L’odeur de chlore, Irma Pelatan

C’est plein de chlore au fond de la piscine
 j’ai mis mon petit pull marine pour dĂ©couvrir ce roman Ă©tonnant, bizarre et singulier


Singulier comme cette piscine voulue par Le Corbusier. En 1958, il renonce au mĂštre Ă©talon et se donne pour mesure le Moludor, ou la taille d’un homme d’un mĂštre quatre-vingt-trois
 (hum, et pourquoi pas d’une femme d’un mĂštre et quelque ?) Piscine qui n’a pas Ă©tĂ© construite par Le Corbusier, mais par son ami et Ă©lĂšve AndrĂ© Wogensky entre 1969 et 1971. Bref, cette piscine situĂ©e dans le village de Firminy vert, dans la Loire, est le lieu oĂč l’auteur va vivre des heures dans l’eau, sous l’eau, autour de l’eau, qui rythme et ponctue ses annĂ©es d’enfance, d’adolescence…

J’aurais donc appris cela de cet Ă©tonnant rĂ©cit – roman ? ou je ne sais quoi – puisque l’auteur pose sur la feuille des mots et des sentiments comme jetĂ©s Ă  la suite les uns des autres. Irma Pelatan se souvient et Ă©grĂšne des souvenirs, des odeurs, celle du chlore bien sĂ»r, mais d’autres aussi, des visions de traces de sang, de pieds tailladĂ©s par le carrelage, de viol sans doute, Ă  peine Ă©voquĂ© en une page mais fort et tellement troublant, de couloir courbe, du plaisir de s’exhiber comme les garçons sur ce plongeoir vertigineux avec deux cent yeux tournĂ©s vers elle. Et les annĂ©es sont passĂ©es par-lĂ , les rondeurs et les douleurs aussi dans ce corps qui aujourd’hui dĂ©borde.

Au milieu des bonnets de bain en plastique et des adolescents boutonneux qui s’éveillent aux autres, je me suis pourtant un peu perdue, les doigts fripĂ©s par l’eau trop froide, dans ces odeurs de chlore et de marĂ©es.

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Catalogue Ă©diteur : La contre allĂ©e

L’Odeur de chlore, c’est la rĂ©ponse de l’usager au programme « Modulor » de l’architecte Le Corbusier. C’est la chronique d’un corps qui fait ses longueurs dans la piscine du Corbusier Ă  Firminy. Le lieu est traitĂ© comme contrainte d’écriture qui, passage de bras aprĂšs passage de bras, guide la remĂ©moration. Dans ces allers-retours, propres Ă  l’entraĂźnement, soudain ce qui Ă©tait vraiment Ă  raconter revient : le souvenir enfoui offre brutalement son effarante profondeur.
Quelque chose de trĂšs contemporain cherche Ă  se formuler ici : comment dit-on « l’usager » au fĂ©minin ? Comment calcule-t-on la stature de la femme du Modulor ?
Lorsque le corps idĂ©al est conçu comme le lieu du standard, comment s’approprier son propre corps ? Comment faire naĂźtre sa voix ? Comment dĂ©gager son rĂ©cit du grand rĂ©cit de l’architecte ?
J’ai cherchĂ© Ă  traduire la langue du corps, une langue qui est toute eau et rythme. DĂ©laissant la fiction, j’ai laissĂ© le rĂ©el me submerger. À la « machine Ă  habiter », je rĂ©ponds avec du corps, de la chair, jusqu’à rendre visible l’invisible, jusqu’à donner une place Ă  l’inaudible.
Si tu savais comme je suis bien . Irma Pelatan

Irma Pelatan est nĂ©e quelque part sur le calcaire pelĂ© du Causse MĂ©jean, vers 1875. C’est cependant sous l’exact soleil de Tunisie qu’elle est morte, en 1957. Sur la carte entre les pointes du compas, s’ouvre tout l’espace de la MĂ©diterranĂ©e, ce centre flottant – infini terrain de jeu pour sa soif d’ailleurs, pour ce fol esprit aventureux.
Irma Pelatan a pris corps à nouveau – mon corps – le neuf mars 2017, dans la chambre douze de l’hîpital de Vienne. Depuis, elle conquiert du terrain.

