Boréal, Sonja Delzongle

Au cœur de la nuit polaire, suspense et noirceur sont au rendez-vous de Boréal, le thriller écologique et fantastique de Sonja Delzongle.

couverture du roman Boréal de Sonja Delzongle chez Folio éditions

Janvier 2017, ils sont sept, hommes et femmes, sur le camp de la base Arctica près de Thulé au Groenland, ce sont les meilleurs spécialistes du monde entier. Ils viennent étudier les conséquences du réchauffement climatique et de la pollution sur l’inlandsis. Lorsqu’ils sortent faire leurs prélèvements et découvrent un étrange cimetière de glace dans lequel sont emprisonnés des dizaines de bÅ“ufs musqués, il s’avère indispensable d’appeler Luv Svenden à la rescousse. Cette biologiste spécialisée en disparitions inexpliquées d’animaux peut les aider à comprendre. Trop heureuse de fuir ses propres soucis, elle s’envole vers la base. Mais les recherches et les expériences ne se passent pas du tout comme prévu, les rencontres, puis les disparitions, vont faire exploser le groupe, les mener jusqu’au point de non-retour.

Sonja Delzongle prend le temps d’installer ses personnages, parcours, études, spécialités, vies de chacun. Il faut un bon tiers du roman avant qu’ils ne convergent sur cet ilot perdu dans la nuit polaire. Là, ils sont directement plongés dans un milieu extrême, avec cette nuit quasi permanente qui rend fou même les locaux et face à laquelle chacun va réagir en fonction de sa culture et de ses références. Et surtout de son parcours qui fait de chacun ce qu’il est.

Seront alors évoqués des thèmes tels que parents, famille, mais aussi instinct maternel et paternité, perte d’un enfant, maladie… Tout au long, l’auteur installe les situations, campe les choses, les met en attente et interroge ses lecteurs jusqu’au feu d’artifice final…Dans une atmosphère pesante et glacée et malgré ces grands espaces, l’intrigue pesante, noire, violente et terrifiante se déroule en huis-clos.

Enfin, après bien des évènements, se posera la question de savoir si l’on peut vivre en société après avoir vécu des expériences extraordinaires incompréhensibles par le commun des mortels, même en étant le seul à savoir ce que l’on a fait.

Un roman noir, très noir, enfin, blanc, très blanc perdu dans les étendues de glaces du Groenland. Il m’a manqué peut-être quelques pages supplémentaires pour étoffer le parcours de certains personnages et assoir leur crédibilité… Si Sonja Delzongle avoue qu’elle n’est jamais allée au Groenland, les recherches, mais surtout le talent et l’imagination de l’auteur font le travail ! Le lecteur s’y croirait presque. On est ici à la limite de la science-fiction avec ce thriller à la fois écologique et scientifique. De grands sujets de protection et de sauvegarde de la planète sont évoqués, réalistes au moins par les questions qu’ils soulèvent.

Souvenir de la rencontre avec Sonja Delzongle à la librairie Le Divan

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Catalogue éditeur : Folio, Denoël

Janvier 2017, au Groenland. Là, dans le sol gelé, un œil énorme, globuleux, fixe le ciel. On peut y lire une peur intense. C’est ainsi que huit scientifiques partis en mission de reconnaissance découvrent avec stupeur un bœuf musqué pris dans la glace. Puis un autre, et encore un autre. Autour d’eux, aussi loin que portent leurs lampes frontales, des centaines de cadavres sont prisonniers du permafrost devenu un immense cimetière.
Pour comprendre l’origine de cette hécatombe, le chef de la mission fait appel à Luv Svendsen, spécialiste de ces phénomènes. Empêtrée dans une vie privée compliquée, et assez soulagée de pouvoir s’immerger dans le travail, Luv s’envole vers le Groenland. Ils sont maintenant neuf hommes et femmes, isolés dans la nuit polaire.
Le lendemain a lieu la première disparition.

Denoël : 448 pages, 155 x 225 mm / ISBN : 9782207139141 / Parution : 08-03-2018 / Prix : 20,50 €

Folio : 512 pages, 108 x 178 mm / ISBN : 9782072840630 / Parution : 04-04-2019 / Prix : 8,40 € 

Le quartier des petits secrets, Sophie Horvath

Un joli roman qui fleure bon le bonheur, l’amitié, la bienveillance et le souci du prochain. Une bluette me direz-vous ? Que nenni, allez, on fonce lire « Le quartier des petits secrets Â» de Sophie Horvath, bloggeuse et auteur de ce premier roman.

Sur une petite place paisible de Bordeaux, quelques commerçants observent les passants, mais aussi leurs clients, dans une ambiance sereine et amicale. Il y a là Clémentine la fleuriste, Nicole qui tient le troquet de la place, monsieur Bouquin, la boutique de livres rares.

