K.O. Hector Mathis

K.O. ou chaos ? Et si c’était la question que pose finalement ce premier roman d’Hector Mathis…

Domi_C_Lire_k_o_hector_mathis_premier_roman_buchet_chastel.jpgPar un soir étrange, dans la cabane du garde-chasse en bordure d’un château tout au fond de la forêt, au son d’un saxo joué ou imaginé par le vieux Archibald, qui tousse et écoute, écoute et tousse, le lecteur emboite le pas de Sitam. Le narrateur est un jeune homme amateur de jazz, poète à ses heures – un double romancé de l’auteur peut-être ? – tout comme Sitam pourrait être un double imparfait et inversé de Mathis ?

Avant cette cabane, avant cette rencontre, il y a eu Paris, un logement prêté, une vie de bohème. Sitam et sa môme Capu,  fauchés comme les blés, s’aiment en musique en savourant chaque seconde. Puis survient le chaos, les coups de feu, les attentats, les bombes et la ville qui bientôt  pourrait se refermer sur eux. Ils partent, vite, loin, vers Grisaille, l’ancienne ville de Sitam…

Cette fuite sonne le début de leur longue marche à travers la campagne vers la zone, la banlieue, puis l’autre ville. Rejoints par Benji, amoureux fou d’une aubergiste folle, la vie passe loin du vacarme. Jusqu’au jour où… Là ce sera non pas seulement la banlieue, mais Amsterdam, une autre ville, une autre langue, un autre pays.

Au même moment, Sitam ressent d’étranges douleurs. Examens, hôpital, personnel soignant débordé, la maladie est là, sournoise, qui va le détruire peu à peu. Une fois de plus, il quitte tout.

Dans le rythme et le style du personnage principal, il y a un soupçon de la course effrénée du voyageur au bout de la nuit… Dans cette fuite, dans la maladie, la folie, la pauvreté, mais aussi la solidarité des va-nu-pieds, l’amitié, la poésie parfois. C’est écrit dans un style étonnant, mais qui m’a rapidement lassée, surtout dans la relation avec Archibald. Car cette écriture m’a comment dire, fatiguée. Il m’a manqué quelque chose, un je ne sais qui qui m’aurait rendu attachants ces différents personnages. Là je les ai à peine survolés, sans pouvoir réellement ni les entendre, ni les comprendre, ni les aimer ou les haïr d’ailleurs.

Dans ce texte il y a pourtant la musique et la musicalité des mots, l’écriture et la poésie, c’est rythmé et ça balance parfois comme la vie, bercé par l’éphémère et le provisoire, mais trop sans doute. Alors il m’a manqué un je ne sais quoi, peut-être parce que ce rythme m’a rappelé d’autres auteurs et surtout m’a embarquée dans trop de situations ?

💙💙


Catalogue éditeur : Buchet-Chastel

Sitam, jeune homme fou de jazz et de littérature, tombe amoureux de la môme Capu. Elle a un toit temporaire, prêté par un ami d’ami. Lui est fauché comme les blés. Ils vivent quelques premiers jours merveilleux mais un soir, sirènes, explosions, coups de feu, policiers et militaires envahissent la capitale. La ville devient terrifiante…

Bouleversés, Sitam et Capu décident de déguerpir et montent in extremis dans le dernier train de nuit en partance. Direction la zone – « la grisâtre », le pays natal de Sitam. C’est le début de leur odyssée. Ensemble ils vont traverser la banlieue, l’Europe et la précarité…

Nerveux, incisif, musical, K.O. est un incroyable voyage au bout de la nuit. Ce premier roman, né d’un sentiment d’urgence radical, traite de thèmes tels que la poésie, la maladie, la mort, l’amitié et l’errance. Il s’y côtoie garçons de café, musiciens sans abris et imprimeurs oulipiens. Splendide et fantastique, enfin, y règne le chaos.

