La folie cannelĂ©, Dominique Robin & Philippe Exbrayat

Dans « la folie cannelés », les superbes photos de Philippe Exbrayat mettent en valeur les recettes originales de Dominique Robin.

Le cannelĂ© est bordelais, et sa recette de base est aussi simple que traditionnelle. Mais ici Dominique Robin a dĂ©cidĂ© de lui faire faire le tour du monde en 40 recettes originales, de Berlin Ă  Bruges, d’Oslo Ă  GenĂšve, les saveurs se mĂȘlent aux couleurs, idĂ©es, parfums, composants pour nous procurer de nouvelles sensations gustatives !

Chaque recette est bien expliquĂ©e, type de moule, temps de repos, de cuisson, ingrĂ©dients, rĂ©cipient nĂ©cessaire. Puis la recette elle-mĂȘme est bien dĂ©taillĂ©e par Ă©tape. La plupart des pages sont agrĂ©mentĂ©es de photos qui subliment la recette et nous donnent des idĂ©es
comme une part de rĂȘve de ce que nous aimerions rĂ©aliser !

Qu’ils soient salĂ©s ou sucrĂ©s, ils savent se renouveler, en toutes tailles pour un effet visuel aussi sympathique que leur goĂ»t !

💙💙💙

Catalogue Ă©diteur : La Geste

Merveilleux CannelĂ©, toi qui es nĂ© au XVIIIe siĂšcle, d’origine bordelaise, ta recette est simple et traditionnelle, j’ai eu l’idĂ©e de te faire voyager dans 20 pays avec 40 dĂ©licieuses saveurs afin de sublimer ton goĂ»t ! Un dĂ©fi pour vous rĂ©galer ! J’ai Ă©crit, en dĂ©tails ces recettes afin que vous puissiez les rĂ©aliser facilement et en vous dĂ©voilant des secrets bien gardĂ©s pour rĂ©ussir sa cuisson et sa caramĂ©lisation. Ces cannelĂ©s pourront ĂȘtre rĂ©alisĂ©s en 3 dimensions pour des moments gustatifs diffĂ©rents suivant votre gourmandise, salĂ©s pour apĂ©ritifs dinatoires, sucrĂ©s avec un cafĂ© gourmand ou Ă  l’occasion d’un goĂ»ter pour les enfants. À travers ces recettes, vous pourrez dĂ©guster des cannelĂ©s exotiques, chocolatĂ©s, asiatiques, orientales, italiennes, espagnoles, nordiques, etc.

Format : 18 x 18 cm / Isbn : 979-10-353-0234-4 / Nombre de pages : 80 / AnnĂ©e d’Ă©dition : 2018 / Prix : € 09,90

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Écorces vives, Alexandre Lenot

Un roman choral pour dire la montagne, la solitude, la bĂȘtise humaine. Un roman noir pour mener le lecteur aux confins du Massif Central.

couverture du roman "écorces vives" d'Alexandre Lenot édité chez Actes Sud

Un village tranquille et reculĂ© dans les montagnes, une maison en ruine brĂ»le et s’effondre
 comme s’est effondrĂ©e un jour la vie de l’incendiaire. Pourquoi, comment, nous ne le sauront finalement jamais, mais est-ce important ? Dans ce village, tout nouveau venu est une intrigue, un intrus aussi, et seuls ceux du coin ont droit de citĂ©. En encore
 tout dĂ©pend s’ils sont bien nĂ©s, ou s’ils sont du cĂŽtĂ© des plus forts, des chasseurs, des vilains qui imposent leur loi.

Laurentin est arrivĂ© au village il y a quelques annĂ©es, avec une patte folle Ă  la suite d’on ne sait quoi. Ce gendarme rĂšgle les quelques incartades ou beuveries qui Ă©maillent la vie du village, peu d’évĂšnements graves en fait, et la retraite s’annonce doucement.

Lison vient de perdre son mari. Ce taiseux Ă  la double vie. CĂ©line vient Ă  son enterrement et ne repart pas, aide prĂ©cieuse et mystĂ©rieuse auprĂšs d’une veuve dĂ©stabilisĂ©e. Mais au village on n’aime pas trop les belles femmes seules
.

Louise, arrivĂ©e depuis peu, vit Ă  la ferme des amĂ©ricains. Solitaire, elle s’occupe de bĂȘtes et parcours la montagne chaque jour.

Eli est l’homme mystĂšre, le pyromane blessĂ©, cet Ă©corchĂ© vif qui fuit vers on ne sait quoi.

