LĂ©onor de Recondo, Manifesto

Ce roman autobiographique nous entraine Ă  la rencontre de FĂ©lix de Recondo, de sa fille LĂ©onor et de l’ami Ernesto Hemingway.

LĂ©onor de Recondo, Ă©crivain violoniste, FĂ©lix de Recondo, peintre et sculpteur, se rejoignent dans cette chambre 508 de l’hĂŽpital de la PitiĂ©-SalpĂȘtriĂšre pour la longue et Ă©prouvante derniĂšre nuit du pĂšre. LĂ , les pensĂ©es de FĂ©lix s’envolent vers l’enfance, l’Espagne et le pays basque, mais aussi vers Ernest Hemingway, l’ami plus ĂągĂ© que FĂ©lix va retrouver, car la mort aboli toutes les diffĂ©rences, d’ñge en particulier.

Les chapitres, trĂšs courts, alternent les voix de FĂ©lix, de LĂ©onor et d’Ernesto, pour nous rendre compte des belles choses du passĂ©. La voix de FĂ©lix pour Ă©voquer l’enfance, Amatxo et la grand-mĂšre, l’amitiĂ© avec Ernest Hemingway, mais aussi la guerre civile espagnole, la destruction de Guernica, le franquisme, la lutte, la fuite vers la France, et l’exil, dĂ©finitif qui vous ampute d’une partie de vous-mĂȘme, la mort de ses enfants d’un premier lit. La voix de LĂ©onor pour Ă©voquer l’enfance aussi, avec ce pĂšre artiste qui lui façonne un violon unique, mais aussi pour Ă©voquer la douleur de la perte du pĂšre, que l’on aime par-dessus tout, et ses derniĂšres heures qui s’étirent dans la douleur et le souvenir, dans une austĂšre et impersonnelle chambre d’hĂŽpital. La voix d’Ernesto pour Ă©voquer l’amour, les femmes, la guerre, la mort.

J’avais dĂ©jĂ  aimĂ© Amours du mĂȘme auteur. Ici, dans un style diffĂ©rent, plus personnel, LĂ©onor de Recondo nous offre un roman triste et beau comme des notes de violon qui s’échapperaient d’une chambre oĂč l’on veille celui qui bientĂŽt ne sera plus
 Manisfesto est indiscutablement un superbe roman de cette rentrĂ©e de janvier.

💙💙💙💙💙

Catalogue Ă©diteur : Sabine Wespieser

« Pour mourir libre, il faut vivre libre. » La vie et la mort s’entrelacent au cƓur de ce « Manifesto » pour un pĂšre bientĂŽt disparu. Proche de son dernier souffle, le corps de FĂ©lix repose sur son lit d’hĂŽpital. À son chevet, sa fille LĂ©onor se souvient de leur pas de deux artistique – les traits dessinĂ©s par FĂ©lix, peintre et sculpteur, venaient Ă©pouser les notes de la jeune apprentie violoniste, au milieu de l’atelier. L’art, la beautĂ© et la quĂȘte de lumiĂšre pour conjurer les fantĂŽmes d’une enfance tĂŽt interrompue.
Pendant cette longue veille, l’esprit de FĂ©lix s’est Ă©chappĂ© vers l’Espagne de ses toutes premiĂšres annĂ©es, avant la guerre civile, avant l’exil. Il y a rejoint l’ombre d’Ernest Hemingway. Aujourd’hui que la diffĂ©rence d’Ăąge est abolie, les deux vieux se racontent les femmes, la guerre, l’Ɠuvre accomplie, leurs destinĂ©es devenues si parallĂšles par le malheur endurĂ© et la mort omniprĂ©sente.
Les deux narrations, celle de LĂ©onor et celle de FĂ©lix, transfigurent cette nuit de chagrin en un somptueux Ă©loge de l’amour, de la joie partagĂ©e et de la force crĂ©atrice comme ultime refuge Ă  la violence du monde.
Parution 10 janvier 2019 / Prix : 18 €, 192 p. / ISBN : 978-2-84805-314-1

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Miro, Grand Palais

Visiter l’expo Miro et savourer les couleurs, la poĂ©sie et l’inventivitĂ© de l’artiste catalan. « Pour moi, un tableau doit ĂȘtre comme des Ă©tincelles. Il faut qu’il Ă©blouisse comme la beautĂ© d’une femme ou d’un poĂšme ».

