Une famille très française, Maëlle Guillaud

Avec « Une famille très française », Maëlle Guillaud confirme ses talents d’écrivain et nous entraine avec justesse dans les affres de l’adolescence qu’elle décortique avec subtilité.

Domi_C_lire_une_famille_tres_francaiseCharlotte est fière de sa famille, sa mère, sa grand-mère, si présente, si expansive, si affectueuse. Pourtant le jour à la belle Jane arrive dans son lycée, elle est éblouie par cette jeune fille si élégante, par cette famille si raffinée, si discrète, ses enfants si bien éduqués.
Quand on vient d’une famille exubérante, chaleureuse, protectrice, avec des femmes « mères juives » qui en imposent par leur franc parler, leur cuisine du soleil, leur amour débordant et presque encombrant, un peu de classicisme serait le bienvenu. Aussi, représentante de la bourgeoisie de province par excellence, la famille Duchesnais a tout pour éblouir la jeune Charlotte. Jane – ne pas confondre avec Jeanne, c’est moins chic ! –  à qui tout semble réussir, un frère comme Charlotte en rêve, des parents si conformes aux standards qu’elle voudrait retrouver dans sa famille, un rêve devenu réalité ?

Le difficile apprentissage de l’adolescence où l’on se cherche, où l’on a parfois honte de ce que l’on est ou des siens, ébloui par les lumières et les apparences parfois trompeuses. Car que sont une éducation rigide et bienpensante, mais peut-être moins sincère, moins affectueuses, face à la chaleur et à l’exubérance de celles qui savent donner tout leur amour. Que sont les faux-semblants, les masques de bonne éducation…

De Maëlle Guillaud, j’avais beaucoup aimé Lucie ou la vocation. Je la retrouve avec un grand plaisir dans ce roman très actuel d’une jeune femme qui se cherche, qui se perd parfois, mais qui se pose de vraies questions sur son identité, sa famille, son milieu de vie. Intéressant plaidoyer pour la famille, celle que l’on se choisit ou celle que l’on a, sur les amitiés adolescentes, les vérités et les apparences, le savoir être et ce que l’on montre.

Une belle écriture, une justesse d’analyse de cette jeunesse en mal de repère, des sentiments propre à cette période de la vie si compliquée qu’est l’adolescence. Une famille très française  est un beau roman à mettre entre toutes les mains des ados et de leurs parents. Maëlle Guillaud poursuit son chemin d’écrivain pour le plus grand bonheur de ses lecteurs, et c’est tant mieux !

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Catalogue éditeur : Héloïse d’Ormesson

Charlotte a toujours été fière de ses parents, mais lorsqu’elle rencontre ceux de Jane, leur élégance et leur réussite l’éblouissent. La silhouette élancée et la blondeur vaporeuse de sa meilleure amie tranchent à côté de ses rondeurs généreuses et de ses boucles brunes. Peu à peu, Charlotte se met à avoir honte de l’exubérance de sa mère, de l’humour de son père, de ses origines… Et si le raffinement des Duchesnais n’était qu’un trompe-l’œil, et cette famille moins parfaite qu’elle n’y paraît ?
Avec justesse et subtilité, Maëlle Guillaud soulève l’épineuse question de l’identité à travers les yeux d’une adolescente face à ses contradictions. Une famille très française est un roman d’apprentissage qui loue la richesse d’être soi, tout simplement, avec son histoire et ses singularités.

208 pages | 17€ / Paru le 12 avril 2018 / ISBN : 978-2-35087-448-7 / Photo de couverture © Colin Hutton/Millennium Images, UK

Le chantier. Mes baby Docs sonores éditions Grund

Le chantier. Un livre sonore pour garçon, mais pas seulement !

Domi_C_Lire_baby_docs_sonores_grund_le_chantierDans les séries de livres sonores ceux-là changent un peu car ils parlent des métiers. Ici le chantier avec son marteau piqueur, la tractopelle, le bulldozer la camion-toupie, et enfin le camion benne.

