Celle qui pleurait sous l’eau, Niko Tackian

De l’amour à la mort, des enquêteurs hors pair pour un thriller efficace et rythmé

Tomar Khan et Rhonda, son adjointe, sont appelés sur une scène pour le moins macabre. Une jeune femme flotte dans une piscine, au milieu d’une mare des sang qui se dilue peu à peu, les veines des poignets profondément entaillées.
L’évidence parle de suicide, l’intuition évoque quelque chose de plus sournois. Lumineuse, vibrante de vie et ayant tout pour être heureuse, comment et pourquoi un suicide aussi scénarisé et exprimant une aussi profonde détresse.
Si Tomar Khan est trop préoccupé par la suite de l’enquête qui le lie au décès d’un de ses collègues, Rhonda quant à elle décide de poursuivre ses investigations.
Pendant ce temps, Ara, la mère de Tomar, lui parle de ses voisins du dessous, de cette violence verbale, de ces bruits qui lui rappellent avec douleur sa propre expérience, les coups et la violence de son mari aujourd’hui disparu.
Mais Tomar, tout à ses angoisses et à ses pertes de mémoires qui polluent dramatiquement les souvenirs qu’il a de ses actes passés, n’est pas prêt à l’écouter ni à agir.

Ce que j’ai aimé ?
La façon dont l’auteur traite ici le difficile thème des violences faites aux femmes.
D’une part avec cette voisine, les silences de ceux qui entendent mais ne font rien, le courage de ceux qui agissent, et la difficulté qu’il y a à s’en sortir soi-même si l’on n’est pas secouru par d’autres.
D’autre part avec ce que je découvre comme étant le suicide forcé. Avec la personnalité du meurtrier psychique dont le travail de sape insidieux et contrôlé amène ses victimes à se détruire, à en finir avec la vie, sans être lui-même ni soupçonné ni inculpé. Lorsqu’il n’y a rien de plus difficile que de déterminer une quelconque culpabilité en particulier sans la moindre trace ou preuve écrite.

Les chapitres, très courts, donnent le rythme, les personnages sont aisément reconnaissables, avec leurs parcours, leurs passés, leurs intentions. Par contre, pour suivre les pensées et les interrogations de Tomar, il me semble qu’il vaut mieux avoir lu les précédents opus.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury Prix des lecteurs Le Livre de Poche 2021 Policier

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche, Calmann-Levy

Aujourd’hui, Clara n’est plus qu’un dossier sur le bureau de Tomar Khan. On vient de la retrouver morte, flottant dans le magnifique bassin Art déco d’une piscine parisienne. Le suicide paraît évident. Tomar est prêt à fermer le dossier, d’autant qu’il est très préoccupé par une enquête qui le concerne et se resserre autour de lui. Mais Rhonda, son adjointe, ne peut comprendre pourquoi une jeune femme aussi lumineuse et passionnée en est venue à mettre fin à ses jours. Elle sent une présence derrière ce geste.
Pas après pas, Rhonda va remonter jusqu’à la source de la souffrance de Clara. Il lui faudra beaucoup de ténacité et l’appui de Tomar pour venir à bout de cette enquête bouleversante.

288 pages / Date de parution : 06/01/2021 / EAN : 9782253241683 / Prix : 7,70€

Aller aux fraises, Eric Plamondon

La vie ordinaire, dans le froid et la chaleur embrumée d’alcool de la belle province

Rien d’extraordinaire et pourtant rien non plus de simplement ordinaire dans les souvenirs qui émaillent ces trois nouvelles. C’est direct, tendre, très nostalgique et terriblement vivant. De l’auteur, j’avais lu et particulièrement aimé Oyana, un roman également publié chez Quidam. Ici, il nous embarque dans son Québec, au grès des souvenirs de ses protagonistes.

D’abord, Aller aux fraises, où l’on apprend qu’entrer dans l’âge adulte n’est pas toujours facile. l’été, les adolescents font la fête sans s’inquiéter des lendemains. C’est le dernier été chez son père pour celui qui désormais part habiter à Thetford Mines avec sa mère pour y poursuivre ses études. À dix-sept ans, on a la vie devant soi et les conséquences de ses actes n’apparaissent pas vraiment dans toute leur réalité. C’est ce que va apprendre ce jeune homme, car quitter l’enfance ce n’est pas seulement refermer la porte de la maison familiale.

Cendres, ou comment se noyer dans l’alcool. Les souvenirs du père alimentent les légendes du fils. A Saint-Basile , à une heure de Québec, la vie n’est pas facile, il gèle fort et les buveurs de bière font les beaux jours de la taverne du coin. Mais le foie ne suit pas toujours, et lorsqu’un copain décède, il faut bien respecter les promesses qui lui ont été faites, y compris s’il faut affronter l’hiver. Ce qui dans ces contrées là n’est pas tout à fait un détail lorsque la neige se fait intense.

