Kokoro. Delphine Roux.

Kokoro, de Delphine Roux est empreint d’une grande poésie, c’est un premier roman qui fait du bien à l’âme.

https://i1.wp.com/static1.lecteurs.com/files/books-covers/110/9782809711110_1_75.jpgSi j’ai parfois senti ce roman « Kokoro » porteur d’une grande tristesse, il émane également de ces lignes beaucoup de joie et d’espoir. Koichi, le narrateur, décrit la vie en courts chapitres, certains font parfois simplement quelques lignes, tous sont ponctués de quelques mots mis en exergue, évoquant un mot du vocabulaire japonais, comme une invitation dans le monde de Koichi.

Koichi et sa sœur Seki ont perdu leurs parents quand ils étaient enfants. Si sa sœur à malgré tout continué à vivre, Koichi lui, a décidé de s’arrêter là, du moins, dans sa tête. Il a cependant des sentiments envers sa grand-mère, celle qui l’a élevé. Il va la voir régulièrement à la maison de retraite. Mais depuis la disparition de ses parents, la vie n’intéresse pas Koichi. Il n’est que le spectateur passif de sa propre existence et refuse d’en être acteur. Jusqu’au jour où sa sœur à des problèmes.  Elle ne va pas bien, il est impératif de l’aider, et personne dans son entourage ne peut rien pour elle. Ce jour-là, contre toute attente, koichi va rattraper le temps perdu pour tenter de la sauver.

Kokoro, c’est un étrange roman, fin et délicat comme les fleurs de cerisiers au printemps, travaillé comme un Ikebana, doux, subtil et amer comme un goût du japon que j’imagine tout en finesse et retenue. Il se lit très vite mais laisse une impression subtile et délicate qui trotte dans la tête longtemps après.

Rentrée littéraire 2015


Catalogue éditeur

Delphine ROUX
Logo Picquier128 pages / 12,50 € / ISBN : 2.8097.1111.0 / Sortie en août 2015

Dans ce roman se fait entendre une voix ténue et obstinée, attentive aux mouvements subtils de la nature et des âmes.
Koichi et sa sœur Seki n’avaient que douze et quinze ans lorsque leurs parents ont disparu dans un incendie.

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Djibouti. Pierre Deram.

Djibouti, le premier roman de Pierre Deram, nous fait sentir à chaque page la puissance du désert qui nous happe et nous transforme.

Immédiatement, en lisant Djibouti, me voilà plongée dans l’enfer et la fournaise des territoires des Affars et des Issas, et donc dans les années 70. Quand des militaires peu aguerris aux conditions climatiques extrêmes de ces zones désertiques étaient confrontés à cet autre monde, celui des mendiants, des femmes qui se prostituent pour un peu de pain ou quelques gâteaux, de la chaleur extrême qui rend fou et qui brûle le corps et l’âme à jamais.

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© DCL-DS2015

Il y a eu de pages dans ce roman, mais une telle intensité dans ces lignes. Nous suivons Markus, il vient de passer six mois dans ce qui deviendra la république de Djibouti. Tout proche se profile le désert de Somalie et l’Ethiopie. L’auteur utilise le paysage extrême de ce désert implacable, pour évoquer une situation qui a peu en commun avec la vie en métropole. Les conditions poussent ces hommes à un comportement souvent au-delà des limites acceptables, mais qui semblent pourtant acceptées. Pour  Markus, c’est la dernière nuit sur le territoire, sa dernière nuit africaine.  Les souvenirs remontent, souvent difficiles, des soldats confrontés à la violence, à la solitude entre hommes, aux filles à qui on ose tout demander, sans se préoccuper de leur humanité, même si au fond de soi on avoue avoir eu des sentiments pour elles, pour se déculpabiliser peut être ?

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© DCL-DS2015

Ici, le soleil brûle et détruit, plus qu’il n’est symbole de lumière et de vie. Les pages sont le  reflet de ces instants où l’on ose tout, même le pire. Court roman, intense et réaliste qui nous plonge dans un passé peu honorable où les soldats rentrent dans le confort de leur pays, mais y rentrent-ils intacts ? Rien n’est moins sûr.

