Danse avec la foudre, Jeremy Bracone

Dans la grisaille des citées de Lorraine, il faut la poésie d’un homme pour réaliser les rêves des enfants

II est amoureux Figuette. D’une femme enfant si délicieusement irrésistible, fantasque et éthérée. Mais Moïra vit tellement loin du quotidien, elle s’est pourtant laissée séduire par la folie douce de Figuette. Elle semble bien ignorante de la galère dans laquelle il se retrouve lorsqu’elle le quitte. Car il est bien seul pour gérer le risque de fermeture de l’usine, le manque d’argent pour boucler la fin du mois, et surtout pour s’occuper seul de sa petite Zoé qu’il faut choyer, aimer et éblouir pour deux.

Heureusement il y a les copains, ces fidèles compagnons de route, de sacrés bonhommes qui aiment passer leurs soirées à refaire le monde au café le Spoutnik. Il y a aussi les jardins ouvriers pour améliorer un peu l’ordinaire, les travailleurs transfrontaliers qui cherchent un meilleur emploi de l’autre côté de la frontière, les ouvriers qui « cagnottent » pour aider les autres, les patrons qui délocalisent sans bruit et sans fanfare, si peu soucieux de faire vivre ces régions qui sont tant à la peine. Si à travers eux, le côté social de la vie ouvrière est évoqué en filigrane, c’est pourtant bien la vie de Figuette, son amour immodéré tant pour Moira que pour sa petite Zoé, qui sont au cœur de ce premier roman tout en émotion.

On aime découvrir l’amour fou, la passion, de ce père célibataire qui se débrouille pour que sa fille passe des vacances inoubliables à la belle étoile. Mais aussi toute la magie de ces sentiments qui débordent au fil des pages et nous font aimer cet homme qui tente le tout pour le tout pour éblouir son enfant. Il y a de la magie et de la poésie dans ces lignes, dans ce roman que l’on ne veut pas quitter, dans ces personnages pour la plupart si attachants.

Un premier roman de la sélection 2021 des 68 premières fois

Catalogue éditeur : L’Iconoclaste

Au cœur de la Lorraine en faillite industrielle, une communauté ouvrière indomptable et l’histoire d’un amour fou.

Figuette est ouvrier et père célibataire de la petite Zoé depuis que sa femme, Moïra, imprévisible et passionnée, a fugué. L’été arrive et l’usine qui l’emploie menace de fermer, il n’aura pas les moyens d’emmener sa fille en vacances comme il l’avait promis.
Pour séduire Moïra, il avait été capable des plus belles folies. Pour la reconquérir et ne pas décevoir sa fille, il va aller encore plus  loin.
Entre drame et comédie, solidarité ouvrière et passion amoureuse, Danse avec la foudre est un premier roman poétique et révolté.

Jérémy Bracone a quarante ans. Il a vécu en Lorraine jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans. Artiste plasticien, il sculpte, dessine et réalise des installations. Danse avec la foudre est son premier roman.

288 pages / 19,00 € / EAN : 9782378801755 / 07/01/2021

Les yeux de Milos, Patrick Grainville

Un regard envoûtant, deux artistes incontournables du XXe siècle, et l’homme préhistorique dans un roman érudit et déroutant

Dans ce roman il y a indiscutablement la magie de l’écriture de Patrick Grainville, dense, érudite. Magie portée par de nombreux personnages aussi emblématiques que magnifiques.

Picasso et sa créativité débordante, son œuvre pléthorique, multiforme, sans cesse renouvelée, sa folie créatrice. Picasso et ses femmes, ses amantes, ses enfants ignorés, ses amis, sa longévité, son invincibilité.

Nicolas de Staël, son œuvre trop brève mais si lumineuse et novatrice, son dernier tableau, les femmes de sa vie, son suicide bien trop jeune.

L’abbé Breuil et son infatigable vagabondage pour découvrir et analyser les grandes grottes préhistoriques incontournables de la planète, lui qui ne se posait pas trop de questions quant à l’existence de Dieu, mais bien plus sur l’origine, le pourquoi et le comment des œuvres picturales des premiers hommes.

