Le secret des parents, Nicolas Mathieu, Pierre-Henri Gomont

Connaissez vous le secret ? Savez vous ce que les parents pensent des enfants ?

Kleber le sait bien, car il a percé le secret des parents, ceux qui détestent les enfants, les grondent, les obligent à ranger leur chambre, à aller à l’école, et surtout surtout, ceux qui ont oublié depuis longtemps qu’un jour ils ont été eux aussi des enfants.

Heureusement, il y a mamie et ses délicieuses tartes à la mirabelle, qui console de tout, tout le temps. Et qui explique, raconte, et vous fabrique plein de souvenirs pour plus tard. Enfin, il y a aussi toutes les promesses que Kleber fait à l’adulte qu’il deviendra un jour.

Mais le temps passe, les années s’ajoutent aux années et le jour où Kleber est devenu adulte à son tour, c’est un père de famille occupé et stressé. Mais alors, aimera-t-il les enfants ou va-t-il les détester lui aussi ?

Si vous voulez le savoir, il faut lire ce joli livre écrit par Nicolas Mathieu et au graphisme tout en légèreté et bonne humeur réalisé par Pierre-Henri Gomont. Tellement de vérité et de conseils faciles à appliquer finalement dans cette BD à hauteur d’enfant à lire sans faute par les parents, pour ne jamais oublier !

Catalogue éditeur : Actes Sud Junior

Pourquoi les grandes personnes sont-elles si sévères avec les enfants ? Le petit Kleber ne cesse de s’interroger. Jusqu’à ce qu’un jour, sa grand-mère lui révèle un secret : si les adultes sont si grognons, c’est parce qu’eux-mêmes ont oublié qu’ils étaient autrefois des enfants. Alors, Kleber se jure que lui n’oubliera jamais. Mais le temps passe, et les étés se succèdent…

Nicolas Mathieu est né en 1978, à Épinal. Après des études d’histoire et de cinéma, il s’installe à Paris où il exerce une multitude de métiers (scénariste, stagiaire dans l’audiovisuel, rédacteur dans une société de reporting, professeur à domicile, contractuel à la Mairie de Paris…).
En 2014, il publie son premier roman, Aux animaux la guerre, dans la collection Actes noirs, et reçoit le prix Erckmann-Chatrian, le prix Transfuge du meilleur espoir Polar et le prix Mystère de la critique.  Il participe à l’adaptation du roman qui devient une série diffusée sur France 3, avec Roschdy Zem dans le rôle principal.
Son deuxième roman, Leurs enfants après eux, parait en 2018. Salué par une critique enthousiaste, il est récompensé par le prix Blù Jean-Marc Roberts, la Feuille d’or de Nancy, le prix des Médias France Bleu-France 3-L’Est Républicain, le prix du deuxième roman Alain Spiess-Le Central et le prix Goncourt. Son troisième roman Connemara est sorti en janvier 2022.

Né en 1978, Pierre-Henry Gomont a exercé différentes professions, dont celle de sociologue, avant de devenir auteur de bandes dessinées. En 2010, il fait ses premiers pas dans le 9e art et participe à l’album collectif 13m28 (Manolosanctis). En 2011, il signe son premier album, Kirkenes (Les Enfants rouges), scénarisé par Jonathan Châtel. Au cours de la même année, il écrit et dessine Catalyse (Manolosanctis). Début 2012, il publie Crématorium (Kstr), écrit par Éric Borg. Il enchaîne ensuite les titres : Rouge karma (Sarbacane, 2014), avec Eddy Simon, et, en solo, Les Nuits de Saturne (Sarbacane, 2015) et Pereira prétend (Sarbacane, 2016). Pour cet album, adapté du roman d’Antonio Tabucchi, il reçoit le Grand Prix RTL de la bande dessinée ainsi que le prix de la bande dessinée historique des Rendez-vous de l’Histoire de Blois.
Chez Dargaud, il est l’auteur de Malaterre et La fuite du cerveau.
En 2020, il fait son entrée au catalogue d’Actes Sud junior avec l’album La Grande École qu’il signe avec Nicolas Mathieu. Et en 2021, Le secret des parents. Il vit et travaille à Bruxelles.

novembre 2021 / 24.00 x 32.00 cm / 32 pages / ISBN 978-2-330-15521-6 / prix : 16,50 €

36 heures dans la brume, Nathalie Somers

la folle aventure de deux adolescents dans le San Francisco des années 30

Quand San Francisco s’embrume nous chantait Maxime Le Forestier dans les années 70. Ici, nous voici plongés dans les années 1930, en 1937 exactement, quand le Golden Gate Bridge qui enjambe majestueusement la baie de sa belle couleur orange vient tout juste d’être construit.

