Milwaukee blues, Louis-Philippe Dalembert

Un roman sombre mais porteur d’espoir, le portrait d’un citoyen ordinaire

Milwaukee blues est un roman choral en trois temps dans lequel ceux qui ont connu un homme nommé Emmet vont prendre la parole tour à tour pour évoquer sa vie à Franklin Heights, les amis et les années d’enfance, puis l’université, le football, puis la vie après le foot. Car Emmet vient de mourir, étouffé par un policier.

Lui a composé le nine one one ce jour maudit, lorsque son employé lui a dit qu’un jeune homme baraqué avait sorti un billet suspect. Fausse monnaie ça peut aller chercher loin. Mais s’il était réticent à leur dire qu’il est noir, dès qu’il l’a signalé tout s’est accéléré. Les flics sont arrivés peu après. Je ne peux plus respirer… ces mots qu’il a entendu et entendra sans cesse au fil de longues nuits blanches à venir.
Elle l’a bien connu ce petit Emmett qui chantait Alabama Blues dans les couloirs de l’école bien mieux qu’il n’apprenait ses leçons. Cantine gratuite, suivi de sa scolarité, de ses amis, elle a tenté de l’aider aussi longtemps que possible avant que sa présence, blanche parmi les noirs, ne pose problème. Alors entendre parler de lui à la radio ce jour là …
Authie, c’est l’amie d’enfance, la petite sœur née le même jour au même endroit, la gamine, la confidente. Si les années les ont éloignés, elle aimerait être toujours là pour lui, mais il a tellement changé. L’université n’a pas été le moyen de transformer sa vie, et c’est dans la ville de son enfance qu’il est revenu s’échouer avec ses trois enfants, ne sachant plus quoi faire ni où aller. Le matin même, ils ont échangé quelques mots, le soir elle entend son nom à la télé…
Stokeley, c’est l’ami de toujours lui aussi, depuis les bancs de l’école. Mais leurs chemins se sont éloignés eux aussi. Il a dû s’occuper de sa famille car sa mère seule ne pouvait pas, encore moins quand le Daron est parti a l’ombre. Guetteur puis dealer, forcément ça éloigne du droit chemin.

Puis vient l’université, Larry, son coach, noir comme lui, a connu les affres des sélections et sait à quel point cela va être difficile. Car à peine deux pourcent des étudiants pourront vivre de l’un des sports pour lequel ils se sont distingués pendants leurs années d’étude. Et avec des accidents, plus aucun espoir de parvenir au sommet. Il veut aider Emmet mais le laisse poursuivre la route qu’il s’est choisie.
Nancy, la fiancée, blanche, l’amoureuse malhabile. Que reste-t-il de ses années heureuses avec Emmet.
Angela, la mère de sa fille qui l’a aimé déjà père de deux enfants, mais qui l’a quitté un peu trop vite.

En fil rouge, il y a Ma Robinson, ancienne matonne dont on fait la connaissance en prison, elle est devenue pasteur et sera un soutien important pour Mary-Louise, la mère d’Emmet. Son prêche digne de Martin Luther King est un beau moment d’humanité.

Chacun avec son cœur, ses souvenirs, sa vision parcellaire de la vie d’Emmet va dessiner son portrait et le faire revivre pour tenter de comprendre comment il en est arrivé là. Mais dans cette Amérique du XXIe siècle, le racisme n’est jamais loin, et dans les états du sud en particulier mais pas seulement, la police agit bien trop souvent en toute impunité sans jamais avoir à rendre de compte.

Ce que j’ai aimé ?

L’auteur connaît à la fois le Wisconsin, cette région des États-Unis où il a vécu et enseigné, et le système scolaire américain, en particulier le coût exorbitant des universités et les possibilités données aux sportifs de les intégrer. Ces capacités sportives qui permettent aux jeunes sans revenus de poursuivre les études qui sinon leurs seraient interdites. Car ils sont aidés tout au long des championnats universitaires, et ont toujours à l’esprit la possibilité d’être sélectionné par une grande équipe et de connaître le succès.

De nombreuses références aux poètes haïtiens, à la littérature, à la chanson, au cinéma, viennent émailler le roman et le rendent vivant et actuel J’apprécie la façon dont l’auteur adapte son écriture à l’époque dans laquelle il place ses romans. Ici, j’ai ressenti une grande modernité, une contemporanéité de l’écriture. Si au départ, l’ombre de Georges Floyd est prégnante, rapidement c’est le personnage et le récit de Louis-Philippe Dalembert qui prennent toute leur place et s’incarnent dans chacun des protagonistes pour nous faire vivre une autre histoire, celle d’un noir américain aux rêves fous, brisé, paumé, victime de la plus ignoble violence, celle d’un humain parmi tant d’autres, quand le rêve américain se heurte à la plus violente forme de racisme. La fin du roman est une ouverture porteuse d’espoir en l’homme et en l’autre, espérons que cette lumière ne soit pas seulement un rêve fou.