Thetford Mines, où l’on retrouve le protagoniste d’aller aux fraises un an après. C’est une ville minière, on s’en doute. C’était aussi la Californie locale jusqu’à l’interdiction de l’amiante dans les années 80. Dans ces années là, sa blonde étant à Québec, il va faire le chemin inverse à celui de ses dix-sept ans plusieurs fois par mois, par tous les temps. Jusqu’à cet onirique parcours lors d’une mémorable tempête de neige. Parce qu’on le sait bien, à dix-huit ans, tout est possible !

J’ai aimé découvrir ces aventures qui sentent bon la neige et le frimas, qui disent l’amitié, l’amour d’un père pour son fils, le temps qui passe, l’adolescence qui s’efface pour laisser la place à l’âge adulte, celui de tous les chagrins, mais aussi celui de tous les espoirs. De ces longues routes vers demain que l’on emprunte parfois à contre cœur, mais qui font de vous ce que vous êtes. J’ai aimé aussi les expressions et le langage typiquement québécois, merci de ne pas les avoir modifiés pour les mettre au goût d’ici.

Catalogue éditeur : Quidam

Aller aux fraises, c’est une langue qui sillonne les bois, les champs, les usines, les routes sans fin, les bords de rivière. C’est le sort de ceux qui deviennent extraordinaires à force d’être ordinaires. On s’y laisse porter par les souvenirs d’un père qui s’agrègent pour devenir les légendes du fils. Ce fils qui veut construire son propre récit et qui retrouve sa mère le temps d’un nouveau cycle. Eric Plamondon raconte la démesure de l’ordinaire. Sur le vif. C’est aussi drôle qu’émouvant.

Né au Québec en 1969, Éric Plamondon a étudié le journalisme à l’université Laval et la littérature à l’UQÀM (Université du Québec à Montréal). Il vit dans la région de Bordeaux depuis 1996 où il a longtemps travaillé dans la communication. Il a publié au Quartanier (Canada) le recueil de nouvelles Donnacona et la trilogie 1984 : Hongrie-Hollywood Express, Mayonnaise et Pomme S, publiée aussi en France aux éditions Phébus. 
Taqawan (Quidam 2018) reçu les éloges tant de la presse que des libraires et obtenu le prix France-Québec 2018 et le prix des chroniqueurs Toulouse Polars du Sud.

88 pages 12€ / févr. 2021 / 140 X 210mm / ISBN : 978-2-37491-175-5

À la rencontre de l’association Désirdelire, la littérature en mouvement

Une association en Haute-Provence qui parle et (vous) fait parler de la littérature d’aujourd’hui. 

La présidente de l’association est Évelyne Sagnes.

Présidente-fondatrice de l’association Par sons et par mots (jusqu’en septembre 2020), active pendant dix ans sur le territoire des Alpes de Haute-Provence, avec des projets culturels menés avec les habitants. En charge de la programmation littéraire de l’association et modératrice des rencontres littéraires. Rédactrice d’un blog littéraire Tribunelivre

Bonjour Évelyne, pouvez-vous nous dire comment vous avez eu envie de créer Désirdelire ?

J’ai créé cette association il y a quelques mois (après une longue expérience dans une autre structure que j’avais aussi fondée), avec le désir de promouvoir la littérature d’aujourd’hui et la lecture, de faire connaître les auteurs, mais aussi les éditeurs et les traducteurs. Tous les acteurs du livre. Nous cherchons à établir des relations de proximité entre les publics et ces acteurs.

Quel est son but ?

Faire découvrir la littérature d’aujourd’hui, tous les acteurs du livre (auteur, traducteur, éditeur etc.), inciter à la lecture et impliquer les publics dans les actions. L’association organise des journées  avec les auteurs qu’elle invite : cette année le 10 avril avec Jadd Hilal et le 29 mai avec Arno Bertina. Avant leur venue des ateliers sont proposés. Pour cela nous travaillons avec d’autres associations : Le Labo des Histoires (pour les ateliers d’écriture créative avec les jeunes) et Le Paon Festival (pour les lectures mises en espace). Le jour de la rencontre, un échange s’instaure avec les participants qui restituent leur travail à cette occasion.

Nous avons également un partenariat avec les Correspondances de Manosque qui nous permet a minima de recevoir pour un événement l’auteur/l’autrice en résidence. 
Nous organisons enfin pour la première fois un atelier d’initiation à la traduction avec le CITL. 
Nous comptons inviter la directrice des éditions  Zulma, Laure Leroy,  chez qui notre autrice en résidence est éditée. C’est un partenariat avec une librairie.

Chaque année vous recevez un auteur en résidence. Qu’est-ce que cela signifie pour l’auteur ? Comment le sélectionnez vous ? Combien de temps vient-il ? Avec un but précis ?

L’auteur.e en résidence reste pendant deux mois sur le territoire (en 2021 à Reillanne – 04 en juin et septembre). Elle/il vient pour travailler sur une de ses créations en cours, dans un cadre différent, et assure une médiation culturelle que nous concevons ensemble. Pour cela, nous lui parlons des spécificités du territoire puisqu’il/elle devra s’insérer dans sa vie quotidienne et artistique. Nous invitons des auteur.e.s avec lesquels nous nous sentons des affinités littéraires et qui ont une vraie expérience du travail sur le terrain avec des publics divers.
Je précise que ces résidences sont possibles grâce au soutien de la DRAC.

