Ne parle pas aux inconnus. Sandra Reinflet

Partir, rester, parler, vivre. Sandra Reinflet évoque cette période si difficile qu’est l’adolescence dans un premier roman qui touche et interpelle.

DomiCLire_ne_parle_pas_aux_inconnus.JPGCamille, jeune fille ni trop belle ni trop laide, rêve de liberté et vient de réussir son BAC. Comme le font la plupart de lycéens, il faut fêter ça. Mais il semble que la fête dérape, la soirée ne se passe pas comme prévu. Conséquence ou hasard, peu de temps après la fête, Eva, l’amie, la confidente, l’amoureuse libre et artiste disparait sans laisser de nouvelles, du jour au lendemain. Elle abandonne Camille à son quotidien étriqué et sinistre de la ville de Thionville. Dans cette famille bienpensante et protectrice, peut-être un peu trop, qui donne trop de conseils, d’interdits, de recommandations, de ces mots qui lui donnent des envies de départ, de fuite en avant, envie de courir retrouver celle qui lui manque et qu’elle aime tant.

Alors Camille part, un beau matin, en stop à travers l’Europe, vers ces pays de l’Est nouvellement dessinés et où tout peut arriver, ou pas. Là, de rencontre en découverte, de conseil en confidence, elle va vivre en espérant, en attendant celle qu’elle aime. Jusqu’au jour où la famille se rappelle à elle de la plus difficile de façons.

Elle qui se croyait détachée de ses parents va rentrer au bercail. Pour revenir dans ce chemin si droit tracé pour elle ? Faut-il accepter ou au contraire se rebeller, pour exister ? Mais on peut aussi se demander, lorsque l’on est parents, faut-il couver nos enfants pour les protéger, ou au contraire les laisser exister ? Faut-il taire sa peur et ses envies de les protéger pour laisser se déployer leurs personnalités. Enfin, est-on vraiment sûr de bien connaître ceux que l’on doit côtoyer chaque jour ?

L’héroïne de Sandra Reinflet est attachante et assez crédible au fond. Son phrasé, bref et dynamique, ses mots, aussi vifs que l’adolescence, celle qui explose, qui veut vivre et exister loin des parents et des règles imposées, traduisent bien cette impatience à vivre pleinement cette adolescence, passage  indispensable pour se construire. Voilà un personnage intéressant, une personnalité sensible et parfois déjantée, Camille a su me séduire et me donner envie de la suivre jusqu’au bout. Malgré quelques imperfections, quelques incohérences et un peu trop d’optimisme envers les humains, j’ai découvert un joli premier roman.


Catalogue éditeur : JC Lattès

Ce devait être une fête, une libération, la fin du lycée et des «  ne pas  ». Mais Eva ne répond plus et Camille ne répond plus de rien. Depuis que sa Polonaise a disparu, la jeune femme se cogne au silence comme un papillon à une ampoule. Elle décide de prendre la route pour la chercher. Un voyage au cours duquel elle croisera ces étrangers dont ses parents lui disaient de se méfier et qui tous, à leur manière, l’aideront à trouver ce qu’elle ne cherchait pas : elle-même.
Les secrets les mieux gardés ne sont-ils pas les plus en vue ? Les inconnus, parfois, sont ceux dont on croit tout connaître.
 
Née en 1981, Sandra Reinflet est inventeuse d’histoires vraies. Après trois ouvrages photos-texte, Ne parle pas aux inconnus est son premier roman. 

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Trois saisons d’orage. Cécile Coulon

« Trois saisons d’orage », le dernier roman  de Cécile Coulon est beau comme un roman du siècle dernier, d’une écriture dense comme les paysages qu’elle évoque et rude comme la vie aux Trois-Gueules.

coulonUn lieu comme personnage principal, trois générations comme personnages secondaires, des vies qui passent comme décor, voilà une tragédie – car c’est ce qui est annoncé dans les toutes premières pages – à la fois classique et actuelle, étrangement intemporelle. Toute l’intrigue de ces Trois saisons d’orage se déroule aux Fontaines, un hameau de quelques âmes, jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. A ce moment-là, les frères Charrier vont ouvrir une carrière et permettre aux ouvriers de s’installer là et d’y vivre.

Aux fontaines la vie est paisible, mais elle est rude aussi, comme savent l’être les montagnes, dures comme la pierre, belles comme un lever de soleil, intenses et déchainées comme un ciel d’orage. Il peut même être difficile de s’y faire une place, car les paysans, les ouvriers, tous les natifs du coin ont du mal à accepter les nouveaux, ceux de la ville qui viennent là et ne rêvent que de cette vie paisible, dans ces paysages qu’ils croient pouvoir dompter, qu’ils imaginent pouvoir sculpter à leur image dans la pierre des maisons, des chemins, des montagnes.

