaque jour la nourriture destinĂ©e Ă  Hitler.

Elles sont jeunes, filles ou mĂšre, cĂ©libataire ou mariĂ©e avec un homme parti au front, et sont soumises sans mĂ©nagement Ă  cette tĂąche quotidienne et angoissante. Elles ne se connaissent pas, mais les relations sont difficiles, car la confiance, le partage ou l’amitiĂ© ne sont pas des notions aisĂ©ment partageables en temps de guerre.

Qui sont Leni, Elfriede, Augustine, BĂ©ate et les autres dans cet univers dĂ©lĂ©tĂšre oĂč chaque geste est Ă©piĂ© par les SS, ou chaque bouchĂ©e avalĂ©e est un pari sur la vie, et dans une rĂ©gion oĂč il est si difficile de se nourrir, une vĂ©ritable bĂ©nĂ©diction tant que l’on ne veut pas voir que c’est surtout un pari sur sa propre mort.

Ce que j’ai aimĂ© ?

MalgrĂ© certaines incohĂ©rences (l’histoire entre Rosa et l’officier, la propagande vĂ©gĂ©tarienne acceptĂ©e sans discussion) j’ai aimĂ© dĂ©couvrir le quotidien de ces femmes allemandes, leurs peurs, leurs espoirs, leur lassitude et leur force. L’ambiance, la tension, les mensonges, les relations hommes femmes, soumises, dĂ©pendantes, fortes aussi, le rejet du nazisme ou le silence, le sentiment de culpabilitĂ© ou le manque de volontĂ© de savoir ce qui se passait rĂ©ellement dans le pays semblent assez plausibles.

Comme dit l’auteur dans une interview « La vie de Margot Wölk Ă©tait remplie de contradictions. Elle ne croyait ni en Hitler ni au rĂ©gime nazi, pourtant elle a risquĂ© sa vie pour eux Â». Si le roman est basĂ© sur cette histoire vraie, j’aurais malgrĂ© tout aimĂ© en savoir d’avantage sur la rĂ©alitĂ© historique de ces goĂ»teuses, peut-ĂȘtre par des informations plus poussĂ©es en fin de roman.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2020

Catalogue Ă©diteur : Le Livre de Poche et Albin-Michel

1943. Reclus dans son quartier gĂ©nĂ©ral en Prusse orientale, terrorisĂ©e Ă  l’idĂ©e que l’on attente Ă  sa vie, Hitler a fait recruter des goĂ»teuses. Parmi elles, Rosa. Quand les S.S. lui ordonnent de porter une cuillerĂ©e Ă  sa bouche, Rosa s’exĂ©cute, la peur au ventre : chaque bouchĂ©e est peut-ĂȘtre la derniĂšre. Mais elle doit affronter une autre guerre entre les murs de ce rĂ©fectoire : considĂ©rĂ©e comme « l’Ă©trangĂšre », Rosa, qui vient de Berlin, est en butte Ă  l’hostilitĂ© des autres goĂ»teuses. Pourtant, la rĂ©alitĂ© est la mĂȘme pour toutes : consentir Ă  leur rĂŽle, c’est Ă  la fois vouloir survivre et accepter l’idĂ©e de mourir.
InspirĂ© de l’histoire vraie de Margot Wölk, La GoĂ»teuse d’Hitler a Ă©tĂ© couronnĂ© en Italie par le prestigieux prix Campiello.

Livre de Poche : 384 pages / Parution : 25/03/2020 / Prix : 7,90€ / EAN : 9782253262237
Albin-Michel : 400 pages / Parution : 2/01/2019 / Prix : 22.00 € /EAN13 : 9782226401854

Plus loin que l’hiver, Isabel Allende

De l’hiver canadien Ă  l’AmĂ©rique du sud, l’auteur nous entraĂźne Ă  la croisĂ©e de trois destins singuliers

Il y a quelques annĂ©es, je dĂ©vorais systĂ©matiquement les romans d’Isabel Allende. J’aime son approche si intime de l’AmĂ©rique du sud et de ces grands cataclysmes politiques et humains.

Je n’ai donc pas hĂ©sitĂ© devant ce nouvel opus. Plus loin que l’hiver nous entraine Ă  Brooklyn auprĂšs de LucĂ­a Maraz, chilienne expatriĂ©e au Canada; du professeur Richard Bowmaster un homme particuliĂšrement acariĂątre qui l’a pourtant invitĂ©e Ă  donner des cours dans son universitĂ© ; et de Evelyn Ortega, une jeune Ă©migrĂ©e guatĂ©maltĂšque qui vient percuter leur vie tranquille un soir de violente tempĂȘte de neige.

Au chili, pendant les annĂ©es sombres de la dictature de Pinochet, le frĂšre de Maria a disparu, comme de nombreux autres jeunes hommes ou femmes Ă  cette Ă©poque. Leur mĂšre, comme tant d’autres folles de la place de mai, l’a attendu pendant des annĂ©es, refusant de faire son deuil, jusqu’à la folie, jusqu’à la mort. Puis Maria a vaincu son cancer. Aujourd’hui enfin sereine elle espĂšre profiter de sa vie.

