Fantazmë, Niko Tackian

Fantazmë, de Niko Tackian, c’est noir, très noir et on aime ça. Le commandant Tomar Khan mène l’enquête, et nous entraine dans des lieux sombres à la poursuite d’un tueur insaisissable.

Après avoir lu Toxique (également disponible au Livre de Poche, que je vous conseille malgré tout de lire avant si vous pouvez) je découvre Fantazmë, l’excellent roman de Niko Tackian.

Paris, en janvier 2017. Nous avions fait la connaissance du commandant Tomar Khan lors du précédent roman, nous le retrouvons ici pour une enquête beaucoup plus sombre. Il nous entraine dans les milieux mafieux des pays de l’Est, où la violence règne sans partage. Des corps sont découverts, torturés à mort, le sang, les blessures, rien ne nous est épargné. Ici, les corps atrocement torturés sont le plus souvent ceux de malfrats pour lequel la mort est presque un cadeau, tant ils ont fait eux-mêmes preuve de inhumanité… Mais qui peut bien leur en vouloir à ce point ? Et surtout, quel bon flic peut avoir envie de mener une enquête pour trouver ce coupable au bras vengeur ?

Sur fond de guerre des gangs, de filières d’albanais, de trafic de femmes enlevées dans les pays de l’est pour les forcer à travailler dans des réseaux de prostitution, le mystère est épais et l’équipe de Tomar Khan doit faire preuve une fois de plus de sagacité et de persévérance.

L’auteur sait une fois encore nous faire partager la vie de ses personnages. Tomar et son amie et collègue Rhonda, leurs atermoiements, leurs interrogations existentielles qui pourrissent la vie de Tomar au risque de lui faire également manquer sa vie amoureuse, poursuivit sans cette par ces fantômes au risque de perdre la raison. Mais on y retrouve aussi les manipulations, les travers de la police, comme ceux du monde extérieur, qui sont particulièrement bien mis en exergue. J’aime l’écriture de Niko Tackian, ses intrigues, ses personnages… Un auteur à suivre !

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Catalogue éditeur : Le Livre de Poche, Calmann-Levy

Janvier 2017, Paris, XVIIIe arrondissement. Le corps d’un homme atrocement mutilé est retrouvé dans une cave. Le commandant Tomar Khan pense d’abord à un règlement de comptes. Le genre d’affaire qui reste en suspens pendant des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre.

Avec cette enquête troublante, Tomar Khan plonge dans des zones d’ombre où s’affronteront inévitablement son devoir de policier et ses sentiments d’être humain.

Un polar très noir, mais aussi humain, voire bouleversant. Aujourd’hui en France.

Un excellent thriller. Remarquable. Femme actuelle.

288 pages / Date de parution : 02/01/2019 / EAN : 9782253237532

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Toxique, Niko Tackian

Découvrir le commandant Tomar Khan, un nouvel enquêteur et avoir envie de suivre ses aventures, voilà qui est fait avec « Toxique » de Niko Tackian.

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Paris, peu de temps après les vagues d’attentats de 2015. A la Crim’ du 36 quai des orfèvres, Tomar Khan n’est pas un flic ordinaire. Sa mère est une ancienne peshmerga. Cette combattante Kurde a fui la Turquie et les zones de guerre pour trouver une vie plus calme en France. C’était avant de connaitre la violence aveugle des hommes, cette violence sourde envers les femmes dans leur propre foyer. Violence à laquelle avait dû faire face Tomar, qui devait protéger à la fois sa mère et son petit frère. Mais le père est mort, la famille peut dormir tranquille, alors pourquoi Tomar est-il aussi inquiet

Une école maternelle dans la banlieue parisienne, la directrice vient d’être retrouvée assassinée dans son bureau. Un des professeurs,un certain Le Brun, était dans le bureau juste avant le drame. Le fait est établi, il n’est pas rentré chez lui… Voilà une enquête qui sera vite bouclée. Chacun va pouvoir regagner rapidement ses pénates.

Enfin, ça c’est sans compter sur le commandant qui repère tout de suite les violences pas tout à fait ordinaires… Cet homme à la fois fort et fragile, tourmenté par ses propres démons, a du flair pour les enquêtes. Alors pourquoi cette femme sans histoire, pourquoi cet homme sans antécédents, quel mystère cela cache-t-il ? Il va falloir interroger tous les témoins, passer au crible leurs témoignages, leurs personnalités… et trouver, caché par-là, la faille, le point faible, la femme toxique…

Ne pas en déflorer d’avantage, mais vous dire que cet auteur vous entraine dans les méandres de l’esprit de son commandant, et vous n’avez pas du tout envie d’en sortir ! C’est rythmé, plausible, différent, passionnant. Il y a les investigations autour du meurtre, mais surtout les réflexions sur le passé, la culpabilité, le destin, inéluctable, et la partie psychologique de l’enquête est passionnante.

