Les oubliés, John Grisham

Plonger dans les méandres de la justice avec ce thriller efficace et parfaitement maîtrisé

Cullen Post est un avocat atypique. Pasteur de l’église épiscopale, il a exercé son métier d’avocat en cabinet avant de rejoindre Les Anges Gardiens. Cette association à but non lucratif a pour mission de faire sortir de prison, et parfois même du couloir de la mort, les condamnés innocents des crimes qui leur ont été reprochés. Avant de décider de s’occuper de ceux qui les appellent au secours, une enquête poussée est menée par les membres de l’association.

Le jour où Quincy Miller les sollicite alors qu’il est déjà dans le couloir de la mort et emprisonné depuis 22 ans, Cullen Post prend l’enquête en main.

Quincy Miller à été condamné pour le meurtre violent de Russo, un jeune avocat qui exerçait dans la petite ville de Seabroke. Tout le travail des Anges Gardiens est alors de remonter les étapes de l’accusation et de la condamnation, d’en prouver les incertitudes et de mettre la lumière sur toutes les incohérences et les mensonges qui ont permis cette condamnation inique. Et l’on se rend vite compte que dans cette petite ville, comme dans bien d’autres aux Usa, la culpabilité d’un homme noir arrangeait bien les affaires d’un shérif vénal aux manières fort contestables.

Tout au long de l’enquête qui s’avère longue et délicate, Cullen Post travaille sur d’autres missions en parallèle. Ces multiples intervenants m’ont parfois un peu perdue, mais au final j’ai apprécié ce thriller à l’écriture aussi efficace que sobre. Pas de circonvolutions littéraire ou de description inutile, des faits, des actions, des résultats émaillent cette intrigue réaliste et d’autant plus passionnante que l’auteur s’est inspiré de faits réels.

Il y a longtemps que je n’avais pas lu de thriller de John Grisham. J’ai trouvé que cette version audio met en valeur son écriture dynamique, factuelle, rythmée, et sa connaissance du milieu judiciaire américain.

Catalogue éditeur : Audiolib et JC Lattès

À Seabrook, petite ville de Floride, le jeune avocat Keith Russo est tué à coups de fusil alors qu’il travaille un soir dans son bureau. L’assassin n’a laissé aucun indice. Aucun témoin, aucun mobile. Mais la police trouve bientôt un suspect, Quincy Miller, un homme noir et ancien client de Russo. Quincy est jugé et condamné à une peine de réclusion à perpétuité. Pendant vingt-deux ans, il se morfond en prison et ne cesse de clamer son innocence. Il n’a pas d’avocat, personne pour le défendre. De désespoir, il écrit une lettre aux Anges Gardiens, une fondation où travaille Cullen Post, avocat et ancien pasteur de l’Église épiscopale. Les Anges Gardiens n’acceptent que très peu d’affaires. Post sillonne le pays pour tenter de réparer les erreurs judiciaires et sauver des innocents. Le cas de Quincy Miller, toutefois, représente un défi d’une tout autre nature. Des gens puissants, violents et sans pitié ont assassiné Keith Russo, et ils ne veulent pas voir Quincy Miller disculpé. Ils ont tué un avocat il y a vingt-deux ans, ils en tueront un deuxième sans hésitation.

Traduit par Dominique Defert / Lu par Nicolas Charbonneaux

Parution : 07/07/2021 Éditeur d’origine JC Lattès Durée 11h04 EAN 9791035406288 Prix du format physique 24,90 € EAN numérique 9791035406202 Prix du format numérique 22,45 € Date de parution 07/07/2021

Donbass Benoît Vitkine

Garder une part d’humanité au cœur des conflits

Le Donbass, cette région d’Ukraine à la frontière russe est en guerre depuis des années, même si nous l’avons un peu oublié. Benoît Vitkine nous en fait découvrir le quotidien et les enjeux toujours prégnants pour la population.

