Des mirages plein les poches. Gilles Marchand

Il y avait l’inaccessible étoile, il y a aujourd’hui la quête vers l’inaccessible rêve selon Gilles Marchand. Alors lisez, rêvez, et vous aurez Des mirages plein les poches … Un recueil de nouvelles à découvrir d’urgence !

Domi_C_Lire_des_mirages_plein_les_poches_gilles_marchand_aux_forges_de_vulcain_

Si la nouvelle est déjà un genre littéraire que j’affectionne, Gilles Marchand lui apporte ce brin de folie et de nostalgie, de douceur et de tendresse qui ne pouvait que me le faire apprécier encore d’avantage !

Bravo, mille fois bravo, de nous avoir embarqués au bout d’un fil qui se détricote et se retricote ; d’une soirée de noël en tous points semblable aux plus grands films, enfin, plutôt totalement dissemblable ; dans la tête d’un homme qui accumule les objets laissés par tous au bord du chemin ; dans celle de ces portions de truite, ou de demi-truite c’est selon ; dans la tête de ces enfants qui cherchent le vrai, le seul super-héros auquel s’identifier ; de ces rangements qui indiscutablement placent les Beach-Boys à côté des Beatles ; mais aussi dans le comment être bon en foot avec les bonnes chaussures, et comment être doué pour faire l’amour avec… Ah mais là je vous laisse découvrir la suite par vous-même !

Lisez Des mirages plein les poches pour savoir, comprendre, sourire, aimer, rire aux éclats ou avoir la larme à l’œil, devant tant de nostalgie déjantée, d’humour magique, de bonheur simple, d’humanité du quotidien, de fantaisie bouleversante comme sait si bien les écrire et les faire passer Gilles Marchand.

Ce recueil rassemble une dizaine de nouvelles écrites entre 2011 et 2017, d’abord publiées chez différents éditeurs ou dans des revues, et enfin rassemblées ici grâce à David Meulmans, éditeur des Forges de Vulcain. On y retrouve une belle unité malgré le temps qui est passé entre l’écriture des différents textes. Et surtout elles ont un point commun, le désenchantement et les rêves inaccessibles, qu’il nous parle de paternité, d’aventure, de football, d’un marin au long court ou d’amour, chacun de ses héros s’accroche à son rêve jusqu’au bout.

💙💙💙💙💙

Retrouvez mon avis sur le premier roman de Gilles Marchand Une bouche sans personne.

Lecture par Gilles Marchand lors du lancement à la librairie L’attrape Cœur

Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux. Il a notamment écrit « Dans l’attente d’une réponse favorable » (24 lettres de motivation) et coécrit « Le Roman de Bolaño » avec Eric Bonnargent. « Une bouche sans personne » est son premier roman.


Catalogue éditeur : Aux Forges De Vulcain

Un musicien de rue, un homme qui retrouve sa vie au fond d’une brocante, des chaussures qui courent vite, deux demi-truites, une petite lampe dans un couffin, le capitaine d’un bateau qui coule, la phobie d’un père pour les manèges, un matelas pneumatique… On ne sait jamais qui sont les héros des histoires de Gilles Marchand : objets et personnages se fondent, se confondent et se répondent chez cet auteur qui sait, comme nul autre, exprimer la magie du réel. Sous ses airs de fantaisiste, il raconte la profondeur de l’expérience humaine.

EAN 9782373050448 / Paru le 19 Octobre 2018

Birthday Girl. Haruki Murakami

Une bel objet et le talent de conteur d’Haruki Murakami réunis dans cette nouvelle parution de « Birthday girl », à découvrir ou à offrir.

Domi_C_Lire_birthday_girl_haruki_murakamiPour ma première lecture de cet auteur dont on parle tant, je commence par une nouvelle « Birthday Girl » qui vient de paraitre chez Belfond, dans cette si jolie collection illustrée à la couverture cartonnée.

Le jour de son anniversaire, une jeune serveuse doit aller travailler, pour remplacer une collègue souffrante. Dans cet étrange restaurant, tous les jours à la même heure, le patron a un rituel immuable : apporter sur un chariot le même dîner au propriétaire du restaurant qui habite l’hôtel au-dessus.