Tomar est très  vite un intime que l’on a envie de suivre jusqu’au bout de ses nuits de questionnements et de souffrance intérieure. Les intrigues se mêlent et s’emmêlent pour le plus grand bonheur du lecteur pris au piège, qui tourne les pages les unes après les autres sans aucune envie de s’arrêter. Exactement le genre de polar que l’on a autant hâte de finir qu’envie de poser là pour le savourer lentement, en prenant son temps pour faire durer le plaisir.

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Catalogue éditeur : Le Livre de Poche

Janvier 2016. La directrice d’une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau. Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des écoles est très sensible. La Crim dépêche donc Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, surnommé le Pitbull, connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes. À première vue, l’affaire est simple. « Dans vingt-quatre heures elle est pliée », dit même l’un des premiers enquêteurs. Mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît.
 
Une personnalité toxique, une psychopathe comme vos pires cauchemars ne vous ont jamais permis d’en croiser.  Le Télégramme

320 pages / Parution : 03/01/2018 / EAN : 9782253092681 / Editeur d’origine : Calmann-Lévy

Bandidos, Marc Fernandez

Nous l’avions découvert en Espagne dans Mala Vida, puis suivi en Amérique du Sud dans Guerilla Social Club, Diego Martin, journaliste d’investigation est de retour à Buenos Aires cette fois avec Bandidos, cet opus qui vient clore la trilogie hispanisante de Marc Fernandez.

Alors qu’à Paris le corps d’une femme est retrouvé calciné et exécuté d’étrange façon, un rapprochement est fait entre la victime et l’assassinat en Amérique du sud 20 ans auparavant d’Alex Rodrigo, son frère. Alex, exécuté pour avoir pris la photo de trop, celle qu’il ne fallait pas montrer, ce qui prouve une fois de plus si c’était nécessaire que la vie d’un journaliste d’investigation ne vaut parfois pas bien cher sous certaines latitudes, tant hier qu’aujourd’hui d’ailleurs ! Rapidement il est évident qu’aucun hasard ni coup du sort n’est à chercher du côté de ces deux meurtres, mais bien au contraire il faut en étudier les similarités, les rapprocher, pour tenter de comprendre.

C’est ce que va s’empresser de faire notre journaliste animateur d’émission radiophonique, en allant sur place, même en sachant qu’il va y retrouver Isabel, celle qu’il évite depuis l’épilogue de Mala Vida. Alors que Diego vient d’arriver en Argentine, Rafael Roca, un de ses contacts qui connaissait également le frère assassiné, va être lui aussi violemment attaqué devant chez lui, puis disparaitre à son tour. C’était un ami de longue date d’Alex, avec cette disparition, le mystère s’épaissit et les ombres nauséabondes s’approchent, il se pourrait bien que la police en place, les autorités, et sans doute la mafia aient elles aussi des manières aux relents de dictature.

Diego, Isabel, Ana, et la police française tentent alors, malgré quelques bâtons dans les roues,  de résoudre cette énigme… pour le plus grand bonheur du lecteur qui se laisse prendre au piège du récit. Toujours bien étayés, les intrigues et les romans de Marc Fernandez nous donnent l’impression d’en savoir plus – ici avec le thème abordé de la liberté d’expression par exemple – car il a les mots pour dire et sous couvert de romanesque, on sent la véracité, la connaissance, le travail derrière le roman et sa trompeuse légèreté. Il me semble que l’on souhaiterait même le voir approfondir un peu plus encore la réalité historique, tant ce qu’il évoque nous intéresse …

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A retrouver également, mes avis sur les précédents romans de Marc Fernandez  Mala Vida, Guerilla Social Club ainsi que la rencontre lors de la parution de Mala Vida.
Et parce que l’Amérique du Sud est un vrai sujet, et l’Argentine et la dictature, une mine inépuisable de sujets de romans, lire aussi mes avis sur Aucune pierre ne brise la nuit, de Frédéric Couderc, ou encore Silencios, de Claudio Fava

