Spirou, L’espoir malgrĂ© tout. Émile Bravo

Une BD qui reprend les codes classiques du genre pour le plus grand bonheur des amateurs et de tous les amoureux de Spirou.

Ce tome 1 de Spirou, L’espoir malgrĂ© tout, un mauvais dĂ©part, Ă©crit par Émile Bravo commence Ă  Bruxelles en janvier 1940. La Belgique est neutre dans ce conflit international qui frappe pourtant Ă  ses portes. Spirou, le jeune Groom du Moustic hĂŽtel se trouve bien dĂ©sƓuvrĂ© dans cette ville oĂč plus personne ne vient. Fantasio quant Ă  lui s’est engagĂ© dans l’armĂ©e belge.

Spirou reçoit une lettre de son amoureuse allemande Kassandra. Elle est prisonniĂšre des soviĂ©tiques qui veulent la renvoyer dans son pays, elle la juive qui s’était exilĂ©e comme tant d’autres pour fuir le rĂ©gime nazi. Puis il rencontre un peintre juif allemand, Felix, et sa femme Felka, avec qui il sympathise. Il dĂ©couvre avec eux la situation dramatique des juifs. C’est le moment que choisit Fantasio pour rĂ©apparaitre, dans sa tenue militaire, lui qui semble aussi perdu que les troupes en dĂ©route


Fuite des populations, invasion de la Belgique par les Allemands en 1940, rĂ©quisition du Moustic hĂŽtel par les armĂ©es anglaises ou françaises, puis par les allemands, rĂ©actions des populations, qui passent de l’incrĂ©dulitĂ© au dĂ©ni, de la passivitĂ© Ă  la collaboration. Tout cela est Ă©voquĂ© avec subtilitĂ© et sans concession.

Le trait, Ă©vocateur du passĂ© et d’anciennes BD, et en mĂȘme temps plutĂŽt moderne dans son rythme, est portĂ© par des dialogues plutĂŽt actuels, le tout fait de cette BD un vĂ©ritable plaisir de lecture.

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Catalogue Ă©diteur : Dupuis

Janvier 1940. Un hiver particuliĂšrement rude s’est abattu sur Bruxelles. Alors que tout le monde attend avec apprĂ©hension l’arrivĂ©e imminente de la guerre, Fantasio s’est engagĂ© dans l’armĂ©e belge. Dans la forteresse d’Ében-Émael, il est impatient d’en dĂ©coudre et ne doute pas une seconde que les armĂ©es française et britannique Ă©craseront l’armĂ©e allemande…

Quant Ă  Spirou, il est toujours groom et continue de vivre le plus normalement possible. Sa rencontre avec Felix, un peintre juif allemand dont les nazis ont jugĂ© l’Ɠuvre « dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e », et Felka, sa femme, va lui faire dĂ©couvrir la « question juive » et la complexitĂ© de la situation internationale.

Quand la guerre éclate, Fantasio cherche à servir la patrie le plus héroïquement possible. Spirou, lui, essaye de comprendre la complexité de la situation à travers des rencontres avec des personnages profondément humains et tente de se rendre utile en étant fidÚle à ses valeurs.

 Age du lectorat : 9+ / Parution le 05/10/2018 / 88 pages en couleurs / Hauteur : 320 mm / Largeur : 240 mm / ISBN: 9782800160986 / PVP : 16.50EUR

Les amochĂ©s, Nan Aurousseau

Dans cette intrigue qui tient autant du roman classique et social que du conte fantastique, l’auteur dĂ©cortique la vie des petites gens, leur donne la parole, pour le meilleur mais surtout pour le pire.

Abdel RamdankĂ©tif vit en ermite dans un village perdu, Ă   Montaigu-le-FrĂ©. LĂ , il se terre quasiment dans sa maison, et si des femmes ont pu traverser sa vie, la derniĂšre en date, Chris, a pris elle aussi la poudre d’escampette aprĂšs seulement quelques mois de vie commune. Mais cela semble le satisfaire malgrĂ© tout, lui le taiseux, le solitaire, le marginal. il vit de lectures, les livres l’entourent, le protĂšge, le submerge.

Un matin pourtant, plus rien ne tourne correctement autour de lui, le monde est comme figĂ©, le soleil immobile. Il descend donc « Ă  la ville de M  Â» et constate que lĂ  aussi, rien ne va plus
 Il ne croise et en connait que Robert, le serveur du cafĂ©. Seul au monde, il va faire la rencontre incroyable de deux sƓurs jumelles aussi belles l’une que l’autre. Mais la multiplication des Ă©vĂšnements surnaturels et incomprĂ©hensibles le pousse Ă  s’isoler encore davantage et Ă  se mĂ©fier de tous.

Nous allons le suivre, nous simple lecteurs, dans ses dĂ©rives et ses interrogations, aux limites de la folie, jusqu’à nous demander oĂč se trouve la frontiĂšre entre le rĂ©el  et le rĂȘve
 Ou le cauchemar ? Car dans son pĂ©riple, les travers les plus sombres de nos sociĂ©tĂ©s vont Ă©merger, prostitution, pĂ©dophilie, vol, mensonge, misĂšre et bĂȘtise humaine, tout est bon pour lui faire perdre la raison. Et qui sait alors oĂč se trouve la rĂ©alitĂ© ? Abdel ou le lecteur ? AprĂšs une rencontre rocambolesque avec la police, puis un passage par la case prison, le voilĂ  de retour chez lui


Un roman Ă©trange, Ă  l’écriture fine, prĂ©cise et sans fioritures, qui emporte, surprend, dĂ©range, et malgrĂ© tout accroche aussi par ce petit cĂŽtĂ© fantastique assumĂ©. Pour ma premiĂšre approche de cet auteur, j’avoue que je suis Ă  la fois intriguĂ©e et sĂ©duite.