Catalogue éditeur : Sabine Wespieser

Depuis qu’il a composé le nine one one, le gérant pakistanais de la supérette de Franklin Heights, un quartier au nord de Milwaukee, ne dort plus : ses cauchemars sont habités de visages noirs hurlant « Je ne peux plus respirer ». Jamais il n’aurait dû appeler le numéro d’urgence pour un billet de banque suspect. Mais il est trop tard, et les médias du monde entier ne cessent de lui rappeler la mort effroyable de son client de passage, étouffé par le genou d’un policier.

Le meurtre de George Floyd en mai 2020 a inspiré à Louis-Philippe Dalembert l’écriture de cet ample et bouleversant roman. Mais c’est la vie de son héros, une figure imaginaire prénommée Emmett – comme Emmett Till, un adolescent assassiné par des racistes du Sud en 1955 –, qu’il va mettre en scène, la vie d’un gamin des ghettos noirs que son talent pour le football américain promettait à un riche avenir. Lire la suite…

Parution : Août 2021 / prix 21 €, 288 p. / format epub et pdf au prix de 15,99 € / ISBN : 978-2-84805-413-1

Soleil levant, Alexandre Galien

Lauréat du Prix du quai des Orfèvres, Alexandre Galien a aussi travaillé à la DRPJ (direction régionale de la police judiciaire). Je l’ai découvert avec Le souffle de la nuit, il revient avec Soleil Levant.

Son flic emblématique le commandant de la Crim Philippe Valmy est parti au Nigeria se changer les idées. En proie à la dépression, il tente d’échapper à ses hallucinations. À son retour, il demande à intégrer la Baspa (la Brigade d’assistance aux personnes sans-abri) le genre de groupe que l’on intègre généralement en fin de carrière ou si l’on est particulièrement désabusé, ce qui est son cas.

Pendant ses maraudes, il croise de nombreux sans domicile fixe, et sympathise avec Ziggy, un marginal toxicomane qui s’avère être également un ancien champion d’arts martiaux.

En parallèle, le capitaine Quefelec doit enquêter sur la mort étrange de Morita, un homme d’affaires japonais. Ce dernier vient de se suicider dans une chambre du Crillon selon la tradition du hara-kiri. Suicide ou meurtre, le doute est permis. Sur les lieux, des traces conduisent les enquêteurs à Ziggy, qui exige que Valmy mène son interrogatoire. Alors que son ancienne équipe est maintenant dirigée par Alice Quintet, une jeune femme sans expérience qui peine à y faire sa place, il doivent travailler de concert.

Les ramifications s’avèrent à la fois politiques et mafieuses, avec une incursion dans le monde très secret des arts martiaux au japon, de la formation des jeunes au cercle très très fermé de ceux qui les pratiquent. D’ailleurs, les flash-back dans le passé et la courte vie de Ziggy sont à la fois impressionnants de noirceur et de complexité, totalement angoissants ils éclairent d’un jour nouveau les turpitudes des manipulateurs. Dans une atmosphère à la fois trouble et sordide, de Paris aux quartiers les plus chauds de Tokyo, l’auteur nous entraîne à un rythme soutenu dans de bien sombre territoires.

Catalogue éditeur : Michel-Lafon

 » Le décor était doux, presque trop. Sur le bord du lit, le tanto le narguait toujours. Giri Haji. Il était temps… Sa dernière pensée articulée ne serait ni pour sa femme, ni pour sa fille, ni même pour ses vices. Autour de sa chemise, il avait serré sa ceinture. Les entrailles ne devaient pas tomber. Il posa le poignard sur la gauche de son abdomen, y fit une entaille en diagonale. Un cri venu des profondeurs de la terre lui échappa. Sans qu’il ait le temps d’en finir avec son rituel, sa face s’écrasa contre le sol. Giri… « 

Bien décidé à en finir avec son passé douloureux, Philippe Valmy réintègre son groupe pour une enquête qui les conduit d’un palace parisien aux quartiers chauds de Tokyo. Mais cette affaire aux ramifications tentaculaires pourrait bien être celle de trop pour le flic au cœur brisé…

Parution :10/11/21/ Prix :18.95 €/ ISBN :9782749944166

Artifices, Claire Berest

Le cheval, le loup et le renard, un chassé croisé où l’art se mêle aux souvenirs sous les feux d’Artifices

Qui est Abel Bac, ce flic insomniaque et solitaire qui ne quitte plus son quartier, sauf pour ses déambulations nocturnes à travers les rues de Paris. Au bureau, il a peu d’amis, en dehors de sa collègue Camille. Mais il vient d’être mis à pied suite à une enquête déclenchée par une dénonciation anonyme. Abel est hanté par des cauchemars qui le tourmentent chaque nuit. Il s’occupe avec minutie et amour des dizaines d’orchidées qui peuplent sa vie et son appartement.

Camille, la collègue sans doute un peu amoureuse de ce gentil et beau flic de trente neuf ans. Qui tente comme elle peut de l’aider à retrouver sa place.

Qui est Elsa, la voisine collante qui tente de pénétrer chez lui une nuit d’ivresse. Elsa qu’il croise sans cesse et qui est de plus en plus proche d’Abel. Pourtant, ils ne se connaissent pas et lui ne tient pas à se laisser envahir. Mais elle semble si bien le comprendre.