Catalogue éditeur : Préludes

Le corps calciné d’une femme menottée, une balle dans la nuque, est retrouvé dans un parc de Madrid. Diego Martin, journaliste radio d’investigation, connait la victime, rencontrée vingt ans auparavant… En Argentine. Jeune reporter à l’époque, il avait couvert l’assassinat du frère de la victime : Alex Rodrigo, photographe pour un grand hebdomadaire, tué selon le même mode opératoire.
Un meurtre identique à des milliers de kilomètres de distance, à deux décennies d’écart. Il n’en faut pas plus au présentateur d' »Ondes confidentielles » pour se lancer dans une enquête qui le mènera à Buenos Aires, où il retrouvera une femme qu’il n’a jamais pu oublier…
Entre corruption politique, flics ripoux et groupes mafieux, ce voyage va faire ressurgir les fantômes du passé. Car parfois, ceux qu’on croyait morts reviennent hanter ceux qui sont restés.

L’auteur de l’acclamé  Mala Vida, finaliste du Prix des lectrices de Elle, et de Guerilla Social Club, revient avec un nouveau polar aussi trépidan que furieusement engagé, à l’arrière-plan historique fascinant.

Prix : 15.90 € / Parution : 03/10/2018 / Format : 130 x 200 mm / Nombre de pages : 320 / EAN : 9782253107927

Sommeil blanc. Emelie Schepp

La nouvelle reine du polar scandinave, Emelie Schepp revient avec « Sommeil Blanc » le deuxième tome de sa trilogie, et entraine ses lecteurs sur les traces de Jana, son enquêtrice de choc.

J’ai eu le plaisir de rencontrer l’auteur suédoise Emelie Schepp lors de sa venue à Paris pour la parution du premier opus de sa série, puis de nouveau lors de la parution de Sommeil Blanc au printemps. Comme tous ses lecteurs, j’ai découvert son héroïne Jana Berzelius dans Marquée à vie, et j’ai retrouvé avec plaisir la belle et froide procureur au passé trouble, toujours autant auréolée de mystère.

Le corps d’une mule vient d’être découvert sans vie dans un train reliant Stockholm à Copenhague, soulevant de nombreuses interrogations. C’est apparemment une jeune Thaïlandaise, mais d’où vient elle vraiment ? Qui est-elle ? Était-elle seule ?  Car il semble qu’elle a voyagé avec une seconde jeune femme. La découverte d’un deuxième corps, celui d’un toxico notoire, éveille de bien plus profonds soupçons… et Jana entre en scène, toujours poursuivie par les fantômes de son enfance, par les réminiscences de ces moments dont elle ne sait pourtant rien. Pourtant le voile se lève sur une partie du mystère, des noms apparaissent, on recherche l’identité du Vieux, on retrouve un certain Danilo, l’ennemi intime de Jana. Et l’on se demande comment elle va réussir à mener cette enquête sans être trop impliquée. Comment peut-elle se sortir de là sans risquer sa carrière ? Et qui est le commanditaire de ce sombre trafic, apparemment proche du cercle des relations de Jana.

Emelie Schepp nous entraine à la suite de Jana et de l’équipe d’enquêteurs que nous avions découverts dans le premier tome, en choisissant un thème actuel, celui des mules et du triste sort qui leur est parfois dévolu. Comme elle l’évoque lors de la rencontre, pour ce roman également, un long travail de recherche et des contacts aussi bien dans le milieu de la police que dans celui de la santé lui ont permis de présenter les faits de manière à la fois romanesque et réaliste.

Son intrigue se tisse, s’intensifie, et nous rêvons déjà de savoir comment Jana va s’en sortir, et quels démons devra-t-elle affronter dans le prochain opus ?

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Vous  souhaitez en savoir un peu plus ? Retrouvez également mon avis sur Marqué à vie ici. Et la rencontre avec Emelie Schepp.

Catalogue éditeur : HarperCollins

Une deuxième enquête de Jana Berzelius.
Quand une jeune Thaïlandaise utilisée pour faire passer de la drogue est retrouvée morte des suites d’une overdose, tous les indices tendent à prouver qu’un certain « Danilo » est lié à l’affaire. Un ennemi personnel que Jana Berzelius a bien l’intention de faire disparaitre. Ancien frère d’armes, il en sait trop sur son enfance sordide. En parallèle, l’équipe de Jana se concentre sur la recherche d’un magnat de la drogue qu’on dit d’une intelligence hors du commun. Tout en brûlant de connaitre son identité, Berzelius doit aussi veiller à ce que Danilo ne dévoile pas… la sienne.

