Torrentius, Colin Thibert

Découvrir la vie tumultueuse et le talent d’un peintre méconnu avec Torrentius, le roman historique réaliste et truculent de Colin Thibert

Né en 1589 à Amsterdam, Johannes van der Beeck dit Torrentius est un peintre qui réalise les natures mortes les plus incroyables de son époque, grâce à une technique inédite qui lui permet d’obtenir une lumière unique. Un émissaire du roi d’Angleterre le remarque et lui passe commande d’une toile au nom du roi Charles Ier d’Angleterre.

Torrentius est un homme frivole qui aime les beaux habits et les bijoux, le vin et les filles. Ce libertin invétéré aime s’encanailler dans les auberges sans toujours y payer son écot, profiter de la vie dans tout ce qu’elle peut lui offrir, et clame haut et fort que son coup de pinceau est l’œuvre du diable. Il profite également de son grand talent pour réaliser quelques gravures pornographiques qu’il fait vendre sous le manteau. Mais vivre cette vie-là, c’est hélas oublier qu’aux Pays Bas à cette époque règnent les prédicants et l’austérité de la religion calviniste.

Arrêté par le bailli d’Harlem qui a juré sa perte, Torrentius est torturé, jugé puis condamné. Il sera sauvé in extremis par Charles Ier d’Angleterre mais la torture et la prison auront eu raison de sa passion et de son art… Il meurt le 17 février 1644 à Amsterdam.

Dans ce court roman, Colin Thibert fait efficacement ressentir à ses lecteurs l’ambiance délétère qui régnait dans cette Hollande du XVIIe siècle et dans les pays calvinistes. Quand la raison divine devient prépondérante, et que les diktats religieux font fi des relations humaines. Il décrit un homme certes libertin, mais surtout un génie de la peinture au caractère trempé et capable de résister aux épreuves infligées par l’Homme. Un roman qui fait réfléchir sur la nature de l’homme et sur les aberrations qui sont commises lorsque les religions deviennent prépondérantes sur les lois des hommes, et ce qu’elles qu’elles soient.

Si l’on se souvient bien des dégâts provoqués par l’inquisition aussi bien en France qu’en Espagne, on connait souvent moins bien cette chasse aux sorcières et aux mécréants qui a également frappé les provinces du nord. La prospère et bourgeoise Hollande du XVIIe siècle est aux mains des protestants qui prônent une vie aussi rigide qu’austère au service d’un Dieu bien peu compatissant.

Le roman de Colin Thibert m’a fait penser au roman Miniaturiste de Jessie Burton, qui se passe à Amsterdam en 1686, ou encore à La rose de Saragosse de Raphaël Jerusalmy, où l’on retrouve les folies criminelles de l’inquisition.

Le seul tableau de Torrentius qui a survécu à la destruction de toute sa production, Nature morte avec bride et mors, 1614, est conservé au Rijksmuseum d’Amsterdam.

Catalogue éditeur : Héloïse d’Ormesson

Sous le nom de Torrentius, Johannes van der Beeck peint les plus extraordinaires natures mortes de son temps et grave sous le manteau des scènes pornographiques qui se monnayent à prix d’or. Dans l’austère Haarlem du XVIIe, ce provocateur flamboyant, noceur invétéré et fornicateur insatiable, fascine autant qu’il dérange. Certains donneraient cher pour le neutraliser. Un bailli zélé mène l’offensive et le traduit en justice. Sous la menace de la torture, le blasphémateur acceptera-t-il de se renier ?
Aussi précis et raffiné que les toiles de ce génie oublié de la peinture flamande, Torrentius est le roman du destin contrarié d’un avant-gardiste. Recomposant le tableau de cette existence tumultueuse, la plume savoureusement anachronique de Colin Thibert nous invite à côtoyer cet hédoniste libertaire.

128 pages | 15€ / Paru le 22 août 2019 / ISBN : 978-2-35087-537-8

Photo de couverture © Paulette Tavormina, courtesy the artist and Robert Mann Gallery, New York

Lady Mary, Danielle Digne

Femme libre toujours tu chériras…  la mer, ton époux, ta condition ? Danielle Digne nous fait découvrir Lady Mady, une femme remarquable dans l’Angleterre du XVIIIe siècle

A cette époque, la condition féminine est une expression sans doute taboue, ou du moins qui n’a pas lieu d’être. Puisque chacun le sait bien, la condition optimum que puisse rêver une femme est d’être d’abord une épouse modèle, puis une mère attentive, enfin une femme soumise et discrète, ne se formalisant pas si son mari à quelques élans du cœur ou du corps en dehors de la cellule familiale. Ceci étant entendu, quelle jeune fille de bonne famille raisonnable irait à l’encontre de ce postulat ?

