Le matin est un tigre, Constance Joli

Une histoire émouvante, une écriture qui nous séduit par les mots et les images, pourquoi il faut lire « Le matin est un tigre » de Constance Joli.

Alma est bouquiniste. Elle a hérité de sa mère une caisse le long des quais et s’est spécialisée dans les livres rares. Elle prend plaisir à exercer ce métier passionnant, qu’elle quitte chaque jour avec bonheur pour rejoindre sa famille. Mais depuis quelque temps, Alma ne comprend pas pourquoi la vie de sa fille de quatorze ans est si torturée, une maladie orpheline la ronge de l’intérieur. Pourtant, Alma est certaine, c’est un chardon qui pousse en elle. Non, pas le nénuphar de Chloé, rien à voir, un chardon ! Mais ça bien sûr, ni son mari, ni les médecins ne peuvent le comprendre, l’accepter ou l’admettre.

Et quand la santé de Billie se détériore encore, même Alma la  battante est désespérée. L’espoir s’amenuise de sauver sa fille. Heureusement, à ce moment-là, on l’appelle en Bretagne pour expertiser des œuvres rares, sa spécialité. Difficile de quitter la région parisienne quand on souhaite seulement rester au chevet de son enfant. Elle part malgré tout et découvre dans les livres et au contact du vendeur que la vie est peut-être ailleurs et autrement. Que la transmission et la relation fusionnelle qu’elle a avec sa fille sont peut-être des éléments moteurs (ou perturbateurs ?). Et si le poids de son amour et de ses attentes étaient trop importants pour sa petite Billie ?

C’est à la fois étonnant et beau. J’ai aimé ces mots tendres et porteurs d’espoir, ces mots de peine et ces valises si lourdes à trimbaler, ces images qui disent et montrent tout de l’amour d’une mère et de ses craintes, de ses luttes pour sauver ce qui peut l’être, pour peut-être se remettre en question aussi. Car oui, nous sommes aussi ces attentes que d’autres placent en nous, nous portons les espoirs de nos parents, comme nous en plaçons aussi en nos enfants, l’héritage psychique ou psychologique et le poids de la transmission, voilà un sujet intéressant particulièrement bien abordé ici.

Lire aussi les avis de Nicole du blog motspourmots de Sybil du blog Un brin de Syboulette ou de Geneviève Munier du blog memo-emoi

Catalogue éditeur : Flammarion

Depuis quelques mois, la vie d’Alma se hérisse de piquants. Sa fille souffre d’un mal étrange et s’étiole de jour en jour. Tous les traitements échouent, et les médecins parlent de tumeur. Mais Alma n’y croit pas. Elle a l’intuition qu’un chardon pousse à l’intérieur de la poitrine de son enfant. On a beau lui dire – son mari le premier – que la vie n’est pas un roman de Boris Vian, Alma n’en démord pas. À quelques heures d’une opération périlleuse, son intuition persiste. Il ne faut pas intervenir. C’est autre chose qui peut sauver sa fille… Elle, peut-être?

Dans une langue merveilleusement poétique et imagée, Constance Joly met en scène l’histoire de ce que l’on transmet, malgré nous, à nos enfants. Le matin est un tigre parce que, certains jours, la vie est un combat et qu’il faut bien arriver à s’en débrouiller.

Paru le 09/01/2019 / 158 pages – 136 x 210 mm / ISBN : 9782081444898 / Prix : 16€

Tête de tambour, Sol Elias

La schizophrénie, une déflagration ? Délire, souffrance, différence, Sol Elias décrit magistralement la maladie, et la lecture de « Tête de tambour » ne laisse pas ses lecteurs indifférents.

Il voudrait être comme les autres, mais Manuel sait qu’il est différent. Il en veut à la vie d’être autrement, à ses parents qui l’ont laissé naitre, à la maladie qui ne l’a pas emporté enfant, à sa famille de ne pas le comprendre, à la mort qui ne veut pas de lui. Difficile alors de s’aimer et de s’accepter face à tant de lucidité. Il est neurasthénique tendance psychotique, selon sa mère, schizophrène selon le médecin, quand enfin il comprend pourquoi Manuel est aussi singulier, fatigué, apeuré, excité, violent même.
Il est Manuel, il est Anaël, il devient cette tête de Tambour dans laquelle sonnent toutes les cloches de la terre, annonciatrices de douleur et de chagrin.

Les chapitres alternent avec les récits d’Anaël, Manuel, Soledad. Le lecteur met quelques chapitres pour comprendre le rôle de chacun et ce que chacun exprime de la complexité des relations dans une famille, une fratrie.