Le bleu irréel des yeux de ce jeune paléontologue singulier que tous admirent ou détestent, parfois en secret. Son regard puissant, intense, foudroyant. Milos passionné par l’origine de l’Homme, mais aussi par ces jeunes beautés qui gravitent autour de lui, Marine, Samantha ou Vivie.

Mais il y a aussi particulièrement prégnants dans ce texte, l’amour, le sexe, partout, toujours et de toutes les façons. Chez Picasso le Minotaure cet infatigable amant aux multiples et indispensables conquêtes, chez de Staël l’amoureux éconduit, chez Milos aux yeux d’azur adulé par ses belles.
Si cela ne me pose pas de problème dans mes lectures en général, là il me semble que cela arrive un peu trop souvent sans apporter quoi que ce soit ni donner une fluidité intéressante au roman. On s’y perd, on s’y enlise même. Dommage, car cela rend souvent la lecture fastidieuse.

Bien sur, l‘auteur fait preuve d’une connaissance incontestable, foisonnante, multiple, et l’on sent l’envie de la partager avec nous. Au risque parfois de paraître un peu trop sentencieux ; de nous faire sentir humbles étudiants d’un cours magistral passionnant mais décalé dans l’univers de Milos.
Cependant, j’ai aimé découvrir tous ces sites préhistoriques de Namibie et parcourir à nouveau ceux de la Vézére, arpenter avec Milos les salles du musée de l’Homme, admirer les tableaux de Pablo Picasso ou de Nicolas de Staël, et tant d’autres œuvres qui m’ont donné envie de faire quelques recherches complémentaires, et donc de belles découvertes sur le net.

Catalogue éditeur : Seuil

Milos vit sa jeunesse, ses études de paléontologie et ses amours à Antibes, sous l’emprise de deux peintres mythiques, Pablo Picasso et Nicolas de Staël, réunis au musée Picasso, dans le château érigé face à la Méditerranée.

Picasso a connu à Antibes des moments paradisiaques avec la jeune Françoise Gilot, alors que Nicolas de Staël se suicidera en sautant de la terrasse de son atelier, à deux pas du musée. Ces deux destins opposés – la tragédie précoce d’un côté, la longévité triomphante de l’autre – obsèdent Milos. Le jeune homme possède un regard envoûtant, d’un bleu mystérieux, quasi surnaturel, le contraire du regard fulgurant et dominateur de Picasso. Les yeux de Milos vont lui valoir l’amour des femmes et leur haine.

Le nouveau roman de Patrick Grainville est l’aventure d’un regard, de ses dévoilements hallucinants, de ses masques, de ses aveuglements. C’est le destin d’un jeune paléontologue passionné par la question de l’origine de l’homme. Milos, l’amant ambivalent, poursuit sa quête du bonheur à Antibes, à Paris, en Namibie, toujours dans le miroir fastueux et fatal de Pablo Picasso et de Nicolas de Staël.

Patrick Grainville est né en 1947 à Villers. En 1976, il a obtenu le prix Goncourt pour Les Flamboyants. Il a été élu à l’Académie française en 2018.

Date de parution 07/01/2021 / 21,00 € / 352 pages / EAN 9782021468663


Gioconda, Nikos Kokantzis

L’amour, malgré la mort, par delà les années, pour ne pas oublier

Le narrateur se nomme Nikos, comme l’auteur. Et ce n’est absolument pas un hasard, puisque c’est un épisode important de sa vie qu’il nous confie ici.

Nikos et Gioconda se sont rencontrés dans leur village de Thessalonique. Ces deux enfants, devenus deux adolescents d’abord timides puis de plus en plus proches, apprennent à se connaître en cette période si dramatiquement compliquée. Mais si Nikos n’a rien à craindre, Gioconda est une jeune femme juive. Et dans la Grèce de la seconde guerre mondiale, comme partout en Europe, il ne fait pas bon être né juif.