Un adolescent est miraculeusement sauvé par des pêcheurs alors qu’il flottait accroché à un vieux pneu malencontreusement jeté dans la baie (prétexte à évoquer les dégâts de la pollution, déjà à cette époque). Mais Matt, puisque s’est son prénom, souffre d’une amnésie passagère et ne sait pas ce qu’il fait là. Peu à peu, la mémoire lui revient. Malgré ses blessures, intrépide et décidé, il sait qu’il doit absolument sauver une jeune fille en détresse.

Sa quête va le ramener dans le quartier du port, à la rencontre d’une jeune chinoise qui va l’aider à retrouver celle qui n’est autre que sa sœur jumelle, Mary.
C’est donc avec l’aide de Jiao qu’il va affronter les hommes d’Al Capone, alors incarcéré à Alcatraz, la célèbre prison dont on ne s’évade jamais, mais également les bandes rivales, gangs de petits blancs oisifs et belliqueux ou tongs des jeunes chinois qui tiennent eux aussi en coupe réglée le quartier de chinatown.
Toute l’intrigue est prétexte à évoquer les différents quartiers de San Francisco, les conflits entre communautés, la spécificité de chinatown ou encore une allusion à la pègre avec l’arrestation du grand Al Capone, une courte plongée dans la ville des années 20.

Bien sûr, je ne correspond pas au public auquel est destiné ce roman, 12 ans et plus, et donc j’ai parfois trouvé que quelques explications n’étaient pas assez poussées ou détaillées. Mais l’impression générale est bien rendue. Les principaux protagonistes vont rapidement se rapprocher pour réussir leur folle entreprise de sauvetage. Le rythme est soutenu, peu de temps mort, une lecture agréable qui devrait séduire les amateurs de thriller en herbe.

Catalogue éditeur : Fayard

1937. Matt est repêché, à moitié noyé, dans la baie de San Francisco.
À son réveil, l’adolescent est amnésique. Son seul souvenir : une jeune fille désespérée, cheveux au vent, qui s’apprête à sauter du Golden Gate Bridge. Matt ignore qui elle est. Pourtant, il sait qu’il doit la sauver à tout prix.
Mais par où doit-il commencer, lui qui se souvient à peine de son propre nom ?
Une course effrénée dans les rues de San Francisco, dans l’ombre du plus grand gangster de tous les temps.

À partir de 12 ans / Date de parution 06/09/2022 / Prix 13,90 €

La bibliothécaire, Gudule

Pourquoi les enfants ont aimé ce roman de Gudule lu par Thomas Solivéres

Chaque jour à l’école Guillaume s’endort sur son pupitre. Pourtant c’est un bon élève, aussi l’instituteur se demande ce qui lui arrive.
Il faut dire que chaque soir, Guillaume observe sa voisine par la fenêtre. C’est une vieille dame qui passe des heures à écrire, inlassablement penchée à sa table.
Puis lorsqu’elle a fini et éteint enfin la lumière, il a le bonheur de voir une jeune fille sortir de son immeuble.

Mais une question le taraude, qui est elle, ou plutôt qui sont-elles ?
Pour le savoir, une nuit il décide de suivre la jeune fille, et va avec elle jusqu’à la bibliothèque de son quartier.

La rencontre est un grand moment de bonheur. Guillaume est totalement séduit par la jeune Ida au parfum et aux habits surannés qui lui ouvre la porte vers la magie des livres. Ida qui lui avoue qu’elle rêve de trouver le grimoire qui lui permettra d’écrire le roman de sa vie. Mais la vieille dame, tout comme Ida, disparaissent du jour au lendemain.
Avec ses amis, il décide de partir à leur rencontre. Cette recherche les entraîne à nouveau dans la bibliothèque où ils plongent littéralement dans les histoires les plus extraordinaires à la rencontre des différents personnages. Il suffit de le vouloir, et ils entrent dans les livres, dès lors que ce soit Alice au Pays des Merveilles, le Petit Prince, Poil de Carotte, ou même Gavroche, plus aucun personnage n’a de mystère pour celui qui est totalement entré dans l’histoire.

