Que faire à New York ?

Visiter la librairie Albertine Books !

Domi_C_Lire_albertine_librairy_new_york_2Je l’ai visitée il y a quelques semaines et c’est magnifique ! Si vous allez à New York je vous conseille vivement la visite de la librairie Albertine Books, située au 972 fifth avenue (79th Street).

C’est la librairie des services culturels de  l’ambassade France à New York. Elle est située dans la Payne Whitney Mansion, qui est dès sa construction une œuvre majeure de l’architecte Stanford White. Elle est rachetée dés 1952 par le gouvernement français qui y installe les Services Culturels de son ambassade.

 

 

Dans ce superbe hôtel particulier on trouve la littérature française, et d’autres titres, soit traduits en anglais, soit directement anglo-saxons. Une ambiance, un décor, le calme, l’amabilité et la disponibilité des personnes sur place, tout nous pousse à entrer, à se poser dans la salle de lecture Marcel Proust, à feuilleter quelques romans, beaux-livres, livres pour enfants, et repartir avec une jolie pile à lire ou à offrir, peut-être dans le beau tote bag Marcel & Albertine ?

 

 

Le Albertine Prize Award

Chaque année est décerné le Albertine Prize Award. Déjà rentrée en France, je n’ai pas eu le plaisir d’assister à la remise du prix par Lydia Davis et par François Busnel à l’auteur et au traducteur de l’œuvre choisie.

Le lauréat 2018 est Anne Garréta, pour Not One Day, traduit par Emma Ramadan, et paru chez Deep Vellum. Publié chez Grasset en août 2002, le livre Pas un jour avait obtenu le prix Médicis.

Le prix Albertine est opéré par des lecteurs, et encadré par les services culturels de l’ambassade de France. Il récompense le livre favori des lecteurs américains en fiction contemporaine – dans sa version traduite, évidemment. 

La Payne Whitney Mansion

 

 

Au rez-de-chaussée à côté de la librairie, j’ai découvert la Venetian Room. Salon d’attente initialement destiné aux visiteurs. C’est un chef-d’œuvre du Gilded Age new-yorkais. La Venetian Room a ré-ouvert en mai après quatre mois de travaux, cette salle est l’une des seules œuvres encore existantes caractéristique de cet art.

Située dans la Payne Whitney Mansion, qui est le siège des services culturels de l’ambassade de France, la Venetian Room avait été commandée en 1902 par Oliver Hazard Payne en cadeau de mariage pour son neveu, le financier et philanthrope Payne Whitney, et pour sa femme Helen Hay. Entre 1902 et 1906, c’est le célèbre architecte spécialiste du Gilded Age, Stanford White de l’entreprise McKim, Mead and White qui en a designé et supervisé la construction.

Si vous voulez en savoir plus : http://frenchculture.org/art-and-design/8268-gilded-age-venetian-room-reopens

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Petite maman, Halim

Bouleversant, émouvant, Petite maman, de Halim est un roman graphique qui reste longtemps en mémoire, sur le difficile sujet des maltraitances intrafamiliales.

Domi_C_Lire_petite_maman_dargaudElle, c’est Brenda. Lorsqu’elle vient voir le psychologue, elle arrive avec sa poupée, son bébé, car si Brenda ressemble à une toute jeune fille, elle a en fait 29 ans, et son histoire est absolument terrible.

Stéphanie, la maman de Brenda, a un problème, un sérieux problème même ! Lequel ? Brenda ! Cette enfant dont elle n’a pas voulu, qu’elle a eu alors qu’elle avait à peine 15 ans et qu’elle n’était qu’une enfant. Abandonnée par le père qui a vite fait de fuir ses responsabilités, Stéphanie est aidé par sa mère. Mais la grand-mère de Brenda fait ce qu’elle peut, elle a souvent recours aux aides sociales. Cette maman-là est totalement dépassée, elle ne supporte pas son enfant qui pleure sans qu’elle sache pourquoi, la brutalise parfois, souvent même, mais Brenda, est emplie d’amour pour sa mère, prenant même soin d’elle comme le ferait une Petite maman, elle cache sa vraie vie à ceux qui posent trop de questions, l’école, le médecin. Elle dessine des cœurs sur ses poupées pour pouvoir leur parler, ce sont ses seuls soutiens.

