Je n’ai pas trahi, Frédéric Couderc

Quand le passé et le présent entrent en collision, est-ce pour le pire ou pour le meilleur ? Pourquoi il faut lire « Je n’ai pas trahi », premier roman jeunesse de Frédéric Courderc.

L’intrigue alterne entre la seconde guerre mondiale, essentiellement de 1942 à 1948, et les années 1980. On y fait la connaissance du jeune Salomon et de sa sœur Francette, puis de Luna et Mattéo, camarades de classe au collège.

Luna et sa mère viennent de s’installer près d’Ajaccio, les parents se sont séparés. Luna a du mal à s’intégrer à sa nouvelle classe. Mattéo, un solitaire atypique est lui aussi à l’écart des autres, mais l’arrivée de Luna vient le chambouler.

Pendant qu’elle fait des recherches en vue d’un exposé sur la situation des juifs en Corse pendant la guerre, Luna fait une découverte stupéfiante qui, si elle est avérée, pourrait perturber la cohésion de sa famille. Quant à Mattéo, un incident qui l’implique juste devant son lycée lui fait croiser la route de Salomon. Même s’il est aujourd’hui âgé, celui-ci sait se faire respecter y compris par de gros bras. Alors qu’ils se promènent, Luna et Mattéo sont témoins d’un assassinat …situation pour le moins inextricable, en Corse comme ailleurs. Mattéo se voit contraint de demander l’aide de Salomon…

Confrontés à la violence des hommes, ils vont apprendre la solidarité et l’amitié. Et découvrir les événements et la mémoire souvent effacée de l’histoire de leur pays et de la Corse en particulier. Évènements heureux, actes d’héroïsme, mais aussi lâcheté, violence, collaboration avec l’occupation de la Corse par les troupes de Mussolini et le sort méconnu des Juifs de Corse.

Comme pour ses précédents romans qui se situaient alternativement à Cuba et en Argentine, Frédéric Couderc connait les lieux dont il parle et l’atmosphère qui s’en dégage. Cela se sent et c’est peut-être pour cela que ses romans sont aussi réussis. Même s’il confronte le passé et un présent pas tout à fait immédiat, le roman est très actuel dans son approche de la jeunesse et de son langage. L’auteur s’est également imprégné de la vie, des histoires familiales et des événements historiques du passé Corse pour planter son intrigue. En particulier, la place souvent méconnue des juifs pendant la seconde guerre mondiale. Si l’Histoire est sombre, l’amitié entre les deux adolescents est riche d’espoir. Un beau moment de lecture.

Retrouvez mes billets sur les deux précédents romans de Frédéric Couderc Aucune pierre ne brise la nuitet Le Jour se lève et ce n’est pas le tien, ainsi que mon interview de l’auteur à retrouver  ici : A la rencontre de Frédéric Couderc.

Catalogue éditeur : PKJ Pocket Jeunesse

Luna, seize ans, vient d’emménager à Ajaccio où sa mère a décidé de refaire sa vie. Seule comme jamais, elle se plonge dans les études et décide de préparer le Concours national de la résistance. En remontant le fil de l’Histoire, elle découvre le sort méconnu des Juifs de Corse. Ce qui n’était pour elle qu’un devoir de classe lui permet, contre toute attente, de lever un lourd secret familial. Son destin de lycéenne d’aujourd’hui se mêle à celui de Salomon, jeune résistant d’hier, au gré d’une vendetta sans limites et sans âge.

Frédéric Couderc est l’auteur de plusieurs romans. Enquêteur littéraire, il aime ancrer ses fictions dans un contexte historique et place ses intrigues dans des pays meurtris tels que le Cap, où il a longtemps vécu, mais aussi La Havane et, plus récemment, l’Argentine avec son roman Aucune pierre ne brise la nuit (2018), chez Héloïse d’Ormesson. Son cinquième roman, Un été blanc et noir (2013), a reçu le Prix de littérature populaire. En parallèle de ses activités de romancier, il enseigne l’écriture auprès de différents publics, dont des jeunes en difficulté au Labo des Histoires. Je n’ai pas trahi est son premier roman jeunesse.