Qui est Mila, l’artiste mystérieuse aux performances déstabilisantes, souvent controversées et largement commentées. Mila qui ne s’est jamais dévoilée auprès du public ou des médias qui encensent ou critiquent ses œuvres. Mila, une artiste singulière qui voudrait changer de vie, exister mais pas seulement à travers ses œuvres.

Que viennent donc faire ce cheval lusitanien dans la bibliothèque du Centre Pompidou, ces loups qui festoient au musée de la Chasse pour célébrer un 14 juillet aussi pétillant que déjanté, ces installations au musée d’Orsay.

Pour le savoir, il faut découvrir ce roman qui démarre comme un roman policier, avec flics et enquête, et fait rapidement la part belle à l’art contemporain, aux happenings et autres performances artistiques. Assez vite les personnalités sombres et ténébreuses des différents protagonistes s’imposent, et l’intérêt se porte sur la psychologie, le passé, les caractères de chacun d’eux, cherchant à comprendre les traumatismes qui les ont marqués, psychologiques ou familiaux, bien loin finalement de la simple enquête de police. Car chacun détient une partie du puzzle dont les pièces vont peu à peu s’assembler sous le regard du lecteur qui tâtonne, écoute, et comprend pourquoi l’autrice les a rassemblés ici.

J’ai aimé la lecture de Thierry Blanc qui donne le rythme sans jamais surjouer, alternant avec justesse les intonations pour coller aux personnalités de ces femmes fortes et déterminées, fragiles et tourmentées, de ce flic un peu paumé au passé que l’on devine lourd à porter. Un roman qui nous fait pénétrer peu à peu dans les méandres obscurs des pensées des principaux protagonistes. Après Gabriële écrit avec sa sœur Anne, et Rien n’est noir, Claire Berest a l’art de nous surprendre à chaque nouveau roman, pour notre plus grand plaisir.

Catalogue éditeur : Stock, Audiolib

Abel Bac, flic solitaire, évolue dans une atmosphère étrange depuis qu’il a été suspendu. Son identité se dissout entre cauchemars et déambulations nocturnes.
C’est cette errance qu’interrompt Elsa, sa voisine, lorsqu’elle atterrit ivre morte devant sa porte. C’est cette bulle que vient percer Camille, sa collègue, inquiète de son absence. C’est son fragile équilibre que mettent en péril des événements mystérieux qui semblent tous avoir un lien avec Abel.
Pourquoi a-t-il été mis à pied ?
Qui a fait entrer par effraction un cheval à Beaubourg ? Qui dépose des exemplaires du Parisien où figure ce même cheval sur son palier ?
À quel passé tragique ces coïncidences le renvoient-elles ? Pris dans l’œil du cyclone, le policier déchu mène l’enquête.

Collection : La Bleue / Parution : 25/08/2021 / 308 pages / Format : 140 x 216 mm / EAN : 9782234089983 / Prix : 21.50 €

Audiolib : Parution : 08/12/2021/ Durée : 7h10 / lu par Thierry Blanc / EAN 9791035407520 / Prix du format physique 23,45  €

Pandemia, Franck Tilliez

Et si le monde était subitement frappé par une pandémie ?


Il suffit de quelques cygnes morts au parc du Marquenterre pour que les scientifiques soient en alerte et s’affolent lors de la découverte d’un virus puissant et mortel qui touche de plus en plus d’oiseaux.

Au 36, un virus semble avoir atteint de plus en plus de personnes, le nombre de malades se multiplie, au risque de déstabiliser les différents services, en particulier celui de Sharko.

C’est aussi dans ce contexte que l’on rencontre Phong, le mari malade d’Amandine. Et que l’on découvre les précautions que doit prendre le couple pour ne pas se contaminer, précautions qui nous rappellent celles que nous mettons parfois en pratique depuis bientôt deux ans.

S’enchaînent alors des meurtres aux mises en scènes rituelles sordides, nous obligeant à faire une incursion dans le dark web. Et à suivre une enquête au cours de laquelle rien n’est épargné aux enquêteurs comme aux victimes. Une fois de plus Sharko à la partie difficile et les ramifications sont bien plus inextricables que ce qu’elles paraissent de prime abord.

Le talent de Franck Thilliez n’est plus à démontrer, c’est efficace, un vrai page turner dont on se souvient longtemps.

Catalogue éditeur : Fleuve éditions, Audiolib

« L’homme, tel que nous le connaissons, est le pire virus de la planète. Il se reproduit, détruit, épuise ses propres réserves, sans aucun respect, sans stratégie de survie. Sans nous, cette planète court à la catastrophe. Il faut des hommes purs, sélectionnés parmi les meilleurs, et il faut éliminer le reste. Les microbes sont la solution. » Après Angor, une nouvelle aventure pour l’équipe de Franck Sharko et Lucie Henebelle, renforcée en coulisses par la jeune et courageuse Camille. Et l’enjeu est de taille : la préservation de l’espèce humaine.