Date de parution : 16/08/2018 / Format : 11,5 x 19,0 cm / 208 p. / 15,00 € / ISBN 978-2-283-03148-3

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Ta vie ou la mienne. Guillaume Para

Avec « Ta vie ou la mienne » Guillaume Para signe un beau premier roman de vie et d’amour.

Domi_C_Lire_ta_vie_ou_la_mienne_guillaume_paraHamed Boutaleb vient du 93. Sevran-Bodottes pour qui s’y est perdu un soir, c’est quand même bien la zone. Orphelin à treize ans, il déménage chez son oncle et sa tante, à Saint-Cloud, il arrive dans un autre monde à quelques encablures pourtant de son point de départ, dans cette région parisienne si disparate et qui vous marque à jamais, suivant l’endroit où l’on nait…

L’enfance et l’adolescence se passent, Hamed est doué, très doué pour le foot, c’est aussi un gamin qui aime les autres. Lorsqu’il défend François, le petit blanc souffre-douleur des gamins du collège, une indéfectible amitié s’instaure entre les deux  garçons, amitié qui ne les quittera plus jamais. Un jour, François lui présente Léa, la belle, l’inaccessible dont il est secrètement amoureux. Cette fille si différente, arrivée des quartiers huppés de Saint-Cloud, et qu’Hamed aime en secret, amour déjà partagé par Léa.

Le père de François, ancien footballeur, donne des leçons à Hamed, leçon de sport, de foot, leçons de vie, et son coaching lui permet de rentrer dans l’équipe des jeunes footballeurs d’Auxerre.

Jusqu’au jour où Léa lui annonce qu’elle est enceinte, jusqu’au jour où Hamed veut la demander en mariage, jusqu’au soir fatal où leur vie bascule… Jusqu’au jour où, ta vie ou la mienne…

Ensuite, ce sera la prison, Fleury-Mérogis et sa violence, les coups et les humiliations, les trafics en tout genre, la duplicité des matons, les gangs du dehors qui se reforment pour le malheur des plus faibles. Seul le soutien de Jean-Louis, son compagnon de cellule, permet à Hamed de garder la tête hors de l’eau, mais quatre longues années feront de lui un tout autre homme. A sa sortie, la vie d’avant, l’amour, la sérénité, ne sont plus faits pour lui. Comment alors peut-il imaginer retrouver Léa, l’amitié, la famille, comme redevenir l’homme qu’il a toujours été au fond de lui.

Un roman découvert grâce aux 68 premières fois. Vous le commencez et vous ne pouvez pas le refermer avant d’avoir tourné la dernière page, l’œil parfois un peu humide. Un beau roman qui parle d’amour, d’amitié et d’hommes fiers et libres. Mais qui parle également de la violence des prisons, violence qui vous marque à jamais et vous fait devenir autre. De la difficulté à vivre ou à sortir de sa banlieue maudite, celle qui vous marque au fer rouge, comme une empreinte inavouable, et vous empêche de vivre bien, de vivre mieux, cette vie à laquelle vous avez pourtant droit. Car peut-on renier ses origines, et en est-on responsable toute sa vie ? Faut-il se sentir coupable même lorsqu’on a payé sa dette à la société, et le malheur doit-il se coller à vous comme une tique ?

J’ai aimé découvrir et suivre les destins croisés et parfois maudits de ces trois personnages si attachants. Il y a bien sûr quelques poncifs, mais malgré ces stéréotypes, le tout est bien écrit, plausible et touchant, on s’y laisse prendre et on espère que le prochain roman de ce jeune auteur saura tout autant nous retenir !