Le Grand Palais consacre une belle rĂ©trospective au grand maĂźtre catalan Joan MirĂł et prĂ©sente plus de 150 Ɠuvres en provenance des grands musĂ©es europĂ©ens et amĂ©ricains, ainsi que de collections privĂ©es, pour permettre au visiteur de parcourir soixante-dix ans de crĂ©ation, d’inventivitĂ©, de rĂȘves avec cet artiste qui nous parle de poĂ©sie en bleu ou en couleurs.

Quand le trait se pose sur la toile, sa simplicitĂ© manifeste est pourtant Ă©vocatrice et Ă©mouvante, qu’il Ă©voque la montĂ©e du fascisme, l’hommage Ă  l’ami Picasso ou la condamnation du jeune manifestant, Miro nous Ă©meut et nous touche, nous frappe et nous rĂ©veille. Par ses traits, ses courbes, ses aplats, ses tons vifs et colorĂ©s, ses Ɠuvres nous parlent, ses Ɠuvres nous interpellent


De sa Catalogne natale Ă  Paris, de Mont Roig Ă  Palma de Majorque, Miro a trouvĂ© un alphabet colorĂ© qu’il a dĂ©clinĂ© et fait Ă©voluer dans son Ɠuvre tout au long de sa vie. Il va comme il dit assassiner la peinture et dĂ©velopper son art de cette maniĂšre si personnelle, avec cette simplicitĂ© de traits, de figures, de formes et de couleurs. Il est d’ailleurs l’un des rares artistes, avec son grand ami Pablo Picasso, a avoir lancĂ© un dĂ©fi Ă  la fois au surrĂ©alisme (lui qui est pourtant souvent qualifiĂ© de peintre surrĂ©aliste) et Ă  l’abstraction.

Il se sera cependant essayĂ© Ă  tous les styles de son Ă©poque, le cubisme interprĂ©tĂ© Ă  sa maniĂšre – on est loin des Ɠuvres de Juan Gris ou de Pablo Picasso – le fauvisme, l’art catalan…

A partir de 1925, Ă  Paris il frĂ©quentera les surrĂ©alistes, les poĂštes et les artistes de son Ă©poque, Max Ernst, Robert Desnos, Tsara, Antonin Artaud, Aragon ou AndrĂ© Breton. Mais loin de l’interprĂ©tation surrĂ©aliste, son univers poĂ©tique est empreint de libertĂ© tant dans les traits que dans les couleurs, il n’y a plus de reprĂ©sentation du rĂ©el, mais au contraire une prĂ©pondĂ©rance de l’imaginaire et de l’interprĂ©tation lyrique dans ce qu’il peint. En 1935, Miro est fortement touchĂ© par la montĂ©e du franquisme et par la guerre civile espagnole, son Ɠuvre reflĂšte alors toutes ses angoisses.

RĂ©fugiĂ© avec tant d’autres artistes sur la cĂŽte normande il rĂ©alise Ă  l’étĂ© 1939 les constellations, gouaches sur papier, une sĂ©rie qu’il termine en 1941. Élaboration de signes, de pictogrammes, constitutifs de cet alphabet si caractĂ©ristique qu’on retrouve tout au long de sa vie.

SimplicitĂ©, couleur, inventivitĂ©, sont les mots qui me viennent Ă  l’esprit en parcourant les salles du Grand Palais.

On peut y voir Ă©galement quelques cĂ©ramiques produites dans le village de Gallifa. Au contraire de Picasso, Miro ne produira que des Ɠuvres uniques.

Mais aussi des sculptures classiques, recouvertes de ripolin aux couleurs vives, comme pour tourner en dĂ©risoire, voire ridicule, le travail intense de l’artiste sculpteur. A la façon de Calder ?

Bleu I bleu II, bleu III : rĂ©alisĂ©es Ă  Palma de Majorque ses premiĂšres Ɠuvres monumentales sont comme un aboutissement de tout ce qu’il a essayĂ© de faire.

