Tête de tambour, Sol Elias

La schizophrénie, une déflagration ? Délire, souffrance, différence, Sol Elias décrit magistralement la maladie, et la lecture de « Tête de tambour » ne laisse pas ses lecteurs indifférents.

Il voudrait être comme les autres, mais Manuel sait qu’il est différent. Il en veut à la vie d’être autrement, à ses parents qui l’ont laissé naitre, à la maladie qui ne l’a pas emporté enfant, à sa famille de ne pas le comprendre, à la mort qui ne veut pas de lui. Difficile alors de s’aimer et de s’accepter face à tant de lucidité. Il est neurasthénique tendance psychotique, selon sa mère, schizophrène selon le médecin, quand enfin il comprend pourquoi Manuel est aussi singulier, fatigué, apeuré, excité, violent même.
Il est Manuel, il est Anaël, il devient cette tête de Tambour dans laquelle sonnent toutes les cloches de la terre, annonciatrices de douleur et de chagrin.

Les chapitres alternent avec les récits d’Anaël, Manuel, Soledad. Le lecteur met quelques chapitres pour comprendre le rôle de chacun et ce que chacun exprime de la complexité des relations dans une famille, une fratrie.

Ces différents personnages nous interpellent tour à tour… D’abord Anaël, que l’on suit dans ses frasques avec les copains si peu fréquentables tout au long des années 70. Ses parents, Bonnie la mère qui ne sait pas comment faire pour contenter ce petit qui la déroute, le père qui n’en peut plus, le seul à travailler pour nourrir un famille et un fils impossible à maitriser. Sa sœur Ana-Sol et plus tard son mari, leur fille Soledad. Puis Manuel. Ou faut-il dire avant tout Manuel, car tout au long de sa vie il est conscient de sa maladie, de ses différences. Et même lorsque sa tête explose, que la douleur le saisit, il rédige un roman dont le héros est Anaël, ce double dont il écrit la vie sur une multitude de petits bouts de papiers, éparpillés, tourmentés, illisibles, comme sa « tête pourrie » sans doute.

Soledad est la seule qui, enfant, posait sur Manuel un regard égal, sans à priori, comme seuls sont capables de le faire les enfants. C’est à elle que Manuel lègue sa vie entassée dans des sacs emplis de petits papiers qui pèsent tellement lourds dans sa vie. Car lorsqu’elle décide de les déchiffrer, Soledad est enceinte, se pose alors la question de l’hérédité, de la transmission possible d’un gène toxique.

Roman étonnant, inspiré par l’oncle de l’auteur, qui décrit avec une certaine violence mais une grande véracité le poids écrasant d’une hérédité incompréhensible et méconnue de la schizophrénie ou de la maladie. Il y a aussi ces questionnements paralysants et pourtant vraisemblables : si je fais un enfant moi aussi, comment sera-t-il ? La véracité des sentiments et du désespoir intime, à la fois chez le malade et son entourage, qui transpire de ces lignes en fait un texte particulièrement émouvant et touchant.

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Catalogue éditeur : Rivages

« J’avais jeté le charbon ardent de la discorde dans la plaine de leur affliction, la plaine tapissée d’un maquis dru et sec qui prenait feu comme de la paille. Bientôt ce serait le désastre… »
Dans ce récit bouleversant, l’auteur nous plonge dans les affres de la psychose et explore la complexité des relations filiales et le poids de l’hérédité. Un premier roman coup de poing qui s’empare d’un sujet sensible et peu abordé en littérature, la schizophrénie, pour redonner leur humanité à ceux que l’on en prive.

ISBN : 978-2-7436-4600-4 / EAN : 9782743646004 / Parution : janvier, 2019 / 200 pages / Format : 4.0 x 20.5 / Prix : 18,00€

Manuel à l’usage des femmes de ménage, Lucia Berlin

Une découverte littéraire rare. Un bonheur de lecture, tout simplement. Mais pourquoi avons-nous attendu aussi longtemps pour en entendre parler !

