Le guerrier de porcelaine, Mathias Malzieu

Traverser la guerre à travers les yeux d’un enfant

Mainou vient de perdre sa mère, morte en couche alors que la famille attendait impatiemment une petite sœur. Drame de la vie qui ne devient plus du tout ordinaire quand on sait que cela se passe en zone libre, en août 1944, et que le père de Minou est engagé dans les combats. Impossible pour cet homme seul de s’occuper de son fils si jeune. Il décide donc de l’envoyer chez sa propre mère. Mais la grand-mère de Mainou habite en Lorraine, zone occupée par l’Allemagne depuis trente ans.

Débute alors pour le garçonnet un voyage clandestin hors du commun, puisqu’au lieu de fuir la zone occupée, il doit franchir incognito la ligne de démarcation pour aller se terrer en zone occupée.

Avec l’aide de son père, puis de complices, d’une cousine, de passeurs, il embarque dans le train puis sur une charrette, caché sous la paille, et arrive sans heurts à sa destination. Mais la vie à la ferme n’est pas vraiment amusante pour cet enfant qui, ne parlant pas allemand, et n’étant pas du coin, doit se cacher chaque jour. Impossible de courir, de jouer, de sortir, pendant une année entière.

Fort heureusement, il se passe malgré tout quelques aventures dans cette ferme isolée. Un cambrioleur du grenier, une voisine accorte à qui il faut apporter ses poèmes quotidiens, un oncle et une grand-mère pas si bourrus que ça, un vélo que l’on peut emprunter la nuit sans lumière, un œuf qui bientôt laissera sortir un cigogneau baptisé Marlène Dietrich, compagnon des jours de solitude, et surtout l’ombre de la meilleure amie de sa mère qui rode par là.

Ce roman, qui pourtant évoque une période difficile, est un véritable bonheur de lecture. Lors qu’il était hospitalisé et qu’il luttait pour rester en vie, Mathias Malzieu avait demandé à son père de lui raconter cet épisode pour le moins singulier de son enfance. Il a réussi par ses mots, son humanité, sa justesse, sa capacité à se mettre dans la tête d’un gamin, à nous faire rire, à nous émouvoir, nous étonner, nous bouleverser.

J’ai écouté la version audio après avoir lu le roman publié chez Albin-Michel. La voix de Mathias Malzieu est juste, attachante, posée, dansante, espiègle parfois. La musique qui rythme certains passages en allant crescendo donne une vitalité et une dynamique au texte. Une angoisse aussi, telle que devait la vivre cet enfant orphelin de mère, dont la père à également disparu, car du moins nul ne sait s’il reviendra un jour, perdu dans sa famille inconnue, adopté avec amour par les siens mais contraint au silence et aux questionnements sans réponse, au milieu de cette guerre atroce. C’est un bonheur à écouter, et pourtant il parle de chagrins, de guerre, de deuil, mais l’auteur sait faire émerger la lumière à travers le mots de Mainou qui chaque jour pose quelques lignes sur le papier, dans ces lettres qu’il écrit sans s’arrêter à la mère absente, à celle qui console, qui dorlote, qui aime et qui protège.

J’ai écouté la version audio avec mes petits-fils de sept et neuf ans, en faisant régulièrement des pauses pour expliquer certaines situations, ils ont adoré et avaient chaque fois hâte de reprendre la lecture.

Catalogue éditeur : Albin-Michel Audiolib

En juin 1944, le père de Mathias, le petit Mainou, neuf ans, vient de perdre sa mère, morte en couches. On décide de l’envoyer, caché dans une charrette à foin, par-delà la ligne de démarcation, chez sa grand-mère qui a une ferme en Lorraine. Ce sont ces derniers mois de guerre, vus à hauteur d’enfant, que fait revivre Mathias Malzieu, mêlant sa voix à celle de son père. Mainou va rencontrer cette famille qu’il ne connaît pas encore, découvrir avec l’oncle Émile le pouvoir de l’imagination, trouver la force de faire son deuil et de survivre dans une France occupée.

Albin-Michel 12 janvier 2022 / Édition Brochée 19,90 € / 240 pages / EAN : 9782226470379

Audiolib Date de parution 16/02/2022 / Durée 4h35 / EAN 9791035408039 Prix du format cd

21,90 € / EAN numérique 9791035407896 Prix du format numérique 19,95 €

Les douleurs fantômes, Melissa Da Costa

L’amour, l’amitié, la vie

Rosalie et Gabriel, Tim et Anton, et Ambre reviennent à Arvieux, ce village de montagne qui les avait réunis dans un précédent roman, Je revenais des autres.

Ils ont passé des années séparés. Depuis l’accident d’Anton, Ambre n’avait plus jamais pris de leurs nouvelles. Mais aujourd’hui, Rosalie l’appelle à l’aide, Gabriel a disparu. Ambre n’hésite pas une seconde et quitte quelques jours Marc son compagnon, sa vie rangée à Lyon, son travail à la boutique, pour lui porter secours.