Lu par Michel Raimbault

Les exilés de Byzance, Catherine Hermary-Vieille

De Byzance à Moscou, une fresque familiale sur l’exil et la transmission

En 1453 Byzance, le dernier bastion catholique orthodoxe d’Orient conquis deux siècles auparavant par les croisés, tombe sous les coups des Ottomans. La chute de l’empire byzantin est aussi la fin du règne des orthodoxes dans cette partie du monde très convoitée car à cheval entre l’Orient et l’Occident. Celle qui deviendra Istanbul connaît alors de nombreux pillages et exactions. Femmes, enfants, vieillards ne sont pas épargnés par les conquérants musulmans, poursuivis et abattus jusque dans l’enceinte de la basilique Sainte Sophie.

C’est dans ce contexte que les survivants de la famille Dionous doivent fuir la cité. Les circonstances obligent les deux frères survivants à partir chacun de son côté, Nicolas et Constantin vont alors embarquer qui pour la Russie, qui pour l’autre rive de la méditerranée. À Byzance, cette lignée d’artistes écrit des icônes sacrées depuis la nuit des temps. Le deux frères sont désormais séparés, mais chacun de son côté va tenter de maintenir vaille que vaille cette tradition familiale.

C’est à travers une dizaine de générations successives que Catherine Hermary-Vieille leur fait parcourir de nombreux pays, dans un périple à travers l’orient, de Beyrouth à Moscou, du Caire à Londres, de Saint-Pétersbourg à Florence, Londres, Paris. Fuyant leur ville, les Dionous deviendront paysans, pêcheurs, commerçants, feront prospérer les plantations de coton égyptien, deviendront artistes de père en fille à Moscou. Mais toujours, chacun à sa manière tentera de percer le mystère de cette lignée qu’ils connaissent parfois si mal, mais qui subsiste par delà leurs propres existences.

Maintenir la tradition familiale, la perpétrer dans le respect des ancêtres n’est pas toujours aisée. Cinq siècles d’histoire mouvementée et souvent violente vont s’inscrire dans ces quelques cinq cent pages. C’est à la fois beaucoup et peu pour expliquer les remous provoqués par les conquêtes, les vagues de migrations forcées ou choisies, les révolutions et les transformations des différents pays traversés. Pour Nicolas et sa descendance, il y aura en particulier la création de Saint-Pétersbourg, mais aussi la mort du tsar, la révolution bolchevique et la fin du servage du côté de la Russie. Pour la lignée de Constantin, après quelques années d’errance, l’installation en Égypte, puis la culture et le commerce du coton, qui prospère d’autant plus que celui produit par les États-Unis souffre à son tour des complications dues à la guerre de sécession, la nationalisation des terres et l’obligation de changer de culture imposée par le nouveau gouvernement. Autant de changements que chacun devra anticiper, proposer, accepter, ou au contraire subir, ou refuser.

En fin du roman, un bien utile arbre généalogique permet de s’y retrouver parmi les nombreux membres des deux lignées. Dans ce roman sur l’exil, l’errance, la famille et la recherche de ses racines pour enfin trouver un équilibre, l’autrice nous fait parcourir ces cinq siècles d’Histoire sans nous lasser, passant en revue les transformations politiques et religieuses de cette partie du monde. En fil rouge on retrouve ces icônes peintes par les artistes de la famille. J’ai d’ailleurs appris que l’on dit écrire et non peindre des icônes. Icônes emblématiques qui se transmettent de génération en génération, perpétuant ainsi les racines de la famille Dionous à travers les siècles.

Catalogue éditeur : Albin-Michel

29 mai 1453. Byzance, dernière capitale de l’empire romain d’Orient, tombe après le siège le plus sanglant de l’Histoire. La fière cité qui a résisté pendant plus de mille ans à tous les assauts s’effondre sous la violence de l’offensive turque. Jusqu’à l’intérieur de la basilique Sainte-Sophie, le peuple se défend avec ardeur et fièvre. Mais les vainqueurs n’épargnent ni les vieillards, ni les femmes, ni les enfants. Deux frères, Nicolas et Constantin Dionous parviennent à s’enfuir, l’un vers la Russie, l’autre vers les rives de la Méditerranée. Ils se font le serment qu’un jour, leurs descendants se retrouveront.

Date de parution 01 octobre 2021 / Édition Brochée 21,90 € / 480 pages / EAN : 9782226442390

Simone, Léa Chauvel-Lévy

Quand Simone rencontre André Breton, ou la naissance d’un amour

En 1920, dans Paris libéré des horreurs de la première guerre mondiale, la jeunesse cherche un monde nouveau à partager. Simone Rachel Kahn, 23 ans, jeune femme à l’esprit libre, a le goût de la découverte, mais elle a déjà un lourd bagage intime à porter après sa rupture avec Voldemar.

Simone aime aller dans les café avec ses camarades pour refaire le monde. Elle écoute aussi ces Dadas dont on parle tant, même si elle n’aime pas du tout Tzara. Ces Dadas qui ont trouvé une façon bien à eux d’oublier les années de guerre et de privation, en cherchant à créer un monde nouveau, par la littérature, la pensée, par la force de leur jeunesse prête à tous les extrêmes.

