Boréal, Sonja Delzongle

Au cƓur de la nuit polaire, suspense et noirceur sont au rendez-vous de BorĂ©al, le thriller Ă©cologique et fantastique de Sonja Delzongle.

couverture du roman Boréal de Sonja Delzongle chez Folio éditions

Janvier 2017, ils sont sept, hommes et femmes, sur le camp de la base Arctica prĂšs de ThulĂ© au Groenland, ce sont les meilleurs spĂ©cialistes du monde entier. Ils viennent Ă©tudier les consĂ©quences du rĂ©chauffement climatique et de la pollution sur l’inlandsis. Lorsqu’ils sortent faire leurs prĂ©lĂšvements et dĂ©couvrent un Ă©trange cimetiĂšre de glace dans lequel sont emprisonnĂ©s des dizaines de bƓufs musquĂ©s, il s’avĂšre indispensable d’appeler Luv Svenden Ă  la rescousse. Cette biologiste spĂ©cialisĂ©e en disparitions inexpliquĂ©es d’animaux peut les aider Ă  comprendre. Trop heureuse de fuir ses propres soucis, elle s’envole vers la base. Mais les recherches et les expĂ©riences ne se passent pas du tout comme prĂ©vu, les rencontres, puis les disparitions, vont faire exploser le groupe, les mener jusqu’au point de non-retour.

Sonja Delzongle prend le temps d’installer ses personnages, parcours, Ă©tudes, spĂ©cialitĂ©s, vies de chacun. Il faut un bon tiers du roman avant qu’ils ne convergent sur cet ilot perdu dans la nuit polaire. LĂ , ils sont directement plongĂ©s dans un milieu extrĂȘme, avec cette nuit quasi permanente qui rend fou mĂȘme les locaux et face Ă  laquelle chacun va rĂ©agir en fonction de sa culture et de ses rĂ©fĂ©rences. Et surtout de son parcours qui fait de chacun ce qu’il est.

Seront alors Ă©voquĂ©s des thĂšmes tels que parents, famille, mais aussi instinct maternel et paternitĂ©, perte d’un enfant, maladie
 Tout au long, l’auteur installe les situations, campe les choses, les met en attente et interroge ses lecteurs jusqu’au feu d’artifice final
Dans une atmosphĂšre pesante et glacĂ©e et malgrĂ© ces grands espaces, l’intrigue pesante, noire, violente et terrifiante se dĂ©roule en huis-clos.

Enfin, aprĂšs bien des Ă©vĂšnements, se posera la question de savoir si l’on peut vivre en sociĂ©tĂ© aprĂšs avoir vĂ©cu des expĂ©riences extraordinaires incomprĂ©hensibles par le commun des mortels, mĂȘme en Ă©tant le seul Ă  savoir ce que l’on a fait.

Un roman noir, trĂšs noir, enfin, blanc, trĂšs blanc perdu dans les Ă©tendues de glaces du Groenland. Il m’a manquĂ© peut-ĂȘtre quelques pages supplĂ©mentaires pour Ă©toffer le parcours de certains personnages et assoir leur crĂ©dibilité  Si Sonja Delzongle avoue qu’elle n’est jamais allĂ©e au Groenland, les recherches, mais surtout le talent et l’imagination de l’auteur font le travail ! Le lecteur s’y croirait presque. On est ici Ă  la limite de la science-fiction avec ce thriller Ă  la fois Ă©cologique et scientifique. De grands sujets de protection et de sauvegarde de la planĂšte sont Ă©voquĂ©s, rĂ©alistes au moins par les questions qu’ils soulĂšvent.