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Catalogue Ă©diteur : Buchet-Chastel

AprĂšs une vie de bĂąton de chaise et de nombreuses errances, Abdel RamdankĂ©tif se retire dans le village de montagne oĂč ses parents Ă©taient venus vivre quand ils Ă©taient arrivĂ©s en France. Tout a bien changĂ© en quelques dĂ©cennies : ses parents sont morts, et le village est quasi abandonnĂ©…

Seuls, Jacky et Monette, un couple de voisins, survivent Ă  la maniĂšre de vieux sages. Abdel s’est installĂ© lĂ , loin des hommes et de la modernitĂ© dont il se contrefout. À la fĂȘte annuelle du village, il a mĂȘme rencontrĂ© Chris, une psychiatre de la ville la plus proche. Leur histoire d’amour a durĂ© trois mois.

Peu aprĂšs la rupture qui a mis notre homme k.o., un Ă©vĂšnement surnaturel se produit qui va conduire Abdel RamdankĂ©tif au bord de la folie et le mĂȘler aux histoires gratinĂ©es d’une Ă©trange famille.

Observateur attentif du genre humain, Nan Aurousseau, dans ce nouveau roman noir, explore, avec un regard non dĂ©nuĂ© d’humour, une certaine province française – avec ses pauvretĂ©s et ses amochĂ©s.

Date de parution : 03/01/2019 / Format : 11,5 x 19,0 cm, 336 p., 18,00 EUR € / ISBN 9782283031193



Que faire Ă  Rouen ?

Partir sur les traces de Pierre Corneille ! Visiter deux maisons, l’une est la maison natale de Pierre Corneille, l’autre, l’ancienne mĂ©tairie de la famille Corneille.

La maison natale de Pierre Corneille est située au 4, rue de la Pie à Rouen.

C’est dans cette maison qu’est nĂ© Pierre Corneille en 1606, qu’il a vĂ©cu et Ă©crit en particulier sa piĂšce la plus cĂ©lĂšbre, Le Cid. Il ne reste aucun meuble, si ce n’est un superbe coffre cloutĂ© au rez-de-chaussĂ©e, mais dans certaines piĂšces, l’ameublement a Ă©tĂ© reconstituĂ© pour donner au visiteur une idĂ©e de ce que devait ĂȘtre la maison Ă  l’époque, meubles du XVIIe et superbe bibliothĂšque.

A l’étage, de belles photos des acteurs les plus emblĂ©matiques du rĂ©pertoire classique de Corneille, GĂ©rard Philippe, Francis Huster, etc. et un rappel pas du tout inutile des diffĂ©rentes Ɠuvres.

Le Musée Pierre Corneille est situé au 502, rue Pierre Corneille à Petit-Couronne, dans la banlieue proche de Rouen.

Si Pierre Corneille reçoit en hĂ©ritage Ă  la mort de son pĂšre, en 1639, la maison manante de Petit-Couronne, cette propriĂ©tĂ© Ă©tait depuis un demi-siĂšcle dans sa famille. Ce domaine Ă©tait Ă  l’origine constituĂ© d’une ferme, d’un verger et de nombreux hectares de mĂ©tairie. il sera vendu en 1686 par le fils de Pierre Corneille. En 1874, le DĂ©partement fait l’acquisition de la propriĂ©tĂ© et installe ce musĂ©e-manoir cornĂ©lien. Dans les annĂ©es 1956, la ville de Petit-Couronne connait un dĂ©veloppement industriel important, on rĂ©alise alors qu’il faut sauvegarder l’aspect agreste de la ferme. Le potager date des annĂ©es 1990, on y trouve seulement des espĂšces cultivĂ©es au 17e siĂšcle.

On peut y visiter quelques salles. En passant tout d’abord par l’entrĂ©e, dont l’existence est attestĂ©e dĂšs le dĂ©but de la demeure en 1608, puis sur les cartes postales des 19e et 20e  siĂšcles.

Vient ensuite une salle Ă  manger, mĂȘme si les piĂšces Ă  l’époque de Corneille n’avaient pas de destination prĂ©cise (on se souvient que l’on « dressait la table » dans la piĂšce dans laquelle le roi par exemple avait dĂ©cidĂ© de manger
).  On a donc imaginĂ© que c’est au rez-de-chaussĂ©e que se prĂ©paraient et se prenaient les repas.

Un cabinet de travail, lĂ  sont surtout prĂ©sentĂ©es des Ɠuvres originales, peintures, sculptures reprĂ©sentant Pierre Corneille. Une belle armoire, originaire de la rĂ©gion de Rouen, date du milieu du 17e siĂšcle.

Si l’on ne trouve pas vraiment de meubles ou d’objets ayant appartenu au cĂ©lĂšbre Ă©crivain rouennais, les deux visites sont trĂšs agrĂ©ables et nous replongent dans l’univers du 17e siĂšcle. De plus, Ă  Rouen, les musĂ©es sont gratuits pour tous, il faut savoir en profiter !

Retrouvez des idées de visite avec les articles Que faire à ?

A la ligne, Joseph Ponthus

A la ligne, le premier roman captivant de Joseph Ponthus met en scĂšne le quotidien de l’usine, expĂ©rience Ă©prouvante qu’il transcende avec poĂ©sie et talent.

