L’odeur de chlore, Irma Pelatan

C’est plein de chlore au fond de la piscine
 j’ai mis mon petit pull marine pour dĂ©couvrir ce roman Ă©tonnant, bizarre et singulier


Singulier comme cette piscine voulue par Le Corbusier. En 1958, il renonce au mĂštre Ă©talon et se donne pour mesure le Moludor, ou la taille d’un homme d’un mĂštre quatre-vingt-trois
 (hum, et pourquoi pas d’une femme d’un mĂštre et quelque ?) Piscine qui n’a pas Ă©tĂ© construite par Le Corbusier, mais par son ami et Ă©lĂšve AndrĂ© Wogensky entre 1969 et 1971. Bref, cette piscine situĂ©e dans le village de Firminy vert, dans la Loire, est le lieu oĂč l’auteur va vivre des heures dans l’eau, sous l’eau, autour de l’eau, qui rythme et ponctue ses annĂ©es d’enfance, d’adolescence…

J’aurais donc appris cela de cet Ă©tonnant rĂ©cit – roman ? ou je ne sais quoi – puisque l’auteur pose sur la feuille des mots et des sentiments comme jetĂ©s Ă  la suite les uns des autres. Irma Pelatan se souvient et Ă©grĂšne des souvenirs, des odeurs, celle du chlore bien sĂ»r, mais d’autres aussi, des visions de traces de sang, de pieds tailladĂ©s par le carrelage, de viol sans doute, Ă  peine Ă©voquĂ© en une page mais fort et tellement troublant, de couloir courbe, du plaisir de s’exhiber comme les garçons sur ce plongeoir vertigineux avec deux cent yeux tournĂ©s vers elle. Et les annĂ©es sont passĂ©es par-lĂ , les rondeurs et les douleurs aussi dans ce corps qui aujourd’hui dĂ©borde.

Au milieu des bonnets de bain en plastique et des adolescents boutonneux qui s’éveillent aux autres, je me suis pourtant un peu perdue, les doigts fripĂ©s par l’eau trop froide, dans ces odeurs de chlore et de marĂ©es.

💙💙💙

Catalogue Ă©diteur : La contre allĂ©e

L’Odeur de chlore, c’est la rĂ©ponse de l’usager au programme « Modulor » de l’architecte Le Corbusier. C’est la chronique d’un corps qui fait ses longueurs dans la piscine du Corbusier Ă  Firminy. Le lieu est traitĂ© comme contrainte d’écriture qui, passage de bras aprĂšs passage de bras, guide la remĂ©moration. Dans ces allers-retours, propres Ă  l’entraĂźnement, soudain ce qui Ă©tait vraiment Ă  raconter revient : le souvenir enfoui offre brutalement son effarante profondeur.
Quelque chose de trĂšs contemporain cherche Ă  se formuler ici : comment dit-on « l’usager » au fĂ©minin ? Comment calcule-t-on la stature de la femme du Modulor ?
Lorsque le corps idĂ©al est conçu comme le lieu du standard, comment s’approprier son propre corps ? Comment faire naĂźtre sa voix ? Comment dĂ©gager son rĂ©cit du grand rĂ©cit de l’architecte ?
J’ai cherchĂ© Ă  traduire la langue du corps, une langue qui est toute eau et rythme. DĂ©laissant la fiction, j’ai laissĂ© le rĂ©el me submerger. À la « machine Ă  habiter », je rĂ©ponds avec du corps, de la chair, jusqu’à rendre visible l’invisible, jusqu’à donner une place Ă  l’inaudible.
Si tu savais comme je suis bien . Irma Pelatan

Irma Pelatan est nĂ©e quelque part sur le calcaire pelĂ© du Causse MĂ©jean, vers 1875. C’est cependant sous l’exact soleil de Tunisie qu’elle est morte, en 1957. Sur la carte entre les pointes du compas, s’ouvre tout l’espace de la MĂ©diterranĂ©e, ce centre flottant – infini terrain de jeu pour sa soif d’ailleurs, pour ce fol esprit aventureux.
Irma Pelatan a pris corps à nouveau – mon corps – le neuf mars 2017, dans la chambre douze de l’hîpital de Vienne. Depuis, elle conquiert du terrain.

ISBN / 9782376650058 / Format 13,5 x 19 CM / Nombre de pages 80 pages / Date de parution 08/03/2019 / Prix 13, 00€

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La chambre des merveilles, Julien Sandrel

La chambre des merveilles, un soupçon de dĂ©licatesse et de sensibilitĂ©, comme un gros bonbon multicolore pour faire le bonheur de cƓurs tendres.

