Le Grand Mort. Tome 3. Blanche

Le Grand MortNous retrouvons Erwan avec Gaëlle, l’amie de Pauline. Ils sont toujours à la recherche de Pauline, dans un Paris envahi par la maladie, la pollution, le chômage, les révoltes des sans-abris. On découvre que Gaëlle connaissait bien monsieur Cristobald. Après quelques péripéties, ils retrouvent Pauline et sa bien étrange fille, Blanche.

Cet épisode est l’occasion de nous éclairer sur quelques mystères abordés lors des précédents tomes, mais nous laisse sur notre faim de lecteur. Un graphisme toujours très agréable, de la noirceur des grandes villes touchées par la crise et les maladies, au charme désuet de la campagne bretonne, l’alternance est intéressante. Il se passe cependant peu de choses dans ce tome «charnière». Heureusement, Pauline et Erwan comprennent vite le mystère de la naissance de Blanche, et avec eux nous avons hâte de découvrir la suite.


Catalogue éditeur : Vent d’Ouest

Scénariste Régis Loisel / Jean-Blaise Djian / Dessinateur Vincent Mallié

Coloriste François Lapierre

Genres: Aventure,Sci-Fi /  Format : 240 x 320 mm / 64 pages

EAN/ISBN : 9782749305950 / Prix: 13.90 / Paru le 12.10.2011

Quand le fantastique permet de dénoncer des vérités qui dérangent

Désormais en compagnie de Gaëlle, Erwan continue de s’interroger sur l’inquiétant et mystérieux sillage que laisse Pauline… Où peut-elle être dans ce Paris dévasté par la misère, la pollution et les attentats ? Le hasard d’un reportage télévisé va la faire réapparaître, mais à peine retrouvent-ils sa trace qu’elle disparaît de nouveau… Des indices leur permettront de comprendre qu’elle est retournée en Bretagne, et c’est chez Erwan lui-même qu’ils finissent enfin par la retrouver. Ils font alors connaissance avec Blanche, son énigmatique enfant. Ensemble, Pauline et Erwan tentent de comprendre ce qu’il leur est arrivé dans le petit monde. Mais le mystère s’épaissit davantage encore lorsqu’Erwan reçoit une lettre posthume de maître Cristo : le destin de l’homme est en grand danger et ce sera à lui -le nouveau transporteur- de tout faire pour maintenir le grand équilibre…

Loisel et Djian donnent à ce troisième tome un ton plus inquiétant et dramatique, on y découvre un monde et une nature en plein déclin. Le dessin expressif de Vincent Mallié est, quant à lui, toujours aussi juste et enchanteur.

Le Voyage d’Octavio. Miguel Bonnefoy

Voyage initiatique, le Voyage d’Octavio est à la fois un roman et un hymne à la nature et à un pays, le Venezuela. Octavio est soigné chez lui par un docteur qui faute de papier et d’un crayon, va lui écrire son ordonnance sur la table de bois.  Analphabète, Octavio se voit alors contraint de transporter celle-ci  jusque chez le pharmacien. Après quelques péripéties, il va rencontrer Venezuela, la si bien nommée. Cette femme que tout devrait éloigner d’Octavio va lui apprendre à lire et à écrire. Vivant de petits boulots auprès d’une bande de cambrioleurs au comportement de quasi gentlemen plutôt singuliers,  Octavio se retrouve piégé et fui sa ville, Saint Paul du Limon.

Dans sa fuite, son pays, le Venezuela, l’éveille peu à peu à sa réalité. Ses pas le guident à travers les forêts, les montagnes, les torrents violents et impétueux, la nature sauvage et les grottes mystérieuses, à la rencontre d’enfants, d’hommes, d’étrangers. Lui le géant qui désormais sait quel trésor cela peut être de savoir lire et écrire se transforme en maitre d’apprentissage, puis en ouvrier infatigable. Jusqu’au jour où enfin ses pas le ramènent vers sa ville, son bidonville de Saint Paul du Limon, dans la banlieue de Caracas.

Une écriture qui entraine le lecteur, des descriptions fantasmatiques, un parcours initiatique, apprentissage de vie, ce roman est un voyage étonnant à travers l’âme d’un pays où tout semble encore à créer, quand l’histoire d’un petit raconte l’histoire d’un pays. Quel beau et étrange roman qui se lit presque comme un conte.

