Facéties et paysages contés en Pyrénées-Orientales, Caroline Chemarin

Arpenter les routes des Pyrénées-Orientales au fils des secrets et de l’imaginaire poétique de Caroline Chemarin

Voilà un joli recueil de contes qui nous entraine dans le sud-ouest de notre beau pays, du côté des Pyrénées que j’aime tant. Tout au long de dix-neuf « promenades » qui nous entrainent dans les Pyrénées-Orientales.

Chaque commune est ici prétexte à raconter une « promenade » qui mêle la nature, la faune ou la flore, le paysage ou la ville, la mer ou la côte de sable, l’architecture et l’art. En se basant sur les histoires qui se racontent le soir au coin du feu, ou pas d’ailleurs, l’auteur nous transporte dans un univers féérique fait de sirènes, de Néréides, de sorcières gentilles et de jeunes filles exigeants, mais aussi de gentils vignerons, de pauvre sculpteur, de fabricant de sandales ou même de pas de danse.

Les sentiments les plus divers tels que jalousie, peur, envie, désobéissance, ou au contraire fidélité, amour, pour ne citer qu’eux, sont présents. Ici les animaux, gentils, solidaires, malins, peureux ou voleurs, lapin, renard, Gypaètes, ours et huppes fasciées, isard aux cornes d’or, viennent aussi nous rendre visite pour notre plus grand bonheur.

C’est un vrai plaisir de lire ces contes à l’écriture aussi poétique que chantante. A noter également que certains contes sont illustrés de jolis dessins de l’auteur. J’ai aimé tourner les pages, courir d’un bout à l’autre du département, de ses côtes maritimes jusqu’aux montagnes, de Collioure à Prats-de-Mollo-La Preste (cette ville située à la fin de la route dans la montagne, où ma mère a fait tant de séjours de cure et qui me paraissait au bout du monde). Je crois que je ne regarderai plus certains paysages de la même façon.

J’avais rencontré Caroline Chemarin au salon du Livre de paris, l’an dernier, et j’avais été intriguée par ses jolis recueils de contes bilingues à destination des tout-petits. Mais il n’était pas facile d’imaginer les faire lire à mes petits-enfants. Alors c’est une joie de découvrir ce recueil-là, qui parle d’une région que j’aime et qui associe l’universalité du conte, le rythme et la qualité de la narration avec le plaisir de pouvoir lire à voix haute.

Catalogue éditeur : Les Presses Littéraires

Nous avons appris à poser sur le territoire l’œil géographique et le regard historique. Nous savons qu’il peut être appréhendé de façons multiples par le géomètre, le géologue, le botaniste, le zoologue mais… Livre-t-il pour autant tous ses trésors ? Ne percevez-vous pas l’ombre de tout ce qu’il cache encore ?
Quel est le terrible secret qui lie la huppe fasciée au vigneron ? Comment le peintre désobéissant créa-t-il les cerises ? Par quelle ruse Sire Chat parvint-il à sauver tous ses compagnons du bûcher ? De quelle façon le roi philosophe éloigna-t-il le chaos du Canigou ? Connaissez-vous le tout petit Desman ? Pour quelle raison n’a-t-on jamais retrouvé le temple de Vénus bâti à Port-Vendres ?
Un paysage qui regorge de merveilles suscite mille questions.
Arpentez les routes des Pyrénées Orientales, perdez-vous sur les sentiers et remontez les fleuves jusqu’aux sources cachées : elles sont très bavardes pour peu qu’on fasse mine de les écouter.

Comme elles, les « Facéties » murmurent, courent et serpentent à travers les imaginaires successifs qui ont nourri et enrichi notre département. Elles en racontent les paysages, dévoilent certains de leurs secrets et nous invitent à poser un œil nouveau sur le monde qui nous entoure.

ISBN : 979-10-310-0734-2 / 16 X 24, 132 pages / Prix 13,00 €

La guérilla des animaux. Camille Brunel

Quand la cause animale, la catastrophe annoncée et le militantisme salvateur excusent tous les dérapages. Et si le pire ennemi de l’homme était tout simplement l’Homme… ?