Louis, douze ans, a une maman bien pressĂ©e. Chaque matin c’est le mĂȘme rituel, le lever est toujours un peu difficile, Louis aime bien se faire prier pour sortir du lit
 Mais ce jour-lĂ , une belle dose d’exaspĂ©ration, un peu d’inattention, et le travail omniprĂ©sent dans la vie de sa mĂšre, louis, fĂąchĂ© part Ă  fond sur son skate-board. HeurtĂ© par un camion, l’enfant est dans le coma


Face Ă  une situation qui n’évolue pas, les mĂ©decins se sont donnĂ© un mois, un tout petit mois, pour la vie ou la mort. Un mois, c’est trop court, alors Thelma la combattante dĂ©cide de tout mettre en Ɠuvre pour donner Ă  son fils l’envie de vivre, de revenir de cet ailleurs dans lequel il est plongĂ©, de ce silence dont on ne sait rien. Chaque jour dans cette chambre d’hĂŽpital qui se transforme en chambre des merveilles, elle lui raconte comment elle accompli pour lui ces merveilles qu’il rĂȘvait de rĂ©aliser un jour. Et le lecteur rit et sourit, pleure et espĂšre.

Et si l’amour d’une mĂšre Ă©tait le plus fort, si ce lien puissant pouvait ramener son enfant Ă  la vie ? C’est le vƓu le plus cher de cette femme qui se remet en question, interroge sa vie, sa relation aux autres, Ă  son travail, sa solitude et tous les liens d’amour ou d’amitiĂ© qui font ce que vous ĂȘtes. Alors bien sĂ»r, c’est bourrĂ© d’incohĂ©rences et d’exagĂ©rations, mais est-ce vraiment ce que l’on a envie de retenir ?

Il est parfois difficile de lire un roman dont on a entendu autant de bien, car il y a la crainte de ne pas l’apprĂ©cier autant que les autres lecteurs et de se demander pourquoi. Avec la chambre des merveilles, c’est un peu le cas. Mais c’est sans doute un plaisir Ă  prendre tel que sans se poser de question. Car cette lecture est un peu trop sucrĂ©e, trop Ă©vidente parfois, un peu trop
 Mais pourquoi bouder son plaisir, c’est un roman que l’on a envie de lire sans ĂȘtre dĂ©rangĂ©, jusqu’au bout, pour savoir, se rĂ©jouir et se dire que, peut-ĂȘtre, le bonheur existe.

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury des lecteurs du Livre de Poche 2019

💙💙💙

Catalogue Ă©diteur : Le Livre de Poche et Calmann-LĂ©vy

Louis a douze ans. Ce matin, alors qu’il veut confier Ă  sa mĂšre, Thelma, qu’il est amoureux pour la premiĂšre fois, il voit bien qu’elle pense Ă  autre chose, sĂ»rement encore Ă  son travail. Alors il part avec son skate, fĂąchĂ© et déçu, et traverse la rue Ă  toute vitesse. Un camion le percute de plein fouet. Le pronostic est sombre.
Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amĂ©lioration, il faudra dĂ©brancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hĂŽpital, dĂ©sespĂ©rĂ©e, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intĂ©rieur, il a rĂ©pertoriĂ© toutes les expĂ©riences qu’il aimerait vivre un jour : la liste de ses « merveilles ». Thelma prend une dĂ©cision : une par une, ces merveilles, elle va les accomplir Ă  sa place. Et les lui raconter. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut-ĂȘtre que ça l’aidera Ă  revenir. Mais il n’est pas si facile de vivre les rĂȘves d’un ado, quand on a presque quarante ans…

312 pages / Date de parution : 27/03/2019 / EAN : 9782253074328 / Prix : 7,90 €

La folie cannelĂ©, Dominique Robin & Philippe Exbrayat

Dans « la folie cannelés », les superbes photos de Philippe Exbrayat mettent en valeur les recettes originales de Dominique Robin.

Le cannelĂ© est bordelais, et sa recette de base est aussi simple que traditionnelle. Mais ici Dominique Robin a dĂ©cidĂ© de lui faire faire le tour du monde en 40 recettes originales, de Berlin Ă  Bruges, d’Oslo Ă  GenĂšve, les saveurs se mĂȘlent aux couleurs, idĂ©es, parfums, composants pour nous procurer de nouvelles sensations gustatives !