Ouvrir ce roman et comprendre qu’il n’ira pas, Ă  la ligne, en tout cas pas de façon classique, avec des points et des virgules
 Non, mĂȘme pas Ă  la ligne pour respirer, car le souffle indispensable pour lire ce roman est Ă  puiser au plus profond de soi. Ce n’est pas un rĂ©cit ordinaire, mais celui du travail Ă  l’usine, Ă  l’abattoir, difficile, sanglant, violent.

PassĂ©es les premiĂšres pages, oĂč l’Ɠil et l’esprit s’habituent Ă  la forme atypique, le rĂ©cit est comme scandĂ© et le lecteur est happé 

J’écris comme je travaille
A la chaĂźne
A la ligne.

C’est un homme instruit, lettrĂ©, qui a quittĂ© son travail en rĂ©gion parisienne pour suivre sa femme en Bretagne. Mais lĂ , il y a trop peu d’emploi, aussi est-il prĂȘt Ă  accepter tout ce qu’on lui propose. Travailler Ă  l’usine de poisson, plats cuisinĂ©s, cuisson de bulots Ă  la chaine, tofu Ă  Ă©goutter, rien ne le rebute, mĂȘme si tout cela lui parait bien difficile. Mais ça c’était avant de connaitre le travail qui l’attend, Ă  l’abattoir. Car lorsque vous ĂȘtes intĂ©rimaire, pas possible de dire non, sinon le prochain poste disponible ne sera pas pour vous. Et des sous, il faut en gagner pour vivre. Alors on bosse, on se fatigue, on pleure mĂȘme de douleur et d’épuisement la nuit en rentrant, quand il faut encore sortir le chien qui vous attend en vous faisant la fĂȘte, car la pĂ©nibilitĂ© des postes de l’usine, de l’abattoir, il ne les connait pas. Alors on attrape une vendredite aigĂŒe, mais on s’y fait finalement
 Et on essaie de gagner un peu de sommeil, un peu de repos, pour repartir dĂšs lundi matin, ou Ă  pas d’heure, c’est tout le charme du travail Ă  l’usine ces horaires de fou, enfermĂ© sans voir ni le jour, ni la nuit.

Chaque soir, le narrateur inventorie tout, les gestes, les phrases, les rĂ©pĂ©titions, les problĂšmes, la douleur, les petits bonheurs, les heures supplĂ©mentaires ou les heures gagnĂ©es tous ensemble pour finir plus vite, ou moins tard, c’est selon. Mais aussi toutes ces pensĂ©es qui l’assaillent, qui peuplent son esprit pendant que son corps fait les gestes mille fois rĂ©pĂ©tĂ©s, automatisme salvateur qui permet Ă  l’esprit de s’évader. Il nous fait sentir Ă©galement cette solidaritĂ© et en mĂȘme temps cette pĂ©nibilitĂ© que tous doivent subir ensemble. Le courage qu’il faut, le soir, quand il tombe d’épuisement pour continuer Ă  coucher sur le papier les mots qui disent les maux, les gestes, les souffrances quotidiennes.

Étonnant tĂ©moignage, qui a la puissance de cet Ă©crit si particulier qu’il vous oblige presque Ă  le lire d’une traite jusqu’au bout. Hypnotique et puissant, rythmĂ©, portĂ© par la poĂ©sie qui s’en dĂ©gage, il est le tĂ©moignage d’une fatigue immense, dĂ©vorante. D’un malaise aussi, celui des ouvriers Ă  la peine qui doivent accepter et subir pour continuer Ă  vivre.

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Catalogue Ă©diteur : La Table Ronde

À la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus. C’est l’histoire d’un ouvrier intĂ©rimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour aprĂšs jour, il inventorie avec une infinie prĂ©cision les gestes du travail Ă  la ligne, le bruit, la fatigue, les rĂȘves confisquĂ©s dans la rĂ©pĂ©tition de rituels Ă©puisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c’est qu’il a eu une autre vie. Il connaĂźt les auteurs latins, il a vibrĂ© avec Dumas, il sait les poĂšmes d’Apollinaire et les chansons de Trenet. C’est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliĂšne. Et, en allant Ă  la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimĂ©e, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l’odeur de la mer.

Par la magie d’une Ă©criture tour Ă  tour distanciĂ©e, colĂ©reuse, drĂŽle, fraternelle, la vie ouvriĂšre devient une odyssĂ©e oĂč Ulysse combat des carcasses de bƓufs et des tonnes de bulots comme autant de cyclopes.

Parution : 03-01-2019 / 272 pages, 140 x 205 mm / AchevĂ© d’imprimer : 01-10-2018 / ISBN : 9782710389668 /  Prix : 18,00 €

PremiĂšre dame, Caroline Lunoir

Et si la rĂ©alitĂ© dĂ©passait la fiction ? Comme le dit Caroline Lunoir, quand un candidat part en campagne, sa « PremiĂšre dame »  l’accompagne, pour le pire et pour le meilleur


Lorsque Marc annonce Ă  Marie qu’il se prĂ©sente aux prochaines prĂ©sidentielles, toute la famille dĂ©cide de faire corps pour lui apporter un soutien sans faille. Pendant sept cent vingt-six jours, la prĂ©sence de chacun sera indispensable et cette campagne s’annonce fĂ©roce. Il faudra affronter les primaires du parti, les candidats adverses, la mise en coupe rĂ©glĂ©e par journalistes et mĂ©dias, le chemin est long, il faut se tenir prĂȘt.

