Miss Cyclone. Laurence Peyrin

Des années 80 à la mort de Lennon, puis au 11 septembre 2001, en passant par l’affaire Monica Lewinsky, Laurence Peyrin utilise l’histoire de New-York et des USA pour fait évoluer ses personnages et nous donner envie de les suivre.

DomiCLire_miss_cycloneA Coney Island, New-York, en bord de mer, la fête foraine est une institution depuis les années 20. Là Angela et June vont vivre leur adolescence et grandir à l’ombre du Cyclone, les célèbres montagnes russes. Elles ont 16 ans, elles avaient tout pour ne jamais se rencontrer mais elles seront amies pour la vie…pourtant, leurs destins vont être bouleversés par des évènements en apparences inoffensifs mais qui bouleversent le cours d’une vie.

Un soir de fête à Central Park, alors que toute la jeunesse est réunie en hommage à John Lennon qui vient d’être assassiné, Angela accepte d’avoir une relation avec son petit ami jusque-là si respectueux, mais particulièrement saoul et trop stone pour réellement comprendre ce qu’il fait. Le silence, la honte, puis les conséquences de cette relation vont avoir des répercussions sur l’avenir d’Angela et June, mais également bien au-delà, sur Nick et Adam, leurs amis.

Impossible de résumer ou inutile de dévoiler une intrigue dont l’intérêt tient essentiellement dans les vies, les amours, les rencontres, les mariages et les divorces, les chagrins et les espoirs, les forces et les faiblesses de ces deux jeunes femmes, issues de milieux si différents et que tout devrait opposer. L’auteur nous surprend, car si la trame parait légère, il y a cependant de grands moments d’amour, d’amitié, de recherche de soi. Mais l’intérêt tient aussi par le récit fait en toile de fond sur la ville et sur les événements qui ont bouleversé notre histoire récente. Le livre idéal pour les vacances.

Enfin, fermer ce livre et se dire qu’il faut vivre ses rêves, qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, qu’il ne faut pas persister dans l’erreur si l’on ne veut pas passer à côté de sa vie !


Catalogue éditeur : Calmann-Lévy

Une amitié indéfectible vibrant au rythme de New York, la ville où bat le cœur du monde

Coney Island, là où New York se jette dans la mer, est un endroit enchanteur l’été, avec sa fête foraine légendaire, et fantomatique l’hiver quand les manèges sont à l’arrêt. C’est là qu’Angela et June, 16 ans, ont grandi ensemble. Deux jeunes filles vives et joyeuses, que rien ne destinait à s’entendre, et que rien ne peut séparer.

Mais une nuit, la nuit où toute la jeunesse new-yorkaise pleure la mort de John Lennon, leur vie prend un tour inattendu : Angela, par un mélange de fatalisme et d’innocence, accepte de son petit ami ce qu’elle ne voulait pas vraiment. Parce qu’elle n’ose pas en parler à June, son silence devient un secret… Et leur destin à toutes les deux en sera changé à jamais.

Date de parution : 29/03/2017 / EAN : 9782702161517 / Nombre de page : 342

Ceux qui restent. Marie Laberge

Dans « Ceux qui restent » Marie Laberge aborde le difficile retour à la vie des perdants, ceux dont un proche s’est suicidé et qui tentent de revivre, de comprendre, d’avancer, après ce geste le plus souvent profondément énigmatique.

DomiCLire_marie_labergeMarie Laberge donne la parole à Ceux qui restent quand ceux qu’on aime s’en sont allés et surtout quand leur départ laisse un gouffre d’interrogation, d’incompréhension, un abime de culpabilité et de silence. Ceux qui restent quand un enfant, un amant, un mari se suicide. Même si tout au long du roman il y a surtout Sylvain, l’absent, celui qui est présent en chacun des personnages. Sylvain a, en apparence au moins, réussi sa vie, malgré un mariage  pas forcément des plus heureux avec Mélanie-Lyne qui lui a donné un fils, Stéphane. Après avoir passé comme à son habitude un moment de sexe « enragé » avec sa maitresse, et sans laisser aucune explication, Sylvain va se suicider dans la maison familiale. Il laisse orphelins ceux qui restent, son fils et tous ses proches, que l’on retrouve quinze ans plus tard.

Voilà un roman à la fois choral, avec les réflexions de trois personnages principaux, un père, une veuve et une maitresse, Vincent, Mélanie-Lyne et Charlène, qui vont tenter de revivre chacun à sa façon « après ça », et plus classique par l’alternance de chapitres qui reprennent le fil de la vie de chacun, où le lecteur va suivre les hésitations, les atermoiements, les désespoirs de ceux qui voudraient comprendre.