Après avoir abandonné ses très sérieuses études juridiques, Clémentine est devenue fleuriste. Sa famille bourgeoise apprécie mal ce changement, mais elle s’épanouit pleinement à réaliser le bouquet idéal qu’elle destine à chacun de ses clients. Viviane, une gentille vieille dame qui s’échappe de sa maison de retraite, vient parfois dans sa boutique assouvir sa passion du jardinage. Mais depuis quelques jours, Clémentine ne la voit plus. Inquiète, elle part à sa recherche. Sa quête ne fait alors que commencer, imprévue, étonnante. Car de fil en aiguille – ou de fleur en fleur, c’est selon –  Clémentine se lance finalement à la recherche d’une fleur totalement inconnue des botanistes…

Merci Sophie de nous faire découvrir et aimer tous ces personnages attachants et très humains. Nicole et son fils Benjamin, Hector et sa pensionnaire Viviane,  Bouquin et ses livres rares, avec leurs interrogations, leurs doutes et leurs failles bien enfouies au plus profond d’eux, leurs attentes et leurs rêves secrets. Chacun à sa façon va mettre au service des autres cette part d’humanité qui fait le savoir bien vivre tous ensemble.

Alors, roman optimiste et positif ? Oui, sans doute, mais pas seulement, car la surprise n’est pas forcément celle que l’on attend. Le quartier des petits secrets nous montre aussi les travers et les chagrins des uns et des autres, dans ce microcosme aux personnalités diverses et complémentaires, comme en miroir de nos propres nos vies.

Sophie Horvath est l’auteure du blog C’est quoi ce bazar ? Elle signe ici un premier roman qui procure à ses lecteurs un bien agréable moment de lecture.

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Catalogue éditeur : Flammarion

Clémentine est fleuriste à Bordeaux, dans un quartier en retrait de l’effervescence urbaine. Sa plus proche amie, Nicole, tient le café sur la place et, ensemble, elles s’amusent à observer les habitudes de chacun. De cet homme qui commande exactement les mêmes bouquets chaque semaine. De ce… Lire la suite

Paru le 10/04/2019 / 208 pages – 136 x 210 mm / EAN : 9782756428796 / ISBN : 9782756428796

Le Soleil éclipsé. Claire Bonnotte

Le Soleil éclipsé. Le château de Versailles sous l’Occupation, un excellent et très complet ouvrage écrit par ​Claire Bonnotte

Ce château symbole de la France, mais qui a également été symbole de défaite pour les allemands, puisqu’on y a signé deux armistices, ne pouvait qu’être une prise de guerre pour Hitler. Quand en 1940 Hitler envahi le château, les jeux pourraient déjà être fait, et les œuvres définitivement perdues, tant on sait le nombre d’œuvres d’art qui ont transité par les trains vers l’Allemagne et les collections du Reich.

J’ai eu envie de comprendre comment on a imaginé sauver des œuvres, à quel moment, pourquoi, et surtout qu’est-ce qui a fait qu’à moment donné on s’est dit qu’il fallait en enlever le plus possible du château.

Ce que j’aime dans ce livre, l’alternance du récit lui-même, dense, complet, étayé, et justement les extraits d’articles, de lettres, de documents, qui démontrent et allègent en même temps la lecture. Donnant aussi une dimension humaine à l’action des hommes et des femmes qui ont réalisé ce sauvetage !

Le travail réalisé par ​Claire Bonnotte  semble pharaonique, le résultat est passionnant, car peu commun. 

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Catalogue éditeur : éditions Vendémiaire 

Le château de Versailles et les éditions Vendémiaire publient Le Soleil éclipsé. Le château de Versailles sous l’Occupation, un ouvrage qui dévoile une période méconnue de l’histoire du château, celle de la Seconde Guerre mondiale. Un sujet rarement traité par les auteurs et les chercheurs.

Le château du Roi-Soleil à l‘ombre de l‘envahisseur nazi 

14 juin 1940. La Wehrmacht envahit le château de Versailles. Par la portée symbolique de cet Ã©vénement, Hitler réalise son rêve de revanche. Dès lors, et durant quatre années, des milliers de soldats arpentent la galerie des Glaces, parcourent les jardins dessinés par Le Nôtre, tandis qu’aléas climatiques, bombardements, pénuries, pillages et vandalisme mettent en péril ce joyau national, et les derniers chefs-d’oeuvre qu’il abrite.
En prévision du pire, un vaste plan de protection avait été élaboré dès les années 1930. On camoufla Ã  partir de septembre 1939 tout ce qui pouvait l’être, à commencer par le Grand Canal, entièrement asséché. Dans l’affolement de l’exode, on finit d’évacuer collections et décors au sein de plusieurs châteaux de province : Chambord, Brissac, Sourches, Serrant, Voré… La plupart de ces trésors survécurent ainsi, « hors les murs », jusqu’à la fin du conflit. C’est un quotidien fait de craintes et d’espoirs que dévoile cet ouvrage, au plus près d’une poignée d’hommes et de femmes, conscients de la nécessité absolue de préserver un patrimoine unique.