Ces différents personnages nous interpellent tour à tour… D’abord Anaël, que l’on suit dans ses frasques avec les copains si peu fréquentables tout au long des années 70. Ses parents, Bonnie la mère qui ne sait pas comment faire pour contenter ce petit qui la déroute, le père qui n’en peut plus, le seul à travailler pour nourrir un famille et un fils impossible à maitriser. Sa sœur Ana-Sol et plus tard son mari, leur fille Soledad. Puis Manuel. Ou faut-il dire avant tout Manuel, car tout au long de sa vie il est conscient de sa maladie, de ses différences. Et même lorsque sa tête explose, que la douleur le saisit, il rédige un roman dont le héros est Anaël, ce double dont il écrit la vie sur une multitude de petits bouts de papiers, éparpillés, tourmentés, illisibles, comme sa « tête pourrie » sans doute.

Soledad est la seule qui, enfant, posait sur Manuel un regard égal, sans à priori, comme seuls sont capables de le faire les enfants. C’est à elle que Manuel lègue sa vie entassée dans des sacs emplis de petits papiers qui pèsent tellement lourds dans sa vie. Car lorsqu’elle décide de les déchiffrer, Soledad est enceinte, se pose alors la question de l’hérédité, de la transmission possible d’un gène toxique.

Roman étonnant, inspiré par l’oncle de l’auteur, qui décrit avec une certaine violence mais une grande véracité le poids écrasant d’une hérédité incompréhensible et méconnue de la schizophrénie ou de la maladie. Il y a aussi ces questionnements paralysants et pourtant vraisemblables : si je fais un enfant moi aussi, comment sera-t-il ? La véracité des sentiments et du désespoir intime, à la fois chez le malade et son entourage, qui transpire de ces lignes en fait un texte particulièrement émouvant et touchant.

💙💙💙💙

Catalogue éditeur : Rivages

« J’avais jeté le charbon ardent de la discorde dans la plaine de leur affliction, la plaine tapissée d’un maquis dru et sec qui prenait feu comme de la paille. Bientôt ce serait le désastre… »
Dans ce récit bouleversant, l’auteur nous plonge dans les affres de la psychose et explore la complexité des relations filiales et le poids de l’hérédité. Un premier roman coup de poing qui s’empare d’un sujet sensible et peu abordé en littérature, la schizophrénie, pour redonner leur humanité à ceux que l’on en prive.

ISBN : 978-2-7436-4600-4 / EAN : 9782743646004 / Parution : janvier, 2019 / 200 pages / Format : 4.0 x 20.5 / Prix : 18,00€

Cyclone, Marion Mousse & Clément Baloup

Ah, quand les tourments de l’adolescence rejoignent ceux de la planète et que les émois se heurtent au Cyclone dévastateur.

Margot vit sur une ile isolée du monde. En cette journée de rentrée scolaire, les évènements climatiques font craindre l’arrivée d’un puissant cyclone.

Pourtant, la rentrée se déroule comme partout ailleurs. Curiosité face au nouveau venu dans la classe, interrogations devant les têtes nouvelles, puis attrait pour le professeur Gregory Maréchal, monsieur Maréchal, ce prof si séduisant, si attentif. Margot s’y laisse prendre… son cœur balance, mais les jeunes filles de son âge sont souvent attirées par le risque, le danger, la découverte de ce qui est différent.

Margot veut vivre pleinement ses émois d’adolescente. Elle se confie à son amie Iseult, lui avoue que son cœur balance…Monsieur Maréchal, ou  le nouveau venu de la classe, cet Ali si mystérieux. Ali le musicien, en conflit avec les parents, lui l’amateur de musique qui est aussi amoureux de Margot.

Cyclone est l’occasion de découvrir ces conflits très actuels entre les jeunes, mais aussi les atermoiements des ados, avec Margot et son prof, piégée dans son triangle amoureux, face au déchainement de violence des réseaux sociaux. Et puis ces difficiles relations élève professeur. Quand ces adolescentes sont si provocantes avec leur beauté naturelle et si peu maitrisée, elles qui oscillent entre manque de confiance en soi et exercice du pouvoir de séduction sur leurs professeurs, par jeu, par plaisir, par réelle attraction…

C’est un plaisir de tourner les pages de Cyclone et d’apprécier les superbes illustrations de Marion Mousse, les couleurs, les doubles pages, les impressions. J’ai eu cependant comme un sentiment de pas assez, pas assez car l’intrigue est très classique, somme toute presque banale, mais c’est un joli moment de lecture et le graphisme est vraiment intéressant.

💙💙💙💙

Catalogue éditeur : éditions Sarbacane

Margot, lycéenne à la vie jusqu’ici anodine, éclot comme une fleur à sa rentrée en terminale. Vibrante d’une sensualité soudain débordante, sur son île battue par les vents et l’ennui, elle se sent prisonnière. Il y a bien Ali, le nouveau récemment débarqué, beau brun ténébreux, musicien torturé, qui la dévore des yeux. Mais Margot rêve d’autre chose, de plus grand, de plus fort… Aussi, quand Maréchal, son prof de philo et écrivain raté, la persuade de devenir sa maîtresse, elle se laisse séduire… sous le regard jaloux d’Ali. Un triangle amoureux venimeux s’installe, sur la petite île qu’une tourmente météorologique semble bientôt devoir isoler…

L’auteur : Clément Baloup, est un auteur marseillais qui réalise des scénarios tournés vers l’aventure dont les très remarqués Chinh Tri (2 tomes parus au Seuil) et Diables Sucrés pour Mathieu Jiro (Gallimard – sélection Angoulême 2010). Avec Mémoires de Viet Kieu T1,Quitter Saigon (La Boîte à bulles), il obtient son premier prix d’importance : le Prix du jury Œcuménique de la BD, à l’occasion du Festival d’Angoulême 2011.