Ce jour-là, il n’y a pas un mais deux malades, et la serveuse dont c’est l’anniversaire va aller à la rencontre de cet étrange vieillard qui lui demande de faire un vœu… Lequel ? Ce qui se passe ensuite, c’est ce qu’elle raconte et que je vous laisse découvrir en lisant à votre tour ce texte plutôt étrange Birthday Girl

Ici le texte de Murakami est mis en images par une artiste allemande, Kat Menschil. Dans une tonalité de rouge, rose, blanc, tout est dit en quelques traits savamment posés sur la feuille… Cela donne un charme fou à ce livre, cadeau idéal pour les fêtes, à ceux qui aiment l’auteur, les nouvelles, les surprises, et les beaux objets…  pour tous en fait !

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Belfond

Je ne vais pas vous offrir quelque chose de matériel. Mon cadeau n’aura rien à voir avec un objet de valeur. En fait, voilà ce que j’aimerais offrir à la merveilleuse fée que vous êtes, mademoiselle. Vous allez faire un vœu. Et je l’exaucerai. Quel qu’il soit. À condition que vous ayez un vœu à formuler.

Comme un songe éveillé, un de ces instants suspendus qui nous hantent encore, longtemps après, Haruki Murakami nous livre une nouvelle mélancolique, douce-amère, magnifiquement mise en image par la talentueuse illustratrice allemande Kat Menschik, pour mieux restituer l’univers hypnotique du maître.

Littérature étrangère / Traduit par Hélène MORITA / Parution le 09 novembre 2017 / 72 pages

Petites histoires pour futurs et ex-divorcés. Katarina Mazetti

Dans « Petites histoires pour futurs et ex-divorcés » Katarina Mazetti vient nous régaler avec les aventures de tous ces couples qui continuent leur route ou au contraire voient leurs chemins se séparer.

DomiCLire_Katarina_mazettiLe couple, Katarina Mazetti nous en parle régulièrement dans ces romans, celui qui se forme devant les tombes au cimetière, celui qui se déchire. En vingt-neuf nouvelles, toutes plus caustiques, originales, savoureuses les unes que les autres, elle fait le tour de ces moments forts d’une vie : séduction, amour, lassitude et désamour, infidélité, regrets, passion, tout y passe, c’est à la fois drôle et touchant. Katarina Mazetti fait le tour de ces tracas du quotidien qui font d’une vie à deux parfois un enfer. Les familles recomposées, le coût de la pension qui ampute sérieusement le bien être du nouveau couple, les vacances où l’on doit supporter les enfants d’un autre lit, le manque de place, le dentifrice sur le lavabo, et j’en passe, tout peut devenir prétexte à dispute, et faire passer les sentiments de l’amour à la haine. Mais il y a aussi tous ces moments où celui qui est seul, et qui bien souvent ne l’a pas souhaité, se retrouve en manque de cette moitié qui l’a abandonné. Difficile chemin de reconstruction, d’abord seul, puis à deux de nouveau.

Enfin, il y a tous ces petits riens que l’on fait pour faire plaisir à l’autre, qui deviennent des évidences, mais qui donnent parfois l’impression de ne plus penser à soi et laissent un goût amer qui perturbe souvent la vie de couple. Toutes ces petites choses qui plaisaient tant chez l’autre et qui deviennent au contraire source de ressentiment, que l’on ne peut plus supporter. Car enfin, être seul, c’est enfin vivre livre et être soi, réellement. A moins que ce ne soit qu’une illusion ?

Voilà donc une façon intéressante de nous montrer que tout n’est pas aussi simple, que la vie est loin d’être un fleuve tranquille, et que l’amour se construit au quotidien avec ses plaisirs et ses contraintes, pour le pire et le meilleur. L’écriture, et la traduction, en font un livre caustique à souhait mais agréable à lire pour passer un bon moment, à conseiller pour futurs et ex-divorcés comme pour tous les autres !


Catalogue éditeur : éditions Gaïa

On a toujours mille et une raisons de divorcer… et de le regretter !
Ces Petites histoires croquent avec délices les travers de chacun, la difficulté d’avoir envie des mêmes choses  AU-DELÀ de cinq ans de vie commune, l’exigence d’exister AUSSI comme individu.
Quelques portraits au vitriol : homme ou femme, divorcés, enfin seuls ! Enfin libres ! mais… libres de quoi, déjà ?
Car la vie est cruelle : une fois seul(e), pourquoi faut-il que ce qui nous agaçait le plus nous manque soudain ? Comme si le divorce était le meilleur moyen de se retrouver à gérer l’emploi du temps de 8 personnes une semaine sur deux…
C’est caustique et gouleyant, c’est Katarina Mazetti.