André est médecin. Il s’est établi aux Fontaines, dans ce lieu hors du temps qui pourrait être une enclave dans une montagne rocheuse et escarpée, ce genre de lieux où l’on décide l’aller exprès, car aucune route ne le croise, aucun chemin ne le traverse. Il avait rencontré Élise à la ville. Elle y restera, mais de leur soirée arrosée est né un fils, Bénédict, qu’André élève aux Fontaines. Devenu médecin à son tour, Bénédict épouse Agnès, une autre fille de la ville qui adopte la solitude et le calme des Fontaines. Puis arrive la troisième génération avec leur fille Bérangère.

Si André est venu là, c’était pour soigner paysans et ouvriers, ceux qui travaillent aux carrières, et surtout ces enfants qui meurent si jeunes sans que nul médecin n’y puisse rien. Il y a fait sa vie, son fils aussi, qui après ses études a rejoint son père dans leur cabinet médical où passe  toute la population des Trois-Gueules.

Aux Fontaines, il y a aussi Maxime et surtout Valère, son fils. Paysans de père en fils, ils sont nés là, au milieu de leurs champs, parmi les vaches sur cette terre qu’ils connaissent si bien. Valère et Bérangère se rencontrent à l’école et comme une évidence ils savent qu’ils vivront ensemble et sont faits l’un pour l’autre. Bérangère est une native du pays, amoureuse d’un gars d’ici. Alors bien sûr tout le monde trouve normal qu’ils pensent déjà au mariage, même s’ils sont si jeunes.

Mais dans la vie de Bénédict et de Bérangère, il y a aussi Agnès, la mère, si belle, si magnétique, si inaccessible, que par elle ou pour elle, l’impensable peut arriver… Et c’est là tout l’art de Cécile Coulon, de faire jaillir de ce conte idyllique le drame que nul n’attendait. Difficile d’en dire plus sans trop en dévoiler.

Voilà un roman étrange dans lequel la force des sentiments est tout juste évoquée, car elle est surtout combattue par ceux qui les éprouvent, où l’amour est omniprésent alors qu’il est pourtant tenu secret, silencieux, rejeté, et surtout dévastateur. La force de l’indicible, le silence, l’amour plus fort que la volonté, la fidélité et le destin vont se jouer des personnages dans une fresque étonnamment classique. J’ai cru très souvent lire un roman du 19e alors que Cécile Coulon est une auteur si jeune et à l’écriture absolument contemporaine ! On se laisse vraiment emporter par cette histoire familiale.


Catalogue éditeur : Viviane Hamy

Trois générations confrontées à l’Histoire et au fol orgueil des hommes ayant oublié la permanence hiératique de la nature.
Saga portée par la fureur et la passion, Trois Saisons d’orage peint une vision de la seconde partie du XXe siècle placée sous le signe de la fable antique. Les Trois-Gueules, « forteresse de falaises réputée infranchissable », où elle prend racine, sont un espace où le temps est distordu, un lieu qui se resserre à mesure que le monde, autour, s’étend. Si elles happent, régulièrement, un enfant au bord de leurs pics, noient un vieillard dans leurs torrents, écrasent quelques ouvriers sous les chutes de leurs pierres, les villageois n’y peuvent rien ; mais ils l’acceptent, car le reste du temps, elles sont l’antichambre du paradis.

Parution : 05/01/2017 / ISBN : 9782878583373 / Pages : 272 p. / Prix : 19€

La téméraire. Marine Westphal

« La téméraire » est un roman émouvant et triste, bouleversant et positif, il apporte espoir et détresse, parle d’amour et de force, de fidélité et de rencontre, un magnifique premier roman.

DomiCLire_la_temeraireSali et Bartolomeo s’aiment d’amour depuis plus de trente ans. Ils vivent dans leurs montagnes des Pyrénées. Lui parcourt les hauteurs, pour vérifier et assurer les sentiers, protecteur invisible des randonneurs, amoureux inconditionnel de la nature et de ses montagnes. Jusqu’au jour où un grain de sable, ou plutôt un grain de sang vient enrayer le mécanisme, l’AVC le laisse dans un état végétatif. Lorsqu’il est de retour à la maison, Sali continue à s’occuper de son mari adoré.