L’illustrateur : Marion Mousse, est né en 1974 et vit aujourd’hui à Marseille. Sa première BD paraît en 2001 : Phineas, un album en noir paru chez Treize Étrange. Puis il se lance dans une adaptation libre du roman de Théophile Gautier: Fracasse (Glénat) qui sera publié – en 3 volumes – entre mai 2004 et mai 2005. Il a aussi publié From Outer Space, paru fin 2006 chez Six Pieds sous terre et Louise et les loups en 2012.

Date de parution : 06/02/2019 / prix de vente au public (TTC) : 22,50 € / 136 pages ; 29 x 21,5 cm / ISBN 978-2-37731-201-6 / EAN 9782377312016

Le mot d’Abel, Véronique Petit

Le mot d’Abel, c’est le mot qui détermine votre avenir, intime et personnel, il conditionne toute une vie.

Dans le monde d’Abel (un monde qui ressemble à aujourd’hui mais qui n’est pas aujourd’hui !) les adolescents reçoivent vers l’âge de 12 ans un mot qui leur est propre, intime, secret, il détermine en quelque sorte leur avenir, noir ou lumineux, en fonction du mot, en fonction aussi de ce qu’ils sauront en faire.

Abel est issu d’une fratrie de trois enfants, ses parents sont mort dans un accident, leur avion a explosé en vol. Depuis, les trois enfants sont élevés par leur tante. Abel n’a pas encore reçu son mot, alors il compte chaque jour, chaque semaine qui l’éloigne de l’âge moyen auquel les autres le reçoivent, faisant de lui un adolescent à part…

Un jour, dans la cour de l’école, il se passe un évènement terrible, totalement humiliant pour la jeune Clara… Quelqu’un a écrit son mot sur le mur de l’école. Mais un mot doit rester secret à jamais ! Et en plus, on ne peut pas dire que ce soit un mot dont on peut être fier, un de ces mots qui va vous porter toute une vie à faire des choses extraordinaires, à être quelqu’un de bien, non, au contraire, c’est un de ces mots qu’il vaut mieux taire, surtout quand on est aussi jolie et convoitée que Clara…

Vous l’aurez compris, à travers ce mot peut se dessiner un caractère, un avenir, l’avoir ou pas vous fait vous poser des questions métaphysiques, de ces questions que se posent tous les ados bien sûr, mais l’auteur a pris ce prétexte pour les aborder de façon détournée et intelligente.
Malgré une fin peut-être un peu abrupte, car il me semble qu’on attend quelques pages de plus, ou une suite, Le mot d’Abel est un roman qui devrait plaire aux ados à qui il est destiné.

Un matin, tu te réveilles et le mot est devenu une évidence. Il résonne dans ta tête, dans ton cœur. Il a pris possession de la moindre cellule de ton corps. Il fait désormais partie de toi, il est gravé en toi. Pour toujours.

💙💙💙💙

Catalogue éditeur : Rageot

Dans le monde d’Abel, rien n’est plus important que le mot révélé à chacun vers l’âge de 12 ans. Un mot personnel et intime qui conditionne souvent la vie entière. En retard de plusieurs mois, Abel vit dans l’angoisse d’hériter d’un mot dérisoire ou ridicule, ou pire, d’un mot noir… Un matin, il découvre le mot de Clara, la fille dont il est secrètement amoureux, tagué en lettres rouges sur le mur du collège ! Qui a pu commettre un tel crime ?

Ce roman a reçu le prix Gulli 2018

Véronique Petit est née en 1967 dans la Drôme et a grandi en Bourgogne. Son enfance a été baignée par les livres. Grâce à eux, elle a vécu très tôt mille vies différentes, et c’est en souvenir des sensations magiques des livres de son enfance qu’elle a commencé à écrire des romans pour enfants et adolescents.
Elle aime tout particulièrement les histoires dans lesquelles le fantastique vient pointer le bout de son nez dans une réalité trop bien rangée. Assistante sociale le jour, elle écrit surtout le soir, en mangeant du chocolat. Elle vit à Chalon-sur-Saône.

Parution : 28 février 2018 / 192 pages / Prix : 12.90 € / ISBN : 9782700256277

L’invitation. Elizabeth Day

Deux mondes, deux univers, une amitié indéfectible… Découvrir « L’invitation » d’Elizabeth Day, un roman tout en tension et faux-semblants, où jeux de pouvoir et classes sociales se côtoient et s’affrontent.