Lorsqu’un enfant est retrouvé sauvagement assassiné, dans cette région en guerre permanente, le fait aurait pu n’être qu’un simple fait divers parmi tant d’autres. Mais c’est sans compter sur l’acharnement de Kavadze, le chef de la police locale, à qui incombe la résolution de cette macabre découverte. Cet ancien officier, survivant de la guerre en Afghanistan, apprend chaque jour à vivre avec ses blessures et ses souvenirs. Mais malgré la part d’humanité qu’il a abandonnée là-bas, il lui en reste encore assez pour lui insuffler le courage de mener à bien cette enquête. Qu’importe s’il doit plonger dans le milieu pourri des affaires, auprès des entrepreneurs véreux, ou au cœur de la mine qui est encore le principal employeur de cette région minière ukrainienne. Ou s’il lui faut traverser cette ligne de front quasi impénétrable, affronter les soldats revenus eux aussi d’Afghanistan et leur terreurs les plus secrètes.

J’ai apprécié cette intrigue savamment menée, au suspense permanent malgré une forme de lenteur dans le récit. C’est un sujet qui donne envie d’en savoir plus sur la situation géopolitique du Donbass. L’auteur distille des informations sur le quotidien des habitants, les tensions qui règnent parfois au cœur même des familles, et nous fait appréhender toute les difficultés qu’a engendré ce conflit toujours d’actualité.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury Prix des lecteurs Le Livre de Poche 2021 Policier

Catalogue éditeur : Le livre de Poche

Hiver 2018. Sur la ligne de front du Donbass, la guerre s’est installée depuis quatre ans. Plus grand monde ne se rappelle comment tout a commencé. L’héroïsme et les beaux principes ont depuis longtemps cédé la place à une certaine routine. Mais quand un enfant est assassiné sauvagement, même le colonel Henrik Kavadze, l’impassible chef de la police locale, perd son flegme.

Benoît Vitkine, lauréat du prix Albert-Londres 2019, aborde un angle mort de la géopolitique mondiale : le déchirement d’une région entre la Russie et l’Ukraine, volontairement ignoré et toujours d’actualité.

320 pages / prix 7,70€/ Date de parution : 24/03/2021 / EAN : 9782253079453/ Éditeur d’origine: Les Arènes

Une famille presque normale, M.T. Edvardsson

Jusqu’où seriez-vous prêts à aller pour sauver votre enfant ?

La famille Sandel est une famille tout à fait banale, nonobstant le fait que le père soit pasteur. c’est un homme respecté par la communauté, dont l’épouse avocate ne compte pas les heures pour réussir dans son métier, au détriment parfois de la relation avec leur fille unique. Cette dernière est régulièrement en rébellion contre ses parents, comme le sont souvent les adolescents.

Pourtant, le jour où Stella est soupçonnée de meurtre de Christopher Olsen, son petit ami, chacun va tenter de comprendre son geste, si geste il y a eu, et surtout essayer à tout prix de la disculper. Comment cette jeune fille rebelle mais qui n’a qu’un seul but depuis des mois – celui d’économiser pour partir en voyage en Asie- peut-elle avoir commis l’horrible meurtre dont on l’accuse. Bien sûr elle conteste l’autorité parentale, bien évidement elle s’oppose fermement à tout ce qui la choque ou la contrarie, oui, elle a une vie secrète dont les parents n’ont pas la moindre idée, mais de là à assassiner son amoureux du moment il semble y avoir un grand pas…

Tour à tour, le père, la fille puis la mère, narrent cette histoire, chacun avec sa vision. Ils en dénouent les fils en donnant à chaque fois leur version des différents événements, et bien sûr en dévoilant des éléments connus d’eux seuls.

Peu à peu, la tension monte, les soupçons pèsent tantôt sur l’un ou l’autre des protagonistes sans que le lecteur ne sache vraiment à quoi s’en tenir, tentant de relier entre elles les différentes pistes qui lui sont proposées.

L’auteur nous pose ici la question essentielle qui est de savoir jusqu’où des parents sont prêts à aller, y compris s’il le faut à se parjurer, pour sauver leur enfant, et ce quelle que soit la faute présupposée de ce dernier. Et interroge sur la famille, normale ou pas, et sur les relations pas toujours sereines entre parents et enfants.

J’ai apprécié aussi l’intéressante mise en relief de l’appareil judiciaire suédois, du travail des avocats et de la police. C’est efficace, ça sonne juste, et c’est rondement mené. Un thriller psychologique qui malgré quelques lenteurs embarque ses lecteurs jusqu’à la dernière page.