C’est au cours d’une de ces rencontre qu’elle fait la connaissance d’André Breton.

Issu chacun d’un milieu différent, elle protégé par sa famille et ses origines des horreurs de la guerre, lui infirmier à Nantes, à Paris, connaît les souffrances et les blessures des rescapés. Réticente de prime abord, la jeune fille de bonne famille va vite se sentir attirée par cet homme singulier et à la forte personnalité. Si certaines choses les séparent, en particulier les Dadas, leur amour de l’art, leur curiosité, leur modernité va très rapidement les rassembler.

C’est ce moment de la vie de Simone, la rencontre avec Breton, après la rupture avec son ami Voldemar, que Léa Chauvel-Levy a choisi de nous raconter. Cette période d’interrogation et de doute, alors que l’intérêt qu’elle porte à André Breton est de plus en plus prégnant. Comment vivre avec un homme issu d’un milieu aussi différent, comment le faire accepter par sa famille, et leurs goûts communs seront-ils suffisants pour les unir durablement. En choisissant de répondre aux questions que se pose Simone l’autrice nous parle de femmes et d’universalité des sentiments, d’interrogations et de doutes, d’amour et de vie.

Catalogue éditeur : L’Observatoire

Paris, 1920. Simone Rachel Kahn n’est encore qu’une jeune femme de 23 ans. Esprit libre, férue de littérature, de poésie et de philosophie, elle vagabonde dans le Paris d’après-guerre, à la recherche de quelque chose ou quelqu’un qui, enfin, pourrait la faire renaître. Entre la librairie d’Adrienne Monnier et le Lutetia, elle croise le chemin des Dadas qui l’irritent autant qu’ils l’intriguent.

C’est alors qu’elle rencontre celui qui fera d’elle Simone Breton. L’auteur des Champs magnétiques n’est qu’un jeune artiste, déjà exalté, mais encore à la recherche de repères, de sa véritable voix.
Il est sans-le-sou, après avoir déserté les bancs de l’école de médecine. Simone, elle, est promise à un autre. Et pourtant…

Date de parution: 18/08/2021 / Nombre de pages: 192 / ISBN: 979-10-329-2124-1 / Format 14 x 20 cm

A la rencontre de Floriane Joseph

« La plupart du temps, je savais tout d’elle, de ce qu’elle pensait, ressentait…Et à d’autres moments, elle m’échappait »

J’ai aimé découvrir La belle est la bête, ce conte cruel et humain, avec cette héroïne attachante et courageuse qui vit au pays des monstres au visage d’homme et des princesses au visage de bête. Floriane Joseph nous parle d’aujourd’hui avec les accents d’un conte des mille et une nuit. Lorsque j’ai rencontré Floriane à la remise du Prix de la Vocation, prix pour lequel elle avait été sélectionnée, j’ai eu envie de lui poser quelques questions, et quelle chance, Floriane a accepté d’y répondre.

Vous avez écrit ce roman très singulier « la belle est la bête ». Pourquoi avoir choisi d’écrire un conte ? Et d’ailleurs était-ce réellement un choix au départ ou cela s’est il imposé à vous à mesure de l’écriture ? 

Le genre du conte s’est imposé à moi avant même que je commence à écrire. J’avais tout d’abord l’idée d’écrire un roman dont l’héroïne serait une femme défigurée à l’acide. Mais je ne savais pas comment parler de ce sujet très dur sans que le roman lui-même devienne trop sombre, voire glauque. Et soudain, j’ai regardé les affiches de cinéma au-dessus de mon lit, dont celle du nouveau film « La Belle et la Bête », avec Emma Watson, et tout s’est mis en place dans ma tête : il fallait en faire un conte !

Vous avez pris la parti de nous faire vivre ce qui arrive dans la tête de la princesse, celle qui avait tout et qui, pour une femme en particulier, perd tout, était-ce compliqué de se mettre à sa place ? 

Oui et non, c’est une question très intéressante. Je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir choisi de raconter ce qu’il se passait dans la tête de Leïla, c’est comme cela que les choses se sont faites pendant que j’écrivais. J’avais l’impression de suivre Leïla partout en permanence, comme un fantôme. La plupart du temps, je savais tout d’elle, de ce qu’elle pensait, ressentait… Et à d’autres moments, elle m’échappait. Plusieurs fois, notamment lors des scènes de bal, j’avais l’impression qu’elle me regardait et me mettait au défi : je devenais alors une toute petite chose qui suivait éperdument cette princesse sans pouvoir jamais la figer, la toucher, tout comprendre d’elle.

La beauté n’est pas la seule qualité d’une femme, est-ce un message ? Regarder au delà de l’apparence ? 

Je n’ai pas vraiment voulu faire passer de message même si celui-ci est très important bien sûr. J’ai plutôt l’impression que l’écriture s’est construite au-delà. La beauté n’est pas la seule qualité d’une femme, et pourtant elle est sur valorisée par nos sociétés, a tel point que la valeur des femmes ne dépend que de leur beauté. A partir de ce constat révoltant, il s’agissait de se demander quelles étaient les conséquences pour une femme défigurée. Plutôt qu’une volonté de faire passer un message, c’était une quête pour comprendre les implications : j’avais l’impression de tirer un fil depuis une pelote de laine et d’observer le processus.