Mais que faire, comment vivre, ou plutôt comment survivre avec un homme allongé sur un lit, deux enfants qui même s’ils ont grandi souffrent de cette situation, quand on comprend que plusieurs vies sont détruites et que la science ne peut plus rien. Alors Sali décide de vivre, et de faire vivre de beaux instants à son homme, celui qu’elle aime par-dessus tout et qu’elle ne laissera pas prostré au fond de son lit, malgré ce qu’en pense Olga, l’aide-soignante qui vient la seconder chaque jour.

Il se dégage de Sali, petite femme que l’on imagine fragile et fluette, une force et une puissance capable de soulever des montagnes. Que ce roman est émouvant, à la fois bouleversant et positif, il apporte espoir et détresse, parle d’amour et de force, de fidélité et de rencontre. Avec une écriture sans fioriture, vraie comme la nature, l’auteur fait passer une multitude de sentiments, une force et une fidélité en cet amour que le lecteur ressent au plus profond. C’est un très beau premier roman, écrit sans extravagance ni superflu, qui accroche son lecteur, lui montre l’ombre puis la  lumière, la vie en somme.

Retrouvez les chroniques de L’ivresse littéraire, de Bénédicte sur son blog Entre les lignes et de Joëlle du blog Les livres de Joëlle.


Catalogue éditeur : Stock

Pour le rendez-vous elle avait colorié sa bouche de coquelicot en tube, poudré ses pommettes, la totale. Elle apprendra que son rouge avait bavé sur ses incisives, ravageant son sourire un brin carnassier. Bartolomeo avait trouvé Sali jolie quoiqu’un peu ridicule, elle avait quelque chose d’une tasse de porcelaine mal rangée, au bord de la chute, en détresse. »
Sali, Bartolomeo. Un amour qui dure depuis trente ans. Mais un grain de sable enraye tout : sur les sentiers des Pyrénées, Bartolomeo est victime d’un AVC. Comment l’accompagner ? Comment croire à l’avenir ? Contre l’accident fatal, il reste un seul ressort : la volonté d’une femme, qui décide de réenchanter les derniers instants de son mari.

Collection : La Bleue / Parution : 04/01/2017 / 144 pages / Format : 135 x 215 mm / EAN : 9782234081901 / Prix : 16.50 €

Retourner à la mer. Raphaël Haroche

Quand on aime les nouvelles et quand on aime ses textes, on a forcément envie de « Retourner à la mer » et de se plonger dans ce nouvel univers que nous dévoile Raphaël Haroche.

DomiCLire_retourner_a_la_merAu salon du livre paris, il y avait du monde pour attendre une dédicace de Raphaël, cet auteur que d’aucun, moi la première, connaissent et apprécient d’abord pour ses talents de chanteur. Avec ce recueil de nouvelles, on découvre une autre facette, celle de l’homme de textes et de parole.

Et on embarque, et parfois c’est rude ! Pour un abattoir, pour une route la nuit, dangereuse lorsque l’on a trop bu, pour une salle de concert où le vigile fait bien peu de cas de la danseuse du ventre qu’il accompagne chaque soir à son Cabaret, avec ce jeune homme qui travaille sur le tournage d’un film dans un cimetière, pour une nuit d’amour avec la plus belle fille du monde….Et puis l’on est tenté de rester aussi au fond de son lit, car la vie, si c’est ça c’est vraiment pas drôle.

Il y a dans ces courts textes beaucoup d’amour, d’espoir mais aussi de solitude et parfois de désespoir, il y a cependant une grande foi en l’Homme, celui qui peut changer, celui qui aime, celui qui comprend, qui regrette et qui avance. Malgré la solitude, la faim, la peur, tant de sentiments qui nous rendent avant tout tellement humains.

Des nouvelles dans lesquelles on retrouve la profondeur de certains textes de Raphaël que l’on aime écouter. D’intérêt inégal elles ont cependant le mérite de nous inciter à réfléchir, se lisent facilement et plutôt agréablement, bien qu’il émane vraiment une immense tristesse de ces lignes…


Catalogue éditeur : Gallimard

Un colosse, vigile dans les salles de concert, et une strip-teaseuse, au ventre couturé de cicatrices, partagent une histoire d’amour…
L’employé d’un abattoir sauve un veau de la mort et le laisse seul dans l’usine fermée pour le week-end.
À sa sortie de l’hôpital, un homme part se reposer dans le Sud avec sa vieille maman.
Trois adolescents livrés à eux-mêmes entendent un bruit inconnu qui pourrait bien être celui de la fin du monde.
Tous ces personnages prennent vie en quelques phrases, suivent leur pente et se consument.
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176 pages / 140 x 205 mm / Achevé d’imprimer : 01-01-2017 / ISBN : 9782072695155

Nue, sous la lune. Violaine Bérot

« Nue, sous la lune » de Violaine Bérot, est un roman difficile, court, cinglant, qui révèle à la fois un désespoir profond et une offrande à l’amour absolu.