ISBN / 9782376650058 / Format 13,5 x 19 CM / Nombre de pages 80 pages / Date de parution 08/03/2019 / Prix 13, 00€

La folie cannelĂ©, Dominique Robin & Philippe Exbrayat

Dans « la folie cannelés », les superbes photos de Philippe Exbrayat mettent en valeur les recettes originales de Dominique Robin.

Le cannelĂ© est bordelais, et sa recette de base est aussi simple que traditionnelle. Mais ici Dominique Robin a dĂ©cidĂ© de lui faire faire le tour du monde en 40 recettes originales, de Berlin Ă  Bruges, d’Oslo Ă  GenĂšve, les saveurs se mĂȘlent aux couleurs, idĂ©es, parfums, composants pour nous procurer de nouvelles sensations gustatives !

Chaque recette est bien expliquĂ©e, type de moule, temps de repos, de cuisson, ingrĂ©dients, rĂ©cipient nĂ©cessaire. Puis la recette elle-mĂȘme est bien dĂ©taillĂ©e par Ă©tape. La plupart des pages sont agrĂ©mentĂ©es de photos qui subliment la recette et nous donnent des idĂ©es
comme une part de rĂȘve de ce que nous aimerions rĂ©aliser !

Qu’ils soient salĂ©s ou sucrĂ©s, ils savent se renouveler, en toutes tailles pour un effet visuel aussi sympathique que leur goĂ»t !

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Catalogue Ă©diteur : La Geste

Merveilleux CannelĂ©, toi qui es nĂ© au XVIIIe siĂšcle, d’origine bordelaise, ta recette est simple et traditionnelle, j’ai eu l’idĂ©e de te faire voyager dans 20 pays avec 40 dĂ©licieuses saveurs afin de sublimer ton goĂ»t ! Un dĂ©fi pour vous rĂ©galer ! J’ai Ă©crit, en dĂ©tails ces recettes afin que vous puissiez les rĂ©aliser facilement et en vous dĂ©voilant des secrets bien gardĂ©s pour rĂ©ussir sa cuisson et sa caramĂ©lisation. Ces cannelĂ©s pourront ĂȘtre rĂ©alisĂ©s en 3 dimensions pour des moments gustatifs diffĂ©rents suivant votre gourmandise, salĂ©s pour apĂ©ritifs dinatoires, sucrĂ©s avec un cafĂ© gourmand ou Ă  l’occasion d’un goĂ»ter pour les enfants. À travers ces recettes, vous pourrez dĂ©guster des cannelĂ©s exotiques, chocolatĂ©s, asiatiques, orientales, italiennes, espagnoles, nordiques, etc.

Format : 18 x 18 cm / Isbn : 979-10-353-0234-4 / Nombre de pages : 80 / AnnĂ©e d’Ă©dition : 2018 / Prix : € 09,90

Écorces vives, Alexandre Lenot

Un roman choral pour dire la montagne, la solitude, la bĂȘtise humaine. Un roman noir pour mener le lecteur aux confins du Massif Central.

couverture du roman "écorces vives" d'Alexandre Lenot édité chez Actes Sud

Un village tranquille et reculĂ© dans les montagnes, une maison en ruine brĂ»le et s’effondre
 comme s’est effondrĂ©e un jour la vie de l’incendiaire. Pourquoi, comment, nous ne le sauront finalement jamais, mais est-ce important ? Dans ce village, tout nouveau venu est une intrigue, un intrus aussi, et seuls ceux du coin ont droit de citĂ©. En encore
 tout dĂ©pend s’ils sont bien nĂ©s, ou s’ils sont du cĂŽtĂ© des plus forts, des chasseurs, des vilains qui imposent leur loi.

Laurentin est arrivĂ© au village il y a quelques annĂ©es, avec une patte folle Ă  la suite d’on ne sait quoi. Ce gendarme rĂšgle les quelques incartades ou beuveries qui Ă©maillent la vie du village, peu d’évĂšnements graves en fait, et la retraite s’annonce doucement.