– Votre héroïne se cache derrière des masques pour arriver à ressortir dans le monde. Même si dans sa famille elle est toujours appréciée, le pas doit être difficile d’affronter l’extérieur quand tout à changé. Je pense à toute sorte de handicap et à notre regard sur les gens que l’on considère comme différents, est-ce aussi un message que vous avez voulu envoyer ? Loin de la seule beauté ou apparence, voir et accepter la différence ? 

J’ai beaucoup aimé explorer le regard des autres, la façon dont on se construit par rapport à ce regard, dont on peut en jouer (les parties sur les photos et la presse n’étaient pas prévues mais se sont insérées dans l’écriture). Et bien sûr, cela peut s’appliquer à toute forme de handicap ou de différence. C’est d’ailleurs une remarque que j’ai entendu plusieurs fois de la part de lecteurs, et je suis très heureuse qu’il puisse y avoir différentes interprétations.

On aurait pu penser que le roman allait plutôt parler de l’aspect terrorisme, enquête, répression, il est à peine évoqué, qu’est-ce qui a prévalu à ce choix ?

Je n’étais pas du tout intéressée par le système judiciaire ou par la répression dans ce roman, ce n’est pas cette histoire-là que j’avais envie de raconter. D’ailleurs, j’ai dû me forcer un peu pour écrire le peu de scènes qui concernent le procès, car elles étaient nécessaires à l’histoire. La question du terrorisme m’intéressait mais uniquement d’un point de vue humain : qu’est-ce que cet attentat fait à Leïla, au sultan, au peuple ? Comment aborde-t-on la montée de ces idées terroristes, en tant qu’être humain mais aussi en tant que personnalité politique ? Quels sont les arrangements que l’on prend avec sa conscience ? Etc

Comment vous est venue l’idée de ce roman ?

J’ai lu un article sur les femmes défigurées à l’acide en Inde et, étant passionnée depuis un moment par la question du visage, j’ai eu envie de raconter l’histoire d’une femme défigurée volontairement.

Avez vous déjà un autre en tête, ou en cours d’écriture ?

Je suis en train de corriger le prochain roman, qui sera très différent, et j’ai beaucoup d’idées pour les prochains. Je continue également d’écrire des poèmes.

Depuis quand avez vous envie d’écrire ? Est-ce quelque chose que vous avez toujours eu en vous ? 

Mes premiers souvenirs d’écriture remontent à mes 10 ou 11 ans et depuis cet âge-là, je crois que j’ai toujours voulu devenir écrivaine.

Qu’avez vous pensé quand votre roman a fait partie de sélection du prix de la Vocation ? 

C’était merveilleux ! Le Prix de la Vocation évoque pour moi Amélie Nothomb, Line Papin qui l’a obtenu pour son premier roman « L’éveil » et d’autres merveilleux écrivains. J’avais l’impression d’être invitée à marcher dans leurs pas, qu’on me donnait l’autorisation d’être pleinement écrivaine.

Quelle lectrice êtes vous ? Quel roman récent avez vous envie de nous conseiller pour nos prochaines lectures ?

J’adore lire bien sûr ! C’est parfois un peu compliqué de tout concilier avec un « vrai » travail et l’écriture en plus, mais j’essaye de lire le plus possible. J’ai récemment adoré le roman en vers libres de Clémentine Beauvais, « Décomposée » qui donne la parole à la charogne de Baudelaire.

Merci Floriane de nous avoir permis de vous connaître un peu mieux et d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

Amis lecteurs, n’hésitez pas à découvrir le roman La belle est la bête.

Les promises, Jean-Christophe Grangé

Un roman historique sombre et glaçant sur fond de seconde guerre mondiale

Les belles dames du Reich aiment se réunir dans le confort ouaté de l’hôtel Adlon à Berlin, loin des tensions qui agitent l’Europe à l’aube de la seconde guerre mondiale. Pourtant, lorsque certaines d’entre elles disparaissent il s’avère nécessaire de mener l’enquête. Celle-ci est confiée en toute discrétion à Franz Beewen, gestapiste convaincu, qui rapidement ressent le besoin d’agir avec l’aide de Simon Kraus, psychanalyste, et de Minna von Hassel, psychiatre. Tous trois forment le trio d’enquêteurs le plus insolite de l’Allemagne nazi.

Grangé nous embarque dans un roman historique qui fait revivre le Berlin du début de la seconde guerre mondiale. L’intrigue m’a semblé n’être qu’un prétexte à nous rappeler l’horreur du nazisme. Elle passe d’ailleurs parfois d’un réalisme descriptif dense et pointu au surréalisme le plus déconcertant.

