Le malheur du bas. InĂšs Bayard

« Le malheur du bas »Â  d’InĂšs Bayard est un roman coup de poing, un premier roman qui parle de violence faite aux femmes, un Ă©tonnant roman de solitude et de mort.

Domi_C_Lire_le_malheur_du_bas_ines_bayard

DĂšs la premiĂšre scĂšne, j’ai l’impression d’avoir ouvert Chanson douce de Leila Slimani, tant le parallĂšle est Ă©difiant.  Ici, le roman s’ouvre sur un repas de famille, une jeune maman, son fils, son mari…
Un repas de famille, une jeune femme qui empoisonne son fils, son mari, puis se suicide.
Pourquoi tant de violence, comment une jeune mÚre peut-elle décider de tuer son petit, son bébé, la chair de sa chair ?

Flashback dans la vie de Marie. Cette jeune et jolie femme est bien mariĂ©e Ă  un Ă©poux qu’elle aime et qui le lui rend bien. Lui est un avocat qui commence Ă  ĂȘtre reconnu, leur vie est relativement aisĂ©e, un appartement confortable, une famille aimante, un mĂ©tier Ă  la banque qui sans la satisfaire dĂ©mesurĂ©ment, lui convient parfaitement pour avoir une vie confortable. Leur prochain projet. Avoir un enfant, pour parfaire ce bonheur quotidien.

Jusqu’au jour oĂč son vĂ©lo est dĂ©tĂ©riorĂ© et elle doit rentrer Ă  pieds ou se faire raccompagner par quelqu’un, qu’elle connait, en qui elle a confiance
 puis la sidĂ©ration, l’incomprĂ©hension, la scĂšne de viol, dĂ©vastatrice, violente, dĂ©rangeante, puis le retour
 se laver, se dĂ©barrasser de l’infamie, enfin la douleur, le silence, obstinĂ©, confus, honteux
 la vie qui devrait reprendre mais qui subitement s’est interrompue un soir d’automne.

Avouer le viol, c’est accepter le regard de l’autre, son mĂ©pris, ses interrogations, imaginer qu’elle est mĂȘme fautive peut-ĂȘtre ? Ce sera donc le silence, la haine qui peut Ă  peu va s’insinuer en elle, le changement qui s’opĂšre dans la vie, dans le cƓur, dans la tĂȘte de Marie. Revenir au bureau, blaguer avec les amis, ĂȘtre lĂ©gĂšre, amoureuse, heureuse dans son couple, quand tout au fond d’elle la haine et les ressentiments prennent toute la place. Alors Marie va faire comme si, avancer mais ne pas oublier, garder la douleur au fond d’elle.

Pourtant, l’enfant attendu par le couple va arriver… mais l’angoisse et les interrogations de Marie sont plus forts que tout, plus forts que l’amour d’une mĂšre, plus forts que ces bras, ce sourire, cette peau de bĂ©bĂ© qu’elle rejette autant qu’elle le peut. Pour elle cet enfant est l’enfant du viol, l’enfant du monstre,  il ne peut en ĂȘtre autrement. Lui viennent alors des envies d’abandon, de meurtre
 Peu Ă  peu, la haine s’installe, violente, exclusive, dĂ©vorant jusqu’à ses pensĂ©es, sa vie, son intimitĂ©. Jamais la jeune femme ne pourra aimer cet enfant, jamais elle ne pourra lui pardonner, sombrant peu Ă  peu dans une folie cruelle et quasi inhumaine, dĂ©vastatrice.

Il y a dans ce roman une analyse Ă©tonnante et bouleversante des rĂ©actions d’une femme violĂ©e, de la façon dont la situation se retourne contre elle, coupable d’avoir Ă©tĂ© violĂ©e au moins Ă  ses propres yeux, blessĂ©e, meurtrie, mais niĂ©e au fond d’elle, et sombrant dans la folie de l’incomprĂ©hension en s’enfermant dans sa solitude intĂ©rieure et son dĂ©sespoir. Pourtant il y a aussi des scĂšnes et situations par trop invraisemblables pour faire accepter l’ensemble de l’intrigue, l’ami intime, gynĂ©cologue, le mari rĂȘveur qui ne comprend dĂ©cidĂ©ment rien, la mĂšre qui dĂ©couvre sa fille dans un Ă©tat second et ne rĂ©agit pas… Alors bien sĂ»r, il s’agit d’un premier roman, avec ses imperfections forcĂ©ment, mais j’ai eu un peu de mal Ă  ĂȘtre touchĂ©e, et surtout convaincue par cette brutalitĂ© des mots, de l’écriture, brusque, ardente, rĂ©aliste et terriblement violente. Il est difficile pourtant de lĂącher ce roman, tant la descente aux enfers de cette jeune femme Ă©meut, bouleverse, dĂ©range. Étrange attirance d’ailleurs, car la violence du verbe et la fin dramatique sont connus des lecteurs dĂšs les premiĂšres pages


💙💙💙


Catalogue éditeur : Albin Michel

« Au cƓur de la nuit, face au mur qu’elle regardait autrefois, bousculĂ©e par le plaisir, le malheur du bas lui apparaĂźt telle la revanche du destin sur les vies jugĂ©es trop simples. »
Dans ce premier roman suffoquant, InĂšs Bayard dissĂšque la vie conjugale d’une jeune femme Ă  travers le prisme du viol. Un rĂ©cit remarquablement dĂ©rangeant.