Cinq ans ont passé, cinq ans qu’elle n’a pas revu Tim depuis son départ de Frontignan, qu’elle n’a pas revu Anton depuis l’accident qui l’a cloué sur un fauteuil roulant, qu’elle n’est allée voir ni Rosalie, ni Gabriel ni la petite Sophinette.

Pour qui n’a pas lu le roman précédent, pas de problème, car les griefs se dévoilent peu à peu, le passé se dessine, les relations parfois compliquées se révèlent. Et l’on comprend vite que la relation entre Anton et Tim est sans doute forte, mais qu’elle est plombée par la culpabilité de Tim et son besoin d’être présent pour Anton. Qu’Ambre est heureuse avec Marc, mais qu’elle l’était tellement plus avec Tim. Replonger dans le passé ouvre les anciennes blessures, exacerbe les regrets, attise les rivalités.

Alors le lecteur suit avec attention et empathie ces jeunes gens et leur questionnements, leurs attentes, leurs espoirs, leurs certitudes pas si évidentes que ça.

Melissa Da Costa a vraiment l’art de décrire les sentiments, les situations banales qu’elle sait nous rendre vivantes, et qui du coup ne sont plus du tout si ordinaires que ça. Chaque sentiment est posé, décortiqué, pour que ses personnages avancent peu à peu dans leur histoire. Émotions, regrets, espoirs, attentes, amours déçues, révélations aux autres ou à soi-même, tout y est pour nous embarquer dans ces quelques jours d’angoisse qui se transforment en jours d’avant fêtes et de fêtes. Puisque Noël est là, et que c’est une occasion de réunir les amis, et la fin d’année est là, ce moment idéal pour faire des projets de vie. Il y a un peu de longueur à mon goût tant il se passe peu de chose et que finalement tout est terriblement prévisible. Malgré tout je dois dire que j’ai apprécié cette lecture.

La lecture par Aaricia Dubois était un vrai bonheur. Grâce à une voix douce, une aptitude à prendre toutes les intonations, j’étais sûre que Sophinette était là devant moi ! Mais aussi par sa capacité à rendre vivants chacun des personnages par son interprétation des dialogues en particulier. Une réussite et un excellent moment d’écoute.

Catalogue éditeur : Audiolib, AlbinMichel

Rosalie, Gabriel, Tim, Anton et Ambre formaient un groupe d’amis soudé jusqu’à ce qu’un drame les éloigne les uns des autres. C’est pourtant un appel au secours qui, cinq ans après, va à nouveau les réunir. Entre silences amers et regrets, ces retrouvailles vont raviver leurs douleurs fantômes et bousculer leurs certitudes : mènent-ils vraiment la vie dont ils rêvaient ?

Un rendez-vous à la croisée des chemins qui leur prouvera qu’on peut se perdre de vue, mais pas de cœur… Et qu’il n’est jamais trop tard pour changer de vie et être heureux.

Date de parution 11/05/2022 / Durée 12h10 / EAN 9791035409616 Prix du format cd 24,90 € / EAN numérique 9791035408985 Prix du format numérique 22,45 €

Elle voulait juste être heureuse, Géraldine Dalban-Moreynas

Tomber, se relever, avancer…

Elle est seule, une fois de plus. Il l’a quittée comme ils le font tous, la quitter sans raison, juste le désamour, ou le je ne t’aime plus, totalement incompréhensible.
Ils s’entendaient si bien, lui et elle, sa fille et son fils ; elle y croyait à ce futur à quatre et qui sait plus tard à deux, elle l’imaginait déjà. Mais elle se retrouve seule une fois de plus.

Elle rêve toujours d’un homme qui pourra l’accompagner, l’épauler, la comprendre. Mais c’est comme ça, c’est sa croix sans doute ces hommes qui passent et qu’elle ne retient pas, qui la quittent sans qu’elle sache comment les retenir.

Alors elle rêve d’ailleurs, même si elle a un métier qui lui plaît, une agence qui fonctionne bien.
Elle part à Marrakech se ressourcer, faire le point sur sa vie en miettes. Et se demande alors si elle ne devrait pas tout changer. Et si elle ouvrait une boutique de produits différents, du vrai beau travail traditionnel mais au style modernisé, venu du Maroc par exemple.

Et le lecteur la suit dans ses pérégrinations, ses amours déçues, sa recherche d’un nouveau métier, sa vie de femme et de mère.

L’autrice est cash, directe, spontanée, comme son héroïne souvent déboussolée par ses amours désastreuses, mais capable de réagir et d’avancer sans se laisser abattre. Car il n’est pas toujours facile dans un monde d’hommes tous puissants de s’affirmer, se reconstruire, créer son entreprise et avancer face aux aléas et aux obstacles.

Un roman qui a des airs d’autofiction, quand on sait que Géraldine Dalban-Moreynas tient une boutique en ligne d’artisanat marocain dont elle parle sur les réseaux sociaux. Une lecture pas désagréable mais qui ne me laissera pas de grands souvenirs.