Couverture du roman "Manuel à l'usage des femmes de ménage" de Lucia Berlin édition Le Livre de poche

S’il est vrai que j’aime beaucoup lire des nouvelles, là, c’est tout simplement autre chose. Il y a tout dans cette écriture, le style, les mots, les émotions, la vie, les douleurs et les joies, la famille et la société, les villes parcourues, les évènements vécus. Lucia Berlin est née dans les années 30 et nous transporte tout au long de ces quelques dizaines d’années de sa vie en 600 pages.

Lucia Berlin est un auteur fabuleux, qui a su m’embarquer dans ses histoires, vraies, puisqu’elle les raconte et ne ment jamais, c’est elle qui le dit. J’ai eu l’impression de la suivre partout, et de la comprendre. Les personnages sont autres, les noms aussi, mais on la retrouve, ainsi que sa mère, sa sœur, ses maris, ses fils, ses amours, ses collègues et ses patrons, ses voisins et ses amis…

Elle parle de son enfance, abusée par un grand-père, aux côtés d’une grand-mère qui n’intervient pas, élevée par une mère alcoolique qui ne montre jamais le moindre signe de tendresse ou d’intérêt pour sa fille, et un père absent, il part à la guerre en 1941, de New York au Chili, du Texas à Oakland. Puis c’est la rencontre avec son premier mari, si jeune, rejeté par ses parents. Trois mariages et quatre fils plus tard, elle aura connu des métiers à la pelle, artiste bohème avec ses maris poète ou sculpteur, mais aussi enseignante, elle parle anglais et espagnol, standardiste, femme de ménage, elle connait des hauts et surtout des bas, alcoolique, seule, abandonnée, amoureuse, trahie, mais souvent entourée, accompagnée, elle aura tout vécu et tout surmonté.

Cette écriture est magique, en quarante-trois nouvelles, j’ai été plongée dans toute époque. Rien n’est lassant, on tourne les pages et on avance avec bonheur dans cette vie si singulière, si atypique. Il y a de l’émotion, de la tendresse, de l’espoir, c’est à la fois critique et violent, sensuel et poignant, et ce n’est jamais amer. Il  y a des descriptions, imagées, émouvantes, vibrantes. Les couleurs, les sons, les gestes, sont là pour dire la vie ou la mort. La maladie est présente mais magnifiée par l’amour des deux sœurs, leur complicité, leurs souvenirs, leurs arrangements aussi avec ces souvenirs, ceux de la mère en particulier, avec ses suicides à répétition et son désamour pour sa seconde fille. C’est aussi gai que mélancolique, c’est cruel et intime, incisif et tendre, bluffant de justesse et de vérité, le tout porté par un rythme, un souffle, une maitrise de l’écriture assez unique. Alors si vous hésitez encore, allez-y, vous ne serez pas déçus !

Roman lu dans le cadre de ma participation au jury des lecteurs du Livre de Poche 2019

Catalogue éditeur : Le livre de Poche & Grasset

Elle est une grande écrivaine injustement méconnue, une reine de la narration. Lucia Berlin (1936-2004), mariée trois fois, mère de quatre garçons, raconte ici ses multiples vies en quarante-trois épisodes. Élevée dans les camps miniers d’Alaska et du Midwest, elle a été successivement une enfant solitaire au Texas durant la Seconde Guerre mondiale, une jeune fille riche et privilégiée à Santiago du Chili, une artiste bohème dans le New York des années 1950 et une infirmière aux urgences d’Oakland. Elle a su saisir les miracles du quotidien jusque dans les centres de désintoxication du sud-ouest des États-Unis, égrenant ses conseils avisés et loufoques tirés de ses propres expériences d’enseignante, standardiste, réceptionniste, ou encore femme de ménage. Un destin exceptionnel.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Valérie Malfoy

Éditeur d’origine : Grasset / Date de parution : 26/09/2018 / EAN : 9782253071402 / 600 pages / Prix : 8,70€

Crédit photo 1963 Buddy Berlin © 2015 – 2018, Literary Estate of Lucia Berlin LP

État d’ivresse. Denis Michelis

La mère, le fils, l’alcool et la solitude de celle qui détruit sa vie chaque jour à petite gorgée… c’est l’État d’ivresse selon Denis Michelis

C’est la mère de Tristan, un adolescent de 17 ans qu’elle ne reconnait plus, c’est l’épouse d’un mari absent qui laisse des messages qu’elle n’entend pas… c’est l’amie de Célia, sa voisine et disons le plutôt son ex-meilleur amie, et surtout, c’est une femme en état d’ivresse du matin au soir. Vautrée dans son canapé, elle cherche les combines les plus improbables pour acheter, cacher, consommer tout l’alcool possible, ces doses qui lui feront oublier sa solitude, son désespoir dans cette maison vide qu’elle exècre.