Souvenir de la rencontre avec Sonja Delzongle Ă  la librairie Le Divan

💙💙💙💙

Catalogue Ă©diteur : Folio, DenoĂ«l

Janvier 2017, au Groenland. LĂ , dans le sol gelĂ©, un Ɠil Ă©norme, globuleux, fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C’est ainsi que huit scientifiques partis en mission de reconnaissance dĂ©couvrent avec stupeur un bƓuf musquĂ© pris dans la glace. Puis un autre, et encore un autre. Autour d’eux, aussi loin que portent leurs lampes frontales, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetiĂšre.
Pour comprendre l’origine de cette hĂ©catombe, le chef de la mission fait appel Ă  Luv Svendsen, spĂ©cialiste de ces phĂ©nomĂšnes. EmpĂȘtrĂ©e dans une vie privĂ©e compliquĂ©e, et assez soulagĂ©e de pouvoir s’immerger dans le travail, Luv s’envole vers le Groenland. Ils sont maintenant neuf hommes et femmes, isolĂ©s dans la nuit polaire.
Le lendemain a lieu la premiĂšre disparition.

DenoĂ«l : 448 pages, 155 x 225 mm / ISBN : 9782207139141 / Parution : 08-03-2018 / Prix : 20,50 €

Folio : 512 pages, 108 x 178 mm / ISBN : 9782072840630 / Parution : 04-04-2019 / Prix : 8,40 € 

Le quartier des petits secrets, Sophie Horvath

Un joli roman qui fleure bon le bonheur, l’amitiĂ©, la bienveillance et le souci du prochain. Une bluette me direz-vous ? Que nenni, allez, on fonce lire « Le quartier des petits secrets Â» de Sophie Horvath, bloggeuse et auteur de ce premier roman.

Sur une petite place paisible de Bordeaux, quelques commerçants observent les passants, mais aussi leurs clients, dans une ambiance sereine et amicale. Il y a là Clémentine la fleuriste, Nicole qui tient le troquet de la place, monsieur Bouquin, la boutique de livres rares.

AprĂšs avoir abandonnĂ© ses trĂšs sĂ©rieuses Ă©tudes juridiques, ClĂ©mentine est devenue fleuriste. Sa famille bourgeoise apprĂ©cie mal ce changement, mais elle s’épanouit pleinement Ă  rĂ©aliser le bouquet idĂ©al qu’elle destine Ă  chacun de ses clients. Viviane, une gentille vieille dame qui s’échappe de sa maison de retraite, vient parfois dans sa boutique assouvir sa passion du jardinage. Mais depuis quelques jours, ClĂ©mentine ne la voit plus. InquiĂšte, elle part Ă  sa recherche. Sa quĂȘte ne fait alors que commencer, imprĂ©vue, Ă©tonnante. Car de fil en aiguille – ou de fleur en fleur, c’est selon –  ClĂ©mentine se lance finalement Ă  la recherche d’une fleur totalement inconnue des botanistes…

Merci Sophie de nous faire dĂ©couvrir et aimer tous ces personnages attachants et trĂšs humains. Nicole et son fils Benjamin, Hector et sa pensionnaire Viviane,  Bouquin et ses livres rares, avec leurs interrogations, leurs doutes et leurs failles bien enfouies au plus profond d’eux, leurs attentes et leurs rĂȘves secrets. Chacun Ă  sa façon va mettre au service des autres cette part d’humanitĂ© qui fait le savoir bien vivre tous ensemble.

Alors, roman optimiste et positif ? Oui, sans doute, mais pas seulement, car la surprise n’est pas forcĂ©ment celle que l’on attend. Le quartier des petits secrets nous montre aussi les travers et les chagrins des uns et des autres, dans ce microcosme aux personnalitĂ©s diverses et complĂ©mentaires, comme en miroir de nos propres nos vies.

Sophie Horvath est l’auteure du blog C’est quoi ce bazar ? Elle signe ici un premier roman qui procure Ă  ses lecteurs un bien agrĂ©able moment de lecture.