Depuis la disparition de sa femme et de sa fille Richard est un solitaire. Il ne veut ouvrir ni son cƓur ni son amitiĂ©. AcariĂątre et pingre, mĂȘme en pleine tempĂȘte il refuse de monter le chauffage et il supporte tant bien que mal Maria qu’il hĂ©berge dans sa maison. Il faut un accident pour que cet homme-lĂ  se rĂ©veille enfin Ă  la vie.

Un banal accident de voiture met sur leur route la jeune Evelyn. Elle aussi a fui un pays dans lequel elle n’avait plus d’avenir. Mais sa position au Canada est fragile car elle est sans papiers. Elle aura besoin du soutien de tous pour avancer.

Du Chili au Guatemala et au BrĂ©sil en passant par le Canada et les États-Unis, nous dĂ©couvrons trois personnages au passĂ© difficile qui ont du mal Ă  se confier et Ă  se faire confiance. Chacun Ă  sa maniĂšre a connu des moments particuliĂšrement douloureux. Mais ils sont prĂȘts Ă  avancer sur le chemin qui mĂšne Ă  la sĂ©rĂ©nitĂ© et au bonheur.

Le roman m’a semblĂ© soit trop court par moments soit au contraire trop dense. Il aborde de nombreux faits historiques, indispensables pour Ă©voquer ces diffĂ©rents pays, du coup ils me semblent un peu survolĂ©s. L’opĂ©ration Condor, la mainmise des hommes du cartel mafieux de la Mara Salvatrucha qui anĂ©antissent l’avenir des jeunes, la torture et les desaparecidos des jeunes au Chili, les mĂšres de la place de mai Ă  la recherche de leurs fils, le trafic d’ĂȘtre humains et le rĂŽle des passeurs, pour ne citer que ceux-lĂ . Chacun de ces thĂšmes peut faire l’objet d’un roman, du coup je m’y suis un peu perdue. Peut-ĂȘtre en aurait-il fallu un peu moins. Mais dans tous les cas, et si l’on ne souhaite pas les approfondir, alors il suffit de se laisser embarquer et de passer un agrĂ©able moment de lecture.

Et pour aller plus loin dans ces sujets, Ă  propos des disparitions au Chili et en AmĂ©rique du sud, lire l’excellent roman de FrĂ©dĂ©ric Couderc Aucune pierre ne brise la nuit

Sur les gangs mafieux, en particulier celui de la Mara Salvatrucha lire le trĂšs bon thriller de Gabino Iglesias, Santa Muerte

Catalogue Ă©diteur : Grasset

Traduit de l’espagnol (Chili) par Jean-Claude Masson

Chilienne expatriĂ©e au Canada durant la dictature de Pinochet, LucĂ­a Maraz porte encore les profondes cicatrices de son passĂ©. Elle ne s’est jamais tout Ă  fait remise de la disparition de son frĂšre, au cours des premiĂšres annĂ©es du rĂ©gime, et a Ă©galement dĂ» affronter un divorce et se battre contre le cancer. Mais lorsque, professeur invitĂ©e Ă  l’universitĂ© de New York, elle s’installe dans l’appartement au sous-sol du brownstone de son collĂšgue, le professeur Richard Bowmaster, elle entame ce nouveau chapitre de sa vie avec entrain et optimisme. Lire la suite


Parution : 10 Juin 2020 / Format : 154 x 235 mm / Pages : 336 / EAN : 9782246822417 Prix : 20.90€ / EAN numĂ©rique: 9782246822578 Prix : 14.99€

Juvenia, Nathalie Azoulai

Et si demain on interdisait les relations entre hommes et femmes d’ñges trop Ă©loignĂ©s ?

Dans un avenir et un pays indĂ©terminĂ©s mais qui pourrait ĂȘtre la France. Le 27 janvier est promulguĂ© une loi interdisant l’union d’un homme avec une femme de plus de vingt ans sa cadette. Et des peines sĂ©vĂšres sont prĂ©vues en cas de manquement Ă  la loi. La rĂ©publique de Juvenia dĂ©cide de rĂ©tablir ce que l’auteur nomme l’homochronie, cet Ă©quilibre des Ăąges dans les relations homme-femme.

Nathalie Azoulai nous fait suivre quelques personnages emblĂ©matiques de ces diffĂ©rences d’ñge, qui doivent rĂ©organiser leurs vies pour ĂȘtre en conformitĂ© avec la loi. Deux femmes dĂ©laissĂ©es, jeune femme enceinte qui doit trouver un pĂšre pour cet enfant qui va naitre hors la loi, des hommes de plus de cinquante ans dont les aspirations sont bouleversĂ©es par la loi.

VoilĂ  un roman fĂ©ministe qui tente de redonner aux femmes de plus de 50 ans une vraie place dans la sociĂ©tĂ©. En effet, les femmes de cinquante ans sont abandonnĂ©es, seules, et leur vie devient trop difficile, dans la solitude, ou en union avec un homme trop ĂągĂ© (puisqu’ils ne veulent que des femmes plus jeunes !). Mais d’un autre cĂŽtĂ©, on peut se demander pourquoi de trĂšs jeunes femmes recherchent ces vieux barbon qui les rassurent, les protĂšgent et leur servent de guide et de mentor. Se pose alors la question de l’émancipation et de l’autonomie de ces jeunes femmes qui s’unissent Ă  un homme trop ĂągĂ©, qui pourrait ĂȘtre leur pĂšre, ce mentor qui les guide sans peut-ĂȘtre leur laisser la possibilitĂ© de s’épanouir librement.