Dans cette famille catholique bienpensante, l’éducation est primordiale, Marie et Marc ont Ă©levĂ© leurs enfants dans le respect de chaque individu, mais aussi de la vĂ©ritĂ© et de la justice. C’est en tout cas ce que croyait Marie. Car les rĂ©vĂ©lations vont s’accumuler et faire s’effondrer ses illusions d’une famille idĂ©ale telle qu’elle pensait l’avoir construite avec Marc. Rapidement, elle ressent le besoin de verbaliser ses interrogations et ses sentiments les plus intimes. Elle dĂ©cide de tenir un journal Ă  rebours, soit J – 726 jusqu’aux Ă©lections, pour y retrouver plus tard cette femme qui aura traversĂ© cette pĂ©riode difficile.

Mais la campagne se rĂ©vĂšle cruelle pour tous, y compris pour l’épouse qui n’avait rien demandĂ© et qui dĂ©couvre les incartades, les trahisons, les mensonges de Marc. Et les enfants, malgrĂ© l’amour qu’ils vouent Ă  leur pĂšre, se sentent flouĂ©s, trahis, perdus. Alors Marie, femme trompĂ©e et déçue va coucher sur le papier toutes ses Ă©motions, ses blessures et ses craintes les plus intimes, ses attentes et ses espoirs. Et le lecteur peut aisĂ©ment imaginer qu’elle incarne tout ce que d’autres premiĂšres dames ont vĂ©cu cela avant elle, leurs dĂ©chirures, leurs blessures, leurs humiliations, leurs dĂ©routes.

Si de prime abord le thĂšme semble lĂ©ger, et mĂȘme parfois dĂ©range lorsque l’on rĂ©alise que l’auteur reprend des faits vus ou lus dans les journaux… Il interpelle vraiment car il fĂ©dĂšre adroitement toutes ces premiĂšres dames passĂ©es ou Ă  venir. Caroline Lunoir nous dĂ©crit de l’intĂ©rieur et avec un certain rĂ©alisme les jalousies, les trahisons, les noirceurs que ces « femmes de » doivent endurer. Et tout ça pour le bonheur de qui ? De quoi ? D’une nation qui ne leur en sera jamais reconnaissante, et qui de plus en plus les observe et les critique par le tout petit bout de la lorgnette.

Il est fĂ©roce et brillant ce roman. Caroline Lunoir, avocate pĂ©naliste, auteur de deux autres romans parus Ă©galement chez Actes Sud, s’inspire ici de la rĂ©alitĂ© pour crĂ©er une fiction politique plus vraie que vraie en ancrant ses personnages dans cette rĂ©alitĂ© tangible. RĂ©alitĂ© dont chaque lecteur a entendu parler lors de campagnes prĂ©sidentielles ou d’actualitĂ©s souvent bien sordides, oubliant le bien commun au profit de quelques gros titres racoleurs. Si de prime abord tout cela peut sembler dĂ©routant, rapidement le lecteur s’y laisse prendre. Alors on tourne les pages de ce journal intime bien Ă©crit, vivant, rythmĂ©, Ă©mouvant parfois, et en comprenant et dĂ©cortiquant les arcanes du pouvoir, on ressent mĂȘme de l’empathie envers ces femmes de

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On pourra lire Ă©galement les chroniques de Virginie du blog Les chroniques littĂ©raire de Virginie, le blog Quatre sans Quatre, ou l’avis de Nicole du blog Mots pour mots.

Catalogue Ă©diteur : Actes Sud

Un beau dimanche d’avril, c’est dans l’euphorie et la ïŹertĂ© qu’est accueillie l’annonce de Paul : il sera candidat aux primaires de son parti en vue de l’élection prĂ©sidentielle. Épouse dĂ©vouĂ©e, mĂšre exemplaire, Marie inaugure pour l’occasion un journal, avide de tenir la chronique des deux  annĂ©es Ă  venir qui s’annoncent pleines de suspense, de promesses et d’accomplissements. Leurs quatre enfants, jeunes adultes, se rĂ©jouissent du sens que ce projet paternel donne Ă  une vie d’engagement et le soutiennent avec chaleur. Personne ne semble mesurer les consĂ©quences d’une telle mise en lumiĂšre, ni ne pressent le souffle des scandales qui s’apprĂȘtent Ă  Ă©branler la cellule conjugale et le cocon familial
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Janvier, 2019 / 11,5 x 21,7 / 192 pages / ISBN 978-2-330-11783-2 / prix indicatif : 18, 00€

Femme qui court, GĂ©rard de Cortanze

Femme exceptionnelle incomprise par ses pairs, Violette Morris est l’hĂ©roĂŻne singuliĂšre et attachante du dernier roman de GĂ©rard de Cortanze « Femme qui court Â» publiĂ© chez Albin-Michel

Sportive de haut niveau Ă  une Ă©poque oĂč l’on ne se posait pas la question de savoir si les filles et les femmes pouvaient ou devaient faire du sport, Violette Morris fait figure d’exception. Au dĂ©but du XXe siĂšcle, la place des femmes est au foyer, Ă  pondre des bĂ©bĂ©s et s’occuper du mari. La pratique du sport leur permet Ă  la rigueur d’amĂ©liorer leur santĂ© pour fabriquer de beaux enfants ! Cette place-lĂ , Violette la refuse d’emblĂ©e. Elle a compris que le sport qu’elle aime tant sous toutes ses formes pouvait ĂȘtre une passion assumĂ©e et rĂ©alisĂ©e avec succĂšs.