Sélection du prix Orange du livre 2015


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Une grande fable baroque sur le Venezuela, onirique et picaresque, autour de la figure d’un paysan analphabète qui se réapproprie sa propre Histoire : le premier roman de Miguel Bonnefoy, lauréat en 2013 du Prix du Jeune Ecrivain de langue française, qui a révélé des auteurs comme Marie Darrieussecq, Jean Baptiste Del Amo, Antoine Bello, etc.

Collection : Littérature / Paru en : Janvier 2015 / GENCOD : 9782743629410
Editions : Rivages / Genre : Littérature française

Deux gouttes d’eau. Jacques Expert

Que dire de ce roman. D’abord, c’est vrai, je n’ai pas eu envie de le lâcher, les pages tournent seules et l’amateur de polars que je suis n’a eu qu’une envie, connaître la suite. Il est plutôt bien écrit, pas de longueurs, un suspense maintenu par une bonne alternance des situations, la vie de Philippe et Sophie, leurs désir d’être enfin parents et leur vie avec les jumeaux Franck et Antoine, puis la scène de crime, l’enquête en extérieur et enfin les moments presque à huis clos dans le commissariat.

Le thème de la gémellité, déjà traité par d’autres auteurs (Danielle Thiery par exemple) est souvent source de mystère. Et l’idée de jumeaux en tous points identiques, le physique d’abord, puis le même ADN, la même maladie, ils n’ont pas d’empreintes digitales, parait à priori propice à tisser les fils d’une intrigue assez subtile. En parallèle à la sordide scène de crime et à l’enquête, le récit de la naissance tellement souhaitée et de l’enfance particulièrement étrange d’Antoine et Franck apporte quelques informations sur leurs personnalités complexes.

J’ai été déconcertée par le commissaire Robert Laforge, peu crédible dans sa façon d’enquêter, qui annonce tout de go au sosie parfait de son « coupable présumé numéro un » tout le déroulé et les moindres détails du crime sordide sur lequel il enquête, sans même attendre et le laisser venir. Alors j’ai eu un peu de mal à lui faire confiance pour la suite. Et d’ailleurs, l’auteur me conforte dans mon manque de confiance, lors des dernières scènes au commissariat, que je ne vous dévoilerai certainement pas mais que j’ai trouvées peu crédibles. Ce divisionnaire est un nerveux colérique, cinglant avec ses équipes. Connu pour sa perspicacité, il va cependant s’embrouiller. En même temps, l’auteur embrouille le lecteur avec ses jumeaux si bizarrement fusionnels, et en même temps si contradictoires.
Je suis cependant un peu déçue par ce polar. Je ne sais qu’en penser, un polar bien écrit, que l’on a envie de lire jusqu’au bout, mais dans lequel tout m’a semblé tellement évident que la fin est arrivée sans trop de surprise.

Reçu dans le cadre des explorateurs de polar de lecteurs.com


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Deux frères, un coupable : une machination infernale.

Une jeune femme est retrouvée morte dans son appartement de Boulogne-Billancourt, tuée à coups de hache. Elle s’appelle Élodie et son ami, Antoine Deloye, est identifié sur l’enregistrement d’une caméra de vidéosurveillance de la ville, sortant de chez elle, l’arme du crime à la main. Immédiatement placé en garde à vue, Antoine s’obstine à nier malgré les évidences. Il accuse son frère jumeau, Franck, d’avoir profité de leur ressemblance pour mettre au point une machination destinée à le perdre. Quand Franck Deloye arrive au commissariat central pour être entendu, le trouble est immense : il est impossible de différencier les deux hommes, qui se ressemblent, littéralement, comme deux gouttes d’eau… Le divisionnaire de la PJ en charge de l’enquête, Robert Laforge, un homme réputé pour sa compétence mais aussi son intransigeance et ses éclats incontrôlés, va devoir tirer au clair avec son équipe ce véritable casse-tête. Lequel des deux jumeaux ment, lequel est le bourreau, lequel la victime ?

On retrouve dans ce nouveau roman tout ce qui fait l’univers de Jacques Expert : l’observation sans empathie de personnalités troublées, perverses, abîmées, qui ne savent plus exactement quelles sont les limites de leur identité ou de leur mission, y compris chez les enquêteurs.

Après avoir été grand reporter, Jacques Expert a été producteur et rédacteur en chef pour TF1, directeur des magazines de M6 et directeur général adjoint de Paris Première. Il est aujourd’hui directeur des programmes de RTL et auteur de la série « Histoires criminelles » sur France Info. Après Adieu (2012) et Qui ? (2013), Deux gouttes d’eau est son troisième roman à paraître chez Sonatine Éditions.