Dans ce roman choral, il y a des frĂšres solidaires, des enfants orphelins, un Ă©picier presque aveugle, des chasseurs plus agressifs envers les hommes qu’envers les animaux
 Il y a la vie en montagne, dure, froide, dĂ©sespĂ©rĂ©e parfois. Il y a la duretĂ© du climat qui se rĂ©percute sur la vie des hommes
 Une ambiance ambivalente qui nous mĂšne vers on ne sait quoi, mais avec qui tension qui sourd de chaque chapitre, le lecteur attend le  cataclysme qui ne peut que survenir.

L’écriture est belle, la montagne froide et dure, l’atmosphĂšre est souvent Ă©touffante malgrĂ© l’ampleur des paysages, et en cela j’imagine que l’auteur a rĂ©ussi son pari. Mais il me manque un petit quelque chose pour partir vraiment vers ces contrĂ©es magnifiques et violentes… Un peu d’empathie pour les personnages, ou une intrigue un peu plus poussĂ©e, bref, un je ne sais quoi d’absent de ces lignes qui a laissĂ© un peu trop souvent mes pensĂ©es partir ailleurs


💙💙💙

Catalogue Ă©diteur : Actes Sud Actes noirs

C’est une rĂ©gion de montagnes et de forĂȘts, dans un massif qu’on dit Central mais que les routes nationales semblent Ă©viter. Un homme venu de loin incendie la ferme dans laquelle il espĂ©rait un jour voir jouer ses enfants, puis il disparaĂźt dans les bois. La rumeur trouble bientĂŽt l’hiver : un rĂŽdeur hante les lieux et mettrait en pĂ©ril l’ordre ancien du pays. Les gens du coin passent de la circonspection Ă  la franche hostilitĂ©, Ă  l’exception d’une jeune femme nouvellement arrivĂ©e, qui le recueille. Mais personne n’est le bienvenu s’il n’est pas nĂ© ici.
Écorces vives est construit sur une tension souterraine, un entrelacs de prĂ©jugĂ©s dĂ©ïŹnitifs et de rancƓurs sĂ©culaires. De ce roman noir – qui est aussi fable sociale, western rural, hommage aux Ăąmes mĂ©lancoliques et rĂ©voltĂ©es – sourd une menace : il faut se mĂ©ïŹer de la terre qui dort


Octobre 2018 / 13,5 x 21,5 / 208 pages / ISBN 978-2-330-11376-6 / prix indicatif : 18, 50€

Pauline de Perval, L’or du chemin

« L’or du chemin » de Pauline de Perval nous transporte au cƓur de la Renaissance italienne, Ă  la recherche de l’amour, dans le milieu des artistes qui ont fait la gloire de l’Italie.

Couverture du livre "L'or du chemin" Pauline de Perval blog Domi C Lire

Parvenu au bout du chemin, Giovanni se tourne vers son passĂ©. Cet artiste florentin (nĂ© de l’imagination de l’auteur) rĂȘvait d’absolu, jeune apprenti dans l’atelier de ses maitres successifs (bien rĂ©els quant Ă  eux !). Il Ă©crit une lettre, mais Ă  qui ? La rĂ©ponse, comme sans doute une partie des rĂ©ponses Ă  sa quĂȘte d’absolu, n’arrivera qu’à la fin du roman.

Au dĂ©but de la Renaissance, cet apprenti d’à peine 16 ans dĂ©jĂ  trĂšs douĂ© pour la peinture, souhaite plus et mieux. Ce ne sont pas les mathĂ©matiques qui doivent lui indiquer le chemin, point de codification ou de rĂšgle, seuls ses sentiments, son art, et ses recherches doivent le guider. Il veut produire des Ɠuvres qui iront au plus prĂšs de l’émotion, puisant la force de ses rĂ©alisations au plus fort de sa passion, cherchant Ă  atteindre le beau Ă  travers son inspiration, en transfigurant la rĂ©alitĂ© pour accĂ©der au sublime.

Il rencontre la belle LĂ©onora, les deux jeunes gens tombent amoureux, mais ils ne font pas partie de la mĂȘme classe de la sociĂ©tĂ©, toute union est impossible entre eux. Le jour oĂč le pĂšre de LĂ©onora lui choisit un mari, tous deux s’enfuient loin de la ville pour vivre leur amour cachĂ©s. Mais le sort et la morale les rattrape, et LĂ©onora est enfermĂ©e au couvent, inaccessible et invisible. Giovanni part alors en quĂȘte de cet absolu qu’il tentait de poser sur la toile, pratiquant maints mĂ©tiers manuels, cherchant Ă  trouver L’or du chemin, vers sa vĂ©ritĂ© intĂ©rieure, par cet Ă©loignement et les Ă©preuves qu’il s’impose.