Amoureuse des femmes, passionnĂ©e par le sport, par la vitesse, elle affirme ses diffĂ©rences et ses goĂ»ts en faisant fi des contraintes. Elle s’affiche en pantalon Ă  une Ă©poque oĂč son port est stigmatisĂ© chez les femmes (on se souvient Ă  l’occasion que l’interdiction du port du pantalon pour les femmes a Ă©tĂ© officiellement levĂ©e dans les annĂ©es 2010 !). AprĂšs un mariage ratĂ© avec Cyprien Gouraud, mariage qui se termine par un divorce, cette homosexuelle assumĂ©e a vĂ©cu librement et sans entrave. Souvent mise au ban de cette sociĂ©tĂ© qui refuse les diffĂ©rences, qui les craint et les stigmatise. RejetĂ©e de tous du fait de sa singularitĂ© et de son caractĂšre entier, y compris par les femmes de son Ă©poque.

Femme libre avant l’heure, elle a tout essayĂ©, la course Ă  pied, le lancer du javelot ou du disque, la boxe, le cyclisme et les courses automobiles. Tout au long de sa carriĂšre elle accumule les coupes, trophĂ©es, mĂ©dailles, titres de championne dans de multiples disciplines. Il faut dire qu’à cette Ă©poque il n’était pas rare de pratiquer des sports diffĂ©rents et d’y exceller. On Ă©tait loin alors de la spĂ©cialisation Ă  l’extrĂȘme de nos sportifs actuels. Violette Morris a par exemple souvent participĂ© Ă  des courses cyclistes ou automobiles en Ă©tant la seule femme parmi les hommes. Tout comme il existait des Ă©quipes mixtes, faute de participants suffisants dans le cas contraire.

Ses succĂšs sportifs, mais surtout  ses incartades Ă  rĂ©pĂ©tition vont pousser les fĂ©dĂ©rations nationales Ă  lui retirer toute possibilitĂ© de concourir, sa radiation par la FFSF en 1930 la dĂ©truisant Ă  petit feu. Elle quitte les champs de course et devient l’amie intime des vedettes de son Ă©poque. JosĂ©phine Baker, Yvonne de Bray, Jean Cocteau et Jean Marais partageront quelque temps son quotidien, sur sa pĂ©niche ancrĂ© en bord de Seine. Avec eux, elle va mĂȘme s’essayer Ă  la chansonnette et au thĂ©Ăątre. Mais la France des annĂ©es post PremiĂšre Guerre Mondiale est terriblement patriarcale, Violette se distingue, donc Violette dĂ©range. Pendant la guerre, partagĂ©e entre sa passion du sport et des femmes et ses ennuis financiers, elle va ĂȘtre accusĂ©e de collaborer avec l’ennemi.

L’auteur a l’art de dĂ©nicher des personnalitĂ©s singuliĂšres, et de nous les dĂ©voiler avec passion. Avec Femme qui court, GĂ©rard de Cortanze restitue Ă  Violette Morris la place qui lui revient, et surtout nous fait dĂ©couvrir cette femme exceptionnelle. Ce roman est particuliĂšrement bien construit, Ă©tayĂ© par une longue recherche, cela se sent sans ĂȘtre prĂ©gnant, et donne du corps Ă  l’intrigue. J’ai vraiment aimĂ© la suivre et la voir vivre dans son Ă©poque, elle si Ă©blouissante et en mĂȘme temps si humaine dans ses interrogations, ses luttes, ses succĂšs, ses dĂ©ceptions, sa quĂȘte insatiable d’amour.

Retrouvez mon avis sur la BD Violette Morris, et l’interview de GĂ©rard de Cortanze A la rencontre de GĂ©rard de Cortanze 
 Du mĂȘme auteur, vous pouvez Ă©galement retrouver ma chronique de Zazous ici.

Et poursuivre avec l’avis de Henri-Charles du blog ma collection de Livres.

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Catalogue Ă©diteur : Albin-Michel

Elle s’appelait Violette Morris. Sportive de haut niveau, figure des nuits parisiennes et du music-hall, elle fut aussi une grande amoureuse : JosĂ©phine Baker et Yvonne de Bray, grĂące Ă  qui elle rencontra Cocteau et Marais, furent parmi ses conquĂȘtes. Inclassable, extravagante, rĂ©solument moderne, fĂ©ministe engagĂ©e, lesbienne assumĂ©e, elle suscita la crainte et le rejet d’une France corsetĂ©e dans son conformisme, dont elle incarna tous les dĂ©mons refoulĂ©s. Lire la suite

Édition brochĂ©e : 22.90 € / parution : 2 Janvier 2019 / 150mm x 220mm / 416 pages / EAN13 : 9782226400215

Fantazmë, Niko Tackian

FantazmĂ«, de Niko Tackian, c’est noir, trĂšs noir et on aime ça. Le commandant Tomar Khan mĂšne l’enquĂȘte, et nous entraine dans des lieux sombres Ă  la poursuite d’un tueur insaisissable.

AprĂšs avoir lu Toxique (Ă©galement disponible au Livre de Poche, que je vous conseille malgrĂ© tout de lire avant si vous pouvez) je dĂ©couvre FantazmĂ«, l’excellent roman de Niko Tackian.

Paris, en janvier 2017. Nous avions fait la connaissance du commandant Tomar Khan lors du prĂ©cĂ©dent roman, nous le retrouvons ici pour une enquĂȘte beaucoup plus sombre. Il nous entraine dans les milieux mafieux des pays de l’Est, oĂč la violence rĂšgne sans partage. Des corps sont dĂ©couverts, torturĂ©s Ă  mort, le sang, les blessures, rien ne nous est Ă©pargnĂ©. Ici, les corps atrocement torturĂ©s sont le plus souvent ceux de malfrats pour lequel la mort est presque un cadeau, tant ils ont fait eux-mĂȘmes preuve de inhumanitĂ©… Mais qui peut bien leur en vouloir Ă  ce point ? Et surtout, quel bon flic peut avoir envie de mener une enquĂȘte pour trouver ce coupable au bras vengeur ?