Car que faire lorsqu’un proche se suicide, comment expliquer, comment concevoir un tel acte, se pardonner, arrêter de culpabiliser ou seulement accepter le fait de n’avoir pas su, pas vu, pas compris, voilà bien toutes les inconnues posées ici. Je découvre la belle écriture de Marie Laberge avec ce sujet vraiment pas facile, mais traité de telle façon que chacun peut se l’approprier, et se poser qui sait les mêmes questions.

Mais ne pas croire que c’est triste, car dans ce roman il y a la mort, mais il y a aussi et surtout la vie, l’amour, l’amitié, et puis le sexe, intense, fréquent, comme une échappatoire à l’inconcevable, mais également au mal de vivre que ressentent la plupart des personnages. J’ai envie d’ajouter qu’il faut se laisser emporter par l’écriture et ne pas se bloquer avec les expressions cependant si savoureuses de nos cousins Québécois. Elles ne gâchent pas la lecture mais au contraire lui apportent un dépaysement qui rend peut-être le thème abordé plus acceptable.


Catalogue éditeur : Stock et Pocket

En avril 2000, Sylvain Côté s’enlève la vie, sans donner d’explications. Ce garçon disparaît et nul ne comprend. Sa femme Mélanie s’accroche férocement à leur fils Stéphane ; son père Vincent est parti se reconstruire près des arbres muets ; sa mère Muguette a laissé échapper le peu de vie qui lui restait. Seule la si remuante et désirable barmaid Charlène, sa maîtresse, continue de lui parler de sexe et d’amour depuis son comptoir.
Ce n’est pas tant l’intrigue qui fait la puissance hypnotique du roman de Marie Laberge que ses personnages, qui parlent, se déchirent, s’esquivent et luttent dans une langue chahutée, turbulente, qui charrie les émotions et les larmes, atteignant le lecteur au cœur.

Collection : La Bleue / Parution : 04/05/2016 : 576 pages / Format : 140 x 216 mm / EAN : 9782234081338 / Prix: 22.50 €

La sonate oubliée. Christiana Moreau

Premier roman sensible et musical, « La sonate oubliée » de Christiana Moreau nous entraine dans les pas de Vivaldi, de la Belgique d’aujourd’hui à la Venise du XVIIIe.

DomiCLire_la_sonate_oubliee.jpegA Seraing, en Belgique, la vie est monotone et difficile depuis que les grandes aciéries ont fermé. Lionella a 17 ans, cette jeune fille d’origine italienne se distingue du reste des adolescents de cette ville un peu sordide. Elle ne vit que pour la musique et son rêve de participer au grand concours international de violoncelle.  Mais elle doit trouver le morceau de musique qui la rendra différente et la fera remarquer. Par le plus grand des hasards, son ami Kevin déniche une partition dans une brocante. S’il n’est pas musicien, il est cependant sous le charme de Lionella et lui offre le coffret qu’il a découvert, quelques partitions, un carnet…

Lionella déchiffre le carnet, puis la musique et décide, aidée par son professeur de musique, de la jouer au concours. Avec Ada, elle part également à la rencontre de Vivaldi, le « prêtre roux » qui enseignait au 18e siècle la musique aux jeunes orphelines de l’Ospedale della Pietà, à Venise. Elles devaient passer presque toute leur vie dans cette Ospedale, n’ayant aucun espoir de se marier. Dans leur quotidien confiné entre ces murs, la musique, même jouée derrière des grilles, était un merveilleux échappatoire.

L’auteur nous emmène dans la vie de ces deux jeunes filles, nous fait connaitre cette Ospedale où les enfants abandonnés, pauvres, orphelins ou bâtards de grands seigneurs, étaient pris en charge par une société qui attendait en retour fidélité et travail. Les chapitres alternent entre Lionella et Ada, entre le présent et le passé et nous plongent avec bonheur dans la mélodie et la vie de Vivaldi. L’intrigue est intéressante, bien que les deux histoires d’amour soient d’une part à peine esquissée dans le présent et d’autre part trop clairement désespérée dans le passé pour être tout à fait crédibles… S’il lui manque un petit supplément d’âme, voilà un livre qui vous fera passer un bon moment même s’il laisse parfois une impression de pas assez.