Catalogue éditeur : Albin-Michel

Il l’a quittée la semaine dernière. Plus exactement le mardi soir de la semaine dernière à vingt et une heure quinze. La nuit d’avant, ils ont fait l’amour trois fois. Elle ne sait plus très bien quand exactement. Ce n’est pas très important.
Dans les mois noirs et les nuits blanches qui suivirent, elle se demandera longtemps comment un homme peut faire l’amour trois fois dans la nuit à une femme qu’il va quitter le lendemain. Peut-être justement parce qu’il sait qu’il va la quitter. Lui jurera que non, la veille, il ne savait pas.
On se souvient toujours des jours qui bouleversent nos vies parce que, sur le moment, on pense souvent que tout est terminé ; alors que finalement, c’est ici que tout commence…

17,90 € / Date de parution 01 octobre 2021 / 224 pages / EAN : 9782226452436

La nuit introuvable, Gabrielle Tuloup

Un roman qui se lit d’un souffle


Nathan Weiss a toujours été davantage le fils de son père que celui de sa mère
Aussi depuis le décès de Jean, il a délaissé Marthe sans aucun scrupule d’autant que ce nouveau poste en Slovénie évite bien des discussions.
Mais aujourd’hui c’est une voisine inconnue qui l’appelle pour lui parler de Marthe. Sa mère va mal, il doit venir la voir.
Il est à Paris tous les deux mois, il ira donc retrouver sa mère rue du cherche midi, dans l’appartement qui a abrité les amours fusionnels de ses parents.
Le choc est intense lorsqu’il comprend que la maladie est là. Alzheimer a pris possession de la mémoire et du passé de Marthe, de son présent et lui a volé son futur.

Pourtant celle qui fut une épouse avant d’être une mère a laissé des lettres pour son fils unique. Huit lettres qui lui seront remises au fils du temps, afin qu’il sache et comprenne, qu’il envisage le présent à la lumière du passé.
Et le lecteur ému et attentif va suivre les interrogations de Nathan et les révélations de Marthe à mesure de leur lecture et du temps qui passe, ces découvertes qui vont bouleverser ses sentiments.

Gabrielle Tuloup dit sans dire l’enfance, la douleur, la peur d’une mère d’être un jour séparée de son enfant, l’amour entre deux êtres absolu et éternel, les regrets et les silences, la vie qui vient et qui s’en va. L’amour d’un fils pour son père, celui qu’on attend en vain d’une mère qui n’ose pas embrasser et aimer. Elle dit les pourquoi et les comment, les silences et les absences, l’amour que l’on n’ose pas dire et celui que l’on cache pour se protéger.
Un roman qui se lit d’un souffle et que j’ai aimé.

Catalogue éditeur : Philippe Rey, Le Livre de Poche

Nathan Weiss vient d’avoir quarante ans lorsqu’il apprend que sa mère, malade, souhaite le voir en urgence – cette mère qu’il s’efforce d’oublier depuis le décès de son père, il y a quatre ans… Expatrié en Slovénie, il revient néanmoins à Paris.
Marthe a changé : elle est atteinte d’Alzheimer et ne le reconnaît presque plus. Nathan apprend alors qu’elle a confié huit lettres à sa voisine, avec pour instruction de les lui remettre selon un calendrier précis. Il se sent manipulé par ce jeu, qui va toutefois l’intriguer dès l’ouverture de la première enveloppe.
Ces textes d’une mère à son fils, d’une poignante sincérité, vont éclairer Nathan sur le vécu de Marthe. Et si la résolution de ses propres empêchements de vivre se trouvait dans ces lettres qui tentent de réparer le passé ?

D’une écriture sensible et poétique, Gabrielle Tuloup décrit l’émouvant chassé-croisé de deux êtres qui tentent de se retrouver avant que la nuit ne recouvre leur mémoire.

144 pages / Date de parution: 14/09/2022 / EAN : 9782253242161 / 6,90€

Le soldat désaccordé, Gilles Marchand

Un roman d’amour et de guerre

Merci mille fois Gilles Marchand de m’embarquer à chaque fois avec tes personnages singuliers, décalés, et tellement attachants. Merci pour ces oubliés de la grande Histoire qui font la beauté de tes histoires, celles que l’on aime tant découvrir et qui nous enchantent à chaque fois malgré les vies cassées et parfois difficiles que tu leur fait vivre. Le soldat désaccordé en est de nouveau la preuve, et comme à chaque nouveau roman il m’a été impossible de lâcher ce livre, avec une fois terminé un puissant sentiment de frustration d’avoir déjà terminé cette lecture émouvante et réjouissante à la fois.

Le narrateur a fait la guerre, la moche, enfin moche elles le sont toutes forcément. Mais la sienne devait durer le temps d’un été et de fait elle s’est embourbée pendant quatre ans dans les tranchées obscures et pouilleuses du Nord de la France. Retour plus vite que prévu avec une main en moins. Une chance là aussi, quand il regarde ces gueules cassées et tous ces soldats désespérés qui n’ont jamais retrouvé une vie normale, il se trouverait presque chanceux.