Lison vient de perdre son mari. Ce taiseux Ă  la double vie. CĂ©line vient Ă  son enterrement et ne repart pas, aide prĂ©cieuse et mystĂ©rieuse auprĂšs d’une veuve dĂ©stabilisĂ©e. Mais au village on n’aime pas trop les belles femmes seules
.

Louise, arrivĂ©e depuis peu, vit Ă  la ferme des amĂ©ricains. Solitaire, elle s’occupe de bĂȘtes et parcours la montagne chaque jour.

Eli est l’homme mystĂšre, le pyromane blessĂ©, cet Ă©corchĂ© vif qui fuit vers on ne sait quoi.

Dans ce roman choral, il y a des frĂšres solidaires, des enfants orphelins, un Ă©picier presque aveugle, des chasseurs plus agressifs envers les hommes qu’envers les animaux
 Il y a la vie en montagne, dure, froide, dĂ©sespĂ©rĂ©e parfois. Il y a la duretĂ© du climat qui se rĂ©percute sur la vie des hommes
 Une ambiance ambivalente qui nous mĂšne vers on ne sait quoi, mais avec qui tension qui sourd de chaque chapitre, le lecteur attend le  cataclysme qui ne peut que survenir.

L’écriture est belle, la montagne froide et dure, l’atmosphĂšre est souvent Ă©touffante malgrĂ© l’ampleur des paysages, et en cela j’imagine que l’auteur a rĂ©ussi son pari. Mais il me manque un petit quelque chose pour partir vraiment vers ces contrĂ©es magnifiques et violentes… Un peu d’empathie pour les personnages, ou une intrigue un peu plus poussĂ©e, bref, un je ne sais quoi d’absent de ces lignes qui a laissĂ© un peu trop souvent mes pensĂ©es partir ailleurs


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Catalogue Ă©diteur : Actes Sud Actes noirs

C’est une rĂ©gion de montagnes et de forĂȘts, dans un massif qu’on dit Central mais que les routes nationales semblent Ă©viter. Un homme venu de loin incendie la ferme dans laquelle il espĂ©rait un jour voir jouer ses enfants, puis il disparaĂźt dans les bois. La rumeur trouble bientĂŽt l’hiver : un rĂŽdeur hante les lieux et mettrait en pĂ©ril l’ordre ancien du pays. Les gens du coin passent de la circonspection Ă  la franche hostilitĂ©, Ă  l’exception d’une jeune femme nouvellement arrivĂ©e, qui le recueille. Mais personne n’est le bienvenu s’il n’est pas nĂ© ici.
Écorces vives est construit sur une tension souterraine, un entrelacs de prĂ©jugĂ©s dĂ©ïŹnitifs et de rancƓurs sĂ©culaires. De ce roman noir – qui est aussi fable sociale, western rural, hommage aux Ăąmes mĂ©lancoliques et rĂ©voltĂ©es – sourd une menace : il faut se mĂ©ïŹer de la terre qui dort


Octobre 2018 / 13,5 x 21,5 / 208 pages / ISBN 978-2-330-11376-6 / prix indicatif : 18, 50€

Pauline de Perval, L’or du chemin

« L’or du chemin » de Pauline de Perval nous transporte au cƓur de la Renaissance italienne, Ă  la recherche de l’amour, dans le milieu des artistes qui ont fait la gloire de l’Italie.

Couverture du livre "L'or du chemin" Pauline de Perval blog Domi C Lire

Parvenu au bout du chemin, Giovanni se tourne vers son passĂ©. Cet artiste florentin (nĂ© de l’imagination de l’auteur) rĂȘvait d’absolu, jeune apprenti dans l’atelier de ses maitres successifs (bien rĂ©els quant Ă  eux !). Il Ă©crit une lettre, mais Ă  qui ? La rĂ©ponse, comme sans doute une partie des rĂ©ponses Ă  sa quĂȘte d’absolu, n’arrivera qu’à la fin du roman.

