A crier dans les ruines, Alexandra Koszelyk au château de Maffliers

C’était une belle soirée hier, ce diner aux chandelles du cercle littéraire de Maffliers

Là comme chaque mois depuis des années, Corinne et Jean-Pierre Tartare recevaient un auteur au Château de Maffliers. Hier soir, c’était Alexandra Koszelyk, et une belle tablée de vingt-neuf convives qui avaient tous lu le roman d’Alexandra « A crier dans les ruines publié aux éditions Les Forges de Vulcain.

Instant magique, et c’est bien Alexandra qui en parle le mieux, sur son fil Instagram :

Quand un auteur écrit, il déverse sur le papier un des nombreux mondes qu’il porte en lui, une sorte d’accouchement solitaire dont la gestation peut prendre des années.
Et puis, arrive ce miracle de la rencontre de l’autre, de ce lecteur avide d’un nouvel univers à explorer.
La magie de la littérature est là, dans ces ponts qu’elles créent entre deux imaginaires.

La magie d’écouter un auteur, mais aussi le contexte particulier qui fait que tous les participants ont lu et aimé le roman, procurent une harmonie incroyable à ces diners, chacun donne son avis, son ressenti, sa vision du roman, dans une ambiance particulièrement agréable et conviviale.

Alexandra Koszelyk a réussi un magnifique premier roman dont elle a parlé avec beaucoup d’émotion et de ferveur, l’Ukraine, Tchernobyl, ses grands-parents, la belle histoire, souvent triste, entre Lena et Ivan, et tant d’émotions impossibles à partager.

Alors si vous ne l’avez pas encore lu, courrez  en médiathèque, chez votre libraire, et découvrez ce roman.

Retrouvez mon billet de ce roman lu aussi dans le cadre de ma participation aux 68 premières fois

Mon inventaire 2019

Quand ton blog te rappelle qu’il y a 5 ans Domi C Lire prenait forme peu à peu jusqu’à devenir ce rendez-vous indispensable qui me permet de partager ma passion.

Happy Anniversary with WordPress.com !

Comme le temps file vite, je ne les ai pas vues passer ces cinq années, à lire, puis écrire quelques lignes pour partager ici mes coups de cœur, 💙💙💙, 💙💙💙💙, 💙💙💙💙💙 que ce soit à propos de nouvelles lectures, de rencontres avec des auteurs, d’expositions, de musées, et de toutes les découvertes de lieux qui m’ont intéressée avec les Que faire à ?.

Il est grand temps de faire ici Mon inventaire 2019 ! Mais qu’il est difficile d’être concis avec un peu plus de 180 livres tous genres confondus lus dans l’année. Je n’en voulais que dix, ils seront douze…

Ces romans qui m’ont fait vibrer, qui m’ont apporté quelque chose

Amour propre, Sylvie Le Bihan

Le cœur battant du monde, Sébastien Spitzer

Rien n’est noir, Claire Berest

Manifesto, Léonor de Recondo

Ces premiers romans bouleversants

Le bal des folles, Victoria Mas

à crier dans les ruines Alexandra Koszelky

Comme la chienne, Louise Chennevière

Suiza, Bénédicte Belpois

Ces romans policiers ou thrillers qui m’ont sortie de mon quotidien

Surface, Olivier Norek

La mort selon Turner, Tim Willocks

Ce roman en format poche, à lire à faire lire

Manuel à l’usage des femmes de ménage, de Lucia Berlin

Ce roman young adulte que j’attendais

Je n’ai pas trahi, Frédéric Couderc

Et vous ? Quels livres avez-vous envie de partager de votre année 2019, et quels conseils pour l’année qui vient ?

A crier dans les ruines, Alexandra Koszelyk

A crier dans les ruines, le roman d’une innocence perdue qui nous parle de catastrophe nucléaire mais aussi de légendes ; d’exil, mais surtout d’amour par-delà le temps et l’absence.

