Roux ! De Jean-Jacques Henner à Sonia Rykiel, musée Jean-Jacques Henner

Partir à la découverte de ce musée parisien lors de la visite de l’exposition Roux !

Les reflets d’incendie de ces chevelures rousses en ont fait des sources de préjugés, rouge du démon et des enfers, des sorcières et de la trahison. Le musée Jean-Jacques Henner réhabilite cette couleur flamboyante, aujourd’hui souvent affirmée et choisie. Il permet d’apporter un regard neuf sur l’œuvre de cet artiste en particulier, et de nombreux autres également présentés dans les différentes salles du musée.

Depuis la flûtiste d’Idylle, son premier tableau en 187, le roux va jouer un rôle primordial dans sa créativité artistique et signer sa singularité. De nombreux croquis et esquisses, ainsi que des tableaux qui représentent ses modèles posant pour lui sont présentés dans les salles de ce bel hôtel particulier. Peindre des cheveux roux lui permet de donner à ses toiles une plus grande sensualité.

Enfin, si la rousseur est le plus souvent associée au traître Judas, Jean-Jacques Henner quant à lui décide de peindre Le Christ roux.

Aux côtés des tableaux de Jean-Jacques Henner, le visiteur découvre des œuvres de Renoir, Maurin, Carolus-Duran ou Maxence, qui ont su à leur tour magnifier des femmes aux chevelures rousses qui affichent la couleur sur la toile des maîtres coloristes.

La force d’une couleur : Couleur qui se voit et qui fait écart avec les autres, Michel Pastoureau. « Le roux est une véritable couleur qu’il utilise soit en camaïeu sur toute sa toile, soit uniquement pour les cheveux afin de capter le regard dans un tableau aux ombres très présentes. Le rouge-orangé est alors renforcé par la présence du bleu-vert, sa couleur complémentaire.« 

Quelques traits de sanguine : la sanguine permet de mettre en lumière l’importance de cette couleur, c’est l’outil idéal du peintre. « Parce qu’ils sont peu nombreux, les roux peuvent susciter des réactions ambiguës mêlant fascination et répulsion. Les préjugés à leur égard sont nombreux et veulent que les roux soient des traîtres violents et les rousses des sorcières luxurieuses. »

Rousseur et préjugés : Ils attirent l’attention par leur singularité, peuvent être l’objet de moqueries ou de sévices, comme pour Poil de Carotte, le héros de Jules Renard, mais lorsqu’elle est un choix totalement assumé cette couleur renforce la personnalité, on pense par exemple à David Bowie ou même Axel Red.

Comme le rappellent si justement les informations de cette exposition, les rousses sont également nombreuses dans la poésie et le roman. Avec son célèbre poème À une mendiante rousse, publié dans le recueil Les Fleurs du mal en 1857, Charles Baudelaire associe la rousseur à la prostitution et à la pauvreté.

Blanche fille aux cheveux roux,
Dont la robe par ses trous,
Laisse voir la pauvreté,
Et la beauté,
Pour moi, poète chétif,
Ton jeune corps maladif,
Plein de taches de rousseur,
A sa douceur.

Le Musée Jean-Jacques Henner situé 43, avenue de Villiers 75017 Paris est ouvert du lundi au dimanche de 11h à 18h.

Fermeture mardi et jours fériés (1er janvier, 1er mai, 25 décembre). Nocturne jusqu’à 21h le deuxième jeudi de chaque mois.

La collection Emil Bührle au musée Maillol

La Collection Emil Bührle, voir ou revoir Manet, Degas, Renoir, Monet, Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Modigliani, Picasso.

Une exposition de toiles incontournables à travers l’une des collections les plus importantes au monde.

Le musée Maillol présente pour la première fois en France les chefs-d’œuvre de la Collection Emil Bührle. Emil Georg Bührle (1890-1956) né en Allemagne, s’installe en Suisse en 1924. Personnage pour le moins ambigu puisqu’une grande partie de sa fortune provient de la vente d’armes pendant la Seconde Guerre Mondiale, il était aussi un amateur d’art passionné – apparemment pas toujours éclairé – mais nous ne verrons ici que des œuvres majeures. Entre 1936 et 1956 il rassemble plus de 600 œuvres d’art représentant un panorama très complet de l’art français du XIXe et du début du XXe siècle.