Née en Suède, à Motala, Emelie Schepp appartient à la nouvelle génération d’écrivains nordiques, celle qui a succédé à des auteurs mondialement connus, comme Stieg Larsson. Après avoir remporté un prix d’Art dramatique et travaillé dans la publicité, Schepp fait des débuts très remarqués avec Marquée à vie, le premier volume de sa série « Jana Berzelius ». Déjà vendue dans 27 pays à ce jour, cette trilogie a conquis 200 000 lecteurs rien qu’en Suède.

Paru le 10 janvier 2018 / Harper Collins Noir N°15 / 400 pages / EAN 9791033900764

Ils ont voulu nous civiliser, Marin Ledun

Une belle rencontre avec l’auteur aux Quais du polar à Lyon cette année, doublée d’une belle rencontre avec ses romans, et l’envie de vous dire Lisez Marin Ledun, vous allez aimer !

Domi_C_Lire_marin_ledun_quais_du_polar_lyon_2018_ils_ont_voulu_nous_civiliserJanvier 2009, pendant 48 heures dans les Landes. La tempête Klaus arrive et va frapper, fort, très fort cette région du sud-ouest de la France. Là, on fait d’abord la rencontre de Ferrer, un sacré looser, un petit malfrat de seconde zone qui vivote en faisant quelque razzias dans les élevages de canards voisins, canards qu’il refourgue à Baxter, un voyou ni très cool ni très régulier. Alors le jour où Ferrer, en manque de fric, sent bien qu’il se fait posséder par Baxter, la violence se déchaine, les coups pleuvent et Baxter est laissé pour mort par un Ferrer plus inquiet que rassuré par son acte. Il n’a plus qu’à fuir loin, très loin.

Mais pour Baxter, secondé par deux affreux malfrats à sa botte, commence une folle poursuite dans ces Landes tourmentées par les éléments déchainés. Car la tempête, en véritable protagoniste du roman, bloque Ferrer, isole les hommes, fait rugir le vent, noie le ciel et se ligue contre les hommes pour leur plus grand malheur.
Refuge provisoire et inespéré, Ferrer va se replier dans la forêt chez Alezan, un quasi Hermite qui ressasse ses souvenirs d’une guerre sans merci, celle de l’Algérie de sa jeunesse. A partir de là, tout s’enchaine, et les rencontres pas toujours heureuses vont se succéder… mais là, impossible d’en dire plus sans en dire trop !

Dans une intrigue portée par un rythme effréné, et tout en piochant dans le passé des différents protagonistes, Marin Ledun réussi le tour de force de nous faire aimer ses voyous. Qu’il soient solitaires ou quelque peu caractériels, il réussit à mettre en exergue à travers leurs personnalités tant la violence que la misère de ces paumés issus de milieux sociaux défavorisés, ces petites gens qui tentent par tous les moyens de garder la tête hors de l’eau. Même si ces protagonistes ne sont ni tout noir, ni pas très blanc, avouons-le, on se plait malgré tout pour certains à les plaindre et à les suivre avec émotion et espoir.

Est-ce donc ce que l’on appelle un roman social ? En tout cas c’est un roman qui vous prend et ne vous lâche pas, sombre et violent, mais aussi humain et fragile, comme ces hommes et ces arbres arrachés, ballotés par la tempête qui dévaste en une soirée toutes les vies… Marin Ledun est assurément un auteur à suivre !

 

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Catalogue éditeur : Flammarion

Thomas Ferrer n’est pas un truand. Pas vraiment. Les petits trafics lui permettent de sortir la tête de l’eau, même si la vie n’a pas été tendre avec lui. De petits larcins en détournements de ferraille, le voilà face à face avec un truand, un vrai cette fois. Celui-ci, laissé pour mort par Ferrer,… Lire la suite

Ombres noires / Paru le 11/10/2017 / 240 pages – 129 x 198 mm /  ISBN : 9782081398184

Sous les pavés la jungle, Simone Gélin

Vous rêvez d’une lecture tranquille ? Passez votre chemin. Vous rêvez d’une lecture qui va vous emporter, vous bousculer, à laquelle vous allez penser longtemps après avoir fermé la dernière page ? Foncez … et lisez « Sous les pavés la jungle » le dernier roman de Simone Gélin paru aux éditions Cairn, du Noir au Sud.