Domi_C_Lire_elizabeth_day_l_invitation_belfond.jpg

Avec des accents typiquement britanniques de différence de classes sociales et de bienséance, Elisabeth Day nous offre un roman qui nous tient en haleine. Sous couvert de bonne société, elle explore la face cachée des amitiés entre deux hommes que leurs classes devraient justement tenir éloignés, que tout oppose et qui pourtant s’enorgueillissent d’une longue et fidèle amitié.

Martin Gilmour est un critique d’art reconnu, mais un écrivain plutôt raté, un homme fade et sans attrait. Avec son  épouse la douce et très effacée Lucy ils sont invités à l’anniversaire de l’ami de toujours, l’élégant et talentueux Ben Fitzmaurice. Les deux hommes se connaissent depuis l’adolescence, lorsque Martin, ébloui par Ben, avait décidé de conquérir son amour… ou son amitié ?

Dans la somptueuse maison que le couple vient d’acquérir et de rénover à grands frais, Ben les accueille avec sa superbe épouse Serena. Ce soir-là, anniversaire et crémaillère viennent valider la réussite de Ben, mais les deux couples doivent d’abord se parler…

Quand le roman débute, Martin est au commissariat. Peu à peu, le drame qui a conclu cette soirée transparait par le récit de Martin, le narrateur ou dans les écrits de Lucy, dont on nous dévoile quelques pages. Alternant les épisodes qui retracent les liens d’amitié, ceux qui font émerger les tensions, puis les séances de psy de Lucy ou les flash-back vers l’enfance, le lecteur voit se dessiner peu à peu une intrigue pleine de rebondissements et de ressentiment, de faux-semblants et de vaines espérances, de secrets enfouis et inavouables, creusant des tranchées profondes entre rêve et réalité, envies et contraintes, espoirs et déceptions.

L’auteur nous entraine par ses mots, ses descriptions de l’âme humaine, de la société dans laquelle évoluent ses personnages, interrogeant la part de réel ou d’imaginaire qu’il faut décrypter entre les deux hommes, entre ces deux mondes, ces deux classes sociales qui finalement ne se rejoignent peut-être pas aussi sincèrement que ça. C’est finement observé, judicieusement décrit, savoureusement mené, une intrigue qui a tout du roman noir, qui vous embarque avec mordant et lucidité, et parfois un brin d’humour british pour faire passer la tension.

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Belfond
Lutte des classes, ambition politique, désirs refoulés et violence sourde… Une œuvre originale et parfaitement construite qui allie roman noir à la tension implacable et comédie sociale mordante, quelque part entre le Monsieur Ripley de Patricia Highsmith et Le Dîner de Herman Koch, le tout porté par un humour grinçant tout britannique.

Ben Fitzmaurice est devenu le meilleur ami de Martin Gilmour le jour où, dans la cour de leur très chic école, Ben, héritier d’une prestigieuse dynastie, a pris la défense de Martin, petit boursier, fils unique d’une mère célibataire sans le sou. Depuis, Ben s’est fait un nom en politique, Martin est devenu critique d’art ; Ben a épousé la très parfaite Serena, Martin vit avec la très discrète Lucy. Et Ben est toujours le meilleur ami de Martin.
Ce soir, Ben fête ses quarante ans. Tout le gratin est présent. Martin aussi. Naturellement…

Traduction : Maxime Berrée / Date de parution : 03/05/2018 / EAN : 9782714476135 / Nombre de pages : 352 / Format : 140 x 225 / Prix : 21€

Les Vérités provisoires, Arnaud Dudek

Faut-il tout croire ? Faut-il seulement y croire ? C’est ce que va tenter de trouver Jules, le jeune héros du roman touchant et optimiste d‘Arnaud Dudek « Les Vérités provisoires »

Domi_C_Lire_les_verites_provisoires_arnaud_dudek_pocketCéline a disparu, du jour au lendemain, sans laisser aucune trace ! Comment est-ce possible ? Depuis deux ans sa famille la cherche partout, en vain. Les mois, les années s’installent, et Céline disparait peu à peu des mémoires, son image, sa voix, les souvenirs s’estompent peu à peu. Comment peut-on gérer dans une famille la disparition d’un être cher ? De façon différente pour chacun, mais ce qui est sûr, c’est que la famille explose et que nul ne s’en remet.

Jules, le jeune frère, est bien décidé à la chercher, à comprendre. Il s’installe dans l’appartement de Céline, et cherche les traces du passé, les pistes à remonter, les indices…

Comment lui, le menteur chronique, peut-il imaginer arriver là où personne n’a rien trouvé ? Car Jules n’en est pas à ses premiers mensonges, et ceux-ci n’ont rien d’anodin. Par exemple, annoncer son cancer à ses amis, puis ses opérations, sa rémission, voilà qui peut vous couper du monde qui vous entoure si un jour la vérité éclate. Et surtout, pour être un bon menteur, il est bon d’avoir une mémoire d’éléphant ! Alors finalement peut-être est-il vraiment le mieux placé pour soulever le mystère de la disparition de Céline ? Lui qui saura creuser, fouiller, les moindres détails que vont lui rappeler les objets dans l’appartement de Céline en leur donnant peut-être de multiples significations.