Nous sommes dans les années 20, il cherche pour sa mère éplorée un soldat qui a disparu. C’est devenu son activité à plein temps, rechercher les disparus, savoir où et quand ils sont tombés ou si finalement ils ne se seraient pas évaporés. Cela ferait tellement de bien à leurs proches de pouvoir mettre un nom dans la bonne colonne, celle des morts plutôt que celle des disparus, de savoir enfin. Et à la veuve qui pourra ainsi toucher sa pension, ou à la commune qui ajoutera un nom sur son monument aux morts. Mais aussi réhabiliter les fusillés pour l’exemple.

Alors il enquête, qu’est devenu Émile Joplain ?

De rencontre en investigation, le voilà sur la piste de Lucie, jeune alsacienne dont Émile se serait épris. Comment, une alsacienne, l’ennemie, l’allemande, et qui plus est une domestique ! Un amour prohibé et rejeté par sa mère. Il faut dire que Jeanne Joplain a des principes et dans ceux-là n’entre pas le bonheur de son fils. Pourtant dans les tranchées, sous les bombes et les coups de canons, malgré la pluie le froid les poux la faim, Émile écrit chaque jour à sa bien-aimée. Car l’amour est aussi ce qui permet à ces jeunes soldats de tenir le coup.

Il faut remonter l’histoire, mener l’enquête, sous les pluies obus, à Verdun, sur les champs de bataille, dans la boue des tranchées et suivre le fil des combats, des déplacements, des disparitions. Partir dans les hôpitaux à l’arrière, sur le front à Arras, à Vimy, rencontrer la Fille de la Lune, les amérindiens et leur langage codé, soutien des Canadiens venus renforcer les armées déjà bien malmenés par tant d’années de guerre. Mais aussi des morceaux de canassons, des moustaches, des corps sans tête, des bouches sans personne…

Et un jour, qui sait, écouter les paroles d’un accordéoniste aveugle…

Gilles marchand a les mots pour dire l’horreur, l’indicible, les souffrances et le silence de ceux qui sont revenus, les blessures, les ordres irresponsables qu’il faut exécuter au risque d’être fusillé, la folie qui guette ces hommes autant que la mort sous le feu ennemi. Et ces deux provinces, l’Alsace et la Lorraine restées allemandes depuis quarante ans et qu’il faut libérer. À tord ou à raison, étaient-ils français ou allemands, difficile de savoir. Pour dire la folie de la guerre qu’elle qu’elle soit. Il a aussi les mots pour dire l’amour, absolu, immortel, éternel, et rendre à la vie sa beauté.

Catalogue éditeur : Aux Forges de Vulcain

Paris, années 20, un ancien combattant est chargé de retrouver un soldat disparu en 1917. Arpentant les champs de bataille, interrogeant témoins et soldats, il va découvrir, au milieu de mille histoires plus incroyables les unes que les autres, la folle histoire d’amour que le jeune homme a vécue au milieu de l’Enfer. Alors que l’enquête progresse, la France se rapproche d’une nouvelle guerre et notre héros se jette à corps perdu dans cette mission désespérée, devenue sa seule source d’espoir dans un monde qui s’effondre.

Prix 18.00 € / 208 pages / ISBN : 978-2-373-05648-8 / Date de parution : 19 Août 2022

Comment font les gens, Olivia de Lamberterie

Une histoire de femmes, état des lieux de la vie d’une parisienne d’aujourd’hui

Peter a mis le cœur d’Anna en mille morceaux. Mais ce soir, sa fille Allegra vient dîner car elle a une importante nouvelle à annoncer. Anna sait déjà qu’il faudra composer pour que tout se passe au mieux. La journée qui s’annonce dense est propice aux souvenirs, aux questionnements, à analyser sa vie.

Anna a cinquante ans, trois filles. L’aînée Allegra, qu’elle voit trop peu pour bien la connaître, Félicité et Joy deux adolescentes qu’elle voit au quotidien mais qu’elle connaît de moins en moins bien. Ainsi va la vie, et à chaque âge ses décalages, sa façon d’être, ses convictions et ses combats.

Sa mère Nine, femme indépendante et féministe convaincue, ne la reconnaît pas toujours. Elle cherche encore à revenir dans son appartement de la rue de la glacière alors qu’elle a pris pension aux Acacias où elle perd la tête chaque jour un peu plus.

Anna doit tout gérer, Peter son époux volage, ses filles, sa mère, et son métier d’éditrice qu’elle adore et qui lui convient parfaitement. Elle a du métier et une certaine assurance mais aujourd’hui, les envies de sa nouvelle directrice d’éditer du feel-good à gogo ne la satisfont plus. Qu’importe il y a toujours ses fidèles et irréductibles copines, celles avec qui elle aime échanger quelques SMS ou un Gin tonic au café du coin et qui trouvent toujours du temps pour se soutenir et se réconforter.