Joan MirĂł a Ă©tĂ© un homme engagĂ© tout au long de sa carriĂšre exceptionnelle. Il a dĂ©fendu la Seconde RĂ©publique espagnole pendant la guerre civile de 1936-1939, il a peint un triptyque, Ɠuvre critique sur l’exĂ©cution de l’anarchiste catalan Salvador Puig Antich en 1974. L’exĂ©cution Ă  lieu au moment oĂč il termine le troisiĂšme volet du triptyque.

Toiles brulĂ©es, Ă©pure blanche de grands triptyques
 Miro invente, dĂ©truit, construit tout au long de sa vie une Ɠuvre unique et forte.

Et, comment dire, en revoyant son Ɠuvre, je me remĂ©more et je comprends mieux l’inspiration des Shadocks, pas vous ?


Une exposition qui se concentre sur les pĂ©riodes charniĂšres de l’artiste, du mouvement fauve au surrĂ©alisme, en passant par le cubisme ou le mouvement dĂ©tailliste. Ni abstrait, ni figuratif, son art est devenu au fil des annĂ©es un vĂ©ritable langage, et n’a eu de cesse de se dĂ©velopper.

💙💙💙💙💙 Du 3 octobre 2018 au 4 fĂ©vrier 2019.

Mon inventaire 2018

Une annĂ©e 2018 particuliĂšrement riche en dĂ©couverte de beaux romans, de nouveaux auteurs et en rencontre avec les auteurs, les blogueurs, les lecteurs qui partagent cette passion pour la lecture que d’aucuns pourraient trouver dĂ©vorante.

Essayer de faire un bilan est d’autant plus difficile, mais dans ma liste Ă  la PrĂ©vert cette annĂ©e je veux retenir 


Ce roman rĂ©cit qui m’a tellement Ă©mue qu’il est hors concours


Philippe Lançon & Le lambeau

Ces romans qui m’ont fait vibrer et qui, chacun Ă  leur façon, m’ont apportĂ© quelque chose

Franck Balandier & APO

Frédéric Couderc & Aucune pierre ne brise la nuit

Catherine Cusset & Vie de David Hockney

Diane Ducret & La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose

Simonetta Greggio & Elsa, mon amour

Olivier Liron & Einstein, le sexe et moi

VĂ©ronique Mougin  & OĂč passe l’aiguille

Joachim Schnerf  & Cette nuit

AngĂ©lique Villeneuve & Maria  

Valentin Spitz  & Juliette de Saint-Tropez

Ces premiers romans bouleversants 


Martin Dumont  & Le chien de Schrödinger

Violaine Huisman  & Fugitive parce que reine

Jean-Baptiste Naudet  & La blessure

Ce premier roman étranger solaire et tellement poétique

Shih-Li Kow  & La Somme de nos folies

Une BD

Halim  & Petite maman

Ces romans policiers ou thrillers qui m’ont sortie de mon quotidien !

Simone GĂ©lin & Sous les pavĂ©s la jungle

Jean-Pierre Rumeau & Le vieux Pays

Tim Willocks & La mort selon Turner

Ces romans en format poche, Ă  lire Ă  faire lire…

Laurent Seksik & Romain Gary s’en va-t’en guerre

Benedict Wells & La fin de la solitude

Claudio Fava & Silencios

Et vous ? Qu’avez vous lu, aimĂ©, quels livres avez-vous envie de partager de votre annĂ©e 2018, quels conseils pour l’annĂ©e qui vient ?

Le roi chocolat. Thierry Montoriol

Qui n’a pas souvenir d’avoir dĂ©jĂ  bu un bon chocolat chaud, avec la si reconnaissable boite de Banania et son tirailleur sĂ©nĂ©galais, Y’a bon Banania


En ouvrant ce roman, je n’imaginais pas me rĂ©galer autant, non pas de ce breuvage revigorant et des rĂ©miniscences de mes goĂ»ters d’enfance, mais bien de l’aventure picaresque de Victor, inventeur français du Banania, journaliste, homme d’affaire, vert galant et polygame, mais tellement attachant !