EAN : 9782266287975 / Nombre de pages : 320 / Format : 140 x 225 mm / Prix : 17,90€

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Avec toute ma colère, Alexandra Lapierre

Le roman d’un duel mère fille, « Avec toute ma colère » est né de la rencontre d’Alexandra Lapierre avec Maud et Nancy Cunard.

blog Domi CLire photo de la couverture du roman "avec toute ma colère"d'Alexandra Lapierre éditions Pocket

Il faut avouer que les héritières de la flotte de paquebots The Cunard Line ont de quoi retenir l’attention et forcer l’intérêt pour qui se penche sur leur histoire. Une relation mère-fille absolument pas banale puisqu’au cœur des années folles, ces héritières de fortunes colossales se sont détestées, ferraillant dans un duel à mort sur fond d’égalité, de liberté, d’insoumission.

D’abord, la mère Maud… Richissime  héritière américaine, amateur éclairée, femme cultivée et collectionneuse d’art tenant salon, véritable mécène dans l’Angleterre du XXe. Cette séductrice est aussi une femme terriblement conformiste qui se fond dans le rang pour garder la place qu’elle a obtenu de haute lutte dans la société, et qu’elle ne veut perdre sous aucun prétexte.

Puis Nancy, la fille…Elle est élevée par des nurses et délaissée par sa mère, qui va certainement la jalouser pour sa beauté et le risque quelle lui fait courir avec ses amants. Elle est belle cette femme que l’on découvre en couverture du roman, dans cette inoubliable photo de Man Ray en 1926, les bras parés d’innombrables bracelets anciens en ivoire. La fortune ? Elle nait avec, il ne lui reste donc qu’à trouver comment la dilapider et s’en servir, pour son plaisir celui de la cour qui l’entoure, puis rapidement pour s’opposer à sa mère, lutter contre le racisme anti noirs et pour l’égalité de tous dans la société dans laquelle elle vit. Véritable muse adulée par les artistes et les intellectuels, femme libre et sans entrave, elle partage la vie d’Aragon, de Neruda puis d’Aldous Huxley. Courageuse et désintéressée (mais comment ne pas l’être quand la fortune est là quoi qu’elle fasse) elle s’engage auprès des républicains pendant la guerre d’Espagne. Elle vit ensuite avec Henry Crowder, son grand amour, un noir américain qui lui vaudra l’ire de sa mère. Touchée par les implications de la ségrégation, elle publie un livre sur l’histoire de la négritude aux Etats-Unis, Negro : An Anthology publié en 1934. Nancy Cunard décède dans la solitude en 1965.

Ces deux héroïnes, tout comme l’époque dans laquelle elles évoluent, ont tout pour faire une œuvre  romanesque et vibrante de liberté. Quelle violence cette lutte à mort entre ces femmes, sans aucun espoir de réconciliation quand elles auraient eu tout pour vivre en bonne intelligence. Mais sans doute fallait-il batailler pour affirmer une indépendance et une soif d’égalité qui n’entrait pas dans le moule des convenances.

Alexandra Lapierre est une passeuse d’histoire et de témoignage sur des personnages forts qui ont marqué l’Histoire à leur façon. En s’appuyant sur des faits avérés, elle nous enchante et nous embarque dans ce duel à mort sans espoir de rédemption entre deux femmes qui ont passé leur vie à se déchirer dans l’incompréhension mutuelle. En faisant parler l’une et l’autre, puis leurs amis intimes, elle donne corps et puissance à ce témoignage de vies singulières, flamboyantes et fantastiques. Même si le lecteur reste quelque peu abasourdi face à la violence de leur conflit.