Eh bien, Lady Mary fut l’une d’elle. Rebelle, souhaitant apprendre les langues et les sciences et pas seulement la couture ou le piano, être instruite et capable de disserter, réfléchir, échanger avec ses pairs, et surtout avec les hommes qui l’entoure ; elle souhaite aussi choisir son mari et non approuver celui qui devrait lui être imposé pour satisfaire aux désidératas d’un père. De ces pères qui arrangent souvent avec le mariage de leurs filles leurs affaires et la pérennité ou l’extension de l’héritage familial.

Lady Mary est belle comme le jour. Intelligente et cultivée, elle apprend à lire et le latin seule dans la bibliothèque paternelle. Il n’en faut pas moins pour devenir une héroïne hors du commun. Lady Mary est amoureuse, mais le mari qu’elle convoite ne sied pas à son père. Qu’importe, elle va fuir avec celui qu’elle a choisi, quittant son confort et sa dot. Elle épouse l’homme qu’elle aime, Edward Montaigu.

Pourtant, elle déchante vite, et celui qui l’a parée de tous les compliments a tôt fait de l’ignorer, y compris lorsqu’ils partent en Turquie, puisqu’il est nommé ambassadeur à Constantinople pour cinq ans.

Lady Mary s’y intégrera rapidement et s’y révèlera fin stratège. Elle fera la connaissance des femmes de la haute société locale, tentera de vivre comme elles et s’intéressera de près à la condition féminine dans l’islam. Curieuse, attentive, intelligente, elle saura également conseiller finement ce mari qui ne comprend goute aux us et coutumes du pays.

Pendant son séjour, elle va écrire des lettres à ses relations restées en Angleterre. Ce seront ses Turkish Ambassy letters, qui à l’instar de celles de Madame de Sévigné, nous en apprennent beaucoup sur la civilisation qui l’entoure et sur ses habitudes. Harem, épouses multiples, mais aussi place et importance de la femme auprès des décideurs, et liberté de celles-ci, rien ne lui échappe.

Toute sa vie, elle osera, expérimentera, ira au contact des autres pour tenter de les comprendre, sera même un des précurseur de la technique d’inoculation de la variole, qu’elle a testé sur son propre fils en Turquie.

Voilà un roman biographique fort intéressant. Ici, point de rebondissement spectaculaire ou de personnages attachants ou repoussants. Mais par contre une vérité historique évidente et bien retranscrite, sur une époque, des mœurs qui nous apparaissent clairement pour ce qu’ils sont.

Lady Mary, roman plus factuel que romanesque, nous fait passer  un excellent moment de découverte et d’histoire. Les chapitres courts donnent le tempo et incitent le lecteur à tourner les pages. Le personnage de Lady Mary m’a fortement intéressée et donné envie de connaitre sa vie.

Catalogue éditeur : Le Passage

En ce début du XVIIIe siècle, dans une Angleterre figée dans ses traditions, une jeune femme se rebelle. Aristocrate érudite, réputée pour sa beauté et son esprit, Lady Mary est l’une des premières à critiquer l’attitude de ses contemporains envers les femmes et à remettre en cause ce qu’on appelait « les mariages de convenance ». Elle donne l’exemple en s’enfuyant avec l’homme qu’elle aime, Edward Montagu.
Amie des écrivains les plus distingués de son temps, elle est célèbre pour ses Turkish Embassy letters, des lettres écrites de Turquie où elle a suivi son mari, nommé ambassadeur à Constantinople. Au-delà du tableau des mœurs raffinées de la cour ottomane et des harems, elle constate que, paradoxalement, les femmes turques sont parfois plus libres que celles de la noblesse anglaise.
À son retour d’Orient, toujours curieuse des nouveautés médicales et scientifiques, c’est elle qui imposera à Londres le traitement de la variole par inoculation, technique qu’elle avait découverte en Turquie et expérimentée sur son fils.