Le musée présente une soixantaine de pièces de cette collection qui englobe différents courants de l’art moderne : l’impressionnisme avec Manet, Monet, Pissarro, Degas, Renoir, Sisley, le postimpressionnisme avec Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Toulouse-Lautrec, les Nabis du début du XXe siècle avec Bonnard, Vuillard, les Fauves et les Cubistes de Braque, Derain ou Vlaminck, l’École de Paris avec Modigliani, enfin, Picasso qu’il apprécie sur le tard.

A noter, dans une salle consacrée plus particulièrement aux archives, les lettres et le parcours de certains œuvres spoliées pendant la guerre, achetées, rendues pour certaines à leurs propriétaires, puis rachetées légalement par Bührle et léguées par la suite à une fondation

Blog Domi C Lire photo du tableau de Modigliani, nu couché

Cette exposition est un témoignage historique majeur. C’est beau, trop court à mon goût, même si j’aime vraiment beaucoup ce musée. C’est un beau voyage, ne boudez pas votre plaisir.

C’est au 61 rue de Grenelle 75007 Paris, jusqu’au 21 juillet 2019.

Helena Rubinstein, L’aventure de la beauté, Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme

Pour la première fois en France, le mahJ consacre une exposition à Helena Rubinstein, celle que Jean ­Cocteau nommait « l’impératrice de la beauté ».

Visite un peu trop rapide pour moi hélas. Il faut vraiment prendre son temps car il y a plus de trois cents documents, objets, vêtements (pas assez à mon goût !), photos, peintures, sculptures, en particulier de nombreux portraits qu’elle faisait faire aux plus grands, des œuvres de Marc Chagall, Michel Kikoïne, Sarah Lipska, Louis­ Marcoussis, Elie Nadelman ou Maurice Utrillo, provenant de sa collection personnelle.

Helena Rubinstein (1872-1965)  a su créer des produits et donner aux femmes l’idée de la beauté à portée de toutes et de tous. Tous aussi, car elle fera à moment donné une tentative de salon de beauté pour homme, ne manquez pas le beau Tony Curtis. Tentative manquée car sans doute était-elle bien trop précurseur dans le domaine ?

Tout au long de sa vie, elle s’affranchit des codes en rigueur à son époque et n’aura qu’une priorité, l’émancipation des femmes par la beauté.
Née à Cracovie dans une famille modeste juive orthodoxe, ainée d’une fratrie de huit filles, elle quitte l’école à quinze ans pour aider ses parents. Quelques années plus tard, elle refuse le mariage qu’on tente de lui imposer et part à Vienne chez une tante. Mais là encore on veut la marier. Elle part alors en Australie. Là, elle change de nom et commence un commerce de crèmes de beauté, puis ouvre un institut de beauté, clamant que La beauté est un pouvoir pour les femmes, ou l’émancipation par la beauté !

En quelques années, elle va créer un véritable empire de la cosmétique. De Cracovie à Vienne, de Melbourne à Londres, de Paris à New-York elle a créé des produits de beauté, des lignes de maquillage pour toutes les femmes (auparavant le maquillage était destiné aux prostituées), ouvert des usines, des instituts de beauté. Elle fait de la beauté une science, n’hésitant pas à analyser, classer, la peau, à soumettre crèmes et produits à des tests rigoureux, et préconise également régime et activité physique, largement en avant sur son temps.

Femme d’affaires d’envergure internationale, sa fortune lui permet tous les plaisirs. Elle s’habille chez les plus grands couturiers, Chanel, Schiaparelli, Dior ou Saint Laurent.

Collectionneuse et amateur d’art éclairé elle a côtoyé les plus grands artistes de son temps. Comme les grands mécènes de la Renaissance, elle les a fait régulièrement travailler. Elle leur commande en particulier des portraits, et les plus grands noms de son époque se sont ainsi retrouvés sur les murs de ses différents appartements. Et lorsqu’elle aimait un artiste, elle n’hésitait pas à lui commander des œuvres, pour ses intérieurs comme pour ses salons de beauté. Elle va acquérir tout au long de ses années de grands collections d’art premiers, mais aussi des œuvres des artistes de son temps, on la voit en photo aux côtés des plus grands noms qui nous font tant rêver, Dali, Picasso, Frida Kahlo par exemple.