ISBN 978-2-84720-769-9 / 240 pages – 20 € / format 13×22 / Mai 2017

 

Retourner à la mer. Raphaël Haroche

Quand on aime les nouvelles et quand on aime ses textes, on a forcément envie de « Retourner à la mer » et de se plonger dans ce nouvel univers que nous dévoile Raphaël Haroche.

DomiCLire_retourner_a_la_merAu salon du livre paris, il y avait du monde pour attendre une dédicace de Raphaël, cet auteur que d’aucun, moi la première, connaissent et apprécient d’abord pour ses talents de chanteur. Avec ce recueil de nouvelles, on découvre une autre facette, celle de l’homme de textes et de parole.

Et on embarque, et parfois c’est rude ! Pour un abattoir, pour une route la nuit, dangereuse lorsque l’on a trop bu, pour une salle de concert où le vigile fait bien peu de cas de la danseuse du ventre qu’il accompagne chaque soir à son Cabaret, avec ce jeune homme qui travaille sur le tournage d’un film dans un cimetière, pour une nuit d’amour avec la plus belle fille du monde….Et puis l’on est tenté de rester aussi au fond de son lit, car la vie, si c’est ça c’est vraiment pas drôle.

Il y a dans ces courts textes beaucoup d’amour, d’espoir mais aussi de solitude et parfois de désespoir, il y a cependant une grande foi en l’Homme, celui qui peut changer, celui qui aime, celui qui comprend, qui regrette et qui avance. Malgré la solitude, la faim, la peur, tant de sentiments qui nous rendent avant tout tellement humains.

Des nouvelles dans lesquelles on retrouve la profondeur de certains textes de Raphaël que l’on aime écouter. D’intérêt inégal elles ont cependant le mérite de nous inciter à réfléchir, se lisent facilement et plutôt agréablement, bien qu’il émane vraiment une immense tristesse de ces lignes…


Catalogue éditeur : Gallimard

Un colosse, vigile dans les salles de concert, et une strip-teaseuse, au ventre couturé de cicatrices, partagent une histoire d’amour…
L’employé d’un abattoir sauve un veau de la mort et le laisse seul dans l’usine fermée pour le week-end.
À sa sortie de l’hôpital, un homme part se reposer dans le Sud avec sa vieille maman.
Trois adolescents livrés à eux-mêmes entendent un bruit inconnu qui pourrait bien être celui de la fin du monde.
Tous ces personnages prennent vie en quelques phrases, suivent leur pente et se consument.
Lire la suite

176 pages / 140 x 205 mm / Achevé d’imprimer : 01-01-2017 / ISBN : 9782072695155

Des vies et des poussières. Louis Chedid

Dans ce joli recueil de nouvelles de Louis Chedid, « Des vies et des poussières » en peu de mots, peu de pages, tout est dit, ou presque, à découvrir !

Des vies et des poussières - J’aime beaucoup les textes de Louis Chedid, aussi c’est avec une certaine impatience que je me suis plongée dans ce recueil de nouvelles. J’apprécie également les nouvelles, par lesquelles un auteur va raconter une histoire, happer un lecteur, le faire rêver, lui donner des émotions, faire passer la tristesse, les espoirs, les illusions, en peu de pages. Et je n’ai pas été déçue.

Incisives, mordantes, attachantes, étonnantes, politiquement correctes – ou pas – mettant en scènes des quidams quelconques ou des personnalités de l’histoire récente, il y a toujours dans ces nouvelles un petit quelque chose qui surprend, qui retourne l’impression qu’à le lecteur au fil des pages. Très courtes pour la plupart, l’auteur a pourtant réussi à y insuffler une ambiance, une vie propre à chacune. Peut-être est-ce une capacité mise en œuvre régulièrement pour écrire une chanson, un texte court qui doit exprimer beaucoup en peu de mots ?
Si vous êtes encore un peu timide envers ce genre, leur « facilité » de lecture devrait vous convaincre ! Et si vous êtes amateurs du genre, vous aurez la garantie d’un lecture agréable et divertissante.

💙💙💙💙


Catalogue éditeur

Des vies et des poussières, c’est un livre à l’atmosphère drolatique, des bribes d’existence où quelque chose se grippe, se voile, se disloque. Un univers cruel et assassin jamais loin de l’absurde ni dénué d’humour. Au fil de ces seize nouvelles qui, chacune, s’ouvrent sur une petite morale, Louis Chedid nous étonne et nous cueille par surprise, avec un art certain de la chute.