C’est aussi un conte farfelu et utopique sur les relations hommes-femmes, et qui s’interroge sur le sort de ces enfants nĂ©s d’un pĂšre trop ĂągĂ© pour avoir le temps de les voir grandir et de les Ă©lever.

Et je n’oublie pas le sexe, omniprĂ©sent dans la vie de Juvenia. Celui de jeunes et belles femmes avec des hommes murs, mais surtout celui de femmes enfin reconnues, aimĂ©e, touchĂ©es, par ces hommes qui les dĂ©laissaient et les ignoraient depuis trop longtemps.
C’est la conquĂȘte du plaisir enfin autorisĂ©e aux femmes plus ĂągĂ©es, de la revanche Ă  prendre sur ces filles au summum de leur beautĂ©. Ces jeunes femmes Ă  la plastique idĂ©ale, idĂ©alisĂ©e par ces hommes en mal d’une seconde jeunesse qui n’ont aucun scrupule Ă  abandonner la mĂšre de leurs enfants.
Un roman trĂšs court, qui allie Humour et libertinage, un conte aussi cynique et satirique que parfois drĂŽle et souvent grinçant dans lequel les hommes n’ont pas vraiment le beau rĂŽle. À la fois expression de nos fantasmes ou de nos angoisses inavouĂ©es sans doute !

Catalogue Ă©diteur : Stock

Une loi du 27 janvier interdit aux hommes de la RĂ©publique de Juvenia de vivre avec des femmes de plus de vingt ans leurs cadettes : un raz-de-marĂ©e dans la vie des six personnages que Nathalie Azoulai fait se croiser dans une ronde drolatique et diabolique. Une jeune femme va-t-elle se retrouver hors-la-loi parce que le pĂšre du bĂ©bĂ© dont elle est enceinte a le double de son Ăąge ? Les ricanements des hommes envers les femmes qui vieillissent inexorablement vont-ils enfin cesser ? Et permettre Ă  celles-ci de retrouver la confiance et le sens de l’avenir ? Les hommes de plus de cinquante ans s’en remettront-ils ? Et si cette loi rĂ©veillait un Ă©rotisme nouveau ?
RĂ©volutions sentimentales, revirements cocasses, aventures Ă©bouriffantes, dĂ©ceptions en chaĂźne, guerre des sexes : cette satire est portĂ©e ici par un style voltairien aussi rapide qu’inventif.
Nathalie Azoulai observe notre sociĂ©tĂ©, s’amuse avec les codes du libertinage, joue avec nos craintes et nos fantasmes en romanciĂšre virtuose.

Nathalie Azoulai est romanciĂšre et a longtemps Ă©tĂ© Ă©ditrice. Parmi son Ɠuvre on peut citer Titus n’aimait pas BĂ©rĂ©nice, qui a reçu le prix MĂ©dicis en 2014.

Parution : 18/03/2020 / Collection : La Bleue / 120 pages / Format : 138 x 215 mm / EAN : 9782234089518 / Prix : 16.50 €

Le peintre du dimanche, David Zaoui

Un roman lĂ©ger, dĂ©calĂ© et rafraichissant, avec un soupçon d’humour et de folie douce

Un roman paru sous le titre « sois toi-mĂȘme les autres sont dĂ©jĂ  pris » phrase empruntĂ©e Ă  Oscar Wilde… D’oĂč le changement peut ĂȘtre ?

Alfredo Scali est peintre, artiste, pas en bĂątiment. Enfin, ça c’est lui qui l’affirme haut et fort tant Ă  sa famille qu’Ă  son inĂ©narrable conseiller pĂŽle emploi. Pourtant rien n’y fait, personne ne veut de ces rĂȘves d’animaux qu’il a posĂ© sur ses toiles.

Sa chĂšre grand-mĂšre est atteinte d’Alzheimer. Une association lui propose l’aide d’un singe capucin pour l’assister dans ses tĂąches quotidiennes. Mais c’est sans compter sur l’Ă©volution de la maladie. Aussi, le jour oĂč elle menace d’en faire du bouillon, Alfredo se voit contraint de rĂ©cupĂ©rer Schmitt, le gentil singe amateur de beignets Ă  la pistache. La cohabitation sera facile et plutĂŽt joyeuse, et aura des consĂ©quences inattendues pour Alfredo et la rĂ©alisation de ses ambitions d’artiste.

De pĂ©ripĂ©ties en courriers rageurs auprĂšs de son conseiller, Alfredo va finir par trouver le succĂšs auprĂšs d’un galeriste… Mais qui est le vĂ©ritable auteur des Ɠuvres exposĂ©es ? Et comment va-t-il se dĂ©pĂȘtrer de ces accommodements pas vraiment raisonnables qu’il mĂšne avec sa conscience.