L’ambiance lourde, angoissante, nous plonge dans un décor particulièrement bien rendu. Elle est l’objet de descriptions et d’explications historiques souvent utiles mais également parfois longues et redondantes, au risque de ne pas rendre ce roman assez nerveux, rythmé ou même attachant, si tant est que la période s’y prête. Bon c’est un gros pavé mais je ne pense pas que le lecteur ait déjà tout oublié au fil de sa lecture.
L’excellent travail de documentation fait par Jean-Christophe Grangé se ressent à chaque chapitre tant il décrit et détaille à l’excès la période qu’il a choisie. Les personnages ne semblent être là que pour étayer le besoin qu’il a eu de balayer tous les crimes et les horreurs perpétrés par les nazis. Comme à son habitude, Grangé y décrit l’horreur avec une délectation poussée à l’extrême, jusqu’à vous donner la nausée.

Le point le plus positif de cette lecture est très certainement la qualité du lecteur. J’ai apprécié les intonations, le rythme, le souffle, les voix qu’il donne aux personnages, et la façon dont il maintient le mystère et l’horreur, qui se ressentent bien tout au long de l’écoute de ce roman.

Catalogue éditeur : Albin-Michel, Audiolib

Lu par François-Éric Gendron

Les promises, ce sont ces grandes dames du Reich, belles et insouciantes, qui se retrouvent chaque après-midi à l’hôtel Adlon de Berlin, pour bavarder et boire du champagne, alors que l’Europe, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, est au bord d’imploser.
Ce sont aussi les victimes d’un tueur mystérieux, qui les surprend sur les rives de la Spree ou près des lacs, les soumettant à d’horribles mutilations…
Dans un Berlin incandescent, frémissant comme le cratère d’un volcan, trois êtres singuliers vont s’atteler à l’enquête. Simon Kraus, psychanalyste surdoué, gigolo sur les bords, toujours prêt à faire chanter ses patientes. Franz Beewen, colosse de la Gestapo, brutal et sans pitié, parti en guerre contre le monde. Minna von Hassel, riche héritière et psychiatre dévouée, s’efforçant de sauver les oubliés du Reich.
Ces enquêteurs que tout oppose vont suivre les traces du Monstre et découvrir une vérité stupéfiante. Le Mal n’est pas toujours là où on l’attend.

Depuis plus de vingt-cinq ans, l’auteur du Vol des cigognes et des Rivières pourpres règne en maître sur le thriller français. Traduits dans une trentaine de langues, vendus à des millions d’exemplaires dans le monde, tous les romans de Jean-Christophe Grangé ont été adaptés au cinéma ou à la télévision. Les promises est son premier roman historique.

EAN 9791035406509 / Prix du format physique 25,90  € / EAN numérique 9791035406714 / Prix du format numérique 23,45  € / Date de parution 20/10/2021 / durée : 20h48

Passage de l’union, Christophe Jamin

Rencontre du troisième type avec Patrick Modiano dans ce roman écrit à l’encre sympathique

Alors qu’il est étudiant, le narrateur réside passage de l’union à Paris. Un jour il rencontre Patrick Modiano, cet écrivain si talentueux qui a pourtant tant de mal à s’exprimer à l’oral. Ils auront quelques échanges très limités.

Quelques années plus tard il est devenu avocat et, à l’instar de l’auteur, va régulièrement déposer une rose sur la tombe de Floriot, un célèbre pénaliste qu’il admire. Le jour où il doit défendre un criminel, il croise à nouveau Modiano lors du procès. Il faut dire que le prévenu a un parcours singulier, sa sœur aurait disparu dans les mêmes conditions que Dora Bruder, l’héroïne du roman de Modiano.

À partir de là, les routes des deux hommes se rejoignent à plusieurs reprises. Les mots, le pouvoir de l’écriture, les entraînent vers un univers parallèle dès qu’il s’engouffrent dans une station de métro, plongeant dans un passé récent jusqu’à la seconde guerre mondiale, la résistance, l’occupation de Paris.

Le narrateur met alors ses pas dans ceux de l’auteur devenu personnage de son roman, et part à la rencontre d’un monde bien plus vivable que celui dans lequel il évolue. Sur les traces d’un passé révolu mais qui parfois affleure à sa conscience, il rencontre ses propres personnages. Car eux aussi passent d’un monde à l’autre. La question est alors de savoir qui de François Yoannivitch ou de monsieur Joseph a le plus de réalité, le présent ou les protagonistes des romans de Modiano ? Grâce à l’écriture, à sa compréhension de certains situations, il peut enfin supporter la violence et le mal-être du présent.

Cette plongée dans la station de métro Varenne est là pour nous parler de tout cela, de l’écriture, du souvenir, de cette façon d’échapper à une actualité parfois difficile et sombre. De vivre sa vie autrement, dans un monde parallèle imaginaire. Avec ce côté magique parfois déroutant, ces personnages qui évoluent entre réalité et fiction, voilà un premier roman qui arrive à nous surprendre.