L’auteur : Diplômée d’études supérieures de l’École du Louvre et docteur en histoire de l’art de l’Université Paris Nanterre, Claire Bonnotte a travaillé à l’Institut national d’Histoire de l’art de Paris avant d’intégrer le service des expositions du château de Versailles. Depuis 2017, elle a rejoint la conservation du musée comme collaboratrice scientifique. Elle a étudié plus de soixante-dix années d’innombrables archives à la fois françaises et allemandes, permettant aujourd’hui de restituer les évènements survenus dans l’ancienne résidence des Rois de France et le devenir de ses collections notamment sous l’Occupation allemande.

368 pages + 12 pages illustrées • 23 euros / 978-2-36358-283-6 / En librairie le 7 juin 2018 

La mer monte, Aude Le Corff

Dans ce roman à la fois intimiste et lanceur d’alerte écologique, entre espoir et profonde désillusion, Aude Le Corff interroge avec intelligence l’avenir de la planète.

Depuis que la terre a connu de grandes catastrophes climatiques, les gouvernants des pays développés ont pris des mesures drastiques pour tenter d’enrayer l’évolution du dérèglement. En  2042, dans son appartement parisien et sa vie totalement connectés, Lisa n’a plus vraiment de latitude, tout est réglé, précis, fait pour qu’elle vive au mieux. Ne pas prendre trop de poids pour une meilleure santé, un peu d’exercice programmé chaque jour, plus personne ne peut souffrir de solitude puisque même l’ascenseur s’adresse à vous en rentrant. Et l’on retrouve à la maison un animal de compagnie qui a tout du Tamagotchi des années 2000. Enfin, dans le ciel, des drones surveillent les habitants qui pourraient être tentés de sortir de ces normes édictées pour le bien commun par une société bienpensante. Chaque individu a même un interlocuteur virtuel qui lui indique toutes les données personnelles enregistrées chaque jour, en particulier pour sa santé.

Bien évidemment, les habitants ne peuvent être que satisfaits de savoir que tout va bien pour eux, qu’ils sont dans le droit chemin vers une meilleure santé, sérénité, bonheur, tout est programmé pour leur plus grand bien… Et si c’était au contraire trop triste une vie formatée, sans surprise, sans excès, sans dérapage.

En se basant sur des découvertes ou recherches actuelles, l’auteur invente le monde connecté que l’on nous promet chaque jour, le frigo qui commande tout seul, les informations médicales transmises automatiquement aux médecins virtuels consultés à travers des écrans, les plats tout prêts livrés directement… on n’est pas si loin de ce monde dans lequel évolue Lisa. Tout cela sur fond de catastrophe climatique avec une chaleur écrasante, un manque d’eau, un bouleversement des côtes maritimes avec la montée tant annoncée du niveau de la mer et la disparition des terres, les flux de migrants climatiques.

Un jour Lisa décide de lire les journaux intimes de sa mère pour tenter de comprendre ce qui a bouleversé sa vie dans ses années de jeunesse. Elle découvre le départ du fiancé tant aimé, sa disparition soudaine et inexpliquée, disparition a meurtri sa mère de façon indélébile. Lisa décide de mener une enquête avec les moyens des années 2042, et tente de savoir pourquoi il est parti. Cette recherche dans le passé apporte un profond sentiment d’humanité dans ce monde désolé et aseptisé dans lequel elle évolue.

En mêlant ces deux époques, et en confrontant les bouleversements de l’intime aux bouleversements climatiques inéluctables qui ont transformé la vie des terriens, Aude le Corff nous pousse à nous interroger sur l’avenir de notre planète. Sur ce que nous souhaitons ou risquons d’en faire si nous continuons au même rythme. Il s’agit de ce que des parents transmettent à leurs enfants, mais aussi de cette terre, ce patrimoine si fragile que nous devons transmettre à nos enfants. Alors même si les Thrillers écologiques, ces romans qui font la part belle aux problématiques sociales et environnementales, fleurissent de plus en plus, ici le sujet est très habilement mené jusqu’au bout, pour le plus grand plaisir du lecteur.

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Catalogue éditeur : Stock

Lisa vit seule à Paris dans un appartement connecté. Dehors, le chant des cigales est aussi accablant que la chaleur, les drones filent entre les immeubles et surveillent les habitants, des créatures virtuelles parlent aux piétons. Nous sommes en 2042. Des catastrophes naturelles ont frappé le monde, forçant les dirigeants à entamer une transition écologique radicale. La jeune femme participe à cette nouvelle société mais aspire à plus de liberté. Quant à Laure, sa mère, elle cherche des remèdes à son anxiété. Depuis l’enfance, Lisa s’interroge. Quel évènement a bouleversé sa mère dans les années 90 ? Pourquoi un tel silence autour ? Le journal de Laure et l’enquête de Lisa en dévoileront peu à peu les clés.

Parution : 13/03/2019 / 252 pages / Format : 135 x 215 mm / EAN : 9782234087187 / Prix : 19.50 €

Une histoire des abeilles, Maja Lunde

Dans le roman de Maja Lunde « Une histoire des abeilles » il y a trois époques, et surtout la survie d’une planète aux mains des hommes et … des abeilles.

Du passé, avec  William, en Angleterre en 1851, au présent, avec George dans l’Ohio en 2007, puis dans un futur pas si proche avec Tao, en Chine, en 2098, nous suivons trois familles dans leur rapport quotidien aux abeilles.