Journaliste, mère, épouse, femme brisée… bien sûr elle sait qu’il faudrait se soigner, arrêter, ne plus boire, mais rien ne peut l’en empêcher. Difficile dégringolade, pitoyable dégringolade de cette femme perdue. L’alcoolisme féminin est toujours si dramatique. Quand rien, pas même son enfant, ne peut vous faire stopper la chute inexorable.

L’auteur s’est faufilé dans la tête de sa narratrice pour la faire parler, et son roman est criant de vérité, de désespoir, de justesse aussi. Étonnant par la différence de langage, de personnages qui cohabitent dans la tête malade de cette femme désespérée, qui boit et oublie, qui boit et se perd, qui boit tant que ça ressemble presque à un suicide, et  que l’on a tant envie de secouer.

Ce roman me fait penser au roman à celui de Cathy Galliégue Et boire ma vie jusqu’à l’oubli qui abordait également ce thème et que j’avais trouvé particulièrement réussi. Dans le roman de Denis Michelis État d’ivresse il m’aura manqué quelque chose pour vraiment compatir et comprendre cette femme, l’origine de son état ou un espoir de solution pour l’avenir. Là j’ai eu l’impression de plonger dans cette ivresse sans plus jamais pouvoir en sortir, une immersion dans le désespoir à l’état pur en somme.

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Catalogue éditeur : Notabilia Noir sur Blanc

État d’ivresse brosse le portrait d’une femme brisée qui, en s’abîmant dans l’alcool, se fait violence à elle-même. La mère d’un adolescent, en état d’ivresse du matin au soir, se trouve en permanence en errance et dans un décalage absolu avec la réalité qui l’entoure. Épouse d’un homme absent, incapable d’admettre sa déchéance et plus encore de se confronter au monde réel, elle s’enferme dans sa bulle qui pourtant menace de lui éclater au nez. 

Comme dans ses deux précédents romans, on trouve sous la plume de Denis Michelis les thèmes de l’enfermement et de la violence conjugués à l’impossibilité d’échapper à son destin.

« Il ne me reste plus qu’à prendre mon élan, qu’à courir pour sortir de cette maison et ne plus jamais y revenir. Mais quelque chose m’en empêche, et cette chose se trouve là, à mes pieds : mon verre tulipe. »

Date de parution : 03/01/2019 / Format : 12,8 x 20 cm, 180 p., 14,00 € / ISBN 978-2-88250-545-3

Et boire ma vie jusqu’à l’oubli. Cathy Galliègue

Découvrir Cathy Galliègue avec « Et boire ma vie jusqu’à l’oubli », le deuxième roman à la fois intimiste et bouleversant d’une auteure qui explore les chagrins de l’âme et sa détresse, la perte du bonheur.

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Betty Songe a perdu son mari, c’est une déchirure qui ne peut pas devenir un deuil, car elle refuse l’idée même de sa mort, de sa disparition, et sombre dans un chagrin noyé d’alcool. Pourtant Betty est mère, et son fils est là, qui attend son amour, son attention, qui a besoin d’elle.

Alors pourquoi Betty sombre-t-elle ? Peut-être à cause d’une mère absente ? Il faut dire que pendant ces années d’enfance où chacun a tant besoin de ses parents, la seule réponse de son père à la question lancinante de sa fille « Elle est où, maman » sera « Elle est partie ». Sans doute est-il aussi désespéré qu’elle face à ce vide. Mais cette absence d’explication crée une blessure indélébile, profonde, qui marque l’enfant, puis la femme qu’elle devient. Celle qui cherche toujours cette présence qui lui manque, qui cherche à comprendre cette fêlure qui de discrète se fait prépondérante dans cette vie d’amours brisés, manque d’une mère, mais manque aussi de cet amour qui l’a abandonnée, qui est parti lui aussi…

Peu à peu se dessinent une vie, des relations, des silences et des béances affectives qui bouleversent la vie de Betty, qui la transpercent et l’empêchent de vivre pleinement son deuil, d’accepter l’absence de Simon. Et pourtant, au fil des pages se dessine aussi un amour immense, celui d’un père pour sa fille, celui d’une femme pour son mari disparu, celui d’une mère pour son enfant.