Dans les annĂ©es 1910, alors qu’il est envoyĂ© au Mexique par son journal pour couvrir les Ă©vĂšnements artistiques du continent sud-amĂ©ricain, Victor est pris dans le tourbillon de la rĂ©volution mexicaine. Il se rĂ©fugie dans un village indien et dĂ©couvre les vertus d’un breuvage directement issu du dieu QuetzalcĂłatl, Ă  base en particulier de cacao et de banane. AprĂšs quelques mĂ©saventures, il est enfin de retour en France, lĂ  il va retrouver la recette de ce breuvage magique, la fabriquer de façon totalement artisanale puis la vendre dans tout le pays.

L’écriture de Thierry Montoriol est Ă  elle seule un vĂ©ritable rĂ©gal, de mots, d’expressions, de finesse dans les descriptions Ă  la fois des caractĂšres et des situations. C’est alerte et enjouĂ©, intelligent et documentĂ©, sĂ©rieux et totalement rocambolesque en mĂȘme temps. On se laisse embarquer dĂšs les premiĂšres pages, Ă  suivre les mĂ©saventures et les errances de ce bon Victor, homme heureux, mari et amant comblĂ©, journaliste mĂ©diocre, homme d’affaires bien trop naĂŻf pour ce milieu de vauriens qui n’hĂ©sitent pas Ă  plumer les plus faibles et candides, et l’on s’en rend vite compte, Victor est un candidat idĂ©al.

De plus, l’époque dans laquelle Ă©volue ce hĂ©ros malgrĂ© lui est propice au romanesque, rĂ©volution sous les auspices de Pancho Vila et de Zapata au Mexique, espionnage, trafic d’armes, maitresses jalouses et amoureuses, premiĂšre guerre mondiale en Europe, rien ne lui sera Ă©pargnĂ©, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Je ne vous en dit pas plus sur l’intrigue elle-mĂȘme, mais je vous conseille de dĂ©couvrir ce roman, vous devriez vous rĂ©galer vous aussi !

💙💙💙💙💙

Catalogue éditeur : Gaïa éditions

Victor, journaliste, part en AmĂ©rique latine en 1910 inaugurer un opĂ©ra. MĂȘlĂ© Ă  la rĂ©volution mexicaine et aux trafics d’armes, il trouve refuge auprĂšs des derniers AztĂšques. HorrifiĂ© par les sauterelles grillĂ©es ou iguanes farcis dont on croit l’honorer, il survit Ă  l’aide d’un breuvage miraculeux Ă  base de sucre, de banane et du cacao hĂ©ritĂ© du dieu QuetzalcĂłatl.
De retour Ă  Paris, bravant une malĂ©diction, il joue Ă  l’alchimiste pour rĂ©inventer la recette sacrĂ©e et la faire dĂ©couvrir Ă  ses enfants, au voisinage, puis Ă  la France entiĂšre, jusqu’aux tranchĂ©es de la Grande Guerre. Le Banania est nĂ©.

Écrit Ă  partir des carnets de reportage de son inventeur, voici l’histoire vraie d’une aventure Ă  peine croyable qui nous emmĂšne Ă  travers trois continents, deux civilisations et le Paris des AnnĂ©es folles.

ISBN : 978-2-84720-868-9 / 432 pages / 22 € / format 13×22 / AoĂ»t 2018

Le Paris d’Apollinaire, Franck Balandier

Des années de misÚre au cimetiÚre du PÚre-Lachaise, de Montmartre à Montparnasse, Franck Balandier nous permet de marcher dans Paris sur les traces du poÚte Guillaume Apollinaire, ce court texte est un bonheur de lecture.

DĂ©barquĂ© en France Ă  dix-huit ans avec sa famille, le jeune Apollinaire va errer d’adresse en adresse avec une mĂšre qui joue et perd plus qu’elle ne gagne. Il devra travailler rapidement pour aider sa famille, mais il va s’imprĂ©gner de l’ambiance de la capitale et comprendre trĂšs vite que son destin est ailleurs. Un changement de nom et de prĂ©nom plus tard – son vĂ©ritable nom est Wilhelm Kostrowitzky, mais cela fait « trop juif » Ă  cette Ă©poque oĂč la France sort Ă  peine de l’affaire Dreyfus, et Apollinaris, le nom de l’eau gazeuse alors en vogue le sĂ©duit – c’est un Guillaume Apollinaire qui dĂ©couvre le tout Paris littĂ©raire. Pourtant il lui faudra d’abord s’émanciper d’une mĂšre prĂȘte Ă  tracer son destin, car elle a besoin de lui pour faire vivre la famille. Il devient journaliste, puis auteur, rapidement il sait s’entourer des artistes qui comptent et se complait dans le Paris des poĂštes et des Ă©crivains.