💙💙💙💙

Catalogue Ă©diteur : Flammarion

ClĂ©mentine est fleuriste Ă  Bordeaux, dans un quartier en retrait de l’effervescence urbaine. Sa plus proche amie, Nicole, tient le cafĂ© sur la place et, ensemble, elles s’amusent Ă  observer les habitudes de chacun. De cet homme qui commande exactement les mĂȘmes bouquets chaque semaine. De ce
 Lire la suite

Paru le 10/04/2019 / 208 pages – 136 x 210 mm / EAN : 9782756428796 / ISBN : 9782756428796

Le Soleil Ă©clipsĂ©. Claire Bonnotte

Le Soleil Ă©clipsĂ©. Le chĂąteau de Versailles sous l’Occupation, un excellent et trĂšs complet ouvrage Ă©crit par ​Claire Bonnotte

Ce chĂąteau symbole de la France, mais qui a Ă©galement Ă©tĂ© symbole de dĂ©faite pour les allemands, puisqu’on y a signĂ© deux armistices, ne pouvait qu’ĂȘtre une prise de guerre pour Hitler. Quand en 1940 Hitler envahi le chĂąteau, les jeux pourraient dĂ©jĂ  ĂȘtre fait, et les Ɠuvres dĂ©finitivement perdues, tant on sait le nombre d’Ɠuvres d’art qui ont transitĂ© par les trains vers l’Allemagne et les collections du Reich.

J’ai eu envie de comprendre comment on a imaginĂ© sauver des Ɠuvres, Ă  quel moment, pourquoi, et surtout qu’est-ce qui a fait qu’à moment donnĂ© on s’est dit qu’il fallait en enlever le plus possible du chĂąteau.

Ce que j’aime dans ce livre, l’alternance du rĂ©cit lui-mĂȘme, dense, complet, Ă©tayĂ©, et justement les extraits d’articles, de lettres, de documents, qui dĂ©montrent et allĂšgent en mĂȘme temps la lecture. Donnant aussi une dimension humaine Ă  l’action des hommes et des femmes qui ont rĂ©alisĂ© ce sauvetage !

Le travail rĂ©alisĂ© par ​Claire Bonnotte  semble pharaonique, le rĂ©sultat est passionnant, car peu commun. 

💙💙💙💙

Catalogue Ă©diteur : Ă©ditions VendĂ©miaire 

Le chĂąteau de Versailles et les Ă©ditions VendĂ©miaire publient Le Soleil Ă©clipsĂ©. Le chĂąteau de Versailles sous l’Occupation, un ouvrage qui dĂ©voile une pĂ©riode mĂ©connue de l’histoire du chĂąteau, celle de la Seconde Guerre mondiale. Un sujet rarement traitĂ© par les auteurs et les chercheurs.

Le chĂąteau du Roi-Soleil Ă  l‘ombre de l‘envahisseur nazi 

14 juin 1940. La Wehrmacht envahit le chĂąteau de Versailles. Par la portĂ©e symbolique de cet Ă©vĂ©nement, Hitler rĂ©alise son rĂȘve de revanche. DĂšs lors, et durant quatre annĂ©es, des milliers de soldats arpentent la galerie des Glaces, parcourent les jardins dessinĂ©s par Le NĂŽtre, tandis qu’alĂ©as climatiques, bombardements, pĂ©nuries, pillages et vandalisme mettent en pĂ©ril ce joyau national, et les derniers chefs-d’oeuvre qu’il abrite.
En prĂ©vision du pire, un vaste plan de protection avait Ă©tĂ© Ă©laborĂ© dĂšs les annĂ©es 1930. On camoufla Ă  partir de septembre 1939 tout ce qui pouvait l’ĂȘtre, Ă  commencer par le Grand Canal, entiĂšrement assĂ©chĂ©. Dans l’affolement de l’exode, on finit d’évacuer collections et dĂ©cors au sein de plusieurs chĂąteaux de province : Chambord, Brissac, Sourches, Serrant, Voré  La plupart de ces trĂ©sors survĂ©curent ainsi, « hors les murs », jusqu’à la fin du conflit. C’est un quotidien fait de craintes et d’espoirs que dĂ©voile cet ouvrage, au plus prĂšs d’une poignĂ©e d’hommes et de femmes, conscients de la nĂ©cessitĂ© absolue de prĂ©server un patrimoine unique.