Un roman lu dans le cadre du jury du Prix Nouvelles Voix du Polar Pocket 2021

Catalogue éditeur : Pocket

Rémi Cassaigne (Traducteur)

Une famille suédoise tout ce qu’il y a de normal, ces Sandell…
Le père, pasteur. La mère, avocate. Une fille de 19 ans, bosseuse, qui rêve de voyages au long cours.
Le samedi, on file au cinéma. Le dimanche, en forêt. Ils trient leurs déchets, n’oublient jamais leur clignotant, rendent toujours à temps leurs livres à la bibliothèque.
Normale en apparence, du moins, comme toutes les familles qu’un meurtre sordide s’apprête à faire basculer dans l’horreur…

Né en 1977, Mattias T. Edvardsson a été élevé à Trelleborg, en Suède. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont deux pour la jeunesse. Professeur dans le secondaire, il vit avec sa famille à Löddeköpinge, en Suède. Une famille presque normale (Sonatine, 2019) est son premier roman traduit en français.

8.70 € / EAN : 9782266294539 / Nombre de pages : 624 / Date de parution : 15/10/2020

Mamma Maria, Serena Giuliano

Partir en Italie sur un air d’Adriano Celentano, prendre une bouffé d’air frais et de bons sentiments

Découvrir enfin l’écriture de Serena Giuliano, avec qui j’avais eu le grand bonheur de partager un dîner italien sous l’égide de la super team Pocket éditions.

Côte Amalfitaine, en Italie. Sofia est revenue au village après une déception amoureuse, son Jérôme n’a jamais voulu découvrir ce pays auquel elle est tant attachée, et lui rêve d’un enfant quand elle rêve d’une belle vie à deux. Qu’importe, la voilà désormais dans la maison de sa nonna, cette aïeule disparue bien trop tôt à son goût. Mais n’est-ce pas souvent le lot de ces grand-mères si attachantes qui parfois tiennent la place que n’ont pas su occuper les mères.

Au café de Maria, elle respire au rythme de la vie du village et de ses habitants, pour la plupart ses amis, quel que soit leur age. Car ici les amis sont des personnes, pas des jeunes ou des vieux.

Jusqu’au jour où le vieux Franco n’est pas au café pour son rendez vous matinal. Tous s’inquiètent, Sofia va vite découvrir la raison de sa disparition volontaire. Une jeune femme enceinte et son fils, migrants rescapés mais échappés du centre de rétention, se sont cachés chez lui. Comment et qui peut les aider, voilà bien ce que devra résoudre Sofia dans le plus grand secret, enfin très relatif ce secret, nous sommes en Italie tout de même, dans ce pays où la parole et les gestes font partie de la vie.

À partir de là, les bons sentiments mais aussi les tensions vont s’exercer pour le pire mais surtout pour le meilleur. Alors bien sûr quelques personnages sont un peu trop caricaturaux, comme Maria bien méchante avec sa belle fille, et Sofia bien trop naïve parfois. Et ce groupe de petits vieux qui n’ont rien à envier à la troupe des vieux fourneaux. On retrouve aussi quelques poncifs un peu trop stéréotypés et des bons sentiments à la pelle. Mais avouons malgré tout que ce genre de roman fait du bien. Comme une respiration de vacances qui fleure bon la mozzarella di buffala, les pasta al forno, le Limoncello et le basilic frais.

Catalogue éditeur : Pocket, Le Cherche Midi

Sous le coup d’une déception amoureuse, Sofia a quitté Paris pour son petit village natal de la côte amalfitaine. Là, la jeune traductrice respire enfin. Attablée à sa place habituelle, sur la terrasse du Mamma Maria, le bonheur est simple comme un espresso au soleil ou une chanson d’Adriano Celentano… Ce caffè, c’est le cœur du village, le rendez-vous des jeunes, des vieux, dans le généreux giron de la patronne, Maria, leur mère à tous. Or ce matin-là, pour la première fois depuis des lustres, il s’est glissé comme une fausse note dans la partition. Le vieux Franco ne s’est pas présenté pour son éternelle partie de scopa… La fin de la dolce vita ?

