Maisons du voyage, photographies couleurs de Hidenobu Suzuki

Exposition de photographies couleurs de Hidenobu Suzuki

Domi_C_Lire_hidenobu_suzuki_1Les Maisons du Voyage, dans le bel espace de La Maison de thé de La Maison de la Chine, dans un lieu mythique, jadis cinéma de la place Saint-Sulpice au cœur de Saint-Germain des Prés. Là, chacun peut venir déguster à l’heure du déjeuner des dim sum aux saveurs exceptionnelles, ou des thés de leur sélection accompagnés de délicieuses pâtisseries Banh.

Sur les murs, l’exposition de photographies couleurs de Hidenobu Suzuki nous transporte dans un Japon à la fois éternel et moderne, mais tellement poétique, magique par certains côtés, tant les photos et les couleurs semblent irréels.

Domi_C_Lire_hidenobu_suzuki_7Hidenobu Suzuki habite à Toyohashi. Spirituel dans l’âme, il nous propose un voyage au fil des saisons dans l’archipel nippon.

Sa façon d’assimiler la photographie à l’Art millénaire de la peinture japonaise donne un résultat absolument prodigieux. Couleurs éclatantes des carpes Koï dans un bassin à la Claude Monet – là on est bluffé par la technique ! – champs démesurés de floraisons printanières chatoyantes et vives, les couleurs éclatent sur des fonds plus sombres, contraste étonnant qui nous ravit et nous transporte dans le Japon éternel, rêvé pour ma part, mais dans lequel on a tant envie de s’immerger tant c’est féérique… Des photos comme autant de fenêtres ouvertes sur un ailleurs magique !

Retrouver les photos d’Hidenobu Suzuki sur son site. 

Exposition présentée dans le cadre de japonismes 2018 : Japonismes 2018 : les âmes en résonance.

Domi_C_Lire_hidenobu_suzuki_2L’année 2018 marquera le 160e anniversaire des relations diplomatiques entre le Japon et la France, ainsi que le 150e anniversaire du début de l’ère Meiji lorsque le pays s’ouvrit à l’Occident.

Portée par les gouvernements français et japonais, Japonismes 2018, une riche saison culturelle nippone, est un petit bout de Japon qui prend ses quartiers à Paris, en Île-de-France et dans toute la France de juillet 2018 à février 2019.

Tout comme les Pixcell-Deer de Kohei Nawa, au Musée de la Chasse et de la Nature dont je vous ai parlé ici.

A découvrir du 8 octobre 2018 au 19 janvier 2019. Au 76 rue Bonaparte 75006 Paris. Entrée libre.

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Musée de la chasse et de la nature

Chefs-d’œuvre de la collection Mellon, du Virginia Museum of fine Art

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Le musée, toujours dans la ligne de la vocation de la Fondation François Sommer, montre une fois encore les différents aspects de la relation entre l’homme et l’animal dans l’espace naturel. Ici, avec Chefs-d’œuvre de la collection Mellon, du Virginia Museum of fine Art, dans une belle scénographie proposée par Alexandre Platteau, chef décorateur de la maison Hermès, au milieu des stalles au noms des chevaux de Paul Mellon, on peut admirer quelques toiles emblématiques de cette collection.

domi_C_Lire_musee_chasse_et_nature_paul_mellon_1En cette période où grâce à la révolution industrielle et à l’essor des classes bourgeoises, la civilisation occidentale fait de la campagne un lieu de villégiature. Basé sur l’esprit de la country life britannique, la terre, l’animal domestique et le cheval tout particulièrement se voient également liées à une notion récréative. Émergence de la notion de loisir et idéalisation de la vie à la campagne vont alors de pair.

Le milliardaire et amateur d’art Paul Mellon (1907-1999) a collectionné toute sa vie, perpétuant une tradition familiale. Avec son épouse ils transposent au cœur de la campagne de Virginie le mode de vie des gentlemen Farmer.

Dans leur domaine d’Oak Spring, Bunny donne libre cours à son goût pour le jardinage, tandis que Paul élève des chevaux de course. Saturant les murs du cottage, leur collection de peintures illustre cette relation rêvée à la nature, aux antipodes de l’agriculture industrielle qui, au même moment, transforme radicalement le paysage rural.

 

On peut notamment découvrir dans cette exposition un genre artistique représenté dans l’école anglaise : la sporting painting. Mais également des impressionnistes français qui témoignent d’un autre aspect de la vie à la campagne, en cette époque où la petite bourgeoisie investit l’espace pour ses propres loisirs.

 

Les chefs-d’œuvre présentés au Musée de la Chasse et de la Nature ont été légués au Virginia Museum of Fine Arts (VMFA).