Ce que j’ai aimé dans ce roman de Cathy Galliègue ? L’écriture, la finesse d’analyse de son personnage, les mots pour dire la souffrance, la rédemption face au chagrin destructeur, l’amitié et la force des sentiments qui lient une famille, ou qui l’anéantissent. Mais aussi l’audace de l’auteur, qui ose parler de ce tabou, l’alcoolisme féminin, pas plus sordide pourtant que celui des hommes, mais si difficilement accepté dans nos sociétés.

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Catalogue éditeur : Emmanuelle Collas

Betty s’efforce de vivre mais, à la nuit tombée, elle se cache et boit pour oublier la mort de son mari, Simon, et pour se souvenir de sa mère. Elle s’abrutit et s’effondre. Dans sa quête de la vérité, les images reviennent peu à peu. Des clichés tendres de l’enfance, une mère trop belle pour être vraie, des souliers rouges… et cette question lancinante :  » Elle est où, maman ?  » Cathy Galliègue aborde dans Et boire ma vie jusqu’à l’oubli un sujet tabou, celui de l’alcoolisme féminin, et nous offre un roman sans filtre sur la mémoire et le deuil, un diamant brut plein d’humanité et d’espoir.

à propos de l’auteur : Après une carrière dans l’industrie pharmaceutique en France, elle est partie vivre en Guyane, où elle a animé pendant un saison une émission quotidienne littéraire sur la chaîne Guyane1ère et où elle se consacre désormais à l’écriture. Son premier roman, La nuit, je mens (Albin Michel, 2017), a remporté un succès d’estime, il est sélectionné pour le Prix Senghor 2018. Et boire ma vie jusqu’à l’oubli est son deuxième roman.

Date de parution : 05/10/2018 / ISBN : 978-2-490155-07-1 / EAN : 9782490155071 / Nb. de pages : 250 pages

La seule histoire. Julian Barnes

Son premier amour, la seule histoire dont il faut se souvenir ? C’est ici le propos de Julian Barnes, qui dans « La seule histoire » évoque si bien l’amour et le temps qui passe…

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Dans une petite ville d’Angleterre, le lecteur ne saura ni quand ni où, Paul, un jeune homme de dix-neuf ans s’ennuie. Au club de tennis local, il rencontre Susan, une partenaire attribuée par tirage au sort lors d’un tournoi en mixte.
A compter de ce jour, cette rencontre avec Susan sera LA rencontre déterminante de la vie de Paul. Déterminante car comme il le dit, la seule histoire, la véritable histoire d’amour de sa vie. Susan a quarante-huit ans lorsqu’ils se rencontrent. Peu à peu, une complicité, puis de l’affection, enfin l’amour total et réciproque s’installent entre cette mère de famille mariée et ce jeune étudiant qui à la vie devant lui.

Pourtant, dans la bourgade où ils résident le qu’en-dira-t-on va bon train. Après quelques années ils décident de partir à Londres, lui pour étudier, elle pour être avec lui, et enfin vivre librement leur amour. Rien ne sera facile pour autant, et se faire accepter quand on est un couple aussi atypique est parfois si difficile que peu à peu Susan va sombrer dans l’alcool, perdant pied, perdant la mémoire, devenant un fardeau impossible à porter pour Paul…

Étonnante description de la naissance d’un amour, de son épanouissement, de ces instants magiques où le monde vous appartient. A la première personne, Paul, le narrateur, raconte, explique, épluche ses sentiments, sa vie, sa relation. Cette relation qui l’a forgé, qui a fait de lui l’homme qu’il est devenu, cet amour toujours présent qui l’accompagne tout au long de sa vie. L’amour, le seul, La seule histoire au fond.

