L’aimant, Lucas Harari

L’aimant, un voyage étrange et fantastique dans les thermes de Vals

Lorsqu’il arrive à Vals, en Suisse, Pierre, se plonge dans l’atmosphère étrange des thermes. Cet ancien étudiant en architecture est depuis toujours passionné par le travail du célèbre architecte suisse Peter Zumthor. Devenu aujourd’hui garçon de café, il a souhaité se rendre sur place pour mieux comprendre le travail du génial architecte.

Dans ce village des Grisons posé à flanc de montagne, dans un décor qui surplombe rivière et gorges, l’eau de la source jailli pour alimenter les thermes, au creux d’une roche quartzite très caractéristique. Ce quartz sombre que l’on retrouve ici dans les vignettes représentant les thermes, avec leur aspect aussi minéral que féérique, comme un temple secret dédié à la nature, à la roche, à l’eau. Le tout en impressions de gris, noir, bleu foncé qui donnent un air magique et surréaliste au décor.

Si le cadre est de prime abord inspirant et ressourçant, il devient rapidement fantastique et inquiétant. La lumière naturelle change selon l’heure du jour, et dans cette ambiance surnaturelle tout à fait unique, Pierre va tenter d’en percer le secret, dessinant inlassablement sur ses carnets les murs et le dédale des thermes.

Dans ce cadre magique, où les pierres ont des propriétés mystiques en harmonie avec la montagne si proche, les portes s’ouvrent et se referment, les lumières se réfléchissent dans l’eau et les vapeurs. Le lecteur imagine même les eaux en bouillonnement, celles qui enveloppent de buée les visiteurs des thermes, et cachent le secret de la montagne, à la fois si proche et si mystérieuse.
Alors le charme opère, malgré les couleurs tranchées, sombres, malgré cette ligne claire poussée à l’extrême il me semble. On se laisse porter dans les pas de Pierre, immergés dans cet environnement minéral et hostile, pour tenter de percer le secret des pierres, ce secret que nul ne peut avouer de peur de passer pour un fou.

A noter, le très beau travail d’illustration de Lucas Harari, sur un papier de qualité et dans un beau format, aux couleurs tranchées dans des tonalités de rouge, bleu et noir, parfois aussi sombres que la pierre. Par contre si j’ai apprécié le graphisme de cette BD pour le moins singulière (et j’avoue je ne l’ai pas lâchée avant la fin) je n’ai pas forcément saisi la portée du message, ou même le message (s’il y en a un) qu’a voulu donner l’auteur… sans doute suis-je passée à côté ? Malgré tout, un très beau graphisme et un sujet intéressant qui m’ont donné envie d’en savoir plus sur ce site, le bâtiment et sur la réalité qui se cachait derrière cette fascination du héros pour l’architecte Peter Zumthor.

Les thermes de Vals, un bâtiment au design contemporain construit entre 1993 et 1996 par l’architecte Peter Zumthor a été le premier de Suisse à avoir été classé monument historique peu de temps après son ouverture.

Catalogue éditeur : Sarbacane

Pierre, jeune étudiant parisien en architecture, entreprend un voyage en Suisse afin de visiter les thermes de Vals.
Ce magnifique bâtiment, conçu par le célèbre architecte suisse Peter Zumthor, au cœur de la montagne, le fascine et l’obsède. Cette mystérieuse attraction va se révéler de plus en plus forte à mesure que Pierre se rapproche du bâtiment…

Peter Zumthor, né à Bâle en 1943, est un architecte suisse, lauréat du prix Pritzker 2009. Les bains thermaux de Vals, construits entre 1993 et 1996, l’ont rendu célèbre et restent aujourd’hui l’une de ses principales réalisations.

Lucas Harari (Scénariste, Dessinateur) est né à Paris en 1990, où il vit toujours. Après un passage éclair en architecture, il entreprend des études aux arts décoratifs de Paris dans la section image imprimée, dont il sort diplômé́ en 2015. Sensibilisé aux techniques traditionnelles de l’imprimé, il commence par publier quelques petits fanzines dans son coin avant de travailler comme auteur de bande dessinée et illustrateur pour l’édition et la presse. L’Aimant est sa première bande dessinée publiée.

Paru le 23 août 2017 / 152 pages / 25 × 31,7 cm / EAN: 9782848659862 / Prix : 28€

Que faire à Paris ? Aller voir l’immeuble Lavirotte

Vous aimez marcher, vous aimez découvrir ? Alors ne manquez pas cet immeuble chef d’œuvre de l’art nouveau création de l’architecte Jules Lavirotte entre 1900 et 1901.