L’histoire de cette famille, à travers vingt-quatre heures de la vie d’une parisienne ne semble avoir été écrite que pour balayer des sujets d’actualité et permettre à l’autrice d’exprimer des opinions au travers de ses personnages.

Le féminin-féministe y tient la première place et l’esprit bobo parisien la seconde.

Féminisme, éducation, publicité, place des femmes et des hommes, – les pauvres ont un bien mauvais rôle lorsqu’ils en ont un, Anna est une fille sans père, alors comment aimer les hommes ?- place de la lecture, amitié, famille, réseaux sociaux, végan, anti-vax, vie dans les EHPAD, tout y passe. Mais aussi Me-too, PPDA, inceste, harcèlement, révolution sexuelle de 68, droits des femmes, célibataires -vivent Bridget Jones et Friends- maternité et mariage, etc..

J’ai donc plongé dans le quotidien d’Anna, intello bobo parisienne, attentive au monde qui l’entoure et à l’actualité, n’ayant aucun soucis d’argent, aimant son métier et sa famille, qui s’interroge sur sa vie et sur ses choix. Mais en me demandant régulièrement si l’autrice avait hésité entre écrire un roman ou un essai, y transposant peut-être une expérience très personnelle en particulier dans le milieu de l’édition. Chaque situation est ponctuée d’exemples souvent tirés de médias qui finissent par énerver, un peu comme ces candidats de jeux télé qui ont réponse à tout.

Le roman est bien écrit, l’écriture semble facile, les dialogues sont pertinents, mais le style laisse une impression de too-much et je m’y suis souvent ennuyée. On comprend vite qu’il ne se passera rien dans cette journée somme toute assez banale et que l’autrice ne nous fera pas voyager bien loin.

La lecture par Julia Piaton m’a parue assez froide au départ, puis je m’y suis habituée. Mais elle n’a pas su me faire adhérer au personnage d’Anna ni me la rendre sympathique. Cela n’est sans doute pas dû à la voix de la lectrice, mais il ne suffit pas d’avoir du talent encore faut-il avoir quelque chose à raconter pour que ce soit intéressant. Dommage, j’avais très envie de découvrir l’écriture d’Olivia de Lamberterie dont j’apprécie par ailleurs les chroniques littéraires.

Catalogue éditeur : Audiolib et Stock

Anna, la narratrice de ce roman à la mélancolie aigre-douce façon Sagan, se débrouille comme elle peut avec la vie. Plutôt mal. Elle encaisse. Elle en rit même. Elle se souvient, aussi. Coincée entre une mère féministe mais atteinte d’une forme de joyeuse démence, trois filles à l’adolescence woke, un mari au sourire fuyant et à la tenue fluo, un cordon sanitaire d’amies, Anna pourrait crier, comme on joue, comme on pleure, « Arrêtez tout ! », mais ça ne marche qu’au cinéma.

Lu par Julia Piaton

EAN 9791035411541 Prix du format cd 22,90 € / EAN numérique 9791035411718 Prix du format numérique 20,45 € / Date de parution 14/09/2022

Suivie, Ellery Lloyd

La vie traquée d’une influenceuse

Suivie par ses millions de followers, Emmy est une instamum, une influenceuse qui étale sa vie pas toujours rêvée sur le fil Instagram Mamapoil. Tout y passe, sa vie, mais aussi celle de sa fille Coco et du petit dernier Orson. Sans oublier Dan, la mari fidèle et suiveur, auteur d’un seul roman huit ans plus tôt et qui semble désespérément chercher l’inspiration pour le suivant. Qu’importe, avec ses contrats mirifiques Emmy fait bouillir la marmite et paye allègrement les factures, maison, famille, école pour Coco, vacances, tout est devenu possible.

Irène, son agente, prend soin de la carrière d’une de ses meilleure pouliches. Et de quasiment toutes les autres instamums de sa constellation. Mais pour gagner des followers, il ne faut pas raconter sa vraie vie, celle là personne n’en veut. Pas toujours montrer du rêve non plus. Il vaut mieux être à plaindre, affabuler autant que possible tant que ce sera crédible, la vie d’une instamum n’est pas un calvaire mais s’en approche. Un véritable travail de composition finalement. Pourtant, une personne rode dans l’ombre, et sa façon de suivre Emmy n’est pas vraiment celle dont rêve toute influenceuse... Que lui veut elle, et jusqu’où ira t elle…

Le roman, parfois poussif et avec quelques longueurs, évoque avec justesse le monde sans pitié des réseaux sociaux. Que peut-on y dire, jusqu’à quel point peut-on s’exposer sans se brûler les ailes, qui se cache derrière les followers. Car amour et haine, jalousie et empathie, tous les sentiments les plus contradictoires s’expriment sur la toile pour le pire comme pour le meilleur.