Au dĂ©but de la Renaissance, cet apprenti d’à peine 16 ans dĂ©jĂ  trĂšs douĂ© pour la peinture, souhaite plus et mieux. Ce ne sont pas les mathĂ©matiques qui doivent lui indiquer le chemin, point de codification ou de rĂšgle, seuls ses sentiments, son art, et ses recherches doivent le guider. Il veut produire des Ɠuvres qui iront au plus prĂšs de l’émotion, puisant la force de ses rĂ©alisations au plus fort de sa passion, cherchant Ă  atteindre le beau Ă  travers son inspiration, en transfigurant la rĂ©alitĂ© pour accĂ©der au sublime.

Il rencontre la belle LĂ©onora, les deux jeunes gens tombent amoureux, mais ils ne font pas partie de la mĂȘme classe de la sociĂ©tĂ©, toute union est impossible entre eux. Le jour oĂč le pĂšre de LĂ©onora lui choisit un mari, tous deux s’enfuient loin de la ville pour vivre leur amour cachĂ©s. Mais le sort et la morale les rattrape, et LĂ©onora est enfermĂ©e au couvent, inaccessible et invisible. Giovanni part alors en quĂȘte de cet absolu qu’il tentait de poser sur la toile, pratiquant maints mĂ©tiers manuels, cherchant Ă  trouver L’or du chemin, vers sa vĂ©ritĂ© intĂ©rieure, par cet Ă©loignement et les Ă©preuves qu’il s’impose.

Dans l’Italie du XVe siĂšcle et les dĂ©buts du Quattrocento, la peinture et les commandes sont essentiellement des sujets religieux. La richesse de l’église lui permet de s’offrir ces merveilles rĂ©alisĂ©e par les plus grand maitres qui sont parvenues jusqu’à nous. C’est dans ce contexte que Giovanni ressent un besoin d’absolu. Par son art, comme d’autres par la priĂšre ou par l’amour du prochain, il tente de donner un vĂ©ritable sens Ă  sa vie. En fuyant, c’est sa vĂ©ritĂ© qu’il tente de trouver.

L’auteur a ancrĂ© son intrigue dans la rĂ©alitĂ©, restituant les techniques de la peinture de l’époque, la complexitĂ© de l’usage des pigments, le rĂŽle de chacun dans un atelier, les tensions entre riches familles et gouvernants qui dirigent en partie la vie du pays. L’Histoire est prĂ©sente tout au long de l’ouvrage, mĂȘme si le sentiment principal qui persiste Ă  la suite de cette lecture est celui d’une certaine poĂ©sie et de l’importance d’aller au bout de la quĂȘte de soi, quel que soit le contexte 
 En cela, le roman est intĂ©ressant et agrĂ©able. Il m’a pourtant manquĂ© un peu plus profondeur, de rĂ©alitĂ©, ou un je ne sais quoi pour m’attacher vraiment Ă  Giovanni. J’ai eu l’impression de rester devant la toile sans entrer rĂ©ellement dans sa vĂ©ritĂ©.

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Catalogue Ă©diteur : Albin-Michel

Qu’est-ce qu’aimer ? Comment mener une vie qui vise à l’essentiel ? Comment Ɠuvrer à rendre l’homme meilleur ?
Ces questions d’hier et d’aujourd’hui sont au cƓur de la quĂȘte de Giovanni,  un peintre florentin du dĂ©but de la Renaissance. Pauline de PrĂ©val nous raconte son parcours singulier : les Ă©preuves qu’il traverse, son combat contre ses doutes, mais aussi contre l’emprise de l’argent qui façonne la sociĂ©tĂ© de son temps, comme sa volontĂ© de doter sa vie de sens. LĂ©onora, sa bien-aimĂ©e, Brunelleschi, son ami, Starnina, son maĂźtre, le guident tour Ă  tour vers le plus intime de lui-mĂȘme.
Dans l’Italie enfiĂ©vrĂ©e du XVĂšme siĂšcle, un roman initiatique portĂ© par une Ă©motion intense, qui propose Ă  chacun de retrouver la clef du paradis.