L’auteur : DiplĂŽmĂ©e d’études supĂ©rieures de l’École du Louvre et docteur en histoire de l’art de l’UniversitĂ© Paris Nanterre, Claire Bonnotte a travaillĂ© Ă  l’Institut national d’Histoire de l’art de Paris avant d’intĂ©grer le service des expositions du chĂąteau de Versailles. Depuis 2017, elle a rejoint la conservation du musĂ©e comme collaboratrice scientifique. Elle a Ă©tudiĂ© plus de soixante-dix annĂ©es d’innombrables archives Ă  la fois françaises et allemandes, permettant aujourd’hui de restituer les Ă©vĂšnements survenus dans l’ancienne rĂ©sidence des Rois de France et le devenir de ses collections notamment sous l’Occupation allemande.

368 pages + 12 pages illustrĂ©es ‱ 23 euros / 978-2-36358-283-6 / En librairie le 7 juin 2018 

La mer monte, Aude Le Corff

Dans ce roman Ă  la fois intimiste et lanceur d’alerte Ă©cologique, entre espoir et profonde dĂ©sillusion, Aude Le Corff interroge avec intelligence l’avenir de la planĂšte.

Depuis que la terre a connu de grandes catastrophes climatiques, les gouvernants des pays dĂ©veloppĂ©s ont pris des mesures drastiques pour tenter d’enrayer l’évolution du dĂ©rĂšglement. En  2042, dans son appartement parisien et sa vie totalement connectĂ©s, Lisa n’a plus vraiment de latitude, tout est rĂ©glĂ©, prĂ©cis, fait pour qu’elle vive au mieux. Ne pas prendre trop de poids pour une meilleure santĂ©, un peu d’exercice programmĂ© chaque jour, plus personne ne peut souffrir de solitude puisque mĂȘme l’ascenseur s’adresse Ă  vous en rentrant. Et l’on retrouve Ă  la maison un animal de compagnie qui a tout du Tamagotchi des annĂ©es 2000. Enfin, dans le ciel, des drones surveillent les habitants qui pourraient ĂȘtre tentĂ©s de sortir de ces normes Ă©dictĂ©es pour le bien commun par une sociĂ©tĂ© bienpensante. Chaque individu a mĂȘme un interlocuteur virtuel qui lui indique toutes les donnĂ©es personnelles enregistrĂ©es chaque jour, en particulier pour sa santĂ©.

Bien Ă©videmment, les habitants ne peuvent ĂȘtre que satisfaits de savoir que tout va bien pour eux, qu’ils sont dans le droit chemin vers une meilleure santĂ©, sĂ©rĂ©nitĂ©, bonheur, tout est programmĂ© pour leur plus grand bien
 Et si c’était au contraire trop triste une vie formatĂ©e, sans surprise, sans excĂšs, sans dĂ©rapage.

En se basant sur des dĂ©couvertes ou recherches actuelles, l’auteur invente le monde connectĂ© que l’on nous promet chaque jour, le frigo qui commande tout seul, les informations mĂ©dicales transmises automatiquement aux mĂ©decins virtuels consultĂ©s Ă  travers des Ă©crans, les plats tout prĂȘts livrĂ©s directement
 on n’est pas si loin de ce monde dans lequel Ă©volue Lisa. Tout cela sur fond de catastrophe climatique avec une chaleur Ă©crasante, un manque d’eau, un bouleversement des cĂŽtes maritimes avec la montĂ©e tant annoncĂ©e du niveau de la mer et la disparition des terres, les flux de migrants climatiques.

Un jour Lisa dĂ©cide de lire les journaux intimes de sa mĂšre pour tenter de comprendre ce qui a bouleversĂ© sa vie dans ses annĂ©es de jeunesse. Elle dĂ©couvre le dĂ©part du fiancĂ© tant aimĂ©, sa disparition soudaine et inexpliquĂ©e, disparition a meurtri sa mĂšre de façon indĂ©lĂ©bile. Lisa dĂ©cide de mener une enquĂȘte avec les moyens des annĂ©es 2042, et tente de savoir pourquoi il est parti. Cette recherche dans le passĂ© apporte un profond sentiment d’humanitĂ© dans ce monde dĂ©solĂ© et aseptisĂ© dans lequel elle Ă©volue.