ISBN : 978-2-35584-316-7 • Format : 14 x 22 cm • Nombre de pages : 336 • Prix public : 19 euros

Le Grand Mort, Tome 2 : Pauline…

Le Grand MortDans ce deuxième tome, Erwan est encore au pays des larmes d’abeilles alors que Pauline en est déjà repartie. Etrangement d’ailleurs, presque au détour d’un virage.  Quand Erwan regagne son monde, il constate qu’il est parti deux ans, pendant tout ce temps le monde a changé, Maitre Christo est mort, tout ce qui lui appartenait a disparu. Erwan tente de retrouver Pauline, il débarque de sa belle Bretagne comme un extraterrestre coupé des réalités et découvre un Paris envahi par la misère, les maladies, la pollution, une société dans laquelle la mondialisation a fait des ravages, le chômage est partout présent.

La recherche de Pauline est propice à décrire une situation apocalyptique, à évoquer le pire, une terre que les humains  n’ont pas su protéger. Jusqu’au rebondissement final. On a envie de connaître déjà la suite, c’est sûr. Le graphisme me plait énormément, les situations sont intéressantes, présentant de nouveaux personnages, orchestrant les situations pour de nouveaux épisodes à venir.


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Pour Loisel, co-scénariste avec Djian, et pour Vincent Mallié, le fantastique est toujours le meilleur moyen de découvrir de belles vérités humanistes.

Après avoir rempli la première partie de leur mission, Erwan et les prêtresses réalisent que Pauline, sur qui l’effet des larmes d’abeilles a cessé, a disparu. De retour dans la réalité, il découvre que Cristo est mort et que ses grimoires ont été éparpillés. Son ami Jérôme, qui gardait sa maison en son absence, lui apprend qu’une certaine Pauline est passée ; celle-ci avait un comportement étrange et vomissait régulièrement. Avant de rentrer chez elle à Paris, elle lui a laissé une lettre. Impatient mais inquiet, Erwan prend le train pour la retrouver. Une fois devant l’immeuble de Pauline, la concierge lui annonce que cette dernière a déménagé. Il parvient à soutirer ses nouvelles coordonnées, mais tout semble aller de mal en pis. De sombres perspectives obscurcissent désormais la gigantesque ville, et pour retrouver cette fille qui, il y a peu, lui était étrangère, Erwan va ricocher d’adresse en adresse, de surprise en surprise, de mystère en mystère…

Après le grand succès de la série Peter Pan, Régis Loisel est cette fois scénariste, et prête son talent de raconteur d’histoires au doué Vincent Mallié.

Le Grand Mort. Le Grand Mort – Tome 2. Pauline… EAN/ISBN : 9782749303949

Une place à prendre. J.K Rowling.

L’auteur nous a mal habitués avec la série des Harry Potter, aussi j’imagine que j’attendais un roman fabuleux. J’ai juste l‘impression d’avoir lu un bon roman. Intéressant au départ, quelques longueurs aux deux tiers, il reprend tout son intérêt vers la fin, peut-être un peu trop long. Qu’importe, j’avais envie de le lire et c’est chose faite. Dans « Une place à prendre », JK Rowling nous dépeint la vie et les travers d’un petit village de la douce campagne anglaise, enfin douce, pas tant que ça quand même.
Point de départ de l’intrigue, la mort subite de Mr Fairbrother. J’aime assez le jeu de mot que j’imagine avec son nom : un « frère sympa », ou un « homme sympa avec ses frères » ici avec ses pairs, celui qui crée le lien en somme, celui qui accepte et aime les autres, celui que tous apprécient. Mais voilà, après son décès, toutes les noirceurs se révèlent, tous les conflits sourdent, toutes les vengeances sont prêtes à être réalisées.
Dans cet univers bien sombre, les relations parents enfants, mari et femme, patient malade, élèves professeurs, élèves entre eux, amant indécis et maitresse enthousiaste, toutes ces relations qui font la vie d’un village vont s’exacerber, se dévoiler dans toute leur noirceur et leur violence. La misère de certains quartiers, la suffisance de certains habitants bien mieux lotis que d’autres, le plaisir de sa réussite, l’envie de la monter, d’écraser les autres, mais aussi l’incompréhension face à la vie des quartiers difficiles, cette vie qu’on ne peut pas imaginer, mais que l’auteur semble avoir bien connue et qu’elle décrit avec réalisme, même si parfois on l’espère exagérée, tout est là au fil des pages. Les personnages ne sont pas tous attachants, j’ai pourtant eu un élan pour Krystal, mais comment pourrait-elle s’en sortir dans cette ville qui ne peut rien pour elle, dans une famille si tragiquement sordide, malgré tous ses efforts pour s’élever, y arriver, pour sauver ce qui peut l’être.
C’est bien écrit, avec des détails comme sait en écrire JK Rowling, des personnages aux caractères et aux personnalités bien tranchés ou au contraire aussi fades que leur vie, et tout cela au final donne un roman qui se laisse lire.