 Le roman est parsemĂ© de nombreuses invraisemblances et de tout aussi nombreuses expressions empruntĂ©es, mais le personnage central est plutĂŽt attachant et la morale de l’histoire est sauve. L’auteur pose Ă©galement quelques questions, comment vivre en Ă©tant rĂ©ellement soi-mĂȘme, rĂ©aliser ses rĂȘves, ĂȘtre honnĂȘte avec soi et les autres. Le tout en fait un moment de lecture qui s’il a quelques dĂ©fauts est cependant lĂ©ger et dĂ©calĂ©.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2020

Catalogue Ă©diteur : Le Livre de Poche & JC LattĂšs

Tout sourit Ă  Alfredo Scali, peintre ambitieux : il vient d’ĂȘtre repĂ©rĂ© par un grand galeriste parisien et peut enfin se dĂ©barrasser de son conseiller PĂŽle Emploi ! Ses parents sont aux anges. MĂȘme Schmidt, le petit singe hĂ©ritĂ© de sa grand-mĂšre, semble fier de lui. Et pour cause : le capucin malicieux, accro aux beignets Ă  la pistache et Ă  Starsky sans Hutch, est le vĂ©ritable auteur des toiles ! Comment Alfredo va-t-il se sortir de cette situation ?
D’une friterie belge aux plages paradisiaques de RĂ©publique dominicaine, il nous entraĂźne dans une aventure ubuesque.
Avec sa galerie de personnages hauts en couleur et une belle palette d’humanitĂ©, ce roman rĂ©jouissant est un bijou de fantaisie.

NĂ© en 1977 en banlieue parisienne, David Zaoui a suivi les cours Florent et travaillĂ© comme rĂ©alisateur et producteur dans le cinĂ©ma pendant plusieurs annĂ©es, notamment aux États-Unis. LaurĂ©at du Festival du premier roman de ChambĂ©ry 2018 pour Je suis un tueur humaniste, il se consacre aujourd’hui Ă  l’écriture. 

288 pages / Date de parution : 06/05/2020 / EAN : 9782253240679

Puisque tu m’aimes, Janine Boissard

Janine Boissard ou l’art de se rĂ©inventer

Des annĂ©es que je n’avais pas lu cet auteur qui Ă©voque souvent dans ses romans les relations familiales, le couple, les souvenirs et l’importance du passĂ© et de nos actions sur le prĂ©sent.

Lou a seize ans. Cette jolie jeune femme dynamique a un grand dĂ©faut (Ă  ses yeux !) elle est rousse. Elle est surtout pompiers volontaire, sans doute par passion pour son parrain, Philippe, le frĂšre de son pĂšre disparu depuis trois ans. Lou est amoureuse de Stan, un jeune photographe qui se rĂȘve aspirant criminologue.

A Montsecret, leur  village tranquille de Basse-Normandie, des incendies inexpliquĂ©s frappent depuis plusieurs mois les repas de noces. Dans de telles circonstances le risque de faire de nombreuses victimes est grand. Fort heureusement, grĂące Ă  Philippe et aux pompiers du village, il y a eu peu de dĂ©cĂšs.

Ces incendies inexpliquĂ©s intriguent Lou et Stan qui dĂ©cident de mener leur propre enquĂȘte. Ce qui n’est pas sans danger car la piste pourrait les mener lĂ  oĂč ils n’ont pas vraiment envie d’aller. C’est ce que va dĂ©couvrir Stan Ă  ses dĂ©pends, car la vĂ©ritĂ© n’est pas toujours bonne Ă  mettre en lumiĂšre. Lou devra continuer seule et tenter de dĂ©mĂȘler le vrai du faux, sans se laisser abuser par ses sentiments.

L’auteur a l’art de dĂ©crypter les relations humaines complexes, mais aussi les affres de l’adolescence avec ses premiers Ă©mois amoureux et ses interrogations bien lĂ©gitimes. Elle rend Ă©galement hommage au mĂ©tier de sapeur-pompier. Sous des airs plutĂŽt lĂ©gers, car comme Ă  son habitude le roman est court et l’auteur ne s’attarde pas sur les personnages ou les Ă©vĂ©nements,  la palette de sentiments abordĂ©s est large et plus complexe qu’il n’y paraĂźt. Le livre se lit d’une traite, comme c’est souvent le cas pour les romans de Janine Boissard qui a l’art de dire les choses simplement et cependant d’accrocher ses lecteurs. A conseiller pour vous changer les idĂ©es cet Ă©tĂ©.

Catalogue Ă©diteur : Fayard

Elle a seize ans, elle s’appelle Lou.
Son pÚre est décédé il y a trois ans. Sa mÚre est infirmiÚre, et son oncle et parrain est pompier.
Bref, sa vie familiale et affective est un peu compliquée.
Et pour ne rien arranger, elle tombe amoureuse d’un photographe amateur qui rĂȘve d’entrer dans la police
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Janine Boissard est l’auteur d’environ trente-cinq livres, dont L’Esprit de famille, tomes I Ă  VI (Fayard, 1977-1984), et plusieurs Ɠuvres romanesques.  Janine Boissard a Ă©té dĂ©corĂ©e des Palmes AcadĂ©miques pour son action auprĂšs de la jeunesse.