Trois voix pour une seule histoire. Trois points de vue pour éclairer le lecteur et lui dévoiler les sentiments et les volontés de chacun des principaux protagonistes.

En ces temps compliqués, il n’est pas rare de voir de nombreuses personnalités se retirer de ces réseaux sociaux qui ont pourtant contribué à établir leur célébrité. Personnalités de la culture, du show-biz, mais aussi blogueuses ou autrices, qui prennent sans doute conscience du besoin de se protéger. Car si l’on peut dire, raconter, s’exposer, il ne faut jamais s’oublier ni trop en dire. Sans parler du fait qu’il est bien difficile d’encaisser la méchanceté de certains commentaires. Toujours protéger ses enfants en particulier et savoir garder une part d’intimité et de secret. Peut-être avons-nous un peu trop oublié le vieil adage, pour vivre heureux, vivons cachés.

Catalogue éditeur : éditions Hugo poche

Suivie par des millions de personnes, poursuivie par une seule.

Les gens aiment Emmy Jackson, surtout sur Instagram où elle partage sa vie de famille et ses conseils de maman à son million de followers. Son crédo : la sincérité, mais Emmy n’est pas aussi honnête qu’elle aimerait le faire croire à ses fans. En réalité, elle ne raconte pas ce qu’elle vit mais vit pour mettre en lumière son rôle de mère faussement imparfaite.
Dans sa quête de popularité, Emmy est prête à tout ; et une personne, tapie dans l’ombre de l’anonymat des réseaux sociaux, entend lui faire payer… Car les gens comme elle méritent de savoir ce que cela fait de tout perdre.
Quand votre vie s’étale sur les réseaux sociaux, quoi de plus simple que de vous tendre un piège ?

Ellery Lloyd est le pseudonyme du couple formé par Collette Lyons (journaliste) et Paul Vl itos (écrivain). Ellery Lloyd est le pendant du couple qu’ils ont créé pour Suivie. Les droits cinéma et télé de Suivie, leur premier thriller, ont été optionnés par Parkes + Macdonald Film Image Nation (Men In Black).

ISBN: 9782755697766 / septembre 2022 / 506 Pages / 8,90€

Trois sœurs, Laura Poggioli

Passionnant, émouvant, et si tristement instructif

Elles sont trois, elles ont de 17 à 19 ans, elles sont sœurs, ce sont les filles de Mikhaïl Khatchatourian. Lorsque la police arrive, Krestina, Angelina et Maria se tiennent près du cadavre de leur père sur le palier qui mène à leur appartement. Accident ou assassinat, aucun doute n’est permis puisqu’elles expliquent rapidement les événements qui ont précédé le décès du bourreau.

Lorsque leur mère Aurelia rencontre Mikaël elle a 17 ans à peine. Plus âgé, plus affirmé, sûr de lui et de son pouvoir d’homme, mais déjà violent, celui qui la viole dans les toilettes du bar où ils se rencontrent sera le père de ses quatre enfants. Un fils et trois filles plus tard, celle qui subit quotidiennement des violences physiques et psychologiques de cet homme à qui personne ne résiste doit quitter le foyer. C’est une question de vie ou de mort.

A compter de ce jour, et même si c’était déjà le cas avant, Krestina, Angelina et Maria sont à la merci de Mikhaïl. Violence, tortures psychologiques, privations, viols, tout lui est permis, puisque ce sont ses filles, elles lui appartiennent. Et la famille paternelle entre dans le jeu pervers des violences et du silence. Et même si des déclarations ont été faites auprès des autorités ou de la police, en Russie ce qu’il se passe dans la famille doit rester secret et se régler en famille. Personne jamais ne prendra soin de ces trois jeunes femmes. Quand on sait qu’une loi a été promulguée qui permet d’arrêter et de punir toute femme qui se plaindrait de violence intra-familliale on peut s’interroger sur la valeur de la vie d’une femme ou d’une fille dans ce pays.

Laura Poggioli alterne le récit de ce drame familial avec sa propre expérience. Amoureuse de la Russie, elle y a passé de nombreuses années. Étudiante étrangère, elle y a rencontré Mitia. Amoureux prévenant et attentionné au début de leur relation, il est rapidement devenu violent, exerçant sur elle un harcèlement destructeur auquel elle s’est soumise pendant des années.

C’est cette réflexion sur sa propre soumission et l’acceptation de ces relations qui émaille le récit autour des trois sœurs. Un peu trop car on s’y perd parfois, mais le récit est passionnant en particulier en ce qu’il nous présente la condition des femmes en Russie et le plein pouvoir accordé aux hommes sans condition par l’état complice, en vertu sans doute du sacro-saint proverbe russe « S’il te bat c’est qu’il t’aime ».

J’ai lu ce roman d’une traite, impossible à lâcher malgré quelques défauts, cette introspection un peu trop prégnante parfois, comme si l’autrice avait hésité entre deux récits, le personnel et intime et le public avec les trois sœurs. Un formidable premier roman que je vous conseille sans hésiter.