Les jeunes gens s’aiment follement, d’abord de façon bien anodine, comme des enfants à peine grandis, puis plus sérieusement, profitant du moindre instant pour vivre passionnément cet amour qu’ils sentent déjà condamné. Les deux adolescents profitent l’un de l’autre et vivent en sachant que chaque instant est gagné sur la mort, la guerre, le mal. Gioconda sera déportée en 1943 avec sa famille à Auschwitz.

Des années après, l’auteur s’est résolu a écrire leur histoire d’amour intemporelle, sensuelle et magnifique pour faire revivre celle qu’il tant aimée. Il donne à ce récit à la fois la folie et la passion de l’amour, et la tristesse et le désespoir d’en connaître déjà la fin.

Un court roman, bouleversant qui nous rappelle une fois de plus l’absurdité et l’horreur de la guerre, mais aussi la pérennité de l’amour, celui qui survit à l’absence et au temps qui passe.

Les 68 premières fois ont proposé une superbe opération d’échange de lectures en allant cliquer et collecter dans nos librairies pour les soutenir en cette période si difficile pour les commerces indépendants. Alors j’ai cherché, un, deux, puis trois titres qu’ils n’avaient pas. Chance inouïe, j’ai rencontré la libraire qui devant le pas de sa librairie remettait leurs livres à ceux qui les avaient réservés. C’est donc sur ses conseils que j’ai découvert Gioconda.

Catalogue éditeur : éditions de l’Aube

Nìkos, un adolescent, et Gioconda, une jeune fille juive, s’aiment d’un amour absolu jusqu’à la déportation de celle-ci à Auschwitz, en 1943.
Un récit lumineux d’une initiation amoureuse, vibrant de naturel et de sensualité malgré la haine et la mort.

Roman traduit par Michel Volkovitch.

Né à Thessalonique en 1930, Nìkos Kokàntzis découvrira l’amour avec Gioconda en 1943. Juive, celle-ci seré déportée à Auschwitz… et n’en reviendra pas. En 1975, Kokàntzis décide de raconter leur histoire d’amour, pour que Gioconda revive à travers ses mots. Il a étudié la médecine puis la psychiatrie à Londres. Il est mort en 2009.

Parution : 07/06/2018 / Nombre de pages : 104 / 125×190 / Format : Poche / ISBN : 978-2-8159-2850-2 / EAN : 9782815928502 / Prix : 8,90 €

À la frontière de notre amour, Kyra Dupont Troubetzkoy

Tomber amoureux dans un pays en guerre

Gaïa est une jeune femme qui vit à deux cent à l’heure sa passion et son métier d’humanitaire dans les zones de combat, sur fond de Tchétchénie, d’Afghanistan et de 11 septembre.
Ces missions dangereuses et prenantes occupent toute son énergie. Elle va pourtant tomber sous le charme de Peter, un soldat des Forces spéciales américaines qu’elle rencontre à un check-point qui ne lui dévoile ni ses missions, ni son nom, ni sa véritable fonction. Ils vont découvrir l’amour par épisodes, disparition, retrouvailles, silences, dizaines de messages sans réponses, toute la difficulté que vivent ces combattants du terrain.

Pourtant, de rencontres en retrouvailles, Gaïa et Peter vont s’aimer, se trouver… Aux côtés de Gaïa, le lecteur va vivre une histoire d’amour en zone de guerre, découvrir des lieux rarement fréquentés, des prisons, bases militaires, barrages ou même des camps de prisonniers.

Mais comment l’amour peut-il naître et surtout résister lorsqu’il naît au cœur des conflits ? Quelle peut être sa réalité, sa longévité, comment deux personnes qui vivent sous une telle pression pourront-elles se retrouver ensuite, et d’ailleurs le pourront-elles ?

La difficulté ne serait-elle pas de changer de vie, d’arrêter de vivre dans le danger permanent comme si tout allait s’arrêter demain ? Que peut devenir leur couple dans un train train quotidien classique et tellement banal. Et si justement c’était là toute la question ?