EAN : 9782702158906 / Format : 135 x 215 mm / 234 pages / Parution : 6 janvier 2016

 

Macadam. Jean-Paul Didierlaurent

Qui dit nouvelles dit tranches de vie en peu de mots et peu de pages, avec « Macadam » Jean-Paul Didierlaurent, l’auteur du très sympatique « liseur du 6h27 » nous régale et nous emporte.

Depuis toujours, j’aime lire des nouvelles, mes préférées étant sans doute celles de Scot Fitzgerald, et j’ai également découvert avec bonheur depuis quelques années celles écrites par des ados du Prix Clara. Aujourd’hui, en lisant Macadam, j’avoue que je n’ai pas été déçue .
Qu’il nous parle d’un prêtre qui réussit à s’évader alors qu’il est obligé d’écouter les sempiternelles confessions de ses ouailles, d’un musicien qui se sent profondément coupable, d’une jeune femme désabusée qui travaille au péage de l’autoroute, d’un ancien soldat pétri de remords face au « pourquoi eux et pas moi », ou d’une fillette qui fait de terribles cauchemars, pour ne citer que ces nouvelles -là, l’auteur sait capter l’essence même des instants de vie qu’il décrit.
Que ce soit les sentiments amoureux, la lassitude, l’échec, la culpabilité, le souvenir et le remords, la passion et la fidélité sans faille envers l’amour disparu, l’ennui, le cynisme parfois, ou même l’horreur d’une relation incestueuse, il y a toujours à la fois une poésie et une justesse dans le phrasé qui nous touchent au cœur, qui nous font vibrer avec les protagonistes, qui nous émeuvent et nous touchent au plus profond. Jean-Paul Didierlaurent a l’art, en quelques phrases, de trouver l’accroche qui nous donne envie de lire, en quelques scènes il crée une véritable histoire, ou au contraire il initie une histoire à prolonger, puisque l’on retrouve dans ce recueil certains protagonistes de son roman « le liseur du 6h26 », et c’est un grand plaisir de lecture.
Macadam n’a qu’un défaut, on le fini trop vite ! Du coup, il laisse à son lecteur un goût de « revenez-y » !


Catalogue éditeur : Au diable vauvert

Un prêtre qui s’ennuie pendant les confessions devient accro à la Game Boy ; un vieillard qui attend de mourir assassine en douceur ses voisins de chambre dans une maison de retraite ; un moustique écrasé sur une partition sabote une corrida ; pour mettre fin à une discorde, un fossoyeur enterre les aiguilles des deux clochers de son village.
Macadam recueille plus de dix années d’écriture et de concours de nouvelles. L’auteur du Liseur du 6h27 y dévoile de nouvelles facettes de son talent, tout aussi bien sombres que joyeuses ou humoristiques. Les lecteurs y retrouveront en germes les éléments et la magie qu’ils ont pu découvrir dans son roman : l’univers d’un écrivain original et populaire.

Date de parution : 10/09/2015 / EAN : 9782846269636

Kuessipan, Naomi Fontaine

Kuessipan, un roman poème, un livre indispensable.

Que ce livre est étrange. Il ne ressemble pas tout à fait à un roman, dans le sens où il ne raconte pas une seule histoire, et pourtant il est comme une succession de poèmes qui viendraient nous parler de la vie. L’auteur évoque en quelques mots, quelques lignes, la vie de ces femmes ou ces hommes, ces enfants, ces jeunes et ces vieux de sa tribu indienne. Naomi Fontaine, jeune femme Innue, est  originaire de la communauté de Uashat parquée dans une réserve tout au nord-est  du Québec, près de Tadoussac, dans ces paysages qui malgré leur modernité gardent le côté sauvage des terres du nord, celles des tribus nomades d’autrefois.

J’ai trouvé à la fois une grande simplicité et beaucoup de poésie dans ces lignes. En quelques mots, un paragraphe parfois, l’auteur fait passer des instants de vie, de réussite, de tristesse, de déchirure, le mari mort dans un accident de voiture, la jeune fille de 15 ans enceinte et heureuse de porter son enfant, le vieux qui bientôt ne sera plus mais qui transmet encore aux plus jeunes son savoir, la grand-mère qui tient encore sa tribu à plus de cent ans, et ce jeune homme détruit par la drogue et mort bien trop tôt. Drogue, alcool, ennui, tout ce qui détruit la   vie et l’honneur des hommes est également abordé. Car comment se réaliser, devenir un homme quand on vit dans ces réserves qui annihilent votre volonté et votre existence.