J’ai aimé ce récit sans concession lorsqu’il évoque les mauvais moments, les petites lâchetés d’une vie, mais surtout l’analyse de ces sentiments, cet amour qu’il est si bon d’avoir vécu au moins une fois dans sa vie. Il me semble qu’il y a quelques longueurs lorsque le récit reprend en mode descriptif (comme s’il fallait prendre un peu de distance avec les sentiments de Paul ? Un mal nécessaire pour s’impliquer dans leur histoire ? ) et un narrateur pas toujours très aimable à mes yeux du lecteur, mais c’est malgré tout une lecture qui interroge sur le temps qui passe et ce qu’il nous reste de nos sentiments passés.

Catalogue éditeur : Mercure de France Gallimard

Paul a dix-neuf ans et s’ennuie un peu cet été-là, le dernier avant son départ à l’université. Au club de tennis local, il rencontre Susan – quarante-huit ans, mariée, deux grandes filles – avec qui il va disputer des parties en double. Susan est belle, charmante, chaleureuse. Il n’en faut pas davantage pour les rapprocher… La passion? Non, l’amour, le vrai, total et absolu, que les amants vivront d’abord en cachette. Puis ils partent habiter à Londres : Susan a un peu d’argent,… Lire la suite

Collection Bibliothèque étrangère, Mercure de France / Parution : 06-09-2018 / 272 pages / 140 x 205 mm / Époque : XXe-XXIe siècle / ISBN : 9782715247079

La déchirure de l’eau. John Lynch.

Dans une Irlande que l’on devine, entre rêve et réalité, La déchirure de l’eau est le parcours initiatique d’un enfant vers l’âge adulte. 

La déchirure de l’eau est une étrange évocation de l’Irlande de l’IRA et des bombes par le regard de James Lavery, un adolescent de dix-sept ans qui cherche son père dans le ciel, les étoiles et parfois même les lucioles. Qui cherche une lumière en somme. Pour le guider sur le chemin de la vie, parce que Conn, ce père tant aimé, a disparu  alors que James n’avait que huit ans.

Mais en Irlande la vie est dure, l’argent manque parfois. La mère de James travaille mais elle va noyer ses nuits solitaires dans l’alcool, sa tante essaie de l’aider, mais elle est rapidement dépassée. Et la présence de plus en plus régulière à la maison du nouveau compagnon de sa mère est bien difficile à accepter, car on ne remplace pas un héros. Heureusement, James va croiser la route de Shannon, un professeur atypique qui l’initie au théâtre, un moyen de se révéler, de s’extérioriser, de s’affirmer aussi peut être. Un moyen sans aucun doute de surmonter une étape de sa vie, celle du deuil de son père, rendu difficile par le poids du secret sur les circonstances de sa mort.

La structure du roman montre la vie de James par petites touches, chapitre après chapitre, tous se terminent par une lettre dans laquelle James s’évade dans son monde imaginaire, celui qui lui permet de vivre chaque jour qui vient. Jusqu’au jour peut-être où la vérité éclate, où la mère n’est plus seulement une alcoolique désespérée mais également une veuve inconsolable, où les amours adolescentes apparaissent, où la démarche du deuil s’enclenche, où la vraie vie devient possible.

C’est un roman étonnant, même si je reste un peu sur ma faim. Car si j’ai trouvé un intérêt à cette narration décalée d’une période importante dans l’histoire de l’Irlande, je crois que j’en aurai souhaité un peu plus. Mais un peu plus cela a certainement déjà  été écrit bien des fois !

Catalogue éditeur : Le Castor Astral

Le père de James Lavery est mort. Son fils est persuadé qu’il s’est sacrifié pour l’Irlande. Cherchant désespérément à échapper à sa pesante solitude, à sa pénible vie quotidienne et à l’alcoolisme envahissant de sa mère, James se crée son propre monde : il devient ainsi le héros d’une série d’aventures fantastiques qu’il rêve au fil des jours.
Mais les années passent et James entrevoit des étincelles de vérité à propos de son père. Alors qu’il embarque lui-même dans sa première histoire d’amour, il commence à comprendre les vraies complexités de la vie.
Dans cette histoire d’initiation, John Lynch révèle dans un style serré, la vulnérabilité et les incertitudes d’un garçon de dix-sept ans qui quitte l’enfance.

ISBN 9791027800421 / 17,00 EUR / 240 pages / août 2015