Pouvez-vous nous présenter Laurence Vilaine, en résidence cette année ?

Nous connaissons Laurence Vilaine depuis plusieurs années. Nous avions été mises en relation par Pascal Jourdana, directeur de La Marelle à Marseille où Laurence avait été en résidence il y a quelques années. Le désir de travailler ensemble à un projet dans les Alpes de Haute-Provence s’est ainsi peu à peu dessiné et confirmé pour 2021. Elle a publié son troisième livre chez Zulma en août 2020, La Géante (j’en ai rendu compte sur desirdelire.fr)  

En temps de covid, comment organisez-vous vos activités ? En numérique ? En présentiel ?

Dès l’automne nous avons décidé de  décaler toutes nos actions et la résidence entre mars et octobre, dans l’espoir que les conditions sanitaires seraient plus favorables. Pour le moment c’est notre site qui est le lieu « vivant » de Désirdelire. Nous invitons ceux qui le souhaitent à participer à son animation. Nous mettons également en ligne des textes inédits que nous avons demandés à des auteurs déjà publiés (chez Actes Sud, Alma, Gallimard, le Nouvel Attila, Inculte etc.) : c’est une rubrique appelée « Carte blanche » Nous sommes très heureuses du succès qu’elle rencontre. C’est l’occasion encore de partager ces écritures toutes si différentes.

Évelyne, je crois que vous aviez un blog littéraire que vous avez laissé au profit de Désirdelire ? 

En effet, j’ai pour le moment laissé ce blog en pause. Les chroniques que je publie sont sur desirdelire.fr et parfois aussi sur mon blog Mediapart. Cela faisait beaucoup d’espaces d’expression ! 

Merci beaucoup pour cette attention portée à l’association Désirdelire !

Un grand merci Évelyne pour vos réponses.

Depuis cette semaine, l’association Désirdelire reprend chaque mardi sur son site une chronique de ce blog, dans la rubrique C’est à vous, Échos de blogs.

Merci Désirdelire car plus on parle des livres que l’on a aimé, plus on permet leur découverte par le plus grand nombre.

La machine Ernetti, Roland Portiche

Et si les caves du Vatican renfermaient une machine à remontrer le temps ?

Les années 60 sont les années de la guerre froide, du communisme encore flamboyant, et de la découverte des manuscrits de la mer morte.

Au Vatican, le pape Pie VI demande au père Ernetti de construire un chronoviseur. Cette machine a été inventée par le physicien Majorana, qui en a réalisé les plans en 1938. Elle doit permettre de remonter le temps et de voir ce qu’il s’est passé à l’instant T en un point précis du globe, elle donne l’image sans le son. Le cardinal Montini, qui n’est autre que le futur papa Paul VI, est soucieux de voir se réaliser cette machine qui pourrait démontrer au monde de plus en plus septique la réalité de l’existence de Jésus, et renforcer ainsi la puissance du catholicisme.

L’abbé Pellegrino Ernetti, spécialiste de musique, n’est pas un scientifique. De 1956 et 1965, il s’accompagne des plus grands chercheurs de la planète pour l’aider dans la réalisation de cette machine à remonter le temps. Il les fait travailler sur des hypothèses sans jamais leur dévoiler son véritable but. On lui adjoindra également une spécialiste de l’araméen, une jeune scientifique juive qui travaille sur les sites de Qumran et étudie les manuscrits de la mer Morte, une découverte majeure pour les catholiques.

Tous les ingrédients sont rassemblés pour faire un excellent thriller. La partie historique, le côté scientifique, le goût du secret du Vatican comme des grandes puissances, la situation politique, la découverte des manuscrits de la mer Morte et le mystère qui accompagne leur étude.

L’intrigue est basée sur un événement réel, ce qui la rend d’autant plus crédible. Elle est placée en situation dans le contexte historique de l’époque. On y retrouve une succession de quatre papes, de Pie XII, Jean XXIII, Paul VI à Jean-Paul II ; les tensions entre croyants et non-croyants de la religion catholique ; mais aussi les guerres entre les services secrets des grandes puissances, car ici la CIA, le KGB, et le Mossad s’en mêlent. L’auteur est certes formidablement bien documenté, mais il sait surtout nous tenir en haleine avec ses personnages – réels ou pas qu’importe, même si la plupart le sont- et le suspense qu’il déroule en courts chapitres rythmés et prenants, aux rebondissement successifs.

Mais remonter le temps pour démontrer les réalités de l’histoire, n’est-ce pas une utopie ? Car au fil du temps, les accommodements, les arrangements, l’évolution des sociétés, n’ont-ils pas à leur tour transformé le passé ? Ne me dites pas qu’après cette lecture vous n’aurez pas envie vous aussi de pénétrer dans ces caves du Vatican pour y consulter ces archives secrètes et ce qu’elles nous révèlent du monde qui nous a précédés. Car j’aurai du mal à vous croire.