William va d’échec en échec, à la tête d’une famille de sept filles, père malgré lui par lâcheté ou par ennui, cet ancien étudiant brillant et prometteur s’est laissé submerger par le quotidien, abandonnant trop vite ses rêves d’idéal. Jusqu’au jour où, après une longue dépression, il s’éveille à la vie lorsqu’il s’intéresse au sort des abeilles. Soucieux de comprendre la façon dont elles pourraient être domestiquées, ou du moins utilisées de façon optimale pour elles comme pour l’homme, il invente un modèle de ruche quasi parfait, mais il n’est pas le seul à y avoir pensé….

George est un apiculteur heureux. S’il ne s’est jamais décidé à exploiter les abeilles de façon quasi industrielle, il a pourtant bien réussi à faire croitre et multiplier les ruches. Et compte sur son fils, encore étudiant, pour reprendre la ferme, même si tout chez ce dernier démontre qu’il n’en a pas vraiment envie. Mais c’est sans compter sur le Colony Collapse Disorder – Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles, le CCD –  qui vient décimer ses ruches et anéantir des années de travail.

Enfin, Tao, son mari et leur fils unique vivent en Chine. Là, comme c’est déjà le cas aujourd’hui dans le Sichuan, des « Hommes-abeilles » pollinisent les vergers à la main. Car les abeilles ont déserté la planète depuis longtemps et sans cette pollinisation manuelle méticuleuse et fastidieuse réalisée par des hommes et des femmes quasiment maintenus en esclavage, la planète est vouée à l’extinction. Pas d’abeille pas de fleurs, pas de pollen pas de fruits, etc…  Jusqu’au jour où leur fils a un accident incompréhensible. Tao veut alors comprendre…

Voilà un étonnant roman écologiste qui interroge brillamment sur ce que l’homme fait, détruit, ou au contraire protège, sauvegarde. Avec des passages très didactiques qui nous enseignement en quelques mots les principes de l’apiculture, les spécificités des colonies d’abeilles… Qui nous apprend aussi qu’une abeille sauvage ne pourra jamais être domestiquée et qu’il est temps d’arrêter de polluer la planète avec toutes sortes de pesticides violents et dévastateurs. Il est temps de sauver ce qui peut l’être.

Une histoire des abeilles est un roman très agréable à lire. Et même si parfois j’aurais aimé suivre un peu plus l’une ou l’autre des époques, le passage de l’une à l’autre se fait aisément. L’auteur nous permet de mieux appréhender les catastrophes annoncées si l’on n’y prend pas garde. A la fois instructif et émouvant, en fil rouge une intrigue maintient en éveil l’intérêt du lecteur avec l’enquête menée par Tao dans un monde où la population se meurt sans les abeilles.

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Catalogue éditeur : Pocket et Presses de la Cité

Loup-Maëlle BESANÇON (Traducteur)

Un triptyque écologiste qui raconte l’amour filial à travers le destin des abeilles. 

Unes, et pourtant plusieurs. Dangereuses, mais sources de vie, les abeilles garantissent l’espoir du monde.
William, George, Tao… Chacun, à sa manière, nourrit avec ces incroyables insectes une relation privilégiée. Chacun, à son époque, rêve de changer l’avenir, d’offrir à ses enfants des lendemains meilleurs. D’inventer, de transmettre ce qu’il sait… ou croit savoir. Car les abeilles disparaissent, inéluctablement, et dans l’indifférence.
Victimes de notre espèce, elles en seront, peut-être, le salut…

Née en 1975 à Oslo, Maja Lunde a écrit des scénarios et des livres pour la jeunesse avant de se lancer dans la rédaction d’Une histoire des abeilles, son premier roman pour adultes, best-seller en Norvège et en Allemagne, et en cours de traduction dans une trentaine d’autres pays.

Date de parution : 16/08/2018 / EAN : 9782266284356 / POCHE / Nombre de pages : 448 / Format : 108 x 177 mm

Que faire à Chartres ?

Aller voir la maison Picassiette !

Une fois que vous aurez visité la cathédrale bien sûr ! Ce havre de paix exceptionnel qui me fait toujours le même effet à chaque visite. Marcher sur ce sol mille fois piétiné au fil du temps, admirer les vitraux, et vivre un moment suspendu empli d’une grande sérénité.

Si je n’ai encore jamais eu l’occasion de visiter la maison du facteur Cheval, mes pas m’ont portée vers un lieu sans doute moins emblématique de Chartres,  la maison Picassiette !

Picassiette ou l’art brut ? Qui a dit qu’il ne fallait pas casser la vaisselle ! Car voyez, Raymond Isidore a su faire son Å“uvre des déchets communs, qu’il a trié, sélectionné, valorisé à sa façon. Né à Chartres le 8 septembre 1900, issu d’un milieu modeste, il achète en 1929 le terrain au 22 rue du Repos, dans le quartier chartrain de Saint-Chéron où il s’installe avec sa femme Adrienne Dousset.