Sous la plume poĂ©tique de Franck Balandier, nous le suivons dans ses errances artistiques, amicales, amoureuses et parfois mĂȘme fantasques. Lui qui s’engage dĂšs la dĂ©claration de la guerre de 14 ne sera naturalisĂ© français qu’en mars 1916. BlessĂ© Ă  la tĂȘte quelque jours aprĂšs, il est rapatriĂ© Ă  Paris. En 1918, il Ă©pouse Jacqueline « sa jolie rousse » et meurt de la grippe espagnole le 9 novembre 1918.

De la prison de la SantĂ© Ă  la guerre de 14, puis jusqu’au cimetiĂšre du PĂšre-Lachaise oĂč il repose, l’auteur le fait revivre sous nos yeux avec beaucoup de bienveillance, de vĂ©racitĂ© et de poĂ©sie


De Picasso Ă  Blaise Cendras, de Marie Laurencin Ă  Paul Fort, Max Jacob, AndrĂ© Breton ou Jean Cocteau, tous les artistes qui ont comptĂ© dans ce siĂšcle Ă©maillent la vie du poĂšte. C’est un plaisir de les retrouver lĂ  et de pouvoir ainsi les situer dans le temps. Ce recueil est un bonheur de lecture qui nous permet d’apprĂ©hender cet homme singulier et fantasque, humain et citoyen.

J’ai dĂ©couvert Franck Balandier avec son roman Le corps parfait des araignĂ©es, puis Ă  la rentrĂ©e littĂ©raire 2018 avec APO ce roman que je vous conseille vivement et qui aborde, de façon romancĂ©e cette fois, un Ă©pisode prĂ©cis de la vie d’Apollinaire, son sĂ©jour Ă  la prison de la SantĂ©. VoilĂ  un auteur Ă  suivre !

💙💙💙💙💙

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours aprĂšs la peine.

Catalogue éditeur : Alexandrines
C’est Ă  Paris que Guillaume Apollinaire, Ă©ternel vagabond, poĂšte de l’errance, se fixe et trouve son Ă©quilibre. « FlĂąneur des deux rives », il y installe sa bohĂšme. PoĂšte, dramaturge, romancier, pornographe, journaliste, mystificateur, parfois mĂȘme un peu voyou, il sait capter, mieux que personne, la modernitĂ© littĂ©raire et artistique de la capitale.
Il en est le passeur magnifique.
Apollinaire tisse un rĂ©seau d’amitiĂ©s solides (Picasso, le meilleur ami, le Douanier Rousseau, Max Jacob, Gide, Cendrars
), et entretient des amours tumultueuses et parfois douloureuses. Il est le meilleur dĂ©couvreur du surrĂ©alisme, dont il invente le nom, et devient le chantre et le prĂ©curseur d’une formidable Ă©popĂ©e littĂ©raire et artistique. C’est Ă  Paris qu’il vit, qu’il travaille, qu’il aime. Et c’est Ă  Paris qu’il meurt, le 9 novembre 1918, deux jours avant l’armistice, il y a tout juste un siĂšcle. 

Franck Balandier, aprĂšs des Ă©tudes littĂ©raires, devient Ă©ducateur de prison puis directeur pĂ©nitentiaire d’insertion. Il est l’auteur des Prisons d’Apollinaire, (L’Harmattan, 2001), et de APO (Le Castor Astral 2018).

Silencios. Claudio Fava

Indispensable, le roman de Claudio Fava « Silencios » retrace un Ă©vĂšnement oubliĂ© de la dictature argentine, Ă  lire !