Édition brochĂ©e 18.50 € / 22 AoĂ»t 2018 / 140mm x 205mm / EAN13 : 9782226437792

Les prĂ©noms Ă©picĂšnes. AmĂ©lie Nothomb

Pour renouer le temps d’un roman avec l’écriture lapidaire et le sens de la tragĂ©die (moderne) d’AmĂ©lie Nothomb, lire « Les prĂ©noms Ă©picĂšnes »

Domi_C_lire_les_prenoms_epicenes_amelie_nothomb_albin_michel.jpgDans ce roman il y a deux de mes prĂ©noms, Dominique et Claude, l’un est Lui, l’autre est Elle. VoilĂ  ce que sont les prĂ©noms Ă©picĂšnes, ceux qui sont tant masculins que fĂ©minins 
 Ennui des parents, manque d’imagination, incertitude sur celui ou celle qui arrive et qui n’était pas celui ou celle que l’on attendait ? Toujours est-il que dans le roman d’AmĂ©lie Nothomb Claude rencontre Dominique

Claude est amoureux de sa Reine, avec elle l’amour semble une Ă©vidence depuis cinq ans, mais elle le quitte pour Ă©pouser Jean-Louis. Car avec lui la vie confortable est une Ă©vidence, pas forcĂ©ment l’amour, mais Reine est une jeune femme qui veut rĂ©ussir sa vie, enfin, au moins en apparence.

Un jour, Dominique rencontre Claude Ă  la terrasse d’un cafĂ© de province. Un verre de champagne, quelques bavardages et quelque coups de tĂ©lĂ©phone plus tard, voilĂ  Dominique et Claude mari et femme. Ils s’installent Ă  Paris. La vie passe, une fille va naitre, nommĂ©e ÉpicĂšne, en rapport avec leurs deux prĂ©noms, le succĂšs professionnel est au rendez-vous pour Claude, mais une soif de s’élever dans la sociĂ©tĂ© le taraude, il demande Ă  Dominique de se rapprocher d’une famille qui va lui permettre de rĂ©aliser ses rĂȘves de grandeur.

Dans tout ce roman se pose la question de ce que veut rĂ©ellement dire aimer, son mari, sa femme, sa fille, son pĂšre
 Et surtout comment ÉpicĂšne, cette fille qui nait de l’union de Claude et Dominique, mais que son pĂšre ne saura jamais aimer,  peut-elle se construire ? Car peut-on aimer un parent qui ne vous aime pas ? Cruelle dĂ©monstration de haine partagĂ©e, Claude n’aime pas sa fille, comme si elle n’existait tout simplement pas, sa fille se paye donc ce luxe inouĂŻ et destructeur de dĂ©tester ce pĂšre absent et tellement Ă©goĂŻste.

Ce qui est Ă©tonnant dans les romans d’AmĂ©lie Nothomb, c’est toujours qu’en si peu de mots, si peu de pages, l’essentiel du message qu’elle veut faire passer est dit. La substantifique moelle des sentiments, amour, haine, violence, dĂ©sespoir, est tirĂ©e, mise en exergue. Tout est lĂ , vengeance, amour, colĂšre, tout est ressenti au plus profond de soi, c’en est parfois glaçant ! Avec ce roman, je renoue un peu avec l’engouement que j’avais connu en lisant Stupeur et tremblement, mais qui m’avait pourtant abandonnĂ©e par la suite.

Citation :

-J’ai Ă©crit une thĂšse sur le verbe « to crave ».
-Peux-tu traduire ?
-Cela signifie « avoir un besoin éperdu de »
To crave. Eh bien, c’était le verbe de ma vie et je ne le connaissais pas. J’en ai pourtant sacrĂ©ment explorĂ© le sens.

💙💙💙


Catalogue éditeur : Albin-Michel

« La personne qui aime est toujours la plus forte. »

17.50 € / 22 AoĂ»t 2018 / 130mm x 200mm / EAN13 : 9782226437341

Les mains dans les poches, Bernard Chenez

Quelques chapitres, quelques mots, quelques lignes pour retracer des instants, des rencontres, une vie … C’est la balade que nous propose Bernard Chenez dans « Les mains dans les poches ».

Domi_C_Lire_les_mains_dans_les_poches_bernard_chenez.jpgBernard Chenez se promÚne Les mains dans les poches et pense à son enfance, à sa vie, à son passé. Il  relate des événements posés çà et là, pas forcément de façon chronologique, mais qui semblent arriver au hasard des rencontres, des envies, des souvenirs.

Du gamin qui se lĂšve tĂŽt pour tenter de gagner quelques sous Ă  l’homme d’aujourd’hui, de l’adolescent qui dĂ©couvre l’amour sombre, romantique, clandestin, Ă  celui qui dĂ©couvre l’anarchie, la vraie, de l’étudiant sĂ©rieux Ă  celui qui manifeste, une vie dĂ©file. Heureuse parfois, nostalgique parfois, belle souvent.