Catalogue éditeur : Pocket, Flammarion

Toute leur vie, c’est deux-là se sont aimées à se haïr. Un duel à mort.
À ma droite : la mère, Maud Cunard, richissime héritière d’une célèbre ligne de paquebots, mécène internationale à la conversation exquise, grande dame pétrie de conformisme.
À ma gauche : sa fille, Nancy Cunard. Excessive, audacieuse, scandaleuse, muse et amante d’Aragon, de Neruda, d’Aldous Huxley. De tous les combats pour la liberté, pour l’égalité raciale, pour le progrès social…
D’accord sur rien. Semblables en tout.
De la guerre qui les oppose, aucune ne sortira victorieuse.

EAN : 9782266287456 / Nombre de pages : 336 / Format : 108 x 177 mm / Date de parution : 07/03/2019 / Pire : 7,50€

Les mafieuses, Pascale Dietrich

Respecter le code d’honneur, un impératif chez les maffieux, l’épouse du parrain l’apprend à ses dépens. Avec « Les mafieuses », le lecteur embarque dans une aventure aussi féministe que cocasse.

Leone Acampora, le vieux mafieux qui règne sur la ville de Grenoble, se meurt à l’hôpital, sa femme Michèle veille à son chevet.

Si Michèle s’est habituée aux cadavres dans le placard ou dans le salon, et aux habitudes de gangster de son époux, pour leurs filles Dina et Alessia, c’est un peu plus compliqué. Depuis qu’elle a compris quelles étaient les activités de la famille, Dina refuse d’y participer. Préférant s’investir dans l’humanitaire, elle n’y trouve cependant pas son compte. Elle vit seule, mais vient enfin de rencontrer l’âme sœur et le beau Marcus lui redonne enfin goût à la vie. Avec une psychologie et une vision du monde opposées, sa sœur Alessia a pris la suite des affaires du clan. Elle est pharmacienne, et se trouve bien inspirée d’avoir préféré ce commerce aux sempiternelles pizzerias paternelles. Car qui viendrait à soupçonner une vente de médicaments « homéopathiques » dans une pharmacie…

Lorsque Michèle découvre que Leone a placé un contrat sur sa tête, les filles s’unissent pour la sauver et affronter cette menace forcément sérieuse. Elles décident de mettre leur mère à l’abri. Mais à l’heure des repentis et des remords, et alors que les bandes rivales guettent la place du patron, la bataille s’annonce rude. Et la mauvaise (ou bonne ?) conscience ne laisse pas les deux sœurs indifférentes.

Avec beaucoup de talent et une belle dose d’humour, l’auteur inverse les rôles et met en scène ces mafieuses, des femmes d’un autre monde en proie à des sentiments parfois ambivalents de justice et de probité. Que faut-il respecter, la loyauté envers le père ou au contraire la mère ? S’engager dans le combat ou au contraire préparer la fuite ? Entre comédie et roman noir, le lecteur suit les mésaventures de la famille Acampora avec un plaisir  certain, dans une course contre la mort un tantinet rocambolesque mais indubitablement moraliste.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury des lecteurs du prix BFM l’Express

Catalogue éditeur : Liana Levi

Il y a toujours moyen de s’arranger avec la réalité chez les gangsters. À condition de respecter le code d’honneur, on peut même mener une vie formidable ! C’est en tout cas ce que Leone Acampora, vieux mafioso grenoblois, a enseigné à sa famille. Michèle et ses deux filles ont donc appris à fermer les yeux lorsqu’elles trébuchaient sur un cadavre ou une valise de cocaïne dans leur joli salon en marbre. Et si, aujourd’hui, Dina a parfois mauvaise conscience, elle espère se racheter en travaillant dans l’humanitaire. Quant à Alessia, pharmacienne inspirée, elle a pas mal d’idées pour moderniser le business paternel. Ainsi va la vie chez les femmes Acampora, entre coups de fusil à pompe et séances de tai-chi. Jusqu’à ce que le vieux Leone perde les pédales. Car avant de mourir, il a laissé une dernière instruction : lancer un tueur à gages aux trousses de sa femme… L’occasion pour les mafieuses de déboulonner un vieux monde machiste et ringard.
Subtilement féministe, délicieusement féroce, Pascale Dietrich bouscule les codes pour teinter de rose le roman noir.