Domi_C_Lire_silencios_claudio_fava_jai_lu1978 en argentine, à La Plata. De jeunes hommes s’entrainent pour le championnat de rugby, ils doivent participer au mondial qui aura lieu dans quelques mois.
Ils sont jeunes, trĂšs efficaces, ce sont mĂȘme de trĂšs bons joueurs, mais ils ne vivent pas Ă  la bonne Ă©poque


Car en Argentine Ă  ce moment-lĂ , le gĂ©nĂ©ral Videla a pris le pouvoir et les disparitions, les assassinats, sont devenus monnaie courante. Le jour oĂč le jeune Momo est enlevĂ©, puis assassinĂ©, le monde de Raul et de ses coĂ©quipiers s’écroule, ils entrent de plain-pied dans la terreur et dans l’horreur.

Au match suivant, l’équipe refuse de jouer si une minute de silence n’est pas respectĂ©e en l’honneur de Momo, une minute qui s’éternise, les joueurs, les spectateurs, tous respectent, tous se taisent, tous protestent en silence face au fracas des bottes et des armes. Mais la contestation doit ĂȘtre brisĂ©e  dans l’Ɠuf
 et les sportifs vont disparaitre les uns aprĂšs les autres


Desaparecidos, vols de la mort, l’Esma (École SupĂ©rieure de MĂ©canique de la Marine), autant de mots, de noms qui ont une connotation de terreur forte lorsque l’on Ă©voque les annĂ©es noires de la dictature Argentine.

Un trĂšs court roman, mais une lecture forte et Ă©mouvante qui interroge sur les dictatures, et sur le silence et l’oubli par les peuples


Je ne connaissais pas cet Ă©pisode, mis en lumiĂšre par l’auteur Claudio Fava, Ă  la suite du tĂ©moignage Raul Barandiaran, unique survivant de l’équipe de rugby de La Plata. L’auteur a Ă©tĂ© touchĂ© Ă©galement par la relation entre cette dictature et les annĂ©es noires qu’a Ă©galement connu l’Italie avec la mainmise de la mafia sicilienne.

On mourait en Argentine comme en Sicile, à Buenos Aire comme à Catane


Sur cette pĂ©riode, et l’Argentine en particulier, on ne manquera pas de lire Ă©galement le roman de FrĂ©dĂ©ric Couderc Aucune pierre ne brise la nuit, FrĂ©dĂ©ric Couderc a Ă©galement rĂ©pondu Ă  mes questions, interview Ă  retrouver ici.

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Catalogue Ă©diteur : J’ai Lu, inĂ©dit

L’histoire vraie du club de rugby qui dĂ©fia la dictature argentine…

Argentine, 1978. L’assassinat politique d’un jeune joueur de rugby de La Plata met le feu aux poudres : la guerre est dĂ©clarĂ©e entre l’équipe et la dictature. Chaque match du petit club est un dĂ©fi, chaque hommage aux victimes une provocation adressĂ©e au pouvoir, qui rĂ©pond par un bain de sang. Et pourtant, l’équipe, de plus en plus dĂ©cimĂ©e, gagne ses matchs…
Traduction (Italien) : Alexandre Bilous, Dominique Manotti.
Thriller (n° 12419) / Paru le 07/11/2018 / Prix : 5,00€

Six nouvelles pour le Prix Clara 2018

Six regards, six aventures, six ados : un recueil de nouvelles à découvrir !

Domi_C_Lire_prix_clara_2018_heloise_dormessonLe Prix Clara rĂ©compense chaque annĂ©e des adolescents pour des nouvelles Ă©crites sur une thĂ©matique prĂ©cise. Six nouvelles sont retenues, dont les auteurs ont moins de 18 ans, le recueil est publiĂ© par les Éditions HĂ©loĂŻse d’Ormesson, avec le soutien de diffĂ©rents organismes tels que la fondation La Poste, la fondation Orange, la SNCF, et l’accueil de la mairie de Paris pour la soirĂ©e de remise du prix. Comme chaque annĂ©e, cette remise de prix avait lieu Ă  la mairie de Paris. Dans le cadre somptueux des salons de l’hĂŽtel de ville, les jeunes talents de 2018 Ă©taient accueilli par ceux des annĂ©es prĂ©cĂ©dentes.

Le recueil de nouvelles est vendu au bĂ©nĂ©fice de l’ARCFA, Association pour la Recherche en Cardiologie du FƓtus Ă  l’Adulte.