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Anne Carrière

Hamed Boutaleb naît à Sevran, en Seine-Saint-Denis. Orphelin à l’âge de huit ans, il part vivre chez son oncle et sa tante à Saint-Cloud, commune huppée de l’Ouest parisien. Pour la première fois, une existence sans adversité s’offre à lui. Hamed saisit sa chance et s’épanouit avec une passion : le football. Il brille dans le club de la ville, où il se lie d’amitié avec l’un de ses coéquipiers, François. À seize ans, le jeune homme tombe amoureux de Léa, qui appartient à un autre monde, la haute bourgeoisie. L’amour passionné qui les lie défie leurs différences et la mystérieuse tristesse qui ronge l’adolescente. Lire la suite…

ISBN : 978-2-8433-7886-7  / Nombre de pages : 250 / Parution : 9 février 2018 / Prix : 18 €

Une immense sensation de calme. Laurine Roux

 « Une immense sensation de calme » le premier roman étonnant de Laurine Roux tient plus du conte moderne que du roman classique. Il nous emporte dans un univers proche du merveilleux où la nature façonne les hommes.

Domi_C_lire_une_immense_sensation_de_calmeLes personnages évoluent dans un univers glacé qu’on imagine aux confins du monde, à une époque qui n’est jamais située exactement. On comprend vite qu’il y a moins d’une génération une guerre a détruit et transformé le pays dans lequel ils évoluent, guerre que les survivants, essentiellement les femmes et les enfants, se sont empressés de taire, n’évoquant plus à ce sujet que le Grand Oubli.

Alors Elle raconte. Elle raconte comment Igor, cet être étrange et sauvage, qui vit en totale synergie avec la nature qui l’entoure, est entré dans sa vie. Comment aussitôt c’est devenu son homme, elle est devenue femme. Elle avait été recueillie par une famille, après les décès d’Ama et Apa, après la mort de la grand-mère qui l’avait élevée. Ce jour-là, le jour de la rencontre avec Igor, elle sait qu’elle partira avec lui, faire sa vie avec lui dans cet univers glacé, si beau et parfois inamical.

Et peu à peu, une histoire se déroule où le légendes prennent corps, où apparaissent des baladins, où les villageois se montrent hostiles à l’inconnu, à l’étranger, où la mort rôde et détruit aussi. Les histoires s’imbriquent et peu à peu se dévoilent. Celle d’une fille mi poisson, mi femme, mais fille parricide qui enfantera et fuira en abandonnant son fils. Celle d’une ourse dressée qui élèvera un enfant orphelin. Celle de la vieille Grihsa, la plus belle fille du village mise à l’écart de tous, devenue sorcière et guérisseuse, qui soigne les enfants de l’orphelinat, ces oubliées de la vie rejetés par le village, qui soigne ensuite Igor le jour où la mort et le froid ont décidé de prendre sa vie si précieuse. Des filiations se dévoilent, des destins se précisent, comme un conte, une légende moderne dans laquelle évoluent sorcières, baladins et dresseurs d’ours.

Entre forêts et étendues glacées, entre montagne et mer, j’ai eu la sensation d‘entrer dans un univers hostile, hors du temps, où paysages et froidure sont prépondérants, où la nature sauvage et dure mais majestueuse prend le pas sur l’action des hommes. C’est un roman étonnant car il nous fait évoluer en dehors de tout cadre connu auquel se repérer… En même temps, sous des airs de conte moderne, l’auteur nous parle de liberté, d’amour fou et de passion, de don de soi et de différence, de solitude et de peur de l’inconnu, de repli sur soi, de rejet de la différence quelle qu’elle soit et d’égoïsme primaire. Et cependant tout au long de ces pages reste toujours une infime mais bien présente dose d’espoir en l’homme. Un premier roman très singulier, découvert avec les 68 premières fois, vers lequel je ne serais sans doute jamais allée…

💙💙💙


Catalogue éditeur : Les éditions du sonneur

Alors qu’elle vient d’enterrer sa grand-mère, une jeune fille rencontre Igor. Cet être sauvage et magnétique, presque animal, livre du poisson séché à de vieilles femmes isolées dans la montagne, ultimes témoins d’une guerre qui, cinquante ans plus tôt, ne laissa aucun homme debout, hormis les « Invisibles », parias d’un monde que traversent les plus curieuses légendes.
Au plus noir du conte, Laurine Roux dit dans ce premier roman le sublime d’une nature souveraine et le merveilleux d’une vie qu’illumine le côtoiement permanent de la mort et de l’amour.

