Pour rien au monde, Ken Follett

Un engrenage diabolique et effrayant !

Comme le dit Ken Follett, les dirigeants qui ont participé à la Première guerre mondiale ont avoué s’être laissé entraîner dans un engrenage qui ne pouvait déboucher que sur une guerre, ce qu’aucun d’entre eux n’avait souhaité ou anticipé. Fort de ce constat, dans son dernier roman Pour rien au monde il entraîne ses lecteurs alternativement sur trois terrains sur lesquels il situe les décisions stratégiques et géopolitiques contemporaines :

Le Sahel pour illustrer un conflit qui oppose les belligérants par procuration des grandes puissances, et révèle un certain « effet papillon ».
Washington et la Maison blanche avec une présidente Américaine Républicaine très loin d’une caricature Trumpiste.
Pékin et le pouvoir Chinois confrontés en interne à des tensions idéologiques et en externe à un allié Nord Coréen imprévisible.

Les situations géostratégiques décrites sont assez réalistes pour permettre au lecteur de rentrer dans le roman sans se poser trop de questions. Les personnages fictifs sont attachants et donnent envie de les suivre au quotidien.

Au Sahel, Kiah la jeune veuve tchadienne et Abdul, l’espion de la CIA, puis Tamara la conseillère de la CIA et Tabdar son homologue de la DGSE ; En Amérique, Pauline Green est à la fois présidente des États Unis, épouse et mère ; En Chine, Kai est un époux comblé, un fils de, un membre du gouvernement à la position convoitée. Si l’auteur ajoute une intrigue amoureuse sur chacun de ces terrains, ce que j’ai trouvé inutile et redondant à priori, je l’ai rapidement senti non plus comme un artifice mais bien indispensable pour rendre les protagonistes humains et presque ordinaires.

La description des exactions des Djihadistes au Sahel rendent presque jouissives les réactions violentes des occidentaux. Comme dans ces films caricaturaux tournés à la gloire de l’armée Américaine dans lesquels le héro se sort de toutes les situations. Par contre les réactions aux différentes situations de Washington et Pékin sont décrites de manière intelligente, positives et même réalistes. L’auteur bascule d’un camp à l’autre sans parti pris idéologique et cela donne d’autant plus de force à son propos.

Les incursions dans les coulisses du pouvoir Américain et Chinois sont tout à fait crédibles. Pourtant, les capacités des belligérants à observer en temps réel n’importe quel coin de la planète avec une précision millimétrique me semblent en décalage avec le réel, mais elles donnent au roman le punch nécessaire à l’action.

Le futur de l’humanité reste incertain et l’auteur réussit à construire un scénario qui permet de le démontrer. L’apocalypse est dans la main de gouvernants animés par ailleurs des meilleures intentions. Pour ce faire l’auteur nous fait entrer dans l’intimité d’une Présidente Américaine dont la vie familiale et émotionnelle ressemble tellement à Madame tout le monde. Ce roman parfois un peu long lorsqu’il nous entraîne dans les arcanes des pouvoirs ou au plus près des relations amoureuses des différents protagonistes, est une réussite quant au message délivré.

J’ai apprécié la lecture de Thierry Blanc qui sait nous transporter sur chaque continent avec une égale maîtrise de chacun des personnages. Un roman qui souffre parfois de quelques longueurs, mais une écoute passionnante qui donne envie d’avancer et d’en savoir plus. Avec ce sentiment de frustration et de « déjà fini » lorsque l’on referme la dernière page, quelle soit papier ou en audio !

Catalogue éditeur : Audiolib, Robert-Laffont

De nos jours, dans le désert du Sahara, deux agents secrets français et américain pistent des terroristes trafiquants de drogue, risquant leur vie à chaque instant. Une jeune veuve tente de rejoindre l’Europe et se bat contre des passeurs. Elle est aidée par un homme mystérieux qui cache sa véritable identité.
En Chine, un membre du gouvernement lutte contre de vieux faucons communistes qui poussent le pays vers un point de non-retour.
Aux États-Unis, la première femme élue Présidente doit manœuvrer entre des attaques au Sahel, le commerce illégal d’armes et les bassesses d’un rival politique.
 