Il y a les souvenirs, il y a les parents, la famille et la vie, les batailles d’indiens,  imaginaires, le bord de mer, les barricades et les rĂ©voltes, le bleu de travail que l’on porte Ă  l’usine, les chagrins et les amours. Mais il y a Ă©galement une certaine nostalgie Ă  se remĂ©morer ceux qui ne sont plus, amis, amantes, parents. Et tout au long des pages une dose de tendresse pour l’enfant ou l’adolescent que l’homme a Ă©tĂ© un jour, pour celui qui n’est plus mais qui continue Ă  vivre dans les rĂ©miniscences de ces instants de vie. Comme tout un chacun en somme, mais ici c’est joliment dit, avec une vraie poĂ©sie.

Car ce livre, qui n’est ni tout Ă  fait un roman, ni vraiment un rĂ©cit, est Ă  lire au hasard. Juste ouvrir un chapitre, vivre avec l’auteur quelques instants, se souvenir de l’enfant, de l’adolescent puis de l’homme qu’il a Ă©tĂ©, comprendre et aimer, la vie, la mort peut-ĂȘtre aussi


J’ai aimĂ© l’image de ce train que l’on prendrait Ă  l’envers, comme pour remonter le temps de la vie… mais en partant dans tous les sens Ă  la fois. Alors mĂȘme si je ne me suis jamais vraiment attachĂ©e au personnage, j’ai aimĂ© dĂ©couvrir ses souvenirs et le tĂ©moignage qu’il nous donne d’une Ă©poque qui semble parfois rĂ©volue.

Quelques citations


Ma mĂšre n’est morte ni le jour, ni l’heure, ni mĂȘme Ă   la seconde de son dernier souffle

Les mÚres choisissent le moment. Elles nous ont donné le premier souffle de vie, elles nous confient le premiÚre heure de leur mort.

Les pÚres ne meurent pas, ils disparaissent de la mémoire en mer, fût-elle faite de tubes de couleur et de toile.

Être anarchiste, ce n’est pas ĂȘtre adhĂ©rent d’un parti, c’est un Ă©tat d’esprit.

C’est la main qui voit, et l’Ɠil qui dessine.

💙💙💙


Catalogue Ă©diteur : HĂ©loĂŻse d’Ormesson

Pour percevoir Ă  nouveau l’odeur de l’encre et du plomb, pour sentir frĂ©mir le crayon sur le papier de son premier dessin, pour entendre ces rifs de guitare protestataires qui ont rythmĂ© ses combats, il fallait partir Ă  l’autre bout du monde et embrasser sa mĂ©moire
  Les mains dans les poches est une promenade nostalgique et poĂ©tique qui accepte et dĂ©pose enfin ses fantĂŽmes.

Paru le 16 aoĂ»t 2018 / ISBN : 978-2-35087-464-7 / Photo de couverture © Édouard Boubat/Rapho

L’homme de Grand Soleil. Jacques Gaubil

Et s’il fallait atteindre le grand nord pour retrouver l’Homme des origines, celui qui rĂ©side en chacun de nous ? L’homme de Grand Soleil, un joli premier roman de Jacques Gaubil

Domi_C_Lire_l_homme_de_grand_soleil_jacques_gaubil_premier_romanInstallĂ© au Canada depuis quelques annĂ©es, ce mĂ©decin a acceptĂ© d’aller une fois par mois soigner les habitants du village de Grand Soleil, tout en haut du QuĂ©bec, Ă  quelques heures d’avion et de voiture de MontrĂ©al, lĂ  oĂč il fait toujours si froid. Car on le comprend vite, tout au long de ces pages il fait vraiment frette comme on dit chez nos cousins, mais la chaleur est dans les mots, dans les gestes, les amitiĂ©s, les Ă©changes de ces hommes entre eux.
A Grand Soleil, les maisons et les hommes occupent tout l’espace, et de l’espace il y en a ! Tous sont plutĂŽt ĂągĂ©s, pas moins de soixante ans, et plutĂŽt portĂ©s sur cet alcool qui rĂ©chauffe et que l’on peut distiller tout Ă  loisir. De petits malheurs en grosses cirrhoses, il y a peu de choses Ă  soigner, mais il faut beaucoup Ă©couter, porter les mĂ©dicaments, ĂȘtre l’oreille et le soutien attentif des villageois.

Mais Ă  Grand Soleil il y a aussi une jeune femme, pas ben belle c’est sĂ»r, mais qui est trĂšs Ă©tonnante, par son langage chĂątiĂ© trĂšs vieille France. Son Ă©rudition littĂ©raire n’en finit pas de sĂ©duire et d’étonner notre bon docteur. Elle l’appelle un jour pour lui demander de soigner ClĂ©ophas, ce gĂ©ant mutique et solitaire qui vit chez elle et semble aller trĂšs mal. LĂ , en plus de ce patient peu ordinaire, il dĂ©couvre une immense bibliothĂšque et surtout un livre ancien aux riches enluminures, un de ces livres qui plairaient tant Ă  son ami spĂ©cialiste d’incunables.