Chaque recette est bien expliquĂ©e, type de moule, temps de repos, de cuisson, ingrĂ©dients, rĂ©cipient nĂ©cessaire. Puis la recette elle-mĂȘme est bien dĂ©taillĂ©e par Ă©tape. La plupart des pages sont agrĂ©mentĂ©es de photos qui subliment la recette et nous donnent des idĂ©es
comme une part de rĂȘve de ce que nous aimerions rĂ©aliser !

Qu’ils soient salĂ©s ou sucrĂ©s, ils savent se renouveler, en toutes tailles pour un effet visuel aussi sympathique que leur goĂ»t !

💙💙💙

Catalogue Ă©diteur : La Geste

Merveilleux CannelĂ©, toi qui es nĂ© au XVIIIe siĂšcle, d’origine bordelaise, ta recette est simple et traditionnelle, j’ai eu l’idĂ©e de te faire voyager dans 20 pays avec 40 dĂ©licieuses saveurs afin de sublimer ton goĂ»t ! Un dĂ©fi pour vous rĂ©galer ! J’ai Ă©crit, en dĂ©tails ces recettes afin que vous puissiez les rĂ©aliser facilement et en vous dĂ©voilant des secrets bien gardĂ©s pour rĂ©ussir sa cuisson et sa caramĂ©lisation. Ces cannelĂ©s pourront ĂȘtre rĂ©alisĂ©s en 3 dimensions pour des moments gustatifs diffĂ©rents suivant votre gourmandise, salĂ©s pour apĂ©ritifs dinatoires, sucrĂ©s avec un cafĂ© gourmand ou Ă  l’occasion d’un goĂ»ter pour les enfants. À travers ces recettes, vous pourrez dĂ©guster des cannelĂ©s exotiques, chocolatĂ©s, asiatiques, orientales, italiennes, espagnoles, nordiques, etc.

Format : 18 x 18 cm / Isbn : 979-10-353-0234-4 / Nombre de pages : 80 / AnnĂ©e d’Ă©dition : 2018 / Prix : € 09,90

Écorces vives, Alexandre Lenot

Un roman choral pour dire la montagne, la solitude, la bĂȘtise humaine. Un roman noir pour mener le lecteur aux confins du Massif Central.

couverture du roman "écorces vives" d'Alexandre Lenot édité chez Actes Sud

Un village tranquille et reculĂ© dans les montagnes, une maison en ruine brĂ»le et s’effondre
 comme s’est effondrĂ©e un jour la vie de l’incendiaire. Pourquoi, comment, nous ne le sauront finalement jamais, mais est-ce important ? Dans ce village, tout nouveau venu est une intrigue, un intrus aussi, et seuls ceux du coin ont droit de citĂ©. En encore
 tout dĂ©pend s’ils sont bien nĂ©s, ou s’ils sont du cĂŽtĂ© des plus forts, des chasseurs, des vilains qui imposent leur loi.

Laurentin est arrivĂ© au village il y a quelques annĂ©es, avec une patte folle Ă  la suite d’on ne sait quoi. Ce gendarme rĂšgle les quelques incartades ou beuveries qui Ă©maillent la vie du village, peu d’évĂšnements graves en fait, et la retraite s’annonce doucement.

Lison vient de perdre son mari. Ce taiseux Ă  la double vie. CĂ©line vient Ă  son enterrement et ne repart pas, aide prĂ©cieuse et mystĂ©rieuse auprĂšs d’une veuve dĂ©stabilisĂ©e. Mais au village on n’aime pas trop les belles femmes seules
.

Louise, arrivĂ©e depuis peu, vit Ă  la ferme des amĂ©ricains. Solitaire, elle s’occupe de bĂȘtes et parcours la montagne chaque jour.

Eli est l’homme mystĂšre, le pyromane blessĂ©, cet Ă©corchĂ© vif qui fuit vers on ne sait quoi.

Dans ce roman choral, il y a des frĂšres solidaires, des enfants orphelins, un Ă©picier presque aveugle, des chasseurs plus agressifs envers les hommes qu’envers les animaux
 Il y a la vie en montagne, dure, froide, dĂ©sespĂ©rĂ©e parfois. Il y a la duretĂ© du climat qui se rĂ©percute sur la vie des hommes
 Une ambiance ambivalente qui nous mĂšne vers on ne sait quoi, mais avec qui tension qui sourd de chaque chapitre, le lecteur attend le  cataclysme qui ne peut que survenir.