Serena Giuliano est italienne et vit à Metz. Sur ses blogs et dans ses livres, elle rit de son rôle de mère, s’indigne sur la condition féminine et la cuisson des pâtes. Deux causes chères à son cœur. Avec son premier roman Ciao Bella, elle a remporté un formidable succès.

EAN : 9782266312882 / Nombre de pages : 240 / 6.95 €

…Et avec votre esprit, Alexis Laipsker

Un meurtre sauvage et un cerveau qui disparaît… un remake de la disparition du cerveau d’Einstein ?

Lorsque le professeur Toussant est sauvagement assassiné dans son laboratoire de Strasbourg et que son cerveau est volé, la commissaire Canelle Pourson comprend qu’elle n’aura pas la tâche facile. Quel individu est assez malsain pour tuer de sang froid et avec autant d’acharnement un scientifique reconnu et Prix Nobel de surcroît ? Elle doit surmonter la peur et le dégoût que lui inspire la violence de la scène de crime et tout faire pour trouver le coupable. Toutes ses équipes sont sur le pont pour résoudre l’affaire.

En parallèle, d’autres hommes disparaissent sans laisser de traces, puis son retrouvés, sains et saufs, mais avec une amnésie qui obère plusieurs jours de leur vie. Ils sont aux quatre coins du territoire, ne se connaissent pas, et s’avèrent être chacun dans son domaine les scientifiques les plus pointus du pays.

Le lieutenant Manon Masteraux, une belle femme franche et directe, exerce à Aix en Provence. Elle a trois disparitions à déplorer sur sa circonscriptions qui lui laissent à penser qu’il ne s’agit pas de faits isolés. A la DGSI, Simone Vairne, séduisant, dragueur et spécialiste du poker qu’il a pratiqué à haut niveau avant d’entrer dans le police, est lui aussi impliqué dans la résolution de ces énigmes.

Quel rythme, quel suspense, avec des personnages de flics comme on les aime. Mais aussi des méchants impossibles à cerner, qui est qui et qui fait quoi, scientifiques, tueur en série, l’œuvre d’un fou furieux, des Russes, ou d’une secte mystique illuminée, toutes les options sont plausibles, l’auteur nous balade tous azimuts. Le lecteur se laisse embarquer à un rythme effréné. C’est assez tordu pour qu’aucune piste ne semble plausible à mesure que l’on avance dans sa lecture. On s’y laisse prendre jusqu’au bout, baladé entre ces trois flics malins et acharnés à résoudre leurs enquêtes respectives. Ils nous entraînent au delà de la logique, vers de bien sombres chemins.

Un roman lu dans le cadre du jury du Prix Nouvelles Voix du Polar Pocket 2021

Catalogue éditeur : Michel Lafon, Pocket

Les esprits les plus brillants de la planète sont kidnappés. Machination, complot ou expérience scientifique ?

« Un peu de science éloigne de Dieu, mais beaucoup y ramène ! »
C’est sur ces mots de son assassin que, en pleine fac de Strasbourg, un Prix Nobel de chimie se voit férocement massacré et dépouillé – littéralement – de son cerveau. Quatre jours plus tard, dans la région lyonnaise, un célèbre physicien disparaît des radars.
Pour le lieutenant Vairne, pro du poker et obsédé de mathématiques, la probabilité qu’il s’agisse d’une coïncidence n’excède pas 15 %.
Probabilité que le carnage continue ? Sang pour sang…

Michel-Lafon Parution : 27/02/20 / Prix : 18.95 € / ISBN :9782749941325
Pocket EAN : 9782266313902 / Pages : 464 / 8.20 €

La maîtresse du peintre, Simone van der Vlugt

Faire tomber Rembrandt de son piédestal à travers sa relation avec Geertje Dircx, la nourrice de son fils

Geertje Dircx n’est sans doute pas née sous la meilleure étoile possible, même si une partie de sa vie a malgré tout été heureuse et confortable. Pourtant, Simone van der Vlugt nous dévoile ici la relation ambiguë qu’elle a eu avec Rembrandt et la façon bien peu glorieuse qu’à eu l’artiste pour s’en débarrasser. Car s’en débarrasser est bien l’expression qui convient. En 1650, lorsque s’ouvre le roman, Geertje est arrêtée par la maréchaussée et emmenée de force dans une maison de correction dans laquelle elle passera douze très longues années. Que s’est-il donc passé pour en arriver là ?