Et comme c’est aussi l’habitude dans ce musée très original et qui mérite le détour, une exposition en deux temps par deux artistes se mêle adroitement à l’ensemble des collections :

Kohei Nawa, avec ses Pixcell-Deer du 4 septembre au 2 décembre 2018

La présentation par le musée :
A l’occasion de la saison en France et dans la continuité d’une collaboration initiée il y a deux ans, le musée de la Chasse et de la Nature et la Villa Kujoyama à Kyoto présentent une exposition personnelle consacrée à Kohei Nawa.

Figure éminente de l’art contemporain japonais, l’artiste est à l’honneur à Paris cet automne avec la sculpture Trône exposée au musée du Louvre dans le cadre de la saison Japonismes 2018. Les œuvres disséminées dans les collections permanentes du musée de la Chasse et de la Nature reprennent les thèmes chers à l’artiste qui tente de renouveler l’imagerie sacrée. A cette fin, il mixe des éléments issus de la culture traditionnelle japonaise – et notamment les références aux cultes shintoïstes – avec des images issues de la technologie contemporaine. Ainsi, PixCell-Deer transforme la perception que l’on a d’un cerf – animal sacré dans le Japon ancien – en associant un spécimen naturalisé à des sphères de verre qui le recouvrent intégralement en fragmentant sa silhouette. Au musée de la Chasse et de la Nature, l’œuvre vient dialoguer avec les images de cerf issues de la culture occidentale qui sont déjà présentes dans la collection permanente.

 

Angelika Markul et ses Tierra Del Fuego du 4 septembre au 2 décembre 2018

La présentation par le musée :
domi_C_Lire_musee_chasse_et_nature_Aangelika_markulTierra Del Fuego est un projet artistique polymorphe, composé d’un ensemble d’œuvres plastiques qui porte sur la disparition d’un paysage de glaciers. Il est inspiré de l’archipel du même nom qui se situe en Patagonie, aux confluences de l’Argentine et du Chili, à l’extrême sud du continent américain… L’exposition donne lieu à un cycle autour des imaginaires du changement climatique et de la fonte des glaces.

Que faire à New York ?

Visiter l’exposition Georgia O’keeffe, au New York Botanical Garden…

Domi_C_Lire_NYBG_Georgia_Okeeffe…et admirer les tableaux peints par l’artiste lors de son séjour à Hawaï, les plantes, les paysages qui l’ont inspirée, puis les retrouver tout au long du parcours au NYBG.
J’avais découvert quelques oeuvres de Georgia O’Keeffe lors de l’exposition The age of Anxiety, qui présentait des peintres américains au musée de l’Orangerie à Paris, et j’avais apprécié ses représentations de fleurs. Je l’ai donc retrouvée avec plaisir lors de cette visite.

Artiste peintre pionnière du modernisme américain, Georgia O’Keeffe (1887–1986) a été fortement inspirée par les paysages qui l’entouraient, des paysages du nouveau Mexique aux gratte-ciel de New York. Les fleurs, la nature, sont des thèmes qu’elle a également abordé et aimé tout au long de sa carrière d’artiste.

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L’exposition dans la galerie d’Art du NYBG offre une rétrospective (un peu trop courte à mon goût !) des œuvres peintes lors de son séjour de neuf semaines en 1939. Elle était missionnée par la Hawaiian Pineapple Company et devait en rapporter des œuvres pour une de leur campagne de promotion. on retrouve d’ailleurs le tableau Ananas dans leurs publicités de l’époque.

Elle y a peint des toiles représentant les fleurs, les paysages, et même les hameçons des pécheurs, une nature inspirante ! Et pourtant, là-bas aussi, ces œuvres font énormément penser à la photographie, aux prises en gros plan, cadrages décalés, modernes, qui sortent des poncifs habituels, et toujours, sous-jacente, une connotation sexuelle dans la représentation de certaines fleurs, certains plans, comme une image de marque de l’artiste.

 

Si les toiles de Georgia O’Keeffe  sont peu nombreuses, seulement 17 peintures qui par ailleurs n’avaient jamais été exposées ensemble depuis 1940, l’intérêt de la visite tient aussi au fait que le jardin botanique adapte l’ensemble de son espace et propose dans ses serres une documentation fournie ainsi qu’une partie de la flore et des fruits des iles Hawaï.

 

Retrouvez ici le site du New York Botanical Garden, l’exposition se tient jusqu’au 28 octobre.