Le Prix Clara 2018 est un recueil qui va encore vous surprendre et vous Ă©tonner par la qualitĂ© des Ă©crits, tout comme je le suis chaque annĂ©e d’ailleurs.

Thomas Carré : La nuit venait de tomber
Une dystopie
 dans un avenir incertain, les couples ont le droits de faire des enfants, mais pas celui de les Ă©lever. Face au trop grand nombre de divorces, causĂ©s pour la plupart par des soucis domestiques, comme par exemple la fatigue et les tracas liĂ©s Ă  l’éducation des enfants, le gouvernement a pris des mesure coercitives.. mais la population est-elle prĂȘte Ă  tout accepter ?

Rémi Courtois : La cabane
Un jeune garçon aime se promener dans la forĂȘt, lĂ  il tombe sur une cabane, ni extraordinaire, ni somptueuse, mais qui va lui permettre de s’évader de son quotidien
 mais est-il le seul Ă  connaĂźtre cette cabane ? Et si ce n’était pas le cas ?

Salomé Fabry : Le chant des pierres
Palmyre
 la citĂ© aujourd’hui dĂ©truite a un jour Ă©tait la somptueuse citĂ©e romaine, puis syrienne.. Ă  prĂ©sent citĂ© en ruine, ses pierres se souviennent, ses pierres chantent les jours passĂ©s, la beautĂ© et la destruction.

John Levy : RĂȘveries au large
James aime la voile, depuis toujours, et aujourd’hui il part faire le tour du monde, assistĂ© par des grands noms des traversĂ©es en solitaire
 Ă  bord, une carte postale reprĂ©sentant un tableau de Balthus, et une liste qu’il a Ă©tablie alors qu’il Ă©tait lycĂ©en, la liste de ses vƓux 
 de voyages en rĂȘveries, qu’est-il advenu de ces rĂȘves de jeunesse ?

Alexis Notarianni : Le souffleur de verre
Dans le village oĂč il passe ses vacances, l’enfant admire le travail patient et solitaire du souffleur de verre. La grĂące du geste, la finesse du travail, la force du feu et la beautĂ© des billes de verre tombĂ©es au sol.. mais va-t-il un jour oser lui parler ?

Timothée Peraldi : Influenceuse
Au collĂšge oĂč elle est une Ă©lĂšve plutĂŽt brillante, Audrey se trouve isolĂ©e car elle est la seule Ă  ne pas surfer sur les rĂ©seaux sociaux.. jusqu’au jour oĂč elle s’inscrit, Ă©crit, surfe, poste, influence des centaines de followers
 mais la vie, la vrai vie, oĂč est-elle ? Du cĂŽté des smartphones ou du cĂŽtĂ© des vivants ?

Ce que j’aime ? L’écriture, dĂ©jĂ  maitrisĂ©e, l’inspiration, si diverse, les mots, les sentiments, dĂ©crits par ces jeunes qui sont nos voix de demain
 peut-ĂȘtre aussi avoir l’impression de mieux les connaĂźtre Ă  travers ces mots qu’ils posent si justement sur les choses qui les entourent, sur leur quotidien, sur les sentiments, sur la vie, et qui parfois nous surprennent 
 nous faisant alors nous poser des questions sur ce que nous avons fait de ce monde-là !

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Catalogue Ă©diteur : HĂ©loĂŻse d’Ormesson

Avec eux, embarquez sur les ocĂ©ans, Ă©coutez le chant des pierres de Palmyre, admirez le savoir-faire ancestral d’un souffleur de verre, laissez-vous porter par une correspondance amoureuse et refusez le diktat des rĂ©seaux sociaux.

Avec profondeur et subtilitĂ©, humour et lĂ©gĂšretĂ©, rĂ©volte et insouciance, ces rĂ©cits sont les reflets d’un Ăąge oĂč l’affirmation de soi s’exprime Ă  travers le questionnement de l’actualitĂ©, la crĂ©ativitĂ©, l’originalitĂ© et la sensibilitĂ©. Ils ont entre 15 et 17 ans, rayonnent dĂ©jĂ  par leur talent, et nous invitent Ă  partager leurs doutes et leurs rĂȘves.

128 pages / 10€ / Paru le 8 novembre 2018 / ISBN : 978-2-35087-480-7 / Anne-Marie Bourgeois