DomiCLire_nue_sous_la_lune.jpgElle est artiste, a tout quitté pour pratiquer son art auprès de celui qu’elle considère comme un maitre dans ce domaine. Mais elle tombe amoureuse de cet homme au profil de pervers, qui la place en situation d’infériorité, l’isole, la diminue, jusqu’au jour où…
Dans ce court roman de quelques cents pages, Violaine Bérot décrypte le parcours à la fois inconcevable et inéluctable d’une femme qui abandonne tout par amour, y compris sa propre personne. Car elle l’aime, mais elle le fuit pour échapper à son emprise, pour tenter survivre, puis revient inéluctablement vers celui à qui elle voue cet amour absolu et destructeur, jusqu’au bout, jusqu’à renoncer à son humanité, à l’abandon de sa famille et de tous ceux qu’elle aime, de sa vie en somme.

Et le lecteur de souffrir, d’essayer de comprendre et de décrypter ce qui ne se conçoit pas, ce qui souvent ne se comprend pas, ce sacrifice de soi que l’on est parfois capable de faire par amour, pour l’amour,  au-delà de tout raisonnement, de toute logique. Et l’on pressent, on décrypte, l’emprise, toxique, terrible, à laquelle il est impossible de se soustraire, celle du pervers qui soumet, qui avilie, qui domine et qui blesse, sans retour.

Voilà un roman fort qui questionne le lecteur sur des sujets tels que la manipulation, les pervers, l’abandon, l’obsession, l’amour fou, exclusif, destructeur.

Extrait :
J’ai si souvent eu envie de violence, envie de me jeter dans le vide pour ne plus t’entendre, envie de te taper dessus pour te faire taire, ne plus avoir à écouter tes remontrances.
Je ne suis plus capable de trouver en moi assez de courage pour continuer à t’aimer.


Catalogue éditeur : Buchet-Chastel

Elle a tout abandonné pour lui. Elle avait du talent, commençait à être reconnue comme sculpteur. Mais elle est devenue moins que sa servante. Insidieusement. S’est oubliée, reniée.
Au début de ce roman intense, elle tente de prendre la fuite.
Avec son style reconnaissable et poétique, Violaine Bérot sonde les zones profondes, obscures, de ses personnages. Et raconte cette tragédie que représente le fait de « devenir personne ».

Roman / Littérature française / Date de parution : 12/01/2017 / Format : 11,5 x 19,0 cm, 128 p., 12.00 € / ISBN 978-2-283-02991-6

Nos âmes la nuit. Kent Haruf

Avec « Nos âmes la nuit », Kent Haruf nous entraine dans les pas de deux veufs qui rapprochent leurs solitudes le temps que quelques nuits, faisant fi du quand dira-t-on, de l’avis de leurs familles respectives, des voisins, jusqu’au moment où…

couvertureDans la petite ville de Holt, la solitude est pesante pour Addie Moore qui a perdu son mari depuis longtemps, et dont le fils vit bien loin. Jusqu’au jour où elle décide d’aller voir Louis Waters, son voisin depuis des années, veuf lui aussi, et à qui elle propose, oui, carrément et tout simplement, de venir passer les nuits allongé près d’elle à bavarder, à dormir, pour repartir au petit matin. Un peu surpris, louis va pourtant se faire un plaisir de tenter l‘aventure, et de nuit en nuit, une complicité et une forme d’amour va rapprocher les deux solitaires.
Jusqu’au jour où Gene, le fils d’Addie, va lui confier pour quelques semaines la garde de son fils. Et le petit fils va trouver sa place entre ces deux anciens qui se font grands-parents de substitution. Mais dans une petite ville de province, où qu’elle soit, tout se sait, les bavardages, les commérages, vont bon train, les jalousies ont vite fait de s’exacerber. Louis et Addie n’en ont que faire, eux qui trouvent dans cette présence incongrue au plus noir de la nuit, un réconfort, une écoute, mais aussi un dynamisme et une énergie qu’ils avaient perdus depuis longtemps.

Un joli roman qui se lit comme un conte et qui fait bien évidemment penser au roman Sur la route de Madison, et surtout à Clint Eastwood et Meryl Streep dans le film éponyme, quand la famille, la bienséance prédominent sur l’amour, la tendresse, le bonheur individuels. Egoïsme des familles, manque de courage pour braver les interdits, si on est conquis par ces lignes, par leur tendresse et la joie qui s’en dégage, on reste frustré malgré tout devant le gâchis qu’engendrent les convenances. Où l’on se rend compte que l’âge ne rend pas plus libre pour autant !