Alors que des actions violentes se succèdent un peu partout dans le monde, les grandes puissances se débattent dans des alliances complexes. Une fois les pièces du sinistre puzzle en place, pourront-elles empêcher l’inévitable ?
 
Il ne faudrait Pour rien au monde que ce qu’a imaginé Ken Follett n’arrive…

Ken Follett connaît son plus grand succès avec Les Piliers de la Terre, paru en 1989. C’est le début de la saga Kingsbridge, poursuivie avec Un monde sans fin, Une colonne de feu et Le Crépuscule et l’Aube (Robert Laffont, 2008, 2017 et 2020), et vendue à plus de quarante-trois millions d’exemplaires dans le monde.

Lu par Thierry Blanc Traduit par Jean-Daniel Breque, Odile Demange, Nathalie Gouyé Guilbert, Dominique Haas, Christel Gaillard-Paris

Parution : 08/12/2021Durée : 24h52 / EAN 9791035406912 Prix du format physique 31,50  € / EAN numérique 9791035406820 Prix du format numérique 28,45  €

Soleil levant, Alexandre Galien

Lauréat du Prix du quai des Orfèvres, Alexandre Galien a aussi travaillé à la DRPJ (direction régionale de la police judiciaire). Je l’ai découvert avec Le souffle de la nuit, il revient avec Soleil Levant.

Son flic emblématique le commandant de la Crim Philippe Valmy est parti au Nigeria se changer les idées. En proie à la dépression, il tente d’échapper à ses hallucinations. À son retour, il demande à intégrer la Baspa (la Brigade d’assistance aux personnes sans-abri) le genre de groupe que l’on intègre généralement en fin de carrière ou si l’on est particulièrement désabusé, ce qui est son cas.

Pendant ses maraudes, il croise de nombreux sans domicile fixe, et sympathise avec Ziggy, un marginal toxicomane qui s’avère être également un ancien champion d’arts martiaux.

En parallèle, le capitaine Quefelec doit enquêter sur la mort étrange de Morita, un homme d’affaires japonais. Ce dernier vient de se suicider dans une chambre du Crillon selon la tradition du hara-kiri. Suicide ou meurtre, le doute est permis. Sur les lieux, des traces conduisent les enquêteurs à Ziggy, qui exige que Valmy mène son interrogatoire. Alors que son ancienne équipe est maintenant dirigée par Alice Quintet, une jeune femme sans expérience qui peine à y faire sa place, il doivent travailler de concert.

Les ramifications s’avèrent à la fois politiques et mafieuses, avec une incursion dans le monde très secret des arts martiaux au japon, de la formation des jeunes au cercle très très fermé de ceux qui les pratiquent. D’ailleurs, les flash-back dans le passé et la courte vie de Ziggy sont à la fois impressionnants de noirceur et de complexité, totalement angoissants ils éclairent d’un jour nouveau les turpitudes des manipulateurs. Dans une atmosphère à la fois trouble et sordide, de Paris aux quartiers les plus chauds de Tokyo, l’auteur nous entraîne à un rythme soutenu dans de bien sombre territoires.

Catalogue éditeur : Michel-Lafon

 » Le décor était doux, presque trop. Sur le bord du lit, le tanto le narguait toujours. Giri Haji. Il était temps… Sa dernière pensée articulée ne serait ni pour sa femme, ni pour sa fille, ni même pour ses vices. Autour de sa chemise, il avait serré sa ceinture. Les entrailles ne devaient pas tomber. Il posa le poignard sur la gauche de son abdomen, y fit une entaille en diagonale. Un cri venu des profondeurs de la terre lui échappa. Sans qu’il ait le temps d’en finir avec son rituel, sa face s’écrasa contre le sol. Giri… « 

Bien décidé à en finir avec son passé douloureux, Philippe Valmy réintègre son groupe pour une enquête qui les conduit d’un palace parisien aux quartiers chauds de Tokyo. Mais cette affaire aux ramifications tentaculaires pourrait bien être celle de trop pour le flic au cœur brisé…