De hasards en rencontres, il va se lier d’amitié avec une voisine pour le moins singulière qui aime les tisanes aux goûts infâmes et aux noms tarabiscotés, et peu à peu l’amour s’installe, la vie se bouleverse, de nouvelles vérités se font jour. Aube d’une nouvelle vie pour Jules ? Et que croire, où est la vie ? Où est le mensonge ? Les Vérités provisoires d’Arnaud Dudek, un roman d’été à conseiller pour passer un bon moment, car il est réellement plus léger que tragique !

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Pocket éditions, Alma

Deux ans que Céline Carenti a disparu, en descendant chercher du pain. Depuis, pas de nouvelles. Installé dans l’appartement que sa grande sœur occupait, Jules cherche des réponses. Mais les souvenirs ne disent pas tout. Rêveur et solitaire, le jeune homme est surtout un menteur pathologique : il s’invente même… Lire la suite

EAN : 9782266282420 / Nombre de pages : 168 / Format : 108 x 177 mm / Date de parution : 16/05/2018 /
Alma éditions / Date de parution : 16 février 2017 / ISBN : 978-2-36279-207-6

Arnaud Dudek déménage souvent (en ce moment, il vit et travaille à Paris). Selon des sources concordantes, ce garçon discret serait né à Nancy, en 1979. Dans ses nouvelles (pour la revue littéraire Les Refusés ou pour Décapage) et dans ses romans (tous publiés chez Alma), il raconte les gens ordinaires avec humour et tendresse. Son premier roman, Rester sage (2012) a fait partie de la sélection finale du Goncourt du premier roman et a été adapté au théâtre par la Compagnie Oculus. Le second, Les Fuyants (2013), a été sélectionné pour le prix des lycéens et apprentis de Bourgogne. Le troisième, Une plage au pôle Nord (2015) est traduit en allemand.
Il est par ailleurs co-organisateur des rencontres littéraires AlternaLivres. Les Vérités provisoires est son quatrième roman.  (Source Pocket)

Une famille très française, Maëlle Guillaud

Avec « Une famille très française », Maëlle Guillaud confirme ses talents d’écrivain et nous entraine avec justesse dans les affres de l’adolescence qu’elle décortique avec subtilité.

Domi_C_lire_une_famille_tres_francaiseCharlotte est fière de sa famille, sa mère, sa grand-mère, si présente, si expansive, si affectueuse. Pourtant le jour à la belle Jane arrive dans son lycée, elle est éblouie par cette jeune fille si élégante, par cette famille si raffinée, si discrète, ses enfants si bien éduqués.
Quand on vient d’une famille exubérante, chaleureuse, protectrice, avec des femmes « mères juives » qui en imposent par leur franc parler, leur cuisine du soleil, leur amour débordant et presque encombrant, un peu de classicisme serait le bienvenu. Aussi, représentante de la bourgeoisie de province par excellence, la famille Duchesnais a tout pour éblouir la jeune Charlotte. Jane – ne pas confondre avec Jeanne, c’est moins chic ! –  à qui tout semble réussir, un frère comme Charlotte en rêve, des parents si conformes aux standards qu’elle voudrait retrouver dans sa famille, un rêve devenu réalité ?

Le difficile apprentissage de l’adolescence où l’on se cherche, où l’on a parfois honte de ce que l’on est ou des siens, ébloui par les lumières et les apparences parfois trompeuses. Car que sont une éducation rigide et bienpensante, mais peut-être moins sincère, moins affectueuses, face à la chaleur et à l’exubérance de celles qui savent donner tout leur amour. Que sont les faux-semblants, les masques de bonne éducation…

De Maëlle Guillaud, j’avais beaucoup aimé Lucie ou la vocation. Je la retrouve avec un grand plaisir dans ce roman très actuel d’une jeune femme qui se cherche, qui se perd parfois, mais qui se pose de vraies questions sur son identité, sa famille, son milieu de vie. Intéressant plaidoyer pour la famille, celle que l’on se choisit ou celle que l’on a, sur les amitiés adolescentes, les vérités et les apparences, le savoir être et ce que l’on montre.

Une belle écriture, une justesse d’analyse de cette jeunesse en mal de repère, des sentiments propre à cette période de la vie si compliquée qu’est l’adolescence. Une famille très française  est un beau roman à mettre entre toutes les mains des ados et de leurs parents. Maëlle Guillaud poursuit son chemin d’écrivain pour le plus grand bonheur de ses lecteurs, et c’est tant mieux !