Aussi lorsque l’amour se présente avec la rencontre de Vincent, tout s’annonce sous les meilleurs hospices pour Stéphanie. Avec un compagnon pour l’aider tout devrait aller mieux. Mais non, Vincent est un mari violent, en galère de travail, un futur bébé arrive vite dans la famille recomposée et c’est Brenda qui subit les accès de colère, les frustrations, les insultes, les humiliations, les coups, les privations de nourriture, de liberté, jour après jour, sans rien dire.

Jusqu’au jour où…

Quel livre, quelle histoire, terrible est le mot qui me vient. Il y a tellement de douleur, de chagrin face à cette fillette qui en symbolise beaucoup d’autres, pour lesquelles l’enfance n’est que violence et abandon, et tellement d’incompréhension face à l’incurie de l’administration et des services sociaux qui semblent totalement impuissants.

Alors que faire, quand on est une enfant battue, et que soi-même l’on devient mère ? Sur qui peut-on prendre exemple pour donner l’amour que l’on n’a jamais reçu… Petite maman nous donne une leçon d’humanité, nous pousse à ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure, pour en voir le meilleur, mais aussi pour être le témoin attentif du malheur des autres. Le graphisme tout en noir et blanc donne à la fois de la profondeur et augmente la douleur ressentie à la lecture, les traits sont parfois hachés, violents, brouillons, pour atténuer la force de ce qui est dit…

Ce roman graphique me fait penser au roman La maladroite d’Alexandre Seurat.

💙💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Dargaud

Lorsque Brenda vient au monde, sa mère, Stéphanie, a 15 ans, et son père s’est déjà éclipsé. Négligée, Brenda grandit pourtant vite et apprend à se débrouiller seule. Malgré les brimades et les punitions injustes dont elle est victime, elle souhaite voir sa mère heureuse et s’occupe d’elle du mieux qu’elle le peut, à tel point que les rôles s’en trouvent inversés, Brenda devenant la « petite maman » de sa mère.

Dessinateur : Halim / Scénariste : Halim / Coloriste : Halim

Pagination : 192 pages / Format : 177×248 / EAN 9782505067108/ Public Ado-adulte – à partir de 12 ans

Tyler Cross tome 3, Miami. Brüno, Nury, Croix.

Sous le soleil de Floride, qui prend ici des airs bien sombres, découvrir Tyler Cross avec le troisième opus de la série Tyler Cross, Miami.

DOmi_C_Lire_Tyler_crossCe bandit a les moyens pour faire parler les malfrats, il faut avouer qu’ils ont moins d’envergure que lui !

Des dessins tranchés, des visages secs et coupés à la serpe, une ambiance de film noir avec des airs terriblement modernes, une belle impression de lecture. Et ça commence fort avec la jolie dame coulée dans le béton des fondations du futur complexe Eden Blue – quand je vous dis qu’on est dans le plus pur film noir américain.

Tyler Cross vient à Miami récupérer l’argent qu’il avait confié à son avocat véreux Sid Kabikoff. Mais il apprend que Sid est en affaires avec un roi de l’immobilier, Loomis à qui il a confié le magot. Problème, Loomis est dans la M… avec un découvert fabuleux à renflouer vite, très vite. Quoi de mieux que d’acheter à bas prix l’ile de Crab Key, au milieu des Keys, et de la revendre avec bénéfice pour renflouer ses dettes ?  Une belle magouille en perspective et de quoi s’immerger dans un milieu pas vraiment net.

Pas de problème pour Tyler Cross, il va embobiner Shirley Axelrod la secrétaire de Loomis, en lui faisant avaler des couleuvres, et l’embaucher avec Tommy Ray, son petit ami un peu déglingué du ciboulot. Embauchée peut-être, mais pas folle la guêpe, elle ne tient pas trop à finir elle coulée dans le béton et elle apprend vite !

Dessinateur, coloriste, et dialogue sont en symbiose, avec du noir bien noir tant dans les dialogues que sur les planches, avec cette  référence évidente aux grands films noir des années 50/60. La plupart des planches sont en bandes allongées, donnant un certain équilibre à l’intrigue, des personnages en gros plan ou des actions rythment également le tout par des plans plus hauts, plus étroits. On voit défiler l’action, on entend les dialogues et la voix off très présente, de gros plans en scènes en plan larges qui se succèdent pour le plus grand bonheur des amateurs du genre. C’est efficace, rythmé, maitrisé par les trois auteurs. Ah, n’allez pas chercher le sable fin et les belles couleurs lumineuses de Miami, apparemment elles n’entrent pas dans l’univers de Tyler Cross !