Un joli conte et une lecture agréable. Quel bonheur de se dire qu’il suffit de tourner les pages à l’envers pour ressusciter nos personnages préférés qui finalement ne meurent jamais et nous feront éternellement rêver.

Catalogue éditeur : Audiolib

Pas étonnant que Guillaume s’endorme pendant les cours : toutes les nuits, il observe les drôles de choses qui se passent dans l’immeuble d’en face. Une mystérieuse vieille dame qui n’arrête pas d’écrire, une jeune fille qui s’enfuit dans les rues sombres, toujours à la même heure… Un jour, il se lance à sa poursuite, et découvre que toutes les réponses à ses questions se trouvent… à la bibliothèque ! Avec l’aide de ses amis, il se lance dans un fantastique voyage au pays des livres, qui le mènera à la rencontre d’Alice au pays des merveilles, de Poil de Carotte, du Petit Prince…

Collection : Jeunesse Éditeur d’origine : Hachette Jeunesse / EAN 9782367623047 Prix du format cd 14,00 € / parution : 22/03/2017 Durée : 3h19

Ce que nous confions au vent, Laura Imai Messina

Quand le malheur frappe, vivre intensément le temps présent

Dans un Japon à la fois moderne et traditionnel, il existe un lieu magique où les vivants communiquent avec les morts, un lieu extraordinaire capable de suturer les âmes les plus meurtries.

À Otsushi, sur les pentes du Mont Kujira-yama au Nord du pays, une cabine téléphonique avec un vieux combiné noir est plantée dans un immense jardin. Les japonais l’ont nommée La cabine du vent, elle permet de téléphoner aux morts, et en particulier aux disparus de la catastrophe de 2011. Le vieux téléphone installé par Itaru Sasaki n’est reliée à rien sinon à la mémoire de ceux qui ne sont plus, et au chagrin lié au souvenir des jours heureux.

Yui a perdu sa mère et sa fille dans la catastrophe du tsunami. Elle n’arrive pas à atténuer la douleur que lui provoque cette double perte. Animatrice d’une émission de radio, lorsqu’un de ses auditeurs évoque le téléphone du vent, elle comprend qu’il faut absolument qu’elle s’y rende.

En chemin, elle rencontre Takeshi qui est aussi perdu qu’elle. C’est son épouse qui a disparu, et depuis sa petite fille de six ans ne parle plus,. Il ne sait plus comment agir avec elle.

Ce que nous confions au vent est l’histoire d’une rencontre. Entre un homme et une femme anéantis par le malheur, mais qui espèrent trouver un moyen de communiquer avec leurs défunts. Deux rescapés parmi les nombreux destins brisés lors de la catastrophe de Fukushima.

Dans ce lieu magique créé pour favoriser la résilience et l’oubli, au fil des mois il semble pourtant évident que toute l’énergie passée à se connecter au passé empêche d’envisager un avenir. Mais pour ces cerveaux torturés et ces cœurs brisés, le temps fait son œuvre réparatrice malgré un chemin difficile et aléatoire.

J’ai apprécié la façon dont la société Japonaise est décrite de l’intérieur, même si j’aurais aimé avoir quelques explications complémentaires sur les subtilités des relations entre homme et femme, pour mieux comprendre leurs hésitations et leur place dans cette autre culture si éloignée de notre monde occidental rationnel.

S’il n’y a rien de moins universel que le malheur, la façon dont les principaux protagonistes interagissent avec prudence, lenteur et pudeur peut parfois dérouter. Le déroulé de l’intrigue et son issue sont rapidement évidents, mais tout l’intérêt du roman réside dans l’analyse de l’évolution psychologique de Yui et sur la difficulté à recréer une relation après le traumatisme d’un deuil. Mais aussi sur la difficulté à être, mère, épouse, ami, les interrogations que cela implique et les bouleversements au présent et au futur dans la vie de chacun. Une leçon de vie aussi, vivre intensément le temps présent car tout peut s’arrêter si vite, vivre sans attendre, sans penser à tout ce que l’on pourra faire plus tard, faire, agir, vivre.