Parution :10/11/21/ Prix :18.95 €/ ISBN :9782749944166

Le miroir des âmes, Nicolas Feuz

Entre Murano et Neuchâtel, un thriller au suspense garanti

Que s’est il passé dans le canton de Neuchâtel ?
D’un côté, le procureur Jemson se réveille sur un lit d’hôpital. Partiellement amnésique à la suite du choc terrible reçu lors de l’explosion d’une bombe dans un café de la place des Halles. Sa greffière Flavie Keller reste à son chevet, ce qui l’interroge grandement sur leur niveau de relation. Avaient-ils des relations autres que professionnelles ? Et s’il n’arrive pas à s’en souvenir, pourra-t-il retrouver la mémoire à propos des affaires sur lesquelles il enquêtait ?

Au Perla Blu, un bar-hôtel louche, les prostituées doivent obéir sans discuter au patron et à son glaçant acolyte albanais. Alba Dervishaj est l’une d’entre elles. Mais depuis son arrivée elle ne fait que rembourser son passage, et n’a plus de passeport, alors comment pourrait elle sortir de ce guêpier ?

Enfin, un terrible meurtrier s’en prend à ses victimes de façon particulièrement violente. Il est dénommé Le vénitien par les enquêteurs. Qui sera capable de le démasquer et de l’arrêter ?

Ce que j’ai aimé ?

Les chapitres courts qui donnent le tempo, un rythme soutenu, les alternances entre les vues des différents protagonistes qui se croisent, se découvrent, se dévoilent. Une région et un métier de procureur qui sont bien connus de l’auteur qui est lui-même procureur du canton de Neuchâtel, et cela se sent. Même si parfois j’aurais souhaité que la personnalité, le passé, les interactions de certains personnages soient approfondis, c’est au final un thriller qui fait passer un bon moment.

Retrouvez également ma chronique du roman Horrora Borealis, du même auteur, paru au Livre de Poche.

Et pour aller plus loin, les chroniques de entre deux pages, fictionista.

Catalogue éditeur : Slatkine et Compagnie

Un attentat sans commanditaire, des meurtres sans mobile apparent, l’auteur est à son affaire, il est procureur du Canton de Neuchâtel. Dans ce polar essoufflant, il fait endosser à son personnage principal la robe d’un magistrat qui pourrait être son double si tout n’était précisément double et trouble dans ce Miroir des âmes : les flics, les filles, les politiques, les juges et jusqu’à ce mystérieux tueur en série que la police a surnommé Le Vénitien parce qu’il coule du verre de Murano dans la gorge de ses victimes. Le style est au couteau, l’efficacité radicale. Implacable et précis, comme un détonateur.

ISBN : 978-2-88944-100-6 / 262 pages / Prix : 18 euros

Artifices, Claire Berest

Le cheval, le loup et le renard, un chassé croisé où l’art se mêle aux souvenirs sous les feux d’Artifices

Qui est Abel Bac, ce flic insomniaque et solitaire qui ne quitte plus son quartier, sauf pour ses déambulations nocturnes à travers les rues de Paris. Au bureau, il a peu d’amis, en dehors de sa collègue Camille. Mais il vient d’être mis à pied suite à une enquête déclenchée par une dénonciation anonyme. Abel est hanté par des cauchemars qui le tourmentent chaque nuit. Il s’occupe avec minutie et amour des dizaines d’orchidées qui peuplent sa vie et son appartement.

Camille, la collègue sans doute un peu amoureuse de ce gentil et beau flic de trente neuf ans. Qui tente comme elle peut de l’aider à retrouver sa place.

Qui est Elsa, la voisine collante qui tente de pénétrer chez lui une nuit d’ivresse. Elsa qu’il croise sans cesse et qui est de plus en plus proche d’Abel. Pourtant, ils ne se connaissent pas et lui ne tient pas à se laisser envahir. Mais elle semble si bien le comprendre.

Qui est Mila, l’artiste mystérieuse aux performances déstabilisantes, souvent controversées et largement commentées. Mila qui ne s’est jamais dévoilée auprès du public ou des médias qui encensent ou critiquent ses œuvres. Mila, une artiste singulière qui voudrait changer de vie, exister mais pas seulement à travers ses œuvres.