Catalogue éditeur : L’Iconoclaste

Assises côte à côte dans l’entrée d’un appartement moscovite, trois jeunes filles, âgées de dix-sept, dix-huit et dix-neuf ans, attendent l’arrivée de la police, à quelques mètres du corps inerte de leur père, Mikhaïl Khatchatourian. Depuis des années, il s’en prenait à elles, les insultait, les frappait, nuit et jour. « S’il te bat, c’est qu’il t’aime », dit un proverbe russe. Alors, en juillet 2018, les trois sœurs l’ont tué. Une vague d’indignation inédite déferle, les médias s’enflamment.

Les visages insouciants des trois gamines, dissimulant les supplices endurés pendant des années, questionnent l’autrice. Elle se souvient de sa jeunesse moscovite où elle rencontra Marina, son amie la plus chère, et Mitia, son amour. Il lui donnait parfois des coups, mais elle pensait que c’était peut-être aussi de sa faute. Laura Poggioli reconstitue la vie de ces trois sœurs, et son histoire personnelle ressurgit.

320 pages / 20,00 € / EAN 9782378803018 / paru le 18/08/2022

Les gens de Bilbao naissent où ils veulent, Maria Larrea

Une histoire de vie et d’amour, où tout est inventé, où tout est vrai

À Bilbao en 1943 naît Julian, hijo de puta au vrai sens de l’expression, mais hijo abandonné par cette mère qui l’a enfanté sans désir. C’est à l’orphelinat chez les jésuites qu’il va vivre désormais. En Galice naît Victoria, déposée à l’orphelinat d’un couvent de bonnes sœurs par Dolorès, cette mère qui ne veut pas de sa fille mais ne l’abandonne pas vraiment. Elle ne sera jamais adoptée et sera « récupérée » à dix ans par une mère ingrate et peu ou pas aimante. Les enfants peuvent travailler et faire vivre certains parents, c’est cette vie là qui est désormais dévolue à Victoria.

Un jour, le destin fait se rencontrer ces deux orphelins. Amoureux, ils se marient, quittent Bilbao et partent vivre à Paris.

Julian est concierge au théâtre de la Michodière. Passionné et excessif, l’alcool est son meilleur ami, même s’il rencontre et devient l’ami de tous ces grands noms qui fréquentent le théâtre.
Victoria ne sait ni lire ni écrire, on se demande bien qui aurait bien pu lui apprendre entre l’orphelinat et une mère aussi peu mère, aussi peu attentive et si peu aimante. Elle sera femme de ménage et secondera son mari concierge.

L’amour entre ces deux là est une réalité, mais il leur est si difficile d’avoir un enfant. Heureusement dans ces années 70 a Bilbao des gynécologues peuvent aider les femmes infertiles à avoir des enfants. Cela s’est pratiqué au bon temps du franquisme pour de bien mauvaises raisons, cela se pratique encore en ces années là pour d’aussi obscures raisons, l’appât du gain en particulier.

C’est dans ces conditions que naît Maria, mais elle ne le sait pas encore. La jeune femme a toujours senti une sorte de flou autour de sa naissance sans en comprendre la raison, la future naissance de son premier enfant et la rencontre avec une cartomancienne vont déclencher une quête de quatorze longues années pour découvrir d’où elle vient.

Une quête longue et éprouvante, non pas pour connaître ses parents biologiques, mais plutôt la genèse de sa vie, l’histoire avant la naissance, le pourquoi et le comment de ce qui a permis qu’elle vienne au monde.

Un roman incroyable, dans lequel comme disait Boris Vian, « tout est vrai puisque je l’ai écrit » . Mais ici, tout est romancé, et tout est vrai. Je ne veux pas vous en dire plus si ce n’est lisez-le !

La rencontre avec l’autrice à Manosque puis à la librairie Tonnet de Pau m’a donné un bel éclairage sur la genèse du roman, mais il n’est pas besoin de trop en savoir pour lire avec bonheur et intérêt ce magnifique premier roman.

Catalogue éditeur : Grasset

L’histoire commence en Espagne, par deux naissances et deux abandons. En juin 1943, une prostituée obèse de Bilbao donne vie à un garçon qu’elle confie aux jésuites. Un peu plus tard, en Galice, une femme accouche d’une fille et la laisse aux sœurs d’un couvent. Elle revient la chercher dix ans après. L’enfant est belle comme le diable, jamais elle ne l’aimera.
Le garçon, c’est Julian. La fille, Victoria. Ce sont le père et la mère de Maria, notre narratrice.
Dans la première partie du roman, celle-ci déroule en parallèle l’enfance de ses parents et la sienne. Dans un montage serré champ contre champ, elle fait défiler les scènes et les années : Victoria et ses dix frères et sœurs, l’équipe de foot du malheur  ; Julian fuyant l’orphelinat pour s’embarquer en mer. Puis leur rencontre, leur amour et leur départ vers la France. La galicienne y sera femme de ménage, le fils de pute, gardien du théâtre de la Michodière. Maria grandit là, parmi les acteurs, les décors, les armes à feu de son père, basque et révolutionnaire, buveur souvent violent, les silences de sa mère et les moqueries de ses amies. Mais la fille d’immigrés coude son destin. Elle devient réalisatrice, tombe amoureuse, fonde un foyer, s’extirpe de ses origines. Jusqu’à ce que le sort l’y ramène brutalement. A vingt-sept ans, une tarologue prétend qu’elle ne serait pas la fille de ses parents. Pour trouver la vérité, il lui faudra retourner à Bilbao, la ville où elle est née. C’est la seconde partie du livre, où se révèle le versant secret de la vie des protagonistes au fil de l’enquête de la narratrice.  