Née en 1978, Laurine Roux vit dans les Hautes-Alpes où elle est professeur de lettres modernes.
Texte publié sous la direction de Marc Villemain.

ISBN : 9782373850765 / Pages : 128 / Parution : 15 mars 2018

L’homme de Grand Soleil. Jacques Gaubil

Et s’il fallait atteindre le grand nord pour retrouver l’Homme des origines, celui qui réside en chacun de nous ? L’homme de Grand Soleil, un joli premier roman de Jacques Gaubil

Domi_C_Lire_l_homme_de_grand_soleil_jacques_gaubil_premier_romanInstallé au Canada depuis quelques années, ce médecin a accepté d’aller une fois par mois soigner les habitants du village de Grand Soleil, tout en haut du Québec, à quelques heures d’avion et de voiture de Montréal, là où il fait toujours si froid. Car on le comprend vite, tout au long de ces pages il fait vraiment frette comme on dit chez nos cousins, mais la chaleur est dans les mots, dans les gestes, les amitiés, les échanges de ces hommes entre eux.
A Grand Soleil, les maisons et les hommes occupent tout l’espace, et de l’espace il y en a ! Tous sont plutôt âgés, pas moins de soixante ans, et plutôt portés sur cet alcool qui réchauffe et que l’on peut distiller tout à loisir. De petits malheurs en grosses cirrhoses, il y a peu de choses à soigner, mais il faut beaucoup écouter, porter les médicaments, être l’oreille et le soutien attentif des villageois.

Mais à Grand Soleil il y a aussi une jeune femme, pas ben belle c’est sûr, mais qui est très étonnante, par son langage châtié très vieille France. Son érudition littéraire n’en finit pas de séduire et d’étonner notre bon docteur. Elle l’appelle un jour pour lui demander de soigner Cléophas, ce géant mutique et solitaire qui vit chez elle et semble aller très mal. Là, en plus de ce patient peu ordinaire, il découvre une immense bibliothèque et surtout un livre ancien aux riches enluminures, un de ces livres qui plairaient tant à son ami spécialiste d’incunables.

De contrôles en examens médicaux, le bon docteur Leboucher n’est pas au bout de ses surprises. Surtout lorsque  se pose la question de la persistance d’un sang proche de Neandertal coulant dans les veines de Cléophas. Mais ces deux trouvailles aussi extraordinaires l’une que l’autre ne peuvent-elles pas perturber l’équilibre de Grand Soleil ? Ne sont-elles pas  avant tout deux trésors inestimables à protéger et à garder secrets…

L’auteur nous fait naviguer d’une ville urbanisée et contemporaine à un espace quasiment vierge de toute civilisation – la preuve en étant la pérennité en ces terres d’un spécimen issu de néanderthalien ! – comme une évidence face à nos vies si polluées par les technologies, la science, tout ce qui va trop vite et nous fait oublier l’essentiel : l’humain qui réside au plus profond de chacun d’entre nous. Et s’il fallait poser nos smartphones, nos télés, nos voitures, pour nous retrouver face à nous-même et à nos semblables, pour enfin nous parler vraiment ? Un joli premier roman porté par une belle écriture, ponctuée de références littéraires et philosophiques jamais lourdes ni envahissantes.  J’y vois à la fois une critique acerbe de nos civilisations qui oublient l’Homme qui vit en nous et près de nous, et un appel à nous recentrer sur l’essentiel.