Danielle Digne est l’auteur du Joaillier d’Ispahan et de La Petite Copiste de Diderot. Avec Lady Mary, elle fait revivre la personnalité d’une femme exceptionnelle, dont Voltaire admirait l’intelligence et les qualités littéraires – allant jusqu’à écrire que ses lettres surpassaient de loin celles de Madame de Sévigné. Alors que l’Angleterre allait bientôt s’ouvrir aux Lumières, Lady Mary en était déjà l’une des étoiles les plus brillantes.

ISBN : 9782847424164 / Date de publication : Mai 2019 / Nombre de pages : 264 / 14 x 20,5 cm / Prix public: 18 €

Un été à L’Islette, Géraldine Jeffroy

Un été dans la vie de Camille Claudel et de Rodin, un premier roman sensible et poétique de Géraldine Jeffroy

Par une lettre qu’elle adresse à Millou, Eugénie lui raconte son histoire. Vingt ans auparavant, pendant l’été 1892, elle est envoyée par ses parents, chapeliers à Paris, au château de L’Islette, près d’Azay-le-Rideau. Là, dans ce bel édifice renaissance, Madame Courcelle, la châtelaine, passe l’été avec Marguerite, sa petite-fille en convalescence, et reçoit deux artistes parisiens qui ont loué deux pièces du château pour plusieurs semaines.

Eugénie, préceptrice de Marguerite, fait alors la rencontre de Camille Claudel. L’artiste amoureuse et passionnée tant par la sculpture que par Rodin, vient travailler là pour l’été. Rodin n’y fera que quelques courts séjour, tout à l’étude de son Balzac, œuvre singulière s’il en est, disputes, retrouvailles, leurs amours s’avèrent particulièrement tumultueuses.

Camille à la beauté sauvage et la créativité dévastatrice, s’enferme dans une salle où elle travaille sans relâche ses plâtres, affûte son inspiration, pour terminer La valse (avec voiles), une de ses œuvres maitresses. C’est aussi là qu’elle rencontre Marguerite, qui lui inspire une œuvre charmante, La petite châtelaine (ou la petite de L’Islette). Elle entretient tout au long de l’été une relation épistolaire avec Claude Debussy, qui est lui aussi en pleine phase de créatrice, avec son Prélude à l’après-midi d’un faune.

Éblouie par sa rencontre avec Camille, Eugénie l’accompagne tout au long de cet  été. Elle découvre sa fragilité, son énergie, sa violence dans l’action et sa façon de maltraiter son propre corps, pour ne laisser exploser que sa créativité, que l’art qui semble vouloir sortir tout seul de ses mains. Ce sera un été unique, de création, de douceur, de violence. Un été qui change à jamais la vie d’Eugénie…

Mais que ce roman est agréable à lire. Entre vérité historique et imaginaire de l’écrivain, l’auteur nous transporte dans la vie de ces deux monstres sacrés. Je m’y suis laissé embarquer avec un vrai bonheur sans pouvoir le lâcher, mais il est très court, à peine 110 pages. Je n’ai pas eu envie de quitter Camille, cette artiste qui m’émeut tant, engloutie par sa créativité et par les affres de sa passion pour Rodin.

Catalogue éditeur : Arléa, 1er Mille

Château de l’Islette, juillet 1892. Camille Claudel y installe son atelier estival. Comme Rodin tarde à la rejoindre, elle confie son désarroi à Claude Debussy et travaille sans relâche. À mesure que La Valse prend forme, traduisant la tension extrême au sein du couple, la petite châtelaine et sa préceptrice, Eugénie, entrent dans la danse.
Géraldine Jeffroy tisse avec subtilité vérité artistique et imagination romanesque. Des destinées se croisent et des passions s’exacerbent. Cet été-là verra naître des chefs-d’œuvre : La Valse et La Petite Châtelaine de Camille Claudel, le Balzac de Rodin et L’Après-midi d’un faune de Claude Debussy.

Géraldine Jeffroy est née à Chinon, en Touraine. Elle est professeur de lettres en région parisienne. Elle est également l’auteur de Soutine et l’Écolier bleu, Fondencre, 2019.

septembre 2019 / 144 pages – 17 € / ISBN : 9782363082015

Une année folle, Sylvie Yvert

Deux hommes embarqués dans les tourments de l’Histoire, deux souverains qui se disputent le pouvoir, deux épouses extraordinaires… Vous venez, on part découvrir cette année folle si bien racontée par Sylvie Yvert !