Ce roman est fondé sur des témoignages d’anciens humanitaires et nous en apprend beaucoup sur la réalité de leurs missions toutes bien différentes suivant les époques et lieux où ils se trouvent. Un peu trop dense parfois à mon goût, ou alors il n’y a pas assez de pages pour équilibrer la partie romanesque et les faits décrits de l’intérieur. Du coup j’ai eu parfois l’impression que cette histoire d’amour était surtout un prétexte pour évoquer les difficiles conditions de vie sur le terrain pour les humanitaires, mais que l’auteur n’avait peut-être pas su réellement sur quel pied danser, roman, pas roman, et de ce fait j’ai eu du mal à m’attacher vraiment aux personnages. Malgré ce léger bémol, j’ai passé un bon moment de lecture.

Catalogue éditeur : Éditions Favre

Gaïa, une jeune humanitaire, brave tous les interdits liés à sa profession pour succomber au charme d’un soldat des Forces spéciales américaines qui refuse pourtant de lui révéler sa véritable identité. Rencontré par hasard à un check-point en pleine guerre de Tchétchénie, elle ne sait rien de ce mystérieux « Peter » qui disparaît au terme de sa mission alors qu’elle en tombe éperdument amoureuse. Qui est-il vraiment ? Un soldat, un agent, un espion ? Se sert-il d’elle ? Leur histoire est-elle possible ?
Le lecteur suit Gaïa – et Peter par procuration- au gré de leurs différentes missions dans le Caucase, en Afghanistan, en Irak et ailleurs, doute et espère avec elle, parachuté au cœur de conflits qui ont façonné la carte du monde actuel et dont elle révèle, de l’intérieur, des aspects peu connus.

15 € / 192 pages / Parution : 2 septembre 2020 / ISBN 978-2-8289-1856-9

Elles m’attendaient, Tom Noti

L’amour, ses fulgurances, son absence, un roman émouvant et lumineux à découvrir absolument

Quand Max rencontre Halley, c’est l’amour fou, immédiat, salvateur. La vie, malgré les blessures inavouées de l’enfance, prend le dessus. Halley a trouvé l’homme de sa vie, Max se perd dans son regard.

Max a tant souffert jeune que la vie et le bonheur lui font peur, peur de revivre l’absence, la déchirure, ou cette autre fêlure qu’il cache tout au fond de lui.
Mais elle est solaire sa comète et la vie avec elle est scintillante comme les étoiles dans un ciel d’été. Puis vient le mariage, la vie à deux, le bonheur et cette inquiétude lancinante, la crainte que tout cela s’arrête. Le jour où bébé s’annonce, malgré ses craintes, Max se donne à fond pour l’accueillir au mieux, heures supplémentaires, décoration de l’appartement, rien n’est trop beau pour la petite merveille.

Quand arrive sa petite Rosie, il l’aime d’amour, un amour fou, exclusif, dévastateur qu’il laisse prendre toute la place. Un amour qui l’angoisse tant il a peur de la perdre. Il ne conçoit pas de passer une minute sans être auprès de Rosie. Mais il faut travailler toujours plus pour procurer à ses deux princesses confort et sécurité.
Peu à peu, Max se met en danger, en fait trop, jusqu’au jour où survient un accident… Et sa vie change irrémédiablement. Les heures sombres de l’enfance reprennent le dessus, rien, ni son étoile ni sa comète ne pourront aider Max à vivre… perdu dans les vapeurs d’alcool, il se laisse peu à peu submerger par les démons de son enfance.

L’auteur nous entraîne dans cette famille où l’amour est si fort, si exclusif et où pourtant le bonheur semble si compliqué à accepter. Ni les démons de l’enfance, ni les souffrances, ni tous ces secrets gardés au fond de lui comme des blessures innommables ne seront jamais éclipsés par le bonheur du présent… Les année passent, et les personnages évoluent dans cet amour qui se refuse mais qui sait prendre toute sa place.