C’est au Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme, dans l’Hôtel de saint Aignan, au 71, rue du Temple, 75003 Paris, jusqu’au 25 août 2019.

Commissaire de l’exposition Michèle Fitoussi

Vasarely, le partage des formes au Centre Pompidou

Une rétrospective très complète de l’œuvre du maître de l’Op art. Hypnotique, cosmique, visionnaire, avec lui la 4e dimension entre sur la toile.

C’est la première grande rétrospective française consacrée au père de l’art optique, Victor Vasarely. Dans un parcours à la fois la chronologique et thématique, l’exposition présente près de trois cents œuvres de toutes tailles, souvent impressionnantes avouons-le, pour explorer le continent Vasarely,et aborder toutes les facettes de l’œuvre d’un artiste plus éclectique qu’il n’y parait.

De sa formation dans les traces du Bauhaus jusqu’aux ses dernières innovations formelles – peintures, sculptures, multiples, intégrations architecturales, publicités, études – il touche à tout.

De Budapest à Paris, de Belle ile en mer à Gordes, par ses géométries abstraites en noir et blanc qui exacerbent l’illusion optique ou par ses toiles pixellisés aux couleurs chatoyantes qui font perdre tous repères, approchant la science-fiction et l’imaginaire cosmique, on retrouve celui qui a marqué la culture populaire des années 1960-1970. Vasarely s’inscrit totalement dans un contexte scientifique, économique et social, qui met en exergue la place centrale de l’artiste dans l’imaginaire de ces Trente Glorieuses.

J’ai passé un moment magique, et vraiment eu un grand plaisir à voir différemment cet artiste que l’on croisait dans les années 70 à chaque coin de rue. Des œuvres majeures marquantes, des couleurs étonnantes, chaque grande toile, en particulier les séries énergies abstraites ou rêveries cosmiques, à regarder de près et de loin, en appréciant la scénographie et les éclairages de chaque salle d’expo. Une réussite.

Un artiste à redécouvrir absolument. L’exposition, organisée par le Centre Pompidou, Paris en collaboration avec le Städel Museum, Francfort, est à voir jusqu’au 6 mai.

Hammershøi, le maître de la peinture danoise, musée Jacquemart André

Visiter l’Expo « Hammershøi, le maître de la peinture danoise » et ressentir un moment de sérénité pure à contempler ces toiles en impressions de gris et blancs.

Un artiste éternellement contemporain, superbement étonnant, une jolie découverte. Apparemment tombé dans l’oubli pendant de nombreuses années, Wilhem Hammershøi (1864-1916) est parfois considéré comme le Vermeer du XX° siècle.

Il se dégage de ces quelques 40 toiles, à mesure que l’on progresse dans les salles, une telle sérénité, un tel calme, que l’on a envie d’y revenir. Si le thème des intérieurs était en vogue à l’époque chez les peintres danois, il l’a en quelque sorte sublimé. Les couleurs sont quasi absentes, essentiellement des tonalités de gris, bruns, blancs, tonalités froides donnant une impression de mélancolie, voire d’austérité, peu de meubles ou d’objets, et des compositions de lignes horizontales et verticales pour arrêter le regard… Chaque pièce semble la même et pourtant l’artiste a voyagé et peint les différents intérieurs dans lesquels il a évolué avec sa femme Ida.

Si la fiancée est représentée de face, l’épouse quant à elle ne le sera que de dos ou visage penché. Un parti pris artistique, pour ne retenir du tableau que les formes, la lumière, la pièce dans laquelle elle se situe ?

Alors oui, avouons-le, ce rendu est superbe. On a l’impression de se trouver face à des partis-pris photographiques, cadrage resserré, ombre et lumière, contrejour, suite de pièces et de portes… L’artiste est mort jeune, 51 ans, on peut se demander jusqu’où serait allé son désir d’abstraction dans ses œuvres…

💙💙💙💙💙

Le musée Jacquemart André met l’artiste danois à l’honneur jusqu’au 22 juillet. Ouvert 7/7 de 10h à 18h, nocturnes les lundis jusqu’à 20h30.

Que faire à Rouen ?

Partir sur les traces de Pierre Corneille ! Visiter deux maisons, l’une est la maison natale de Pierre Corneille, l’autre, l’ancienne métairie de la famille Corneille.