Waterloo, qui n’est pas seulement une gare britannique, mais aussi les cent-jours et le retour de Napoléon puis de Louis XVIII, la plupart d’entre nous connaissons, ou du moins en avons-nous quelques souvenirs de lointains cours d’Histoire ou différentes lectures. Mais avec Une année folle, Sylvie Yvert nous dit tout sur ces bouleversements qu’a connu la France en 1815, quand à partir de fin février Napoléon Ier traverse la France en quelques semaines et revient à Paris après son exil à l’île d’Elbe.

Avec une exceptionnelle rigueur des faits et des événements, l’auteur réussit l’exploit de nous offrir un récit historique à la fois érudit, foisonnant, et surtout romanesque à souhait avec ces deux personnages principaux que sont, non pas Napoléon et Louis XVIII, mais le sage Antoine et le jeune et beau Charles. Car voici le récit tragique et drôle à la fois de la vie incroyable de ces deux hommes, mais aussi de leurs deux épouses hors du commun.

Ce que j’ai aimé ? Découvrir ces personnages décalés dont nous n’avions sans doute jamais entendu parler, dans cet exposé plus que significatif des incohérences de l’Histoire. Comment deux hommes tous deux proches de Napoléon, fidèles à leurs opinions, soucieux de leurs métiers, dans l’armée pour l’un, aux Postes pour l’autre, mais aussi de leurs familles, ont été emportés par le vent de l’Histoire et ont servi en quelque sorte de boucs émissaires en cette période où il fallait faire un exemple.

L’écriture de Sylvie Yvert, le rythme soutenu de cette année folle qui prend des airs de tragi-comédie sur fond d’intrigues et de compromissions, et le fait que le récit soit parfaitement documenté sans paraitre trop dense, voilà la recette d’un excellent roman historique.

Catalogue éditeur : éditions Héloïse d’Ormesson

Entrez dans la danse : une des plus sidérantes années de l’histoire de France commence. Fraîchement débarqué de l’île d’Elbe, Napoléon déloge Louis XVIII pour remonter sur son trône. « Son » trône ? Après Waterloo, le voilà à son tour bouté hors des Tuileries. Le roi et l’Empereur se disputent un fauteuil pour deux, chacun jurant incarner la liberté, la paix et la légitimité.
Sur la scène de ce théâtre méconnu des Cent-Jours, deux fidèles de « l’Aigle » sont dans la tourmente. Deux héros oubliés liés par un sens de l’honneur et une loyauté hors du commun qu’ils vont payer cher…
Au bal du pouvoir la valse des courtisans bat la mesure face à un peuple médusé. Chorégraphe d’une tragi-comédie en cinq actes, Sylvie Yvert tisse avec une savoureuse habileté ces destins contrariés. Une fable intemporelle, enjouée et amorale.

336 pages / 19€ / Paru le 15 février 2019 / ISBN : 978-2-35087-490-6

Illustration de couverture © Musée de la Ville de Paris – Musée Carnavalet/Bridgeman Images

Pamela, Stéphanie des Horts

Pamela est si belle que tous les hommes succombent à son charme, et l’écriture de Stéphanie des Horts nous enchante en nous faisant découvrir la belle-fille de Churchill.

photo roman "Pamela" de Stephanie des Horts, blog Domi C Lire

Pamela est une jeune et belle femme bien décidée à se faire une place dans la société. Les  hommes succombent à son charme, elle n’a que l’embarras du choix pour réussir.  Elle aime l’amour autant que les hommes, et ce sera son moteur pour avancer malgré les embûches.

A 19 ans, elle épouse le fils de Winston Churchill. Sa relation avec le père sera bien plus profonde et sincère qu’avec son mari. Si elle divorce rapidement après lui avoir donné un fils, elle gardera néanmoins ce nom prestigieux toute sa vie ou presque.

Ensuite, elle va collectionner avec toujours beaucoup de passion et de sincérité des amants tous plus prestigieux les uns que les autres, Ali Khan, Gianni Agnelli, Harriman, Druon, Rothschild, Sinatra, Maurice Druon, pour ne citer qu’eux. Mais bien souvent, elle qui sait ce que représente l’argent et le confort que lui procure ces hommes n’arrivera pas à les épouser. Il lui manque toujours quelque chose, le nom, la lignée aristocratique, la position sociale. Ils lui resteront cependant fidèles en amitié et ne la lâcheront pas lorsqu’elle se retrouve dans l’adversité. Jusqu’à son mariage avec Harriman. Bien plus âgé qu’elle, il lui permet d’entrer en politique et  d’assoir une « respectabilité » qui la mènera jusqu’au titre d’ambassadrice des États-Unis en France.