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Héloïse d’Ormesson

Charlotte a toujours été fière de ses parents, mais lorsqu’elle rencontre ceux de Jane, leur élégance et leur réussite l’éblouissent. La silhouette élancée et la blondeur vaporeuse de sa meilleure amie tranchent à côté de ses rondeurs généreuses et de ses boucles brunes. Peu à peu, Charlotte se met à avoir honte de l’exubérance de sa mère, de l’humour de son père, de ses origines… Et si le raffinement des Duchesnais n’était qu’un trompe-l’œil, et cette famille moins parfaite qu’elle n’y paraît ?
Avec justesse et subtilité, Maëlle Guillaud soulève l’épineuse question de l’identité à travers les yeux d’une adolescente face à ses contradictions. Une famille très française est un roman d’apprentissage qui loue la richesse d’être soi, tout simplement, avec son histoire et ses singularités.

208 pages | 17€ / Paru le 12 avril 2018 / ISBN : 978-2-35087-448-7 / Photo de couverture © Colin Hutton/Millennium Images, UK

Un royaume pour deux, Marin Ledun

Marin Ledun est un auteur largement reconnu par la critique et par ses lecteurs dans le domaine du roman noir. Ici, je le découvre avec « Un royaume pour deux » édité par Syros en littérature jeunesse.

Domi_C_Lire_un_royaume_pour_deux_marin_ledun.jpgAlors qu’elle est en vacances comme chaque été chez sa grand-mère, dans cette région qu’elle connait bien, la jeune Lola voit arriver sa mère, et celle-ci accompagne un jeune garçon qui va passer quelques jours avec Lola et sa grand-mère.
Jusque-là, rien d’exceptionnel, si ce n’est que Aymen est une jeune syrien, que ses parents sont des émigrés sans papiers qui ont fui la Syrie et qu’ils sont hébergés provisoirement par les parents de Lola à Paris. Un garçon de son âge qui arrive de si loin en ayant traversé des contrées hostiles et surtout fui la guerre, cela impressionne forcément Lola, qui, plus jeune d’un an, ne veut surtout pas perdre la face.

Elle tente alors de l’amadouer, et peut-être surtout de l’impressionner, en lui faisant découvrir cette grande bâtisse en ruine  qui est un peu son domaine mais qui, parce qu’elle tombe réellement en ruine, est dangereuse. Il ne faut pas s’en approcher. Cette découverte doit rester leur secret.

Les deux enfants visitent les salles du royaume, puis une dispute éclate… Aymen s’enfuit, laissant Lola à ses colères et ses problèmes d’amour propre. De retour chez la grand-mère de Lola, il découvre que celle-ci n’est pas rentrée, et que la famille est inquiète.

Mais que peut penser, et surtout comprendre des réactions de la famille un jeune garçon qui a connu le pire, qui veut faire bien, mais à peur de causer du mal à ses parents, en fuite, migrants illégitimes dans une ville qui ne veut peut-être pas d’eux…

Tout le charme de ce roman repose à la fois sur la personnalité de Lola et Aymen, leur passé si différent, leurs conditions de vie, leurs façon d’entrevoir leur avenir, et la confiance, difficile à instaurer, mais si forte et importante au final. De timide et craintif, à solidaires et fraternelle, leur relation va évoluer et nous montrer toute la complexité des sentiments, des façons de voir et de comprendre, largement conditionnées par nos expériences, notre passé, notre cadre de référence.

Ce que j’aime dans ce roman ? La façon dont l’auteur, fidèle à ses habitudes, aborde des sujets de société actuels, tout en sachant les adapter au public de son livre. Chaque lecteur peut s’interroger sur le monde qui l’entoure, car les migrants sont un des éléments récurrents de nos journaux télévisés, et les informations transportées par nos médias touchent chacun d’entre nous chaque jour, enfants et ados compris.

Si vous aussi vous avez envie de découvrir les romans jeunesse de cet auteur qui nous a convaincu depuis longtemps de son talent, allez-y ! J’avoue, je suis séduite par l’écriture et par le fonds de cette intrigue. L’amitié, la découverte, la fidélité, la timidité de ces enfants, la relation qui se tisse entre eux, et finalement ce qui va en ressortir, tout cela est un vrai régal de lecture. Je ne peux que vous conseiller de le faire découvrir à vos ados !

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Syros

Le nouveau roman de Marin Ledun dans la collection Souris noire ! Un hymne à la nature et à l’enfance, qui met en scène un duo bien ancré dans notre époque.

En vacances chez sa grand-mère, Lola est la reine d’un royaume qu’elle réinvente chaque été. Cette nature sauvage écrasée de soleil, dont elle connaît le moindre bloc de pierre ou buisson d’aubépine, elle va devoir la partager cette année avec Aymen, un jeune garçon syrien dont la famille est réfugiée en France. Par amitié, mais aussi par bravade, Lola conduit Aymen jusqu’à la ruine maudite, une vieille bâtisse à propos de laquelle se raconte une histoire terrifiante…

Auteur(s)  :  Marin Ledun / Illustrateur(s)  :  Anne-Lise Nalin / Date de parution  :  09/03/2017 / ISBN : 9782748523379  / 63 pages / 5,99 euros

 

La mise à nu. Jean-Philippe Blondel

Quand la palette du peintre détermine les couleurs de la vie. Avec « La mise à nu » Jean-Philippe Blondel interroge sur la vie, les souvenirs et ces êtres dont on croise la route et qui font de nous ce que nous sommes.