Catalogue éditeur : Albin-Michel

L’incroyable histoire vraie d’une machine à explorer le temps, cachée dans les archives secrètes du Vatican !

Mars 1938. Le physicien italien Ettore Majorana disparaît au large de la Sicile.
Avec lui, le projet secret sur lequel il travaillait depuis des années.
Automne 1955. On retrouve par miracle les notes du physicien disparu.
Elles inspirent au père Ernetti une idée folle : construire une machine à voir dans le temps. Un chronoviseur.
Sur ordre de Pie XII, le prêtre plonge deux mille ans en arrière. L’objectif est simple : prouver l’existence du Christ.
Commence alors une course folle entre le Vatican, la CIA, le KGB et le Mossad. Car ce que le père Ernetti va découvrir, en pleine Guerre froide, pourrait changer l’ordre du monde. 

Roland Portiche est réalisateur et auteur de documentaires et de magazines pour la télévision, dont Temps X ou Les grandes énigmes de la science. La machine Ernetti est son premier roman.

Prix 21.90 € / 3 Juin 2020 / 155mm x 225mm / 448 pages / EAN13 : 9782226451545

Hannibal Meriadec et les larmes d’Odin

Envie d’une histoire de pirates matinée de fantastique ?

1 L’ordre des cendres

C’est l’heure d’embarquer sur un bateau pirate avec Hannibal Meriadec, capitaine du Mac Lir. Ce dernier convoite les pierres précieuses que l’on nomme aussi les larmes d’Odin. Ce sont des diamants d’une pureté exceptionnelle, mais surtout ce sont des pierres qui selon la légende apportent l’immortalité à celui qui les possède.

Il doit sauver Kyle Macstone, que l’on conduit à la mort et au bourreau… Le peuple aime ce genre de spectacle, alors pourquoi l’en priver.
Sur le marché aux esclaves, Mériadec est tombé sous le charme de Sélina, il l’a âprement disputée à Miguel de la Cuervas, un homme aussi rancunier que sanguinaire, mais ce dernier lui a aussitôt dérobé la belle esclave.
Enfin, la course aux larmes d’Odin s’annonce périlleuse et l’île infestée de dragons n’est pas seulement une légende…

Le chemin d’Hannibal est semé d’embûches. Seul réconfort, cette ombre masquée qui hante le bateau à ses côtés, comme un rappel que l’amour peut tout sauver.

Le trait, les couleurs, les mises en pages des personnages et des différentes scènes donnent un rythme à l’ensemble. Violent, sanguinaire, habité par des forces obscures et magiques, cette série mêle combats oniriques et récit fantastique. A se demander où nous allons partir lors des prochains épisodes.

2 Le manuscrit de Karlsen

En se basant sur les souvenirs d’une jeune femme, qui n’était qu’une enfant terrorisée à l’époque où son père les a cachés sur l’île des Dragons, Hannibal Meriadec compte bien retrouver la cachette des larmes d’Odin. Mais la route, ou plutôt les flots, sont semés d’embûches et de dangers surtout lorsque l’on décide d’affronter l’Ordre des Cendres. Les combats seront une fois de plus violents et sans pitié. Traîtrise, embuscade, piège et sorcellerie, rien ne sera épargné à Hannibal et à ses hommes.

Là aussi, le graphisme, les couleurs, rendent particuliérement bien l’impression de violence, les combats, mais aussi le côté fantastique de la série.

Catalogue éditeur : Delcourt, Collection Soleil Celtic

scénariste Jean-Luc Istin
Illustrateur Stéphane Créty
coloriste Sandrine Cordurié

Hannibal Meriadec et les larmes d’Odin T01 L’Ordre des cendres
Paru le  23.06.2010 / EAN 9782302012233 / Dimensions 23.4 x  32.3 cm / Pages 48 / Prix : 14,50€

Hannibal Meriadec et les larmes d’Odin T02 Le Manuscrit de Karlsen
Paru le  23.06.2010 / EAN 9782302011175 Dimensions 23.3 x  32.3 cm / Pages 48 / Prix : 14,50€

Notre-Dame de Paris, La nuit du feu

L’incendie de Notre-Dame, un drame national, un patrimoine mondial

Qui a oublié l’incendie de Notre-Dame de Paris dans la nuit du 15 avril 2019 ?

Aujourd’hui Glénat propose cette belle BD composée avec les conseils de Stéphane Bern, et pour le scénario Arnaud Delalande, le dessin Cédric Fernandez, les couleurs Franck Perrot et avec la collaboration d’Yvon Bertorello. De ce dernier je vous avais déjà présenté Bernadette, l’enquête. Cet album réalisé en partenariat avec la fondation Notre-Dame.