Issue d’un milieu très modeste, la jeune femme travaille à Édam au marché aux poissons, puis part à la ville pour se proposer comme servante dans une auberge à Hoorn. Elle y rencontre Abraham, un marin qui souhaite rapidement l’épouser. Hélas, la jeune femmes devient veuve très jeune et ses espoirs de vie meilleure s’envolent avec le décès prématuré de son époux. La voilà ensuite entrée au service d’une famille aisée de sa ville pour s’occuper de leurs enfants. Elle entre au service de de Rembrandt, pour aider son épouse, puis devient gouvernante de son fils Titus au décès de Saskia.

Une relation d’abord ambiguë, puis amoureuse s’instaure alors entre l’artiste et la jeune femme. Mais dans la Hollande puritaine de l’époque, il est impossible de vivre une relation amoureuse hors mariage. De promesses en mensonges, Rembrandt se lassera vite de celle qu’il ne pourra dans tous les cas jamais épouser.

Ce que j’ai aimé ?

Cette incroyable et violente incursion dans la vie de Geertje, la façon dont elle sera traitée par son amant qui pourtant a tant besoin d’elle, la violence du rejet après l’amour et le bonheur de façade, jamais consolidé par de quelconques liens. Et surtout la façon ignoble dont le maître absolu de la peinture flamande s’est débarrassé de celle qui le gênait.

Je ne peux que vous recommander cette lecture, émouvante, instructive, avec de vrais accents féministes, qui replace les hommes à leur vraie place et montre une fois de plus à quel point il est difficile pour les petits d’entrer durablement dans le cercle des grands. J’ai aimé le côté historique du roman qui nous fait découvrir les us et coutumes du Amsterdam du siècle d’or. Cela m’a fait penser au roman Miniaturiste, Jessie Burton, qui se situe en 1686, et que j’avais également beaucoup aimé.

Catalogue éditeur : 10/18, Philippe Rey

Traduction de Guillaume Deneufbourg

L’histoire saisissante et vraie de Geertje Dircx, maîtresse désavouée du peintre Rembrandt, ici réhabilitée. Un jour de juillet 1650, Geertje Dircx est arrêtée par la ville d’Amsterdam, poussée de force dans une voiture et conduite à la Spinhuis de Gouda, maison de correction pour femmes où elle restera enfermée douze… Lire la suite

Auteure à succès aux Pays-Bas, Simone van der Vlugt a publié des romans historiques et des thrillers. Elle a reçu plusieurs récompenses, dont le prestigieux Prix du Livre de l’année.

Date de parution : 20 mai 2021 EAN : 9782264078063 / pages 312 / prix 7.80 €

Bonne nuit maman, Seo Mi-Ae

Violence et manipulation au pays du Matin Calme

Seon-geyong Lee est une criminologue appréciée de ses étudiants. Formée au FBI, elle fait étrangement penser à la Jodie Foster du silence des agneaux. Surtout lorsqu’un tueur en série la fait appeler du fond de sa prison et souhaite la rencontrer. Lui qui ne veut rien dire de ses meurtres et de sa folie, l’occasion est belle d’essayer de le faire parler.

Mais n’est-ce pas aussi un piège de répondre à un homme aussi pervers ? Car le tueur en série Byeong-do Lee est passé maître dans l’art de manipuler son monde. Il ne sera donc pas évident d’arriver à lui faire dire quoi que ce soit ou de l’emmener là où elle le souhaite.

En parallèle à ses rencontres à la prison, Seon-geyong Lee va voir sa vie de couple bouleversée. En effet, son mari vient de recueillir sa fille d’un premier mariage. Élevée par ses grands-parents maternels au décès de sa mère, ces derniers viennent de disparaître dans un violent incendie. La fillette est désormais sous la garde de son père et d’une belle-mère qu’elle ne semble pas prête à accepter facilement. La jeune femme va de découverte en surprise car son mari ne lui avait pas tout révélée sur son premier couple et sur sa fille. Rapidement, c’est elle qui doit s’occuper de cette enfant, et affronter ses états d’âme et sa mauvaise volonté.