Date de parution : 07-02-2019 / 14 x 21 cm – 160 pages / ISBN : 9791034900909 / 15 €

Edmonde, Dominique de Saint-Pern

Edmonde, ou le roman d’une vie. Dominique de Saint-Pern  nous offre un roman d’aventure aux personnages emblématiques et des histoires d’amour flamboyantes sur fond de seconde guerre mondiale.

Fille de diplomate, issue d’une famille intellectuelle aisée, Edmonde Charles-Roux est promise à un bel avenir sans nuage. Son amour de jeunesse Camillo Caetani est duc et prince italien, leur mariage s’annonce heureux. Pur produit des ambassades et de la diplomatie française, en 1938 elle à 18 ans et vit à Rome. Les bals, la vie fastueuse, les relations mondaines, une excellente éducation, une sœur qu’elle adore, tout semble parfait dans la vie d’Edmonde, mais c’est sans compter les revers de l’Histoire. L’entrée en guerre des pays européens et la puissance destructrice d’Hitler en Allemagne et de Mussolini en Italie.

Engagée dans la croix rouge, puis dans la résistance, Edmonde portera une fidélité sans faille à sa famille. Malgré quelques dissensions avec Cyprienne, sa sœur par trop futile qui vit en Italie, proche de Ciano, le gendre de Mussolini. Cyprienne arrêtée par les chemises noires avec sa famille en Belgique.

Alors ce sera Vichy pour François Charles-Roux, mais son père refuse la collaboration et démissionne. Puis viennent vite les années d’engagement, Edmonde sera infirmière sur le front, puis à Marseille où elle vécut ensuite, elle sera passeur d’informations dans la résistance, amoureuse indécise et depuis toujours poussée par l’envie de devenir écrivain.

Voilà un roman familial habilement mené qui s’inscrit directement dans l’histoire de l’Europe. Cette Europe détruite qui doit se recomposer tant bien que mal. Une saga à la façon d’autant en emporte le vent, avec une héroïne prise dans le feu de l’histoire, peut-être contre son gré, mais qui saura révéler le meilleur d’elle-même.

J’ai aimé la façon dont l’auteur nous parle d’Edmonde en choisissant cette courte période entre 1938 et 1945, car comme elle le disait souvent La guerre a fait de moi celle que je suis. Ce sont dans ces années difficiles que se construisent les fondations d’une vie. C’est un roman biographique dense, superbement écrit, foisonnant d’informations non seulement sur les Charles-Roux mais aussi sur le contexte de la guerre, l’ambigüité des différents gouvernements, français, italien, et le rôle de chacun. C’est une période propice à favoriser l’éclosion de caractères forts, courageux et déterminées. Edmonde sera l’un de ceux-là.

Edmonde Charles-Roux, est née le 17 avril 1920 à Neuilly-sur-Seine et morte le 20 janvier 2016 à Marseille.

💙💙💙💙

Catalogue éditeur : Stock

Nous sommes en 1938, et le bal tragique commence.
De Rome à Marseille, d’une alcôve l’autre, d’un palais l’autre, voici la fille de l’ambassadeur François Charles-Roux prête pour se marier, comme d’innombrables jeunes filles de son âge. Mais rien ne se passe comme prévu.
Arrachée à l’amour de son fiancé Camillo Caetani, dont le mariage ferait d’elle une duchesse et une princesse, mais qui sera tué sur le front albanais. Arrachée à la France de Vichy par l’intelligence d’un père qui sut déjouer les pièges de la collaboration, arrachée à la douceur du lien avec sa sœur, la belle Cyprienne, princesse del Drago, par l’Italie des Chemises noires, et le terrible secret qui unit celle-ci à Galeazzo Ciano, gendre de Mussolini.  Lire la suite

416 pages / Format : 140 x 220 mm / EAN : 9782234080935 / Prix : 21.50 € / Parution : 27/02/2019

On n’efface pas les souvenirs, Sophie Renouard

Cela pourrait être la romance de l’année, c’est un premier roman noir addictif aux personnages humains et attachants. Pourquoi on aime « On n’efface pas les souvenirs » de Sophie Renouard.