💙💙💙💙

Aux Quais du polar à Lyon, impressions sur l’exposition Tyler Cross, vue avant de lire la BD.

Au premier étage de la Bourse, une expo de planches de Tyler Cross nous plonge dans un univers graphique glauque à souhait. Miami sert de décor à une histoire sombre et ensanglantée.
Le dessin, très stylisé est résolument moderniste, sobre, épuré. Les plans se scindent comme dans un scénario de film entre plongée et contre-plongée. L’auteur privilégie le dessin, le style et l’harmonie stylistique des planches.

Chaque planche est présentée pour rendre un effet graphique d’ensemble. Nous sommes presque dans un tableau d’atelier d’artiste où le peintre reproduit les œuvres exposées au mur. Les dialogues ne semblent pas être du même tonneau, mais l’ensemble est une véritable réussite !


Catalogue éditeur : Dargaud

Nous avions quitté un Tyler Cross fatigué mais libre après son évasion du centre pénitentiaire d’Angola. Nous le retrouvons fringuant et en chemisette à fleurs sous le soleil de Floride. Entraîné malgré lui par son avocat véreux, Tyler s’immerge dans le monde poisseux de la promotion immobilière. Et se concentre sur un objectif alléchant : un braquage de 700 000 dollars. Dans cette nouvelle affaire criminelle, Tyler Cross rencontre une alliée surprenante en la personne de Shirley Axelrod, apparemment normale, mais qui apprend vite. Très vite.

Dessinateur : Brüno Scénariste : Fabien Nury Coloriste : Laurence Croix

Genre Polar / Thriller / Public Ado-adulte – à partir de 12 ans / 96 pages / Format : 240×320 / EAN : 9782205077032

 

Mai 68 ; La veille du grand soir, Patrick Rotman & Sébastien Vassant

Mai 68 ; La veille du grand soir, ou comment Patrick Rotman et Sébastien Vassant nous font vivre les évènements de mai 68 dans un superbe roman graphique.

Domi_C_Lire_la_veille_du_grand_soir_mai_68_delcourtLe cinquantième anniversaire de mai 68 est l’occasion pour l’écrivain Patrick Rotman et l’auteur de BD Sébastien Vassant d’unir leurs talents pour sortir un roman graphique ou bande dessinée sur cette période qui reste une référence historique dans la vie du pays.

Sur presque 200 pages les auteurs nous dressent les faits chronologiques de ce mois de mai 68 assortis de quelques explications pour éviter de perdre le lecteur qui n’aurait pas vécu à cette époque.

Étudiants, révolutionnaires, flics, CRS, syndicalistes, politiques, ouvriers, bourgeois et casseurs chacun est à son poste et joue sa partition. Les auteurs ont choisi de nous faire traverser les évènements au travers de dialogues d’un jeune couple qui nous permet de comprendre l’évolution des questions politiques ou existentielles de la jeunesse sur une si courte période.

La force de cette BD est d’abord une justesse historique et sa capacité à nous projeter dans les têtes et pensées des nombreux protagonistes. On entre dans la bataille, chaque camp est décrit avec une recherche de vérité historique et sans caricature. Le lecteur est très vite pris dans l’ambiance il manque juste à cette BD le bruit des grenades, la clameur des foules et l’odeur des lacrymogènes.

On y retrouve les meilleurs slogans de l’époque et l’explosion des utopies de ce mois de mai 68 y est particulièrement bien décrite.
Tout y est ou presque l’évolution du mouvement étudiant, la récupération par les syndicats, le  pourrissement dans une ambiance de foisonnement d’idées révolutionnaires et enfin les hésitations et récupération politique par le pouvoir en place.  

Si la mise en scène des illustrations est réussie et colle parfaitement au récit le seul bémol serait peut-être le style du dessin proche du dessin de presse dont certains pourraient moins apprécier l’esthétique.
Ce roman illustré intéressera les « vieux » passionnés de politique qui ont traversé cette époque, les jeunes aussi qui se demandent pourquoi et comment Mai 68 et ce qu’il en reste aujourd’hui. Enfin les journalistes et politiques qui font un parallèle entre la situation actuelle et mai 68 pourront comparer et voir si dans les consciences du moment le grand soir est encore pour demain.