L’écriture est belle, douce, poétique et lumineuse. Les personnages sont tellement attachants, humains, entiers. L’auteur réussi à nous faire traverser des vies en quelques dizaines de pages, c’est fluide, émouvant, parfois sombre et si souvent lumineux. On a envie de prendre ses personnages dans nos bras pour leur permettre d’avancer autrement, tant on a l’impression de les connaître, tant on aimerait pouvoir les aider à vivre heureux. Une très belle lecture bien plus poétique que larmoyante, positive et sensible.

Catalogue éditeur : La Trace

Deux personnes s’aiment et leurs solitudes s’aimantent. Cela ressemble à une historie d’amour simple et lumineuse, mais c’est sans compter sur les ombres de Max cache derrière ses silences…

ISBN : 979-10-97515-17-1 prix 18,00€ parution 28/02/2019

Renaître, Janine Teisson

Comment  survivre au sinistre quand votre vie part en fumée ?

C’est ce qui est arrivé à Janine Teisson, l’auteur de Renaître, ce recueil de poésie paru aux éditions Chèvre-feuille Étoilée. Sa maison a été la proie des flammes, tout est brûlé, calciné, fondu, enfoui, perdu sous les cendres.

Les souvenirs, les mots, les images d’une vie, de plusieurs vies puisqu’il y a aussi les souvenirs qui viennent des anciens, la photo d’une grand-mère, le livret militaire d’un aïeul, les objets du passé, de ces êtres aimés et perdus, et au milieu de tout cela un ordinateur qui fond et qui emporte les rêves et les espoirs, les textes, les idées, les mots et les phrases de l’écrivain qui ne reviendront jamais identiques.

Ce texte est un long poème pour dire la surprise, l’effroi, la douleur, le manque, le chagrin, la résignation.

Pour dire
Ce qui est perdu à jamais ;
Ce qui est enfoui au fond du cœur ou de la mémoire ;
Ce qui ne reviendra plus, les mots écrits enfuis, fondus, perdus ;
L’attente, l’espoir, la résignation puis la résilience.

Un texte qui se lit d’une traite et que l’on a envie de reprendre encore et encore car il dit aussi la vie à travers la mort, les cendres, l’oubli.

J’y pense parfois, et si ça m’arrivait ? Photos, lettres, souvenirs sont les choses qui me manqueraient le plus. Alors bien sûr je me reconnais dans ces mots, j’y trouve mes craintes et mes angoisses mais aussi l’espoir, et savoir que même après ça, la vie continue.

🔥Pour écrire il faut concorder
avec soi,
même dans l’écartèlement.
Je discorde.

🔥Sinistre,
mot d’agent d’assurances.
Exactement ça.

🔥Ça va ? Ça va.
Que dire à ceux
qui ne mettent pas leur vie
dans les mots ?

Une fois le vent,
une autre fois l’eau 💧
et cette fois-ci c’est le feu🔥.
Va-t-elle ressusciter des cendres
mon écriture ?
Faudra-t-il un tremblement de terre
Pour en venir à bout ?

🔥Ce carnet vert
que j’ai tant cherché,
je ne le chercherai plus

Non seulement les textes, mais aussi les formats, le grain du papier, les illustrations, tout donne envie de lire ces recueils à la sobriété élégante. Dans la même collection, j’avais également aimé Icare, mon amour de Jeanne T.

Catalogue éditeur : Chèvre-Feuille Étoilée

Les pages de ce recueil forment un seul poème incandescent. Une nuit, la maison de Janine Teisson a brûlé.
Elle venait de se donner enfin le droit d’écrire, d’exprimer sa créativité jaillissante.
Au delà des meubles, des robes et des photos de famille, ce sont ses écrits, ses personnages qui partent en fumée. Ressusciteront-ils un jour ? Écriture phénix, déploie tes ailes, confie-moi les mots. Le recueil est illustré avec les compositions graphiques de Marion Béclu.