Que viennent donc faire ce cheval lusitanien dans la bibliothèque du Centre Pompidou, ces loups qui festoient au musée de la Chasse pour célébrer un 14 juillet aussi pétillant que déjanté, ces installations au musée d’Orsay.

Pour le savoir, il faut découvrir ce roman qui démarre comme un roman policier, avec flics et enquête, et fait rapidement la part belle à l’art contemporain, aux happenings et autres performances artistiques. Assez vite les personnalités sombres et ténébreuses des différents protagonistes s’imposent, et l’intérêt se porte sur la psychologie, le passé, les caractères de chacun d’eux, cherchant à comprendre les traumatismes qui les ont marqués, psychologiques ou familiaux, bien loin finalement de la simple enquête de police. Car chacun détient une partie du puzzle dont les pièces vont peu à peu s’assembler sous le regard du lecteur qui tâtonne, écoute, et comprend pourquoi l’autrice les a rassemblés ici.

J’ai aimé la lecture de Thierry Blanc qui donne le rythme sans jamais surjouer, alternant avec justesse les intonations pour coller aux personnalités de ces femmes fortes et déterminées, fragiles et tourmentées, de ce flic un peu paumé au passé que l’on devine lourd à porter. Un roman qui nous fait pénétrer peu à peu dans les méandres obscurs des pensées des principaux protagonistes. Après Gabriële écrit avec sa sœur Anne, et Rien n’est noir, Claire Berest a l’art de nous surprendre à chaque nouveau roman, pour notre plus grand plaisir.

Catalogue éditeur : Stock, Audiolib

Abel Bac, flic solitaire, évolue dans une atmosphère étrange depuis qu’il a été suspendu. Son identité se dissout entre cauchemars et déambulations nocturnes.
C’est cette errance qu’interrompt Elsa, sa voisine, lorsqu’elle atterrit ivre morte devant sa porte. C’est cette bulle que vient percer Camille, sa collègue, inquiète de son absence. C’est son fragile équilibre que mettent en péril des événements mystérieux qui semblent tous avoir un lien avec Abel.
Pourquoi a-t-il été mis à pied ?
Qui a fait entrer par effraction un cheval à Beaubourg ? Qui dépose des exemplaires du Parisien où figure ce même cheval sur son palier ?
À quel passé tragique ces coïncidences le renvoient-elles ? Pris dans l’œil du cyclone, le policier déchu mène l’enquête.

Collection : La Bleue / Parution : 25/08/2021 / 308 pages / Format : 140 x 216 mm / EAN : 9782234089983 / Prix : 21.50 €

Audiolib : Parution : 08/12/2021/ Durée : 7h10 / lu par Thierry Blanc / EAN 9791035407520 / Prix du format physique 23,45  €

Pandemia, Franck Tilliez

Et si le monde était subitement frappé par une pandémie ?


Il suffit de quelques cygnes morts au parc du Marquenterre pour que les scientifiques soient en alerte et s’affolent lors de la découverte d’un virus puissant et mortel qui touche de plus en plus d’oiseaux.

Au 36, un virus semble avoir atteint de plus en plus de personnes, le nombre de malades se multiplie, au risque de déstabiliser les différents services, en particulier celui de Sharko.

C’est aussi dans ce contexte que l’on rencontre Phong, le mari malade d’Amandine. Et que l’on découvre les précautions que doit prendre le couple pour ne pas se contaminer, précautions qui nous rappellent celles que nous mettons parfois en pratique depuis bientôt deux ans.

S’enchaînent alors des meurtres aux mises en scènes rituelles sordides, nous obligeant à faire une incursion dans le dark web. Et à suivre une enquête au cours de laquelle rien n’est épargné aux enquêteurs comme aux victimes. Une fois de plus Sharko à la partie difficile et les ramifications sont bien plus inextricables que ce qu’elles paraissent de prime abord.

Le talent de Franck Thilliez n’est plus à démontrer, c’est efficace, un vrai page turner dont on se souvient longtemps.