Catalogue éditeur : Grasset

L’ouvrage met principalement en scène trois personnages dont les vies vont être amenées à se croiser  : le narrateur, un écrivain, un criminel.
Étudiant durant les années 1980, le narrateur vit dans un studio, que lui a acheté son père, situé passage de l’Union dans le VIIe arrondissement de Paris. Un soir, il se sent observé par quelqu’un dont on comprendra qu’il s’agit de Patrick Modiano. Il le croise à plusieurs reprises, lui parle et commence à lire ses livres. Sans se l’expliquer, il se reconnaît dans son imaginaire romanesque. Néanmoins les années passent, le narrateur devient avocat et les deux hommes se perdent de vue.
Au cours d’un procès d’assises, le narrateur défend un homme dont le crime s’explique par un lointain passé  : une sœur ayant disparu durant la seconde guerre mondiale dans les mêmes circonstances que la Dora Bruder de Modiano. Il se trouve que l’écrivain assiste au procès et accepte d’aider le narrateur à retrouver la trace de cette mystérieuse sœur…
Cette quête commune amène les deux hommes à basculer dans le Paris les années 40. Ils sont reçus par des individus douteux dans un appartement situé près du studio du passage de l’Union, dont l’écrivain apprend au narrateur qu’il fut, durant la guerre, le siège des sombres trafics d’un ferrailleur de sinistre mémoire, le fameux «  Monsieur Joseph  »…
Ce roman met en abîme la dette que nous contractons à l’égard d’un passé trouble et tu. Il constitue aussi un hommage à la littérature.  Les écrivains ne sont-ils pas des passeurs dont les œuvres nous permettent de répondre aux questions les plus intimes, et parfois les plus douloureuses, que nous nous posons  ?

Parution : 25 Août 2021 / Pages : 140 / EAN : 9782246826750 prix 14.90€ / EAN numérique : 9782246826767 prix 10.99€

Les vulnérables, Mémona Hintermann

Revenir aux origines pour comprendre le combat sans fin pour la liberté des femmes

Momine n’a jamais compris le désamour de sa mère Amélie de Kerveguen envers elle et ses autres enfants. Issue d’une famille très pauvre, elle passe son enfance entourée de sept frères et sœurs vivants, d’autres enfants n’ayant pas survécu à la pauvreté et à la violence. Mais elle n’a jamais connu ni les bras ni les caresses de sa mère. Pour comprendre d’où vient cette indifférence elle revient sur son île de La Réunion interroger la mémoire des anciens. Ce sera le seul moyen de savoir et d’arrêter ces cauchemars peuplés de serpents qui la terrorisent.

Oskar son époux apprend un lourd secret au décès de Sybille, sa propre mère. Il doit découvrir qui est cette mystérieuse sœur dont Sybille lui parle dans une lettre posthume. Il part de son côté à la recherche des souvenirs dans cette Silésie qui a subit de plein fouet les horreurs de la débâcle allemande.

Si la vie de couple pèse autant à Momine, si Oskar ne sait pas comment lui dire à quel point elle compte pour lui, ils espèrent que ce retour vers leur passé pourra les aider à se retrouver et à enfin connaître la sérénité.

Ce que j’ai aimé ?

Découvrir et suivre deux mondes, deux familles, deux temporalités pour panser les plaies du présent. Deux univers, pour faire entendre la douleur des femmes premières victimes de la guerre ou de la pauvreté à travers leur seul bien inaliénable, leur corps. Par le viol, les tortures, les violences de toutes sortes, elles ont été et restent les premières à souffrir de ce que leur infligent les hommes. Des souffrances parfois bien trop intimes, cachées, qu’il faut arriver à déceler pour mieux comprendre l’histoire de celles qui ont également eut un rôle dans la grande Histoire.

Largement inspiré de la vie de l’autrice et de son mari, ce roman qui parle des femmes de leur enfance se lit d’une traite tant il y a de force dans ses personnages. Un roman très dense, parfois trop peut-être, tant il nous assène de vérités qu’ il faut entendre et enregistrer en se disant que la lutte est sans fin pour l’égalité et la liberté des femmes et des petits filles.

Catalogue éditeur : Michel Lafon

Sur Terre, la vie d’Amélie fut une histoire de silence qui hurle.

Sa fille, Momine, ne peut plus vivre sans savoir pourquoi sa mère ne la serrait jamais dans ses bras, pourquoi à ses yeux ses enfants portent une salissure que seule la mort peut effacer. Elle retourne sur son île, La Réunion, fait parler les anciens. Sa seule issue pour en finir avec ses cauchemars, et peut-être renouer avec son mari, Oskar, de qui elle s’est éloignée.
Hasard de la vie ? Oskar se retrouve confronté lui aussi à un terrible secret, celui que sa mère lui révèle dans un journal intime légué à son décès. Il remonte le temps, plonge en pleine débâcle allemande quand, adolescente, elle fuit la Silésie sous la menace des troupes russes.
Le couple résistera-t-il à la vérité qui surgit : la lumière n’est rien sans l’obscurité, et inversement…

Mémona Hintermann, journaliste, reporter de guerre et présentatrice de journal télévisé, livre dans ce roman un récit intime, inspiré de son propre parcours. Avec force et poésie, elle interroge le legs des générations qui nous précèdent et la place des femmes dans la grande Histoire.

Parution : 26/08/21 / Prix :18.95 € / ISBN : 9782749947167