D’abord il y a la rencontre avec l’auteur et son regard bleu acier qui vous pénètre et vous donne immédiatement envie de parler avec elle du roman et du contexte de l’écriture, et son sourire qui vous y incite avec bienveillance. Un beau moment de partage, de discussion et d’échange.

Ensuite, il y a ce roman, On n’efface pas les souvenirs, qui se lit comme un thriller à la façon d’un inspecteur Colombo. Car le lecteur comprend rapidement les éléments de l’enquête, mais c’est normal car là ne réside pas l’intérêt du roman. Au contraire, il est indispensable de se laisser guider par les sentiments, les impressions, les personnages et leurs caractères si singuliers et attachants que l’on a rapidement envie de suivre, de découvrir, de comprendre.

Après un chapitre choc, le lecteur fait la connaissance d’Annabelle. Elle mène une vie confortable de bourgeoise aisée. Heureuse en ménage avec Gaspard, deux fillettes adorables Zélie et Violette, une gouvernante Françoise qui l’accompagne et la soutient depuis son enfance. Tout va donc bien dans le meilleur des mondes. Le jour du baptême de Violette, après la cérémonie et parce qu’une fois de plus son mari doit travailler, elle part seule avec ses fillettes rejoindre son père du côté de Lyons la forêt. Un voyage sans difficulté depuis Paris. Lorsque son bébé à faim, Annabelle fait un stop dans une auberge pour lui donner le biberon. Là, frappée violemment dans les toilettes de l’établissement, elle disparait. L’alerte est donnée, son mari rejoint la famille, l’enquête de police commence.

Le lecteur a dès le départ un avantage puisqu’il suit Annabelle dans le coffre d’une voiture jusqu’au coin de montagne des Pyrénées Basques où elle est laissée pour morte. Puis découverte par Émile, un vieil homme qui vit seul dans la montagne. Il la soigne pendant plusieurs semaines. Convalescente fragile, amnésique, elle doit apprendre à se connaitre, retrouver la mémoire, ses souvenirs et le fil de sa vie. Elle qui a tout perdu, à qui l’on a arraché la vie, va se reconstruire doucement protégée par cet homme taiseux et solitaire. De son coté, son mari et sa famille doivent apprivoiser l’absence, l’inquiétude, la solitude. Gaspard est aidé par Mikkie, une cousine envahissante au comportement étrange qui inquiète Zélie.

L’auteur nous transporte alternativement dans ces deux univers parallèles. La solitude réparatrice de la montagne pour Annabelle, et le foyer devenu dangereux dans lequel Gaspard tente de survivre à l’absence. La tension monte et l’intrigue se dévoile, tissant sa toile  autour du drame qui lie les différents protagonistes  jusqu’au dénouement final.

Mi roman, mi thriller, voilà une intrigue adroitement menée. J’ai aimé les différents personnages et leurs personnalités aussi attachantes que singulières. Caractères forts, solitaires ou psychotiques, chacun trouve sa place dans ce premier roman qui ne laisse pas indifférent. Un roman idéal pour les lectures d’été !

Souvenir d’une jolie rencontre avec Sophie Renouard

Catalogue éditeur : Albin-Michel

Comment retrouver son chemin quand on a tout perdu ?
Annabelle a une vie merveilleuse. Un mari qui l’aime, deux petites filles adorables, une famille soudée.
Jusqu’à ce jour de septembre où elle est brutalement arrachée à ses proches, laissée pour morte au milieu de la forêt. Lorsqu’elle reprend conscience, sa mémoire s’est effacée. Plus de traces… Pour remonter le fil de sa vie, Annabelle va devoir affronter la face cachée d’un bonheur qu’elle croyait parfait.
Avec une extrême sensibilité, Sophie Renouard explore les zones d’ombre d’une existence ordinaire. Captivant.