Seon-geyong Lee doit maintenant gérer deux relations difficiles en parallèle. D’une part avec le tueur en série qui se dévoile peu à peu et dont on devine une enfance de souffrance et une relation délétère à la mère ; et d’autre part, avec une fillette de dix ans qui sous des airs de petit ange cache peut-être un jeu aussi pervers qu’inquiétant.

J’ai aimé suivre cette intrigue, qui semble avoir une suite, même si j’ai parfois trouvé que cette spécialiste des tueurs en série faisait preuve de bien d’innocence quant elle analyse les comportements dans sa propre famille. Mais sans doute refuse-t-on de voir le mal sous son toit quand on connaît la noirceur de l’âme humaine.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury Prix des lecteurs Le Livre de Poche 2021 Policier

Catalogue éditeur : Matin Calme, Le Livre de Poche

Seon-gyeong, criminologue et professeure à l’université, est sollicitée par un détenu en attente de jugement. Cet homme, un serial-killer qui a assassiné treize femmes, veut lui parler – à elle seule. Seon-gyeong va devoir faire preuve de la plus grande prudence face à ce tueur hors norme, intelligent et manipulateur. Dans le même temps, son mari se voit contraint de faire venir chez eux sa fille née d’un précédent mariage. Une enfant de onze ans qui serre contre elle son ours en peluche, bouleversée par les décès de sa mère et de ses grands-parents maternels. Des décès pour le moins suspects, d’ailleurs…

320 pages / Date de parution: 31/03/2021 / EAN : 9782253079231 / 7,70€

Matin Calme : EAN : 9782491290054 / Parution : 05/03/2020 / Pages : 269 / Prix : 19.90€

Le jour de ma mort, Jacques Expert

Connaître le jour de sa mort, rêve ou cauchemar  ?

Charlotte est une jeune parisienne aussi blonde que belle. Heureuse dans sa vie, elle adore son chat Grichka et son petit ami Jérôme. Mais en ce 28 octobre, alors que Jérôme est à Dubaï pour son travail, les souvenirs d’un séjour entre copines à Marrakech affleurent à sa conscience à demi-éveillée. Trois ans plus tôt, lors de ce week-end pour l’enterrement de vie de jeune fille de son amie Carole, les jeunes femmes avaient rencontré un voyant. Elles ne l’avaient absolument pas pris au sérieux, mais pourtant ses prophéties se sont toutes avérées pour ses copines. Et maintenant, reste celle de Charlotte, particulièrement terrifiante puisqu’il lui a révélé quel serait le jour de sa mort.

Et pendant ce temps, un tueur en série sévit en ville, tueur de blondes et de chats

Seule dans son appartement, dans un immeuble déserté par quasiment tous les voisins en dehors de celui du dessous qui est sourd comme un pot. Elle cherche comment échapper à la prédiction, car bien évidement, si elle doit mourir ce jour-là, cela ne peut être que de la main de L’Égorgeur de chats, ce prédateur dont parlent tous les médias.

Charlotte tremble, imagine, désespère, se rebelle, se révolte, réagit, se terre. Confiance, angoisse, stress, pleurs, courage, rien ne lui est épargné et tout au long de cette journée sans fin, elle tente d’échapper au sort qui l’attend.

En parallèle, le tueur, un homme jeune, méthodique et froid, maltraité par maman mais en même temps très attentif à suivre son enseignement, détaille avec une certaine délectation ses meurtres passés et ses cibles futures.

Tic, tac, tic, tac, Charlotte a vingt-quatre heures pour vivre ou mourir.

Le lecteur navigue entre une Charlotte qui disjoncte et un tueur psychopathe. A la lisière de la folie, révélations, détournement, suspense, coups de théâtre et quiproquo s’enchaînent et laissent le lecteur dubitatif, en attente d’un final pour le moins déroutant.