La maison natale de Pierre Corneille est située au 4, rue de la Pie à Rouen.

C’est dans cette maison qu’est né Pierre Corneille en 1606, qu’il a vécu et écrit en particulier sa pièce la plus célèbre, Le Cid. Il ne reste aucun meuble, si ce n’est un superbe coffre clouté au rez-de-chaussée, mais dans certaines pièces, l’ameublement a été reconstitué pour donner au visiteur une idée de ce que devait être la maison à l’époque, meubles du XVIIe et superbe bibliothèque.

A l’étage, de belles photos des acteurs les plus emblématiques du répertoire classique de Corneille, Gérard Philippe, Francis Huster, etc. et un rappel pas du tout inutile des différentes œuvres.

Le Musée Pierre Corneille est situé au 502, rue Pierre Corneille à Petit-Couronne, dans la banlieue proche de Rouen.

Si Pierre Corneille reçoit en héritage à la mort de son père, en 1639, la maison manante de Petit-Couronne, cette propriété était depuis un demi-siècle dans sa famille. Ce domaine était à l’origine constitué d’une ferme, d’un verger et de nombreux hectares de métairie. il sera vendu en 1686 par le fils de Pierre Corneille. En 1874, le Département fait l’acquisition de la propriété et installe ce musée-manoir cornélien. Dans les années 1956, la ville de Petit-Couronne connait un développement industriel important, on réalise alors qu’il faut sauvegarder l’aspect agreste de la ferme. Le potager date des années 1990, on y trouve seulement des espèces cultivées au 17e siècle.

On peut y visiter quelques salles. En passant tout d’abord par l’entrée, dont l’existence est attestée dès le début de la demeure en 1608, puis sur les cartes postales des 19e et 20e  siècles.

Vient ensuite une salle à manger, même si les pièces à l’époque de Corneille n’avaient pas de destination précise (on se souvient que l’on « dressait la table » dans la pièce dans laquelle le roi par exemple avait décidé de manger…).  On a donc imaginé que c’est au rez-de-chaussée que se préparaient et se prenaient les repas.

Un cabinet de travail, là sont surtout présentées des œuvres originales, peintures, sculptures représentant Pierre Corneille. Une belle armoire, originaire de la région de Rouen, date du milieu du 17e siècle.

Si l’on ne trouve pas vraiment de meubles ou d’objets ayant appartenu au célèbre écrivain rouennais, les deux visites sont très agréables et nous replongent dans l’univers du 17e siècle. De plus, à Rouen, les musées sont gratuits pour tous, il faut savoir en profiter !

Retrouvez des idées de visite avec les articles Que faire à ?

Éblouissante Venise. Venise, les arts et l’Europe au XVIIIe siècle, au Grand Palais

Vous rêvez de partir en voyage pour fuir l’hiver, au Grand Palais embarquez pour Venise pour le prix d’un billet


Exposition scénographiée par Macha Makeïeff. Les robes en papier d’Isabelle de Borchgrave (2018)

Cette exposition est un hommage aux artistes de cette cité-état indépendante instituée en république depuis le Moyen Age. C’est aussi un voyage dans la vie de la Venise du XVIIIe siècle. Bien que sur le déclin, elle fascine néanmoins toujours l’Europe par sa création artistique foisonnante.

Peintres, sculpteurs, décorateurs, de Gian Antonio Canaletto à Francesco Guardi, et leurs suiveurs, tous produisent les riches œuvres présentées ici. Il s’en dégage une atmosphère manifestement festive et légère, il faut dire que le décor des canaux et des bâtiments qui s’y reflètent offre une magnifique scénographie sans cesse renouvelée.

Si le parcours parait parfois légèrement incohérent, ou tout au moins peut sembler hermétique pour les non-avertis que nous sommes souvent, les œuvres présentées donnent une image intéressante et multiforme de la production artistique de la Sérénissime. En particulier à l’heure où fêtes, opéra, théâtre, réceptions et divertissements ponctuent la vie de ses habitants et des voyageurs qui la découvrent. Elle fait également la part belle aux œuvres des artistes vénitiens qui ont parcouru l’Europe, en Angleterre, dans les pays germaniques ou à Paris, et porté haut les couleurs de la Sérénissime.