Catalogue éditeur : Fleuve éditions, Audiolib

« L’homme, tel que nous le connaissons, est le pire virus de la planète. Il se reproduit, détruit, épuise ses propres réserves, sans aucun respect, sans stratégie de survie. Sans nous, cette planète court à la catastrophe. Il faut des hommes purs, sélectionnés parmi les meilleurs, et il faut éliminer le reste. Les microbes sont la solution. » Après Angor, une nouvelle aventure pour l’équipe de Franck Sharko et Lucie Henebelle, renforcée en coulisses par la jeune et courageuse Camille. Et l’enjeu est de taille : la préservation de l’espèce humaine.

Lu par Michel Raimbault

Je suis l’abysse, Donato Carrisi

Un thriller efficace et haletant

Quel est le lien entre l’homme qui nettoyait, la fille à la mèche Violette et la chasseuse de mouches ? Qui est ce mystérieux Micky derrière la porte verte ?
Qui est cet enfant de cinq ans que sa mère entraîne dans la piscine de cet hôtel désaffecté ?
Qui est cet homme qui traque les femmes blondes jusque dans leurs maisons ?
Quel rapport entre ces femmes blondes qui disparaissent et cette jeune fille qui tente de mourir ?

Pour le savoir, il faut découvrir ce roman qui démarre sur les chapeaux de roues, à la fois sombre et dur, au suspense garanti. Certaines scènes sont à la limite du supportable, mais elles sont indispensables à la bonne compréhension des rôles de chacun des protagonistes. Les flash-back dans le passé de l’enfant en particulier permettent habilement au lecteur de commencer à échafauder sa propre théorie, mais il est bien difficile malgré tout de savoir jusqu’où l’auteur veut nous mener.

J’ai aimé le chassé croisé entre ces trois, quatre avec le mystérieux Micky, personnages aux parcours parallèles qui subtilement vont être amenés à se croiser. Peu à peu, leurs personnalités prennent forme, le passé de chacun se dévoile avec ses blessures, ses failles, ses rêves et ses désillusions.

Le mal, l’amour maternel, les origines, les troubles de la personnalité, la maltraitance, et de nombreux autres sujets y sont abordés sans que cela n’enlève quoi que ce soit à l’intensité, au rythme ou à l’intrigue.
Vous l’aurez compris, c’est ma première lecture de cet auteur et je suis totalement emballée.

Un roman traduit de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza. Et lu par Benjamin Jungers, un acteur qui donne toute leur intensité aux différents personnages.

Catalogue éditeur : Audiolib, Calmann-Levy

L’homme qui nettoie rôde autour de nous.
Parmi nos déchets, il cherche des indices sur nos vies.
En particulier sur celles des femmes seules.
Une femme lui a fait beaucoup de mal enfant : sa mère.
La chasseuse de mouches, elle,
tente de sauver les femmes en péril.
Et elles sont nombreuses…
Surtout quand l’homme qui nettoie rôde autour d’elles.

EAN 9791035407513 / Prix du format physique 23,90€ / EAN numérique 9791035407377 Prix du format numérique 21,45€ / Date de parution 10/11/2021

Incendie nocturne, Michael Connelly

Quand Bosch et Ballard enquêtent de concert pour le meilleur et pour le pire

Lors des obsèques de John Jack Thompson, son ancien collègue et mentor, Bosch se voit remettre par sa veuve un dossier que le défunt avait emporté lors de son départ en retraite. Il s’agit du meurtre d’un inconnu dans une ruelle sombre de Los Angeles près de vingt ans auparavant.

Si vous connaissez Bosch vous comprenez déjà que même s’il est en situation délicate, entre un genoux qui le fait souffrir et des tensions avec sa fille, le fin limier ne s’en laissera pas compter et va tenter de résoudre le cold-case.

Depuis qu’il est en retraite du Los Angeles Police Department, Bosch à pris l’habitude de travailler de façon officieuse avec l’inspectrice Ballard sur ce type d’affaires. Mais cette dernière a fort à faire après le meurtre d’un SDF brûlé dans sa tente. Travailler au service de nuit n’est pas une sinécure et ni son chef ni ses collègues ne lui passent la moindre faiblesse. Elle va travailler avec Bosch et enquêter de main de maître sur ces deux cas en parallèle, comme cela arrive souvent chez les enquêteurs dans la vraie vie.