Dans l’Italie du XVe siĂšcle et les dĂ©buts du Quattrocento, la peinture et les commandes sont essentiellement des sujets religieux. La richesse de l’église lui permet de s’offrir ces merveilles rĂ©alisĂ©e par les plus grand maitres qui sont parvenues jusqu’à nous. C’est dans ce contexte que Giovanni ressent un besoin d’absolu. Par son art, comme d’autres par la priĂšre ou par l’amour du prochain, il tente de donner un vĂ©ritable sens Ă  sa vie. En fuyant, c’est sa vĂ©ritĂ© qu’il tente de trouver.

L’auteur a ancrĂ© son intrigue dans la rĂ©alitĂ©, restituant les techniques de la peinture de l’époque, la complexitĂ© de l’usage des pigments, le rĂŽle de chacun dans un atelier, les tensions entre riches familles et gouvernants qui dirigent en partie la vie du pays. L’Histoire est prĂ©sente tout au long de l’ouvrage, mĂȘme si le sentiment principal qui persiste Ă  la suite de cette lecture est celui d’une certaine poĂ©sie et de l’importance d’aller au bout de la quĂȘte de soi, quel que soit le contexte 
 En cela, le roman est intĂ©ressant et agrĂ©able. Il m’a pourtant manquĂ© un peu plus profondeur, de rĂ©alitĂ©, ou un je ne sais quoi pour m’attacher vraiment Ă  Giovanni. J’ai eu l’impression de rester devant la toile sans entrer rĂ©ellement dans sa vĂ©ritĂ©.

💙💙💙

Catalogue Ă©diteur : Albin-Michel

Qu’est-ce qu’aimer ? Comment mener une vie qui vise à l’essentiel ? Comment Ɠuvrer à rendre l’homme meilleur ?
Ces questions d’hier et d’aujourd’hui sont au cƓur de la quĂȘte de Giovanni,  un peintre florentin du dĂ©but de la Renaissance. Pauline de PrĂ©val nous raconte son parcours singulier : les Ă©preuves qu’il traverse, son combat contre ses doutes, mais aussi contre l’emprise de l’argent qui façonne la sociĂ©tĂ© de son temps, comme sa volontĂ© de doter sa vie de sens. LĂ©onora, sa bien-aimĂ©e, Brunelleschi, son ami, Starnina, son maĂźtre, le guident tour Ă  tour vers le plus intime de lui-mĂȘme.
Dans l’Italie enfiĂ©vrĂ©e du XVĂšme siĂšcle, un roman initiatique portĂ© par une Ă©motion intense, qui propose Ă  chacun de retrouver la clef du paradis.

Édition brochĂ©e : 14.00 € / 30 Janvier 2019 / 140mm x 205mm / 144 pages / EAN13 : 9782226438874

Summer. Monica Sabolo

Lire Summer et retrouver l’écriture magnĂ©tique et poĂ©tique de Monica Sabolo.

OĂč est-elle, la belle, la brillante, la solaire Summer qui a disparu un jour d’étĂ© lors d’un piquenique au bord du lac LĂ©man ? Nul ne le sait, personne n’a retrouvĂ© cette sublime Summer ĂągĂ©e alors de dix-neuf ans. Elle Ă©tait admirĂ©e par tous, y compris par son frĂšre. Vingt-cinq ans aprĂšs, toujours submergĂ© par la culpabilitĂ© et la douleur, Benjamin s’interroge encore


Depuis cette disparition, Benjamin, qui n’avait que 13 ans Ă  l’époque, cherche Ă  comprendre. Mais de façon bien Ă©trange puisqu’il est Ă©tonnamment statique, comme si sa propre vie s’était arrĂȘtĂ©e ce jour-là
 Il ne pose aucune question auprĂšs de ses parents, de la police, ne fait aucune recherche rĂ©elle, mais vit des nuits de cauchemar peuplĂ©es de visions de Summer au fond du lac LĂ©man, submergĂ© d’angoisses qu’il essaie vainement de rĂ©soudre auprĂšs d’un psy
 Impossible de se rĂ©aliser, de connaĂźtre une vie normale, tant qu’il ne saura pas.