Domi_C_Lire_sous_les_paves_la_jungleSi en mai 68 les murs affirmaient Sous les pavés, la plage aujourd’hui Simone Gélin nous entraine dans un univers où elle l’affirme haut et fort on trouve Sous les pavés, la jungle.

Il s’appelle Milo, simplement parce que sa grand-mère était d’origine italienne, il s’appelle Kevin, mais il ne sait pas pourquoi, puisque sa mère l’a abandonné à la naissance en lui donnant ce prénom qu’il trouve ridicule. Ils se rencontrent à la prison de Fresnes, arrivés là presque par hasard pour l’un, comme si c’était une évidence inéluctable pour l’autre.

Milo a trempé dans une sombre affaire d’attaque à main armée. Reconnu par un témoin, il clame haut et fort son innocence mais ne pourra échapper ni aux mois de préventive, ni à l’enfer carcéral. Dans cette jungle où le plus faible devient la proie du plus fort, il faut se terrer et se faire oublier pour continuer à exister tout en gardant un semblant d’humanité.
A Fresnes il fait la rencontre de Kévin, jeune homme fragile qui ne saura pas résister à la pression et à la violence sournoise tapie entre ces murs, pourtant acceptée par tous, y compris par les matons semble-t-il, car elle est le seul moyen d’en sortir un tant soit peu indemne. Il va se lier entre eux une étrange amitié qui va résister au mal comme au pire, y compris par-delà les murs.

Pendant ses mois de préventive, et pour ne pas perdre totalement la raison, Milo s’est longuement penché sur les secrets inavoués de son passé. Sa mère l’a élevé avec sa sœur, mais elle a perdu la raison depuis bien longtemps, il veut comprendre pourquoi. Une fois libéré, il cherche d’où il vient. Ses investigations vont l’entrainer vers le bassin bordelais, à la rencontre d’un grand père inconnu et la découverte de l’amour qui a foudroyé ses grands-parents sur les barricades, source de tous les mystères. Chemin faisant il va également croiser la route de Mounia, échappée de l’enfer de la jungle à Calais, cette jeune femme le fascine. Avec sa sœur Sophie, ils vont assister à l’évacuation de la jungle, au déplacement de ces migrants éternellement voués à être déplacés, de pays en pays, loin de leurs terres et à la merci des malfrats et des passeurs.

De folles aventures en course poursuite, nous allons suivre Milo et Sophie de Paris au Cap Ferret, de Fresnes à Calais, de leurs vies à celles de leur mère et grand-mère, personnages particulièrement énigmatiques, à la recherche de leurs racines, puis revenir dans un présent empli de mystère et d’espoir.

Des barricades de mai 68 à la jungle de Calais, d’hier à aujourd’hui, des basfonds de Bordeaux, aux cellules de Fresnes, l’auteur nous propose une réflexion sociologique terriblement actuelle. Elle nous entraine dans une course pour la vie, nous prend aux tripes, nous fait aimer follement ses protagonistes, chercher réparation, mais aussi l’amour, la vérité, la lumière, dans un univers de violence et de vengeance contrebalancé par une belle et étonnante humanité. Avoir foi en l’homme et croire en l’amour, la vérité, la loyauté ou la justice ne sont pas de vains mots sous la plume de Simone Gélin. On ouvre Sous les pavés, la jungle, puis on s’y attache, on se laisse emporter, on vibre, c’est assurément une jolie pépite littéraire !

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Catalogue éditeur :  Cairn, du Noir au Sud

Enfer de la prison, zone de non‐droit de Calais, jungle féroce de la vie, faune humaine, aujourd’hui, jaillit un cri comme un slogan d’une autre époque… Sous les pavés la jungle.

Lauréate 2017 du Prix de l’Embouchure pour son roman L’affaire Jane de Boy, remis lors du festival Toulouse Polars du Sud, Simone Gélin intègre la collection Du Noir au Sud en signant un polar social et politique. Plus de détails

ISBN :  9782350686127 / 11,00 € TTC / Format     12 x 18 / Nombre de pages 344 / Date de parution mars 2018

Illusion tragique. Gilda Piersanti

J’avais découvert Gilda Piersanti avec les Explorateurs du polar et Le saut de Tibère, lu grâce à lecteurs.com. Aujourd’hui je la retrouve avec un plaisir infini dans « Illusion tragique », cette intrigue qui dépasse nos espérances de lecteurs en matière de suspense et d’inventivité !