Édition brochĂ©e : 14.00 € / 30 Janvier 2019 / 140mm x 205mm / 144 pages / EAN13 : 9782226438874

Mon temps libre. Samy Langeraert

Dans les villes de grande solitude
. Avec Mon temps libre, Samy Langeraert nous invite à Berlin à la suite d’une rupture amoureuse

DĂ©sormais seul, le narrateur part une annĂ©e Ă  Berlin, persuadĂ© que cette ville qu’il connait dĂ©jĂ  accueillera sa solitude avec plus de bienveillance qu’aucune autre. LĂ , le temps s’étire doucement, entre deux mondes, entre deux saisons
 Rien ne se passe ou presque, la prĂ©sence de M est toujours prĂ©gnante, puis de plus en plus Ă©vanescente. Il est temps de rentrer Ă  Paris.. pour se retrouver, pour savoir qui l’on est, pour revivre ?

Le narrateur se laisse porter au grĂ© de ses absences, de ses chagrins, de ses souvenirs, sans avoir rĂ©ellement envie de vivre autre chose. Et sous ses yeux, dans ses rĂȘveries de solitaire, on dĂ©couvre Berlin autrement, pas le Berlin vivant, crĂ©atif, artistique, mais bien l’autre ville, celle que l’on ne voit pas, que l’on devine Ă  peine.

Mon temps libre de Samy Langeraert est un roman sur la disparition des sentiments, sur l’impression de vide, l’absence, qui font qu’il suffit de presque rien pour basculer dans le vide sidĂ©ral d’une vie sans but
 S’effacer, enter en marginalitĂ©, est Ă  la portĂ©e de chacun de nous finalement, si l’on ne se ressaisit pas, si l’on se laisser porter par le chagrin, l’absence, l’incomprĂ©hension.

Ce court roman est Ă©galement une rĂ©flexion intime sur la solitude, ce qu’elle apporte, et surtout Ă  quel point il est facile de s’isoler des autres, du monde, et de basculer dans l’oubli, pour soi et pour les autres
Comment du jour au lendemain on peut ne plus ĂȘtre personne.

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Catalogue Ă©diteur : Verdier

Mon temps n’a rien Ă  voir avec ce temps qui passe Ă  l’extĂ©rieur. C’est un temps ralenti, engourdi, un temps un peu malade que j’émiette et qui tombe comme une neige lente, poudreuse.

À l’issue d’une rupture amoureuse, le narrateur de Mon temps libre quitte Paris pour s’installer Ă  Berlin, une ville qu’il connaĂźt dĂ©jĂ  pour y avoir passĂ© un hiver fantomatique. Ainsi s’ouvrent les quatre saisons d’une vacance, d’un temps libĂ©rĂ© des contraintes mondaines et qui aiguise la perception du monde.

Le jeune homme fait l’expĂ©rience d’une Ă©trangetĂ© et d’une solitude radicales, qui est aussi celle d’un entre-deux-langues.

Berlin nous apparaĂźt ainsi sous un jour inĂ©dit. Loin des clichĂ©s contemporains d’une ville crĂ©ative et frĂ©nĂ©tique – qui surgissent parfois en nĂ©gatif et comme toujours vus Ă  distance –, cette odyssĂ©e en mineur nous confronte Ă  sa mĂ©tĂ©orologie, sa flore et sa faune, Ă  ses lieux pĂ©riphĂ©riques, Ă  ses rebuts et ses personnages secondaires.

Roman / 96 p./ 12,50 € / ISBN : 978-2-37856-007-2 / Parution : janvier 2019

Deux stations avant Concorde. Peire Aussane

Dans « Deux stations avant Concorde » Peire Aussane  Ă©voque les questionnements du couple, l’amour, la fidĂ©litĂ©, ces belles promesses que l’on a envie de tenir, et la nĂ©cessitĂ© de se dĂ©livrer des entraves du passĂ© pour mieux vivre son avenir.