Domi_C_Lire_la_mise_a_nu_jean_philippe_blondel.jpgLouis Claret, professeur d’anglais  à la retraite promène son ennui et sa mélancolie à un vernissage. Là, il retrouve Alexandre Laudin, un de ses anciens élèves devenu artiste peintre. Malgré les années et les banalités d’usage, le contact entre les deux hommes est immédiat.

Alexandre expose une nouvelle fois dans sa ville natale. Reconnu par la critique, il reste incompris des habitants de cette petite ville de province dans laquelle il revient toujours. Est-ce une sorte de fidélité pour cette enfance et cette adolescence si difficiles à oublier ? Ou le besoin d’être reconnu par ceux qu’il a côtoyé depuis toujours ?

Tout comme Alexandre, à l’approche de la soixantaine Louis, divorcé, vit seul car même ses filles ont quitté la ville depuis longtemps, cela semble lui convenir. Pendant la soirée, Alexandre propose à Louis de venir chez lui, puis rapidement il lui demande de poser pour lui. Le quotidien de Louis va alors en être bouleversé. Dans sa relation avec Alexandre tout d’abord, puis avec lui-même. Car être modèle pour Alexandre n’a rien d’anodin. Sous le regard de l’artiste il y a avant tout le regard de l’homme qui vous met littéralement à nu, qui expose au grand jour sur la toile ces facettes de vous-même que vous ne pouviez ni ne vouliez voir… Est-il alors facile ou au contraire difficile d’accepter ce que l’autre vous dévoile ?

Louis comprend également que sous cette peinture, sous ces couleurs sombres se cache un jeune homme plus instable et plus meurtri qu’il n’y parait. Les échanges entre les deux hommes vont mener l’un comme l’autre à se poser des questions sur son passé, sur tous ceux qui les ont accompagnés, ceux qui composent leurs souvenirs heureux ou malheureux, ceux que l’on aura envie d’emporter avec soi quand viendra l’heure. Mais cette rencontre pousse également Louis en dehors de ses propres retranchement, vers des aspirations, des expériences autres…

Toute en subtilité et en nuances, cette confrontation de deux hommes à la fois sûrs d’eux, et peut-être un peu perdus dans une vie qui ne semble pas vraiment leur convenir, va les amener à s’interroger sur leur passé et leur futur, leurs aspirations et leurs envies. Et si l’un semble plus à l’aube de sa vie quand l’autre en est quasiment au crépuscule, leur vision du monde est pareillement  étrange et désespérée.

Ce qui vous emporte à tous les coups dans ce roman c’est cette écriture soignée, ciselée, travaillée qui m’a fait penser à l’écriture de Marie-Hélène Lafon. Le lecteur sent vite que chaque mot est à la place et aucun n’est superflu pour décrire les sentiments, leur exploration, tout comme la subtilité et l’ambiguïté de la relation entre ces deux hommes. Sans oublier ces interrogations à échelle humaine d’un homme qui se penche sur son passé, un autre sur son avenir, jusqu’au point d’orge du roman, cette scène finale qui laisse le lecteur pantois et perplexe, enfin au moins le lecteur que je suis…

 💙💙💙


Catalogue éditeur : Buchet-Chastel

Louis Claret est un professeur vieillissant qui habite en province. Séparé de sa femme depuis quelques années, ses filles vivant désormais des vies très différentes de ce qu’il avait imaginé, il se laisse bercer par le quotidien. C’est sans réfléchir et pour remplir une soirée bien vide qu’il se rend au vernissage d’une exposition de peintures d’Alexandre Laudin – un ancien élève, jadis très effacé mais devenu une célébrité dans le monde artistique. Il ne se figure pas un seul instant à quel point ces retrouvailles avec Laudin vont bouleverser sa vie.

La Mise à nu parle de ce qu’on laisse derrière soi, au bout du compte. Des enfants. Des amis. Des livres ou des tableaux…

Jean-Philippe Blondel, dans une veine très personnelle, évoque avec finesse ce moment délicat où l’on commence à dresser le bilan de son existence tout en s’évertuant à poursuivre son chemin, avec un sourire bravache.

Date de parution : 04/01/2018 / Format : 11,5 x 19,0 cm, 252 p. / 15,00 EUR € / ISBN 978-2-283-03022-6

 

David Bowie n’est pas mort. Sonia David

Sonia David l’affirme, « David Bowie n’est pas mort » pourtant dans son roman une mère, un père, et David Bowie lui-même quittent la scène. C’est alors aux vivants de se souvenir de ceux qui sont partis.