Parution : 03/06/2020 / Pages : 256 / Format : 153 x 235 mm / Prix : 19.90€  EAN : 9782213716732 / Prix NumĂ©rique : 14.99€ EAN numĂ©rique : 9782213715407

Est-ce ainsi que les hommes jugent, Mathieu Menegaux

Un flic pugnace, une jeune orpheline, un cauchemar éveillé, un roman percutant

Claire est une jeune fille de 13 ans, chaque samedi matin aprĂšs avoir fait les courses avec son pĂšre, ils achĂštent un bouquet de fleurs et vont dire bonjour Ă  sa maman, au cimetiĂšre.
Mais ce jour-lĂ  ils n’iront pas, Claire a Ă©chappĂ© de justesse Ă  une tentative d’enlĂšvement. L’homme, grand, jeune, blond, vĂȘtu d’un blouson en jeans, s’est enfui Ă  bord de sa MĂ©gane blanche en percutant mortellement le pĂšre de Claire qui tentait de l’arrĂȘter.
Trois ans plus tard. Ce n’est pas un jour ordinaire pour Gustavo. Il doit prĂ©senter devant l’état-major de son entreprise l’acquisition d’un laboratoire, moment primordial de sa carriĂšre. Gustavo, Ă©migrĂ© d’Argentine avec sa mĂšre, a pleinement rĂ©ussi sa vie. Avec Sophie, son Ă©pouse aimante, mĂšre au foyer accomplie et satisfaite et ses deux garçons, il savoure sa rĂ©ussite et son bonheur tranquille.
Mais ce matin-lĂ , l’Ă©quipe du commandant Delphis fait irruption dans sa maison, dĂ©truisant ce confort, ce bonheur en quelques heures Ă  peine. Interrogeant, fouillant, sans relĂąche pendant des heures. La perquisition est d’une violence inouĂŻe lorsque l’on ne comprend pas ce qui arrive. Gustavo est embarquĂ© jusqu’au poste pour une garde Ă  vue. Pourquoi, et par quel malheureux hasard cet homme en apparence paisible et bien sous tous rapports va se retrouver lĂ  ?

VoilĂ  un Ă©tonnant plaidoyer contre la justice, mais surtout contre la police et ses maniĂšres peu orthodoxes, avec ce flic qui parce qu’il veut tenir une promesse faite Ă  la victime prend des chemins bien expĂ©ditifs.

Un roman qui met aussi en lumiĂšre le mal qui peut ĂȘtre fait en quelques heures par le biais des rĂ©seaux sociaux et des mĂ©dias. Innocent, coupable, chacun se fait juge, policier, justicier, sous l’anonymat des rĂ©seaux, tout est permis. D’ailleurs, n’est-ce pas un peu ce que l’on vit actuellement oĂč chacun devient spĂ©cialiste, infectiologue, virologue, politique, c’est selon. Chacun y allant de son y’aqu’a, fau’qu’on, onauraitdu
 Et surtout, ce roman nous montre le retournement de situation implacable dont mĂȘme le plus banal des citoyens peut ĂȘtre victime au nom d’une certaine justice. Comment en quelques heures un innocent devient coupable, et comment sa propre pensĂ©e va ĂȘtre perturbĂ©e, dĂ©faillante, au point parfois de le mener Ă  signer des aveux sans mĂȘme avoir Ă©tĂ© coupable.

Mathieu Menegaux Ă  l’art d’écrire un roman que l’on ne lĂąche pas avant la fin, qui se lit d’une traite, Ă©conome de mots superflus, de situations qui parasiteraient l’intrigue principale. J’en aurais peut-ĂȘtre apprĂ©ciĂ© un peu plus, pour Ă©toffer l’intrigue et donner plus de corps Ă  certains personnages, mais sans doute est-ce voulu ? Pour dire l’essentiel et mener son lecteur oĂč il l’a dĂ©cidĂ©, Ă  se poser les bonnes questions sur notre sociĂ©tĂ© ?

Du mĂȘme auteur, j’ai dĂ©couvert derniĂšrement le roman Disparaitre, chronique Ă  retrouver ici.

Catalogue Ă©diteur : Grasset et format poche Points

Une journĂ©e particuliĂšre. Gustavo, pĂšre de famille, directeur financier, doit effectuer une prĂ©sentation importante devant l’état-major de sa multinationale. Des mois de prĂ©paration, un tournant pour sa carriĂšre.
Au lieu de l’heure de gloire espĂ©rĂ©e, la police faire irruption Ă  son domicile, Ă  l’aube. Perquisition, accusation d’homicide volontaire, indices concordants, Gustavo va ĂȘtre placĂ© en garde Ă  vue et traitĂ© sans mĂ©nagement. Heures sombres, qui vont dĂ©stabiliser un cadre supĂ©rieur sans histoires et le conduire Ă  redouter le pire pour son avenir. 
Son Ă©pouse Sophie va mobiliser son rĂ©seau et son Ă©nergie pour dĂ©montrer l’innocence de son mari et prĂ©server leurs deux garçons des consĂ©quences dĂ©vastatrices de cette mise en cause.
Mais comment rĂ©tablir la balance de la justice dans un univers gouvernĂ© par l’émotion et la recherche immĂ©diate d’un coupable ?