L’écriture est belle, la montagne froide et dure, l’atmosphĂšre est souvent Ă©touffante malgrĂ© l’ampleur des paysages, et en cela j’imagine que l’auteur a rĂ©ussi son pari. Mais il me manque un petit quelque chose pour partir vraiment vers ces contrĂ©es magnifiques et violentes… Un peu d’empathie pour les personnages, ou une intrigue un peu plus poussĂ©e, bref, un je ne sais quoi d’absent de ces lignes qui a laissĂ© un peu trop souvent mes pensĂ©es partir ailleurs


💙💙💙

Catalogue Ă©diteur : Actes Sud Actes noirs

C’est une rĂ©gion de montagnes et de forĂȘts, dans un massif qu’on dit Central mais que les routes nationales semblent Ă©viter. Un homme venu de loin incendie la ferme dans laquelle il espĂ©rait un jour voir jouer ses enfants, puis il disparaĂźt dans les bois. La rumeur trouble bientĂŽt l’hiver : un rĂŽdeur hante les lieux et mettrait en pĂ©ril l’ordre ancien du pays. Les gens du coin passent de la circonspection Ă  la franche hostilitĂ©, Ă  l’exception d’une jeune femme nouvellement arrivĂ©e, qui le recueille. Mais personne n’est le bienvenu s’il n’est pas nĂ© ici.
Écorces vives est construit sur une tension souterraine, un entrelacs de prĂ©jugĂ©s dĂ©ïŹnitifs et de rancƓurs sĂ©culaires. De ce roman noir – qui est aussi fable sociale, western rural, hommage aux Ăąmes mĂ©lancoliques et rĂ©voltĂ©es – sourd une menace : il faut se mĂ©ïŹer de la terre qui dort


Octobre 2018 / 13,5 x 21,5 / 208 pages / ISBN 978-2-330-11376-6 / prix indicatif : 18, 50€

Pauline de Perval, L’or du chemin

« L’or du chemin » de Pauline de Perval nous transporte au cƓur de la Renaissance italienne, Ă  la recherche de l’amour, dans le milieu des artistes qui ont fait la gloire de l’Italie.

Couverture du livre "L'or du chemin" Pauline de Perval blog Domi C Lire

Parvenu au bout du chemin, Giovanni se tourne vers son passĂ©. Cet artiste florentin (nĂ© de l’imagination de l’auteur) rĂȘvait d’absolu, jeune apprenti dans l’atelier de ses maitres successifs (bien rĂ©els quant Ă  eux !). Il Ă©crit une lettre, mais Ă  qui ? La rĂ©ponse, comme sans doute une partie des rĂ©ponses Ă  sa quĂȘte d’absolu, n’arrivera qu’à la fin du roman.

Au dĂ©but de la Renaissance, cet apprenti d’à peine 16 ans dĂ©jĂ  trĂšs douĂ© pour la peinture, souhaite plus et mieux. Ce ne sont pas les mathĂ©matiques qui doivent lui indiquer le chemin, point de codification ou de rĂšgle, seuls ses sentiments, son art, et ses recherches doivent le guider. Il veut produire des Ɠuvres qui iront au plus prĂšs de l’émotion, puisant la force de ses rĂ©alisations au plus fort de sa passion, cherchant Ă  atteindre le beau Ă  travers son inspiration, en transfigurant la rĂ©alitĂ© pour accĂ©der au sublime.

Il rencontre la belle LĂ©onora, les deux jeunes gens tombent amoureux, mais ils ne font pas partie de la mĂȘme classe de la sociĂ©tĂ©, toute union est impossible entre eux. Le jour oĂč le pĂšre de LĂ©onora lui choisit un mari, tous deux s’enfuient loin de la ville pour vivre leur amour cachĂ©s. Mais le sort et la morale les rattrape, et LĂ©onora est enfermĂ©e au couvent, inaccessible et invisible. Giovanni part alors en quĂȘte de cet absolu qu’il tentait de poser sur la toile, pratiquant maints mĂ©tiers manuels, cherchant Ă  trouver L’or du chemin, vers sa vĂ©ritĂ© intĂ©rieure, par cet Ă©loignement et les Ă©preuves qu’il s’impose.

Dans l’Italie du XVe siĂšcle et les dĂ©buts du Quattrocento, la peinture et les commandes sont essentiellement des sujets religieux. La richesse de l’église lui permet de s’offrir ces merveilles rĂ©alisĂ©e par les plus grand maitres qui sont parvenues jusqu’à nous. C’est dans ce contexte que Giovanni ressent un besoin d’absolu. Par son art, comme d’autres par la priĂšre ou par l’amour du prochain, il tente de donner un vĂ©ritable sens Ă  sa vie. En fuyant, c’est sa vĂ©ritĂ© qu’il tente de trouver.