Le lecteur tente de le suivre dans ses errances, mais avouons-le on se lasse un peu de ces lenteurs, de cette immobilitĂ© affective. Car dans cette famille qui a tout pour connaitre le bonheur absolu, facile – le confort financier, la beautĂ©, le luxe – un grand vide affectif se dĂ©voile au fil des pages. Un manque de communication et des non-dits, des secrets enfouis au plus profond, attisent les angoisses du jeune homme.

Pourtant, une intrigue semble poindre, qui aurait pu en faire un excellent thriller ou roman noir, l’écriture est souvent poĂ©tique, les descriptions ont des airs d’opĂ©ra dans ces paysages brumeux de bord du lac. Elles donnent Ă  cette histoire un attrait magnĂ©tique qui fait que l’on continue, que l’on ne referme pas ce roman avant d’aller jusqu’au bout, pour savoir.

Du mĂȘme auteur, j’avais lu Crans Montana, avec cette mĂȘme impression d’ĂȘtre ferrĂ©e par l’écriture, mais jamais par l’intrigue qui me laisse avec une sensation de manque


💙💙💙

Un roman lu dans le cadre de ma participation au Jury du prix des Lecteurs du Livre de Poche

Catalogue Ă©diteur : Le Livre de Poche

Lors d’un pique-nique au bord du lac LĂ©man, Summer Wassner, dix-neuf ans, disparaĂźt. Elle laisse une derniĂšre image : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougĂšres, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs ?

Vingt-cinq ans ont passĂ©. Son frĂšre cadet Benjamin est submergĂ© par le souvenir. Summer surgit dans ses rĂȘves, spectrale et gracieuse, et rĂ©veille les secrets d’une famille figĂ©e dans le silence et les apparences. Comment vit-on avec les fantĂŽmes ?

288 pages / Date de parution :  02/01/2019 / EAN : 9782253074168 / Editeur d’origine : JC LattĂšs

Mon temps libre. Samy Langeraert

Dans les villes de grande solitude
. Avec Mon temps libre, Samy Langeraert nous invite à Berlin à la suite d’une rupture amoureuse

DĂ©sormais seul, le narrateur part une annĂ©e Ă  Berlin, persuadĂ© que cette ville qu’il connait dĂ©jĂ  accueillera sa solitude avec plus de bienveillance qu’aucune autre. LĂ , le temps s’étire doucement, entre deux mondes, entre deux saisons
 Rien ne se passe ou presque, la prĂ©sence de M est toujours prĂ©gnante, puis de plus en plus Ă©vanescente. Il est temps de rentrer Ă  Paris.. pour se retrouver, pour savoir qui l’on est, pour revivre ?

Le narrateur se laisse porter au grĂ© de ses absences, de ses chagrins, de ses souvenirs, sans avoir rĂ©ellement envie de vivre autre chose. Et sous ses yeux, dans ses rĂȘveries de solitaire, on dĂ©couvre Berlin autrement, pas le Berlin vivant, crĂ©atif, artistique, mais bien l’autre ville, celle que l’on ne voit pas, que l’on devine Ă  peine.

Mon temps libre de Samy Langeraert est un roman sur la disparition des sentiments, sur l’impression de vide, l’absence, qui font qu’il suffit de presque rien pour basculer dans le vide sidĂ©ral d’une vie sans but
 S’effacer, enter en marginalitĂ©, est Ă  la portĂ©e de chacun de nous finalement, si l’on ne se ressaisit pas, si l’on se laisser porter par le chagrin, l’absence, l’incomprĂ©hension.

Ce court roman est Ă©galement une rĂ©flexion intime sur la solitude, ce qu’elle apporte, et surtout Ă  quel point il est facile de s’isoler des autres, du monde, et de basculer dans l’oubli, pour soi et pour les autres
Comment du jour au lendemain on peut ne plus ĂȘtre personne.

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Catalogue Ă©diteur : Verdier

Mon temps n’a rien Ă  voir avec ce temps qui passe Ă  l’extĂ©rieur. C’est un temps ralenti, engourdi, un temps un peu malade que j’émiette et qui tombe comme une neige lente, poudreuse.

À l’issue d’une rupture amoureuse, le narrateur de Mon temps libre quitte Paris pour s’installer Ă  Berlin, une ville qu’il connaĂźt dĂ©jĂ  pour y avoir passĂ© un hiver fantomatique. Ainsi s’ouvrent les quatre saisons d’une vacance, d’un temps libĂ©rĂ© des contraintes mondaines et qui aiguise la perception du monde.