Paru le 1 juillet 2020 / ISBN : 9782367951430

Azur noir, Alain Blottière

D’une époque à l’autre, revivre la passion de Verlaine pour Arthur Rimbaud à travers le regard de Léo

En cet été caniculaire Léo, dix-sept ans, a décidé de passer ses vacances au 14 de la rue Nicolet à Paris, dans le nouvel appartement où il vient d’aménager avec sa mère. Celle-ci est partie en Finlande sans lui.

Resté seul, il a de plus en plus de crises pendant lesquelles il perd la vue par intermittence, pour des durées plus ou moins longues. Pourtant il « voit » vivre près de lui Verlaine et Rimbaud, les poètes qui se sont rencontrés dans cet appartement de Montmartre 150 ans plus tôt. Adolescent fragile au regard aussi clair qu’Arthur Rimbaud, Léo nous fait revivre par ses visions les heures intenses de la rencontre des deux poètes.

L’Absinthe coule à flot dans les cafés où les poètes déclament leurs vers et se retrouvent. Rimbaud y fait la connaissance des écrivains et poètes de son époque, mais il faut bien reconnaître que les seuls noms parvenus jusqu’à nous sont bien ceux de Verlaine et Rimbaud, que Léo voit évoluer dans le Paris de 1871. A chaque coin de rue autant que dans sa chambre, Léo vit avec eux les moments forts de leur rencontre, de leur amour, de leur passion pour la poésie et de leur créativité inégalement reconnue.

Paul Verlaine, le plus âgé, est déjà marié. Il comprend immédiatement que ce jeune poète d’à peine dix-sept ans qui arrive tout juste de Charleville est pétri de talent. Malgré leur écart d’âge et leur différence sociale, la fusion des deux hommes est aussi immédiate que leur difficulté à vivre ensemble. Mais cette vie hors de toutes convenances ne plait pas à tous, en particulier à Mathilde, la femme de Verlaine et à sa belle-famille.

Alain Blottière sait se couler dans la vie de Léo, adolescent fragile d’aujourd’hui aussi bien que dans celles des poètes maudits. La fragilité de l’adolescence, cette période de la vie si compliquée est ici très bien appréhendée à travers le mal de vivre d’Arthur et de Léo, chacun à son époque. L’alternance entre la réalité de cet été caniculaire hors du temps, et ces rencontres aussi réelles que fantasmées avec les hommes du passé se fait de façon tout à fait fluide, comme une évidence qui à aucun moment ne perd le lecteur. Le parallèle est parfait entre Léo et Arthur, la similitude de leur mal être, l’attrait pour la poésie et l’amour de l’écriture, chacun faisant fi des conventions avec une facilité déconcertante.

Vous aimez Paris en été, la poésie de Verlaine et la folie d’Arthur Rimbaud ? Lisez donc Azur noir, ce roman sensible et poétique est pour vous.

Catalogue éditeur : Gallimard

«Il vit Rimbaud retirer sa veste et la tenir à l’épaule, prendre la rue de Strasbourg puis s’engager dans le boulevard de Magenta vers le nord. Cette fois, il lui semblait certainement que Paris déjà lui appartenait et qu’il n’allait plus jamais en repartir. Verlaine avait été empêché, devait-il penser, et l’attendait chez lui. Il lui avait donné son adresse, rue Nicolet, à Montmartre, tout près de la gare.»
Léo vient d’emménager avec sa mère à Montmartre, à l’endroit même où Verlaine et Rimbaud se sont rencontrés et aimés cent cinquante ans plus tôt. Durant un été caniculaire de «fin du monde», alors qu’il croit devenir aveugle, le garçon voit renaître le Paris des deux poètes et en fait son ultime refuge.

160 pages, 140 x 205 mm  / ISBN : 9782072879333 / Parution : 09-01-2020

Lettre d’amour sans le dire, Amanda Sthers

L’amour sans le savoir, sans le dire, sans le vivre, tendresse et émotion au rendez-vous

Un peu comme pour tout, Alice est une femme enfermée dans une vie qu’elle ne s’autorise pas à savourer pleinement. Elle est professeur de français et vient du nord de la France. Mais a rejoint la capitale pour se rapprocher de sa fille. Pourtant, elle se sent seule et étrangère.