Dans un futur plus ou moins proche mais très sombre et absolument détestable, Isaac Obermann le parisien et Yumiko la japonaise, tous deux acquis à la cause animale, sont des extrémistes qui œuvrent pour la sauvegarde et le bonheur des animaux. Car il faut le dire, pour le bien-être et la liberté des bêtes, Isaac est capable de tuer de sang-froid des braconniers, des chasseurs, homme ou femme, qu’il poursuit jusque dans la jungle. Mais aussi d’assaillir un baleinier et de tuer tout l’équipage sans aucun remord. Isaac parcourt le monde pour sauver les animaux, leur rendre cette liberté dont les hommes les ont privés.

Dans ce futur-là, les hommes tuent et massacrent sans aucune retenue ni pitié. Alors Isaac sera le combattant de l’ombre, celui dont on connait pourtant partout les faits d’arme, en conflit avec son père, avec la planète entière, incompris de tous.

Il y a beaucoup de violence, de morts, derrière les pas de ce justicier qui part aux quatre coins de la terre sauver ce qui peut l’être ou massacrer ce qui doit l’être, pour l’exemple… J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce roman, cette dystopie qui pourtant éveille nos consciences, mettant en exergue cette suprématie de l’homme sur l’animal et la violence que cela induit…

Autant j’avais apprécié le roman de Vincent message, Défaite des maitres et possesseurs, qui avait une façon très imagée d’anticiper un avenir provoqué par trop de violence envers les animaux, autant ici la démesure de la violence m’a semblé tellement monstrueuse qu’elle en devenait souvent factice, surtout dans la deuxième partie il me semble …

Pourtant, j’avoue que l’auteur ose, bouscule, dérange, et peut-être est-ce aussi ce qui est intéressant dans ce roman, car comment faire changer les consciences, comment modifier les habitudes si chacun reste dans sa zone de confort persuadé que ce n’est pas de sa faute, mais bien celle des autres ? J’ai reçu ce premier roman grâce aux 68, et avouons-le, c’est malgré tout ce genre d’écrits qui permet d’ouvrir un peu nos yeux et de se dire que oui, il faut protéger et sauver ce qui peut encore l’être… pas sûre au fond que cette violence-là soit indispensable…mais qui sait !

💙💙💙

Catalogue éditeur : Alma éditeur

Comment un jeune Français baudelairien devient-il fanatique de la cause animale ? C’est le sujet du premier roman de Camille Brunel qui démarre dans la jungle indienne lorsqu’Isaac tire à vue sur des braconniers, assassins d’une tigresse prête à accoucher.
La colère d’Isaac est froide, ses idées argumentées. Un profil idéal aux yeux d’une association internationale qui le transforme en icône mondiale sponsorisée par Hollywood. Bientôt accompagné de Yumiko, son alter-ego féminin, Isaac court faire justice aux quatre coins du globe.

18 € / 280 pages / Date de parution : 16 août 2018 / ISBN : 978-2-36279-285-4

Cher Zoo, le livre pop-up de Rod Campbell

Une découverte pour les enfants à partir de 3 ans, Cher Zoo, le livre pop-up de Rod Campbell, des éditions leduc.s jeunesse.

Domi_C_Lire_cher_zoo_rod_campbellProposer à un petit lecteur de devenir le héros de ce livre pop-up, d’être cet enfant qui a écrit au zoo pour qu’ils lui envoient un animal… Et découvrir ensemble ce qu’il a reçu, d’abord essayer de deviner puis soulever les rabats et voir ce qui s’y cache.

Un animal très très lourd… Un animal très très grand… Un animal très très féroce… Un animal… impossible à garder !

Et de page en page, découvrir les animaux emblématiques que l’on retrouve dans tous les zoos du monde, que les enfants aiment tant et dont parfois ils ont peur. Jusqu’au moment parfait où arrive l’animal dont chacun rêve.