Rubens, Portraits princiers Musée du Luxembourg

La présentation par le Musée du Luxembourg :
Domi_C_Lire_rubens_1Rubens fut, sans doute un peu malgré lui, un immense portraitiste de cour.
S’il se voulait d’abord peintre de grands sujets historiques, il excella dans le domaine du portrait d’apparat, visitant les plus brillantes cours d’Europe. Prisé pour son érudition et sa conversation, il joua aussi un rôle diplomatique important, jouissant d’une position sociale sans égale chez les artistes de son temps. Autour des portraits de Philippe IV, Louis XIII ou encore Marie de Médicis réalisés par Rubens et par quelques célèbres contemporains (Pourbus, Champaigne, Velázquez, Van Dyck…), l’exposition plonge le visiteur dans une ambiance palatiale au cœur des intrigues diplomatiques du XVIIe siècle
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Marie de Médicis (1573-1642) veuve d’Henri IV et mère de Louis XIII, est un personnage emblématique de l’histoire politique et diplomatique  du XVIIe siècle. Il est intéressant de se souvenir qu’elle est liée, directement ou indirectement à l’ensemble des dynasties européennes.

Pierre Paul Rubens (1577-1640) dont on peut dire qu’il est le peintre le plus célèbre de son temps, est quant a lui un grand voyageur qui va œuvrer comme peintre mais aussi  comme diplomate dans tous les lieux artistiques renommés.

Cette exposition présente donc deux personnages majeurs du XVIIe qui déploient leur influence sur toute l’Europe. C’est ce que le visiteur découvre à travers l’importance des portraits des rois, reines, princes et princesses, présentés dans ce qui n’est autre que le palais que Marie de Médicis a fait édifier à partir de 1615 – et pour lequel elle avait commandé à Rubens un ensemble de toiles monumentales illustrant sa vie –  portraits que l’on peut voir pour partie dans une des salles de l’exposition. A côté des œuvres de Rubens sont présentés des portraits réalisés par d’autres artistes, avec les mêmes modèles, aux mêmes dates.

Ce que j’aime particulièrement au Musée du Luxembourg, c’est l’agencement des salles d’exposition renouvelé à chaque exposition et qui donne au visiteur d’illusion de dans un nouveau Musée. Ici, l’austérité et le formalisme de certains portraits est rehaussée par une scénographe particulièrement réussie, un jeu de projections d’images ou de lumière, et les lieux changent et prennent vie, une réussite.

Une exposition qui nous permet de feuilleter l’album de famille de Marie de Médicis en quelque sorte !

Rubens, Portraits princiers c’est jusqu’au 14 janvier 2018 au Musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard, 75006 Paris.

 

Visiteurs de Versailles, exposition au Château de Versailles

Le château de Versailles est l’un des sites les plus visités au monde. Plus de sept millions de visiteurs par an. En découvrant cette exposition, nous devenons à notre tour l’un des « Visiteurs de Versailles » !

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Versailles, l’un des sites les plus visités, et ce depuis toujours ! Car dès le règne de Louis XIV les visiteurs ont été acceptés et accueillis au château. Il était même organisé des moments précis afin que tous puissent voir le roi, au lever, à la messe, en promenade, etc. Qu’ils soient ambassadeurs ou princes, étrangers ou français, voyageurs ou voisins, artistes ou philosophes, savants ou espions, visiteurs d’un jour ou voyageurs du « Grand Tour », tous pouvaient venir à la cour. Cette cour qui, contrairement à la pratique de certains autres pays, était ouverte… Cet espace, à la fois propriété royale et espace public, était la scène de ce théâtre quotidien joué par le Roi pour la cour et pour ses sujets.

Qu’ils soient venus là pour quémander, se plier au bon vouloir du Roi ou en visite officielle, de nombreux visiteurs ont laissé des traces de leur visite. Cadeau royaux ou diplomatiques, lettres, tableaux, objets, journaux, témoignent de leurs passages. Venus de Stockholm ou des États Unis, de la BnF ou de Londres, l’exposition rassemble plus de trois cents objets, tableaux, bronzes, portraits ou même vêtements, j’ai par exemple aimé cet habit brodé de Mr de Fersen, tabatières somptueuses, poire à poudre ou carquois, venus de Sèvres ou de Londres, de Mysore  ou de Siam, des Pays-Bas (dont une étonnante boite à médailles..) ou de Turquie, autant de façon de revoir le château à travers les yeux de ces visiteurs qui nous font remonter le temps.

 

L’exposition Visiteurs de Versailles est présentée jusqu’au 25 février. Une belle occasion de revenir voir ce château somptueux et majestueux, de se promener dans le parc et de profiter du soleil de l’automne finissant.

L’Exposition François Ier et l’art des Pays-Bas au Musée du Louvre

Le goût de François Ier pour les arts et l’importance de l’influence italienne, en particulier de Léonard de Vinci, sont aujourd’hui connus de tous. Le Louvre nous présente ici un bel éventail d’artistes venus du nord, et nous démontre l’influence des Pays-Bas à la cour et au-delà, au début du XVIe siècle.