Un jour d’ennui, elle entre dans un salon de thé et de massage et à la suite d’un quiproquo, rencontre des mains merveilleuses qui l’éveillent aux sens. Elle s’ouvre enfin au plaisir, intime, secret, inavoué. Elle se rend compte qu’elle est amoureuse de Akifumi, ce masseur japonais qui pourtant ne dit pas un mot. Car il ne parle pas français, ils ne peuvent donc jamais  échanger, seules ses mains sur elle, son regard, ses émotions lui parlent. Alice prend des cours de japonais pendant un an, attendant le moment propice pour avouer son amour.

Mais ce sera un amour platonique jamais déclaré, jamais dit, jamais vécu et cependant intense et réel. Un amour qu’elle va déclamer, écrire, verbaliser dans ce roman épistolaire singulier. Par cet amour sincère qui n’attend rien en retour, elle ose s’avouer ses propres sentiments, se dévoiler et enfin se libérer d’un passé parfois lourd et triste.

L’écriture est sensible et intimiste. C’est une belle déclaration d’amour à sens unique et la découverte de soi d’une femme qui approche de cette cinquantaine parfois traumatisante.  Éveil aussi à la finesse, à la volupté silencieuse et à l’étrangeté des traditions japonaises.

Catalogue éditeur : Grasset

Alice a 48 ans, c’est une femme empêchée, prisonnière d’elle-même, de ses peurs, de ses souvenir douloureux. Ancienne professeur de français, elle vit dans ses rêves et dans les livres auprès de sa fille, richement mariée et qui l’a installée près d’elle, à Paris.
Tout change un beau jour lorsque, ayant fait halte dans un salon de thé, Alice est révélée à elle-même par un masseur japonais d’une délicatesse absolue qui la réconcilie avec son corps et lui fait entrevoir, soudain, la possibilité du bonheur.
Cet homme devient le centre de son existence : elle apprend le japonais, lit les classiques nippons afin de se rapprocher de lui. Enfin, par l’imaginaire, Alice vit sa première véritable histoire d’amour. Lire la suite …

Parution : 3 Juin 2020 / Format : 121 x 188 mm / Pages : 140 / EAN : 9782246824954 Prix : 14.50€ / EAN numérique: 9782246824961 Prix : 9.99€

Icare mon amour, Jeanne T.

Un recueil de poésies publié par les éditions Chèvre-feuille étoilée

Fait de courts, très courts poèmes, une phrase, à peine quelques mots, mais toujours suffisants et assez évocateurs pour dire : Aimer, Ensemble, Peur, Doute, Tendresse, Absence, Désaccords, Le temps qui passe, Désir.

Comme si ces mots, ces courtes phrases posés sur les sentiments, sur l’amour qui vient et qui s’enfuit étaient dit tout doucement à notre oreille.

A lire, poser, relire. C’est à la fois très intime et totalement universel.. Et c’est beau !

Et au milieu, découvrir cette page blanche, comme un cadeau pour y poser ses propres mots, un nom, une larme…

💮 Icare,
Mon amour,
Ne regarde pas en bas

💮 Dans une minute
je vais te revoir.
Et si tu n’étais plus toi
et moi plus moi ?

💮 Manger une pêche
Très mûre
Et te boire

💮 Laisse-moi
Remonter
L’horloge de ton cœur


Catalogue éditeur : Chèvre-feuille étoilée

Un recueil de poèmes d’amour pour fêter nos vingt ans !
Jeanne T. nous livre dans ce recueil la légèreté et le tragique, l’humour et la panique, la part d’enfance, l’absence déchirante, le plaisir et l’émerveillement de l’amour.