En mĂȘlant ces deux Ă©poques, et en confrontant les bouleversements de l’intime aux bouleversements climatiques inĂ©luctables qui ont transformĂ© la vie des terriens, Aude le Corff nous pousse Ă  nous interroger sur l’avenir de notre planĂšte. Sur ce que nous souhaitons ou risquons d’en faire si nous continuons au mĂȘme rythme. Il s’agit de ce que des parents transmettent Ă  leurs enfants, mais aussi de cette terre, ce patrimoine si fragile que nous devons transmettre Ă  nos enfants. Alors mĂȘme si les Thrillers Ă©cologiques, ces romans qui font la part belle aux problĂ©matiques sociales et environnementales, fleurissent de plus en plus, ici le sujet est trĂšs habilement menĂ© jusqu’au bout, pour le plus grand plaisir du lecteur.

💙💙💙💙

Catalogue Ă©diteur : Stock

Lisa vit seule Ă  Paris dans un appartement connectĂ©. Dehors, le chant des cigales est aussi accablant que la chaleur, les drones filent entre les immeubles et surveillent les habitants, des crĂ©atures virtuelles parlent aux piĂ©tons. Nous sommes en 2042. Des catastrophes naturelles ont frappĂ© le monde, forçant les dirigeants Ă  entamer une transition Ă©cologique radicale. La jeune femme participe Ă  cette nouvelle sociĂ©tĂ© mais aspire Ă  plus de libertĂ©. Quant Ă  Laure, sa mĂšre, elle cherche des remĂšdes Ă  son anxiĂ©tĂ©. Depuis l’enfance, Lisa s’interroge. Quel Ă©vĂšnement a bouleversĂ© sa mĂšre dans les annĂ©es 90 ? Pourquoi un tel silence autour ? Le journal de Laure et l’enquĂȘte de Lisa en dĂ©voileront peu Ă  peu les clĂ©s.

Parution : 13/03/2019 / 252 pages / Format : 135 x 215 mm / EAN : 9782234087187 / Prix : 19.50 €

Une histoire des abeilles, Maja Lunde

Dans le roman de Maja Lunde « Une histoire des abeilles » il y a trois Ă©poques, et surtout la survie d’une planĂšte aux mains des hommes et 
 des abeilles.

Du passĂ©, avec  William, en Angleterre en 1851, au prĂ©sent, avec George dans l’Ohio en 2007, puis dans un futur pas si proche avec Tao, en Chine, en 2098, nous suivons trois familles dans leur rapport quotidien aux abeilles.

William va d’échec en Ă©chec, Ă  la tĂȘte d’une famille de sept filles, pĂšre malgrĂ© lui par lĂąchetĂ© ou par ennui, cet ancien Ă©tudiant brillant et prometteur s’est laissĂ© submerger par le quotidien, abandonnant trop vite ses rĂȘves d’idĂ©al. Jusqu’au jour oĂč, aprĂšs une longue dĂ©pression, il s’éveille Ă  la vie lorsqu’il s’intĂ©resse au sort des abeilles. Soucieux de comprendre la façon dont elles pourraient ĂȘtre domestiquĂ©es, ou du moins utilisĂ©es de façon optimale pour elles comme pour l’homme, il invente un modĂšle de ruche quasi parfait, mais il n’est pas le seul Ă  y avoir pensé .

George est un apiculteur heureux. S’il ne s’est jamais dĂ©cidĂ© Ă  exploiter les abeilles de façon quasi industrielle, il a pourtant bien rĂ©ussi Ă  faire croitre et multiplier les ruches. Et compte sur son fils, encore Ă©tudiant, pour reprendre la ferme, mĂȘme si tout chez ce dernier dĂ©montre qu’il n’en a pas vraiment envie. Mais c’est sans compter sur le Colony Collapse Disorder – Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles, le CCD –  qui vient dĂ©cimer ses ruches et anĂ©antir des annĂ©es de travail.