#rl2016


Catalogue éditeur : Robert Laffont, Pavillons    

Traduit par Anouk NEUHOFF

Addie, soixante-quinze ans, veuve depuis des décennies, fait une étrange demande à son voisin, Louis : voudrait-il bien passer de temps à autre la nuit avec elle, simplement pour se parler, se tenir compagnie ? La solitude est parfois si dure… Bientôt, bravant les cancans de la petite ville de Holt ou ils vivent depuis toujours, Addie et Louis se retrouvent presque chaque soir.
Ainsi commence une belle histoire d’amour, lente et paisible, faite de confidences chuchotées dans le noir, de mots de réconfort et d’encouragement. Mais très vite, les enfants d’Addie et de Louis s’en mêlent, par égoïsme et, surtout, par peur du qu’en-dira-t-on.
Ce livre-testament, publié quelques mois après la mort de l’auteur, est une célébration de la joie, de la tendresse et de la liberté. De l’âge, aussi, qui devrait permettre de s’affranchir des conventions, pour être heureux, tout simplement.
« Nombre de romans évoquent la quête de l’amour, mais celui-ci est illuminé par sa présence. » The Guardian

Parution : 1 Septembre 2016 / Format : 135 x 215 mm / Nombre de pages : 180 / Prix : 18,00 € / ISBN : 9782221-187845

Moro-sphinx. Julie Estève

« Moro-sphinx  » ou comme retrouver l’équilibre quand on s’est brulé les ailes au feu incandescent du désenchantement.

Moro-SphinxVoilà un roman qui commence comme un véritable combat, celui de Lola contre elle-même, contre l’amour, le droit au bonheur, à son propre bonheur. On le comprend vite, son amour l’a quittée et bien qu’elle soit encore très jeune, depuis sa vie est désespérément vide. Pour se venger, et pour la remplir, elle baise à tout va, et collectionne un ongle de chacune de ses proies d’une heure, d’un instant, d’une jouissance – rarement la sienne d’ailleurs – juste la leur. Comme si elle se refusait à vivre et à aimer de nouveau, comme si s’infliger ces blessures pouvait anéantir celle si profonde qui la détruit. Elle arpente la ville avec des airs de prostituée, sur des talons aiguille qu’elle fait claquer pour être entendue, remarquée, désirée, pour attirer les hommes, comme la lumière attire les insectes, pour pouvoir les prendre et les jeter à son aise.

Jusqu’au jour où elle rencontre Dove et tombe amoureuse de ce séduisant beau gosse en baskets blanches. Mais rapidement la voilà meurtrie par l’absence, exigeante, possessive, exclusive. Saura-t-elle sortir de cette impasse qu’est devenue sa vie, dévastée par un immense chagrin, depuis la perte de sa mère quand elle était enfant, l’alcoolisme de ce père qui ne sait pas dire je t’aime, puis la rupture insupportable avec son grand amour de jeunesse.

Intéressant voyage que ce roman, qui commence comme une farce, avec cette jeune femme qui ne cherche que l’amour physique rapide, celui qui passe sans faire de mal aux sentiments, celui qu’on arrache, qu’on donne, qu’on offre dans la rage et le désespoir, pour le plaisir d’un instant, court, insignifiant et sale comme une raclure d’ongle. Et roman qui finit dans la profondeur des sentiments et de la solitude, le tout porté par une superbe écriture. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire, au départ peu crédible à mon goût, puis je me suis laissée prendre par la magie des mots, par la force de la souffrance puis de l’abandon, et qui sait, par une forme de rédemption.

les 68 premieres fois DomiClire


Catalogue éditeur : Stock

Lola est une trentenaire parisienne, comme les autres. Enfin pas tout à fait. Jamais la phrase dite par Charles Denner dans L’homme qui aimait les femmes de François Truffaut n’a été si bien appliquée : les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le monde en tous sens. Lola arpente la ville, amazone, chaque fois que son envie devient plus forte que la raison, l’homme succombe, chasseur devenant proie, même le plus repoussant. À la fin de l’acte, clac, elle lui coupe un ongle. Lola, c’est M la maudite, aux pulsions guerrières. Elle semble sortie d’un manga, bouche rouge et grands yeux. Jusqu’à ce que Lola tombe amoureuse. Mais est-elle vraiment faite pour l’amour ? Et si la passion, c’était la fin du rêve ?

Collection : La Bleue / Parution : 20/04/2016 / 184 pages / Format : 134 x 215 mm / EAN : 9782234080959 / Prix : 18.00 €