Eve est artiste peintre, elle semble porter le poids de blessures intimes anciennes et se cherche chaque jour dans sa peinture et dans sa vie de mĂšre de famille, d’épouse, de femme. Antoine, son mari est un nez, il hume, dĂ©tecte, crĂ©e, assemble ces parfums qui nous enivrent. Mais le train-train, les enfants, et une certaine instabilitĂ© font que la vie d’Eve n’est pas aussi heureuse ni sereine qu’elle le souhaite.

Lorsque Antoine, part quelques jours en Russie pour son travail, Eve court se ressourcer auprĂšs de ses parents Ă  Paris. Les enfants sont pris en charge par leur grands-parents, Eve jouit du bonheur de parcourir la capitale en toute libertĂ©, quand deux stations avant Concorde, elle croise le regard d‘un homme, et ce regard l’électrise, la transporte, rĂ©veille ses sens et ses envies.

De pĂ©ripĂ©tie en coup de tĂȘte, Eve va se retrouver Ă  Tokyo, lĂ  oĂč semble habiter cet homme, lĂ  oĂč sa grand-mĂšre est partie aprĂšs son divorce, lĂ  oĂč semble-t-il les amants se retrouvent, se dĂ©couvrent, se transportent. ArrivĂ©e lĂ , Eve va donc suivre les traces improbables non de cet inconnu du mĂ©tro, mais bien de sa grand-mĂšre et de la vie qu’elle a vĂ©cue lĂ -bas.

Un roman qui nous parle d’amour et de la complexitĂ© des relations, de la vie Ă  deux, de la difficultĂ© Ă  maintenir les liens amoureux. De la difficultĂ© sans doute aussi de se rĂ©aliser en tant que femme
 et de la peur de la rupture, la prise de conscience de l’amour, du couple, de sa soliditĂ© et sa fragilitĂ©, du bonheur de crĂ©er et de maintenir la cohĂ©sion d’une famille. Une bonne connaissance du Japon nous entraine vers des paysages et une ambiance exotique Ă  souhait et plutĂŽt poĂ©tique. MĂȘme si les situations paraissent pour le moins incohĂ©rentes, Deux stations avant Concorde est un roman qui se laisse lire agrĂ©ablement.

💙💙💙

Catalogue éditeur : Michalon

« Le mouvement des passagers dans le wagon m’oblige Ă  le frĂŽler pour sortir de la rame. J’avance sans rĂ©flĂ©chir. Rien d’autre que l’intensitĂ© de ce face-Ă -face encore vivant ne peut s’infiltrer jusqu’Ă  mon cerveau. Je m’en remets au rythme de mes pas qui m’Ă©loignent de lui. J’Ă©coute cette musique pour Ă©viter de penser.
Cette musique est celle de ma survie, ou de ma plus belle erreur. »

PoussĂ©e par le mystĂšre d’une rencontre improbable et enchanteresse dans le mĂ©tro parisien, une jeune femme s’envole pour le Japon, laissant pour un temps son compagnon et leurs enfants.
Seule au cƓur de Tokyo, ses pas la conduiront malgrĂ© elle vers le passĂ©, rĂ©veillant une mĂ©moire restĂ©e trop longtemps silencieuse.
Sensuel, insondable, le roman d’un retour Ă  la vie et du souffle retrouvĂ©.

Peire Aussane vit Ă  Paris. Deux stations avant Concorde est son premier roman.

BrochĂ© – format : 13 x 20 cm /  ISBN : 978-2-84186-894-0 / 30 aoĂ»t 2018 / 192 pages

Le chien rouge, Philippe SĂ©gur

Quand la crise de la cinquantaine vous rattrape
 avec Le chien rouge, Philippe Ségur propose une critique acerbe et sans concession de la société (de consommation) dans laquelle nous vivons.