Catalogue éditeur : Préludes

À 17 ans, Lionella, d’origine italienne, ne vit que pour le violoncelle, ce qui la distingue des autres adolescents de Seraing, la ville où elle habite en Belgique. Elle peine toutefois à trouver le morceau qui la démarquerait au prochain grand concours Arpèges. Jusqu’au jour où son meilleur ami lui apporte un coffret en métal, déniché dans une brocante. Lionella y découvre un journal intime, une médaille coupée et… une partition pour violoncelle qui ressemble étrangement à une sonate de Vivaldi. Elle plonge alors dans le destin d’Ada, jeune orpheline du XVIIIe siècle, pensionnaire de l’Ospedale della Pietà, à Venise, dans lequel « le prêtre roux », Antonio Vivaldi, enseignait la musique à des âmes dévouées.

Parution : 04/01/2017 / Format : 130 x 200 mm / Nombre de pages : 256 / EAN : 9782253107811

Une victime idéale Val McDermid

« Une victime idéale », un auteur qui connait son affaire, des policiers hors pair, frisson et suspense garantis…

DomiCLire_une_victime_ideale.jpgAvec « Une victime idéale » je découvre les personnages récurrents de Val McDermid, d’abord Carol, l’ancien patron de la BEP et Tony, le profiler au talent certain. Mais depuis que la BEP a été dissoute tout tourne mal. Carol s’est réfugiée dans la maison de son frère décédé – on comprend vite qu’un meurtre horrible est arrivé dans cette maison – qu’elle démolit à grand coups de masse pour anéantir un passé qui la hante, pendant ce temps, Tony se terre sur une péniche dont il vient d’hériter.

Paula McIntyre, ancien bras droit de Carol, a pris du galon. Aujourd’hui elle travaille avec Alex Fielding et doit subir le commandement de cette arriviste un peu bornée et bien peu ouverte aux autres. Mais un tueur de jeunes femmes blondes sévit dans la petite ville de Bradfield, l’enquête piétine et le mauvais suspect est arrêté. Paula demande l’aide de Carol, avec Tony et en dehors de tout cadre normal il vont devoir résoudre l’affaire…

Voilà un roman et un auteur que je découvre grâce à ma participation au jury « J’ai lu pages des libraires ». Intéressant, un bon suspense, mais un petit bémol car il m’a semblé que les personnages et les situations ont un peu de mal à se mettre en place, entrainant quelques longueurs, pour arriver sur une fin un peu abrupte et peu crédible. Enfin, sauf si on admet que personne ne peut faire aussi bien son métier que Carol et Tony ! Dommage car on se laisse réellement prendre par la plume de l’auteur.


Catalogue éditeur : J’ai Lu

Policier / Thriller / Prix : 8,00 € / EAN : 9782290138427 / Date de parution : 22/03/2017

Chambord, l’œuvre ultime de Léonard de Vinci de Jean-Sylvain Caillou & Dominic Hofbauer

Quand un livre vous donne envie d’aller voir « Chambord, l’œuvre ultime de Léonard de Vinci »

DomiCLire_chambord3.jpgUn archéologue Jean-Sylvain Caillou accompagné d’un guide du château Dominic Hofbauer nous font part dans cet ouvrage du résultat des recherches d’une équipe à laquelle ils ont collaboré pour tenter de lever le mystère sur le nom de l’architecte de l’un des plus impressionnants édifices du royaume de François 1er le château de Chambord.
Il n’est pas fait mystère dès l’avant-propos que ces chercheurs vont apporter par leurs découvertes des éléments déterminants à la thèse d’un Léonard de Vinci architecte.

Les auteurs commencent à nous présenter les différentes hypothèses sur l’évolution de la construction par rapport à un supposé plan initial avant de nous faire part de leurs découvertes dans les soubassements et latrines du château qui remettent en cause la thèse officielle. Ainsi, une fois le projet original mieux cerné par l’analyse des fouilles, ils vont tenter de le rapprocher des travaux et œuvres connues d’un certain Léonardo Da Vinci. A vous de juger pour voir si ça « matche » !

Ce livre très court mais bien illustré et documenté, est un peu technique. La découverte de l’équipe ne bouleversera pas l’histoire mais nous rapproche d’un pas vers la certitude que l’architecte de Chambord n’est autre que Léonard de Vinci.

L’ouvrage passionnera les amateurs d’architecture et d’histoire de l’art, les amis du château comme ceux de Léonard de Vinci. On n’est pas dans un polar archéologique encore moins dans le Da Vinci code mais on a quand-même une furieuse envie d’aller visiter le château après sa lecture, pour simplement s’émerveiller de l’existant dévoyé ou rêver au projet initial du célèbre florentin.