Grasset : Parution : 2 Mai 2018 / Format : 130 x 205 mm / Pages : 234
EAN : 9782246817437 Prix : 18.00€ / EAN numĂ©rique: 9782246817444 Prix : 7.49€
Points : Date de parution 09/05/2019 / 7.00 € / 240 pages / EAN 9782757875599

Cachemire rouge, Christiana Moreau

Des plateaux de Mongolie aux ateliers de couture italiens, le rĂȘve de deux jeunes filles dans l’enfer de l’esclavage moderne

Dans les steppes encore sauvages de Mongolie, Bolormaa vit avec sa famille. Éleveurs de chĂšvres pour y prĂ©lever le cachemire tant convoitĂ© par les occidentaux. Mais le vent assĂšche les steppes dĂ©boisĂ©es par l’homme, le sable et la dĂ©sertification avancent,  les troupeaux se rarĂ©fient et les Ă©leveurs sont menacĂ©s. Trop appauvris, ils doivent se sĂ©dentariser, abandonner ce nomadisme hĂ©ritĂ© de lignĂ©es d’ancĂȘtres. En suivant les prĂ©ceptes et l’enseignement de sa grand-mĂšre, Borlomaa a appris la teinture naturelle, et comme elle a le droit de prĂ©lever un peu de laine, elle teint puis tisse un magnifique pull d’une couleur rouge incroyablement belle et unique. ArrivĂ©e Ă  Ordos, en Chine, elle va rĂ©ussir Ă  le vendre Ă  Alessandra, une styliste italienne qui vient s’approvisionner lĂ  pour sa boutique de Prato.  Elle va maintenant travailler dans un de ces ateliers appartenant aux chinois qui ont dĂ©sormais captĂ© le marchĂ© du cachemire en Mongolie.

Ce nouvel emploi est une forme d’esclavage moderne, le temps passe et Borlomaa n’en voit pas le bout. Avec sa nouvelle amie Xiaoli, elles dĂ©cident de partir pour gagner l’Italie. Du transsibĂ©rien aux camions de passeurs, elles traversent les immenses Ă©tendues que l’auteur nous fait dĂ©couvrir avec elles, avant d’arriver enfin sur leur terre promise. Mais la vie Ă  l’arrivĂ©e est-elle un piĂšge, plus difficile que celle abandonnĂ©e en Chine ?

Ce que j’ai aimé ? Si ce roman est finalement assez optimiste, avec un cĂŽtĂ© qui m’a fait penser Ă  La tresse, avec les personnages de ces deux jeunes filles, la force de l’amitiĂ©, du courage, de l’entraide, de la famille et du travail. Il m’a surtout permis d’en savoir plus sur l’origine de ce cachemire que j’aime tant. De comprendre aussi pourquoi la qualitĂ© qui Ă©tait incroyable il y a quelques annĂ©es est plus difficile Ă  trouver aujourd’hui. Comprendre d’oĂč provient cette laine si fine, si douce, qui est tant recherchĂ©e ; de savoir surtout comment vivent, ou ne vivent plus, les nomades de Mongolie, ces Ă©leveurs qui ont vu leur troupeaux dĂ©cimĂ©s, et voient aujourd’hui les chinois avoir la mainmise sur la production. Enfin, j’ai pu dĂ©couvrir comment le milieu du textile italien est aujourd’hui cannibalisĂ© par les triades chinoises. Avec en particulier l’exploitation des jeunes migrantes rendues au statut d’esclaves modernes. Soumises au bon vouloir de patrons qui confisquent leurs passeports Ă  leur arrivĂ©e et les font travailler pendant des annĂ©es. Dans ces ateliers pas forcĂ©ment tous clandestins rĂšgne une grande misĂšre. Les travailleuses Ă  la chaine Ɠuvrent lĂ  pendant des heures interminables sans espoir de s’en sortir et de recouvrer un semblant de libertĂ©.

Du mĂȘme auteur, on se souvient du premier roman La sonate oubliĂ©e, qui nous avait embarquĂ©s Ă  Venise

Catalogue Ă©diteur : PrĂ©ludes

Trois destins liĂ©s par un fil rouge, celui d’un prĂ©cieux cachemire tissĂ© de maniĂšre ancestrale. Toscane. Alessandra est fiĂšre de la qualitĂ© des pulls et Ă©toffes qu’elle vend dans sa boutique de Florence. Une fois par an, elle va s’approvisionner en Asie. Jusqu’à ce coup de foudre pour le cachemire rouge filĂ© par une jeune fille, Bolormaa. Dans les steppes de Mongolie, celle-ci mĂšne une existence nomade avec sa famille, en communion avec la nature. Mais, lorsqu’un hiver glacial dĂ©cime leur troupeau de chĂšvres, elle doit quitter ses montagnes pour travailler Ă  l’usine en Chine. C’est lĂ  qu’elle rencontre XiaoLi. BientĂŽt, dans l’espoir de se construire un avenir meilleur, les deux amies font le choix du dĂ©part. De l’Asie Ă  l’Europe, du TranssibĂ©rien jusqu’en Italie, elles braveront tous les dangers pour prendre leur destinĂ©e en main et tenter de rĂ©aliser leur rĂȘve.
Avec humanitĂ© et un grand sens du romanesque, Christiana Moreau compose une histoire vibrante, vĂ©ritable ode Ă  l’amitiĂ© et au courage.