Prix : 19.90 € / 27 Mars 2019 / 140mm x 205mm / 272 pages / EAN13 : 9782226441102

Sex Doll, Danielle Thiéry

Quel bonheur de retrouver Edwige Marion, la commissaire fétiche de Danielle Thiéry, pour une enquête passionnante au temps de l’amour 2.0.

De nos jours dans Paris, bienvenue au XDoll, une maison qui abrite des amours d’un nouveau genre. Là, ni prostitution, ni violence, ni contrainte, seulement de belles poupées gonflables prêtes à accepter toutes vos exigences. Le propriétaire est un jeune chef d’entreprise qui met à disposition de ses clients des poupées gonflables en silicone. Et de fait, il ne se considère absolument pas proxénète ! Un jour, un mystérieux client s’acharne avec violence sur une de ses protégées. il s’est présenté sous le nom de Docteur X et a laissé un papier avec le numéro de téléphone de Marion, la directrice de l’Office de répression des violences aux personnes de la police judiciaire. Concomitamment, des meurtres de femmes étrangement mutilées amènent l’équipe de la commissaire à faire le lien avec cet hôtel de passe singulier. Et bizarrement, tour à tour les femmes de l’entourage de Marion sont prévenues de façon anonyme de chacun des crimes.

Au fil des pages, le Docteur X s’avère être un fil rouge dans la vie et la carrière de Marion. On le retrouve régulièrement, Marion espérait l’avoir oublié et le voilà qui ressurgit plus violent qu’avant. C’est ce que l’on appelle chez les policiers avoir des clous dans le cœur (Danielle Thiéry en avait d’ailleurs fait l’objet de son roman éponyme Prix du quai des Orfèvres). Comme les cold case, ces affaires que les policiers n’ont jamais réussi à solutionner et qui reviennent régulièrement les titiller.

Il faut avouer aussi que Philémon de Saint-Léger, le nouvel adjoint de Marion, ne fait pas l’unanimité dans ses équipes. Le doute plane, mais Marion l’a choisi il faut donc faire avec. Pourtant, les soupçons pèsent sur lui, qui est-il, que fait-il ? Lorsqu’il s’avère qu’Alix de Clavery disparait à son tour, l’enquête prend une tournure plus dramatique. En parallèle, Nina, vingt ans, la fille que Marion a adoptée lorsqu’elle avait six ans, est concernée par l’affaire des meurtres de femmes. La relation entre les deux femmes est chaotique depuis que sa fille s’est éloignée à Londres. Mais Nina est revenue et Marion tente de la protéger.

Tout est bon pour tenter de résoudre l’affaire, profilage, psycho-criminologie, et cette nouvelle technique, l’odorologie, qui permet de piéger dans des bandelettes de textile spécial une signature olfactive laissée sur une scène de crime. Car ici l’un des protagonistes souffre d’une maladie qui perturbe l’odorat de tous ceux qui le croisent. Le tout nous entraine dans le décor très particulier de l’hôpital des pendus, un espace hors du temps qui crée une ambiance glauque à souhait.

Danielle Thiéry  est l’une des premières femmes commissaire divisionnaire en France. Après une carrière bien remplie dans de nombreux et très différents  services de police, enquêtrice de la première heure, cette curieuse née régale aujourd’hui ses lecteurs à chacun de ses polars. Marion me fait penser à ces femmes fortes qui réussissent une carrière dans les services de police, sans doute est-ce un peu pour ça qu’elle est aussi attachante ! Elle n’est pas forcément un personnage systématiquement récurent, mais les lecteurs y sont très attachés. Même si c’est le 14e roman, et si Danielle Thiéry a essayé de s’en séparer, quel plaisir de la retrouver !