Cette BD est un excellent reportage qui nous fait revivre avec émotion à la fois la terrible nuit de l’incendie et les étapes du sauvetage de ce joyaux de la culture française. Six-cent cinquante pompiers à pied d’œuvre qui sans faillir ont mené le combat pour lequel ils se sont engagés sauver ou périr. Des camions, des infrastructures, des moyens physiques, numériques et humains absolument démentiels vont être engagés pour sauver ce qui peut l’être sans faire prendre trop de risques aux personnels. Mettre en sécurité les visiteurs, l’infrastructure, tout faire pour que l’incendie ne se propage pas dans le quartier alentour, mais aussi sauver le trésor et endiguer l’effondrement de cette merveille de l’architecture.

Nous assistons au récit chronologique des événements, d’abord une puis deux alarmes, les différentes vérifications, puis les hommes se retrouvent face à l’incendie qui prend rapidement de l’ampleur, embrase la charpente, et non seulement détruit la flèche de Viollet-le-Duc mais cause des dégâts spectaculaires. Les auteurs nous montrent les secours engagés, les risques pour la vie des hommes et le combat mené malgré tout avec professionnalisme et courage par les soldats du feu.
Les événements sont décrits de l’intérieur, côté diocèse, BSPP, mairie de Paris, architectes des monuments historiques, etc. mais aussi interventions des journalistes, des élus et de tout ceux qui comptent en politique, et ce étape par étape jusqu’au moment où l’incendie est enfin fixé.

Les personnages connus ne sont pas toujours évidents à reconnaître, mais qu’importe. Côté soldats du feu par exemple, il aurait fallu un nombre incalculable de pages pour tenter de leur rendre tous hommage. On y découvre certains rôles incontournables, comme ce croqueur de feu qui mieux que drones ou logiciel va aider aux prises de décisions.

Mais de Saint Louis au président Macron, du général de Gaulle à Édouard Philippe, de Quasimodo à Esméralda, ils sont tous là ! Car toute l’histoire de France s’inscrit dans la vie de la cathédrale. Moyen âge, croisades, révolution, invasion, seconde guerre mondiale, la cathédrale a résisté à tout et tient toujours debout. Et d’ailleurs, par quelques retours sur les siècles précédents, les auteurs rappellent les différentes phases qui ont précédé la réalisation, puis la construction de cette cathédrale emblématique du catholicisme, de la ville de Paris et de la France. Les reliques, la couronne d’épine, le trésor, prennent ici toute leur place. Enfin, les dernières pages font un retour sur l’histoire de Notre-Dame de Paris.

Le tracé et le couleurs sont aussi détaillés et parfois spectaculaires que le souvenir que chacun d’entre nous peut avoir de cette nuit d’incendie.

Pour ceux qui ont assisté à « La nuit du feu » le spectacle proposé par la BSPP (auquel j’ai assisté à plusieurs reprises) le titre de l’album prend ici un tout autre sens.

Catalogue éditeur : Glénat

Paris, le 15 avril 2019. Vers 18h20, un feu démarre sous la charpente de Notre-Dame de Paris. Une demi-heure plus tard, l’incendie se généralise à l’ensemble de la cathédrale. Et malgré l’intervention acharnée et héroïque des pompiers, l’impensable finit par se produire : la flèche, œuvre de l’architecte Viollet-le-Duc, s’effondre dans un déluge de débris, de fumée et de flammes. Les yeux du monde entier assistent alors, impuissant, à ce qui pourrait devenir la destruction en direct de l’un des plus grands fleurons du patrimoine de l’humanité.

À travers cette bande dessinée, revivez heure par heure les circonstances du drame et tentez de mieux comprendre. Par touches, revivez également les moments-clés de la construction de Notre-Dame et plongez au cœur de l’histoire de ce monument, qui reste l’un des plus visités au monde à l’heure actuelle.

Réalisé en soutien de la fondation Notre-Dame (à qui sera reversé 1€ pour chaque album vendu), cette bande dessinée bénéficie de la caution historique de Stéphane Bern, co-rédacteur d’un dossier pédagogique de 8 pages en fin d’album.

Parution : 04/11/2020 / Prix 14,95€ EAN physique 9782344041093 / Prix : 10,99€ EAN Epub 9782331048296

Cannibale, Danielle Thiéry

Père et fille mènent l’enquête pour dénouer les fils d’une manipulation diabolique

C’est la nuit de la fête de la musique, le moment parfait pour fêter la fin d’une année scolaire bien remplie. Un groupe d’élèves du lycée Victor-Hugo a choisi de célébrer le début de l’été par une course d’orientation en forêt, et cela devra se faire sans portable. C’est Roxane, l’une d’entre eux, qui a eu cette idée. Une idée reprise par tous et sponsorisée par le prof de gym. Mais quand arrive la fin de la course, tous les binômes sont rentrés sauf celui de Roxane et Rafaël.

Cette même nuit, deux adolescent évitent de justesse un accident et découvrent une jeune fille blessée et désorientée errant sur la route. Rapidement, le lien est fait entre cette jeune fille amnésique et mutique et Roxane, celle qui a disparu. Mais le capitaine Marin doit retrouver Rafaël et comprendre ce qui est arrivé aux deux jeunes gens.