Le jeune homme fait l’expĂ©rience d’une Ă©trangetĂ© et d’une solitude radicales, qui est aussi celle d’un entre-deux-langues.

Berlin nous apparaĂźt ainsi sous un jour inĂ©dit. Loin des clichĂ©s contemporains d’une ville crĂ©ative et frĂ©nĂ©tique – qui surgissent parfois en nĂ©gatif et comme toujours vus Ă  distance –, cette odyssĂ©e en mineur nous confronte Ă  sa mĂ©tĂ©orologie, sa flore et sa faune, Ă  ses lieux pĂ©riphĂ©riques, Ă  ses rebuts et ses personnages secondaires.

Roman / 96 p./ 12,50 € / ISBN : 978-2-37856-007-2 / Parution : janvier 2019

Deux stations avant Concorde. Peire Aussane

Dans « Deux stations avant Concorde » Peire Aussane  Ă©voque les questionnements du couple, l’amour, la fidĂ©litĂ©, ces belles promesses que l’on a envie de tenir, et la nĂ©cessitĂ© de se dĂ©livrer des entraves du passĂ© pour mieux vivre son avenir.

Eve est artiste peintre, elle semble porter le poids de blessures intimes anciennes et se cherche chaque jour dans sa peinture et dans sa vie de mĂšre de famille, d’épouse, de femme. Antoine, son mari est un nez, il hume, dĂ©tecte, crĂ©e, assemble ces parfums qui nous enivrent. Mais le train-train, les enfants, et une certaine instabilitĂ© font que la vie d’Eve n’est pas aussi heureuse ni sereine qu’elle le souhaite.

Lorsque Antoine, part quelques jours en Russie pour son travail, Eve court se ressourcer auprĂšs de ses parents Ă  Paris. Les enfants sont pris en charge par leur grands-parents, Eve jouit du bonheur de parcourir la capitale en toute libertĂ©, quand deux stations avant Concorde, elle croise le regard d‘un homme, et ce regard l’électrise, la transporte, rĂ©veille ses sens et ses envies.

De pĂ©ripĂ©tie en coup de tĂȘte, Eve va se retrouver Ă  Tokyo, lĂ  oĂč semble habiter cet homme, lĂ  oĂč sa grand-mĂšre est partie aprĂšs son divorce, lĂ  oĂč semble-t-il les amants se retrouvent, se dĂ©couvrent, se transportent. ArrivĂ©e lĂ , Eve va donc suivre les traces improbables non de cet inconnu du mĂ©tro, mais bien de sa grand-mĂšre et de la vie qu’elle a vĂ©cue lĂ -bas.

Un roman qui nous parle d’amour et de la complexitĂ© des relations, de la vie Ă  deux, de la difficultĂ© Ă  maintenir les liens amoureux. De la difficultĂ© sans doute aussi de se rĂ©aliser en tant que femme
 et de la peur de la rupture, la prise de conscience de l’amour, du couple, de sa soliditĂ© et sa fragilitĂ©, du bonheur de crĂ©er et de maintenir la cohĂ©sion d’une famille. Une bonne connaissance du Japon nous entraine vers des paysages et une ambiance exotique Ă  souhait et plutĂŽt poĂ©tique. MĂȘme si les situations paraissent pour le moins incohĂ©rentes, Deux stations avant Concorde est un roman qui se laisse lire agrĂ©ablement.

💙💙💙

Catalogue éditeur : Michalon

« Le mouvement des passagers dans le wagon m’oblige Ă  le frĂŽler pour sortir de la rame. J’avance sans rĂ©flĂ©chir. Rien d’autre que l’intensitĂ© de ce face-Ă -face encore vivant ne peut s’infiltrer jusqu’Ă  mon cerveau. Je m’en remets au rythme de mes pas qui m’Ă©loignent de lui. J’Ă©coute cette musique pour Ă©viter de penser.
Cette musique est celle de ma survie, ou de ma plus belle erreur. »

PoussĂ©e par le mystĂšre d’une rencontre improbable et enchanteresse dans le mĂ©tro parisien, une jeune femme s’envole pour le Japon, laissant pour un temps son compagnon et leurs enfants.
Seule au cƓur de Tokyo, ses pas la conduiront malgrĂ© elle vers le passĂ©, rĂ©veillant une mĂ©moire restĂ©e trop longtemps silencieuse.
Sensuel, insondable, le roman d’un retour Ă  la vie et du souffle retrouvĂ©.

Peire Aussane vit Ă  Paris. Deux stations avant Concorde est son premier roman.