Enfin, Tao, son mari et leur fils unique vivent en Chine. LĂ , comme c’est dĂ©jĂ  le cas aujourd’hui dans le Sichuan, des « Hommes-abeilles » pollinisent les vergers Ă  la main. Car les abeilles ont dĂ©sertĂ© la planĂšte depuis longtemps et sans cette pollinisation manuelle mĂ©ticuleuse et fastidieuse rĂ©alisĂ©e par des hommes et des femmes quasiment maintenus en esclavage, la planĂšte est vouĂ©e Ă  l’extinction. Pas d’abeille pas de fleurs, pas de pollen pas de fruits, etc
  Jusqu’au jour oĂč leur fils a un accident incomprĂ©hensible. Tao veut alors comprendre


VoilĂ  un Ă©tonnant roman Ă©cologiste qui interroge brillamment sur ce que l’homme fait, dĂ©truit, ou au contraire protĂšge, sauvegarde. Avec des passages trĂšs didactiques qui nous enseignement en quelques mots les principes de l’apiculture, les spĂ©cificitĂ©s des colonies d’abeilles
 Qui nous apprend aussi qu’une abeille sauvage ne pourra jamais ĂȘtre domestiquĂ©e et qu’il est temps d’arrĂȘter de polluer la planĂšte avec toutes sortes de pesticides violents et dĂ©vastateurs. Il est temps de sauver ce qui peut l’ĂȘtre.

Une histoire des abeilles est un roman trĂšs agrĂ©able Ă  lire. Et mĂȘme si parfois j’aurais aimĂ© suivre un peu plus l’une ou l’autre des Ă©poques, le passage de l’une Ă  l’autre se fait aisĂ©ment. L’auteur nous permet de mieux apprĂ©hender les catastrophes annoncĂ©es si l’on n’y prend pas garde. A la fois instructif et Ă©mouvant, en fil rouge une intrigue maintient en Ă©veil l’intĂ©rĂȘt du lecteur avec l’enquĂȘte menĂ©e par Tao dans un monde oĂč la population se meurt sans les abeilles.

💙💙💙💙

Catalogue Ă©diteur : Pocket et Presses de la CitĂ©

Loup-MaĂ«lle BESANÇON (Traducteur)

Un triptyque Ă©cologiste qui raconte l’amour filial Ă  travers le destin des abeilles. 

Unes, et pourtant plusieurs. Dangereuses, mais sources de vie, les abeilles garantissent l’espoir du monde.
William, George, Tao
 Chacun, Ă  sa maniĂšre, nourrit avec ces incroyables insectes une relation privilĂ©giĂ©e. Chacun, Ă  son Ă©poque, rĂȘve de changer l’avenir, d’offrir Ă  ses enfants des lendemains meilleurs. D’inventer, de transmettre ce qu’il sait
 ou croit savoir. Car les abeilles disparaissent, inĂ©luctablement, et dans l’indiffĂ©rence.
Victimes de notre espĂšce, elles en seront, peut-ĂȘtre, le salut


NĂ©e en 1975 Ă  Oslo, Maja Lunde a Ă©crit des scĂ©narios et des livres pour la jeunesse avant de se lancer dans la rĂ©daction d’Une histoire des abeilles, son premier roman pour adultes, best-seller en NorvĂšge et en Allemagne, et en cours de traduction dans une trentaine d’autres pays.

Date de parution : 16/08/2018 / EAN : 9782266284356 / POCHE / Nombre de pages : 448 / Format : 108 x 177 mm

Que faire Ă  Chartres ?

Aller voir la maison Picassiette !

Une fois que vous aurez visitĂ© la cathĂ©drale bien sĂ»r ! Ce havre de paix exceptionnel qui me fait toujours le mĂȘme effet Ă  chaque visite. Marcher sur ce sol mille fois piĂ©tinĂ© au fil du temps, admirer les vitraux, et vivre un moment suspendu empli d’une grande sĂ©rĂ©nitĂ©.

Si je n’ai encore jamais eu l’occasion de visiter la maison du facteur Cheval, mes pas m’ont portĂ©e vers un lieu sans doute moins emblĂ©matique de Chartres,  la maison Picassiette !