À chaque outil, et donc à chaque page, des explications sur le fonctionnement mais aussi les instruments annexes et les différents éléments constitutifs d’un chantier : la baraque, les ouvriers, le géomètre ou le chef de chantier.
Enfin, des questions pour retrouver les objets sur la page : « vois-tu ? Et des dessins à retrouver.
Pour les tous petits à qui on raconte des histoires mais aussi lorsqu’ils sont plus grands. Pour comprendre. Et j’en suis témoin, qu’ils les aiment ces livres là !

Illustration : CHARLIE POP

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Catalogue éditeur : éditions Grund

Un petit documentaire avec 5 onglets et 5 puces sonores, pour que les tout-petits se familiarisent avec l’univers du chantier et des engins…
Un premier documentaire plein de surprises et d’informations nouvelles !

Thématiques : Jeunesse > Petite enfance / Collection : Mes premiers docs sonores
EAN 9782324020445 | ISBN 978-2-324-02044-5 / Parution : 31/08/2017

Dans la forêt sombre et mystérieuse. Winshluss

Mais que va trouver Angelo là-bas, dans la forêt sombre et mystérieuse ? Vite, embarquez avec lui et découvrez ce conte initiatique très actuel.

DomiCLire_dans_la_foret_sombre_et_mysterieuse.jpgDans la famille d’Angelo, les enfants se disputent allégrement, le grand frère embête Angelo, la petite sœur pleure, une vie normale en somme. Jusqu’au moment où la maman d’Angelo s’écroule en larmes. Une maman qui n’a jamais pleuré, ce doit être grave ! Et en effet, mémé, celle qui permet tout, celle qui sent si bon, celle avec qui on passe de si super vacances, est gravement malade. Il faut partir la voir, toute la famille embarque dans la voiture pour un long voyage.
Mais la route est longue, il faut s’arrêter, « pause pipi pour tout le monde ». Quand tout le monde repart, papa et maman sont tellement stressés qu’ils oublient Angelo au bord de la route.
Et pour Angelo, l’aventure commence : comment rejoindre ses parents, comment aller chez mémé ? Il va traverser la forêt sombre et mystérieuse. Il y fera de nombreuses rencontres, les fourmi rouge qui piquent et se défendent, Fabrice, l’écureuil qui rêvait d’être un oiseau, Goouh, le drôle de monstre qui incarne si bien la forêt, un crapaud qui fume à l’entrée de la vallée du désespoir, celle qui les hommes ont ravagée en cherchant « la source de vie », le nuage, qui tonne lorsqu’il est en colère et qui fait tomber une pluie abondante qui recouvre la vallée. Quand Angelo a trop faim, il tombe dans le piège de la femme de l’orge qui espère bien préparer « un bon petit garçon » pour le dîner de son mari !…. Mais Angelo est un gentil petit garçon qui soutien ceux qui souffrent, ceux qui ont besoin de lui, les plus petits que lui qui sont à sa merci mais qu’il sait épargner, aider, et qui lui sauront gré de sa gentillesse lorsqu’il aura besoin d’eux.

A la fin de son long voyage dans la forêt sombre et mystérieuse, Angelo va retrouver sa famille, son papa et sa maman qui l’avaient oublié sans s’apercevoir de son absence, sa famille qui veille mémé si malade. Et alors ? Mémé ? Que devient-elle ? Ah mais là, pour le savoir il faut lire cette superbe BD !

Un superbe graphisme, des couleurs sombres ou plus lumineuses adaptées à chaque situation que rencontre Angelo dans la forêt, à la fois synonyme de mystère, d’aventure, à la manière d’un conte, qui inquiète mais sans jamais faire réellement peur.  De toute l’histoire émerge une morale intéressante, celle du plus grand qui aide, qui soutien, et qui reçoit en retour la gentillesse dont il a su faire preuve, mais également une approche du côté parfois cruel que peuvent prendre les situations, du deuil, de la peur des enfants d’être abandonnés par ceux qu’ils aiment plus que tout, les parents. Un joli voyage au milieu des ogres et des géants, dans un conte pour enfants version moderne.