Marin est nouveau dans la région. Il arrive du 93 et l’on se demande pourquoi il est venu se perdre dans ce coin paumé. Il porte un lourd et sombre bagage dont il n’a vraiment pas envie de parler. Sa fille Olympe connaît bien Roxanne, et refuse de voir en elle une victime. Pourtant, comme sa relation avec son père est plutôt chaotique, loin de l’aider dans son enquête elle va quasiment lui mettre de bâtons dans les roues.

Démêler les fils de cette affaire est bien compliqué. Bizarrement, le père de Roxane n’est pas très inquiet pour sa fille qui se révèle être une enfant secrète, manipulatrice et violente. Olympe n’a aucune confiance en cette fille qui, selon elle, joue un jeu pervers. Marin ne sait pas à quel saint se vouer, mais fort heureusement il est épaulé par son équipe pour tenter de démêler le vrai du faux..

Rapidement, le lecteur comprend qui est coupable. Tout l’enjeu va alors être de savoir jusqu’où et comment il ou elle compte s’y prendre, et qui pourra l’arrêter.

J’avoue que le titre ne m’aurait pas immédiatement incitée à lire le roman s’il n’avait pas été écrit par Danielle Thiéry. Pourtant, point de cannibalisme au sens premier du mot dans ce thriller psychologique. le Cannibalisme s’entend ici au sens psychiatrique du terme, car il désigne des personnes qui souffrent d’un syndrome narcissique extrême que les psy appellent cannibalisme.

Cannibale est le premier roman Young Adult de Danielle Thiéry, une auteure que par ailleurs j’apprécie de lire depuis de années. Ici, l’auteur se met à la portée des lecteurs en explicitant les sigles, les phases d’enquête, sans que ce ne soit lourd ou que cela entrave d’une quelconque façon le déroulé de l’enquête et le rythme du roman. J’aurais peut-être aimé qu’Olympe prenne le relais de son père dans l’enquête, impliquant ainsi davantage une ado, ce qui pourrait permettre aux lecteurs de s’identifier. Mais malgré ce point, l’ambiance, le rythme, le sujet et les personnages donnent envie de comprendre et de connaître la suite. Et la fin, ouverte et mystérieuse, laisse le lecteur perplexe. Allons nous découvrir bientôt une suite ?

Catalogue éditeur : Syros

Victime ou manipulatrice ? Vous avez des raisons d’avoir peur.
La nuit de la fête de la musique, une jeune fille est retrouvée au bord d’une route, incohérente et désorientée, incapable de dire qui elle est. Dans la forêt toute proche, un groupe de lycéens célèbrent le début de l’été, mais l’ambiance a du mal à décoller. Ils ont participé à une course d’orientation « sans portables ni objets connectés », et deux d’entre eux manquent à l’appel. Personne n’a revu Roxane et Rafaël depuis le matin. À l’hôpital, l’inconnue apparue sur la route sort doucement de sa léthargie et livre au capitaine Marin ses premiers mots…

13 ans, 14 ans, 15 ans et plus Date de publication : 08/10/2020 / ISBN : 9782748526820

Le sanctuaire, Laurine Roux

Entrer au cœur du Sanctuaire pour pénétrer la complexité de la nature humaine

Dans le sanctuaire, il y a les filles, la plus jeune Gemma, et son aînée, June. L’aînée rêve du temps d’avant, qu’elle a connu et qu’elle pleure, cette solitude est si difficile, sans aucun espoir d’un futur, d’une vie normale. Gemma n’a rien connu d’autre et vit pleinement cette vie de sauvage. Elle explore la foret à la recherche des plantes, chasse et tue le gibier pour nourrir la famille.

Il y a les parents. La maman, Alexandra, qui aime tant ses filles, ses petits cabris, et leur raconte la vie d’avant, la normalité, les amis, les rencontres, la société. Et le papa qui veille comme un loup sur sa famille. Car ils sont seuls dans cette montagne isolée, loin du monde anéanti par un virus transporté par les oiseaux. Seul le père descend parfois dans ce qu’il reste de la civilisation d’avant, pour y dénicher quelques fournitures indispensables.

Un jour cependant, Gemma suit la trace d’un aigle à abattre, et fait la rencontre improbable d’un vieil homme aussi mutique qu’inamical. Et cette présence incongrue dans un univers où toute vie de volatile quel qu’il soit doit être anéantie bouleverse les certitudes de la jeune fille.

Dystopie, récit post apocalypse, ou simple conte humain, ce roman est tout simplement inclassable. Mais il a surtout le mérite de nous plonger dans une nature aussi belle qu’amicale, aussi sombre qu’hostile, dans un environnement chaotique, au cœur de cette famille soudée qui vit une relation humaine forte et complexe, où le violence des sentiments, tant l’amour que la haine, autorise presque tous les excès. La relation du père avec sa femme, ses filles, aussi émouvante qu’angoissante, est fort justement mise en exergue.