Il y a tout un monde dans ce court roman. J’ai vraiment aimé, il va droit au cœur. On imagine tout à fait les paysages, les odeurs, les parfums qui changent avec les saisons, la glace sur le lac, le renouveau des prairies, les animaux, les plantes, tout y est en si peu de mots. J’ai le sentiment de l’avoir lu presque trop vite, il a un goût d’ailleurs, d’enfance et de vie.

Catalogue éditeur : Serpent a plumes

Kuessipan est le récit des femmes indiennes. Autant de femmes, autant de courages, de luttes, autant d’espoirs. Dans la réserve innue de Uashat, les femmes sont mères à quinze ans et veuves à trente. Des hommes, il ne reste que les nouveau-nés qu’elles portent et les vieux qui se réunissent pour évoquer le passé. Alors ce sont elles qui se battent pour bâtir l’avenir de leur peuple, pour forger jour après jour leur culture, leur identité propre, indienne.

EAN : 9791094680070 / 120 pages / Date de parution : 21/08/2015

Le voyage dans le passé. Stefan Sweig.

Stefan Sweig, le maitre incontesté de la nouvelle, un art dans lequel il excelle

https://i2.wp.com/static1.lecteurs.com/files/books-covers/212/9782246748212_1_75.jpg

Depuis que j’ai découvert les nouvelles de Stefan Sweig, je ne peux pas résister et j’achète dès que j’en trouve une, y compris pour celle-ci trouvée dans un vide grenier, rencontre propice à un échange sympathique avec une charmante vendeuse. Bon là c’est sûr le livre est un peu épais comparé au texte qui s’y trouve, à peine 90 pages dans un joli format.

Nous assistons aux amours contrariées par la vie, l’éloignement et la guerre, entre une femme mariée et un jeune homme -ce dernier doit choisir entre vivre un amour secret près de celle qu’il aime ou partir pour réaliser ses ambitions et réussir  sa carrière- puis neuf ans plus tard, à leurs retrouvailles. Mais que deviennent des sentiments exacerbés par l’absence et l’éloignement, quand chacun a poursuivi son chemin, quand le silence et la distance sont synonymes d’oubli et de souvenirs.

Quelle réussite, comme toujours l’auteur sait dépeindre à merveille les sentiments humains, amour, amitié, ambition, envie de réussir sa vie, tout est abordé en peu de lignes et peu de mots, dans un style concis et précis.

Stefan Sweig a l’art de faire passer tous ces sentiments confus et complexes, toutes ces impressions, ces mots que l’on dit et que l’on regrette aussitôt, les regrets et les désirs, les envies et les hésitations, tout y est. On suit les personnages et on vit avec eux la complexité des sentiments, faire revivre le passé ou ne pas y revenir, garder le souvenir ou tout recommencer, rien n’est simple et tout est suggéré dans ces quelques lignes.

Catalogue éditeur  Éditions Grasset

C’est l’histoire d’un amour contrarié par les circonstances de la vie : un jeune homme pauvre tombe amoureux de la femme de son riche employeur, qui est également son bienfaiteur. Elle l’aime aussi. Il est envoyé pour plusieurs années en Amérique Latine pour une mission de confiance ; elle lui promet de se donner à lui quand il reviendra. Mais ce retour ne cessera d’être différé : la guerre de 1914-18 éclate, empêchant toute traversée de l’Atlantique pour les ressortissants des pays ennemis de l’Angleterre ; le jeune homme finit par se marier et fonder une famille. Les retrouvailles n’ont finalement lieu que neuf ans plus tard et elles ont un goût amer. Le lecteur est pris par cette histoire d’amour impossible, émouvante, qui rappelle par bien des aspects la fin de L’éducation sentimentale. Une belle réflexion sur l’usure des sentiments et l’impossibilité de faire revivre le passé.

13 à table ! Les Restos du Coeur

Une excellente initiative qui permet grâce à la participation des auteurs d’offrir des repas aux restaus du cœur

13 à table ! / Les Restos du Coeur par Chattam

J’ai offert plusieurs fois ce livre de nouvelles d’auteurs connus et reconnus, en particulier lorsque je suis invitée à dîner, mais je ne les avais pas encore lues. Voilà qui est fait et j’ai passé un excellent moment..