Domi_C_Lire_david_bowie_n_est_pas_mort.jpgHélène est la deuxième d’une fratrie de trois sœurs qui sont tout sauf inséparables. Lorsque nous faisons leur connaissance, leur mère vient de mourir. Cette mère à priori tant détestée par Hélène. Hélène a cinquante ans  passés, un âge auquel on pourrait penser que la relation avec sa mère n’a plus la même importance pour avancer dans sa vie, que cette relation soit heureuse ou chaotique, épanouie ou solitaire. Si à longueur de pages, Hélène parle de cette mère qu’elle déteste, on se rend vite compte que la découverte de ce qu’elle était vient perturber les idées reçues et préconçues, le manque et le refus d’amour.

Car chacune va parler à sa façon de cette mère qu’elle abhorre, va dénigrer celle qui l’a conçue mais qui n’aura jamais su l’aimer. Cette mère qui a vécu pour sa propre personne, sans savoir ou vouloir donner d’amour à ses filles qu’elle a conçues avec un homme dont elle s’est rapidement séparée. Et l’on découvre que si toutes les trois ont dû se construire non pas avec mais contre leur mère, chacune a une vision bien différente des autres de sa relation avec sa mère. L’une est devenue froide et distante, l’autre solitaire et éternelle victime d’une société qui ne pourra jamais la comprendre, Hélène quant à elle a dû suivre longtemps un traitement en psychiatrie pour se dégager de l’influence de cette mère toxique.

Un an plus tard, à la mort de leur père, les filles se retrouvent et retrouvent la demi-sœur et la nouvelle femme de leur père. Le deuil maternel ayant fait une partie de son chemin, c’est le moment pour elles de revivre l’enfance et de comprendre, de mettre un nom sur les fêlures et les blessures qui les ont construites. Leur façon d’appréhender l’obsession sur la Shoa de leur père par exemple. Ce père qu’elles ont toujours aimé pour ce qu’il était, et pour l’amour qu’il a toujours été capable de leur donner. Hélène et ses sœurs vont peu à peu parcourir leur difficile chemin de deuil.

Ici, ce qui est intéressant, c’est la place que chacun s’attribue dans la famille, ou au contraire refuse de prendre. Comment certains préfèrent s’isoler pour ne pas avoir à combattre ou à réclamer un amour qui ne viendra jamais, et l’importance que cette enfance va avoir sur une vie entière, les répercussions et les effets bien des années après, bien au-delà de l’âge adulte. Également intéressant de comprendre les effets que va avoir un décès, y compris celui d’un parent que l’on imagine ne pas aimer. Car la perte d’un parent, quel qu’il soit, remet en cause notre vision intime de la vie et de la mort. Dernier rempart face à l’oubli, à la mort, la perte d’une mère, d’un père, nous place face à l’inéluctable fin. Et cette mort, ces morts, sont parfois le ciment des relations d’une fratrie, ou au contraire l’élément perturbateur qui fera tout voler en éclats.

Mais David Bowie dans tout ça ! Que vient-il faire là ? Eh bien, lorsqu’elles étaient enfants les sœurs ont pu échanger leur passion et leur amour pour l’artiste, qui décède la même année que l’écriture du roman, et dont se souvient Hélène avec beaucoup d’émotion.

Forte d’une expérience dans laquelle il aura fallu commencer à vider la maison de parents qui n’étaient pas les miens mais dont je suis proche, je repense avec plus d’acuité à ce roman. La mort est un ciment qui s’il n’est pas évident au premier abord, ressoude les liens de l’enfance, dessille les fratries éloignées par la vie, et rapproche les vivants qui se souviennent de leur intimité avec les morts.

N’ayant pas lu la quatrième de couverture avant d’avoir commencé ce roman, j’ai lu les premières pages avec un peu d’appréhension. Puis le rythme, l’écriture, le style m’ont rapidement embarquée dans cette histoire qui, alors qu’elle aurait pu être triste, entraine son lecteur et lui fait tourner les pages, l’impliquant dans le chagrin, la découverte, la compréhension et la fraternité qui s’en dégagent.

💙💙💙

Retrouvez également l’avis de Joëlle du blog Les livres de Joëlle.


Catalogue éditeur : Robert Laffont

À un an d’intervalle, Hélène, Anne et Émilie perdent leur mère, puis leur père. Entre les deux, David Bowie lui aussi tire sa révérence. David Bowie a eu, dans l’adolescence d’Hélène, la « sœur du milieu », une importance toute particulière, qu’elle avait complètement oubliée, qu’elle n’avait peut-être même pas mesurée mais qui lui saute aux yeux, aujourd’hui. Dans toute sa violence, dans toute sa réconfortante douceur. Alors, Hélène commence à raconter… Trois parties, trois décès, trois moments, comme les trois mouvements d’une même symphonie intime où la mort, très impalpable, se mêle à la vie très pratique puisqu’il faut s’occuper de ce qui reste (l’enterrement, les biens, les papiers, la succession…), le passé au présent à mesure que les souvenirs remontent à la surface, et où la tristesse flirte en permanence avec l’humour, parce que telle est la nature d’Hélène.

Date de parution : 24/08/2017  / EAN : 9782221200285