La lectrice Clara Brajman a une voix douce, délicate et posée, en symbiose avec les sentiments des protagonistes. Elle n’est jamais désespérée, comme si elle voulait leur insuffler son énergie pour les faire évoluer devant nous, prendre en main leurs vies, et avancer.

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury Audiolib 2022

Catalogue éditeur : Audiolib, Albin-Michel

Sur les pentes abruptes du mont Kujira-yama, au milieu d’un immense jardin, on aperçoit une cabine téléphonique : le Téléphone du vent. Chaque année, des milliers de personnes décrochent le combiné pour confier au vent des messages à destination de leurs proches disparus. En perdant sa mère et sa fille, emportées par le tsunami de 2011, Yui a perdu le sens de sa vie. C’est pour leur exprimer sa peine qu’elle se rend au mont Kujira-yama, où elle rencontre Takeshi et sa petite fille, également en deuil. Mais une fois sur place, Yui ne trouve plus ses mots…

Lu par Clara Brajtman / Traduit par Marianne Faurobert

EAN 9791035406967 Prix du format cd 21,90 € / EAN numérique 9791035407117 Prix du format numérique 19,95 € / Parution : 15/09/2021Durée : 5h01

Albin-Michel Date de parution 01 avril 2021

L’arbre d’Hipollène, théâtre du gymnase Marie-Bell

Une adaptation libre du livre de Claude Ponti, l’arbre sans fin, par La Nad Compagnie

Retomber en enfance le temps d’un spectacle, une belle promesse. En enfance, mais surtout sauter à pieds-joints dans l’univers de Claude Ponti, avec ses personnages déjantés, ses mots inventés et ses jeux de mots inventifs adaptés au public parents-enfants (la scène des portes est géniale !) pour une histoire qui séduit autant les petits que les grands.

Pour ma part, je découvre cet univers qui a déjà conquis depuis bien longtemps Roman qui m’explique en allant au théâtre les personnages que je vais peut-être y trouver et tout l’intérêt du vocabulaire de l’auteur.

Roman, six ans : L’escalier était trop drôle, mais l’escalier, il a pas mal ? Et tu as vu, le crayon qui trace le fil, je le connais ! Ils sont fort les acrobates, mais comment ils font pour ne pas se faire mal ? Et tu as vu, ils inventent des mots tout le temps.

Arthur, neuf ans : J’aime beaucoup la fête avec tous les poussins. Le monsieur qui était là, il inventait l’histoire au fur et à mesure ?
C’était très drôle, les décors étaient rigolos, parfois on voyait les gens pendant qu’ils les déplaçaient, mais ils étaient aussi drôlement compliqués, il y en avait beaucoup, ils s’ouvraient comme des livres et nous on était dans l’histoire.

Des décors étonnants, mobiles, colorés, variés, des détails superbes qui rappellent l’univers de l’auteur, fouillés, précis, pour une scénographie vraiment bien orchestrée qui suit le déroulé du conte. Une musique et des chants, portés par la voix superbe de la maman d’Hipollène, que les enfants reconnaissent car ils font appel à certains classiques qu’ils ont maintes fois écoutés comme Pierre et le loup. Des personnages je l’ai dit, assez déjantés, humains, attachants, enfin, pas tous, quelques monstres rodent par là et feront peut-être faire quelques sauts sur leur fauteuil aux petits qui vous accompagnent.

Chant, acrobatie, rythme, jeu d’acteur et jeu de mots, échanges, tout est fait pour nous transporter dans cet arbre sans fin. C’est féerique, vous oublierez le temps du spectacle tout se qui se passe au dehors.

Alors courez vite à le rencontre d’Hipollène, qui passant de la joie à la tristesse, va découvrir à travers un parcours initiatique comment affronter ses peurs et être elle-même, une plongée dans l’univers magique de Claude Ponti.

Quoi : Hipollène, animal anthropomorphique (mi-petite fille, mi-écureuil) est confrontée au départ d’un être cher : sa grand-mère.