Et pour tout dire, l’envie a été tellement forte qu’en ce beau samedi de février, j’ai  passé quelques heures dans les pas de François 1er !


Catalogue éditeur : Editions Faton

Parmi les nombreux chantiers qu’ouvre François Ier durant son long règne, celui du château de Chambord compte parmi les plus ambitieux. À l’aube de la Renaissance, ses mensurations inouïes en font alors le plus vaste palais civil connu. Que dire de la clarté géométrique de son plan, de l’harmonie de ses proportions, de la fantaisie de ses toitures hérissées de tourelles, de cheminées et de lucarnes vertigineuses, de la silhouette improbable de ce palais abandonné avant d’être véritablement achevé ? Que penser de l’obscurité qui entoure la genèse de ce palais si célèbre… et pourtant si méconnu ?

En effet, on ignore toujours qui fut l’architecte de cette construction étrange, à la fois prodigieuse et inhabitable. En outre, le palais de François Ier présente de nombreuses anomalies qui soulèvent une question cruciale : à quoi le premier château – celui dont Léonard de Vinci pourrait être l’auteur – aurait-il ressemblé si les plans originaux n’avaient pas été modifiés ? lire la suite

Format : 29,7 × 21 cm à l’italienne / 80 pages / 70 illustrations  / Date de parution : Décembre 2016 / ISBN : 978-2-87844-228-1 / Prix : 14,50€

 

Article 353 du code pénal. Tanguy Viel

Tout le monde parle de ce roman « Article 353 du code pénal » de Tanguy Viel, alors forcément, ça donne envie de le découvrir ! Mais il est tellement bien que, hélas, on ne peut pas le lâcher… Et après on regrette, mais si ! On regrette tellement de l’avoir lu aussi vite !

domiclire_article_353_du_code_penalLe premier chapitre expose clairement la situation de base du roman, un homme, tout habillé, tombe à l’eau… enfin, tombe, là il faudrait voir quand même. Cet homme c’est Antoine Lazenec, et celui qui parle c’est Kermeur, Mathias Kermeur. Ensuite, eh bien, nous voilà dans le bureau du juge pour un huis-clos édifiant. Et Kermeur va parler, raconter, expliquer dans une logorrhée sans fin l’histoire d’un arnaqueur immoral et flambeur qui a placé sous sa coupe et ruiné un village entier du fin fond du Finistère.

Car on le comprend vite, dans ce village, il y a Kermeur, mais également les nombreux autres ouvriers qui ont été remerciés par l’arsenal de Brest, le seul employeur du coin qui leur a versé quelques milliers d’euros ont en échange du chômage garanti. Et ces économies ils les ont si mal investies, si injustement et si honteusement perdues qu’il est impossible de l’avouer à qui que ce soit, pas même à un fils, pas même à son seul ami. Chacun de s’enfermer dans l’isolement que procure la honte, l’injustice, le malheur. Et dans ce village il y a aussi le maire, Le Goff, qui a englouti ses économies…  et bien plus encore. Et il y a Erwan, le fils de Mathias, qui ne supporte pas de voir son père s’enfoncer, s’étioler, avoir peur, alors pour le protéger il décide d’agir. Et tous les autres, qui n’apparaissent pas mais dont les vies apparaissent en filigrane de cette histoire sur fond de crise économique et sociale, de licenciement dans ce village perdu du Finistère.

Mais tout de même, avouons-le, Mathias les a quand même cumulées les malchances dans sa vie, le billet du loto, sa femme, son emploi, ses économies mal placées,  alors maintenant il parle, il explique, au juge, mais à lui-même aussi sans doute, comment un destin, un enchaînement de faits, d’erreurs, d’abus de confiance, peuvent vous emmener là où vous êtes en cet instant, dans le bureau d’un juge, à sa place, à sa vraie place peut-être.

Et le lecteur d’écouter, d’essayer de comprendre, de se révolter aussi face à la bêtise, la manipulation, ah mais moi j’aurais été bien plus malin que ça non ? Enfin, n’en soyons pas si sûr. Quand la misère, le manque d’emploi, l’humiliation font le quotidien, sans espoir de voir venir des jours meilleurs, qui sait si nous non plus on ne se serait pas laissé convaincre par le flambant monsieur Lazenec. Et si la victime était plutôt le coupable, et si le coupable était le seul courageux de l’affaire ? Magnifique roman qui ne laisse pas indifférent, où l’on trouve à la fois une évocation de la bêtise humaine, de la limite de la justice, et de l’injustice aussi sans doute, de la profondeur et la complexité des sentiments, porté par une écriture, un rythme, un style, et du fond, tout y est.