La catastrophe de Tchernobyl en avril 1986, tout le monde y pense de façon plus ou moins lointaine, plus ou moins impliquée. Mais que savons-nous de ceux qui l’ont vécue dans leur chair et comment ont-ils survécu ?

Lena et Ivan vivent à Pripiat, cette ville si moderne qui vit grâce à la centrale de Tchernobyl. Ils se connaissent depuis l’enfance, ils ont treize ans à peine lors de l’explosion de la centrale nucléaire. Le père d’Ivan vit proche de la nature, de la forêt et de tout ce qu’elle peut apporter aux hommes qui la respectent. C’est d’ailleurs dans cette forêt que les deux adolescents se retrouvent, sous cet arbre sur lequel ils sont tracé la preuve de leur amour naissant.

Les parents de Lena sont des scientifiques qui travaillent à la centrale. Les premiers informés, les premiers avertis du risque, les premiers à fuir en laissant leur vie derrière eux, dans ce train qui les emmènera jusqu’en Normandie avec Lena et sa grand-mère.

Pour mieux accepter l’exil, faut-il tout oublier ? Si Lena s’inquiète du sort d’Ivan, pour son père, il est forcément mort, comme le sont les souvenirs et la vie laissée là-bas. Et dans sa vie il y a désormais un avant et un après l’apocalypse.  Alors il faut réapprendre à vivre, une langue, des habitudes, un nouveau prénom pour sa mère qui veut s’intégrer à sa nouvelle vie. Bercée par les légendes que lui conte inlassablement sa grand-mère, ce sera pour Lena des études et un nouvel exil, volontaire celui-là, vers Paris. Là, nourrie de littérature, de légendes et d’espoir, elle va enfin vivre un nouvel amour, avec cet Yvan qui est autre et qu’il est si difficile d’aimer vraiment pour une jeune femme qui attend, qui rêve et qui espère elle ne sait plus quoi exactement.

Forgée par les contes et les légendes, par la littérature et sa soif d’apprendre, Lena ressent pourtant chaque jour le manque, l’absence et l’exil. Car l’amour à lui seul est un monde, et le sien est resté dans les ruines de Tchernobyl. Jusqu’au jour où elle décide de retourner à Pripiat, sa ville martyre.

A crier dans les ruines nous parle de déracinement et de souffrance, de silence et d’attente, d’amour et de déception, de vies qui passent. L’écriture est ciselée, délicate, et fourmille de détails, de références à la mythologie mais aussi à l’histoire, celle de l’Urss et de l’Ukraine en particulier, références importantes pour mieux comprendre le contexte et la psychologie des personnages. Les personnages sont attachants dans ce qu’ils ont de plus extrême, de plus profond dans cette fidélité sans faille à leur terre, à leurs racines et à leur amour. Le style dense fourmille de références, peut-être un brin trop par moment, mais qu’importe car quel beau roman pétri d’une élégance rare. Merci aux Forges de Vulcain de nous faire découvrir une auteure à suivre, et une fois de plus, de nous étonner et nous séduire avec cette couverture si étonnante signée Elena Vieillard.

Roman lu dans le cadre de ma participation aux 68 premières fois

Catalogue éditeur : Aux Forges de Vulcain

Tchernobyl, 1986. Lena et Ivan sont deux adolescents qui s’aiment. Ils vivent dans un pays merveilleux, entre une modernité triomphante et une nature bienveillante. C’est alors qu’un incendie, dans la centrale nucléaire, bouleverse leur destin. Les deux amoureux sont sépares. Lena part avec sa famille en France, convaincue qu’Ivan est mort. Ivan, de son côté, ne peut s’éloigner de la zone, de sa terre qui, même sacrifiée, reste le pays de ses ancêtres. Il attend le retour de sa bien-aimée. Lena grandit dans un pays qui n’est pas le sien. Elle s’efforce d’oublier. Un jour, tout ce qui est enfoui remonte, revient, et elle part retrouver ce qu’elle a quitté vingt ans plus tôt.

Prix 19.00 € / 254 pages / Format : 13 x 20 cm / ISBN : 9782373050660