Comme à son habitude, l’inspecteur va mener son enquête de façon atypique, regroupant les indices qui n’apparaîtraient même pas aux yeux d’un enquêteur lambda, cherchant à dénouer le vrai du faux, à remonter les fils du moindre indice, interrogeant, sondant, cherchant sans relâche. De surprise en impasse, les deux policiers nous entraînent dans les recoins sombres de la corruption, de la soif de pouvoir, de l’égoïsme et du profit. Entre le gangs de malfrats, les cols blancs véreux et les prisonniers achetés sans vergogne, la partie s’avère parfois plus délicate que prévu et les liens à tisser sont bien ténus, mais Bosch ne lâche jamais le morceau, pour le plus grand plaisir des lecteurs.

J’ai apprécié cette version audio. Je retrouve avec plaisir la plume de Michael Connely, sa façon d’évoquer le travail des policiers américains, le système toujours très lourd des écoutes, des filatures, le déroulement complexe et parfois incompréhensible de la justice. Le tout est porté par la voix de Jacques Chaussepied, tout à fait convainquant dans son interprétation de ce couple de flics improbable, l’un vieillissant et déjà à la retraite, l’autre une jeune femme qui doit s’affirmer dans un milieu d’hommes, a l’age de tous les possibles malgré sa vie personnelle solitaire.

Catalogue éditeur : Calmann-Lévy, Audiolib

À ses débuts, Bosch a eu un certain John Jack Thompson comme mentor. Un homme qui lui a appris à toujours prendre une affaire personnellement et à déployer tous ses efforts pour la résoudre. À la mort de Thompson, sa veuve confie à Bosch un dossier volé par son mari aux scellés avant sa retraite. Il s’agit d’une affaire non résolue : un jeune homme abattu dans une ruelle coupe-gorge de Los Angeles des années plus tôt.
Bosch demande l’aide de Renée Ballard, déjà fort occupée au quart de nuit à Hollywood après qu’un sans-abri a été retrouvé calciné dans sa tente. Ensemble, ils en arrivent bientôt à se poser une terrible question : le mentor de Bosch a-t-il dérobé ce dossier pour tenter de résoudre l’affaire… ou pour s’assurer que la vérité ne soit jamais faite ?

Parution : 20/01/2021Durée : 12h10 Traduit par Robert Pépin Lu par Jacques Chaussepied

Durée 12h10 / EAN 9791035404529 / Prix du format physique 24,50  € / EAN numérique 9791035404789 / Prix du format numérique 21,95  € / Date de parution 20/01/2021

Les oubliés, John Grisham

Plonger dans les méandres de la justice avec ce thriller efficace et parfaitement maîtrisé

Cullen Post est un avocat atypique. Pasteur de l’église épiscopale, il a exercé son métier d’avocat en cabinet avant de rejoindre Les Anges Gardiens. Cette association à but non lucratif a pour mission de faire sortir de prison, et parfois même du couloir de la mort, les condamnés innocents des crimes qui leur ont été reprochés. Avant de décider de s’occuper de ceux qui les appellent au secours, une enquête poussée est menée par les membres de l’association.

Le jour où Quincy Miller les sollicite alors qu’il est déjà dans le couloir de la mort et emprisonné depuis 22 ans, Cullen Post prend l’enquête en main.

Quincy Miller à été condamné pour le meurtre violent de Russo, un jeune avocat qui exerçait dans la petite ville de Seabroke. Tout le travail des Anges Gardiens est alors de remonter les étapes de l’accusation et de la condamnation, d’en prouver les incertitudes et de mettre la lumière sur toutes les incohérences et les mensonges qui ont permis cette condamnation inique. Et l’on se rend vite compte que dans cette petite ville, comme dans bien d’autres aux Usa, la culpabilité d’un homme noir arrangeait bien les affaires d’un shérif vénal aux manières fort contestables.