Le chien rouge, c’est Peter Seurg, un homme qui a suivi les chemins qu’on a tracĂ©s pour lui, afin de  plaire Ă  ses parents, Ă  ce que la sociĂ©tĂ© attend de lui. Professeur d’universitĂ© reconnu et apprĂ©ciĂ©, tant par ses pairs que par ses Ă©tudiants, Ă©crivain, pĂšre de famille, quand son rĂȘve aurait Ă©tĂ© d’ĂȘtre un artiste. Mais enfin, la vie d’artiste, ce n’est pas un avenir honorable, et puis, les artistes meurent tous jeunes, on le sait bien ! En tout cas c’est ce que sa mĂšre lui rĂ©pĂšte depuis toujours.

Dans sa maison perdue dans les PyrĂ©nĂ©es, avec cette jeune femme qui partage dĂ©sormais sa vie, Peter essaie de se conformer Ă  l’image que l’on attend de lui. Jusqu’au moment oĂč cette sociĂ©tĂ© et ses rĂšgles lui pĂšsent tant qu’il dĂ©cide de se libĂ©rer de tout, de s’affranchir de toutes les contraintes, sociales et politiques entre autre, de ces dictats que la sociĂ©tĂ© de consommation nous a imposĂ© peu Ă  peu, et auxquels nous nous laissons prendre. Meubles, objets, souvenirs, relations, tout est jetĂ©, expulsĂ©, brulĂ©. Et Peter va dĂ©sormais brĂ»ler sa vie par tous les bouts, tous les extrĂȘmes, pour Ă©crire et se rĂ©aliser enfin.

Mais se lĂącher, se donner Ă  fond dans la crĂ©ation, dans l’excĂšs, tout abandonner pour Ă©crire, boire, prendre drogues et psychotropes, est-ce la solution ? Est-ce rĂ©ellement lĂ  que se trouve son idĂ©al de vie ? Et s’il fallait fuir le monde dans lequel nous vivons pour se connaitre enfin, au risque de se perdre Ă  jamais.

Nous suivons cet homme, d’abord dĂ©crit par son voisin, qui l’a regardĂ© vivre de loin, puis par son manuscrit, nous dĂ©couvrons son cheminement intĂ©rieur, sa libĂ©ration, et son emprisonnement aussi, dans cette camisole chimique qu’il s’impose, puis qu’il subit, et dont enfin il se libĂšre. Un roman Ă©trange et assez envoutant dans ce qu’il nous place face Ă  certaines de nos interrogations sur qu’avons-nous fait de nos vies, Ă©tait-ce lĂ  rĂ©ellement notre idĂ©al, et si nous pouvions recommencer, etc


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Catalogue Ă©diteur : Buchet-Chastel

PoussĂ© Ă  bout par son mĂ©tier et ses contemporains, Peter Seurg, qui ne comprend plus le monde dans lequel il vit, pĂšte un cĂąble et craque. Le corps mĂ©dical, qu’il consulte avec rĂ©ticence, lui prescrit un formidable cocktail d’antidĂ©presseurs, de somnifĂšres et d’anxiolytiques. En quelques semaines, la personnalitĂ© de notre hĂ©ros se modifie : il rompt avec son amie Neith, rejette sa vie bourgeoise et part s’installer dans les bois,seul dans sa tour d’ivoire.

AprĂšs plusieurs mois de ce rĂ©gime, Peter, miraculeusement dĂ©grisĂ©, se rĂ©veille et dĂ©couvre que son amour pour Neith est toujours intact. Elle, par contre, ne veut plus entendre parler de leur vie commune. Revenu Ă  lui dans un environnement personnel dĂ©vastĂ©, Peter se trouve alors confrontĂ© Ă  une sĂ©rie de questions dĂ©cisives…

Critique sans concession de notre sociĂ©tĂ©, Le Chien rouge dresse le portrait psychologique d’un homme Ă©pris d’idĂ©al et victime de sa propre rĂ©volte. Roman de la maturitĂ©, hommage Ă  l’art et la littĂ©rature, constat politique accablant, ce nouvel opus de Philippe SĂ©gur est l’un des plus forts et des plus beaux qu’il ait Ă©crit.

Date de parution : 23/08/2018 / Format : 14 x 20,5 cm, 240 p. / Prix : 17,00 EUR € / ISBN 9782283031308