Catalogue éditeur : Gallimard Jeunesse

Angelo, jeune apprenti aventurier féru de zoologie, prend la route en famille pour rendre visite à sa mémé géniale qui est très malade. Mais sur l’aire d’autoroute où ils s’arrêtent, ses parents l’oublient et repartent sans lui! Terrorisé, Angelo décide de couper à travers la forêt, où il se perd tout à fait…
Ses rencontres avec de fascinantes créatures — de la luciole obèse à l’ogre terrifiant — vont faire de son singulier périple une aventure fantastique.

Pépite d’or du meilleur livre jeunesse 2016 / Prix France Télévisions – Catégorie moyens.

Bandes dessinées jeunesse / hors collection, Parution : 20-10-2016 / 160 pages, 190 x 260 mm / De 7 à 12 ans / Époque : XXIe siècle / ISBN : 9782070655700

L’ombre de nos nuits. Gaëlle Josse

« L’ombre de nos nuits » nous plonge dans l’atmosphère sombre et magnétique du magnifique tableau de Georges de La Tour, « Saint Sébastien soigné par Irène », que nous contemplons à côté de la narratrice, postée devant la toile, au musée de Rouen.

L’ombre de nos nuits -

Janvier 1639, à Lunéville, alors que la guerre de trente ans et que la peste dévastent la Lorraine, le peintre à l’intuition de ce tableau, pour lequel ses proches, sa fille en particulier, vont poser. Cette toile que le peintre destine, dans le secret de son âme, au roi de France. Nous le suivons, lui, son fils, son apprenti, dans la réalisation de cette toile magistrale. Œuvre intrépide, gigantesque, passion et folie d’un maitre qui fait surgir de ses peintures et de ses pinceaux, des visages, des ombres, des teintes que l’on pourra contempler pendant des siècles avec toujours autant de passion et de bonheur. Comment de simples pigments, couleurs, tonalités, peuvent-ils exprimer autant de force et de douceur, voilà bien un mystère.

En 2014, aux Musées des Beaux-Arts de Rouen, prostrée devant la toile, la narratrice va suivre un chemin intérieur vers le souvenir d’un amour passé, qu’elle avait cru oublié, quelle a cru recevoir en retour, qu’elle a perdu, qui ne sera plus jamais, et qui lui laisse un si grand vide au milieu du clair-obscur de ses souvenirs, de la passion, de ses regrets sans doute.

Les deux récits alternent, chapitre après chapitre, d’un siècle à l’autre, d’une souffrance et d’un amour exprimé à l’autre, pour finalement réussir à se rejoindre et s’émouvoir. Le jeu des écritures et des italiques nous permet de suivre aisément plusieurs personnages, leurs sentiments et leurs questionnements. L’écriture est belle, les époques et les sentiments se rejoignent sans heurt, et lorsque l’auteur s’exprime par la voix du peintre, de son apprenti, de sa narratrice, nous la suivons. Tout comme lorsqu’elle nous donne envie de courir à Rouen redécouvrir ce tableau.

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Dans la sélection du prix Orange du livre 2016

Catalogue éditeur : Noir sur Blanc, Notabilia

Deux récits se dessinent dans L’ombre de nos nuits, avec au centre un tableau de Georges de La Tour. En 1639, plongé dans les tourments de la guerre de Trente Ans en Lorraine, le peintre crée son Saint Sébastien soigné par Irène. De nos jours, une femme, dont nous ne saurons pas le nom, déambule dans un musée et se trouve saisie par la tendresse et la compassion qui se dégagent de l’attitude d’Irène dans la toile. Elle va alors revivre son histoire avec un homme qu’elle a aimé, jusque dans tous ses errements, et lui adresser enfin les mots qu’elle n’a jamais pu lui dire. Que cherche-t-on qui se dérobe constamment derrière le désir et la passion ?
En croisant ces histoires qui se chevauchent et se complètent dans l’entrelacement de deux époques, Gaëlle Josse met au cœur de son roman l’aveuglement amoureux et ses jeux d’ombre qui varient à l’infini.

Date de parution : 07/01/2016 / Format : 12,8 x 20 cm, 192 p., 15.00 € / ISBN 978-2-88250-401-2

Blog de Gaëlle Josse
http://gaellejosse.kazeo.com/