Elle débute alors un long parcours initiatique au cœur des racines de son arbre-maison, au cours duquel elle devra affronter ses propres peurs et sa finitude, pour finalement accepter la mort et sortir grandie de cette épreuve.
Au fil de sa quête, elle sera aidée par tout un tas de personnages déjantés et loufoques ; en un mot, Pontiesques.

Auteur : Claude Ponti
Artistes : Alex Dey, Fanny Passelaigue, Aymeric de Nadaillac, Kader Taibaoui, Diane Vaz
Metteur en scène : Aymeric de Nadaillac

Où : Théâtre du Gymnase Marie-Bell 38 boulevard de Bonne Nouvelle 75010 Paris
Mais surtout, ce spectacle sera repris à la Chapelle des Italiens lors du prochain Festival Off d’Avignon. Quand : du 7 au 30 Juillet 2022 • 10h30, tous les jours sauf relâche

Le sanctuaire d’Emona, Alexandra Koszelyk

Entre fantasy et sortilège, embarquer avec deux amies dans les mondes parallèles

Ne vous demandez pas si ce roman est de la littérature jeunesse, destiné aux adolescents, ou s’il est pour tous les lecteurs. Le sanctuaire d’Emona s’adresse à tous ceux qui aiment voyager dans les mondes parallèles, dans le concret et le fantastique, à ceux qui aiment rêver à des mondes meilleurs et les retrouver sous la plume des auteurs qu’ils apprécient.

Alexandra Koszelyk est de ceux-là, elle qui sait nous embarquer dans le présent et le rêve, le naturel et le surnaturel.

Séléné est une jeune fille bien dans son temps, en permanence connectée à son téléphone et accroc à ses réseaux sociaux. La meilleure photo, les like, les réactions des followers suffiraient presque à son bonheur. Il faut dire que Séléné est une enfant adoptée, ses parents ne lui ont jamais caché ses origines, ils l’élèvent en lui donnant tout leur amour mais elle reste une enfant solitaire. Et surtout, la question qui la taraude est de comprendre comment et pourquoi sa mère biologique l’a abandonnée. Peut être à cause de ce signe distinctif, un croissant de lune qui se love au creux de son poignet.

Irina est une jeune fille qui vit au contraire en décalage avec son époque, elle aime tirer les cartes et a créé elle même son tarot, elle fabrique des figurines à l’image de ceux qui l’entourent qu’elle nomme ses santons. Elle semble à l’opposé de Séléné et pourtant le hasard va les mettre toutes deux dans la même voiture en partance pour la Roumanie.

Le voyage se fera en passant par l’Italie, la Slovénie, la Croatie et la Serbie. Ensuite, direction l’Australie. Un rêve va enfin se réaliser à l’aube de ces vacances scolaires qui s’annoncent sous les meilleurs auspices. Séléné embarque en compagnie de son frère Antoine et de Daria, la copine de celui-ci qui est aussi la sœur d’Irina.

Les quatre jeunes parcourent l’Italie et sont arrêtés en Slovénie par un contrôle de police intempestif. Bloqués pour quelques jours, ils sont hébergés dans une maison inconnue, accueillis par Milena, une hôtesse aussi mystérieuse qu’avenante.

A partir de là, il va leur arriver toute sorte d’événements étranges dans lesquels le surnaturel va rapidement interférer avec le réel. Les rêves récurrents de Séléné semblent même être annonciateurs de la réalité d’un monde parallèle que les deux jeunes femmes vont aborder avec courage et curiosité.

Cette rencontre d’un monde parallèle et les épreuves qu’elles vont affronter vont leur apprendre qui elles sont réellement, renforcer leur amitié naissante, et éveiller leurs sens à la force de la nature et des origines.

J’ai aimé partir à la rencontre de ces jeunes femmes d’aujourd’hui qui doivent affronter leurs démons et comprendre les leçons de ce monde parallèle. Véritable voyage initiatique, c’est une ode à la nature dans ce qu’elle a de plus intrinsèquement vivant et immuable, apprenant ainsi la vraie valeur du monde qui nous entoure et la place de chacun.