Rentrée littéraire 2015


Catalogue éditeur

« C’est demain, se répète Markus, que je rentre à Paris… » Pour sa dernière nuit africaine, le jeune militaire se jette à corps perdu dans Djibouti, son implacable désert, son désordre étourdissant, ses putains redoutables, et sa faune de soldats fous d’ivresse et de solitude. Entre violence brute et errance onirique dans les bas-fonds de la ville, Pierre Deram met à nu la bouleversante férocité des rapports humains.
À Djibouti, berceau de l’humanité et barque de perdition, prostituées et légionnaires sont les mêmes enfants de la violence et de la beauté

Pierre Deram est né en 1989.

« Soudain ils ne furent plus rien, pas même un soldat et une putain, mais deux enfants perdus au milieu du monde, serrés l’un contre l’autre sur ce matelas sale, roulant à moitié inconscients, le sang rapide, les yeux brillants, roulant si loin de tout, roulant à n’en plus finir au fond de l’indicible comme deux bagnards sautant d’un train en marche. »

Buchet/Chastel Qui Vive / Date de parution : 20/08/2015 / Format : 14 x 18 cm, 128 p., 11.00 €  /ISBN 978-2-283-02844-5

Kuessipan. Naomi Fontaine.

 Kuessipan, le roman poème de Naomi Fontaine, un livre indispensable.

Que ce livre est étrange. Il ne ressemble pas tout à fait à un roman, dans le sens où il ne raconte pas une seule histoire, et pourtant il est comme une succession de poèmes qui viendraient nous parler de la vie. L’auteur évoque en quelques mots, quelques lignes, la vie de ces femmes ou ces hommes, ces enfants, ces jeunes et ces vieux de sa tribu indienne. Naomi Fontaine, jeune femme Innue, est  originaire de la communauté de Uashat parquée dans une réserve tout au nord-est  du Québec, près de Tadoussac, dans ces paysages qui malgré leur modernité gardent le côté sauvage des terres du nord, celles des tribus nomades d’autrefois.

J’ai trouvé à la fois une grande simplicité et beaucoup de poésie dans ces lignes. En quelques mots, un paragraphe parfois, l’auteur fait passer des instants de vie, de réussite, de tristesse, de déchirure, le mari mort dans un accident de voiture, la jeune fille de 15 ans enceinte et heureuse de porter son enfant, le vieux qui bientôt ne sera plus mais qui transmet encore aux plus jeunes son savoir, la grand-mère qui tient encore sa tribu à plus de cent ans, et ce jeune homme détruit par la drogue et mort bien trop tôt. Drogue, alcool, ennui, tout ce qui détruit la   vie et l’honneur des hommes est également abordé. Car comment se réaliser, devenir un homme quand on vit dans ces réserves qui annihilent votre volonté et votre existence.

Il y a tout un monde dans ce court roman, j’ai vraiment aimé, il va droit au cœur et on imagine tout à fait les paysages, les odeurs, les parfums qui changent avec les saisons, la glace sur le lac, le renouveau des prairies, les animaux, les plantes, tout y est en si peu de mots. J’ai le sentiment de l’avoir lu presque trop vite, il a un goût d’ailleurs, d’enfance et de vie.

indiens, Amérique du nord
Indien Amérique du Nord © DCL-DS2015
tadoussac
A Tadoussac, près de la réserve innue de Uashats © DCL-DS2015

Catalogue éditeur

au bout du saint laurent, Tadoussac
A l’embouchure du saint Laurent, Québec © DCL-DS2015

Date de parution : 21/08/2015

Editeur : Serpent a plumes editions

EAN : 9791094680070 / 120 pages

Un océan d’amour. Lupano, Panaccione.

Une BD sans bulle mais sur un océan d’amour, il fallait oser !