Elle mène une vie flamboyante. Souvent traitée de putain par ses détracteurs, elle avance jusqu’au bout dans le sillon qu’elle s’est tracé, fidèle en amitié mais aussi à ses amours le temps qu’ils veulent bien durer. Quand elle aime, elle aime vraiment, de toutes ses forces, et les ruptures n’en sont que plus douloureuses.

Alors c’est vrai, cette vie-là peut sembler un peu futile et légère, tournée vers un but, l’amour d’un homme assez riche pour vivre dans un réel confort. Mais cette femme est passionnante et bouleversante. Sa façon de traverser le siècle et de s’y faire une véritable place au soleil est bluffante. Elle aura su s’adapter, rebondir, assoir sa position, en particulier auprès de Churchill mais aussi de Clinton. Elle qui sait rester fidèle le sera toute sa vie à « dear Papa » (Winston Churchill) avec qui elle refaisait le monde et s’entendait très bien, excusez du peu !

Elle croise la route de tant de monde ! La maîtresse de Malaparte n’est autre que la mère de Gianni Agnelli, son grand amour. Malaparte que l’on retrouve dans l’excellent roman Amour propre de Sylvie Le Bihan. Elle croise la route d’Emerald Cunard dans ses salons littéraires à Londres. Emerald Cunard que l’on retrouve dans Avec toute ma colère d’Alexandra Lapierre. Puis de Louise de Vilmorin, que l’on retrouve dans Edmonde, là aussi passionnant roman de Dominique de Saint-Pern sur une femme singulière et attachante.

Pamela m’a fait voyager dans le temps et dans la vie de cette femme dont j’ignorai tout, c’est envolé, subtilement écrit, alerte, vivant. Un véritable plaisir de lecture.

En parcourant le XXe siècle, les historiens trouveront partout des traces du rouge à lèvres de Pamela Churchill. Daily Mail.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury des lecteurs du Livre de Poche 2019

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche et Albin Michel

Légère, séduisante, insolente, Pamela décide très tôt de capturer l’homme qui la mènera à la gloire. Randolph Churchill, qu’elle épouse à dix-neuf ans. Ali Khan, Agnelli, Sinatra, Harriman, Druon, Rubirosa, Rothschild… aucun ne résiste à son charme. S’ils ont le pouvoir, elle exerce sur eux une attirance fatale. Ils l’ont tous désirée. Elle les a tous aimés. Les conquêtes de Pamela sont des alliances, des trophées qu’elle brandit sans crainte de choquer les cercles mondains. Scandaleuse ? Intrigante ? Courtisane ? La ravissante Anglaise à la réputation sulfureuse, morte comme une légende dans la piscine du Ritz à Paris où elle était ambassadrice des États-Unis, a emporté ses secrets. Stéphanie des Horts en recherche les parfums et nous révèle l’existence flamboyante d’une séductrice hors norme.

288 pages / Date de parution : 27/02/2019 / EAN : 9782253237990

Le fleuve de la liberté, Martha Conway

Quand la rivière est synonyme de liberté. Dans l’Amérique des années post guerre de sécession une troupe de théâtre embarque du Nord au Sud sur Le fleuve de la liberté.

En 1838, l’Amérique est divisée entre le Nord qui ne pratique pas l’esclavage, et le Sud esclavagiste, mais cela se fait en relative bonne intelligence. Les déchirements de la guerre de sécession n’arriveront que vingt ans plus tard.

Après le naufrage du vapeur Moselle qui devait l’emmener avec sa cousine Constance jusqu’à Saint-Louis, la jeune May Beldoe se retrouve seule et sans emploi sur les berges de l’Ohio. Toutes deux ont réussi à se sauver du bateau en flammes, mais leurs maigres possessions sont au fond du fleuve. Constance est recueillie par une abolitionniste, Mrs Howard. Elle abandonne son métier d’actrice pour donner des conférences contre l’esclavage le long du fleuve Ohio. May était son accompagnatrice, sa couturière, sa dame de compagnie. Désormais seule, elle doit se ressaisir et trouve un emploi dans un théâtre flottant.