Catalogue éditeur : Collection R

Séléné n’a gardé de son passé d’enfant adoptée que son prénom et une mystérieuse marque en forme de croissant de lune au creux du poignet.
Irina prétend lire dans les étoiles, consulte sans cesse son tarot divinatoire et fabrique des santons magiques dans des écorces de bois.
L’une et l’autre n’ont rien en commun, mais lorsqu’elles se retrouvent coincées en Slovénie
dans une étrange maison dissimulée au fond d’un parc planté d’arbres centenaires, elles comprennent que leur rencontre n’est pas liée au hasard.
Des forces invisibles sont à l’œuvre, qui les poussent au seuil d’une découverte extraordinaire. De celles qui changent la face du monde.

Quand elle n’écrit pas, Alexandra Koszelyk est professeure de lettres classiques.
Son premier roman, À crier dans les ruines (Aux Forges de Vulcain, 2019), a remporté les prix du Meilleur Roman des lecteurs Points, de la librairie Saint-Pierre à Senlis, de la librairie Mérignac Mondésir, Infiniment Quiberon, Lions Club de littérature, Totem des lycéens et a été finaliste du prix Stanislas.
Le Sanctuaire d’Emona est son premier roman destiné aux jeunes adultes.

EAN : 9782221258569 / Nombre de pages : 400 / 18.50 € / Date de parution : 20/01/2022

Bijou est ronchon, Emmanuel Bergounioux, Mayana Itoïz

à la rencontre d’un petit flamand rose pas comme les autres

Bijou est un flamand rose pas comme les autres, car il est très ronchon. Il reste souvent dans son coin, pendant que les autres vont jouer, voler, s’amuser. Assis auprès de son père, ou tout seul à l’écart, il se contente de les regarder.

Comment, ce petit flamand rose tout noir, ah, oui, en plus il n’est pas du tout rose, mais qu’importe, à chacun sa différence. Ce petit flamand rose noir donc, a peur de voler. Mais le vilain Jean-Kevin, un affreux marabout qui le terrorise dans la cour de récréation, adore venir l’embêter.

Jusqu’au jour où Bijou sera capable de vaincre ses plus grandes peurs et de se surpasser. Car parfois, on peut surmonter ses craintes, ses appréhensions, et par la confiance que l’on trouve en soi, arriver enfin à réaliser ce qui nous inquiétait tant.

Ce que j’ai aimé ?

Les jolies illustrations de Mayana Itoïz ; une morale assez simple à expliquer aux enfants et à mettre en lumière ; une intéressante vision de la différence, ici c’est sa peur de voler qui rend Bijou différent, pas sa couleur. La preuve si besoin était que parfois tout dépend du regard que l’on porte sur soi et sur les autres.

Mayana Itoïz, en dédicace librairie Tonnet à Pau

Catalogue éditeur : Casterman

Bijou est un flamant rose, noir.
Noir comme son humeur du jour…
Car ce matin, Bijou est ronchon.
C’est comme ça, il ne peut rien y faire.
Nom de nom ! Rien !
Pourquoi ? Parce que Bijou ne sait pas voler !
Et il a peur qu’on se moque de lui…
Mais tandis que Bijou manque de confiance en lui, il se pourrait bien que sa drôle de rencontre avec le méchant Jean-Kevin le pousse à prendre son envol !

De 3 à 6 ans / 13,90 € / Paru le 06/10/2021 / 32 pages / ISBN : 9782203222359

Un baiser qui palpite là, comme une petite bête, Gilles Paris

Harcèlement à l’école, suicide adolescent, un sujet tristement d’actualité

Le roman débute par le témoignage d’Iris. L’adolescente parle de son beau-père, de ses petits copains et de tous ces garçons qui ont déjà défilé entre ses bras malgré sa courte vie, explique comment sa mère la considère, le peu d’intérêt que lui porte sa famille, mais aussi ses amis et camarades du lycée. Puis son suicide frappe le lecteur d’un grand coup de poing dans l’estomac.

Et pourtant, qui est coupable parmi les élèves, les amis, les camarades ? Sans doute chacun d’eux tour à tour, par leurs attitudes, leurs actions, leurs mots et leurs railleries. Tous par leurs silences, à l’ignorer, la décrier, l’insulter. Et les réseaux sociaux, complices de ceux qui ont agit, dit, filmé, montré.