Toute sa vie, Raymond Isidore ramasse des petits bouts de verre ou des débris, morceaux de vaisselle brisée, verre, faïences et bien sûr quelques assiettes (on s’amuse  à l’occasion de la visite à tenter de reconnaitre les provenances de certaines faïences régionales).

Lorsqu’il se promène, il sait regarder puis ramasser ces morceaux de faïence qu’il transforme en mosaïques dans l’idée d’embellir sa maison-Å“uvre si singulière. Peu à peu, il en pose sur chaque recoin, à l’intérieur comme à l’extérieur, aucune barrière n’arrête sa créativité débordante ! Il couvre tout, sol et murs, objets et meubles, le jardin n’échappe pas à l’artiste autodidacte mais passionné. Il devra même acheter un terrain supplémentaire pour laisser pendant plus de vingt-cinq ans libre cours à son imagination : jardin, chapelle, maison d’été !

On ne peut qu’être ébaubi devant ses réalisations ! Diversité des formes et des sujets, nombre foisonnant jusqu’au vertige, et tenter d’imaginer le travail de fourmi réalisé par cet homme tout au long de sa vie.

Le regard ne sait pas où se poser, l’œil en tournerait presque de l’œil et nous avec, tant il y a à voir et à découvrir…l’imagination est au pouvoir ! Le visiteur cherche à comprendre, à déchiffrer. Mais qu’importe, laissons-nous porter, acceptons le mystère, la folie, l’art sous cette forme, car c’est forcément de l’art !

Raymond Isidore commence ce travail (en est-ce un ?) en 1938. Il ne l’interrompt qu’en 1962, peu de temps avant sa mort en 1964.

Mais alors… Non, ne me dites pas que dès demain vous allez garder la vieille assiette de grand-mère qui vient de se briser,  les morceaux de verre colorés trouvés sur la plage, ou même l’affreux vase de belle-maman que vous venez malencontreusement de laisser tomber, et bien d’autres encore, pour en faire quelques jolies mosaïques ? Attention, l’esprit Picassiette est peut-être contagieux !

Maison Picassiette, 22, rue du Repos, Chartres.

La maison Picassiette acquise pas la Ville de Chartres en 1981 est classée monument historique depuis 1983.

En août : du lundi au samedi de 10 à 18 heures. Fermé le mardi. Le dimanche de 14 à 18 heures. En septembre : du lundi au samedi, de 10 heures à 12 h 30 et de 14 à 18 heures. Fermé le mardi. Le dimanche de 14 à 18 heures. Tél. 02.37.34.10.78.

Retrouvez des idées de visite avec les articles Que faire à ?

Tête de tambour, Sol Elias

La schizophrénie, une déflagration ? Délire, souffrance, différence, Sol Elias décrit magistralement la maladie, et la lecture de « Tête de tambour » ne laisse pas ses lecteurs indifférents.

Il voudrait être comme les autres, mais Manuel sait qu’il est différent. Il en veut à la vie d’être autrement, à ses parents qui l’ont laissé naitre, à la maladie qui ne l’a pas emporté enfant, à sa famille de ne pas le comprendre, à la mort qui ne veut pas de lui. Difficile alors de s’aimer et de s’accepter face à tant de lucidité. Il est neurasthénique tendance psychotique, selon sa mère, schizophrène selon le médecin, quand enfin il comprend pourquoi Manuel est aussi singulier, fatigué, apeuré, excité, violent même.
Il est Manuel, il est Anaël, il devient cette tête de Tambour dans laquelle sonnent toutes les cloches de la terre, annonciatrices de douleur et de chagrin.

Les chapitres alternent avec les récits d’Anaël, Manuel, Soledad. Le lecteur met quelques chapitres pour comprendre le rôle de chacun et ce que chacun exprime de la complexité des relations dans une famille, une fratrie.

Ces différents personnages nous interpellent tour à tour… D’abord Anaël, que l’on suit dans ses frasques avec les copains si peu fréquentables tout au long des années 70. Ses parents, Bonnie la mère qui ne sait pas comment faire pour contenter ce petit qui la déroute, le père qui n’en peut plus, le seul à travailler pour nourrir un famille et un fils impossible à maitriser. Sa sÅ“ur Ana-Sol et plus tard son mari, leur fille Soledad. Puis Manuel. Ou faut-il dire avant tout Manuel, car tout au long de sa vie il est conscient de sa maladie, de ses différences. Et même lorsque sa tête explose, que la douleur le saisit, il rédige un roman dont le héros est Anaël, ce double dont il écrit la vie sur une multitude de petits bouts de papiers, éparpillés, tourmentés, illisibles, comme sa « tête pourrie » sans doute.

Soledad est la seule qui, enfant, posait sur Manuel un regard égal, sans à priori, comme seuls sont capables de le faire les enfants. C’est à elle que Manuel lègue sa vie entassée dans des sacs emplis de petits papiers qui pèsent tellement lourds dans sa vie. Car lorsqu’elle décide de les déchiffrer, Soledad est enceinte, se pose alors la question de l’hérédité, de la transmission possible d’un gène toxique.