BrochĂ© – format : 13 x 20 cm /  ISBN : 978-2-84186-894-0 / 30 aoĂ»t 2018 / 192 pages

Juste un peu de temps. Caroline Boudet

Et si avec son « Juste un peu de temps » Caroline Boudet avait voulu nous dire que la femme parfaite ne peut pas exister ?

Elle, s’est Sophie, femme, mĂšre, Ă©pouse, parfaite
Enfin, presque, car un jour, elle craque, ne dit rien Ă  personne, quitte tout et part. Oh, pas bien loin, pas bien longtemps, juste prendre un train qui l’emmĂšnera de Nantes Ă  Saint Malo.  Car comme de nombreuses mĂšres avant et aprĂšs elle, Sophie croule sous les tĂąches mĂ©nagĂšres, sous les cĂąlins aux enfants, les rendez-vous mĂ©dicaux, les sorties d’école, les poubelles Ă  sortir, la cuisine, les courses en ligne… Sous tout ce quotidien qui vous pourri et vous envahi peu Ă  peu mais si surement que l’on s’y laisse submerger sans voir venir la vague qui va vous engloutir, vous faire oublier qui vous ĂȘtes, vos envies, vos aspirations les plus profondes les plus intimes, les plus basiques mĂȘme. Par exemple, passer un instant seule dans son bain, c’était quand dĂ©jĂ  la derniĂšre fois ? À quel millĂ©naire ?

Un jour, Sophie prend le train et s’évade, un aprĂšs-midi pour elle, puis quelques heures de plus, une nuit, un jour, Ă  enfin se retrouver


Dans ce roman choral, Sophie, ses amies, LoĂŻc son mari prennent la parole Ă  tour de rĂŽle.

Ce que j’ai aimé ? Y retrouver toutes les femmes, celle que je suis, celles que vous ĂȘtes, celles que nous avons cĂŽtoyĂ© dans notre vie, toutes les femmes que l’on oublie de regarder, de laisser vivre, celles qui doivent ĂȘtre parfaites. En tout cas c’est ce que la sociĂ©tĂ©, la famille, et la femme elle-mĂȘme attend d’elle. Qu’elle soit parfaite, que tout soit bien planifiĂ© et rĂ©alisĂ©, que la vie de famille se dĂ©roule comme dans un film aux couleurs sucrĂ©es et douces, que le mari soit comblĂ©, lui qui participe aux tĂąches quotidiennes, enfin, un peu, si peu, surtout quand on le lui demande – mais pourquoi seulement quand on le lui demande, et pas forcĂ©ment de sa propre initiative – que tout aille bien au bureau, que l’on n’évoque pas ses petits soucis, etc. Merci Ă  celles qui rĂ©ussissent Ă  ĂȘtre ces WonderWoman pour tout ce bonheur distribuĂ© autour d’elles, mais Ă  quel prix ? Alors, oui, on y retrouve toutes ces femmes-lĂ  et mĂȘme si les personnages principaux en particulier sont un peu trop idĂ©alisĂ©s, un peu trop ex-bobos parisiens, leurs rĂ©actions un peu trop attendues, voilĂ  une lecture qui fait du bien.

Parce que finalement, mai 68 et la libĂ©ration de la femme, l’égalitĂ© des sexes et tout et tout, c’est bien beau, mais pour le partage des charges familiales et du reste, lĂ  on est encore en plein moyen Ăąge dans la plupart des foyers, non ?

💙💙💙

Caroline Boudet lors de la soirée des 68 premiÚres fois, avec Sophie de Baere

Lire également les avis de Joëlle du blog les livres de Joelle ou de Sy Dola du blog QuandSylit

Catalogue Ă©diteur : Stock

« La charge mentale. La foutue charge mentale. Qui ressemble de plus en plus Ă  une charge explosive qu’elle ferait volontiers sauter
 Quelque chose a claquĂ© en elle. Sophie ne voulait pas rentrer, ne pouvait pas. Elle ne voulait plus de cette vie-lĂ . Ses pieds n’avaient tout simplement pas pu prendre le chemin de la gare, ses doigts avaient d’eux-mĂȘmes Ă©teint son portable, et son instinct maternel — je suis indispensable, je suis coupable, ils ne sont rien sans moi — s’est mis en mode silencieux pour la premiĂšre fois depuis sept ans.
Un silence absolument, pleinement, intensément reposant. » Lire la suite

270 pages / Format : 135 x 215 mm / EAN : 9782234085855 / Prix : 19.00 € / Parution : 02/05/2018