Viennent ensuite les témoignages de la très sage Emma, de Sarah et Chloé ses meilleures copines, de Solal son amoureux, de Tom, le jumeau d’Emma, l’inséparable, puis Romane, Timothée, Aaron, Julian, Léon, Virgile, etc. Chacun à son tour se sent en partie coupable, raconte, essaie de comprendre, de s’excuser, de s’accuser, de remonter le temps pour que cela ne soit pas, mais aussi de continuer le fil de sa propre vie, au milieu de tant de questions, d’interrogations, d’incompréhension.

Ils sont jeunes, boivent beaucoup, fument de la beuh au lycée ou les soirs de fête et de beuverie. Ces soirs-là, comme l’argent ne semble pas un problème pour en trouver, l’alcool coule à flot, les filles saoules deviennent faciles et les garçons se croient beaux et forts. Les jalousies s’exacerbent pourtant lorsque les beaux gars du lycée s’intéressent à d’autres, y compris aux copines.

J’ai eu un peu de mal à les entendre ces lycéens, garçons ou filles, qui semblent trouver normal de boire autant, de fumer, se droguer, d’avoir des expériences sexuelles avec tous ceux qui le souhaitent, et de les enchaîner sans se poser de question. Pourtant, il est évident que cette façon de vivre cache aussi une profonde détresse, des doutes et des questions sur sa propre personnalité, ses désirs, ses envies. L’intérêt de ce roman, c’est aussi qu’il aborde les conséquences du harcèlement scolaire. Un sujet d’actualité dont on parle trop peu, à part sans doute lorsque des affaires éclatent au grand jour et qu’elles sont reprises un court moment par les médias. En parler, le faire lire, et sans doute ensuite l’évoquer avec ses ados est sans doute une excellente solution pour éviter le pire ou pour dédramatiser.

Ah, merci Gilles Paris pour le lexique en fin du livre, car même si j’en connaissais certains, les acronymes ou mots expliqués m’ont permis de suivre et qui sait d’avoir l’air moins bête lors de conversation future avec des jeunes.

Catalogue éditeur : Hors Série Giboulées, Gallimard Jeunesse

«Je me suis laissée prendre, comme une fille facile.» Ainsi parle Iris avant de se donner la mort. C’est un choc pour l’ensemble du lycée mais surtout pour Emma, Tom et leurs amis. Conscients d’avoir mal agi, ils tiennent à mieux comprendre ce qui s’est passé et à défendre la mémoire d’Iris.

À partir de 15 ans / 224 pages / 13,50 € / Parution : 09-09-2021 / ISBN : 9782075153034

Le petit seigneur, Antonio Ferrara

Rêver sa vie n’est pas toujours une option et dépend parfois de sa naissance…

Tonino est un gamin comme tant d’autres, enfin, presque. Pour ses parents, l’école n’est pas une priorité, bien au contraire. A l’âge où les gamins apprennent et jouent comme des enfants, Tonino comme ses sœurs aident à faire fonctionner l’entreprise familiale. Et l’entreprise familiale n’a rien de banal. Enfin, peut-être l’est-elle finalement, puisque après tout on est à Naples, dans le pays où les mafieux règnent en maîtres.

Si les petites sœurs ont la dextérité voulue pour empaqueter les grammes de blanche, Tonino est, à treize ans à peine, déjà passé maître dans l’art du commerce de la neige. Vendre des doses au seuil de l’appartement ou dealer dans la rue, avec son revolver dans la poche, est devenu son ordinaire chaque jour à partir de dix-huit heures et jusque tard dans la nuit.

Impossible de se lever pour aller au collège. Pourtant, son professeur d’italien s’obstine, Tonino est un excellent élève qui rêve de devenir journaliste. Mais en bon napolitain, le père veille, et saura agir si nécessaire pour garder son fils dans l’entreprise. Car dans la ville de Naples, point de salut pour les enfants en dehors de la famille et du milieu.

Antonio Ferrara pointe du doigt ces milieux où les jeunes ont pour avenir celui que leur aînés leur ont assigné, sans possibilité de tracer leur route comme ils l’entendent. L’auteur le dit bien en exergue de son roman, avoir des rêves, des choix de vies, cela n’est pas donné à tous les enfants. Et ceux qui le dénoncent le payent souvent de leur vie.