Et cette belle écriture porte le lecteur tout au bout de ce sanctuaire, apaisant, violent, solitaire, humain, résilient.

On ne manquera pas de lire le premier roman de Laurine Roux, Une immense sensation de calme.
Retrouvez aussi la chronique publiée par Les Carpenters racontent

Un roman de la sélection 2021 des 68 premières fois

Catalogue éditeur : éditions Du Sonneur

Le Sanctuaire : une zone montagneuse et isolée, dans laquelle une famille s’est réfugiée pour échapper à un virus transmis par les oiseaux et qui aurait balayé la quasi-totalité des humains. Le père y fait régner sa loi, chaque jour plus brutal et imprévisible.
Munie de son arc qui fait d’elle une chasseuse hors pair, Gemma, la plus jeune des deux filles, va peu à peu transgresser les limites du lieu. Mais ce sera pour tomber entre d’autres griffes : celles d’un vieil homme sauvage et menaçant, qui vit entouré de rapaces. Parmi eux, un aigle qui va fasciner l’enfant…
Dans Le Sanctuaire, ode à la nature souveraine, Laurine Roux confirme la singularité et l’universalité de sa voix.

Née en 1978, Laurine Roux vit dans les Hautes-Alpes où elle est professeur de lettres modernes.

16,00€ / ISBN : 9782373852158 / Pages : 160 / Parution : 13 août 2020

Les lettres d’Esther, Cécile Pivot

Petit éloge de la lenteur et du regard porté à l’autre

Esther, libraire à Lille, organise un atelier d’écriture épistolaire. Les lettres, elle connaît bien, car elle en a rédigé des milliers qu’elle a échangé avec son père, un auteur connu qui vivait à quelques rues de chez elle.
Des lettres comme un pont, une porte ouverte entre eux, ces mots couchés sur ce papier qui permet de dire tout ce que l’on ne peut échanger par la parole. Manque de temps, mauvais moment, pas la bonne attitude, qu’importe les raisons, les mots dits ne sont pas les mots écrits, n’ont pas la même pondération, la même portée sur celui qui les émets comme celui qui les reçoit.

Dans cet atelier d’écriture, les participants ont tous les âges, tous les passés et tous un avenir, mais ils sont à un croisement de leur vie. Et cet échange aussi bouleversant que sincère et ouvert, va aider chacun à avancer.

On y trouve Juliette et Nicolas, un couple qui se déchire depuis la naissance de leur fille. Juliette ne se sent absolument pas mère et les angoisses causées par la naissance de sa fille vont peut-être briser son couple. Nicolas essaie de tenir, d’élever sa fille dans l’amour de cette mère en pleine dépression post-partum qui tente de mettre des mots sur le mal qui la ronge. Samuel, un adolescent qui cherche sa place dans sa famille anéantie par le décès de son frère mort d’un cancer, mais aussi Jeanne, une dame âgée veuve qui n’en peut plus de sa solitude. Et enfin Jean, un homme d’affaires hyper actif qui semble avoir perdu le goût des affaires, et cherche sans doute à donner un nouvel élan à son existence.

À travers les exercices donnés par Esther, chacun avance à petit pas sur le chemin du mieux-être. Ce regard posé sur eux-mêmes, ces pensées intimes qu’ils s’avouent puis dévoilent, sont aussi des moyens de progresser vers une introspection thérapeutique et salvatrice.

Petit éloge de la lenteur, de la pensée structurée, du regard porté à l’autre. Il y a beaucoup de sincérité et de douceur, un brin de nostalgie peut-être, et un grand bonheur à se poser, loin de l’immédiateté de notre monde en perpétuel mouvement, où chacun réagit à la seconde sans prendre le temps de vivre réellement avec cet autre que l’on côtoie trop souvent sans même le regarder ni l’écouter.

J’ai beaucoup aimé ce roman empreint d’humanité et de sincérité. J’apprécie également l’écriture de Cécile Pivot que je découvre avec « Les lettres d’Esther ».

On ne manquera pas de lire également les chroniques des blogs Les livres de K79, Doucettement et Encres vagabondes

Catalogue éditeur : Calmann-Levy

« Cet atelier était leur bouée de sauvetage. Il allait les sauver de l’incompréhension d’un deuil qu’ils ne faisaient pas, d’une vie à l’arrêt, d’un amour mis à mal. Quand j’en ai pris conscience, il était trop tard, j’étais déjà plongée dans l’intimité et l’histoire de chacun d’eux. »

En souvenir de son père, Esther, une libraire du nord de la France, ouvre un atelier d’écriture épistolaire. Ses cinq élèves composent un équipage hétéroclite : une vieille dame isolée, un couple confronté à une sévère dépression post-partum, un homme d’affaires en quête de sens et un adolescent perdu.
À travers leurs lettres, des liens se nouent, des cœurs s’ouvrent. L’exercice littéraire se transforme peu à peu en une leçon de vie dont tous les participants sortiront transformés.
Roman initiatique, pétri de tendresse et d’humanité, ces Lettres sont un éloge de la lenteur, une ode au pouvoir des mots.