Tout au long de l’enquête qui s’avère longue et délicate, Cullen Post travaille sur d’autres missions en parallèle. Ces multiples intervenants m’ont parfois un peu perdue, mais au final j’ai apprécié ce thriller à l’écriture aussi efficace que sobre. Pas de circonvolutions littéraire ou de description inutile, des faits, des actions, des résultats émaillent cette intrigue réaliste et d’autant plus passionnante que l’auteur s’est inspiré de faits réels.

Il y a longtemps que je n’avais pas lu de thriller de John Grisham. J’ai trouvé que cette version audio met en valeur son écriture dynamique, factuelle, rythmée, et sa connaissance du milieu judiciaire américain.

Catalogue éditeur : Audiolib et JC Lattès

À Seabrook, petite ville de Floride, le jeune avocat Keith Russo est tué à coups de fusil alors qu’il travaille un soir dans son bureau. L’assassin n’a laissé aucun indice. Aucun témoin, aucun mobile. Mais la police trouve bientôt un suspect, Quincy Miller, un homme noir et ancien client de Russo. Quincy est jugé et condamné à une peine de réclusion à perpétuité. Pendant vingt-deux ans, il se morfond en prison et ne cesse de clamer son innocence. Il n’a pas d’avocat, personne pour le défendre. De désespoir, il écrit une lettre aux Anges Gardiens, une fondation où travaille Cullen Post, avocat et ancien pasteur de l’Église épiscopale. Les Anges Gardiens n’acceptent que très peu d’affaires. Post sillonne le pays pour tenter de réparer les erreurs judiciaires et sauver des innocents. Le cas de Quincy Miller, toutefois, représente un défi d’une tout autre nature. Des gens puissants, violents et sans pitié ont assassiné Keith Russo, et ils ne veulent pas voir Quincy Miller disculpé. Ils ont tué un avocat il y a vingt-deux ans, ils en tueront un deuxième sans hésitation.

Traduit par Dominique Defert / Lu par Nicolas Charbonneaux

Parution : 07/07/2021 Éditeur d’origine JC Lattès Durée 11h04 EAN 9791035406288 Prix du format physique 24,90 € EAN numérique 9791035406202 Prix du format numérique 22,45 € Date de parution 07/07/2021

Donbass Benoît Vitkine

Garder une part d’humanité au cœur des conflits

Le Donbass, cette région d’Ukraine à la frontière russe est en guerre depuis des années, même si nous l’avons un peu oublié. Benoît Vitkine nous en fait découvrir le quotidien et les enjeux toujours prégnants pour la population.

Lorsqu’un enfant est retrouvé sauvagement assassiné, dans cette région en guerre permanente, le fait aurait pu n’être qu’un simple fait divers parmi tant d’autres. Mais c’est sans compter sur l’acharnement de Kavadze, le chef de la police locale, à qui incombe la résolution de cette macabre découverte. Cet ancien officier, survivant de la guerre en Afghanistan, apprend chaque jour à vivre avec ses blessures et ses souvenirs. Mais malgré la part d’humanité qu’il a abandonnée là-bas, il lui en reste encore assez pour lui insuffler le courage de mener à bien cette enquête. Qu’importe s’il doit plonger dans le milieu pourri des affaires, auprès des entrepreneurs véreux, ou au cœur de la mine qui est encore le principal employeur de cette région minière ukrainienne. Ou s’il lui faut traverser cette ligne de front quasi impénétrable, affronter les soldats revenus eux aussi d’Afghanistan et leur terreurs les plus secrètes.

J’ai apprécié cette intrigue savamment menée, au suspense permanent malgré une forme de lenteur dans le récit. C’est un sujet qui donne envie d’en savoir plus sur la situation géopolitique du Donbass. L’auteur distille des informations sur le quotidien des habitants, les tensions qui règnent parfois au cœur même des familles, et nous fait appréhender toute les difficultés qu’a engendré ce conflit toujours d’actualité.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury Prix des lecteurs Le Livre de Poche 2021 Policier

Catalogue éditeur : Le livre de Poche

Hiver 2018. Sur la ligne de front du Donbass, la guerre s’est installée depuis quatre ans. Plus grand monde ne se rappelle comment tout a commencé. L’héroïsme et les beaux principes ont depuis longtemps cédé la place à une certaine routine. Mais quand un enfant est assassiné sauvagement, même le colonel Henrik Kavadze, l’impassible chef de la police locale, perd son flegme.