Sur fond de guerre des gangs, de filiĂšres d’albanais, de trafic de femmes enlevĂ©es dans les pays de l’est pour les forcer Ă  travailler dans des rĂ©seaux de prostitution, le mystĂšre est Ă©pais et l’équipe de Tomar Khan doit faire preuve une fois de plus de sagacitĂ© et de persĂ©vĂ©rance.

L’auteur sait une fois encore nous faire partager la vie de ses personnages. Tomar et son amie et collĂšgue Rhonda, leurs atermoiements, leurs interrogations existentielles qui pourrissent la vie de Tomar au risque de lui faire Ă©galement manquer sa vie amoureuse, poursuivit sans cette par ces fantĂŽmes au risque de perdre la raison. Mais on y retrouve aussi les manipulations, les travers de la police, comme ceux du monde extĂ©rieur, qui sont particuliĂšrement bien mis en exergue. J’aime l’écriture de Niko Tackian, ses intrigues, ses personnages
 Un auteur Ă  suivre !

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Catalogue Ă©diteur : Le Livre de Poche, Calmann-Levy

Janvier 2017, Paris, XVIIIe arrondissement. Le corps d’un homme atrocement mutilĂ© est retrouvĂ© dans une cave. Le commandant Tomar Khan pense d’abord Ă  un rĂšglement de comptes. Le genre d’affaire qui reste en suspens pendant des annĂ©es, se dit-il. Mais voilĂ , l’ADN relevĂ© sur les lieux a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dĂ©couvert sur le corps d’un dealer, battu Ă  mort dans une cave lui aussi. Et bientĂŽt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un FantazmĂ«, un « spectre » en albanais, qui s’en prend Ă  la pĂšgre.

Avec cette enquĂȘte troublante, Tomar Khan plonge dans des zones d’ombre oĂč s’affronteront inĂ©vitablement son devoir de policier et ses sentiments d’ĂȘtre humain.

Un polar trùs noir, mais aussi humain, voire bouleversant. Aujourd’hui en France.

Un excellent thriller. Remarquable. Femme actuelle.

288 pages / Date de parution : 02/01/2019 / EAN : 9782253237532

Toxique, Niko Tackian

DĂ©couvrir le commandant Tomar Khan, un nouvel enquĂȘteur et avoir envie de suivre ses aventures, voilĂ  qui est fait avec « Toxique Â» de Niko Tackian.

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Paris, peu de temps aprĂšs les vagues d’attentats de 2015. A la Crim’ du 36 quai des orfĂšvres, Tomar Khan n’est pas un flic ordinaire. Sa mĂšre est une ancienne peshmerga. Cette combattante Kurde a fui la Turquie et les zones de guerre pour trouver une vie plus calme en France. C’était avant de connaitre la violence aveugle des hommes, cette violence sourde envers les femmes dans leur propre foyer. Violence Ă  laquelle avait dĂ» faire face Tomar, qui devait protĂ©ger Ă  la fois sa mĂšre et son petit frĂšre. Mais le pĂšre est mort, la famille peut dormir tranquille, alors pourquoi Tomar est-il aussi inquiet

Une Ă©cole maternelle dans la banlieue parisienne, la directrice vient d’ĂȘtre retrouvĂ©e assassinĂ©e dans son bureau. Un des professeurs,un certain Le Brun, Ă©tait dans le bureau juste avant le drame. Le fait est Ă©tabli, il n’est pas rentrĂ© chez lui
 VoilĂ  une enquĂȘte qui sera vite bouclĂ©e. Chacun va pouvoir regagner rapidement ses pĂ©nates.

Enfin, ça c’est sans compter sur le commandant qui repĂšre tout de suite les violences pas tout Ă  fait ordinaires
 Cet homme Ă  la fois fort et fragile, tourmentĂ© par ses propres dĂ©mons, a du flair pour les enquĂȘtes. Alors pourquoi cette femme sans histoire, pourquoi cet homme sans antĂ©cĂ©dents, quel mystĂšre cela cache-t-il ? Il va falloir interroger tous les tĂ©moins, passer au crible leurs tĂ©moignages, leurs personnalitĂ©s
 et trouver, cachĂ© par-lĂ , la faille, le point faible, la femme toxique


Ne pas en dĂ©florer d’avantage, mais vous dire que cet auteur vous entraine dans les mĂ©andres de l’esprit de son commandant, et vous n’avez pas du tout envie d’en sortir ! C’est rythmĂ©, plausible, diffĂ©rent, passionnant. Il y a les investigations autour du meurtre, mais surtout les rĂ©flexions sur le passĂ©, la culpabilitĂ©, le destin, inĂ©luctable, et la partie psychologique de l’enquĂȘte est passionnante.

Tomar est trĂšs  vite un intime que l’on a envie de suivre jusqu’au bout de ses nuits de questionnements et de souffrance intĂ©rieure. Les intrigues se mĂȘlent et s’emmĂȘlent pour le plus grand bonheur du lecteur pris au piĂšge, qui tourne les pages les unes aprĂšs les autres sans aucune envie de s’arrĂȘter. Exactement le genre de polar que l’on a autant hĂąte de finir qu’envie de poser lĂ  pour le savourer lentement, en prenant son temps pour faire durer le plaisir.