Paru le : 24 Avril 2019 / Format : 130 x 200 mm / 272 pages / EAN : 9782253045663 : Prix : 16.90 € / EAN numĂ©rique: 9782253089933 : Prix numĂ©rique : 10.99 €

Le courage des autres, Hugo Boris

Un regard lucide sur les transports en commun, ce lieu oĂč s’expriment courage ou lĂąchetĂ©

Un dossier qui dĂ©borde, empli de petits bouts de papiers, tous griffonnĂ©s par l’auteur lors de trajets en transport en commun. Puis un jour vient l’envie d’en faire quelque chose. De dire la foule et la solitude, les moments d’angoisse ou de silence, de grĂące ou de violence, de tendresse ou d’étonnement, la vie de tous ces inconnus que l’on croise le temps d’un trajet sans jamais revoir.

Alors qu’il venait de passer sa ceinture noire de judo et se sentait capable de rĂ©pondre Ă  toutes les agressions, Hugo Boris assistĂ© Ă  une agression dans un train de banlieue. Comme tant d’autres, il est quasi paralysĂ© face Ă  ça. Son seul rĂ©flexe est de tirer la sonnette d’alarme, c’est dĂ©jĂ  pas si mal.
À partir de lĂ , rĂ©guliĂšrement il pose sur le papier ses impressions lors de ses voyages dans les transports en commun. Petits instants de vie, petits bouts de papier qui s’empilent pour ne pas oublier.

Car on se retrouve dans ces moments, peur, sourire, crainte, lĂąchetĂ©, tĂȘte baissĂ©e pour ne rien voir, oreilles bouchĂ©es pour ne rien entendre, changement de wagon, mais aussi sourires, tendresse, Ă©motion, humour, crainte, violence, silence, absence, curiositĂ©, Ă©tonnement, sidĂ©ration, tout est lĂ , chaque jour, devant chacun de nous, voyageur occasionnel ou habituel. Elle court elle court la banlieue dans le train, mĂ©tro, RER, tĂ©moins de moment de vies qui passent et que l’on ne remarque mĂȘme plus. Tout cela nous rappelle un quotidien qui parfois inquiĂšte mais que nous aimerions tant retrouver en ces temps confinĂ©s.

Du mĂȘme auteur, retrouvez les avis de Alex Mot-Ă -Mots et Les MiscellanĂ©es de Cookie. Lire Ă©galement ma chronique de Police, un roman disponible chez Pocket.

Catalogue Ă©diteur : Grasset

Hugo Boris vient de passer sa ceinture noire de karatĂ© lorsqu’il fait face Ă  une altercation dans le RER. SidĂ©rĂ©, incapable d’intervenir, il se contente de tirer la sonnette d’alarme. L’épisode rĂ©vĂšle une peur profonde, mĂ©lange d’impuissance et de timiditĂ© au quotidien. Trait de caractĂšre personnel ou difficultĂ© universelle Ă  affronter l’autre en sociĂ©tĂ© ? Ce manque de courage l’obsĂšde. Sa femme lui suggĂšre de «  se faire casser la gueule une bonne fois pour toutes  » pour l’exorciser.
Mais Hugo Boris est Ă©crivain, alors, pendant quinze ans, il consigne sur le vif ces situations d’effroi dans les transports en commun. Il peint aussi le ravissement d’une rencontre, l’humanitĂ© d’un dialogue, l’humour d’un Ă©change imprĂ©vu. À travers ces miscellanĂ©es heureuses ou tragiques, il dĂ©crypte une mythologie contemporaine, celle du mĂ©tro et du RER, et cherche Ă  apprĂ©hender ses craintes, Ă  la maĂźtriser par la distance, la littĂ©rature ou
 la lecture de Dragon Magazine !
Il tente aussi de conjurer sa peur en guettant le courage des autres sous toutes ses formes, profondĂ©ment admiratif de tous ceux qui parviennent Ă  intervenir lorsqu’une situation les interpelle, les sollicite, exige une prise de parole, un geste. Il dessine un hommage Ă  tous ceux qu’il a vu avoir, sous ses yeux, le cran qui lui manquait. Et se demande si le courage est contagieux.
Totalement original, sincĂšre, d’une actualitĂ©, d’une prĂ©cision d’écriture et d’observation remarquables, ce recueil de textes brefs touche au plus juste. En se mettant Ă  nu, Hugo Boris parle de chacun de nous, de nos lĂąchetĂ©s et de nos malaises quotidiens, de nos Ă©blouissements et, parfois, de nos hĂ©roĂŻsmes.

Ancien assistant rĂ©alisateur, Hugo Boris travaille dans une Ă©cole de cinĂ©ma. Il est l’auteur de cinq romans trĂšs remarquĂ©s et a reçu de nombreux prix littĂ©raires. Aux Ă©ditions Belfond : Le Baiser dans la nuque, La DĂ©lĂ©gation norvĂ©gienneJe n’ai pas dansĂ© depuis longtemps et Trois grands fauves. Il a publiĂ© POLICE chez Grasset en 2016 : prix EugĂšne Dabit, prix des lycĂ©ens PACA, traduit en trois langues, sortie prĂ©vue au cinĂ©ma en mars 2020 (rĂ©alisation Anne Fontaine, avec Omar Sy et Virginie Efira). Tous ses livres sont disponibles chez Pocket.