EAN : 9782702169070 / Prix : 19.50 € / Pages : 320 / 135 x 215 mm / Parution : 19/08/2020 / EAN numérique : 9782702169452 / Prix Numérique : 13.99 €

Trois chemins vers la mer, Brit Bildoen

Un roman aussi émouvant qu’inoubliable

Les chapitres alternent trois récit, l’état, le corps, l’exil. Trois femmes entrent en scène tour à tour.
Une femme marche vers la mer ;
Une femme attend le courrier de l’administration qui va briser sa vie ;
Une femme tente de comprendre son ennemi.

Une femme est en exil sur cette partie de terre qui abrite un observatoire ornithologique. Chaque jour elle promène son chien, la vieille Isa qui lui tient compagnie. Car elle qui refuse toute autre relation, toute amitié, toute interaction avec les humains de son entourage. Les seuls qu’elle accepte sont ses collègues de l’observatoire. Dans le silence et la solitude de son intérieur, elle traduit un roman de Dany Laferrière. Elle se laisse bercer par les mots, elle a le goût de la précision, de la sonorité qui doit lui correspondre dans sa propre langue. Mais qui est vraiment cette femme secrète, solitaire, taiseuse.

Un femme marche, elle traîne une valise avec un chat dedans. Qui est-elle, et pourquoi va-t-elle si souvent dans la maison de celui qu’elle nomme l’état ? Quelle relation délétère et secrète entre cet homme et cette femme ? Que cherche-telle à démonter, jour après jour, nuit après nuit ?

Une femme attend depuis quatre ans le bonheur de pouvoir adopter un bébé. Fausse couche après fausse couche, tout espoir d’être un jour mère s’est envolé, son corps lui refuse le bonheur qui devrait être dû à chaque femme qui le souhaite. Avec son époux, ils sont en liste d’attente pour adopter un enfant chinois. Mais les années passent, le gouvernement doit renouveler leur agrément. Ils ne sont plus très loin sur la liste d’attente, sur le chemin de l’espoir, plus que quelques mois sans doute et ils auront enfin le bonheur de tenir un bébé dans leurs bras. Pourtant l’administration et les règlements en ont décidé autrement. S’engage alors pour le couple de quinquagénaires un long combat pour tenter de faire valoir ses droits.

Ces trois femmes ont un chemin de vie difficile, portées par un seul désir, celui d’être mère, et par une seule incompréhension face à l’inadmissible réponse de l’administration. Car dans ces trois récits, l’état, le corps, l’exil , il y a surtout l’espoir de devenir mère, la révolte face à l’administration, enfin l’apaisement et l’envie de vivre enfin.

Brit Bildøen ose mettre des mots sur la douleur extrême, sur l’incompréhension, sur la folie et le chagrin qui détruisent inexorablement les rêves d’une vie. Ce roman se lit d’un souffle, d’une traite. Peu à peu les personnage et l’intrigue se dessinent et s’emboîtent comme une évidence. Le chagrin devient si fort, l’espoir puis l’anéantissement de tous les rêves sont impossibles à accepter. Empathique, le lecteur entre en communion avec cette femme, ses interrogations et ses doutes, sa fuite et ses rêves.

Un roman que je vous conseille vivement, tant pour son écriture que pour cette atmosphère qui s’en dégage, à la fois dérangeante, bouleversante, douce et humaine.

Catalogue éditeur : Delcourt littérature

Une femme fait de longues promenades avec son chien sur la plage. Quand elle ne travaille pas à l’Observatoire ornithologique, elle traduit Dany Laferrière. Elle veut tout oublier de ce qui a été. Mais les remparts de la mémoire menacent de céder…
Une femme marche vers sa boîte aux lettres. À l’intérieur, il y a la lettre qu’elle attend depuis si longtemps. Une lettre qui pourrait changer sa vie : l’agrément d’adoption des Services sociaux à l’enfance.
Une femme déambule dans une zone résidentielle, traînant derrière elle une valise à roulettes. À l’intérieur, il y a un chat mort. C’est la même femme mais elle est différente. Une femme qui glisse insensiblement dans une folie violente. Jusqu’où ira-t-elle ?
Les migrations intérieures d’une femme chahutée par les tournants de la vie, jusqu’à l’échappée belle.

Née en 1962, Brit Bildøen rencontre son premier succès en 1998 avec Tvillingfeber couronné par le prix Oslo et le prix Nynorsk. Elle est l’auteur de huit romans (souvent primés), dont Sju dagar i august finaliste pour le Dublin International Award et élu en 2019 par le quotidien Dagsavisen comme l’un des quinze meilleurs romans de la dernière décennie. Également traductrice, Brit Bildøen vit aujourd’hui à Oslo.

Traduit du norvégien par Hélène Hervieu

Parution le 30 septembre 2020 / 180 pages / 19€