💙💙💙💙

Catalogue Ă©diteur : Le Livre de Poche

Janvier 2016. La directrice d’une Ă©cole maternelle de la banlieue parisienne est retrouvĂ©e morte dans son bureau. Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des Ă©coles est trĂšs sensible. La Crim dĂ©pĂȘche donc Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, surnommĂ© le Pitbull, connu pour ĂȘtre pointilleux sur les violences faites aux femmes. À premiĂšre vue, l’affaire est simple. « Dans vingt-quatre heures elle est pliĂ©e », dit mĂȘme l’un des premiers enquĂȘteurs. Mais les nombreux dĂ©mons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a dĂ©veloppĂ© un instinct imparable pour dĂ©celer une histoire beaucoup plus compliquĂ©e qu’il n’y paraĂźt.
 
Une personnalitĂ© toxique, une psychopathe comme vos pires cauchemars ne vous ont jamais permis d’en croiser.  Le TĂ©lĂ©gramme

320 pages / Parution : 03/01/2018 / EAN : 9782253092681 / Editeur d’origine : Calmann-LĂ©vy

Glissez, mortels. Charlotte Hellman

Entrer dans l’intimitĂ© du peintre Paul Signac, voilĂ  ce que nous propose Charlotte Hellman dans « Glissez, mortels Â» paru aux Ă©ditions Philippe Rey.

Lui, Paul Signac, est un des artistes peintres les plus connus des annĂ©es 20, prĂ©curseur du pointillisme, admirateur de Bonnard et amis de tant d’autres


Elle, Berthe, qu’il Ă©pouse en 1892, celle avec qui il n’aura pas d’enfants, mais qui l’accompagne de Paris Ă  saint Tropez, ce petit port de pĂȘche charmant Ă  la lumiĂšre incomparable, pendant plus de vingt-huit ans


Elle enfin, c’est Jeanne, la voisine de palier qui emmĂ©nage en 1899 dans ce bel immeuble construit par ce nouveau gĂ©nie de la dĂ©coration qu’est Hector Guimard. Jeanne l’artiste, la femme, la mĂšre, celle qui abandonne mari et enfants pour partir avec lui, qui lui donnera Ginette, cette enfant dont il rĂȘve et qu’il fera finalement adopter par sa femme Berthe. Jeanne avec qui il passera vingt ans.

La relation entre Paul et Berthe est une relation de couple sereine et paisible, installĂ©s dans un certain confort. L’homme sait gĂ©rer son budget et l’artiste vend bien ses productions. Ils vivent Ă  Paris, puis Ă  Saint-Tropez, une vie facile et mondaine. Mais aucun enfant ne vient, au grand dĂ©sespoir de l’un comme de l’autre.

Puis apparaissent les Selmersheim, ces voisins si charmants. Jeanne est artiste peintre, mĂšre de trois enfants, femme comblĂ©e par un mari trĂšs conciliant. L’amitiĂ© entre les deux couples est quasi immĂ©diate, ils se reçoivent, s’apprĂ©cient. Jusqu’au jour oĂč les Selmersheim dĂ©mĂ©nagent. Est-ce l’absence qui a crĂ©Ă© le manque ? Toujours est-il que Paul et Jeanne vivent une relation adultĂ©rine intense, puis Jeanne quitte mari et enfants pour vivre avec Paul. Cette femme libre avant l’heure devra supporter toute sa vie le fait d’ĂȘtre celle qui a volĂ© le mari d’une autre. Et comme Paul ne divorcera jamais, il ne pourra jamais l’épouser. La rupture sera douloureuse pour Berthe, mais son mari ne l’abandonnera jamais, il lui Ă©crira sans relĂąche chaque jour de sa vie


Vaudeville ? Trio infernal ? Relation croisĂ©e Ă  trois ? Ou tout simplement l’amour, quand il vous prend, vous garde, vous emporte, vous transporte Ă  tel point que l’on peut mĂȘme accepter l’autre, comprendre le mari, continuer Ă  aimer la femme que l’on a abandonnĂ©e, vouloir l’une et l’autre.

VoilĂ  donc une histoire bien singuliĂšre que je dĂ©couvre ici. J’aime beaucoup dĂ©couvrir des pans de la vie d’artistes que l’on admire pour leur Ɠuvre sans pour autant connaitre leur vie, leur intimitĂ©. LĂ  le lecteur est servi, c’est touchant, intime, Ă©trange, fort
 J’ai apprĂ©ciĂ© –sans forcĂ©ment toujours le comprendre !- cet homme chez qui l’amour est primordial et va de pair avec la recherche du bonheur, mais aussi la crĂ©ativitĂ© et le foisonnement avant-gardiste de l’artiste, son goĂ»t pour la nouveautĂ©, ses amitiĂ©s et ses passions, politiques autant qu’artistiques


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Catalogue Ă©diteur : Philippe Rey

« Paul, Berthe et Jeanne : je suis issue d’une triple histoire d’amour. Un homme, peintre cĂ©lĂšbre, deux femmes et une enfant illĂ©gitime – ma grand-mĂšre. Cette histoire m’a Ă©tĂ© racontĂ©e depuis mon enfance. Mais j’ai voulu savoir ce qui s’était vraiment passĂ©.

Les faits bruts, je les connaissais. En 1912, Paul Signac quitte sa femme Berthe pour une amie du couple, l’artiste Jeanne Desgrange. Pour lui, celle-ci divorce et abandonne ses enfants. Paul, de son cĂŽtĂ©, ne divorcera jamais, et parviendra Ă  faire adopter par Berthe l’enfant qu’il aura de Jeanne. Quelle Ă©tait la nature de cet amour, si vertigineux, qui leur a permis de repousser l’égoĂŻsme, la souffrance, le doute, pour tenir bon, Ă  trois ? » Ch. H.