Voilà un livre pour les petits bien rythmé, scandé par la répétition des questions, puis la découverte de l’animal. Le graphisme est plaisant, avec ces caches à soulever pour voir si on avait bien imaginé ensemble de quel animal il s’agit, à lire comme un jeu de devinettes pour passer un bon moment de lecture partagée…

💙💙💙💙


Catalogue éditeur : Leduc.s Jeunesse
Soulève les rabats et découvre ce que le zoo t’a envoyé : peut-être l’animal dont tu rêves !
Une magnifique version POP-UP du classique de Rod Campbell.

Traduit de l’anglais par Alice Bercker
Album Jeunesse dès 3 ans /  16 pages / 14 euros / Publication : 22 mai 2018 / EAN13 (Livre papier) : 9791028509842

La loi du Phajaan. Jean-François Chabas

Un vieil homme se souvient… Kiet est né en 1953 en Thaïlande, dans une famille où les hommes sont mahouts de génération en génération et où s’applique la loi du Phajaan …

Domi_C_Lire_la_loi_du_phajaanUn mahout, c’est celui qui capture et dresse un éléphant. Enlevé à sa mère alors qu’il est encore très jeune, l’éléphant doit être dressé, brisé, par celui qui l’accompagnera toute sa vie. Et ce dressage, cet exercice difficile et cruel qui consiste à broyer la volonté de l’éléphant, en particulier en utilisant le bullhook (un croc en métal qui sert à le blesser pour le faire souffrir) c’est le Phajaan.

Il faut plusieurs jours de souffrances, de coups, de blessures, pour faire plier la volonté de ces animaux majestueux, forts et puissants. Mais une fois que le rite est accompli, l’éléphant se souvient et respecte celui qui l’aura dompté, il craindra et respectera son maitre, et avec son mahout ils ne se quitteront plus de toute une vie.

Kiet, accompagné de son père, le terrible Lamon, part le jour de ses dix ans pour capturer et dresser son éléphant. Mais Kiet n’est pas de ceux qui veulent la souffrance de l’animal, au contraire. Et même s’il se soumet au rite de la capture et du dressage, jamais il n’acceptera de faire plier Sura, son éléphant. Aussi lorsqu’un accident survient, et que la seule issue pour Sura devrait être la mort, Kiet décide de fuir avec lui. Cinquante ans après, cet ardent défenseur de la cause animale n’a rien oublié.

Ce beau texte de Jean-François Chabas est aussi un véritable réquisitoire en faveur de la cause animale. Kiet, ou l’auteur, fait passer une  multitude de sentiments, montrant également l’évolution du pays, le mal fait par l’exploitation d’animaux enlevé à leur état sauvage, pour les faire rentrer dans des règles qui ne sont pas les leurs, au risque de voir changer leur comportement, et ce uniquement pour le plaisir de quelques touristes, sans tenir compte de leur souffrance, ou chassées sans merci pour leurs défenses d’ivoire par les braconniers, malgré toutes les réglementations internationales en faveur de leur protection. Une belle leçon d’humanité à destination des adolescents.

💙💙💙💙

Citations :

  • Tout ce qui est sauvage est fort et redoutable, car dans la nature seuls les plus puissants, les plus agressifs survivent.
  • En 1900 il y avait trois mille éléphants sauvages dans notre pays., et cent mille captifs.
    Aujourd’hui, il en reste deux mille toujours libres, et quatre mille sont nos prisonniers.

Catalogue éditeur : Didier Jeunesse

Dans la famille de Kiet, on est dresseur d’éléphants de père en fils. Le jour de ses dix ans, Kiet part avec son père et des chasseurs pour capturer son premier éléphanteau. Pendant plusieurs jours, l’enfant participe au « Phajaan », une méthode de dressage traditionnelle particulièrement cruelle qui marquera à jamais le jeune garçon…

Didier Jeunesse soutient EVI (Eco Volontaire International), une association dont le but est d’intervenir pour la protection des animaux sauvages et de l’environnement dans le monde, ainsi que de consolider un lien respectueux entre les humains et la nature.
Plus d’informations :  http://eco-volontaire-international.com/evi-mag-illustre-tourisme-edition-n2/

Format : 14.8 x 21.8 cm / Nb de pages :128 pages / Parution : 6 septembre 2017 / EAN 13 : 9782278085699