De contrĂŽles en examens mĂ©dicaux, le bon docteur Leboucher n’est pas au bout de ses surprises. Surtout lorsque  se pose la question de la persistance d’un sang proche de Neandertal coulant dans les veines de ClĂ©ophas. Mais ces deux trouvailles aussi extraordinaires l’une que l’autre ne peuvent-elles pas perturber l’équilibre de Grand Soleil ? Ne sont-elles pas  avant tout deux trĂ©sors inestimables Ă  protĂ©ger et Ă  garder secrets


L’auteur nous fait naviguer d’une ville urbanisĂ©e et contemporaine Ă  un espace quasiment vierge de toute civilisation – la preuve en Ă©tant la pĂ©rennitĂ© en ces terres d’un spĂ©cimen issu de nĂ©anderthalien ! – comme une Ă©vidence face Ă  nos vies si polluĂ©es par les technologies, la science, tout ce qui va trop vite et nous fait oublier l’essentiel : l’humain qui rĂ©side au plus profond de chacun d’entre nous. Et s’il fallait poser nos smartphones, nos tĂ©lĂ©s, nos voitures, pour nous retrouver face Ă  nous-mĂȘme et Ă  nos semblables, pour enfin nous parler vraiment ? Un joli premier roman portĂ© par une belle Ă©criture, ponctuĂ©e de rĂ©fĂ©rences littĂ©raires et philosophiques jamais lourdes ni envahissantes.  J’y vois Ă  la fois une critique acerbe de nos civilisations qui oublient l’Homme qui vit en nous et prĂšs de nous, et un appel Ă  nous recentrer sur l’essentiel.

💙💙💙


Catalogue éditeur : Paul & Mike

Un mĂ©decin de MontrĂ©al se rend tous les mois Ă  Grand Soleil, un village perdu dans le QuĂ©bec arctique. Docteur de l’ñme autant que du corps, il y rencontre ClĂ©ophas, un patient particulier. ConservĂ© par le froid qui a saisi cette partie du Canada, l’homme de Grand Soleil a vĂ©cu cachĂ©, il n’a rien Ă©crit, rien accompli de notable et personne ne le connaĂźt. Pourtant son apparition va tout bouleverser, sous le regard impuissant du mĂ©decin, tĂ©moin d’un monde qui se dĂ©lite.

Avec une plume intelligente, incisive et souvent drĂŽle, Jacques Gaubil dresse un portrait froid et parfois cruel de l’homme moderne, tout en proposant un rĂ©cit bienveillant et chaleureux.

ISBN : 9782366511079 / 248 pages / Format 133 x 203 / 16.00€

 

Apprendre Ă  lire. SĂ©bastien Ministru

Un pĂšre, un fils et un prostituĂ© forment un trio Ă©mouvant et singulier pour des retrouvailles avec l’enfance, la vie, la mort dans ce premier roman de SĂ©bastien Ministru « Apprendre Ă  lire »

Domi_C_lire_apprendre_a_lire-sebatien_ministru_68_premiers_romans.jpgQuand son vieux pĂšre de quatre-vingt ans lui demande de lui apprendre Ă  lire, c’est forcĂ©ment avec Ă©tonnement puis un peu d’apprĂ©hension  qu’Antoine entend sa supplique. Lorsqu’il se rend compte qu’il n’a ni le talent ni la patience requis pour l’enseignement, il cherche comment satisfaire ce gĂ©niteur impatient, grincheux, si difficile et rude sans sombrer dans la colĂšre ou l’énervement.

A bientĂŽt soixante ans, Antoine n’a rien d’un instituteur en herbe. Aussi lorsqu’au hasard de ses rencontres amoureuses tarifĂ©es – sa relation de couple avec Alex est depuis longtemps devenue platonique –  il fait briĂšvement la connaissance de  Ron qui rĂȘve de devenir instituteur. Il l’engage pour apprendre Ă  lire Ă  son pĂšre.

VoilĂ  donc un fils qui n’a jamais vraiment avouĂ© son homosexualitĂ© Ă  son pĂšre et ne sais toujours pas ce qu’il en pense. Et un pĂšre analphabĂšte qui a dĂ» quitter l’école tout jeune lorsque son propre pĂšre l’a envoyĂ© berger dans la montagne sarde,  seul dans les nuits si terrifiantes pour un jeune garçon qui a mĂȘme peur de son chien. Ils s’étaient Ă©loignĂ©s l’un de l’autre depuis le dĂ©cĂšs de la mĂšre, sans doute parce que aucun n’a su communiquer sur ce moment si douloureux de leur vie commune.

Le premier roman de SĂ©bastien Ministru Apprendre Ă  lire est une histoire d’amour et de rapprochement entre un pĂšre et un fils. PortĂ© par une belle Ă©criture, fluide et concise. C’est Ă©galement un roman qui aborde plusieurs thĂšmes importants,  l’immigration, la filiation, la vie de couple, l’homosexualitĂ©, la fidĂ©litĂ©, la prostitution bien sĂ»r, et en fil rouge l’analphabĂ©tisme qui touche souvent plus de monde que ce que l’on imagine, y compris parfois autour de soi.

MĂȘme si c’est un roman qui se lit avec plaisir, il m’a manquĂ© un petit quelque chose pour ĂȘtre embarquĂ©e. Un peu plus de rĂ©alitĂ©, de sentiments de la part du fils ? Un peu moins de mystĂšre autour de Ron ? En fait je crois que je n’ai ressenti aucune rĂ©elle empathie pour l’un ou l’autre des hommes de ce trio.