💙💙💙


Catalogue éditeur : Paul & Mike

Un médecin de Montréal se rend tous les mois à Grand Soleil, un village perdu dans le Québec arctique. Docteur de l’âme autant que du corps, il y rencontre Cléophas, un patient particulier. Conservé par le froid qui a saisi cette partie du Canada, l’homme de Grand Soleil a vécu caché, il n’a rien écrit, rien accompli de notable et personne ne le connaît. Pourtant son apparition va tout bouleverser, sous le regard impuissant du médecin, témoin d’un monde qui se délite.

Avec une plume intelligente, incisive et souvent drôle, Jacques Gaubil dresse un portrait froid et parfois cruel de l’homme moderne, tout en proposant un récit bienveillant et chaleureux.

ISBN : 9782366511079 / 248 pages / Format 133 x 203 / 16.00€

 

Apprendre à lire. Sébastien Ministru

Un père, un fils et un prostitué forment un trio émouvant et singulier pour des retrouvailles avec l’enfance, la vie, la mort dans ce premier roman de Sébastien Ministru « Apprendre à lire »

Domi_C_lire_apprendre_a_lire-sebatien_ministru_68_premiers_romans.jpgQuand son vieux père de quatre-vingt ans lui demande de lui apprendre à lire, c’est forcément avec étonnement puis un peu d’appréhension  qu’Antoine entend sa supplique. Lorsqu’il se rend compte qu’il n’a ni le talent ni la patience requis pour l’enseignement, il cherche comment satisfaire ce géniteur impatient, grincheux, si difficile et rude sans sombrer dans la colère ou l’énervement.

A bientôt soixante ans, Antoine n’a rien d’un instituteur en herbe. Aussi lorsqu’au hasard de ses rencontres amoureuses tarifées – sa relation de couple avec Alex est depuis longtemps devenue platonique –  il fait brièvement la connaissance de  Ron qui rêve de devenir instituteur. Il l’engage pour apprendre à lire à son père.

Voilà donc un fils qui n’a jamais vraiment avoué son homosexualité à son père et ne sais toujours pas ce qu’il en pense. Et un père analphabète qui a dû quitter l’école tout jeune lorsque son propre père l’a envoyé berger dans la montagne sarde,  seul dans les nuits si terrifiantes pour un jeune garçon qui a même peur de son chien. Ils s’étaient éloignés l’un de l’autre depuis le décès de la mère, sans doute parce que aucun n’a su communiquer sur ce moment si douloureux de leur vie commune.

Le premier roman de Sébastien Ministru Apprendre à lire est une histoire d’amour et de rapprochement entre un père et un fils. Porté par une belle écriture, fluide et concise. C’est également un roman qui aborde plusieurs thèmes importants,  l’immigration, la filiation, la vie de couple, l’homosexualité, la fidélité, la prostitution bien sûr, et en fil rouge l’analphabétisme qui touche souvent plus de monde que ce que l’on imagine, y compris parfois autour de soi.

Même si c’est un roman qui se lit avec plaisir, il m’a manqué un petit quelque chose pour être embarquée. Un peu plus de réalité, de sentiments de la part du fils ? Un peu moins de mystère autour de Ron ? En fait je crois que je n’ai ressenti aucune réelle empathie pour l’un ou l’autre des hommes de ce trio.

💙💙💙


Catalogue éditeur : Grasset

Approchant de la soixantaine, Antoine, directeur de presse, se rapproche de son père, veuf immigré de Sardaigne voici bien longtemps, analphabète, acariâtre et rugueux. Le vieillard accepte le retour du fils à une condition : qu’il lui apprenne à lire. Désorienté, Antoine se sert du plus inattendu des intermédiaires : un jeune prostitué aussitôt bombardé professeur. S’institue entre ces hommes la plus étonnante des relations. Il y aura des cris, il y aura des joies, il y aura un voyage.
Le père, le fils, le prostitué. Un triangle sentimental qu’on n’avait jamais montré, tout de rage, de tendresse et d’humour. Un livre pour apprendre à se lire.