Pages : 224 / EAN : 9782246831969 prix : 20.00€ / EAN numérique: 9782246831976 prix :

14.99€ Parution : 17 Août 2022

Patte blanche, Kinga Wyrzykowska

Manipulation et survie, ou l’aventure extra-ordinaire d’un famille ordinaire

Si les Simart-Duteil ont marqué notre esprit, c’est parce que cette famille est une caricature de la famille typiquement française vivant dans une maison bourgeoise. Elle cristallise à la fois nos ambitions et nos rêves. Et pourtant, si nous savions ce qui se cache derrière le vernis.

Chez les Simart-Duteil il y a Claude le patriarche, disparu depuis peu victime d’un cancer. Ce bâtisseur non pas de cathédrale mais d’autoroute, en particulier au Moyen Orient, a su mener sa famille à la baguette ; Isabella la mère, italienne belle et racée sur le retour ; Paul, Clotilde et Samuel, la fratrie pas toujours aussi solidaire qu’elle le laisse à penser. Mais à la disparition du patriarche, un frère inconnu vient se manifester et réclamer sa place.

Cet étrange courrier arrive dans les boites mails de chacun, faisant planer une ombre malveillante sur la famille. Issu d’un mariage illégal en Syrie, il veut connaître ses frères et sa sœur. Tant qu’il vit en Syrie, tout va bien. Mais si les routes sont dangereuses et souvent mortelles pour les migrants, le chemin vers une famille parisienne aisée est bien tentant.

Commence alors de la part de Paul un véritable travail pour souder la famille contre l’intrus. Paul qui avait été rejeté par tous du fait de son homosexualité avouée lorsqu’il était plus jeune cherche aujourd’hui à reprendre sa place d’aîné. Il devient l’unique conseiller et le soutient de la famille. C’est ainsi que chacun des membres de la famille va se terrer pendant des mois, loin de l’intrus, dans une résidence secondaire en Normandie.

Questionnements sur l’immigration, sur notre façon d’accueillir l’autre, celui que l’on ne connaît pas, mais aussi sur les attentats de 2015 et la façon dont ils ont transformé la société française. Enfin, sur les relations parfois délétères des familles, le pouvoir de la séduction, de la manipulation, la jalousie, le pouvoir, le doute, les craintes, l’aplomb et l’assurance de certains et cette capacité à convaincre envers et contre toute logique.

Intriguant et perturbant, voilà un roman qui se lit jusqu’au bout avec circonspection, puis à la fin avec comme une envie de tout reprendre depuis le début avec un nouvel éclairage projeté sur les membres de cette famille pour le moins déjantée.

Inspiré d’un fait divers réel, mais posé ici de façon intelligente et tout à fait singulière, Kinga Wyrzykowska sait nous tenir en haleine et nous faire douter. Un excellent premier roman, et une autrice que l’on a immédiatement envie de suivre.

Alors, et vous, qu’en avez-vous pensé si vous l’avez déjà lu ? Intriguant à souhait, non ?

Catalogue éditeur : Seuil

Les Simart-Duteil ont marqué votre enfance. Leur nom si français, leur maison flanquée d’une tourelle – comme dans les contes –, leur allure bon chic bon genre ont imprimé sur le papier glacé de votre mémoire l’image d’une famille parfaite.
Un jour, pourtant, vous les retrouvez à la page des faits divers, reclus dans un manoir normand aux volets fermés. Les souvenirs remontent et, par écran interposé, vous plongez dans la généalogie d’un huis clos.
Paul, Clothilde, Samuel ont été des enfants rois. Leur père, magnat des autoroutes au Moyen-Orient, leur mère, Italienne flamboyante, leur ont tout donné. Quand un frère caché écrit de Syrie pour réclamer sa part de l’héritage, la façade se lézarde. Les failles intimes se réveillent.
Paul, dont la notoriété d’influenceur politique commence à exploser, décide de prendre en main le salut de son clan. Une lutte pour la survie de la cellule familiale se met en branle. Et l’« étranger » a beau montrer patte blanche… il n’est pas le bienvenu. Lire la suite….

Date de parution 19/08/2022 / 20.00 € / 320 pages / EAN 9782021514087