Picassiette ou l’art brut ? Qui a dit qu’il ne fallait pas casser la vaisselle ! Car voyez, Raymond Isidore a su faire son Ɠuvre des dĂ©chets communs, qu’il a triĂ©, sĂ©lectionnĂ©, valorisĂ© Ă  sa façon. NĂ© Ă  Chartres le 8 septembre 1900, issu d’un milieu modeste, il achĂšte en 1929 le terrain au 22 rue du Repos, dans le quartier chartrain de Saint-ChĂ©ron oĂč il s’installe avec sa femme Adrienne Dousset.

Toute sa vie, Raymond Isidore ramasse des petits bouts de verre ou des dĂ©bris, morceaux de vaisselle brisĂ©e, verre, faĂŻences et bien sĂ»r quelques assiettes (on s’amuse  Ă  l’occasion de la visite Ă  tenter de reconnaitre les provenances de certaines faĂŻences rĂ©gionales).

Lorsqu’il se promĂšne, il sait regarder puis ramasser ces morceaux de faĂŻence qu’il transforme en mosaĂŻques dans l’idĂ©e d’embellir sa maison-Ɠuvre si singuliĂšre. Peu Ă  peu, il en pose sur chaque recoin, Ă  l’intĂ©rieur comme Ă  l’extĂ©rieur, aucune barriĂšre n’arrĂȘte sa crĂ©ativitĂ© dĂ©bordante ! Il couvre tout, sol et murs, objets et meubles, le jardin n’échappe pas Ă  l’artiste autodidacte mais passionnĂ©. Il devra mĂȘme acheter un terrain supplĂ©mentaire pour laisser pendant plus de vingt-cinq ans libre cours Ă  son imagination : jardin, chapelle, maison d’étĂ© !

On ne peut qu’ĂȘtre Ă©baubi devant ses rĂ©alisations ! DiversitĂ© des formes et des sujets, nombre foisonnant jusqu’au vertige, et tenter d’imaginer le travail de fourmi rĂ©alisĂ© par cet homme tout au long de sa vie.

Le regard ne sait pas oĂč se poser, l’Ɠil en tournerait presque de l’Ɠil et nous avec, tant il y a Ă  voir et Ă  dĂ©couvrir
l’imagination est au pouvoir ! Le visiteur cherche Ă  comprendre, Ă  dĂ©chiffrer. Mais qu’importe, laissons-nous porter, acceptons le mystĂšre, la folie, l’art sous cette forme, car c’est forcĂ©ment de l’art !

Raymond Isidore commence ce travail (en est-ce un ?) en 1938. Il ne l’interrompt qu’en 1962, peu de temps avant sa mort en 1964.

Mais alors
 Non, ne me dites pas que dĂšs demain vous allez garder la vieille assiette de grand-mĂšre qui vient de se briser,  les morceaux de verre colorĂ©s trouvĂ©s sur la plage, ou mĂȘme l’affreux vase de belle-maman que vous venez malencontreusement de laisser tomber, et bien d’autres encore, pour en faire quelques jolies mosaĂŻques ? Attention, l’esprit Picassiette est peut-ĂȘtre contagieux !

Maison Picassiette, 22, rue du Repos, Chartres.

La maison Picassiette acquise pas la Ville de Chartres en 1981 est classée monument historique depuis 1983.

En aoĂ»t : du lundi au samedi de 10 Ă  18 heures. FermĂ© le mardi. Le dimanche de 14 Ă  18 heures. En septembre : du lundi au samedi, de 10 heures Ă  12 h 30 et de 14 Ă  18 heures. FermĂ© le mardi. Le dimanche de 14 Ă  18 heures. TĂ©l. 02.37.34.10.78.

Retrouvez des idées de visite avec les articles Que faire à ?

TĂȘte de tambour, Sol Elias

La schizophrĂ©nie, une dĂ©flagration ? DĂ©lire, souffrance, diffĂ©rence, Sol Elias dĂ©crit magistralement la maladie, et la lecture de « TĂȘte de tambour » ne laisse pas ses lecteurs indiffĂ©rents.