Cet immeuble haut de six étages, vainqueur du prix des façades de la ville de Paris en 1901, est un foisonnement de modèles et de décors en tous genres : fleurs, animaux, motifs, personnages… tout ce que l’on peut placer sur une façade s’y retrouve.

On peut noter l’architecture à la fois irrégulière et asymétrique de la façade et l’ornementation à outrance de la porte d’entrée. L’Art Nouveau a apporté un souffle de fantaisie, bousculant l’architecture classique avec son style antiacadémique tout à fait propice aux œuvres les plus farfelues et les plus surprenantes. L’Immeuble Lavirotte en est un des plus complets et plus brillants exemples. On ne peut s’empêcher en le voyant de penser aux œuvres de Gaudí à Barcelone.

C’est semble-t-il la première fois que Paris voit apparaître une façade avec autant de céramiques. C’est carrément une vitrine pour les réalisations d’Alexandre Bigot, un grand spécialiste des grès flammés, et pour qui l’immeuble a été créé au départ.

Regardez bien la porte principale de l’Immeuble. Elle est à la fois insolite et d’aucun disent très sexuellement suggestive, pour cela il faut regarder (ou interpréter ?) son dessin central …

Mais j’en retiens surtout la victoire de l’imagination, les architectes ont osé des fleurs, des animaux, des décors insolites et variés, pour le plus grand bonheur des promeneurs, et sans doute aujourd’hui encore des habitants.

Quoi : Immeuble Lavirotte
Où : 29, avenue Rapp, 75007
Métro : École Militaire (ligne 8)

Chambord, l’œuvre ultime de Léonard de Vinci de Jean-Sylvain Caillou & Dominic Hofbauer

Quand un livre vous donne envie d’aller voir « Chambord, l’œuvre ultime de Léonard de Vinci »

DomiCLire_chambord3.jpgUn archéologue Jean-Sylvain Caillou accompagné d’un guide du château Dominic Hofbauer nous font part dans cet ouvrage du résultat des recherches d’une équipe à laquelle ils ont collaboré pour tenter de lever le mystère sur le nom de l’architecte de l’un des plus impressionnants édifices du royaume de François 1er le château de Chambord.
Il n’est pas fait mystère dès l’avant-propos que ces chercheurs vont apporter par leurs découvertes des éléments déterminants à la thèse d’un Léonard de Vinci architecte.

Les auteurs commencent à nous présenter les différentes hypothèses sur l’évolution de la construction par rapport à un supposé plan initial avant de nous faire part de leurs découvertes dans les soubassements et latrines du château qui remettent en cause la thèse officielle. Ainsi, une fois le projet original mieux cerné par l’analyse des fouilles, ils vont tenter de le rapprocher des travaux et œuvres connues d’un certain Léonardo Da Vinci. A vous de juger pour voir si ça « matche » !

Ce livre très court mais bien illustré et documenté, est un peu technique. La découverte de l’équipe ne bouleversera pas l’histoire mais nous rapproche d’un pas vers la certitude que l’architecte de Chambord n’est autre que Léonard de Vinci.

L’ouvrage passionnera les amateurs d’architecture et d’histoire de l’art, les amis du château comme ceux de Léonard de Vinci. On n’est pas dans un polar archéologique encore moins dans le Da Vinci code mais on a quand-même une furieuse envie d’aller visiter le château après sa lecture, pour simplement s’émerveiller de l’existant dévoyé ou rêver au projet initial du célèbre florentin.


Et pour tout dire, l’envie a été tellement forte qu’en ce beau samedi de février, j’ai  passé quelques heures dans les pas de François 1er !

 


Catalogue éditeur : Editions Faton

Parmi les nombreux chantiers qu’ouvre François Ier durant son long règne, celui du château de Chambord compte parmi les plus ambitieux. À l’aube de la Renaissance, ses mensurations inouïes en font alors le plus vaste palais civil connu. Que dire de la clarté géométrique de son plan, de l’harmonie de ses proportions, de la fantaisie de ses toitures hérissées de tourelles, de cheminées et de lucarnes vertigineuses, de la silhouette improbable de ce palais abandonné avant d’être véritablement achevé ? Que penser de l’obscurité qui entoure la genèse de ce palais si célèbre… et pourtant si méconnu ?

En effet, on ignore toujours qui fut l’architecte de cette construction étrange, à la fois prodigieuse et inhabitable. En outre, le palais de François Ier présente de nombreuses anomalies qui soulèvent une question cruciale : à quoi le premier château – celui dont Léonard de Vinci pourrait être l’auteur – aurait-il ressemblé si les plans originaux n’avaient pas été modifiés ? lire la suite

Format : 29,7 × 21 cm à l’italienne / 80 pages / 70 illustrations  / Date de parution : Décembre 2016 / ISBN : 978-2-87844-228-1 / Prix : 14,50€