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Catalogue éditeur : Delcourt

Ce livre est le récit historique et romanesque de mai 68, dessiné par Sébastien Vassant, et nourri du vécu de Patrick Rotman et des entretiens inédits qu’il a réalisé auprès du pouvoir.
Il y a 50 ans, une crise existentielle secoue la France. Dans Mai 68 : La veille du grand soir,  le lecteur est là où l’histoire s’écrit, à la Sorbonne et à l’Élysée, aux usines Renault ou à la Préfecture. Il côtoie Cohn-Bendit, voit débattre Sartre. En contrepoint, les auteurs racontent aussi les atermoiements au sommet de l’État : les affrontements entre De Gaulle et Pompidou ou les négociations entre un Chirac armé jusqu’aux dents et la CGT…

Date de parution : 14/03/2018 / ISBN : 978-2-413-00038-9

Scénariste : ROTMAN Patrick / Coloriste & Illustrateur : VASSANT Sébastien

 

 

L’air de rien, Aude Picault

Dur, dur d’être un… trentenaire ! Quand les trentenaires citadins s’interrogent et que L’air de rien, Aude Picault révèle leurs travers avec talent.

Domi_C_Lire_l_air_de_rien_dargaud.jpgDes strip en quasi monochromie, jaune, mauve, vert, bleu qui alternent sur une demi page et quelques illustration en double page, pour raconter la vie, celle des femmes, des hommes, d’une ville. Pour dire les angoisses, la solitude, l’amitié, les copines plus ou moins sympa, les vacances, la vie des trentenaires, les enfants, de parisiens presque caricaturaux, mais avouons tout de même que nous les avons déjà rencontrés, à Paris ou ailleurs, dans les grandes villes ou les moins grandes.

Il y est question d’âge, de plaire, de liberté, de politique un peu, d’interrogations sociétales, de vie et interrogations de parents, d’image des femmes et de harcèlement de rue. Le tout est dit de façon assez soft, parfois mordante, mais tout de même assez réaliste pour interroger et interpeler le lecteur. Mais également pour nous faire sourire ou qui sait rire un peu jaune quand on réalise l’incongruité des scènes que l’on a soi-même vécues ou dont on a été témoin sans réagir.

Virilitude, Panoplie, Changer, Procrastination, Dévotion, LOL, Style, Vernissage, Yogi… Tout est prétexte à nous montrer nos petits travers au quotidien, à pointer du doigt nos habitudes de citadins… avec ironie et gentillesse.

L’air de rien est une compilation de chroniques qui avaient été publiées dans le supplément week-end de Libération pendant deux ans.

💙💙💙


Catalogue éditeur : Dargaud   

L’Air de rien est un album entièrement consacré aux relations sociales dans un univers urbain – Paris. À travers cent strips et une quinzaine de grandes illustrations, Aude Picault, auteure trentenaire, croque avec tendresse et une ironie délicatement distanciée ses contemporains et notre société moderne et urbaine. Indispensable et remarquable !

Dessinateur, Scénariste, Coloriste :  Aude Picault
Ado-adulte – à partir de 12 ans / 72 pages / Format : 240×320 / EAN : 9782205077377

Visiteurs de Versailles, exposition au Château de Versailles

Le château de Versailles est l’un des sites les plus visités au monde. Plus de sept millions de visiteurs par an. En découvrant cette exposition, nous devenons à notre tour l’un des « Visiteurs de Versailles » !

Domi_C_Lire_Visiteurs_Versailles

Versailles, l’un des sites les plus visités, et ce depuis toujours ! Car dès le règne de Louis XIV les visiteurs ont été acceptés et accueillis au château. Il était même organisé des moments précis afin que tous puissent voir le roi, au lever, à la messe, en promenade, etc. Qu’ils soient ambassadeurs ou princes, étrangers ou français, voyageurs ou voisins, artistes ou philosophes, savants ou espions, visiteurs d’un jour ou voyageurs du « Grand Tour », tous pouvaient venir à la cour. Cette cour qui, contrairement à la pratique de certains autres pays, était ouverte… Cet espace, à la fois propriété royale et espace public, était la scène de ce théâtre quotidien joué par le Roi pour la cour et pour ses sujets.