Catalogue éditeur

Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique. Un notable meurt. Sa place est à prendre…

Comédie de mœurs, tragédie teintée d’humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce premier roman pour adultes révèle sous un jour inattendu un écrivain prodige.

Parution : 28/09/2012 Pages : 682 / EAN : 9782246802631

Meurtre au Ritz. Michèle Barrière

Meurtre au Ritz

Dans ses romans, Michèle Barrière conte les aventures culinaires de la famille Savoisy sur plusieurs générations. Dans ce nouvel épisode nous découvrons Quentin, journaliste dans la revue « Le Pot-au-feu » et filleul du célèbre cuisinier Auguste Escoffier. L’intrigue débute en 1898, au moment de l’ouverture du Ritz, ce palace parisien dont nous avions oublié que le nom venait de Monsieur César Ritz, son propriétaire. Sur fond d’affaire Dreyfus qui déchire la France et alors que le procès d’Emile Zola passe en cassation, puisqu’il est poursuivi en particulier pour avoir osé son célèbre « j’accuse », les anarchistes en veulent aux bourgeois bienpensants et leurs bombes artisanales ont déjà fait quelques dégâts dans la capitale, l’esprit nationaliste émerge et la ligue antisémitique fait tristement des émules dans le pays.

Les féministes ont osé monter un journal uniquement tenu par des femmes, « La Fronde » et Diane, la belle amie de Quentin, rêve d’y affuter sa plume. Pour le moment elle se cantonne à la rubrique mondaine, mais elle n’est pas en reste pour rencontrer tout ce qui bouge et se rebelle dans cette société des années 1890.

Un cadavre est retrouvé dans la chambre froide du Ritz. César Ritz refuse que l’affaire s’ébruite, l’inauguration de son palace doit être parfaite et sans tâche. L’enquête va donc être confiée à Quentin, qui n’a pourtant rien d’un fin limier. Les péripéties vont s’enchaîner pour arriver à comprendre qui sont les coupables et qu’elles sont leurs revendications.

Une fois de plus, comme dans les autres romans de Michèle Barrière que j’ai déjà lus, tout l’intérêt repose sur la description réaliste des habitudes culinaires d’une époque. La description de l’ambiance et du fonctionnement souvent méconnu des Palaces, l’évocation de la situation politique contemporaine à l’intrigue, au travers de l’affaire Dreyfus qui a tant divisé le pays ou même l’émergence des revendications féministes, enfin les descriptions des métiers autour de la halle et des bouchers de la Villette, le tout emmaillé de quelques délectables recettes, donnent au roman toute sa saveur.

Ce n’est pas un grand polar, même si l’intrigue est un peu plus présente que dans les premiers romans, il y a quelques longueurs. Mais il a le mérite de resituer les évènements dans leur époque et c’est l’assurance de passer un bon moment d’évasion loin de son quotidien. Juste ce que l’on recherche en tournant ces pages, puisqu’on y revient avec plaisir.


Catalogue éditeur

Alors que l’affaire Dreyfus bat son plein, César Ritz est sur le point d’ouvrir les portes de son nouveau palace parisien, dont les cuisines ont été confiées au grand chef Auguste Escoffier. Quel n’est donc pas le choc ressenti lorsque, à quelques jours de l’inauguration, le cadavre d’une jeune femme est retrouvé pendu dans une chambre froide du Ritz. Pour ne pas ébruiter l’affaire, l’enquête est confiée au filleul d’Auguste Escoffier, Quentin Savoisy, jeune journaliste gastronomique au Pot-au-Feu. Épaulé par sa fiancée aristocrate et féministe de la première heure, Quentin est loin d’imaginer qui se cache derrière ce terrible meurtre.

ISBN : 2253173673
Éditeur : Le Livre de Poche (2013)

L’archange du chaos. Dominique Sylvain

Mélange de mysticisme assassin et d’enquête policière, sur un fond de recherche psychologique et d’introspection familiale, l’intrigue de « l’archange du chaos » nous entraine vers des noirceurs et des chemins bien sombres et tortueux. Dominique Sylvain délaisse Ingrid et Lola, ce duo d’enquêtrices de choc auquel j’étais habituée, pour une nouvelle équipe de policiers aussi détonants qu’attachants. Elle a décidé de nous surprendre avec ce nouveau polar et je trouve que c’est plutôt réussi.