💙💙💙


Catalogue éditeur : Grasset

Approchant de la soixantaine, Antoine, directeur de presse, se rapproche de son pĂšre, veuf immigrĂ© de Sardaigne voici bien longtemps, analphabĂšte, acariĂątre et rugueux. Le vieillard accepte le retour du fils Ă  une condition : qu’il lui apprenne Ă  lire. DĂ©sorientĂ©, Antoine se sert du plus inattendu des intermĂ©diaires : un jeune prostituĂ© aussitĂŽt bombardĂ© professeur. S’institue entre ces hommes la plus Ă©tonnante des relations. Il y aura des cris, il y aura des joies, il y aura un voyage.
Le pĂšre, le fils, le prostituĂ©. Un triangle sentimental qu’on n’avait jamais montrĂ©, tout de rage, de tendresse et d’humour. Un livre pour apprendre Ă  se lire.

L’auteur : Journaliste, chroniqueur vedette Ă  la radio belge, auteur de piĂšces de thĂ©Ăątre Ă  succĂšs (Cendrillon, ce macho s’est jouĂ©e pendant huit ans), SĂ©bastien Ministru vit Ă  Bruxelles. Apprendre Ă  lire est son premier roman.  (Source Grasset)

Premier roman – collection Le Courage dirigĂ©e par Charles Dantzig / Parution : 10/01/2018 / Pages : 160 / Format : 140 x 205 mm / Prix : 17.00 € / Prix du livre numĂ©rique: 11.99 € / EAN : 9782246813996

50 nuances de Grecs. Jul & Charles PĂ©pin

Quand deux auteurs revisitent allĂ©grement la mythologie grecque, en y apportant une belle touche d’humour et une certaine dose d’exactitude.

Domi_C_Lire_50_nuances_de_grecs.jpgComment apprendre en s’amusant ? Dans 50 nuances de Grecs. EncyclopĂ©die des mythes et des lĂ©gendes les auteurs Jul & Charles PĂ©pin  s’en donnent Ă  cƓur joie.

D’un cĂŽtĂ©, une page dessinĂ©e pour situer un contexte, de l’autre, un texte pour expliquer. En page de garde, une galerie de portraits, des Dieux, demi-Dieux, dĂ©esses de cet olympe largement moquĂ© par les auteurs.

Ou comment redonner vie aux mythes anciens ? En leur donnant des airs trĂšs actuels, en prenant des exemples Ă  la tĂ©lĂ©, dans les rĂ©seaux sociaux, l’actualitĂ©, qu’elle soit heureuse ou dramatique, personnelle ou internationale ; tout y passe et tout est bon pour donner envie et faire passer un message bien plus actuel qu’il n’y parait ; car enfin, si les grands mythes perdurent, n’est-ce pas parce qu’il ont prouvé leur Ă©ternelle rĂ©alité ?

C’est  Ă  la fois plein de malice et assez sĂ©rieux pour qu’on ait envie de lire les textes ; ils sont Ă©galement assez  conceptualisĂ©s pour les relier au prĂ©sent et Ă  notre modernitĂ© parfois de pacotille, mais bien rĂ©elle dans l’esprit des jeunes ; alors faire appel Ă  leur cadre de vie pour leur parler d’Histoire, pourquoi pas !

💙💙💙


Catalogue éditeur : Dargaud

« 50 Nuances de Grecs » remet en scĂšne les plus grands mythes de l’AntiquitĂ© grecque dans les situations les plus actuelles… Hercule Ă  AcropĂŽle-Emploi, Zeus chez son avocate pour nĂ©gocier les pensions alimentaires, Icare lançant une compagnie aĂ©rienne low-cost ou le dieu Pan mis en examen pour ses liens avec un proxĂ©nĂšte surnommĂ© « Dionysos-la-Saumure »… : Retrouvez l’Olympe au grand complet, Ă  travers notre hĂ©ritage commun.

Avec leur Ɠil malicieux et leur art du dĂ©tournement, Jul et PĂ©pin revisitent ce patrimoine mythologique, dans une encyclopĂ©die drĂŽle et savante, oĂč dĂ©filent tous les travers de notre sociĂ©té !

Dessinateur :  Jul / Scénariste : Charles Pépin

Genre : Humour / Public : Ado-adulte – Ă  partir de 16 ans / Pagination. 88 pages / Format. 225×298 / EAN. 9782205076073

 

Les aventures de Spirou et Fantasio ; le triomphe de Zorglub, Bocquet, Cossu & Sentenac

Vous ĂȘtes fans de Spirou et Fantasio ? Alors ce nouvel opus Ă  l’humour dĂ©calĂ© est pour fait vous.

Domi_C_Lire_spirou_et_fantasio.jpgC’est enfin arrivĂ©, les aventures de Spirou et Fantasio vont ĂȘtre adaptĂ©es au cinĂ©ma. Alors quand Fantasio vient passer les castings pour jouer son propre personnage, il est bien surpris et déçu de ne pas ĂȘtre choisi ; aurait-il oubliĂ© que le temps passe pour tout le monde, et que sa jeunesse est loin.