On y retrouve la patte de certains auteurs, c’est également un moyen d’en découvrir d’autres. Le fil conducteur de ce recueil est le dîner, la nourriture. Apparemment certains auteurs ont une idée un peu étrange du dîner, ou du moins n’ont sans doute pas suivi les consignes. Mais qu’importe j’ai au plaisir à suivre ces différentes aventures. Nous voilà face à des histoires assez classiques, d’autres plus sordides, savoureuses ou au contraire étrangement sanglantes, des histoires de famille, d’amitié, de couple, de rupture, tout y est, les univers sont évoqués avec habileté, tendresse, gourmandise ou suspense. On entre facilement dans ces moments de vie, dans ces intrigues, qu’elles nous tiennent en haleine ou qu’on en devine aisément la fin.

Merci aux auteurs pour leur bonne action qui nous permet de passer un bon moment tout en ayant l’impression d’être un petit maillon dans la chaine de solidarité des restaus du cœur. Qui sait, peut-être aurons-nous le plaisir d’en découvrir d’autres l’an prochain, si c’est le cas, comptez sur moi pour vous lire.

Catalogue éditeur : Pocket

13 des plus grands auteurs français actuels pour 13 nouvelles autour d’un thème commun : un repas.
Intrigues policières, réunions de famille qui dérapent, retrouvailles inattendues… Du noir, de la tendresse, de l’humour, de l’absurde, à chacun sa recette.
13 repas à déguster sans modération, alors à table ! Françoise Bourdin – Maxime Chattam – Alexandra Lapierre – Agnès Ledig – Gilles Legardinier – Pierre Lemaitre – Marc Levy – Guillaume Musso – Jean-Marie Périer – Tatiana de Rosnay – Éric-Emmanuel Schmitt – Franck Thilliez – Bernard Werber

Date de parution : 6 Novembre 2014 / 240 p. / EAN : 9782266254052

Concerto à la mémoire d’un ange, Eric-Emmanuel Schmitt

Un recueil de quatre nouvelles, comme sait le faire Eric-Emmanuel Schmitt.

DomiCLire_concerto_a_la_memoire_d_un_ange.jpg

Le fil rouge semble être sainte Rita, qui apparait en léger filigrane dans ces moments de vie qui frôlent la rédemption, le pardon, la compréhension du mal ou du bien.

Les protagonistes de chaque nouvelle sont intéressants, leur rédemption est possible, comme pour « l’empoisonneuse », ou réalisée, comme dans « Concerto à la mémoire d’un ange » ; leurs interrogations sur l’amour, qu’il soit entre parents et enfants comme évoqué dans « le retour », ou entre mari et femme comme dans « pour un amour à l’Élysée », sont pertinentes et posent question au lecteur également, car en fait ce sont des interrogations que chacun peut avoir à se poser à un moment de sa vie.
Les moments évoqués le sont parfois en surface sans aller au plus profond des personnages, même si ces personnages sont un peu trop stéréotypés et les situations très singulières. Mais après tout ce sont des nouvelles et pas des romans, la mise en situation se doit donc d’être efficace et brève. C’est au final un agréable moment de lecture.

Catalogue éditeur : Le livre de poche

Quel rapport entre une femme qui empoisonne ses maris successifs et un président de la République amoureux ? Quel lien entre un simple marin honnête et un escroc international vendant des bondieuseries usinées en Chine ? Par quel miracle, une image de sainte Rita, patronne des causes désespérées, devient-elle le guide mystérieux de leurs existences ? Tous ces héros ont eu la possibilité de se racheter, de préférer la lumière à l’ombre. À chacun, un jour, la rédemption a été offerte. Certains l’ont reçue, d’autres l’ont refusée, quelques uns ne se sont aperçus de rien.Quatre histoires liées entre elles. Quatre histoires qui traversent l’ordinaire et l’extraordinaire de toute vie. Quatre histoires qui creusent cette question : sommes-nous libres ou subissons nous un destin ? Pouvons-nous changer ? Suivi du journal tenu par Eric-Emmanuel Schmitt durant l’écriture, Concerto à la mémoire d’un ange s’inscrit dans la lignée d’Odette Toulemonde et La Rêveuse d’Ostende.