Qu’ils soient venus là pour quémander, se plier au bon vouloir du Roi ou en visite officielle, de nombreux visiteurs ont laissé des traces de leur visite. Cadeau royaux ou diplomatiques, lettres, tableaux, objets, journaux, témoignent de leurs passages. Venus de Stockholm ou des États Unis, de la BnF ou de Londres, l’exposition rassemble plus de trois cents objets, tableaux, bronzes, portraits ou même vêtements, j’ai par exemple aimé cet habit brodé de Mr de Fersen, tabatières somptueuses, poire à poudre ou carquois, venus de Sèvres ou de Londres, de Mysore  ou de Siam, des Pays-Bas (dont une étonnante boite à médailles..) ou de Turquie, autant de façon de revoir le château à travers les yeux de ces visiteurs qui nous font remonter le temps.

 

L’exposition Visiteurs de Versailles est présentée jusqu’au 25 février. Une belle occasion de revenir voir ce château somptueux et majestueux, de se promener dans le parc et de profiter du soleil de l’automne finissant.

Le sanglot de l’homme noir. Alain Mabanckou

Sous la forme d’une lettre à son fils, et comme en écho au « sanglot de l’homme blanc » de Pascal Bruckner, Alain Mabanckou signe avec « le sanglot de l’homme noir » un essai sur la définition de l’identité de l’homme noir.

DomiCLire_le_sanglot_de_l_homme_noirSuffit-il d’être noir pour être frère ? Il n’y a pas un homme ni une communauté noire, et c’est Alain Mabanckou qui nous le dit ici. Je découvre son écriture avec cet essai court, précis et très intéressant. L’auteur, congolais et français, citoyen du monde, vit en France et aux États Unis où il enseigne. C’est un homme que je trouve passionnant pour son engagement, ses activités artistiques et littéraires qui enchantent le public, pour son esprit novateur et son humanisme.

Dans cet essai, chaque chapitre porte le nom d’un roman ou d’un classique de la littérature. Alain Mabanckou y parle de négritude, évoquant Aimé Césaire mais pas seulement, d’intégration, de traite négrière, par les blancs, mais il dénonce aussi les crimes de la colonisation par les tribus noires d’Afrique subsaharienne, rejoignant là les écrits de Leonora Miano sur le sujet. Il nous parle découverte, intégration, égalité, identité nationale. Il nous questionne et nous explique ce ressentiment qui peut subvenir entre un afro américain et un noir d’Afrique, mais aussi les différences entre par exemple un noir des Antilles et un noir en situation irrégulière à Paris. Levant par là un certain nombre d’idées préconçues.

Il me fait penser aussi a Chimamanda Ngozi Adichie dont le personnage dans Americanah découvre qu’elle est noire en débarquant aux États Unis, car avant, elle était tout simplement une femme parmi d’autres, sa couleur ne la définissait pas. Alain Mabanckou parle couleur de peau mais souligne avant tout la beauté de la tolérance et de la communauté d’âmes, évoque humanité et solidarité, reconnaissance et accomplissement de soi. Il exprime l’amour de la langue française, la richesse de la littérature, les rêves qu’elle peut engendrer ou aider à accomplir.

C’est un très court texte, mais tellement dense, fait de mots pour comprendre, pour se poser des questions, pour aller vers l’autre. Un essai qui nous ouvre l’œil et l’esprit, à lire et relire.

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Lors de la rencontre avec Alain Mabanckou par lecteurs.com

 

 


Catalogue éditeur : Fayard, puis éditions Points, été 2017

Suffit-il d’être Noirs pour être frères ? Qu’ont en commun un Antillais, un Sénégalais et un Noir né à Paris, sinon la couleur à laquelle ils se plaignent d’être réduits ? Et la généalogie qu’ils se sont forgée, celle du malheur et de l’humiliation (esclavage, colonisation, immigration)… Dans cet essai, Alain Mabanckou refuse de définir l’identité noire par les larmes et le ressentiment.

Alain Mabanckou est essayiste, poète et romancier. En 2015, il a été professeur de création artistique au Collège de France. Il est notamment l’auteur de Petit Piment, Mémoires de Pointe-Noire et Le monde est mon langage.

6,5€ // 144 pages / Paru le 15/06/2017 / EAN : 9782757865118