Mais quand avec Spirou ils se penchent sur le scĂ©nario du film de leur vie, quelle surprise ! Ils ont Ă©tĂ© transformĂ©s en personnages aussi peu sympathiques que recommandables pour le seul plaisir d’un producteur dont les traits rappellent de bien mauvais souvenirs aux deux compĂšres et Ă  Seccotine.

La lutte s’engage alors, avec ses gags et ses rebondissements, pour rendre un peu de dignitĂ© Ă  leurs hĂ©ros maladroitement transformĂ©s par Zorglub.

Pour une fois, voilĂ  une BD adaptĂ©e d’un film, et pas le contraire, ça change.  Dessins trĂšs agrĂ©ables, quelques gags sympathiques pour un ensemble qui se laisse lire. MĂȘme si elle ne me laissera sans doute pas un immense souvenir.

💙💙💙


Catalogue Ă©diteur : Dupuis

Cool ! les aventures de Spirou et Fantasio vont ĂȘtre adaptĂ©es au cinĂ©ma ! Impatient de devenir une vedette du grand Ă©cran, Fantasio postule pour son propre rĂŽle… et se fait recaler (« trop vieux pour le rĂŽle Â») !
TrĂšs vexĂ©, il dĂ©prime. Spirou, pour lui remonter le moral, lui propose de se faire engager comme journaliste sur le tournage. Sur le plateau, Spirou est un peu surpris par l’acteur qui joue son rĂŽle (« un type lisse et sans aucune personnalitĂ© Â») alors que le comĂ©dien est son sosie parfait. Lire la suite


Par Olivier Bocquet, Brice Cossu & Alexis Sentenac

Album cartonnĂ© – 60 pages en couleurs / Hauteur : 300 mm / Largeur : 218 mm / ISBN : 9782800174594 / PVP : 12.00EUR / Parution le 26/01/2018 / Genre : Action / Collection : Dupuis « Tous Publics » / Age du lectorat : 9+

Dans l’eau je suis chez moi, Aliona Gloukhova

Dans son roman autobiographique « Dans l’eau je suis chez moi » Aliona Gloukhova suit toutes les pistes qui mĂšnent jusqu’aux eaux noires qui ont englouti son pĂšre. A la recherche de sa propre vie et pour enfin comprendre qui elle est ?

Mon pĂšre a disparu et a laissĂ© une porte ouverte derriĂšre lui. On Ă©tait obligĂ© de l’attendre, on ne savait pas s’il Ă©tait parti dĂ©finitivement ou s’il pensait revenir. 

Domi_C_Lire_dans-l-eau_je_suis_chez_moi

Aliona  n’a que onze ans lorsqu’elle apprend que son pĂšre a disparu lors d’un naufrage en mer. Parti au loin, Ă  Istanbul, pour enfin voguer sur cette mer qui l’a tant attirĂ© toute sa vie, lui pour qui les voyages Ă©taient quasiment impossibles, Ă  Minsk et dans la BiĂ©lorussie des annĂ©es 90
. Et comment peut-on faire son deuil quand il ne reste que le vide et Ă  jamais une dose d’incertitude ?

Dans ce roman, car c’est un roman malgrĂ© tout, la petite fille devenue femme part Ă  la recherche de ce pĂšre, des instants volĂ©s Ă  sa mĂ©moire, des souvenirs de ceux qui en ont encore, du pourquoi ne se souvient-on pas que ce sont les derniers instants passĂ©s avec ceux qu’on aime, et pourquoi n’est-on pas capable de les vivre pleinement. Car la disparition est toujours soudaine, bouleversante, dĂ©chirante, et laisse cet amer goĂ»t de manque, d’absence, de vide.

Aliona  cherche son pĂšre. Son pĂšre et sa dipsomanie – une maladie – qui lui fait chercher l’oubli dans l’alcool, encore et toujours, jusqu’à la dĂ©chĂ©ance, pour affronter un avenir sans doute pas si enthousiasmant que ça. Son pĂšre et la famille qui le soutien mais qui parfois est excĂ©dĂ©e, sa femme, ses enfants, Slavka, le fils d’un premier mariage, un divorce comme une tare dans la BiĂ©lorussie communiste, son exclusion justement du parti communiste qui ne veut plus de lui. L’alcool comme un remĂšde Ă  la peur, de sortir, de vivre une autre vie que celle dont on rĂȘve, pour oublier l’enfant mort, pour oublier les frustrations peut-ĂȘtre.

C’est un Ă©tonnant roman que propose Aliona Gloukhova Ă  ses lecteurs. Un vĂ©ritable travail d’introspection familiale dans lequel elle va puiser pour trouver les traces de son passĂ©, et tracer un avenir oĂč il faudra se reconstruire sans, sans le pĂšre, la mĂ©moire, sans une certaine forme d’enfance, pour avancer bien droit vers demain.

«A quoi pense-t-il mon pĂšre, quand il monte sur le Tango ? Est-ce qu’il sent ce petit bruit, un grincement qu’on entend quand notre vie change d’un coup, a pris une dĂ©cision prĂ©cipitĂ©e, est-ce qu’il comprend qu’il va partir beaucoup plus loin qu’il ne l’avait prĂ©vu, est-ce qu’il sent que la mer qu’il avait portĂ©e en lui tout sa vie et qui l’étouffait, est-ce qu’il sent qu’à cet instant cette mer commence Ă  se libĂ©rer ? 