Roman étonnant, inspiré par l’oncle de l’auteur, qui décrit avec une certaine violence mais une grande véracité le poids écrasant d’une hérédité incompréhensible et méconnue de la schizophrénie ou de la maladie. Il y a aussi ces questionnements paralysants et pourtant vraisemblables : si je fais un enfant moi aussi, comment sera-t-il ? La véracité des sentiments et du désespoir intime, à la fois chez le malade et son entourage, qui transpire de ces lignes en fait un texte particulièrement émouvant et touchant.

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Catalogue éditeur : Rivages

« J’avais jeté le charbon ardent de la discorde dans la plaine de leur affliction, la plaine tapissée d’un maquis dru et sec qui prenait feu comme de la paille. Bientôt ce serait le désastre… »
Dans ce récit bouleversant, l’auteur nous plonge dans les affres de la psychose et explore la complexité des relations filiales et le poids de l’hérédité. Un premier roman coup de poing qui s’empare d’un sujet sensible et peu abordé en littérature, la schizophrénie, pour redonner leur humanité à ceux que l’on en prive.

ISBN : 978-2-7436-4600-4 / EAN : 9782743646004 / Parution : janvier, 2019 / 200 pages / Format : 4.0 x 20.5 / Prix : 18,00€

Saltimbanques, François Pieretti

Exercice difficile et périlleux, à la manière des saltimbanques, le héros du roman de François Pieretti  doit faire le deuil d’un inconnu, et malgré le désenchantement qu’est sa vie, se trouver lui-même au bout du chemin.

Nathan n’a jamais vraiment connu Gabriel ce petit frère qui disparait dans un accident de voiture à 18 ans. Il ne l’a même jamais vu grandir puisqu’il a quitté le domicile familial depuis dix ans. Aujourd’hui, malgré tout ce qui le sépare de ses parents, Nathan est revenu pour enterrer son frère. Mais comment peut-on faire son deuil d’un inconnu, dans une maison où rien ne vous le rappelle, ni  sa vie, ni son enfance, et surtout que retenir d’un adolescent qui n’est au fond qu’un étranger ?

Arrivé dans le sud-ouest de son enfance, il y fait un temps d’enterrement et l’ambiance n’est pas propice aux confidences. Nathan cherche malgré lui les traces de vie de ce frère inconnu. Il essaie de s’approcher d’une bande de jeunes gens, les amis de son frère. Une fille en particulier va l’attirer, la jolie Apolline.

Au contact d’Apolline et des autres, il découvre des pans de vie de son frère. Dans ce groupe d’ados qui joue les saltimbanques, Gabriel savait jongler comme personne, pilier du spectacle que la troupe doit donner pendant l’été. Cette troupe de jeunes est aussi déboussolée que Nathan et doit affronter la mort de leur ami à l’âge où la vie s’ouvre devant eux, c’est une cruelle épreuve.

Repartir à Paris, rester auprès de la belle et mystérieuse Apolline et de Bastien, même s’il ne trouve pas sa place ? Nathan va se poser, le temps d’aimer, de douter, d’apprendre à connaitre celui qui n’est plus, au contact de ces jeunes qui auraient pu être ses amis. Et si, de rencontres en questionnement, de fuite en errances, c’était lui-même que Nathan réussissait à trouver enfin ?

Écrit sans pathos, sans tristesse au fond, malgré les temps qu’il évoque, ce roman interroge doucement avec émotion et délicatesse sur le temps qui passe, sur la quête de l’autre et de soi, sur ce que peut signifier réussir une vie… L’auteur sait nous toucher, y compris lorsqu’il aborde avec intelligence le sujet d’Alzheimer. Il nous rappelle aussi que de nombreux jeunes meurent bien trop tôt sur les routes des soirs de fêtes, et que ces morts-là signent inéluctablement la fin de l’insouciance pour tous ceux qui les entourent.

Lire également les chroniques de Nicole du blog motspourmots, de Françoise blog Mes lectures

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Catalogue éditeur : Viviane Hamy

Plusieurs années auparavant, j’avais suivi mon père sur un long trajet, vers Clermont-Ferrand. Parfois il me laissait tenir le volant sur les quatre voies vides du Sud-Ouest, de longs parcours, la lande entrecoupée seulement de scieries et de garages désolés, au loin. Je conduisais de la main gauche, ma mère ne savait pas que j’étais monté devant. C’était irresponsable de sa part, mais la transgression alliée à l’excitation de la route me donnait l’impression d’être adulte, pour quelques kilomètres. Mon père en profitait pour se rouler de fines cigarettes qu’il tenait entre le pouce, l’index et le majeur. Sa langue passait deux fois sur la mince bande de colle. Il venait d’une génération qui ne s’arrêtait pas toutes les deux heures pour faire des pauses et voyageait souvent de nuit. J’avais un jour vu le comparatif d’un crash-test entre deux voitures, l’une datant des années quatre-vingt-dix et l’autre actuelle. Mon frère et sa vieille Renault n’avaient eu aucune chance.