De Lupano, j’ai particulièrement aimé les vieux fourneaux, et bien sûr  j’ai eu envie d’ouvrir la boite de sardines délicieuses de cet océan d’amour. Bien m’en a pris, car les aventures de notre marin breton et de sa chère et tendre bigoudène bien en chair et en coiffe sont un bon moment de lecture. Enfin de lecture pas vraiment  puisqu’il n’y a aucun texte.  Cela ne nous empêche pas de suivre les mésaventures de ce petit bateau pris dans les filets du tout puissant gold Fish qui ratisse les fonds des mers sans prendre garde à ce qu’il pêche. Les aventures s’enchaînent, tempêtes, pièges en mer, bandit, rien ne sera épargné à notre marin pécheur. Ne le voyant pas rentrer, sa tendre et néanmoins imposante épouse décide de partir à sa recherche, elle devra vaincre ses peurs et tout tenter pour  retrouver l’homme de sa vie.

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Filets de péche, Cinque Terre, Italie © DCL-DS2015

Quelques allusions à la pêche aux filets dérivants,  aux gigantesques paquebots de croisière qui sillonnent les mers, au trafic en tous genres dans la mer des caraïbes, aux geôles de Cuba, aux dégazages sauvages des porte-conteneurs, de nombreux thèmes sont abordés avec bonheur et subtilité, pour un final à la hauteur de cet océan d’amour qui relie les deux protagonistes.

Prix de la BD Fnac 2015


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Collection : MIRAGES / Série : UN OCEAN D’AMOUR / Date de parution : 29/10/2014 / ISBN : 978-2-7560-6210-5

Scénariste : LUPANO Wilfrid / Dessinateur : PANACCIONE Grégory / Coloriste : PANACCIONE Grégory /

Chaque matin, Monsieur part pêcher au large des côtes bretonnes. Mais ce jour-là, c’est lui qui est pêché par un effrayant bateau-usine. Pendant ce temps, Madame attend. Sourde aux complaintes des bigoudènes, convaincue que son homme est en vie, elle part à sa recherche. C’est le début d’un périlleux

Cet instant-là. Douglas Kennedy.

Sur fond de romance et d’espionnage, il faut savoir saisir la chance de sa vie et ne pas laisser passer « Cet instant-là »
J’ai lu déjà pas mal de romans de Douglas Kennedy, et j’avais arrêté après « la femme de Ve », sans doute parce qu’à moment donné j’avais l’impression de connaître déjà ? Il n’empêche, c’est un auteur dont j’aime l’écriture et la vision anglo-saxonne de l’Europe, même si c’est également un auteur que l’on sent presque français.

Ici, le narrateur Thomas Nesbitt, la cinquantaine, est écrivain. Après quelques années d’une vie de couple banale et sans passion, il décide de divorcer. Au même moment, il reçoit un paquet et un courrier venus d’Allemagne. Les souvenirs remontent, ceux d’une période de sa vie passée à Berlin au temps de la RDA et du mur.

Nous découvrons vingt-cinq ans plus tôt, Thomas, jeune auteur, parti à Berlin pour écrire un livre sur la vie de l’autre côté du mur. Il rencontre Alistair, peintre anglais homosexuel, drogué et particulièrement talentueux chez qui il va sous louer une chambre, et trouve un emploi dans une chaine de radio locale. Son ambition est d’écrire ses impressions de voyage sur Berlin Est. Là, il croise Petra, transfuge de la RDA, qui travaille comme traductrice. C’est le coup de foudre, la rencontre de sa vie. Mais dans l’Allemagne du mur, la cohabitation entre une allemande réfugiée de l’Est et un jeune américain est quasi impossible, même si l’amour fou est bien réel.

Sur fond de romance et d’espionnage, Douglas Kennedy aborde le dilemme de l’amour et de la confiance, de la capacité de chacun à savoir saisir sa chance et à ne pas laisser passer « Cet instant-là ». Le bonheur est parfois éphémère et savoir l’accepter quand il se présente n’est pas forcément donné à tout le monde. Le poids des regrets peut parfois compliquer toute une existence. Ah, savoir comprendre et choisir ce qui sera le mieux pour soi, est-ce vraiment si simple ? Ce n’est pas forcément mon roman préféré de cet auteur, mais cette plongée et ce regard vers une époque pas si lointaine mais déjà en partie oubliée est très intéressante. Et les descriptions de Berlin, replacée dans un contexte historique et géopolitique passionnant et bien décrit sont un des intérêts de ce roman.