Publié en 2020 / ISBN : 9782367951423 / Prix : 12,00€

La Dame au petit chien arabe, Dana Grigorcea

Un court roman pour dire avec talent et poésie la difficulté d’aimer et de changer de milieu social

C’est l’histoire d’une belle femme qui promène son chien sur les bords du lac à Zurich et croise Gurkan, un beau jardinier. C’est aussi le début d’une histoire d’amour, de leur aventure. Mais comment fait-on pour aimer lorsque l’on est une ballerine mariée, connue, et que l’on croise le chemin d’un jeune jardinier kurde ?

Anna promène son chien et peut-être son ennui, ses envies, ses rêves. Le petit chien arabe d’Anna, qu’elle qualifie de croisement de balade car c’est un gentil bâtard trouvé en se promenant sur une plage en Algérie, est le point de départ de ses échanges avec Gurkan. Anna aime plaire, séduire, aime l’amour aussi. La rencontre fortuite est plaisante. Cet homme est si séduisant, si différent de ceux qu’elle côtoie généralement.

Il refait les jardins autour du lac, chaque jour elle vient à sa rencontre. Leur relation prend forme peu à peu. Ils se rapprochent, deviennent amants malgré leurs grandes différences. Différences de culture en particulier. Anna aime l’art sous toutes ses formes. C’est une ballerine qui a dansée sur les plus grandes scènes, les plus grands airs, voyagé dans les plus belles capitales, et qui aime tant recevoir dans sa maison avec son époux médecin. Gurkan arrive de Turquie, marié à sa cousine, ils vivent à L. avec leurs enfants.

Leur rencontre est déterminante mais la vie d’Anna lui permet-elle de poursuive l’aventure, malgré les sentiments, les envies, malgré le fait qu’elle pense à lui chaque jour… Car si leur histoire est passionnée, la vraie question est de savoir si elle pourrait aimer assez pour tout quitter, si la beauté, les moments de bonheur volés et l’amour suffisent pour souhaiter changer de vie.

J’ai aimé suivre le cheminement qui se fait dans la tête d’Anna. Elle analyse et s’étonne de ses propres sentiments. Elle, l’artiste séductrice, est la première étonnée de son attachement à Gurkan. Et si finalement sa vie n’était qu’un grand vide ? Si le bonheur était ailleurs ? Faut-il détruire la vie de l’autre pour être heureuse ? Alors chacun va cheminer vers l’autre, comme dans un pas de deux qu’ils ne font pas forcément en même temps ni dans le même sens.

J’ai aimé l’écriture poétique, sensuelle et si joliment descriptive de l‘auteur, surtout lorsqu’elle évoque la danse, la nature, les bords du lac. Tout est si bien retranscrit grâce à la traduction de Dominique Autrand.

La dame au petit chien arabe est un hommage à la nouvelle « La dame au petit chien  » d’Anton Tchekhov

Catalogue éditeur : Albin-Michel

Traducteur : Dominique Autrand

De nos jours, sur les bords du lac de Zurich, Anna, une danseuse mondaine et mariée, croise Gurkan, un jeune jardinier kurde. La conversation s’engage à propos du petit chien qui accompagne Anna et qu’elle a ramené d’Algérie. Les deux inconnus se plaisent, se revoient, deviennent amants, puis se quittent. Pour Anna, familière du jeu de la séduction, c’est une aventure comme tant d’autres qui s’achève, du moins le croit-elle. Car avec l’été s’installe une étrange sensation de vide sur laquelle il lui faudra bientôt mettre des mots : elle est amoureuse. Et rien n’est plus comme avant.
C’est cette métamorphose, où l’incertitude des sentiments défie la raison, que Dana Grigorcea explore avec une délicatesse extrême dans un récit tout en nuances. Hommage libre et fidèle à Tchekhov, La Dame au petit chien arabe évoque la question éternelle du désir, des conventions sociales et de la liberté intérieure.

Née à Bucarest en 1979, Dana Grigorcea est philologue et écrivain. Ses deux premiers romans, non traduits en français, ont été récompensés par de nombreux prix littéraires.

Prix : 15.00 € / Paru le 21 Août 2019 / 160 pages / EAN13 : 782226441010