💙💙💙


Catalogue éditeur : Verticales

«Je ne sais pas si Istanbul garde toujours les traces de ce qui s’est passĂ©, je ne sais pas si je peux apprendre d’autres choses sur mon pĂšre. Ou peut-ĂȘtre le sais-je, mais je fais comme si je pouvais encore faire durer son histoire, je me mets Ă  sa place et je suis toutes les pistes, mĂȘme les fausses.»
Le 7 novembre 1995, alors qu’elle a onze ans, Aliona apprend que son pĂšre a disparu lors du naufrage d’un voilier au large de la Turquie. Contre-enquĂȘte initiatique menĂ©e Ă  partir des lambeaux de souvenirs de la petite fille devenue adulte, ce roman ausculte l’impalpable attente, tout en inventant un destin Ă  cet homme absent.

128 pages, 140 x 205 mm  / parution : 11 janvier 2018 / Époque : XXIe siùcle / ISBN : 9782072761096/  Prix : 13,00 €

Seuls les enfants savent aimer, Cali

Seuls les enfants savent aimer, le premier roman de Cali est un retour vers l’enfance, vers un souvenir prĂ©gnant qui a marquĂ© sa vie Ă  jamais, le dĂ©cĂšs de sa mĂšre.

Domi_C_lire_seuls-les-enfants-savent_aimer_caliAlors qu’il a 6 ans, le jeune Bruno voit sa vie basculer avec la mort de sa mĂšre, une jeune femme de trente-trois ans. Bien sĂ»r, il y avait des semaines qu’elle luttait contre la maladie, qu’elle Ă©tait partie Ă  l’hĂŽpital, mais elle Ă©tait revenue Ă  la maison.
« Tu es revenue. Pour partir à jamais. »

Une plaie ouverte qui ne se refermera pas. Il n’a pas Ă©tĂ© autorisĂ© Ă  accompagner Ă  son enterrement celle qu’il aime par-dessus tout, qui compte tant pour lui, trop jeune, trop fragile. C’est dans une piĂšce obscure de la maison qu’il va deviner, inventer, la mise en terre, les adieux, pourtant passage quasi obligĂ© pour la plupart des vivants pour arriver Ă  faire son deuil de celui qui part. Un amour filial dont personne dans la famille n’a su prendre la mesure.

Des annĂ©es aprĂšs, celui qui s’appelle pour nous tous Cali, va enfin Ă©crire, avec les mots du petit garçon de cette Ă©poque, la perte, le chagrin, les Ă©vĂšnements qui ont bouleversĂ© son horizon, pendant les mois qui vont suivre le deuil.

Un pĂšre qui meurt peu Ă  peu de l’absence et sera plus souvent au cafĂ© qu’à la maison, une grande sƓur qui tente tant bien que mal de pallier au manque en faisant les tĂąches mĂ©nagĂšres de cette mĂšre disparue, la famille qui ne trouve rien de mieux que de dĂ©truire toute trace de celle qui est dĂ©cĂ©dĂ©e, en brulant tout, scĂšne marquante du roman j’avoue. Puis il y a l’école, Carole, celle qui focalise tous les sentiments de Bruno, son amour sans retour, Alec, le meilleur ami, celui des secrets, des bĂȘtises, des cĂąlins aussi, enfin le dĂ©part en colonie, comme une punition suprĂȘme, un Ă©loignement de plus du lieu oĂč repose sa mĂšre.

Des souvenirs forts pour l’enfant qui sont tantĂŽt Ă©crits avec le langage du petit garçon, tantĂŽt avec celui du poĂšte, mais qui du coup tiennent Ă©galement le lecteur Ă  distance de la douleur. Mais sans doute est-ce voulu, pour tenir l’adulte qu’il est devenu Ă©galement Ă  distance de cette douleur si prĂ©gnante et destructrice ? Alors comment dire, il m’a manquĂ© un petit quelque chose pour ĂȘtre emballĂ©e, mĂȘme si j’ai Ă©tĂ© touchĂ©e par ce premier roman d’un homme qui sait jouer avec les mots, y compris pour exprimer le chagrin et la perte, l’incomprĂ©hension et la manque.

Mes poings fous tambourinent Ă  la porte de l’église.
Celle de la mort, des enterrements.
« Il est oĂč, Dieu ? »

. Je dois lui parler seul à seul. Et comprendre
.

💙💙💙

Lire également les chroniques de Nath Le boudoir de Nath, de HCh Dahlem Ma collection de livres,  et de Joëlle Les livres de Joëlle


Catalogue Ă©diteur : le Cherche Midi

Seuls les enfants savent aimer.
Seuls les enfants aperçoivent l’amour au loin, qui arrive de toute sa lenteur, de toute sa douceur, pour venir nous consumer.
Seuls les enfants embrassent le dĂ©sespoir vertigineux de la solitude quand l’amour s’en va.
Seuls les enfants meurent d’amour.
Seuls les enfants jouent leur cƓur à chaque instant, à chaque souffle.
À chaque seconde le cƓur d’un enfant explose.
Tu me manques Ă  crever, maman.
Jusqu’Ă  quand vas-tu mourir ?