Et l’on découvre et savoure, au fil des différentes salles du Grand Palais, entre autre…

💙💙💙💙 Jusqu’au 21 janvier.

Musée de la chasse et de la nature

Chefs-d’œuvre de la collection Mellon, du Virginia Museum of fine Art

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Le musée, toujours dans la ligne de la vocation de la Fondation François Sommer, montre une fois encore les différents aspects de la relation entre l’homme et l’animal dans l’espace naturel. Ici, avec Chefs-d’œuvre de la collection Mellon, du Virginia Museum of fine Art, dans une belle scénographie proposée par Alexandre Platteau, chef décorateur de la maison Hermès, au milieu des stalles au noms des chevaux de Paul Mellon, on peut admirer quelques toiles emblématiques de cette collection.

domi_C_Lire_musee_chasse_et_nature_paul_mellon_1En cette période où grâce à la révolution industrielle et à l’essor des classes bourgeoises, la civilisation occidentale fait de la campagne un lieu de villégiature. Basé sur l’esprit de la country life britannique, la terre, l’animal domestique et le cheval tout particulièrement se voient également liées à une notion récréative. Émergence de la notion de loisir et idéalisation de la vie à la campagne vont alors de pair.

Le milliardaire et amateur d’art Paul Mellon (1907-1999) a collectionné toute sa vie, perpétuant une tradition familiale. Avec son épouse ils transposent au cœur de la campagne de Virginie le mode de vie des gentlemen Farmer.

Dans leur domaine d’Oak Spring, Bunny donne libre cours à son goût pour le jardinage, tandis que Paul élève des chevaux de course. Saturant les murs du cottage, leur collection de peintures illustre cette relation rêvée à la nature, aux antipodes de l’agriculture industrielle qui, au même moment, transforme radicalement le paysage rural.

 

On peut notamment découvrir dans cette exposition un genre artistique représenté dans l’école anglaise : la sporting painting. Mais également des impressionnistes français qui témoignent d’un autre aspect de la vie à la campagne, en cette époque où la petite bourgeoisie investit l’espace pour ses propres loisirs.

 

Les chefs-d’œuvre présentés au Musée de la Chasse et de la Nature ont été légués au Virginia Museum of Fine Arts (VMFA).

Et comme c’est aussi l’habitude dans ce musée très original et qui mérite le détour, une exposition en deux temps par deux artistes se mêle adroitement à l’ensemble des collections :

Kohei Nawa, avec ses Pixcell-Deer du 4 septembre au 2 décembre 2018

La présentation par le musée :
A l’occasion de la saison en France et dans la continuité d’une collaboration initiée il y a deux ans, le musée de la Chasse et de la Nature et la Villa Kujoyama à Kyoto présentent une exposition personnelle consacrée à Kohei Nawa.

Figure éminente de l’art contemporain japonais, l’artiste est à l’honneur à Paris cet automne avec la sculpture Trône exposée au musée du Louvre dans le cadre de la saison Japonismes 2018. Les œuvres disséminées dans les collections permanentes du musée de la Chasse et de la Nature reprennent les thèmes chers à l’artiste qui tente de renouveler l’imagerie sacrée. A cette fin, il mixe des éléments issus de la culture traditionnelle japonaise – et notamment les références aux cultes shintoïstes – avec des images issues de la technologie contemporaine. Ainsi, PixCell-Deer transforme la perception que l’on a d’un cerf – animal sacré dans le Japon ancien – en associant un spécimen naturalisé à des sphères de verre qui le recouvrent intégralement en fragmentant sa silhouette. Au musée de la Chasse et de la Nature, l’œuvre vient dialoguer avec les images de cerf issues de la culture occidentale qui sont déjà présentes dans la collection permanente.

 

Angelika Markul et ses Tierra Del Fuego du 4 septembre au 2 décembre 2018

La présentation par le musée :
domi_C_Lire_musee_chasse_et_nature_Aangelika_markulTierra Del Fuego est un projet artistique polymorphe, composé d’un ensemble d’œuvres plastiques qui porte sur la disparition d’un paysage de glaciers. Il est inspiré de l’archipel du même nom qui se situe en Patagonie, aux confluences de l’Argentine et du Chili, à l’extrême sud du continent américain… L’exposition donne lieu à un cycle autour des imaginaires du changement climatique et de la fonte des glaces.