Parution : 17/01/2019 / ISBN : 9791097417215 / Pages : 240 p. / Prix : 18€

Les miroirs de Suzanne, Sophie Lemp

Sous les mots de Sophie Lemp, la sincérité, la douceur, la passion amoureuse et le plaisir de découvrir « les miroirs de Suzanne »

De Sophie Lemp, j’avais particulièrement aimé Leur séparation qui traitait le thème du divorce sous un angle très peu usité, celui de l’enfant d’un couple séparé, et du mal qu’il va avoir à trouver sa place au sein des familles recomposées. Dans Les miroirs de Suzanne c’est une toute autre histoire, mais le travail que fait l’auteur sur la personnalité, l’enfance, la famille, est toujours présent.

À la suite d’un cambriolage, Suzanne se rend compte que les carnets intimes qu’elle avait écrits adolescente ont disparu. Bien sûr, ils n’ont aucune valeur fiduciaire, mais une réelle importance à ses yeux car ils sont le recueil de ses sentiments d’adolescente, de ses atermoiements, de son amour passionné pour Antoine, un auteur, marié, de trente ans plus âgé qu’elle. Au fil des ans, cette relation sans avenir n’existait plus que dans ces pages-là.  

Alors Suzanne cherche à retrouver la femme amoureuse d’alors, ses sentiments, ses rencontres, son amour, et couche tout cela sur le papier, pour ne plus le perdre. Les mots qui n’étaient écrits que pour elle deviennent la matière d’un roman destiné à être lu par le plus grand nombre, des mots offerts à tous, au grand dam d’un mari compréhensif mais blessé .

Martin, un jeune homme déçu par une rupture amoureuse, découvre ces carnets dans une poubelle. Il décide presque par hasard de les lire. Il avait tout abandonné, y compris famille et amis, mais les sentiments qui se dégagent de ces pages-là vont peu à peu lui redonner goût à la vie, à dessiner ce qu’il découvre, à mettre en mouvement les sentiments que ces mots lui procurent, retrouvant peu à peu le goût et l’envie d’aller vers les autres… Grâce à cette lecture nous avons alors accès aux mots les plus secrets de Suzanne, ceux que l’on n’écrit que pour soi.

J’ai aimé cette intrigue en deux destins parallèles, cette même histoire d’amour et ses deux lectures parallèles, l’intime qui est dévoilée peu à peu par la lecture de Martin, et le travail d’écriture de Suzanne destiné à tous mais que nous ne connaitrons finalement jamais. Martin et Suzanne doutent chacun à sa façon. Pourtant chacun va faire un chemin introspectif qui lui permettra de retrouver la lumière,  l’aider à sortir de son gouffre de douleur et de doute, pour accepter enfin ce qu’il est, à travers son passé et surtout son futur possible.

L’écriture de Sophie Lemp est toujours aussi ciselée et précise, pas de mots en trop, mais au contraire, juste ceux qu’il faut pour faire passer les sentiments et les émotions, tout en délicatesse. Sentiments décortiqués ici avec une grande justesse, mais aussi une certaine douceur, mettant en exergue les douleurs et les doutes des protagonistes pour mieux nous montrer leur cheminement intérieur. Enfin, chacun d’eux semble nous montrer que l’on peut avancer en faisant le deuil de certains éléments de son passé, ceux qui nous empêchent de vivre pleinement sans doute ? Le remède aux bleus de la vie par l’écriture, pour Suzanne, par la lecture, pour Martin, et pour nous, un baume au cœur de les avoir rencontrés sous la plume délicate de Sophie Lemp.

Ah, quand Suzanne nous prend par la main pour passer une nuit sans fin…

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Souvenir de la soirée de lancement du roman à Paris

Catalogue éditeur : Allary Editions

Un roman sur la mémoire, l’adolescence et sur ce que deviennent nos premières amours.

Suzanne a quarante ans, une vie tranquille, un mari et deux enfants. Un matin, son appartement est cambriolé. Ses cahiers, journal de son adolescence, ont disparu. Des cahiers qui racontent Antoine, l’écrivain qui avait trois fois son âge, qui racontent cet amour incandescent, la douleur du passage à l’âge adulte.

Martin est livreur, il pédale pour épuiser ses pensées. Un soir, il trouve les cahiers au fond d’une poubelle et dévore ces mots qui le transpercent. Qui le ramèneront à la vie.

« Ne jamais oublier ce que j’ai vécu de fort dans ma vie. Mes émotions, mes peurs, mes joies, mes tristesses. Être sereine. Martin poursuit sa lecture. J’ai quinze ans. En ce moment, j’attends. Mais un jour, tout s’épanouira. Martin sent que quelque chose l’étreint, l’urgence de continuer à lire. »

200 pages / 17,90 € / En librairie le 07 mars 2019 / EAN : 9782370732668

Oyana, Eric Plamondon

De Montréal au Pays Basque, la vie et les rêves d’une héroïne comme on les aime, face à ses engagements et à ses doutes. Oyana, un superbe roman d’Éric Plamondon.