D’abord jalousée, cette jeune femme douée, agile de ses mains et pleine de bonne volonté va rapidement s’intégrer à cette troupe composite aux personnalités les plus diverses. May est appréciée par tous, en particulier par Hugo, qui dirige à la fois la troupe et le bateau dans les eaux traitresses du fleuve. A cause d’une dette contractée auprès de Mrs Howard, May est obligée de s’intéresser de plus près au sort des esclaves, en particulier à ceux qui tentent de traverser Le fleuve de la liberté. Cet éveil de conscience tardif mais réel la pousse à braver les dangers et à prendre de sérieux risques.

J’ai aimé suivre cette troupe de théâtre aux caractères si divers, découvrir leurs échanges, leur façon de travailler sur le fleuve pendant toute une saison, en allant de ville en ville. Connaitre les petites mains qui les accompagnent et la façon dont ils sont perçus par la population. Ils doivent quasiment aller chercher leurs spectateurs. Dans ces villes en formation, épicier, shérif, juge, fermiers, chacun exerce une forme de pouvoir dont il faut comprendre les subtilités afin de flatter intelligemment celui qui saura faire venir sur le théâtre flottant le plus de spectateurs possible. Enfin j’ai aimé suivre l’éveil de conscience de May. D’abord fade et fragile, elle se transforme en une femme sûre au caractère bien trempé.

Les différents personnages permettent de comprendre les enjeux de l’esclavage, ceux qui ne le pratiquent pas mais ne le condamnent pas pour autant, ceux qui refusent d’intervenir, les chasseurs d’esclaves appâtés par le gain, et la complexité des réseaux qui tentent de leur faire passer la frontière entre le Sud et le Nord au péril de leur vie. Un roman qui se lit avec plaisir, même si le thème abordé est grave. Le lecteur s’attache à May et aux différents personnages, prêt à embarquer sur le fleuve de la liberté.

Lire également sur le sujet de l’esclavage aux États-Unis l’excellent roman de Colson Withehead, Underground Railroad.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury des lecteurs du Livre de Poche 2019

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche et JC Lattès

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Manon Malais

Avril 1838. Après le naufrage du bateau qui devait l’emmener à Saint Louis, une jeune couturière, May Bedloe, échoue seule et sans le sou sur les berges de l’Ohio. Elle trouve un travail sur un bateau-théâtre qui descend la rivière pour donner des représentations. Par sa créativité et son talent, elle se rend rapidement indispensable et trouve sa place au milieu d’une troupe joviale d’acteurs hauts en couleur. Elle y découvre l’amitié et la promesse de quelque chose de plus…
Mais traverser quotidiennement la frontière entre le Sud confédéré et le Nord libre n’est pas sans danger. Pour honorer une dette, May se voit contrainte de transporter en cachette des passagers clandestins sur les flots du fleuve de la liberté. Ses secrets deviennent de plus en plus difficiles à garder. Et pour sauver la vie des autres, elle va devoir risquer la sienne…

Une formidable héroïne rend ce livre irrésistible. The Daily Mail.

Pages : 480 / Date de parution : 24/04/2019 / EAN : 9782253100751 / Prix : 8,40€

L’envol du moineau, Amy Belding Brown

L’envol du moineau, une grande fresque historique dont le personnage principal captive et émeut par son courage et son caractère. Quand une histoire vraie devient un récit totalement romanesque…

Baie du Massachussetts, en 1672. Les territoires sont habités par les puritains aux règles rigides et strictes. Mary est la fille de John White, un riche propriétaire terrien du Lancaster. C’est l’épouse de Joseph Rowlandson, pasteur de l’église de cette même communauté. Ils vivent relativement aisément pour l’époque, femme au foyer, mère attentive, chrétienne convaincue, Mary respecte les règles imposées par l’église et par son mari. A cette époque et dans cette église pour le moins austère, une femme reste à la maison, n’en sort qu’accompagnée de son mari, prend bien soin de cacher ses cheveux sous son bonnet et peut être punie pour insolence, y compris envers son époux.

Mary et sa famille se conforment aux règles, sans trop y penser. Mais un jour de 1675, leur village est attaqué par les indiens, Mary et ses enfants sont faits prisonniers, puis menés vers les grandes plaines où se regroupent les tribus. C’est vivre alors l’abomination la plus terrible que de tomber ainsi aux mains des barbares, des sauvages, et être asservie. Mary devient l’esclave de Weetamoo, la femme du chef Qinnapin.