Catalogue éditeur

Reconstitution historique, roman philosophique, roman d’espionnage mais surtout histoire d’amour tragique, dans la lignée de La Poursuite du bonheur, une oeuvre ambitieuse, qui se situe principalement dans le Berlin d’avant la chute du Mur, entre l’effervescence de l’Ouest et l’enfermement de l’Est soumis à la terreur.

À la fois drame psychologique, roman d’idées, roman d’espionnage mais surtout histoire d’amour aussi tragique que passionnée, une oeuvre ambitieuse portée par le talent exceptionnel de Douglas Kennedy.
Écrivain new-yorkais, la cinquantaine, Thomas Nesbitt reçoit à quelques jours d’intervalle deux missives qui vont ébranler sa vie : les papiers de son divorce et un paquet posté d’Allemagne par un certain Johannes Dussmann. Les souvenirs remontent…
Parti à Berlin en pleine guerre froide afin d’écrire un récit de voyage, Thomas arrondit ses fins de mois en travaillant pour une radio de propagande américaine. C’est là qu’il rencontre Petra. Entre l’Américain sans attaches et l’Allemande réfugiée à l’Ouest, c’est le coup de foudre.
Et Petra raconte son histoire, une histoire douloureuse et ordinaire dans une ville soumise à l’horreur totalitaire. Thomas est bouleversé. Pour la première fois, il envisage la possibilité d’un amour vrai, absolu.
Mais bientôt se produit l’impensable et Thomas va devoir choisir. Un choix impossible qui fera basculer à jamais le destin des amants.
Aujourd’hui, vingt-cinq ans plus tard, Thomas est-il prêt à affronter toute la vérité ?

Traduit par Bernard COHEN

BelfondOctobre 2011 / Littérature Etrangère – Littérature étrangère

23,50 € – 506 p.

La déchirure de l’eau. John Lynch.

Dans une Irlande qu’on devine, entre rêve et réalité, le parcours initiatique d’un enfant vers l’âge adulte. 

La déchirure de l’eau est une étrange évocation de l’Irlande de l’IRA et des bombes par le regard de James Lavery, un adolescent de dix-sept ans qui cherche son père dans le ciel, les étoiles et parfois même les lucioles. Qui cherche une lumière en somme. Pour le guider sur le chemin de la vie, parce que Conn, ce père tant aimé, a disparu  alors que James n’avait que huit ans.

Mais en Irlande la vie est dure, l’argent manque parfois. La mère de James travaille mais elle va noyer ses nuits solitaires dans l’alcool, sa tante essaie de l’aider, mais elle est rapidement dépassée. Et la présence de plus en plus régulière à la maison du nouveau compagnon de sa mère est bien difficile à accepter, car on ne remplace pas un héros. Heureusement, James va croiser la route de Shannon, un professeur atypique qui l’initie au théâtre, un moyen de se révéler, de s’extérioriser, de s’affirmer aussi peut être. Un moyen sans aucun doute de surmonter une étape de sa vie, celle du deuil de son père, rendu difficile par le poids du secret sur les circonstances de sa mort.

La structure du roman montre la vie de James par petites touches, chapitre après chapitre, tous se terminent par une lettre dans laquelle James s’évade dans son monde imaginaire, celui qui lui permet de vivre chaque jour qui vient. Jusqu’au jour peut-être où la vérité éclate, où la mère n’est plus seulement une alcoolique désespérée mais également une veuve inconsolable, où les amours adolescentes apparaissent, où la démarche du deuil s’enclenche, où la vraie vie devient possible.

C’est un roman étonnant, même si je reste un peu sur ma faim. Car si j’ai trouvé un intérêt à cette narration décalée d’une période importante dans l’histoire de l’Irlande, je crois que j’en aurai souhaité un peu plus. Mais un peu plus cela a certainement déjà  été écrit bien des fois !