L’auteur a ancrĂ© son intrigue dans la rĂ©alitĂ©, restituant les techniques de la peinture de l’époque, la complexitĂ© de l’usage des pigments, le rĂŽle de chacun dans un atelier, les tensions entre riches familles et gouvernants qui dirigent en partie la vie du pays. L’Histoire est prĂ©sente tout au long de l’ouvrage, mĂȘme si le sentiment principal qui persiste Ă  la suite de cette lecture est celui d’une certaine poĂ©sie et de l’importance d’aller au bout de la quĂȘte de soi, quel que soit le contexte 
 En cela, le roman est intĂ©ressant et agrĂ©able. Il m’a pourtant manquĂ© un peu plus profondeur, de rĂ©alitĂ©, ou un je ne sais quoi pour m’attacher vraiment Ă  Giovanni. J’ai eu l’impression de rester devant la toile sans entrer rĂ©ellement dans sa vĂ©ritĂ©.

💙💙💙

Catalogue Ă©diteur : Albin-Michel

Qu’est-ce qu’aimer ? Comment mener une vie qui vise à l’essentiel ? Comment Ɠuvrer à rendre l’homme meilleur ?
Ces questions d’hier et d’aujourd’hui sont au cƓur de la quĂȘte de Giovanni,  un peintre florentin du dĂ©but de la Renaissance. Pauline de PrĂ©val nous raconte son parcours singulier : les Ă©preuves qu’il traverse, son combat contre ses doutes, mais aussi contre l’emprise de l’argent qui façonne la sociĂ©tĂ© de son temps, comme sa volontĂ© de doter sa vie de sens. LĂ©onora, sa bien-aimĂ©e, Brunelleschi, son ami, Starnina, son maĂźtre, le guident tour Ă  tour vers le plus intime de lui-mĂȘme.
Dans l’Italie enfiĂ©vrĂ©e du XVĂšme siĂšcle, un roman initiatique portĂ© par une Ă©motion intense, qui propose Ă  chacun de retrouver la clef du paradis.

Édition brochĂ©e : 14.00 € / 30 Janvier 2019 / 140mm x 205mm / 144 pages / EAN13 : 9782226438874

Summer. Monica Sabolo

Lire Summer et retrouver l’écriture magnĂ©tique et poĂ©tique de Monica Sabolo.

OĂč est-elle, la belle, la brillante, la solaire Summer qui a disparu un jour d’étĂ© lors d’un piquenique au bord du lac LĂ©man ? Nul ne le sait, personne n’a retrouvĂ© cette sublime Summer ĂągĂ©e alors de dix-neuf ans. Elle Ă©tait admirĂ©e par tous, y compris par son frĂšre. Vingt-cinq ans aprĂšs, toujours submergĂ© par la culpabilitĂ© et la douleur, Benjamin s’interroge encore


Depuis cette disparition, Benjamin, qui n’avait que 13 ans Ă  l’époque, cherche Ă  comprendre. Mais de façon bien Ă©trange puisqu’il est Ă©tonnamment statique, comme si sa propre vie s’était arrĂȘtĂ©e ce jour-là
 Il ne pose aucune question auprĂšs de ses parents, de la police, ne fait aucune recherche rĂ©elle, mais vit des nuits de cauchemar peuplĂ©es de visions de Summer au fond du lac LĂ©man, submergĂ© d’angoisses qu’il essaie vainement de rĂ©soudre auprĂšs d’un psy
 Impossible de se rĂ©aliser, de connaĂźtre une vie normale, tant qu’il ne saura pas.

Le lecteur tente de le suivre dans ses errances, mais avouons-le on se lasse un peu de ces lenteurs, de cette immobilitĂ© affective. Car dans cette famille qui a tout pour connaitre le bonheur absolu, facile – le confort financier, la beautĂ©, le luxe – un grand vide affectif se dĂ©voile au fil des pages. Un manque de communication et des non-dits, des secrets enfouis au plus profond, attisent les angoisses du jeune homme.

Pourtant, une intrigue semble poindre, qui aurait pu en faire un excellent thriller ou roman noir, l’écriture est souvent poĂ©tique, les descriptions ont des airs d’opĂ©ra dans ces paysages brumeux de bord du lac. Elles donnent Ă  cette histoire un attrait magnĂ©tique qui fait que l’on continue, que l’on ne referme pas ce roman avant d’aller jusqu’au bout, pour savoir.