L’auteur : Journaliste, chroniqueur vedette à la radio belge, auteur de pièces de théâtre à succès (Cendrillon, ce macho s’est jouée pendant huit ans), Sébastien Ministru vit à Bruxelles. Apprendre à lire est son premier roman.  (Source Grasset)

Premier roman – collection Le Courage dirigée par Charles Dantzig / Parution : 10/01/2018 / Pages : 160 / Format : 140 x 205 mm / Prix : 17.00 € / Prix du livre numérique: 11.99 € / EAN : 9782246813996

Seuls les enfants savent aimer, Cali

Seuls les enfants savent aimer, le premier roman de Cali est un retour vers l’enfance, vers un souvenir prégnant qui a marqué sa vie à jamais, le décès de sa mère.

Domi_C_lire_seuls-les-enfants-savent_aimer_caliAlors qu’il a 6 ans, le jeune Bruno voit sa vie basculer avec la mort de sa mère, une jeune femme de trente-trois ans. Bien sûr, il y avait des semaines qu’elle luttait contre la maladie, qu’elle était partie à l’hôpital, mais elle était revenue à la maison.
« Tu es revenue. Pour partir à jamais. »

Une plaie ouverte qui ne se refermera pas. Il n’a pas été autorisé à accompagner à son enterrement celle qu’il aime par-dessus tout, qui compte tant pour lui, trop jeune, trop fragile. C’est dans une pièce obscure de la maison qu’il va deviner, inventer, la mise en terre, les adieux, pourtant passage quasi obligé pour la plupart des vivants pour arriver à faire son deuil de celui qui part. Un amour filial dont personne dans la famille n’a su prendre la mesure.

Des années après, celui qui s’appelle pour nous tous Cali, va enfin écrire, avec les mots du petit garçon de cette époque, la perte, le chagrin, les évènements qui ont bouleversé son horizon, pendant les mois qui vont suivre le deuil.

Un père qui meurt peu à peu de l’absence et sera plus souvent au café qu’à la maison, une grande sœur qui tente tant bien que mal de pallier au manque en faisant les tâches ménagères de cette mère disparue, la famille qui ne trouve rien de mieux que de détruire toute trace de celle qui est décédée, en brulant tout, scène marquante du roman j’avoue. Puis il y a l’école, Carole, celle qui focalise tous les sentiments de Bruno, son amour sans retour, Alec, le meilleur ami, celui des secrets, des bêtises, des câlins aussi, enfin le départ en colonie, comme une punition suprême, un éloignement de plus du lieu où repose sa mère.

Des souvenirs forts pour l’enfant qui sont tantôt écrits avec le langage du petit garçon, tantôt avec celui du poète, mais qui du coup tiennent également le lecteur à distance de la douleur. Mais sans doute est-ce voulu, pour tenir l’adulte qu’il est devenu également à distance de cette douleur si prégnante et destructrice ? Alors comment dire, il m’a manqué un petit quelque chose pour être emballée, même si j’ai été touchée par ce premier roman d’un homme qui sait jouer avec les mots, y compris pour exprimer le chagrin et la perte, l’incompréhension et la manque.

Mes poings fous tambourinent à la porte de l’église.
Celle de la mort, des enterrements.
« Il est où, Dieu ? »
…. Je dois lui parler seul à seul. Et comprendre
.

💙💙💙

Lire également les chroniques de Nath Le boudoir de Nath, de HCh Dahlem Ma collection de livres,  et de Joëlle Les livres de Joëlle


Catalogue éditeur : le Cherche Midi

Seuls les enfants savent aimer.
Seuls les enfants aperçoivent l’amour au loin, qui arrive de toute sa lenteur, de toute sa douceur, pour venir nous consumer.
Seuls les enfants embrassent le désespoir vertigineux de la solitude quand l’amour s’en va.
Seuls les enfants meurent d’amour.
Seuls les enfants jouent leur cœur à chaque instant, à chaque souffle.
À chaque seconde le cœur d’un enfant explose.
Tu me manques à crever, maman.
Jusqu’à quand vas-tu mourir ?