Le tout est mené tambour battant, le rythme soutenu tient le lecteur en haleine, et l’on tourne les pages avec fébrilité. Mais ne croyez pas que tout sera limpide ! Danielle Thiéry ne nous donne pas toutes les clefs ni toutes les réponses, et finalement c’est bien ce que l’on aime avec ses polars, chercher, trouver ou pas, s’interroger, s’impatienter et vibrer, puis attendre le suivant avec impatience.

Lire également l’interview avec Danielle Thiéry lors de la parution d’un précédent roman. Et mes billets de Tabous et Dérapages.

Lancement de Sex Doll au restaurant les éditeurs, avec Danielle Thiéry et Michel Drucker.

« On attend chacun de vos livres avec impatience. Ce roman-là est tout à fait extraordinaire, passionnant !» Michel Drucker, Vivement Dimanche France 2

Catalogue éditeur : Flammarion / Versilio

À Paris, l’ouverture d’un hôtel de passe 2.0, dont les pensionnaires sont des poupées de silicone, ne fait pas l’unanimité. Son jeune propriétaire, précurseur sur le marché du sexe, n’avait pas imaginé les réactions violentes que sa start-up provoquerait…
Dans le même temps, l’Office, dirigé par la… Lire la suite

Paru le 01/05/2019 / 416 pages – 131 x 202 mm / ISBN : 9782081487345/ Prix : 20€

Commissaire Kouamé, un si joli jardin ; Marguerite Abouet, Donatien Mary

Compliqué ? Vous avez dit compliqué de mener l’enquête ? On embarque avec le commissaire Kouamé et cette BD primée au 19e prix du Polar SNCF.

A Abidjan, suite à la découverte d’un corps dans un hôtel de passe, le commissaire Marius Kouamé et son adjoint Arsène mènent l’enquête. La victime n’est autre que le magistrat Compliqué, ce qui va bien compliquer la tâche du commissaire. Voilà un excellent prétexte pour nous entrainer à la suite de quelques malfrats de seconde zone, dans les prisons ou dans les commissariats où les coups et la torture ne sont pas lettres mortes, et où l’on fait bon usage des radiateurs en fonte d’antan. C’est rythmé, féroce, et rempli de rebondissements de toutes sortes, le dessin est aussi vif et coloré que les habitudes et le langage des protagonistes, aussi haché parfois que les réflexions du commissaire, comme esquissé, mais toujours affirmé .

Alors bienvenue dans ce pays où il ne fait pas toujours bon être différent, où lorsque la sexualité est exacerbée c’est forcément en respectant les poncifs de la société traditionnelle, où l’on part à la découverte du quartier « mon mari ma laissée » et des résidences huppées des hauts dignitaires, à la poursuite du coupable et de son mobile.

J’avais particulièrement aimé la série Aya de Yopougon, je retrouve ici l’humour un peu féroce qui caractérise cet auteur. Il faut avouer que Marguerite Abouet n’a pas son pareil pour nous conter son pays la Côte d’ivoire en mettant en exergue les travers de la société africaine et le poids des traditions. Cette BD vient de remporter le prix du polar SNCF.

Catalogue éditeur : Gallimard

Par : Marguerite Abouet, Donatien Mary / Couleurs de Frédéric Boniaud

Abidjan. Un homme a été mystérieusement assassiné dans un minable hôtel de passe. Personne n’a rien vu… et l’enquête doit rester discrète sous peine de défrayer la chronique, car la victime n’est autre que Traoré Compliqué, le célèbre magistrat ! Le grand commissaire Marius Kouamé est immédiatement mis sur l’affaire. Accompagné d’Arsène, son fidèle adjoint, il traque les suspects en tout genre, qui n’ont qu’à bien se tenir, car les tortures infligées par les deux flics sont aussi incongrues qu’efficaces !
Un polar loufoque et déjanté, relevé par la verve ivoirienne de l’auteure de « Aya de Yopougon ».
Date de parution : 09 / 11 / 2017 / 104 pages / 20 € / 210 x 280 mm / ISBN : 9782075076920