Domi_C_Lire_illusion_tragique_piersantiA Rome, il fait chaud pendant cet été qui n’en finit pas. Dans son immeuble, le jeune Mario s’ennuie et ne trouve rien de mieux à faire qu’épier son voisin, le sombre et mystérieux monsieur Ruper, par le vasistas de sa salle de bain. Monsieur Ruper est un homme d’habitudes, très solitaire, domicile, bureau, pas d’amis ni de sorties, il vit quasiment comme un Hermite. Pourtant, Mario l’a vu, une jeune femme est prisonnière dans cet appartement sous les toits.
Il décide de vérifier par lui-même et met dans la boucle son ami Ricardo. Mais tout ne va pas se passer comme prévu, et le retour inopiné de Monsieur Ruper va transformer à jamais la vie des deux garçons. Car monsieur Ruper va entrer à ce moment-là aussi dans la vie de la maman de Mario, et perversité et manipulation vont se conjuguer pour faire de la vie de Mario un nouvel enfer, celui où il ne trouve plus sa place. Sa mère le délaisse, acceptant la mainmise de Monsieur Ruper sur sa vie de femme seule, au risque de s’éloigner de son fils et de le perdre à jamais, le laissant s’engluer dans les illusions et les douleurs de l’enfance.

L’intrigue se déroule, addictive et implacable, et alterne avec le récit que nous fait Elisabetta, écrivain à succès (l’auteur présumé du roman ?) de sa propre vie, récit pour le moins édifiant là aussi ! Les deux sont d’ailleurs aussi diaboliques l’un que l’autre, et le lecteur de se demander quand ils vont se rejoindre et dans quel abime il va être plongé, jusqu’au final, éblouissant de réalisme et d’ingéniosité ! En fait, l’auteur a cette capacité de vous plonger dans cet état de crainte, d’angoisse, et vous faire poser des questions sur des situations malsaines mais plausibles, elle flirte avec la réalité et ses situations nous incommodent, mais n’est-ce pas plutôt pour nous interroger sur nos propres réactions ? On se demande jusqu’au bout qui représente le bien, et qui le mal, le coupable u la victime, mais en fait n’y a-t-il pas une part de mauvais en chacun de nous ? Jusqu’où peut nous mener l’amour, la soumission, la curiosité, le remord, et même la haine. Et au contraire, la rédemption ne vient-elle pas également de l’action et de la volonté de chacun. Car tout homme est complexe, et Gilda Piersanti nous le démontre jusqu’au bout.

Vous qui aimez les polars et aimez avant tout être surpris, je ne peux que vous le conseiller, vous ne serez pas déçus ! Quelle intrigue, qui vous entraine, vous déroute, vous interroge, jusqu’au final, singulier, dérangeant, explosif ! Le tout porté par une écriture qui ne vous lâche pas, dans une ambiance d’été romain qui vous fera certainement regarder les messieurs en chapeau lorsque vous irez en weekend à Rome !

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Catalogue éditeur : Le Passage

En ce torride mois d’été romain, le petit Mario, dix ans, ne monte pas sur la terrasse de son immeuble pour y prendre l’air, mais pour épier son voisin du dernier étage, monsieur Ruper, un homme sans histoire qui vit seul et mène une vie rangée. Personne ne lui connaît la moindre relation, personne ne l’a jamais vu rentrer chez lui accompagné, et pourtant… Tous les soirs, Mario l’observe dans sa baignoire en train de coiffer et de savonner une très jolie jeune femme.
Son ami Riccardo et lui ont décidé d’aller libérer la princesse, parce qu’il n’y a pas d’autre explication : monsieur Ruper l’a enfermée chez lui, elle est sa prisonnière ! Le plus difficile, toutefois, n’est pas de s’introduire dans l’appartement de monsieur Ruper, mais d’en sortir une fois qu’on y est entré…
Dans ce thriller de l’enfance menacée, Gilda Piersanti interroge les méandres infinis de la perversité. Devenir la proie d’un pervers est une malédiction, une vie entière ne suffit pas pour y échapper. Illusion tragique nous entraîne dans une intrigue aux retournements imprévisibles, comme un labyrinthe dont le tracé se recompose à chaque détour, jusqu’au dénouement… inimaginable.
Car la réalité à laquelle nous nous croyons solidement ancrés se révèle parfois n’être que faux-semblant. Le réveil sera alors sanglant, forcément sanglant.

ISBN: 978-2-84742-372-3 / Date de publication: Octobre 2017 / Nombre de pages: 240 / Dimensions du livre: 15 x 24 cm / Prix public: 19 €