Il voudrait ĂȘtre comme les autres, mais Manuel sait qu’il est diffĂ©rent. Il en veut Ă  la vie d’ĂȘtre autrement, Ă  ses parents qui l’ont laissĂ© naitre, Ă  la maladie qui ne l’a pas emportĂ© enfant, Ă  sa famille de ne pas le comprendre, Ă  la mort qui ne veut pas de lui. Difficile alors de s’aimer et de s’accepter face Ă  tant de luciditĂ©. Il est neurasthĂ©nique tendance psychotique, selon sa mĂšre, schizophrĂšne selon le mĂ©decin, quand enfin il comprend pourquoi Manuel est aussi singulier, fatiguĂ©, apeurĂ©, excitĂ©, violent mĂȘme.
Il est Manuel, il est AnaĂ«l, il devient cette tĂȘte de Tambour dans laquelle sonnent toutes les cloches de la terre, annonciatrices de douleur et de chagrin.

Les chapitres alternent avec les rĂ©cits d’AnaĂ«l, Manuel, Soledad. Le lecteur met quelques chapitres pour comprendre le rĂŽle de chacun et ce que chacun exprime de la complexitĂ© des relations dans une famille, une fratrie.

Ces diffĂ©rents personnages nous interpellent tour Ă  tour
 D’abord AnaĂ«l, que l’on suit dans ses frasques avec les copains si peu frĂ©quentables tout au long des annĂ©es 70. Ses parents, Bonnie la mĂšre qui ne sait pas comment faire pour contenter ce petit qui la dĂ©route, le pĂšre qui n’en peut plus, le seul Ă  travailler pour nourrir un famille et un fils impossible Ă  maitriser. Sa sƓur Ana-Sol et plus tard son mari, leur fille Soledad. Puis Manuel. Ou faut-il dire avant tout Manuel, car tout au long de sa vie il est conscient de sa maladie, de ses diffĂ©rences. Et mĂȘme lorsque sa tĂȘte explose, que la douleur le saisit, il rĂ©dige un roman dont le hĂ©ros est AnaĂ«l, ce double dont il Ă©crit la vie sur une multitude de petits bouts de papiers, Ă©parpillĂ©s, tourmentĂ©s, illisibles, comme sa « tĂȘte pourrie » sans doute.

Soledad est la seule qui, enfant, posait sur Manuel un regard Ă©gal, sans Ă  priori, comme seuls sont capables de le faire les enfants. C’est Ă  elle que Manuel lĂšgue sa vie entassĂ©e dans des sacs emplis de petits papiers qui pĂšsent tellement lourds dans sa vie. Car lorsqu’elle dĂ©cide de les dĂ©chiffrer, Soledad est enceinte, se pose alors la question de l’hĂ©rĂ©ditĂ©, de la transmission possible d’un gĂšne toxique.

Roman Ă©tonnant, inspirĂ© par l’oncle de l’auteur, qui dĂ©crit avec une certaine violence mais une grande vĂ©racitĂ© le poids Ă©crasant d’une hĂ©rĂ©ditĂ© incomprĂ©hensible et mĂ©connue de la schizophrĂ©nie ou de la maladie. Il y a aussi ces questionnements paralysants et pourtant vraisemblables : si je fais un enfant moi aussi, comment sera-t-il ? La vĂ©racitĂ© des sentiments et du dĂ©sespoir intime, Ă  la fois chez le malade et son entourage, qui transpire de ces lignes en fait un texte particuliĂšrement Ă©mouvant et touchant.

💙💙💙💙

Catalogue Ă©diteur : Rivages

« J’avais jetĂ© le charbon ardent de la discorde dans la plaine de leur affliction, la plaine tapissĂ©e d’un maquis dru et sec qui prenait feu comme de la paille. BientĂŽt ce serait le dĂ©sastre… »
Dans ce rĂ©cit bouleversant, l’auteur nous plonge dans les affres de la psychose et explore la complexitĂ© des relations filiales et le poids de l’hĂ©rĂ©ditĂ©. Un premier roman coup de poing qui s’empare d’un sujet sensible et peu abordĂ© en littĂ©rature, la schizophrĂ©nie, pour redonner leur humanitĂ© Ă  ceux que l’on en prive.

ISBN : 978-2-7436-4600-4 / EAN : 9782743646004 / Parution : janvier, 2019 / 200 pages / Format : 4.0 x 20.5 / Prix : 18,00€