« S’il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d’expliquer sa vie. »

Elle vit à Montréal, ils se sont rencontrés au Brésil, elle est née au Pays Basque. Comme s’il y avait plusieurs vies en elle, plusieurs rêves, des fuites en avant, des regrets, des remords. Mais aujourd’hui ETA  a rendu définitivement les armes, l’organisation terroriste s’est auto-dissoute. ETA n’est plus et sa jeunesse revient lui claquer au visage et lui dire qu’il est temps.

Elle, c’est Oyana, mais Xavier ne le sait pas. Frappée dès sa naissance par le terrorisme basque, puis actrice de ce même terrorisme, elle a passé vingt-deux ans de sa vie dans le mensonge à propos de ses origines. Aujourd’hui elle revient au pays pour revoir ses parents.

L’auteur alterne avec adresse le récit d’Oyana, avec cette longue lettre qu’elle écrit à celui qui a partagé sa vie pendant tant d’années, et les faits historiques sur ETA et la violence au Pays Basque. Exposés de façon plus brutale, journalistique et sans empathie. De Franco aux terroristes, mort de Carrero Blanco, attentat et nombres de décès, les longues années de guerre interne ont laissé des blessures profondes au sein de nombreuses familles de part et d’autre de la frontière.

Difficile rédemption de celle qui fut terroriste malgré elle, de ceux qui ont combattu pour une cause qu’ils croyaient juste, face à un état répressif du temps de Franco, puis dans une lutte de moins en moins logique et acceptable. Mais peut-on, et faut-il essayer d’expliquer l’inexplicable montée de la violence ?  A travers ses mots, ses questionnements, ses peurs aussi de ce qu’elle a été et de ce qui l’attend, il y a une vie à poursuivre, affronter la mort, le deuil, la perte d’un parent et le mensonge avec lequel elle a dû se construire, puis la fuite et le mensonge avec lequel elle a dû continuer.

Oyana est seule face à elle, Xavier pourrait-il la comprendre, et finalement qui pourrait la comprendre, ce sont les interrogations auxquelles elle devra répondre en affrontant son passé. Interrogations qui sont cruellement d’actualité devant la montée de tous les terrorismes quels qu’ils soient finalement.

J’ai aimé cette double écriture, intime puis générale, pour parler de la lutte d’un pays à travers la vie d’Oyana, de la construction et de l’unité d’un peuple aussi, ces basques voyageurs qui sont partis affronter le monde. Quand la petite histoire des hommes fait la grande Histoire d’un pays. Aujourd’hui encore, les plaies sont profondes dans les campagnes ou les villes basques, de nombreuses familles ont perdu des pères, des frères des amis dans ce conflit qui a dressé les uns contre les autres. En peu de pages, d’une écriture concise et avec une simplicité de façade, Eric Plamondon interroge chacun de nous, comment réagirions-nous, qu’aurions-nous fait, et que reste-t-il de la lutte, de la souffrance, de la culpabilité. Peut-on aussi vivre éternellement dans le mensonge, est-il possible de se construire sainement quand les bases sont faussées. Autant de questions, autant de réponses sans doute, mais avant tout une belle lecture que je vous recommande.

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Sur le pays Basque et la lutte pour l’indépendance, on pourra lire également Galeux le roman de Bruno Jacquin.

Vous souhaitez mieux connaitre la région des Pyrénées et ses relations étroites au fil de l’histoire avec l’Espagne si proche. Lire aussi Les indésirables, de Diane Ducret, qui évoque les camps de concentration dans lesquels étaient internés les réfugiés espagnols pendant la seconde guerre mondiale,  ou encore les romans d’Isabelle Alonzo, Je peux me passer de l’aube, ou Je mourrai une autre fois.

Catalogue éditeur : Quidam

« S’il est difficile de vivre, il est bien plus malaisé d’expliquer sa vie. » Elle a fait de son existence une digue pour retenir le passé. Jusqu’à la rupture. Elle est née au pays Basque et a vieilli à Montréal. Un soir de mai 2018, le hasard la ramène brutalement en arrière. Sans savoir encore jusqu’où les mots la mèneront, elle écrit à l’homme de sa vie pour tenter de s’expliquer et qu’il puisse comprendre. Il y a des choix qui changent des vies. Certains, plus définitivement que d’autres. Elle n’a que deux certitudes : elle s’appelle Oyana et l’ETA n’existe plus.

Né au Québec en 1969, Éric Plamondon a étudié le journalisme à l’université Laval et la littérature à l’UQÀM (Université du Québec à Montréal). Il vit dans la région de Bordeaux depuis 1996 où il a longtemps travaillé dans la communication. Il a publié au Quartanier (Canada) le recueil de nouvelles Donnacona et la trilogie 1984 : Hongrie-Hollywood Express, Mayonnaise et Pomme S, publiée aussi en France aux éditions Phébus.

Taqawan (Quidam 2018) reçu les éloges tant de la presse que des libraires et obtenu le prix France-Québec 2018 et le prix des chroniqueurs Toulouse Polars du Sud.

 152 pages 16 € /  mars 2019 / 140 x 210mm / ISNB : 978-2-37491-093-2