On retrouve ces maîtres néerlandais en Normandie, Picardie, Champagne ou Bourgogne entre autre. Ils arrivent d’Anvers, Bruxelles, ou Haarlem par exemple. Ils sont spécialisés dans les enluminures, la peinture religieuse bien sûr, très courante à cette époque, les vitraux, la tapisserie, la sculpture, ou encore les pièces d’orfèvrerie.

On y découvre Jean Clouet et Corneille de La Haye dit Corneille de Lyon, spécialiste du portrait, une salle entière est d’ailleurs consacrée aux portraits. Mais aussi des artistes tels Godefroy le Batave, enlumineur d’origine hollandaise, ou Noël Bellemare, peintre et enlumineur, et d’autres restés anonymes.

L’exposition nous plonge dans les fastes de la Renaissance française, on apprécie ces portraits majestueux de François Ier ou Marguerite de Navarre entre autre, mais aussi ceux de petit format représentant des personnages anonymes. Une leçon d’histoire comme on les aime.

Domi_C_Lire__expo_le_louvre_9On admire également le livre d’heures que Le Louvre tente d’acquérir. Ce minuscule objet vaut 10 millions d’euros. Ce livre de prières manuscrit est entièrement recouvert d’une reliure d’or et de pierres précieuses. François Ier l’offrit à sa nièce Jeanne d’Albret, future mère d’Henri IV. Le Louvre a lancé une campagne d’appel aux mécènes. Cette campagne de dons continue jusqu’au 15 février.

Exposition François Ier et l’art des Pays-Bas Musée du Louvre du 18 Octobre 2017 au 15 Janvier 2018

 

Art/ Afrique, le nouvel atelier de la fondation Louis Vuitton

Elle devait s’arrêter mais elle continue jusqu’au 4 septembre, l’Exposition Art/ Afrique, le nouvel atelier de la Fondation Louis Vuitton

art afrique.jpgLa Fondation a consacré la totalité de ses espaces à l’Afrique pour présenter Art/ Afrique, le nouvel atelier. J’ai eu le plaisir de la visiter lors de l’inauguration, avec le grand bonheur de pouvoir poser toutes les questions sur les œuvres et les artistes exposés aux différents guides dans chacune des salles de la FLV. En fait il y a deux expositions en une, et de nombreuses manifestations ont également eu lieu pendant l’été en relation avec ces thématiques.

Les Initiés présente un choix d’œuvres (1989-2009) de la collection d’art contemporain africain de Jean Pigozzi

Après avoir visité l’exposition  Magiciens de la Terre au Centre Pompidou et à la Grande halle de la Villette en 1989, l’homme d’affaires Jean Pigozzi fait appel à André Magnin, alors commissaire adjoint sur la section africaine de l’exposition, pour constituer sa propre collection qui sera dédiée aux artistes vivant et travaillant en Afrique subsaharienne. En véritable défricheur, André Magnin arpente le continent africain à la rencontre d’artistes autodidactes. Il faut se replonger dans le contexte, ni téléphone portable, ni internet, ni réseaux sociaux, André Magnin va tisser des relations, et réussir à démontrer l’originalité des artistes qu’il va dénicher.

Dans cette partie, on découvre une sélection d’œuvres de quinze artistes emblématiques de la collection de Jean Pigozzi.

 Celles-ci m’ont particulièrement plu, par leur originalité, leur poésie et leur modernité, et en même temps leur rappel des créations ancestrales que l’on associe à l’Afrique.

Être là, œuvres d’Afrique du Sud, une scène contemporaine, auxquelles s’ajoute des œuvres de la Collection.

L’exposition collective « Être là » est consacrée à l’Afrique du Sud, l’une des scènes les plus dynamiques du continent africain.

L’exposition se concentre sur un espace-temps précis : aujourd’hui, et croise plusieurs générations d’artistes ayant les même objectifs. Tout d’abord des artistes nés dans les années 1970 et reconnus sur la scène artistique internationale. Puis un choix d’artistes nés dans les années 1980 soit plus de vingt ans après la fin de l’apartheid.

J’ai également beaucoup aimé ces photos, celles bien sûr du grand Seydou Keïta, ces portraits, ou ces sublimes photos de coiffures traditionnelles. Enfin pour celles-ci on ne sait plus ce qui est le plus beau, le travail du photographe ou celui des femmes magiciennes de la coiffure.

Enfin, au tout dernier niveau, on peut découvrir une sélection d’œuvres africaines qui font partie de la Collection de la Fondation 

Si vous n’y êtes pas encore allé, profitez d’une expo pour visiter la FLV. C’est un bel espace où se reposer, sous la verrière, dans la lumière de ce vaisseau posé à l’orée du bois de Boulogne.