Benoît Vitkine, lauréat du prix Albert-Londres 2019, aborde un angle mort de la géopolitique mondiale : le déchirement d’une région entre la Russie et l’Ukraine, volontairement ignoré et toujours d’actualité.

320 pages / prix 7,70€/ Date de parution : 24/03/2021 / EAN : 9782253079453/ Éditeur d’origine: Les Arènes

Une famille presque normale, M.T. Edvardsson

Jusqu’où seriez-vous prêts à aller pour sauver votre enfant ?

La famille Sandel est une famille tout à fait banale, nonobstant le fait que le père soit pasteur. c’est un homme respecté par la communauté, dont l’épouse avocate ne compte pas les heures pour réussir dans son métier, au détriment parfois de la relation avec leur fille unique. Cette dernière est régulièrement en rébellion contre ses parents, comme le sont souvent les adolescents.

Pourtant, le jour où Stella est soupçonnée de meurtre de Christopher Olsen, son petit ami, chacun va tenter de comprendre son geste, si geste il y a eu, et surtout essayer à tout prix de la disculper. Comment cette jeune fille rebelle mais qui n’a qu’un seul but depuis des mois – celui d’économiser pour partir en voyage en Asie- peut-elle avoir commis l’horrible meurtre dont on l’accuse. Bien sûr elle conteste l’autorité parentale, bien évidement elle s’oppose fermement à tout ce qui la choque ou la contrarie, oui, elle a une vie secrète dont les parents n’ont pas la moindre idée, mais de là à assassiner son amoureux du moment il semble y avoir un grand pas…

Tour à tour, le père, la fille puis la mère, narrent cette histoire, chacun avec sa vision. Ils en dénouent les fils en donnant à chaque fois leur version des différents événements, et bien sûr en dévoilant des éléments connus d’eux seuls.

Peu à peu, la tension monte, les soupçons pèsent tantôt sur l’un ou l’autre des protagonistes sans que le lecteur ne sache vraiment à quoi s’en tenir, tentant de relier entre elles les différentes pistes qui lui sont proposées.

L’auteur nous pose ici la question essentielle qui est de savoir jusqu’où des parents sont prêts à aller, y compris s’il le faut à se parjurer, pour sauver leur enfant, et ce quelle que soit la faute présupposée de ce dernier. Et interroge sur la famille, normale ou pas, et sur les relations pas toujours sereines entre parents et enfants.

J’ai apprécié aussi l’intéressante mise en relief de l’appareil judiciaire suédois, du travail des avocats et de la police. C’est efficace, ça sonne juste, et c’est rondement mené. Un thriller psychologique qui malgré quelques lenteurs embarque ses lecteurs jusqu’à la dernière page.

Un roman lu dans le cadre du jury du Prix Nouvelles Voix du Polar Pocket 2021

Catalogue éditeur : Pocket

Rémi Cassaigne (Traducteur)

Une famille suédoise tout ce qu’il y a de normal, ces Sandell…
Le père, pasteur. La mère, avocate. Une fille de 19 ans, bosseuse, qui rêve de voyages au long cours.
Le samedi, on file au cinéma. Le dimanche, en forêt. Ils trient leurs déchets, n’oublient jamais leur clignotant, rendent toujours à temps leurs livres à la bibliothèque.
Normale en apparence, du moins, comme toutes les familles qu’un meurtre sordide s’apprête à faire basculer dans l’horreur…

Né en 1977, Mattias T. Edvardsson a été élevé à Trelleborg, en Suède. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont deux pour la jeunesse. Professeur dans le secondaire, il vit avec sa famille à Löddeköpinge, en Suède. Une famille presque normale (Sonatine, 2019) est son premier roman traduit en français.

8.70 € / EAN : 9782266294539 / Nombre de pages : 624 / Date de parution : 15/10/2020