Alors qu’un meurtrier épouvante Paris, le commandant Bastien Carrat doit affronter l’ire de son ex coéquipier Colin Mansour, éloigné de l‘équipe suite à ses déboires d’alcoolique. Il reçoit une nouvelle recrue dans son équipe, la brillante Franka Kelhmann, issue de la brigade financière et protégée de la divisionnaire Christine Santini. Franka fait face à ses démons tout droit sortis d’une enfance difficile, une mère disparue bien trop tôt, un père, Bernard Kelhmann, historien de renom, qu’elle a banni de sa vie, et la responsabilité qu’elle ressent à l’égard de son jeune frère Joey, livreur de pizza et photographe aux idées fantasques.

Le corps d’une jeune femme est découvert dans la cave d’un immeuble abandonné, sauvagement mutilée, torturée puis assassinée, le meurtre est perpétué selon des rites qui défient toute logique. L’enquête s’avère difficile pour retrouver ce prédateur aux pratiques mystiques et les meurtres se succèdent. Mais le père de Franka, saura peut-être aider l’équipe de choc de Carat a en dénouer les fils complexes et sombres.

Le début du roman est un peu ardu et l’on s’y perd un peu, car les personnages sont nombreux, de Carat à Colin, de Garut à Bergerin, de Kelhmann à Santini, les intrications entre leurs passés souvent complexes et leur liens inavoués ne sont pas évidentes de premier abord, puisque nous les découvrons. Et pourtant, le style de Dominique Sylvain est toujours impeccable, nerveux, rythmé, les pages tournent seules et le lecteur est surpris d’arriver aussi vite au bout. Les implications mystiques, les évocations des différentes religions, témoins de Jehova ou archange vengeur, châtiments mystiques ou ordalie, viennent rythmer l’enquête qui avance dans le noir et l’inconnu portée par un savant dosage de l’auteur. L’intrigue se déroule, entrainant le lecteur de rebondissement en surprise à la recherche de cet archange du chaos.

Des évocations sur les difficiles liens entre la police et la justice, les procureurs et les avocats, le déroulé d’un enquête ou d’une garde à vue, sont également présentes, nous ramenant à la complexité de la réalité sécuritaire d’aujourd’hui. J’ai refermé ce livre avec une évidente envie de retrouver Carat et son équipe de choc dans de nouvelles enquêtes, dans ce Paris si bien décrit par l’auteur, que l’on marche dans ses rues d’aujourd’hui ou que l’on fasse des incursions dans le Paris historique.

Merci à Babelio et aux éditions Viviane Hamy


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Avec ce nouveau roman et ses nouveaux personnages Bastien Carat – commandant à la tête d’un groupe de policiers fortement déstabilisé – et Franka Kehlmann – une jeune recrue arrivée de la Financière, protégée de la divisionnaire –, Dominique Sylvain nous plonge dans un thriller psychologique, sous très forte tension.
Le corps d’une femme est retrouvé dans la cave d’un immeuble en chantier. Ligotée, tout indique qu’elle a été sauvagement torturée, la victime a eu son bras brûlé et sa langue sectionnée. Un détail étrange attire immédiatement l’attention des policiers : les blessures infligées ont été soignées ante mortem, et le corps martyrisé déposé tel un gisant médiéval rendu à la paix éternelle. Pas d’empreintes, pas de traces d’ADN, le groupe mené par Bastien Carat piétine alors que la hiérarchie et les médias souhaitent des résultats rapides. Une première piste est envisagée, celle de Teddy Brunet : il travaillait sur un chantier, là où a été trouvée la victime et, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a un réel problème avec les femmes… Quand d’autres victimes, tuées selon le même mode opératoire, sont retrouvées, l’enquête bascule.
Dans un monde en proie au doute, quelqu’un oserait-il faire justice tout seul ?
L’Archange du chaos renoue avec l’univers sombre et violent de Vox (éd. V.H. 2000) et Cobra (éd. V.H. 2002). Dominique Sylvain joue habilement avec les écrits de la Bible et les pratiques de la justice divine, et nous livre là un roman policier qui interroge sur la foi en l’homme et ramène chaque personnage à ses propres histoires et défaites…

Parution : 29/01/2015 / Collection Chemins Nocturnes /ISBN : 9782878585995 / Pages : 336 p.