D’une Ă©criture Ă©lĂ©gante, sans concession, Charlotte Hellman nous plonge dans la vie amoureuse et dans l’ardeur crĂ©atrice du grand peintre qu’était Paul Signac, un homme travailleur, sportif, passionnĂ©, engagĂ© politiquement et artistiquement aux cĂŽtĂ©s des avant-gardes, ami de Van Gogh, Monet, Seurat, FĂ©nĂ©on, Bonnard
 La fin de siĂšcle, la PremiĂšre Guerre mondiale et sa tragĂ©die, l’effervescence artistique de l’époque forment la toile de fond de cette histoire d’amour et de tolĂ©rance. Les interrogations de l’auteure permettent de dĂ©ployer le destin de ces trois ĂȘtres, en s’appuyant sur les souvenirs familiaux mais aussi sur une abondante correspondance.

Fascinante immersion dans l’intimitĂ© d’un homme et de deux femmes hors normes, qui surent conquĂ©rir leur libertĂ© face aux rigiditĂ©s de leur temps. Trois ĂȘtres Ă©tincelants, rĂ©solument modernes.

Date de parution : 03/01/2019 / ISBN : 978-2-84876-714-7 / Format : 14,5 x 22 cm / Pages : 208 / Prix : 18.00 €

Magic Bab el-Oued. Sabrina Kassa

Dans Magic Bab el-Oued, l’hĂ©roĂŻne de Sabrina Kassa s’interroge sur ses origines et Ă©voque avec justesse des sujets de sociĂ©tĂ© qui touchent tout un pays, et courent sur plusieurs gĂ©nĂ©rations.

Anissa vit Ă  Paris. Elle est Ă©tudiante et prĂ©pare un mĂ©moire sur les chibani, son travail est assez froidement accueilli par son maitre de thĂšse qui veut l’orienter diffĂ©remment et vraisemblablement l’utiliser pour cannibaliser cette Ă©tude Ă  son profit.

Il y a longtemps qu’Anissa ne vit plus chez sa mĂšre, dans le quartier l’Aligre. Mais pendant l’absence de celle-ci, elle doit retourner dans l’appartement de son enfance pour attendre le plombier. LĂ , elle dĂ©couvre un secret, son pĂšre Ă©tait harki, voilĂ  sans doute pourquoi il n’est jamais revenu au pays
 Elle dĂ©cide de partir en AlgĂ©rie pour aller rencontrer la famille et tenter de comprendre.

A son arrivĂ©e Ă  Alger, elle se rend vite compte que personne ne lui parle vraiment, l’ambiance est plutĂŽt froide, la sincĂ©ritĂ© absente, les doutes et les questions l’assaillent chaque jour, pourquoi une telle attitude Ă  son Ă©gard de la part des diffĂ©rents membres  de la famille ?

Chaque jour est propice Ă  de nouvelles dĂ©couvertes, un cousin noir (issu d’un viol entre la tante et un tirailleur sĂ©nĂ©galais) pour le moins gentil, mais rĂȘveur et qui est tout le portrait de Barack Obama mais ne le sait pas, il est la proie facile de margoulins amĂ©ricains qui tentent de l’utiliser. Une cousine qui ne rĂȘve que de quitter le pays, mais pour cela il faut un passeport, un visa, et surtout de l’argent.. et des oncles et tantes si taiseux que les secrets ne sont pas prĂȘts d’ĂȘtres percĂ©s Ă  jour.

Au fil des jours, les vĂ©ritĂ©s se dĂ©voilent, les caractĂšres se font jour, les amitiĂ©s se crĂ©ent.  Anissa n’aura certainement pas toutes les rĂ©ponses, mais pourra au moins savoir d’oĂč elle vient, pourquoi les silences, et se construire sur de belles bases. Un premier roman attachant, une Ă©criture fluide et chaleureuse, sous le soleil d’Alger, une histoire qui a la saveur des soirĂ©es au village, quand les cousins se parlent enfin, et se ressourcent en montagne sous les feuillages odorants et la nuit Ă©toilĂ©e
Un roman qui dit aussi le temps qui passe, le poids des silences, le chagrin et le manque de confiance que cela engendre. Savoir pour se construire, comprendre pour Ă©voluer et mieux s’armer pour l’avenir, tout cela est Ă©voquĂ© avec sĂ©rieux mais dit avec une lĂ©gĂšretĂ© et une fantaisie apparentes.

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Catalogue Ă©diteur : Emmanuelle Collas

Anissa vient de dĂ©couvrir un secret de famille : son pĂšre Ă©tait harki. Elle dĂ©cide d’aller rendre visite Ă  son oncle Ă  Bab el-Oued pour comprendre ce qui, dans le passĂ©, a fait exploser sa famille. Mais, en AlgĂ©rie, tout la monde la fuit. Elle ne tarde pas Ă  comprendre qu’un autre drame se joue lĂ -bas. Son cousin, tout aussi Ă©garĂ© qu’elle, est embarquĂ© dans une magouille internationale depuis qu’il est devenu le sosie de Barack Obama. C’est en essayant de lui prĂȘter main forte que les histoires des uns et des autres vont se dĂ©voiler et se libĂ©rer de l’emprise du passĂ©.

Sabrina Kassa est française. Journaliste, elle vit Ă  Paris. Magic Bab el-Oued est son premier roman. Retrouvez son blog ici : Sabrina Kassa

Parution : janvier 2019 / Dimensions : 18,8 x 12,5 x 1,8 cm / Pages :193 pages / EAN13:9782490155095 / Prix 15€