Catalogue éditeur : Les éditions de Minuit

Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d’être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l’ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec.
Il faut dire que la tentation est grande d’investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer. Encore faut-il qu’il soit construit.

2017 / 176 pages / ISBN : 9782707343079 / 14.50 €

Peggy dans les phares ; Peggy Roche et Françoise Sagan, vingt ans d’amour fou. Marie-Eve Lacasse

Écrire un premier roman sur un personnage aussi célèbre que Françoise Sagan tout en prenant le contre-pied de tout ce qui a été dit jusqu’à présent est un drôle de pari… Marie-Eve Lacasse lève une part d’ombre dans la biographie de Peggy, le grand amour de Sagan.

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On connait Françoise Sagan pour ses talents d’écrivain, son goût pour les hommes autant que pour les femmes, sa propension à prendre quelques drogues fortes sur ordonnance, à la suite d’un grave accident de la route, elle qui cependant a toujours continué à rouler à tombeau ouvert sur les routes de France, cigarette aux lèvres, sans soucis de limitation de vitesse, allant d’une région à l’autre, d’une maison à l’autre, d’un mari ou d’une amante à l’autre. On connait aussi plus ou moins son goût pour l’alcool et les fêtes qui durent toute la nuit, ses différents maris, ce fils qu’elle a certainement aimé sans trop savoir comment en être la mère. Personnage décalé pour son temps, elle a vécu pendant plus de vingt ans un amour fou avec Peggy Roche, mannequin, puis styliste pour le magazine Elle. Peggy de l’ombre, de la constance, Peggy qui allégeait et qui embellissait son quotidien, aménageant et décorant ses maisons, préparant ses vêtements pour les interviews, le dîner pour les amis innombrables qui venaient squatter ses différentes demeures, à Paris ou en province.

Avec Peggy dans les phares, j’ai découvert une Peggy avant-gardiste, créant de belles lignes de vêtements dans des tissus et des tons hors du temps- il n’y a qu’à regarder quelques photos pour retrouver son élégance jusque dans les couleurs, les coupes, les tissus. C’était l’époque de toutes les folies, les jeunes sortaient d’une guerre qu’ils souhaitaient absolument occulter et oublier. Il fallait vivre à fond, la vitesse en voiture, mais aussi chaque nuit jusqu’à pas d’heure les boites de nuit, l’alcool qui coule à flot, les cigarettes qui débordent des cendriers, la drogue aussi, pour atténuer les douleurs, mais pas seulement. Il y a enfin dans ces vies là une forme de solidarité avec les autres, les copains, les sans le sous, ceux que le succès a fui mais pas les amis, hébergés par Sagan, par Peggy.

Peggy, deux fois mariée, certainement mal aimée par une mère trop égoïste pour s’occuper et donner ce qu’il fallait à sa fille pour la rendre heureuse, Peggy qui aime Sagan au point d’accepter de vivre dans l’ombre de cet amour qu’elle ne vivra jamais réellement au grand jour.

Certes, par moments je me suis sentie un peu perdue dans les chapitres, ne sachant plus trop à quelle époque ils se situaient, car on passe de 1980, 95, 85, etc. sans toujours savoir où l’on évolue. Même si l’en-tête des chapitres indique le plus souvent au lecteur dans quelle époque différente il se situe : échange entre Peggy et Françoise, retour en arrière, pensées de Peggy, etc. Du coup il m’a semblé qu’il manquait parfois un peu de rythme, mais c’est malgré tout une découverte intéressante, celle qui nous place au cœur de la relation amoureuse entre Peggy Roche, mannequin styliste, et Françoise Sagan, écrivain qu’il n’est plus vraiment nécessaire de présenter.


Catalogue éditeur : Flammarion

Un portrait de Peggy Roche, mannequin, styliste, journaliste de mode, marié à un grand résistant puis à Claude Brasseur avant de devenir la compagne de Françoise Sagan. Respectée et crainte dans le milieu de la mode, elle vivait dans l’ombre de la romancière qui lui imposait une discrétion absolue sur leur relation. La mort de Peggy Roche en 1991 fut pour celle-ci une cassure irréparable.

Littérature française / Collection : Littérature française / Parution : 04/01/2017 / Format : 13.5x21x0 cm / Prix : 18,00 € / EAN : 9782081374683