Totalement choquée et apeurée dans un premier temps, Mary va pourtant rapidement déceler chez ces indiens des valeurs humaines qu’elle découvre avec étonnement. Ces sauvages qui ont dévasté son village et tué sans pitié les habitants sont capables de compassion, d’empathie, d’entraide, d’amour envers leurs enfants. Elle apprend à leur contact la liberté de mouvement, le bonheur de l’oisiveté, la possibilité dont jouissent les femmes de s’exprimer et de commander, alors qu’elle-même n’était qu’autorisée qu’à se taire dans sa propre communauté.

A leur contact, pendant plusieurs mois de souffrance, contrainte à des déplacements permanent à travers différents États, tenaillée par la faim et le froid au même titre que ses ravisseurs, aidée par James, un indien converti, elle va vivre avec les tribus et remettre en question les fondements de son existence passée. Questions encore plus prégnantes lors de son retour, car tel le moineau prisonnier de sa cage, Mary ne chante plus et rêve de liberté.

Elle doute, qui sont les vrais sauvages ? Qui est le plus cruel, et qui est dans son droit. Est-il vrai que les saintes écritures valident l’esclavage, et de quel droit ? Pourquoi les blancs s’arrogent-ils le droit de traiter les noirs en esclaves et réfutent-ils ce droit aux indiens ? Lorsqu’elle aura recouvré sa liberté, ces interrogations en avance sur son temps la mettront au ban de la société.

Dans cette grande fresque romanesque, pourtant basée sur une histoire vraie et des faits vérifiés, Amy Belding Brown nous plonge dans l’Amérique puritaine du XVIIe siècle où Dieu est le seul maître, le seul refuge, il dicte aux hommes, et par eux, aux femmes, leur rôle et leur mission. Et l’on se demande alors qui des puritains de la Nouvelle Angleterre ou des indiens natifs de ces terres sont les véritables sauvages ? Amy Belding Brown pose les questions de l’extrémisme religieux, de l’esclavage, de l’égalité des races, et soulève une fois encore la question de l’extermination des indiens d’Amérique du Nord chassés de leur terre par les colons.

J’ai vraiment  aimé ce roman qui décrit à la fois l’intime et l’Histoire, qui exprime à la fois les sentiments et la violence, l’amour et la haine, la foi et le doute, et qui est superbement traduit par Cindy Colin Kapen. S’il est largement conseillé par Jim Fergus, il me fait penser au thème de son bestseller « Mille femmes blanches », que j’avais également apprécié lors de sa sortie.

💙💙💙💙💙

Catalogue éditeur : Cherche-Midi

Cindy COLIN KAPEN (Traducteur)

Colonie de la baie du Massachusetts, 1672. Mary Rowlandson vit dans une communauté de puritains venus d’Angleterre. Bonne mère, bonne épouse, elle souffre néanmoins de la rigidité morale étouffante qui règne parmi les siens. Si elle essaie d’accomplir tous ses devoirs, elle se sent de plus en plus comme un oiseau en cage. Celle-ci va être ouverte de façon violente lorsque des Indiens attaquent son village et la font prisonnière. Mary doit alors épouser le quotidien souvent terrible de cette tribu en fuite, traquée par l’armée. Contre toute attente, c’est au milieu de ces « sauvages » qu’elle va trouver une liberté qu’elle n’aurait jamais imaginée. Les mœurs qu’elle y découvre, que ce soit le rôle des femmes, l’éducation des enfants, la communion avec la nature, lui font remettre en question tous ses repères. Et, pour la première fois, elle va enfin pouvoir se demander qui elle est et ce qu’elle veut vraiment. Cette renaissance pourra-t-elle s’accoutumer d’un retour « à la normale », dans une société blanche dont l’hypocrisie lui est désormais insupportable ?
 
Cette magnifique épopée romanesque, inspirée de la véritable histoire de Mary Rowlandson, est à la fois un portrait de femme bouleversant et un vibrant hommage à une culture bouillonnante de vie, que la « civilisation » s’est efforcée d’anéantir.

EAN : 9782749160924 / Nombre de pages : 464 / Format : 140 x 220 mm / Prix : 22€