Du mĂȘme auteur, j’avais lu Crans Montana, avec cette mĂȘme impression d’ĂȘtre ferrĂ©e par l’écriture, mais jamais par l’intrigue qui me laisse avec une sensation de manque


💙💙💙

Un roman lu dans le cadre de ma participation au Jury du prix des Lecteurs du Livre de Poche

Catalogue Ă©diteur : Le Livre de Poche

Lors d’un pique-nique au bord du lac LĂ©man, Summer Wassner, dix-neuf ans, disparaĂźt. Elle laisse une derniĂšre image : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougĂšres, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs ?

Vingt-cinq ans ont passĂ©. Son frĂšre cadet Benjamin est submergĂ© par le souvenir. Summer surgit dans ses rĂȘves, spectrale et gracieuse, et rĂ©veille les secrets d’une famille figĂ©e dans le silence et les apparences. Comment vit-on avec les fantĂŽmes ?

288 pages / Date de parution :  02/01/2019 / EAN : 9782253074168 / Editeur d’origine : JC LattĂšs

Mon temps libre. Samy Langeraert

Dans les villes de grande solitude
. Avec Mon temps libre, Samy Langeraert nous invite à Berlin à la suite d’une rupture amoureuse

DĂ©sormais seul, le narrateur part une annĂ©e Ă  Berlin, persuadĂ© que cette ville qu’il connait dĂ©jĂ  accueillera sa solitude avec plus de bienveillance qu’aucune autre. LĂ , le temps s’étire doucement, entre deux mondes, entre deux saisons
 Rien ne se passe ou presque, la prĂ©sence de M est toujours prĂ©gnante, puis de plus en plus Ă©vanescente. Il est temps de rentrer Ă  Paris.. pour se retrouver, pour savoir qui l’on est, pour revivre ?

Le narrateur se laisse porter au grĂ© de ses absences, de ses chagrins, de ses souvenirs, sans avoir rĂ©ellement envie de vivre autre chose. Et sous ses yeux, dans ses rĂȘveries de solitaire, on dĂ©couvre Berlin autrement, pas le Berlin vivant, crĂ©atif, artistique, mais bien l’autre ville, celle que l’on ne voit pas, que l’on devine Ă  peine.

Mon temps libre de Samy Langeraert est un roman sur la disparition des sentiments, sur l’impression de vide, l’absence, qui font qu’il suffit de presque rien pour basculer dans le vide sidĂ©ral d’une vie sans but
 S’effacer, enter en marginalitĂ©, est Ă  la portĂ©e de chacun de nous finalement, si l’on ne se ressaisit pas, si l’on se laisser porter par le chagrin, l’absence, l’incomprĂ©hension.

Ce court roman est Ă©galement une rĂ©flexion intime sur la solitude, ce qu’elle apporte, et surtout Ă  quel point il est facile de s’isoler des autres, du monde, et de basculer dans l’oubli, pour soi et pour les autres
Comment du jour au lendemain on peut ne plus ĂȘtre personne.

💙💙💙

Catalogue Ă©diteur : Verdier

Mon temps n’a rien Ă  voir avec ce temps qui passe Ă  l’extĂ©rieur. C’est un temps ralenti, engourdi, un temps un peu malade que j’émiette et qui tombe comme une neige lente, poudreuse.

À l’issue d’une rupture amoureuse, le narrateur de Mon temps libre quitte Paris pour s’installer Ă  Berlin, une ville qu’il connaĂźt dĂ©jĂ  pour y avoir passĂ© un hiver fantomatique. Ainsi s’ouvrent les quatre saisons d’une vacance, d’un temps libĂ©rĂ© des contraintes mondaines et qui aiguise la perception du monde.

Le jeune homme fait l’expĂ©rience d’une Ă©trangetĂ© et d’une solitude radicales, qui est aussi celle d’un entre-deux-langues.

Berlin nous apparaĂźt ainsi sous un jour inĂ©dit. Loin des clichĂ©s contemporains d’une ville crĂ©ative et frĂ©nĂ©tique – qui surgissent parfois en nĂ©gatif et comme toujours vus Ă  distance –, cette odyssĂ©e en mineur nous confronte Ă  sa mĂ©tĂ©orologie, sa flore et sa faune, Ă  ses lieux pĂ©riphĂ©riques, Ă  ses rebuts et ses personnages secondaires.

Roman / 96 p./ 12,50 € / ISBN : 978-2-37856-007-2 / Parution : janvier 2019