Un livre jeunesse à faire lire à tous les adolescents mais qui peut aussi être lu par tous. Une lecture importante qui montre que la liberté et le rêve ne sont pas donnés à tous de façon semblable dans le monde, et pour reconnaître le privilège de recevoir une éducation familiale et scolaire enrichissante et égalitaire. l’écriture est agréable et l’on se met facilement dans la peau de Tonino, ses rêves, ses amitiés, ses doutes et ses désillusions.

Catalogue éditeur : Bayard

Tonino suit la voie que son père a tracée pour lui. Celle des seigneurs, pour qui les codes d’honneur sont une question de vie ou de mort.
Chaque soir, il descend sur la place. Adossé au mur, il attend les clients qui viennent lui acheter ses petits sachets.
La drogue, c’est une histoire de famille.
À treize ans, Tonino n’a peur de rien.
Sa vie lui convient telle qu’elle est. Remplie d’adrénaline.
De toute façon, il n’a pas le choix. Dans certains quartiers de Naples, le rêve n’est pas une option.
Pourtant, quand la loi du silence se brise, la nuit laisse aussi parfois entrevoir une lueur d’espoir.

À partir de 12 ans / Parution : 06/01/2021 / Prix : 12,90 € / Pages 144 / EAN 9791036304736

Les croques, tuer le temps, Léa Mazé

Les élucubrations fantaisistes de deux gamins dans les allées d’un cimetière

Dans cette BD destinée au plus de 9 ans, l’ambiance est pour le moins originale et singulière. En effet, peu d’enfants parcourent les allées des cimetières pour leur plaisir comme peuvent le faire les jeunes protagonistes de cette série.

Fort heureusement, des jumeaux ne sont jamais vraiment seuls. Car Céline et Colin sont moqués à l’école du fait du métier des parents, et sont un peu trop laissés de côté par de parents très très occupés par leurs clients, enfin, par les familles de leurs clients puisqu’ils sont croque-morts.

Ils sont également les souffre-douleur de leur camarades de classe, et leur instituteur est bien aveugle quant aux responsabilités réelles des jumeaux qui se font systématiquement punir. Ils restent cependant unis dans l’adversité. En particulier face au harcèlement jamais dénoncé par le maître, ou même envisagé par des parents fort peu soucieux de leur bien-être.

Bien sûr ces enfants ne sont pas très différents des autres. Ils aiment faire du bruit, jouer, et partir l’aventure. Quand leurs parents surbookées les oublient un peu trop, les tombes, les chapelles, et les inscriptions recèlent assez de mystères pour leur permettre de voyager loin grâce à leur imagination. Heureusement, Poussin, le graveur funéraire qui travaille au cimetière, arrive encore entre deux gravures à écouter leurs élucubrations et semble prêt à alimenter la source de leurs interrogations.

Et leur découverte dans les allées du cimetière va les mener vers une aventure qui pourrait faire peur aux enfants, mais pas aux jumeaux, bien décidés à dénouer l’intrigue qui se présente à eux. Car l’imaginaire n’a ni frontière ni tabou, et les enfants sont capables de s’occuper partout où ils sont. Comme Léa Mazé nous en fait la démonstration.

Le graphisme sobre, peu coloré, fait de nuances d’ocres, de sépia et de gris, fait bien ressentir l’ambiance du cimetière. Un série intéressante, vite il faut que je découvre la suite…

Catalogue éditeur : éditions de la Gouttière

Dessinatrice et scénariste : Léa Mazé

Les parents de Céline et Colin tiennent une entreprise de pompes funèbres. Une profession bien lourde à porter pour les jumeaux, raillés en permanence par leurs camarades qui les surnomment Croque-mort et Croquemitaine. Isolés, les deux jeunes collégiens ne voient que peu leurs parents, très occupés, et commencent à cumuler les bêtises… jusqu’à être renvoyés de leur établissement scolaire pendant deux jours !
Les enfants se réfugient alors auprès de Poussin, le graveur funéraire qui aime les écouter et alimenter leur imagination…

Date de parution : 7 septembre 2018 / Format :  22 x 29 cm / 72 pages / 13,70 € / ISBN 979-10-92111-79-8 coup de cœur Cultura en 2019