Il m’a semblé qu’il y avait quelques pages de trop dans ce roman, comme si l’auteur voulait en dire un peu plus mais en prenant le risque de se répéter. Et cela n’apporte rien à l’intrigue. Du coup, je n’ai pas senti assez de suspense dans le cheminement des deux personnages principaux pour maintenir mon intérêt jusqu’au dénouement. Quelques personnages secondaires, un peu stéréotypés peut-être, viennent malgré tout troubler le raisonnement du lecteur. Mais sans doute faut-il prendre tout cela au second degré et apprécier cet auteur qui joue avec les nerfs de ses personnagesUn polar pour se détendre cet été, enfin, sauf si vous avez consulté un voyant juste avant !

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury Prix des lecteurs Le Livre de Poche 2021 Policier

Catalogue éditeur : Le Livre de Poche et Sonatine

Charlotte est une jeune femme sans histoires. Elle a un travail qui lui plaît, un petit ami avec qui elle espère se marier, un chat. Elle se dit heureuse. Cependant, une nuit, elle se réveille tremblante de peur, en sueur, à l’affût du moindre bruit. Elle est seule chez elle. On est le 28 octobre. Le jour de sa mort.
Trois ans plus tôt, à Marrakech, Charlotte a consulté, avec trois amies, un voyant dont les prédictions se sont réalisées pour ces dernières. Qu’en sera-t-il pour Charlotte à qui il avait annoncé une mort violente le 28 octobre ? Commence alors une nuit d’angoisse. La jeune femme est-elle victime d’une paranoïa alimentée par l’effrayant souvenir ? Est-elle réellement en danger alors qu’un tueur psychopathe rôde dans la ville ?

Après avoir été grand reporter, directeur des programmes de RTL et auteur de la série Histoires criminelles sur France Info, Jacques Expert se consacre aujourd’hui à l’écriture.

Prix : 7,90€ / 384 pages / Date de parution : 30/09/2020 / EAN : 9782253181316

Le poète, Michael Connelly

Des suicides de flics, le poète Edgar Allan Poe et tout le talent de Michael Connelly pour un thriller inoubliable

Je me souviens d’avoir lu ce livre prêté lors de sa sortie par un collègue qui voulait me faire découvrir le style novateur de l’auteur. Depuis j’ai lu bien d’autres romans de Michael Connelly avec toujours autant de plaisir.

Dès le début, l’affaire est quasiment classée puisqu’il s’agit d’un suicide de policier, dramatiquement triste mais si facile quand on se supprime avec son arme de service, et surtout lorsque l’enquête que vous n’arrivez pas à l’élucider vous obsède. Pourtant, le frère jumeau de Sean, Jack McEvoy, doute du suicide de son frère. Alors que tout lui souriait, pourquoi se serait-il supprimé ?

Jack est journaliste au Rocky de Denver. Il décide de mener sa propre enquête et découvre que toute une série de suicides de policiers sont en fait certainement des morts suspectes. Mais dès lors que vous enclenchez la grosse artillerie et que vous reliez des faits entre eux et qu’ils dépassent le frontière de votre état, c’est le FBI qui se saisit de l’affaire. Tout d’abord inclus avec beaucoup de suspicion et bien peu de bonne volonté dans les équipes d’enquêteurs, jack se sent mis peu à peu sur la touche. Malgré tout, il continue à investiguer de son côté. Et son enquête couplée à celle qui FBI va nous entraîner du côté noir du net, déjà, au milieu de réseaux pédophiles et de criminels aguerris.

Ce roman est paru en 1996. Depuis les techniques ont évolué et les moyens de communications également. Plus besoin de fax, de ligne fixe pour brancher son ordinateur, etc. plus de notes de téléphone avec sa note d’hôtel…. Malgré ces quelques anecdotes qui datent un peu, on s’y laisse prendre à tous les coups. J’avoue que je me suis plongée sans retenue au cœur de cette enquête aux ramification et aux sources bien sombres.

La voix de Benjamin Jungers sied parfaitement au rôle, chaude, posée, j’avais l’impression de voyager dans la tête de Jack, de l’écouter penser à voix haute, ses hésitations, ses découvertes et le plaisir pris à avancer dans l’enquête. Jack qui ne sait pas trop ce qu’il veut, au passé difficile, qui a du mal à faire confiance aux autres et de fait n’arrive pas à se réaliser pleinement. Jack avec ses forces et ses faiblesses qui mène de main de maître le lecteur par le bout du nez jusqu’au final.