Parution : 8 Janvier 2020 : Format : 130 x 209 mm / Pages : 180 / EAN : 9782246820598 / Prix : 17.00€ / EAN numĂ©rique: 9782246820604 Prix : 11.99€

La Dame au petit chien arabe, Dana Grigorcea

Un court roman pour dire avec talent et poĂ©sie la difficultĂ© d’aimer et de changer de milieu social

C’est l’histoire d’une belle femme qui promĂšne son chien sur les bords du lac Ă  Zurich et croise Gurkan, un beau jardinier. C’est aussi le dĂ©but d’une histoire d’amour, de leur aventure. Mais comment fait-on pour aimer lorsque l’on est une ballerine mariĂ©e, connue, et que l’on croise le chemin d’un jeune jardinier kurde ?

Anna promĂšne son chien et peut-ĂȘtre son ennui, ses envies, ses rĂȘves. Le petit chien arabe d’Anna, qu’elle qualifie de croisement de balade car c’est un gentil bĂątard trouvĂ© en se promenant sur une plage en AlgĂ©rie, est le point de dĂ©part de ses Ă©changes avec Gurkan. Anna aime plaire, sĂ©duire, aime l’amour aussi. La rencontre fortuite est plaisante. Cet homme est si sĂ©duisant, si diffĂ©rent de ceux qu’elle cĂŽtoie gĂ©nĂ©ralement.

Il refait les jardins autour du lac, chaque jour elle vient Ă  sa rencontre. Leur relation prend forme peu Ă  peu. Ils se rapprochent, deviennent amants malgrĂ© leurs grandes diffĂ©rences. DiffĂ©rences de culture en particulier. Anna aime l’art sous toutes ses formes. C’est une ballerine qui a dansĂ©e sur les plus grandes scĂšnes, les plus grands airs, voyagĂ© dans les plus belles capitales, et qui aime tant recevoir dans sa maison avec son Ă©poux mĂ©decin. Gurkan arrive de Turquie, mariĂ© Ă  sa cousine, ils vivent Ă  L. avec leurs enfants.

Leur rencontre est dĂ©terminante mais la vie d’Anna lui permet-elle de poursuive l’aventure, malgrĂ© les sentiments, les envies, malgrĂ© le fait qu’elle pense Ă  lui chaque jour… Car si leur histoire est passionnĂ©e, la vraie question est de savoir si elle pourrait aimer assez pour tout quitter, si la beautĂ©, les moments de bonheur volĂ©s et l’amour suffisent pour souhaiter changer de vie.

J’ai aimĂ© suivre le cheminement qui se fait dans la tĂȘte d’Anna. Elle analyse et s’étonne de ses propres sentiments. Elle, l’artiste sĂ©ductrice, est la premiĂšre Ă©tonnĂ©e de son attachement Ă  Gurkan. Et si finalement sa vie n’Ă©tait qu’un grand vide ? Si le bonheur Ă©tait ailleurs ? Faut-il dĂ©truire la vie de l’autre pour ĂȘtre heureuse ? Alors chacun va cheminer vers l’autre, comme dans un pas de deux qu’ils ne font pas forcĂ©ment en mĂȘme temps ni dans le mĂȘme sens.

J’ai aimĂ© l’écriture poĂ©tique, sensuelle et si joliment descriptive de l‘auteur, surtout lorsqu’elle Ă©voque la danse, la nature, les bords du lac. Tout est si bien retranscrit grĂące Ă  la traduction de Dominique Autrand.

La dame au petit chien arabe est un hommage Ă  la nouvelle « La dame au petit chien  » d’Anton Tchekhov

Catalogue Ă©diteur : Albin-Michel

Traducteur : Dominique Autrand

De nos jours, sur les bords du lac de Zurich, Anna, une danseuse mondaine et mariĂ©e, croise Gurkan, un jeune jardinier kurde. La conversation s’engage Ă  propos du petit chien qui accompagne Anna et qu’elle a ramenĂ© d’AlgĂ©rie. Les deux inconnus se plaisent, se revoient, deviennent amants, puis se quittent. Pour Anna, familiĂšre du jeu de la sĂ©duction, c’est une aventure comme tant d’autres qui s’achĂšve, du moins le croit-elle. Car avec l’étĂ© s’installe une Ă©trange sensation de vide sur laquelle il lui faudra bientĂŽt mettre des mots : elle est amoureuse. Et rien n’est plus comme avant.
C’est cette mĂ©tamorphose, oĂč l’incertitude des sentiments dĂ©fie la raison, que Dana Grigorcea explore avec une dĂ©licatesse extrĂȘme dans un rĂ©cit tout en nuances. Hommage libre et fidĂšle Ă  Tchekhov, La Dame au petit chien arabe Ă©voque la question Ă©ternelle du dĂ©sir, des conventions sociales et de la libertĂ© intĂ©rieure.

Née à Bucarest en 1979, Dana Grigorcea est philologue et écrivain. Ses deux premiers romans, non traduits en français, ont été récompensés par de nombreux prix littéraires.

Prix : 15.00 € / Paru le 21 AoĂ»t 2019 / 160 pages / EAN13 : 782226441010