Date de parution : 18/01/2018 / EAN : 9782749156385 / Nombre de page : 188

DiĂȘn BiĂȘn Phu, Marc Alexandre Oho Bambe

Dans DiĂȘn BiĂȘn Phu, le roman de Marc Alexandre Oho Bambe, il y a l’Indochine et la guerre pour les colonies françaises, l’amour et l’amitiĂ©, un homme au combat qui dĂ©couvre l’amour, un homme perdu qui part chercher son amour.

Domi_C_Lire_dien_bien_phu_marc_alexandre_oho_bambeA Ðiện BiĂȘn Phủ, en mai 1954, Alexandre et tant d’autres combattent sans merci le vietminh. Mais malgrĂ© l’enthousiasme de milliers d’hommes venus de mĂ©tropole ou des colonies pour reprendre le Tonkin, les mois de combats dans la cuvette de DiĂȘn BiĂȘn Phu ne suffiront pas pour sauver le bastion français d’Indochine. Le gĂ©nĂ©ral Giap gagne son pari, c’est la fin du combat du tigre contre l’élĂ©phant
La guerre est toujours tellement absurde quant au final il n’y a plus de combattants mais seulement des frĂšres d’armes, des frĂšres de batailles perdues, car dans un combat, longtemps aprĂšs, il ne reste que des perdants


Pourtant, Alexandre le mal mariĂ© Ă  la douce Mireille, parti au front sans trop d’espoir si ce n’est celui de sauver l’honneur de la France, va rencontrer Ă  HanoĂŻ une amitiĂ© indĂ©fectible et l’amour absolu en la personne de MaĂŻ lan. Alexandre a fait la guerre, Alexandre a rencontrĂ© l’amour
 C’est comme un raz de marĂ©e balayant tout sur son passage et l’homme qui revient ne sera plus jamais comme avant.

MalgrĂ© une vie rangĂ©e auprĂšs de sa femme, des enfants, un mĂ©tier, vingt ans aprĂšs Alexandre quitte tout. Il revient Ă  Hanoi pour retrouver Mai Lan, celle qui lui a fait dĂ©couvrir l’amour, supporter la vie, la mort, la guerre, les batailles et les conflits, par son regard, sa douceur, son visage de lune. Mais est-ce aussi simple de tout quitter et de retrouver celle dont il ne possĂšde qu’un prĂ©nom, un souvenir, une unique photo ? Qu’importe, il part, sachant au fond de lui que c’est pour un voyage sans retour.

MĂȘme s’il se passe en partie en temps de guerre, il y a beaucoup de dĂ©licatesse dans ce roman Ă©tonnant ponctuĂ© de poĂšmes Ă  MaĂŻ Lan, l’aimĂ©e, de lettres Ă  Alassane Diop, le camarade de rĂ©giment, le sauveur. Vingt ans d’une vie qui se dĂ©roule sous nos yeux et dans les souvenirs et les regrets d’Alexandre. Il y a surtout la force de l’amour, la beautĂ© des sentiments partagĂ©s, la sollicitude et l’oubli de soi d’une Ă©pouse amoureuse, la tristesse de plusieurs vies gĂąchĂ©es par des annĂ©es de guerre, par le bal des puissants qui se partagent le monde sans trop se soucier des consĂ©quences humaines de leurs choix.

💙💙💙


Catalogue éditeur : Sabine Wespieser

Étrangement, j’avais le sentiment de devoir quelque chose Ă  cette guerre : l’homme que j’étais devenu et quelques-unes des rencontres les plus dĂ©terminantes de ma vie.
Étrangement, j’avais trouvĂ© la clĂ© de mon existence, l’amour grand et l’amitiĂ© inconditionnelle.
En temps de guerre.
Au milieu de tant de morts, tant de destins brisés.

Vingt ans aprĂšs DiĂȘn BiĂȘn PhĂč, Alexandre, un ancien soldat français, revient au ViĂȘtnam sur les traces de la « fille au visage lune » qu’il a follement aimĂ©e. L’horreur et l’absurditĂ© de la guerre Ă©taient vite apparues Ă  l’engagĂ© mal mariĂ© et dĂ©sorientĂ© qui avait cĂ©dĂ© Ă  la propagande du ministĂšre. Au cƓur de l’enfer, il rencontra les deux ĂȘtres qui le rĂ©vĂ©lĂšrent Ă  lui-mĂȘme et modelĂšrent l’homme Ă©pris de justice et le journaliste militant pour les indĂ©pendances qu’il allait devenir : MaĂŻ Lan, qu’il n’oubliera jamais, et Alassane Diop, son camarade de rĂ©giment sĂ©nĂ©galais, qui lui sauva la vie.

Avec ce roman vibrant, intense, rythmĂ© par les poĂšmes qu’Alexandre a pendant vingt ans Ă©crits Ă  l’absente, Marc Alexandre Oho Bambe nous embarque dans une histoire d’amour et d’amitiĂ© Ă©perdus, qui est aussi celle d’une quĂȘte de vĂ©ritĂ©.

Premier roman / Disponible en librairie au prix de 19 €, 232 p. environ / ISBN : 978-2-84805-282-3 / Date de parution : FĂ©vrier 2018