J’ai eu une légère inquiétude en réalisant qu’il y avait plus de seize heures d’écoute. Aucune crainte, le rythme soutenu, le suspense toujours présent, les protagonistes plus ou moins attachants mais qui ont un vrai rôle à jouer, et les différents rebondissements font passer le temps presque trop vite !

Roman lu dans le cadre de ma participation au Jury Audiolib 2021

Catalogue éditeur : Calmann-Levy, éditions Points, Le Livre de Poche, Audiolib

Un livre audio lu par Benjamin Jungers. Traduit par Jean Esch

La spécialité de Jack McEvoy, c’est la mort. En tant que chroniqueur judiciaire au Rocky Mountain News, il y a été confronté plus d’une fois. Mais rien n’a pu le préparer au suicide de son frère jumeau. Inspecteur de police, déprimé et incapable de supporter le meurtre non résolu d’une jeune femme retrouvée coupée en deux, Sean s’est tiré une balle dans la bouche, comme le font souvent les policiers dépressifs. Un sujet dont Jack décide de s’emparer, en guise de dernier hommage à son frère.
Mais en s’immisçant dans une base de données du FBI pour les besoins de son article, McEvoy découvre avec stupéfaction que beaucoup de policiers se sont suicidés dernièrement, et que le FBI mène l’enquête sur la mort de son frère. Il comprend alors que cette affaire est en passe de lui fournir le plus gros scoop de sa carrière.
Il pressent aussi qu’il est devenu la prochaine cible du suspect, un assassin qui a, jusqu’à présent, toujours réussi à tromper les plus fins limiers lancés à ses trousses…
Le Poète, l’un des premiers jalons de l’œuvre magistrale de Michael Connelly, brillamment porté par la lecture de Benjamin Jungers, fête en 2021 ses 25 ans.

Né en 1956, Michael Connelly commence sa carrière comme journaliste en Floride, ses articles sur les survivants d’un crash d’avion en 1986 lui valant d’être sélectionné pour le prix Pulitzer. Il travaille au Los Angeles Times quand il décide de se lancer dans l’écriture avec Les Égouts de Los Angeles, pour lequel il reçoit l’Edgar du premier roman. Il y campe le célèbre personnage du policier Harry Bosch, que l’on retrouvera notamment dans Volte-Face et Ceux qui tombent. Auteur du Poète, il est considéré comme l’un des maîtres du roman policier américain. Deux de ses livres ont déjà été adaptés au cinéma, et l’ensemble de son œuvre constitue le cœur de la série télévisée Bosch. Les romans de Michael Connelly se sont vendus à près de soixante-cinq millions de livres dans le monde et ont été traduits en trente-neuf langues. 

Date de parution : 17 Mars 2021 / Durée : 16h43 / Prix : 26.90 € / Livre audio 2 CD MP3 Poids (Mo): 586 / Poids CD 2 (Mo): 564/ EAN Physique: 9791035402976 / Éditeur d’origine : Calmann-Lévy

13 à table !

1 livre acheté 5€ = 4 repas distribués pour les restos du cœur
Lire avec le 💙 et soutenir 13 À Table ! avec les éditions Pocket

Pour la septième année consécutive, des auteurs écrivent bénévolement des nouvelles sur le 1er amour, cela donne une fois de plus un excellent recueil de nouvelles, et surtout l’opportunité de faire une bonne action.

  • Tonino Benacquista
  • Philippe Besson
  • Françoise Bourdin
  • Maxime Chattam
  • Jean-Paul Dubois
  • François d’Epenoux
  • Eric Giacometti
  • Alexandra Lapierre
  • Agnès Martin-Lugand
  • Véronique Ovaldé
  • Romain Puértola
  • Jacques Ravenne
  • Olivia Ruiz
  • Leïla Slimani
  • Franck Thilliez

Un projet solidaire qui a pour but chaque année, par la vente de 250 000 exemplaires en moyenne de l’ouvrage, d’offrir (au moins) 1 million de repas

Alors ce matin j’ai cliqué et cueilli à la librairie Peyrucq à Nay … Et vous ?

Illustration de Riad SATTOUF

Date de parution : 05/11/2020 / EAN : 9782266307543 / Pages : 240