Rubens, Portraits princiers Musée du Luxembourg

Pierre Paul Rubens, portraitiste de cour et d’Histoire

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La présentation par le Musée du Luxembourg :
Rubens fut, sans doute un peu malgré lui, un immense portraitiste de cour.
S’il se voulait d’abord peintre de grands sujets historiques, il excella dans le domaine du portrait d’apparat, visitant les plus brillantes cours d’Europe. Prisé pour son érudition et sa conversation, il joua aussi un rôle diplomatique important, jouissant d’une position sociale sans égale chez les artistes de son temps. Autour des portraits de Philippe IV, Louis XIII ou encore Marie de Médicis réalisés par Rubens et par quelques célèbres contemporains (Pourbus, Champaigne, Velázquez, Van Dyck…), l’exposition plonge le visiteur dans une ambiance palatiale au cœur des intrigues diplomatiques du XVIIe siècle
.

Marie de Médicis (1573-1642) veuve d’Henri IV et mère de Louis XIII, est un personnage emblématique de l’histoire politique et diplomatique  du XVIIe siècle. Il est intéressant de se souvenir qu’elle est liée, directement ou indirectement à l’ensemble des dynasties européennes.

Pierre Paul Rubens (1577-1640) dont on peut dire qu’il est le peintre le plus célèbre de son temps, est quant a lui un grand voyageur qui va œuvrer comme peintre mais aussi  comme diplomate dans tous les lieux artistiques renommés.

Cette exposition présente donc deux personnages majeurs du XVIIe qui déploient leur influence sur toute l’Europe. C’est ce que le visiteur découvre à travers l’importance des portraits des rois, reines, princes et princesses, présentés dans ce qui n’est autre que le palais que Marie de Médicis a fait édifier à partir de 1615 – et pour lequel elle avait commandé à Rubens un ensemble de toiles monumentales illustrant sa vie –  portraits que l’on peut voir pour partie dans une des salles. A côté des œuvres de Rubens sont présentés des portraits réalisés par d’autres artistes, avec les mêmes modèles, aux mêmes dates.

Ce que j’aime particulièrement au Musée du Luxembourg, c’est l’agencement des salles renouvelé à chaque fois et qui donne au visiteur d’illusion d’entrer dans un nouveau Musée. Ici, l’austérité et le formalisme de certains portraits est rehaussée par une scénographe particulièrement réussie, un jeu de projections d’images ou de lumière, et les lieux changent et prennent vie, une réussite.

Une exposition qui nous permet de feuilleter l’album de famille de Marie de Médicis en quelque sorte !

Rubens, Portraits princiers c’est jusqu’au 14 janvier 2018 au Musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard, 75006 Paris.

Maurice Denis et Eugène Delacroix, de l’atelier au musée

Derniers jours pour l’exposition au Musée national Eugène Delacroix

DomiCLire_musee_delacroixIl est encore temps de revoir ce musée absolument charmant qu’est le Musée national Eugène Delacroix et de découvrir l’exposition « Maurice Denis et Eugène Delacroix De l’atelier au musée » qui se termine le 28 août 2017.

Bien qu’il soit né après le décès de Delacroix, le peintre Maurice Denis avait une admiration sincère pour l’œuvre d’Eugène Delacroix qu’il a approchée dans les musées, mais aussi par l’intermédiaire d’artistes plus âgés, Paul Cézanne, Odilon Redon, Paul Gauguin. Il a d’ailleurs été l’un des acteurs du sauvetage de l’atelier de Delacroix près de la place de Fürstenberg, puis de sa transformation en musée. L’exposition met en valeur l’admiration de l’œuvre d’Eugène Delacroix par des artistes nés après sa disparition.

 

 

J’ai découvert ce musée lors du vernissage de cette exposition, quel joli havre de paix dans un quartier par ailleurs absolument délicieux. C’est là que l’artiste était installé et qu’il est mort en 1863.
Le jardin vient d’être rénové. Quel charme !
Allez-y, savourez les tableaux et l’ambiance dans la maison ou dans l’atelier, prenez le temps de vous poser dans le jardin, asseyez-vous et écoutez, regardez, ils sont là, les artistes, les amis des peintres, vous les voyez ? …