Rentrée littéraire 2015


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Le père de James Lavery est mort. Son fils est persuadé qu’il s’est sacrifié pour l’Irlande. Cherchant désespérément à échapper à sa pesante solitude, à sa pénible vie quotidienne et à l’alcoolisme envahissant de sa mère, James se crée son propre monde : il devient ainsi le héros d’une série d’aventures fantastiques qu’il rêve au fil des jours.
Mais les années passent et James entrevoit des étincelles de vérité à propos de son père. Alors qu’il embarque lui-même dans sa première histoire d’amour, il commence à comprendre les vraies complexités de la vie.
Dans cette histoire d’initiation, John Lynch révèle dans un style serré, la vulnérabilité et les incertitudes d’un garçon de dix-sept ans qui quitte l’enfance.

Le Castor Astral / ISBN 9791027800421 / 17,00 EUR / 240 pages / août 2015

Faits d’hiver. Alice Moine

Dans un immeuble banal, ces vies que l’on ne connait pas, derrière la porte, jusqu’au moment où tout  bascule

DomiCLire_faits_dhiver.jpgFait d’hivers, c’est comme un recueil de nouvelles, comme des scènes de vies qu’une caméra fixe pourrait enregistrer dans un immeuble d’une grande ville, dans la même cage d’escalier, les jours, les heures avant l’Instant, celui où tout bascule. En le lisant, je voyais déjà des personnages, des morceaux de vie qui se percutent, se rejoignent ou se perdent à jamais, j’ai même senti cette odeur de gaz omniprésente au fil des pages.

Les situations sont décrites en peu de mots et peu de lignes, mais de nombreux sentiments sont néanmoins abordés, peur de l’autre, de celui qui est différent, solidarité, désespoir, envie, bonheur, déprime, lâcheté, solitude, tout ce qui fait la vie. Je côtoyais un médecin, un jeune homme triste, une femme abandonnée, une amie québécoise qui s’improvise baby-sitter. Je suivais tous les autres, ceux qui auraient dû y être et qui sont partis on ne sait pourquoi, hasard, prémonition, chance, pourquoi restons-nous quelque part, ou en partons nous, au bon moment, quel mystère. Il n’y a pas à proprement parler d’intrigue principale, si ce n’est ce magistral fait divers qui ici devient faits d’hiver, qui relie ces vies entre-elles. Et le lecteur va suivre ces voisins chapitre après chapitre, au fil des appartements, 2e droite, 5er droite, jusqu’au au rez-de-chaussée.

Faits d’hiver m’a rappelé un autre court roman que j’ai beaucoup aimé, « dix-neuf secondes » de Pierre Charras. Car tous deux évoquent des vies, avant l’instant où tout change. C’est bien écrit, agréable à lire et on s’y projette aisément, presque comme dans un film. Et si on comprend rapidement ce qui va arriver on a cependant envie de savoir, qui, quand, et comment…Mais pour ça, je ne vous en dis pas plus, à vous de voir.

Rentrée littéraire 2015


Catalogue éditeur

« J’ai pris la main de l’homme dans la mienne. Au loin, je lui ai indiqué du doigt la silhouette de mon immeuble.
“C’est ici que j’habite sans homme ni enfants : un petit rez-de-chaussée séparé du hall par une simple porte-fenêtre d’où je vois déambuler tous les visages de ceux qui habitent au-dessus de ma tête, sans jamais en reconnaître aucun.
— Quelle importance ? m’a-t-il dit en caressant ma main. Tu m’as reconnu, moi ?” »

Quelque part dans la ville, un immeuble se tient droit sur ses fondations. Plus pour longtemps si l’on en juge par la forte odeur de gaz qui s’échappe d’un appartement. Avant que la flamme d’un briquet n’embrase les cinq étages, dix histoires d’hommes et de femmes s’y entrecroisent. Qui sont-ils ? Par quels hasards et coïncidences échapperont-ils à ce rendez-vous fatal ? Alice Moine nous offre un premier roman tout en délicatesse, dessinant grâce à un claquement de porte ou un bruit de talon le microcosme d’un immeuble, avec ses joies et ses peines.

Logo Kero216 pages / Format : 135*215 / 15.90€ / ISBN : 978-2-36658-154-6