Date de parution : 18/01/2018 / EAN : 9782749156385 / Nombre de page : 188

L’attrape-soucis. Catherine Faye

Chercher l’amour d’une mère, chercher l’absente, et se trouver soi-même. C’est le chemin que va suivre Lucien, le jeune héros de « l’attrape-souci » le premier roman de Catherine Faye.

Domi_C_Lire_l_attrape_souci_catherine_fayeL’histoire débute à Buenos Aire, dans une librairie. Le jeune Lucien, onze ans, est tellement ému et interpellé par les « attrape-souci » que vient de lui promettre sa mère, qu’il la perd de vue lorsqu’elle sort regarder la vitrine. Il l’attend pendant des heures, puis fini par errer dans les rues, d’abord à la recherche de sa mère, puis finalement d’un abri pour la nuit, pour quelques jours, pour plus longtemps peut-être. Car il est bien difficile lorsque vous venez de débarquer dans une ville inconnue – ils arrivent de Paris- de savoir se repérer et de pouvoir retrouver cette mère perdue.

Lucien est à la rue. Il partage ses nuits avec un clochard qui le prend sous son aile, puis avec Solana, une jeune femme qui se transforme en belle de nuit à la tombée du jour. Là, il va rester quelque temps, mais comment avouer et expliquer qu’il est perdu, qu’il n’a pas fugué, que sa mère adorée ne l’a pas retrouvé et que lui non plus ne sait pas où ni comment la chercher ? Difficile de savoir ce qu’il est possible de dire ou pas sans créer la confusion et risquer d’être embarqué par la police.

De vagabondage en exil forcé dans les quartiers interlopes ou perdus de Buenos Aire, il se retrouve chez Arrigo, un homme qui s’occupe d’une jardinerie et lui apprend quelques rudiments qui vont lui permettre de l’aider, de travailler, de cultiver la terre et les plantes avec lui. Il sera pris sous son aile et va s’y blottir, faute de retrouver celle qu’il aime plus que tout et qui lui manque tant, cette mère qui semblait toujours tellement lasse de ses erreurs, de ses problèmes, de ses échecs de gamins, et dont il guettait la moindre parcelle d’amour.

Étonnant roman sur l’amour d’un fils pour sa mère, sur la recherche de soi, sur l’exil aussi et sur la compassion, l’entre-aide, l’amitié parfois plus forts que l’amour que l’on trouve, ou pas, dans sa famille. Lucien est attachant, et on aimerait tant l’aider dans son malheur, ce manque d’amour et cette enfance déchirée sont très bien restitués par Catherine Faye, un joli, lumineux et émouvant premier roman dans un Buenos Aire parfaitement restitué par l’auteur.

💙💙💙


Catalogue éditeur : Mazarine

Décembre 2001. Lucien, onze ans, vient d’arriver à Buenos Aires avec sa mère. Dans une librairie, il est captivé par de mystérieuses petites boîtes jaunes. Dedans, de minuscules poupées. Selon une légende, si on leur confie ses soucis avant de s’endormir, le lendemain, ils se sont envolés.
Le temps  qu’il choisisse son attrape-souci, c’est sa mère qui s’est envolée. Disparue.
Lucien part à sa recherche. Se perd.
Au fil de  ses errances, il fait des rencontres singulières. Cartonniers, prostituées, gamins des rues avec qui il se lie, un temps. Et grâce à qui, envers et contre tout, il se construit, apprend à grandir. Autrement.
Rebaptisé  Lucio par ses compagnons de route, cet enfant rêveur et déterminé incarne ce possible porte-bonheur que chacun a en soi.

Parution : 17/01/2018 / EAN : 9782863744758 / EAN numérique : 9782863747582 / Pages : 300 / Format : 135 x 215 mm